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Léo Bureau-Blouin au PQ, l’agenda caché de Pauline Marois et des élections estivales le 4 septembre :

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Par Simon Leduc

Léo-Bureau Blouin est pour le gel des frais de scolarité, vraiment? :

L’ancien leader de la FECQ s’est fait connaître lors du conflit étudiant qui a dominé l’actualité politique pendant près de quatre mois. Les talents de communicateur de M. Bureau-Blouin ont beaucoup impressionné le mouvement progressiste québécois. Plusieurs le voyait comme candidat vedette lors des prochaines élections générales. C’est le PQ qui a gagné la loterie Bureau-Blouin. Celui-ci sera candidat du Parti québécois dans le comté de Laval-Des-Rapides qui est détenu par le ministre libéral Alain Paquet. Tout d’abord, il faut saluer l’engagement politique du jeune homme. Ce n’est pas facile de faire de la politique et il faut respecter ceux qui ont le courage et les convictions de se présenter aux élections. Ensuite, on peut questionner l’engagement militant de Léo Bureau-Blouin à la FECQ. Comme leader étudiant, il a combattu la hausse des frais de scolarité décrétée par le gouvernement Charest. Le gel des frais de scolarité était un principe sacré pour lui afin de maintenir l’accessibilité aux études supérieures. L’ancien étudiant portait fièrement le carré rouge durant tout le conflit : le symbole par excellence du statu quo étudiant. Sûrement à la demande de Mme Marois, le nouveau candidat a enlevé son carreau rouge. S’il est porté au pouvoir, le PQ s’engage à les hausser mais de façon moins importante que les libéraux. Est-ce que cela veut dire qu’il est maintenant pour le dégel des frais de scolarité? Est-ce que la vedette péquiste défendait vraiment les intérêts de ses membres ou plutôt ses propres intérêts personnels? Ces questions se posent. En tout cas, je souhaite bonne chance à Léo Bureau-Blouin et il en aura besoin parce qu’il va affronter une vedette montante du PLQ Alain Paquet. Si M. Blouin est un candidat vedette, comment se fait-il que Mme Marois n’ait pas trouvé une circonscription sûre pour lui?

Le PQ au pouvoir : le retour des chicanes constitutionnelles :

Malgré ce que prétend Pauline Marois, si le Parti québécois prend le pouvoir aux prochaines élections, sa seule priorité sera la souveraineté du Québec. Une fois au gouvernement, les troupes péquistes vont entamer une lutte agressive et féroce contre le gouvernement Harper. Tout d’abord, Mme Marois va demander que le fédéral accorde les pleins pouvoirs à la Belle province dans les domaines suivants : l’immigration, les communications, l’assurance-emploi, la culture et l’économie régionale. Ensuite, l’éventuel gouvernement séparatiste va quêter de l’argent du gouvernement conservateur pour pouvoir payer tous nos merveilleux programmes sociaux déficitaires. Devant le refus d’Ottawa, la chef péquiste va pouvoir dire aux Québécois que le régime fédéral ne fonctionne pas et qu’il faut se séparer et devenir un pays souverain. Ce n’est pas moi qui affirme cela mais bien le candidat péquiste Bernard Drainville. Lors d’une entrevue au quotidien anglophone The Globe and Mail, celui-ci a dit : “I don’t see how we can lose,” Bernard Drainville, a PQ MNA and lead party spokesman on constitutional issues, said in an interview. “If Quebec wins, it becomes stronger. If Quebec is rebuffed, the demonstration is made that there is a limit to our ability to progress in this country.” Quelle attitude irresponsable de la part du Parti québécois. Depuis quarante ans, celui-ci est incapable de convaincre une majorité de Québécois du bien-fondé de l’indépendance. L’économie mondiale est très fragile et le Québec n’est pas protégé contre une éventuelle récession. Et qu’est-ce que veut faire le PQ s’il est porté au pouvoir? La réponse est de créer de l’instabilité politique et économique afin de faire mousser son projet de pays. Les Québécois ont refusé à deux reprises l’indépendance, ils n’en veulent pas. Est-ce c’est clair? Le Québec est rendu ailleurs. Il faut s’occuper de l’économie, de la santé et de l’éducation et non pas recommencer le débat constitutionnel stérile.

Les élections générales le 4 septembre :

À la demande du premier ministre, le lieutenant gouverneur Pierre Duchesne a dissout le 39e législature et les Québécois sont convoqués aux urnes le 4 septembre. On doit s’attendre à une campagne électorale très négative ou les débats d’idées ne voleront pas la vedette. Peut importe l’issue du scrutin, le Québec va continuer tranquillement sa route vers la faillite dans l’indifférence totale de la classe politique. Aucune formation politique qui aspire au pouvoir ne promet des changements structurels (réduction de la taille de l’État, la mixité en santé, la fin de la réforme scolaire, le remboursement de la dette, des coupures de dépenses publiques, etc.) pour sortir la société québécoise de sa torpeur. Lors de cette consultation démocratique, les Québécois vont encore voter pour le mieux pire, la routine quoi.

L’ironie de l’augmentation des cotisations des associations étudiantes

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Par Joey Laflamme

Donc annonce d’une hausse des frais de cotisation de 100% pour une année par les assos, mais il y a quelques mois pour une hausse de 75% sur sept ans on emmerde la province au complet. Notez quand même l’ironie de la situation, les membres d’associations étudiantes en grève bloquent l’accès aux cours, cassent les noix de ceux qui veulent aller à leur cours en beuglant et en jouant de la trompette dans les couloirs, ces même personnes qui harcèlent et intimident leurs membres (membres bien malgré eux d’ailleurs) au nom d’une hausse selon eux  injustifiée, se tournent vers les étudiants, les membres qu’ils représentent et leur demandent plus.

C’est d’un ridicule consommé. Réfléchissons-y un peu. Ces personnes se disent trav… manifester au nom de la gratuité scolaire au du moins, à des frais qui ne nuirait pas à l’accessibilité mais augmentent les frais de cotisation forcé. À mon sens, c’est le frais que je ne paierai pas si on m’en donnait le chois. Après tout, la liberté d’association (droit garanti par la charte des droits et liberté du Canada) implique qu’on a un choix à faire librement de s’associer ou non; et même s’il s’agit d’un groupe apolitique, je ne vois pas l’intérêt d’être membre d’une association étudiante ou de cotiser pour eux. J’ai fait une session de cégep jusqu’à maintenant et je ne me suis jamais dit que j’avais désespérément besoin d’une asso étudiante pour me représenter, à la base je vais là pour étudier et être évalué selon la qualité de mon travail. Je ne dis pas que dans certains cas les associations étudiantes ne sont pas pratique, c’est toujours bien d’avoir des gens qui ont le temps d’examiner un cas de notes d’examen qui a été, selon l’élève, douteux par exemple. C’est des choses qui peuvent arriver et c’est vrai qu’ils offrent une foule de services franchement intéressant (qui pourrait leur permettre de se financer eux même, par exemple à Garneau le Café oxymel) et le fond de dépannage est très bien aussi. Par contre là où je ne suis plus leur logique, qui leur a donné le mandat de bloquer l’accès aux cours ou par quel logique tordue on peut arriver à la conclusion que dans l’intérêt des étudiants on peut faire des assemblées sans informer personne pour donner un mandat de grève  (mandat qui, aux yeux de la loi, n’est que pure fiction) le tout dans des assemblés avec votes à mains levée (ou la nouvelle invention du vote à la main levée et la tête baissée)?

Ce qui m’amène au deuxième point de cet argumentaire, celui de leur légitimité d’augmenter les frais. On parle des mêmes associations qui trouvent justifiable de prendre sans mon consentement une partie de l’argent que je paie pour mon inscription et qui en font….. Who knows? Bien sûr ils disent le faire pour mon intérêt parce que rappelons-nous qu’ils me connaissent sur le bout de leurs doigts et savent se qui est bon pour moi plus que n’importe qui, même moi! Mais pensons en consommateur; parce qu’ils sont à notre service pas vrai? Si on pense à tout les abus que les leaders étudiants ont endossé, sur la base de faire respecter une décision démocratique, ont-ils vraiment le droit d’augmenter nos cotisations ? Ils l’ont,  mais méritent ils plus d’argent des étudiants? On parle des même gens qui bloquent l’accès aux cours, intimidaient les gens qui portaient le carré vert ou qui s’adonnait à des votes à mains levée et quand ça n’allait pas dans leur sens jouait avec des procédures pour omettre de lever l’assemblé pour ensuite passer à une autre vote une fois que les gens contre la grève ont foutus le camp…etc. La liste est longue. Imaginez n’importe quelle situation du genre. Prenons l’exemple de Mc Do. Bon, mauvais exemple parce qu’on a le choix d’acheter ou non chez Mc Do mais passons. Accepteriez-vous de payer plus cher votre burger si on crachait dedans? Ou qu’on vous donnait un service médiocre, vous iriez voir ailleurs. Ainsi que si on m’en donnait l’option, je ne donnerais pas un sous aux associations étudiantes puisque je n’ai pas l’impression d’être représenté et d’après les offres faites à la ministre Courchesne, (celui de couper dans les crédits d’impôts pour les étudiant dep et dec technique), je suis loin d’être le seul, enfin j’espère parce que j’aurais une drôle d’impression qu’on soufre tous d’un syndrome de Stokholm.

La question du jour: condamneront-ils oui ou non la violence?

 

Aujourd’hui, aura lieu le congrès de la CLASSE. Un congrès très mitigé qui suscitera la curiosité de plusieurs médias. Depuis plus de deux mois, Gabriel Nadeau-Dubois donne entrevue après entrevue en restant très vague et en se déresponsabilisant de manière ingénieuse. Maintenant, les médias se sont réveillés et la réponse est fortement attendue de toutes parts.  Voici la question du jour : condamnons-nous la violence que certains étudiants ou civils posent? 

 

Gabriel Nadeau-Dubois, le citoyen.

Nous savons tous que Gabriel Nadeau-Dubois n’a malheureusement pas le mandat de se positionner avant que les membres de la CLASSE ne se prononcent sur la question de la violence. Demandons plutôt au citoyen ce qu’il en pense? Que pense le citoyen Gabriel Nadeau-Dubois? À cela, il nous répondrait surement «notre rôle ce n’est pas de dire ce qui est bien ou mal. Notre rôle, c’est d’organiser des manifestations pacifiques et familiales. Si certains individus décident de poser des gestes regrettables, ce n’est pas notre rôle de leur dire quoi faire . . . » Le discours continuerait pendant plusieurs secondes en disant qu’il s’agit de la faute du gouvernement qui « méprise » les étudiants. Retournons au sujet du jour: que pense Gabriel? En traitant Laurent Proulx de « petit con aux parents riches », il démontrait très clairement son mépris envers les étudiants qui ont le courage de demander justice.

Gabriel aurait dû condamner la violence. Si les membres de la CLASSE ne sont pas contents, ils voteront pour le renvoyer ou lui demander sa démission s’ils considèrent que la violence est un moyen légitime. Un vrai leader devrait dire non à la violence et refuserait d’être porte-parole pour des gens violents.

Triste réalité que des leaders étudiants tolèrent et encouragent secrètement la violence depuis plus de deux mois. Ce n’est un secret pour personne, j’éprouve beaucoup de difficultés à accepter qu’une association d’étudiants ne condamne pas la violence. Plusieurs citoyens sont du même avis et trouvent l’atmosphère dans nos rues empoisonnée par la haine des groupes radicaux. Pire encore, le représentant de la CLASSE affirmait à l’émission 24/60 vendredi dernier que ses membres avaient des principes. On ne peut pas trouver cette déclaration crédible après les gestes commis à Montréal vendredi après-midi.  

 

Outils de négociations ou réalité étudiante?

Les manifestants sont en colère, c’est évident. Leurs revendications légitimes s’exprimaient autrefois lors de manifestations pacifiques. Le débat a malheureusement laissé place à un conflit violent et dangereux tant pour les citoyens que pour les étudiants. A fortiori, dans une société civilisée et de droits le recours à la violence ne doit jamais devenir une option à ceux qui veulent se faire entendre. Le 22 mars, vous nous avez démontré en très grand nombre que vous étiez capables  de manifester dans la joie et la bonne humeur. Plusieurs de mes amis ont distribué des bonbons aux manifestants et policiers, alors qu’ils manifestaient pacifiquement. Faut-il que vous soyez un petit nombre pour décider de vous soustraire au civisme? Gandhi, le Dalaï-lama et John Lennon avaient trouvé des moyens originaux et pacifiques pour se faire entendre. Pourquoi pas vous? Pourquoi utilisez-vous la force, la violence et la haine envers les autres étudiants pour attirer l’attention? La raison est très simple : cela vous est utile.

 

La FEUQ et la FECQ doivent se dissocier de cette organisation radicale

La CASSE (oups la CLASSE) est une organisation politique de gauche radicale qui a un agenda qui dépasse largement la hausse des frais de scolarité. « Il s’agit d’une lutte de classes » déclarait son porte-parole principal. La redistribution de la richesse en devient le sujet principal. La gauche préfère redistribuer, alors que la droite préfère la créer. Si le débat s’inscrit effectivement dans la redistribution de la richesse, il faut être honnête et ne pas oublier qui prend part au débat. Il est alors important de noter que les membres les plus radicaux de la CLASSE font également parti du Parti Communiste du Québec. Gabriel Nadeau-Dubois ne peut donc pas condamner les gestes des plus radicaux, puisque la violence s’inscrit dans la stratégie de la CLASSE pour renverser notre système économique et politique.La position de la CLASSE est très claire : elle veut la gratuité scolaire et fera tout en son possible pour l’avoir.

La FECQ et la FEUQ qui défendent le gel doivent sans plus tarder cesser de faire front commun avec la CLASSE. La ministre ne négociera jamais avec un groupe qui n’appelle pas au calme auprès de ses membres les plus extrémistes et elle a raison. Si ce gouvernement défend effectivement de bonnes valeurs, il n’accepta jamais de négocier avec le porte-parole d’une organisation aux principes les plus douteux.

 

Sur une note plus personnelle, je demanderais à tous les élèves de cesser de s’insulter tant dans les rues, les institutions scolaires que sur les réseaux sociaux. Il s’agit d’un débat idéologique, non d’un débat personnel. Il est naturel que vous vous sentiez insultés lorsque l’on confronte votre idéologie, mais ne pliez pas face à l’intimidation et les tactiques syndicales. Vous êtes au-dessus de tout ce cirque qui dure depuis bien trop longtemps. 

Alternatives à la hausse des frais de scolarité : couper, privatiser et déréglementer

Par Jocelyn Chouinard

S’il est vrai que l’endettement public, causé par la social-médiocratie (un système gouverné par des irresponsables qui promettent mer et monde aux citoyens à des fins électoralistes), est alarmant (voir ce qui se passe actuellement en Grèce, en Italie, en Espagne, et j’en passe) et injuste envers les jeunes (parce que c’est eux et leurs enfants qui devront tout payer), il importe de faire des choix judicieux pour régler ce problème.

 

Il existe principalement deux façons d’éliminer un déficit public (ou de réaliser des surplus) : augmenter les revenus de l’État et réduire les dépenses publiques.

 

La première solution doit être rejetée d’emblée, car les Québécois paient déjà beaucoup trop d’impôts, de taxes, de tarifs et de cotisations obligatoires en tout genre. Hausser davantage ces contributions ralentirait la croissance économique déjà fragile, annulant ainsi les hausses de revenu escomptés du gouvernement par ce moyen (voir la courbe de Laffer). Cibler les entreprises et les riches n’améliorerait en rien cette option : l’impôt des entreprises est, de facto, payé par tous les citoyens (voir la théorie de l’incidence d’une taxe), et les riches paient déjà plus que leur part; en effet, au Québec, 4% des contribuables les plus riches paient 33% de tous les impôts, contre 0% en moyenne pour plus de la moitié des contribuables les moins riches (après crédits d’impôts), et il y a moins de riches ici qu’ailleurs (justement à cause des impôts trop élevés).

 

Bien que la hausse des tarifs de l’éducation, une solution partielle qui s’inscrit dans la logique de la première solution, serait probablement moins dommageable pour l’économie que des hausses d’impôts et de taxes, et, de surcroît, plus équitable (explication : le gel ou l’abolition des frais de scolarité est une mesure régressive, car peu de pauvres fréquentent l’université, et ceux qui s’y trouvent reçoivent des bourses; et, en passant, pourquoi des étudiants qui se paient le luxe d’étudier dans des écoles privées au secondaire ne devraient pas payer autant pour leurs études universitaires?), la deuxième solution est la plus efficace.

 

Avant de penser à augmenter les frais de scolarité, le gouvernement du Québec devrait faire le ménage dans ses affaires et songer à privatiser quelques secteurs de l’économie, afin de réduire ses dépenses.

 

Dans le domaine de l’éducation, le gouvernement pourrait, par exemple, abolir les commissions scolaires, ainsi qu’au moins la moitié des postes de cadres et de pédagogos dans les institutions d’enseignement et au ministère de l’Éducation, lesquels sont responsables, entre autres, des multiples réformes coûteuses, impopulaires et inefficaces que nous subissons. Il pourrait aussi interdire la publicité des cégeps et des universités qui ne sert qu’à répartir autrement la population étudiante, sans procurer de bénéfices aux citoyens et aux étudiants. Cesser de financer les places disponibles dans certains programmes d’études qui conduisent directement au chômage devrait également passer avant la hausse des frais de scolarité. D’autres coupures de dépenses folles dans ce domaine devraient aussi être envisagées; rappelons-nous, par exemple, des déboires de l’îlot Voyageur, des parachutes dorés à l’université Concordia et ailleurs, etc.

 

Dans le domaine de la santé, on y trouverait environ un bureaucrate pour un membre du personnel qui prodigue des soins directs à des malades. N’est-ce pas insensé? Coupons là-dedans aussi avant d’augmenter les frais de scolarité.

 

Et que dire des innombrables subventions octroyées à des artistes, à des entreprises et à des lobbys sociaux en tout genre (écolos, féministes, etc)? L’incapacité de certains groupes de se financer ou de réaliser du profit de manière privée devrait éclairer sur la valeur de ce qu’ils ont à offrir à la population. Pensez-y, si vous n’êtes pas prêt personnellement à donner votre argent à un artiste, à une entreprise ou à un lobby, que valent-ils à vos yeux? Et le cas échéant, pourquoi le gouvernement devrait-il les subventionner (avec l’argent de vos impôts, taxes, tarifs et cotisations)?

 

Une autre façon de réduire les dépenses de l’État est de privatiser. En dénationalisant (en privatisant), par exemple, les garderies et la SAQ, le gouvernement du Québec pourrait réaliser des économies monstres, et les citoyens seraient mieux servis pour moins cher.

 

La privatisation de la SAQ allégerait les dépenses du gouvernement de plusieurs façons : fin des dépenses aberrantes de presque 25 $/heure à des milliers d’employés non qualifiés (pour la plupart, des décrocheurs scolaires qui jugeraient peut-être dorénavant utile d’étudier); fin des dépenses gouvernementales en publicité pour inciter les Québécois à boire toujours plus d’alcool (ce qui est, par ailleurs, immoral de la part d’un État). Dans cette éventualité, les profits publics actuellement réalisés par la SAQ ne seraient pas nécessairement perdus, car ils pourraient simplement être remplacés par une majoration de la taxe spécifique existante sur l’alcool.

 

Selon la même logique que pour la SAQ, la privatisation des services de garde ferait disparaître les dépenses gouvernementales trop élevées pour ce service. En prime, il coûterait moins cher aux Québécois (n’oublions pas qu’en plus du 7 $, c’est bel et bien eux qui paient la portion gouvernementale de ce service); ils auraient aussi droit à des services de garde plus diversifiés; ils cesseraient d’être pris en otage en cas de grève générale du monopole syndical qui s’est installé dans ce secteur et, enfin, ils ne subiraient plus les listes d’attente.

 

Outre des coupures dans les services publics et quelques privatisations bien choisies de monopoles publics, d’autres solutions par le marché pourraient être considérées en remplacement de l’augmentation des frais de scolarité, comme la déréglementation dans certains domaines : fiscalité, marché du travail, marché de certains produits comme celui de la marijuana, etc. Cela libérerait des ressources qui seraient alors affectées à des tâches plus productives dans l’économie, ce qui, en plus de réduire plusieurs dépenses étatiques, générerait des revenus additionnels au gouvernement sans alourdir le fardeau des contribuables.

 

Le gouvernement actuel fait fausse route avec sont projet de hausse des frais de scolarité universitaire. À l’instar des gouvernements étatistes et populistes qui l’ont précédés, il est mégalomane, accro à la dépense (avec l’argent des autres, bien entendu) et électoraliste. Se refusant à réduire son emprise sur l’économie et sur ses dépenses, il n’envisage que des hausses de ses revenus pour pallier au problème des déficits et de l’endettement publics excessifs qui nous accablent. Conformément à cette contrainte, il a calculé que la hausse des frais de scolarité était la mesure la moins défavorable, électoralement parlant. Malheureusement, comme d’habitude, nous en ferons tous les frais.

Démocratie? Quelle démocratie?

Il y en a qui croient que si quelque chose est décidé par un vote majoritaire, c’est démocratique et légitime. Rien ne pourrait être plus faux. Si on suit cette logique, alors le viol collectif et le lynchage deviennent des exemples de démocratie en action. J’utilise ces exemples pour illustrer comment la démocratie a ses limites. Nous ne pouvons pas avec un simple vote majoritaire, priver un individu de sa vie. Nous ne pouvons pas le priver d’aucun de ses droits fondamentaux. Les étudiants contre la hausse des frais de scolarité aiment donner une odeur de sainteté à leur protestation en se drapant de la démocratie, et pourtant ils se tirent dans le pied en étant tout sauf réellement démocratiques.

Prenons comme exemple des assemblées dans des salles trop petites pour contenir tous les étudiants d’une institution, où le vote de grève est fait à main levée, et où les étudiants qui osent réclamer le vote secret se font huer, ce sont pas là des exemples de vraie démocratie. Il me semble que si on veut vraiment se donner des airs d’avoir un esprit démocratique, il faut être plus blancs que blanc et le mouvement étudiant se mitraille les bottines en s’obstinant à utiliser des pratiques favorisant l’intimidation. Avez-vous si peur qu’un véritable vote démontre que vos nombres ne sont en fait qu’une minorité?

Parlons de droits…

Les étudiants contre la hausse des frais de scolarité essaient de nous faire valoir comment leurs droits sont lésés par la dite hausse. Je leur reconnais le droit de faire valoir leur point de vue, mais de façon pacifique, sans léser le droit des autres. Mais est-ce vraiment ce qu’ils font? Ces étudiants ont leur droits, c’est vrai, mais que dire du droit des étudiants qui ne sont pas du même avis de recevoir les cours pour lesquels ils ont payé? Qu’en est-il du droit d’honnêtes travailleurs de pouvoir se rendre paisiblement à leur travail. Qu’en est-il du droit des usagers du métro de se rendre du point A au point B en toute sécurité sans que quelqu’un ne lance un sac de briques sur les voies et causer un déraillement? Qu’en est-il du droit des millions de contribuables qui paient la plus grosse part de ce que les cours universitaires coûtent réellement à ces étudiants? Les droits des uns ne s’arrêtent-ils pas justement là où débutent ceux des autres? Mais apparemment, ce n’est pas dans le mandat de Gab le rouge et ses acolytes de reconnaitre ce simple fait.

Le rôle d’un gouvernement

Ça n’a pas toujours été le cas dans l’Histoire, mais si nous devons avoir un gouvernement, son premier rôle devrait être de protéger les droits du plus faible contre le plus fort. Il doit donc s’efforcer de protéger les personnes et la propriété contre ceux qui ne semblent respecter aucune règle civilisée dans la poursuite de leur propre agenda. L’utilisation de la violence comme tactique de protestation sera toujours innacceptable et devrait avoir de graves conséquences envers ceux qui l’utilisent. Les honnêtes gens ont droit de se défendre contre des agressions et le rôle du gouvernement est d’assurer cette défense.

La vraie démocratie tient dans la défense des droits des individus et non dans la tyrannie de la majorité.

La démocratie étudiante à coups de akis sac et bombes puantes

 

Par Arielle Grenier

Ce matin, le cours de « forces et comportements politiques » n’a pas pu se donner aux élèves de l’Université de Montréal. Bien loin de moi l’envie de critiquer le professeur, que j’ai d’ailleurs beaucoup apprécié, ce sont les élèves qui sont à critiquer aujourd’hui. Le monde de Facebook est une mine d’informations assez croustillantes! Tout le monde connaît bien les conséquences de ce monde virtuel : le partage d’informations ou la signature électronique peuvent parfois être très révélateurs sur les intentions réelles.

Le 12 avril dernier, un étudiant a demandé à l’AÉSPIUM s’ils prévoyaient continuer à piqueter les cours malgré l’injonction. Nommons-le Ulice. Plus d’une centaine de commentaires découlent de ce commentaire, mais ce qui est réellement inquiétant, ce sont les commentaires des « grévisssses ». Un membre ayant comme photo profile un carré rouge lui a dit « oui, mais se sera du piquetage symbolique et tu vas voir qu’on va jouer assez limite sur l’injonction, on a toujours le droit d’être en grève et de manifester et de faire beaucoup de bruit pour être entendu ». (Les fautes d’orthographe sont conservées, car il est vrai que personne ne voudrait avoir là un cas de mauvaise transmission de l’information).

Qu’en est-il de ce jeu de « limites » annoncé de la part de l’étudiant? Et bien chers lecteurs, la limite s’inscrivait dans la catégorie jeux de cours de récréation, révision de l’hymne national du Canada et de la Marseillaise, vérification du système d’alarme d’incendie, tapage de bureau tout en criant tels des singes et finalement, l’auto applaudissement indiquant qu’ils sont les maîtres absolus du corridor. Vous êtes mes étudiants préférés, mais le camp de jour débute après l’école primaire, pas au milieu d’une institution qui compte des étudiants matures et adultes. Comme dirait ma grand-mère, le département des conneries publiques n’est pas encore ouvert. Petite remarque de la part de ceux qui vous ont entendu chanter l’hymne national . . . Vous ne connaissez pas les paroles, tout comme vous ne connaissez pas la loi, sauf si bien entendu vous ignorez les deux pour faire passer votre message.

Suite à toutes ces perturbations dignes d’enfants chialant à l’épicerie parce que maman ne veut pas acheter de sucre, le professeur a annulé la classe. Petite erreur de sa part, il n’a pas pu demander aux élèves de quitter la classe parce que ceux-ci étaient trop nombreux et que les conditions ne permettaient pas la tenue du cours. Malgré la présence policière, plusieurs élèves ont tiré les alarmes de feu défiant ainsi la classe au complet et la sécurité. Lorsque Marie-Ève Pelletier, étudiante en sciences politiques à l’Université de Montréal, s’est dirigée pour aller se plaindre au directeur de son département, mais une jeune femme bien pacifique s’est mise à l’insulter et à la menacer. Selon cette dernière, les étudiants privés de leur éducation par la force et la violence doivent respecter les membres de leur association étudiante. Vraiment? Qui respecterait un tyran au nom du plus grand nombre? Non, mais qui de sensé peut encore faire des bêtises de la sorte?

Vous savez, dans ce débat nous essayons tous de respecter les autres. D’ailleurs, chers étudiants de sciences politiques, vous devez certainement vous souvenir de la définition très simple de la liberté civile? « La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. » Cependant, pendant l’un des cours d’aujourd’hui vous vous êtes clairement attaqués aux élèves en lançant des bombes puantes à travers la classe. Ce n’était pas vous qui trouviez que la brutalité policière c’était épouvantable? Pourtant, ce sont vous chers étudiants qui lancez des bombes à travers les cours, qui chantez pour perturber volontairement et qui n’avez aucun respect des droits d’autrui.

N’oublions pas que la semaine dernière, plusieurs étudiants se sont adonnés au défoncement des portes du pavillon Roger-Gaudry à coup de bélier. Je vous pose la question suivante : êtes-vous passé de la CLASSE à la CASSE?r

 

Négocier quoi?!?

Les voix des « zélites » médiatiques s’élèvent pour enjoindre le gouvernement à négocier avec les étudiants pour mettre fin à leur boycott (je n’utiliserai plus le mot « grève »). Mais négocier quoi au juste? Le gouvernement a pris une décision qui, selon les sondages, a la faveur populaire (61% selon le dernier  sondage CROP-La Presse), pourquoi reculerait-il?  Pourquoi négocierait-il?

Line Beauchamps et Raymond Bachand on tenté de tendre une branche d’olivier en offrant une bonification des programmes d’aide financière aux étudiants. « Des grenailles! » disent les « zélites ». « Re-fu-sé! » Disent les étudiants à l’offre du banquier. Seulement les élites et les étudiant ne veulent accepter rien de moins que le statu quo ante du gel des frais de scolarité. Euh, corrigez-moi si je me trompe, mais quand on négocie, n’est-on pas supposés faire des concessions des deux côtés? Jusqu’ici, seul le gouvernement fait des concessions, les étudiants et leurs supporteurs n’en font aucune et certains voudraient même faire perdurer leur boycott jusqu’à ce qu’ils obtiennent la gratuité (aussi irréaliste que ça puisse être).

On dit que la bonification de l’aide financière ne ferait qu’augmenter l’endettement des étudiants, et alors? Il ont dix ans après leur graduation pour rembourser leurs prêt à des taux d’intérêts dérisoires.  Pour des gens qui sont supposés faire des plus gros salaires, ça ne devrait pas causer de problème, à moins que vous ayez fait un doctorat en philo et que vous avez rejoint les rangs des 8796 assistés sociaux diplômés. Mais si vous avez sciemment choisi une concentration avec très peu d’avenir, pourquoi serait-ce à la société d’assumer votre choix? Un chômeur diplômé est-il une quelconque richesse pour la société? Il se pogne le beigne à longueur de journée à nos dépens parce qu’on a déjà trop de profs de philo, mais au moins, il est capable de pensée critique! Il a acquis le savoir! À quoi bon acquérir un savoir qui ne sert à rien? Et pourquoi serait-ce au reste de la société à payer pour?

Il serait grand temps de cesser cette masquarade.  Le mouvement étudiant n’est pas un mouvement syndical et le droit de grève ne s’applique pas à eux. La seule raison pour laquelle les cégeps et universités sont fermés, c’est que l’administration des ces institutions les ont fermés et les maintiennent fermés. Qu’attends-donc le gouvernement pour forcer la réouverture de ces institutions pour permettre aux étudiants qui le désirent, de poursuivre leurs cours et sauver ce qui reste de leur session? Pourquoi permet-on que ces étudiants soient pris en otage? Pourquoi faut-il que ce soit des étudiants qui envoient des mises en demeure et obtiennent des injonctions pour recevoir les cours pour lesquels ils ont payé? Le gouvernement n’a qu’un ordre à donner, qu’il le fasse.

Tout sur ce que vous voulez savoir sur la hausse des frais de scolarité au Québec mais n’osiez pas demander

Photo: Walid Rifai/Contrepoids

 

Par Minarchiste

Beaucoup de gens m’ont demandé ce que je pensais de la grève des étudiants, qui bat présentement son plein au Québec. Bien entendu, je me réjouis d’une politique qui applique le principe de l’utilisateur-payeur, mais encore une fois, il est bien possible que ces hausses de frais de scolarité ne feront que financer un système universitaire trop bureaucratisé et inefficace. Bref, on devra payer plus sans nécessairement avoir mieux.

 

Selon la FEUQ :

« Les droits de scolarité augmenteront de $325 par année à compter du trimestre d’automne 2012, et ce, pour cinq ans jusqu’en 2016-2017. La facture totale à l’université, en incluant les frais institutionels [sic] obligatoires, passera donc de $2,890 à $4,700 par année ».

À noter de plus que, contrairement à ce que plusieurs affirment, les frais de scolarité ne sont pas gelés au Québec. En incluant les frais afférents, la facture annuelle des étudiants a augmenté de $500 depuis 2007.

Que veut-on accomplir avec notre système d’éducation supérieure et ses bas frais de scolarité? On ne veut pas que des frais de scolarité pour l’éducation supérieure trop élevés empêchent les étudiants dont la famille est moins bien nantie de réaliser pleinement leur potentiel. On veut donc que l’éducation supérieure soit accessible et agisse comme un mécanisme favorisant la mobilité entre les classes sociales. On veut que tout étudiant qui le mérite – tant par son effort que par son talent – puisse accéder à des études qui lui permettront éventuellement d’obtenir un emploi lui conférant les revenus auxquels il aspire, peu importe les revenus de ses parents. (voir ceci)


Au Canada on constate, à première vue, que l’accessibilité aux études universitaires n’est pas corrélée au niveau des frais de scolarité par province. Les études universitaires sont très accessibles au Canada et surtout au Québec, mais les chiffres sont trompeurs.

 

Dans le reste du Canada, il n’y a pas de cégep et les baccalauréats durent quatre ans. Quand on inclut les cégeps dans les comparaisons, le Québec à un meilleurs taux d’accès que la moyenne canadienne. Quant au chiffre d’accessibilité de la Nouvelle-Écosse, il est fortement distordu par le fait que cette province est un « hub » d’éducation supérieur pour les petites provinces maritimes (seulement 23% sont des étudiants locaux).

Pourtant, suite au dégel des droits de scolarité en 1991-1992 et leur augmentation de près du double au cours des deux années suivantes, le taux de participation ne semble pas avoir été affecté et a continué d’augmenter. L’argumentaire de la FEUQ ne s’est pas attardé sur ce point…

Il est vrai qu’en général, les enfants provenant de ménages se situant dans le premier quartile à l’égard de leurs revenus atteignent l’université en plus grand nombre que ceux des ménages situés dans le dernier quintile des revenus. Cependant, cette situation n’est probablement pas entièrement liée au niveau des frais de scolarité. Il y a plusieurs autres explications à cela, lesquelles sont bien connues.

La littérature identifie globalement les facteurs suivants comme ayant une influence sur l’accessibilité aux études : le milieu socioéconomique (la scolarité parentale, le revenu parental, l’importance accordée à l’éducation par les parents, l’éloignement et les heures de travail pendant les études), les caractéristiques personnelles (l’âge, le sexe, les responsabilités parentales), les coûts des études postsecondaires (les droits de scolarité et les autres coûts), et les perceptions des obstacles, des coûts et du rendement des études postsecondaires (les obstacles financiers, la connaissance de l’aide offerte, la perception du rendement, l’aversion pour l’endettement).

Ceci étant dit, il ne fait aucun doute que toute chose étant égale par ailleurs, le niveau des frais de scolarité affecte l’accessibilité. Prétendre le contraire serait nier un principe économique fondamental qu’est la loi de l’offre et de la demande; le moteur des marchés. Cependant, il est exagéré de prétendre que la hausse proposée viendra affecter significativement l’accessibilité.

Le véritable débat ne concerne donc pas vraiment la hausse des frais, mais plutôt la proportion du coût de l’éducation supérieure qui doive être assumée par les étudiants versus les contribuables. Le mouvement étudiant soutient implicitement que ce pourcentage devrait continuer à diminuer (jusqu’à la gratuité) parce que « nos cerveaux sont notre plus grande richesse » (pour citer Passe-Montagne). À noter que le mot « cerveau » utilisé ici désigne en fait les gens qui créent de la valeur économique, ce qui n’équivaut pas nécessairement aux gens qui ont un diplôme universitaire. Les cerveaux sont une richesse pour le gouvernement puisque celui peut les taxer pour financer son empire parasitique. Cependant, la proportion des coûts des universités assumée par les étudiants est déjà la plus faible au Québec comparativement aux autres provinces. Jusqu’où peut-on aller?

Selon le gouvernement, le manque de financement des universités québécoises, qui découle du fait que leurs frais de scolarité sont trop bas, a eu un impact négatif sur la qualité des services qu’elles fournissent. Selon l’IEDM :

« Les universités [québécoises] souffrent de lacunes importantes en matière de bibliothèques, de laboratoires et d’équipements informatiques. Les dépenses par étudiant au Québec pour les bibliothèques et les services aux étudiants sont plus faibles qu’en Ontario. Un autre défi important auquel font face les universités est l’embauche de professeurs de calibre international. Les directeurs de différents départements universitaires affirment que leur manque de revenus les empêche d’offrir des salaires compétitifs pour attirer et retenir les meilleurs professeurs. »

Ceci étant dit, selon la FEUQ, les universités québécoises sont mal gérées, ce qui fait gonfler leurs coûts. Tient, tient…un autre service public inefficace! On pourrait donc réduire les coûts des études universitaires simplement qu’en privatisant et dérèglementant nos universités. On pourrait aussi séparer les activités d’enseignement des activités reliées à la recherche. À cet égard, j’aime bien l’exemple des universités privées à but lucratif des États-Unis, qui accueillent moins de 10% de la population étudiante universitaire américaine. Celles-ci ne font pas de recherche académique, n’ont pas d’équipes sportives affiliées à la NCAA (lesquelles sont déficitaires et très coûteuses malgré le fort intérêt qu’elles suscitent), ont très peu de bureaucratie et ont des coûts d’opérations centrés sur l’enseignement (et non sur la grandeur des piscines, la hauteur des murs d’escalade et le nombre de livres à la bibliothèque). Ces collèges offrent donc des études universitaires à coût abordable (beaucoup moins chères que les universités à but non-lucratif), même si ils sont souvent qualifiés de « moulins à diplômes » (leurs étudiants réussissent pourtant aussi bien que les autres aux examens du Barreau). Ce qui fait la renommée d’une université comme Harvard (et qui fait gonfler ses coûts d’opération) est la présence de professeurs-vedettes et la quantité de recherche qu’ils publient. Cependant, les étudiants du premier cycle ne bénéficient aucunement de ces deux éléments. Ceux-ci ne devraient donc pas avoir à payer pour cela, ni pour les salaires des bureaucrates du département des admissions, donc le rôle n’est que d’attirer le plus grand nombre de demandes possible, de façon à pouvoir en rejeter le plus possible et d’afficher un taux d’acceptation bas – signe d’exclusivité et de sélectivité.

Un moyen simple de favoriser l’accessibilité serait d’abolir les frais de scolarités et de financer les universités par les taxes et impôts (comme en Finlande par exemple). Cette solution, même si elle ne coûterait que $700 million de plus aux contribuables québécois, est invalide pour plusieurs raisons. Premièrement, elle nécessiterait une augmentation significative des taxes et impôts, ce qui constituerait un transfert de richesse régressif. Pourquoi? Parce que de façon générale, malgré certaines variations selon les disciplines, le revenu moyen des diplômés universitaires est d’environ 60% plus élevés que celui des personnes sans diplôme. Donc cela équivaudrait à taxer des gens qui gagnent 60% de moins que ce que les diplômés universitaires gagneront dans le futur pour financer les études de ceux-ci. Deuxièmement, elle ne donnerait pas aux étudiants un incitatif à terminer leurs études le plus rapidement possible, ce qui ferait gonfler les coûts. Troisièmement, elle ne donnerait pas aux étudiants un incitatif à travailler pour financer une partie de leurs frais de scolarité (pour moi la conciliation travail-études est non seulement faisable, elle est souhaitable et formatrice, jusqu’à une certaine limite où elle devient nuisible). Il est donc plausible d’affirmer que la proportion des coûts d’éducation supérieure qui doit être assumée par les étudiants eux-mêmes est supérieure à 0%.

Est-ce que ce pourcentage pourrait être de 100%? Dans une société « libre » je pense que oui. L’éducation universitaire est un investissement (et non un bien de consommation) et c’en est un qui est fort payant. Il est donc tout à fait logique de s’endetter pour financer cet investissement. D’un côté, cela donnerait un incitatif aux étudiants à se diriger vers des domaines en demande sur le marché du travail et donc rémunérateurs. Les universités ajusteraient leurs tarifs en fonction des coûts du programme, et ces coûts seraient gérés de façon à correspondre au potentiel rémunérateur de la formation. Il y aurait donc un appariement entre le marché du travail et le marché de l’éducation. De plus, dans une société libre, les impôts seraient beaucoup plus bas, ce qui faciliterait le remboursement de la dette d’étude.

Présentement, la dette moyenne des universitaires au premier cycle est de $14,000. Ce n’est pas la mer à boire, si on compare à la dette que ces étudiants prendront pour s’acheter une voiture ou un condo à la fin de leur programme. Ceci dit, si nous exigons d’eux qu’ils assument une plus grande part du coût de leurs études, voire son entièreté, il serait impératif de réduire leur fardeau fiscal futur.

Maintenant, certains diront que les étudiants en sociologie et histoire de l’art n’auront pas assez de revenus futurs pour rembourser leur dette adéquatement. Il existe en effet plusieurs programmes universitaires qui ressemblent davantage à des hobbys qu’à des formations. Le principal débouché de ces programmes est souvent l’enseignement de ladite matière, ce qui implique que ces étudiants ont fort intérêt à militer pour le statut quo.

Conséquemment, si ces emplois ne sont pas très rémunérateurs, on pourrait affirmer sans se tromper que le subventionnement de ces programmes ne contribue pas à favoriser la mobilité entre les classes sociales et de permettre à des jeunes dont les parents sont pauvres d’aspirer à un meilleur sort. On peut alors se poser la question : est-il raisonnable de continuer à subventionner les programmes d’études littéraires, de philosophie et de sciences des religions? Je n’affirme aucunement que ces domaines sont inintéressants, tout comme mes cours de piano classique, mais si les étudiants de ces programmes tiennent tant à enrichir leur bagage culturel même si ça ne contribue en rien au niveau de vie de la société, ne pourraient-ils pas assumer le véritable coût de leur passion, tout comme j’assume moi-même le coût de mes cours de piano?

D’ailleurs, en Finlande, un pays largement cité en exemple à suivre par les associations étudiantes vu que les études y sont gratuites, les taux de contingentement dépassent les 50%!

Ce qu’il faut ce n’est pas simplement augmenter les frais de scolarité, mais plutôt complètement réformer le système. Il faut reconsidérer le statut de nos universités, leur niveau d’encadrement public, leur mode de financement. Il faut aussi réaliser qu’il y a un autre moyen de réduire les déficits, c’est-à-dire de réduire les coûts, en réduisant la bureaucratie et en contingentant sévèrement les programmes qui ne mènent pas à un emploi en demande sur le marché du travail.

Cependant, comme c’est le cas pour beaucoup d’autres problématiques, ces questions pertinentes sont ignorées. Le débat a été reconfiguré en une confrontation gauche-droite et notre gouvernement centriste ne fera ni plus ni moins que de maintenir le statut quo : une petite hausse pour aider le budget, pas de réforme visant à réduire les coûts, pas de privatisation / dérèglementation des universités et surtout pas de débat sur les modes de financement des universités.

Manifestation étudiante en photos

Photo: Walid Rifai/Contrepoids

Des photos de la manifestation en cours à Montréal cet après-midi, courtoisie d’une de mes collègues de travail

La chute de la CAQ va se poursuivre

Par Simon Leduc

Depuis qu’elle est devenue officiellement un parti politique, la CAQ est victime de ses nombreuses contradictions. François Legault est incapable d’imposer une discipline et sa vision à son groupe parlementaire. Les divergences règnent en maître dans l’équipe caquiste. Le parti de Legault ne parle pas d’une même voie dans les deux dossiers suivants : les frais de scolarité et l’environnement.

Tout d’abord, François Legault a clairement affirmé que son parti est pour l’augmentation des frais de scolarité. En tout cas, François Rebello ne semble pas être d’accord avec son chef. Sur sa page Facebook, il y avait une photo où on pouvait le voir porter fièrement le symbole (un carré rouge) des groupes étudiants qui s’opposent farouchement à la hausse des droits de scolarité. Les stratèges de la CAQ ont rapidement demandé à son député de retirer cette photo mais le mal est fait. Quelle est la véritable position de la Coalition sur cette question délicate? Ce n’est vraiment clair et l’électorat doit être mêlé en maudit.

Ensuite, M. Rebello affirme que la CAQ désire combattre la pollution en limitant le nombre de voitures des ménages. Le député caquiste affirme que chaque famille devrait avoir seulement une seule voiture afin de diminuer la pollution. Est-ce que la CAQ a décidé de courtiser l’électorat écologiste du Plateau? Sa clientèle cible ne devrait pas être le 450 et la région de Québec? Cette mesure ne va pas plaire aux banlieusards qui ont besoin de deux voitures par famille pour se rendre au travail. Est-ce que le chef acquiesce à la proposition verte de son ami? On n’en sait rien.

La Coalition avenir Québec nage dans une mer de contradictions. Il n’y a pas de cohésion au sein du caucus caquiste. Un député dit une chose une journée et un autre affirme le contraire le lendemain. L’ancien député de Rousseau a rassemblé des personnes qui n’ont rien en commun. Les électeurs québécois ne savent pas où la Coalition s’en va. Legault n’est pas capable de s’occuper de sa petite équipe. Sera-t-il en mesure de bien diriger la province? La chute de la CAQ dans les sondages ne fait que commencer. Elle n’a pas de base électorale solide et son équipe diverge d’opinion sur une tonne de questions. Ces deux éléments vont faire mal à ce jeune parti politique. La chute de la CAQ était prévisible et elle est devenue une réalité.

Lien pertinent : La chute prévisible de la CAQ : http://www.contrepoids.com/2012/01/20/la-chute-previsible-de-la-caq/

La futilité des grèves étudiantes.

Vous êtes un étudiant qui est en faveur des grèves étudiantes? Faites-moi une faveur, expliquez-moi pourquoi?

Croyez-vous vraiment que ça fera une différence? Que parce que vous quittez vos cours, le gouvernement va trembler? Alors vous souffrez de sérieuses délusions. Vous croyez que votre grève dérange quelqu’un? Une grève a toujours été une tactique utilisée par les syndicats pour forcer leur employeur à négocier. Pour qu’elle soit efficace, encore faut-il qu’elle fasse mal à l’employeur en le privant de revenu et en l’empêchant de fournir ses services ou ses biens à sa clientèle. Dans un tel cas, l’employeur n’a d’autre choix que d’écouter. Les employés ont un levier contre leur employeur en le privant de leur travail, mais quel levier avez-vous, pauvres étudiants? Fournissez-vous un service essentiel à quelqu’un? Est-ce que votre grève fera bien grand chose, à part donner congé à vos profs, et encore, ils pourraient bien décider de continuer à donner des cours aux étudiants qui veulent bien continuer d’y aller.

La triste vérité est qu’une grève étudiante ne punira qu’une seule personne: vous-même. Elle vous punira quand vous serez obligés de rattraper le temps perdu pendant l’été, et que pendant ce temps, vous ne pourrez pas faire ce que vous feriez normalement pendant les vacances d’été comme occuper un emploi, faire un stage, faire un voyage d’échange culturel, etc. Ça vous empêchera de débuter votre carrière, si vous étiez sur le point de graduer, ou de passer au niveau suivant si vous comptiez poursuivre du cegep à l’université ou du BAC à la maîtrise ou au doctorat. En fin de compte, vous ne faites qu’ériger des barrières contre vous-même. Vous ne croyez pas avoir suffisamment de problèmes sans vous tirer vous-même dans le pied?

Alors continuez d’agiter d’agiter vos pancartes et vous priver vous-même de l’éducation qui fera votre futur si ça vous chante, mais soyez conscients que la plupart des gens se soucient plus de qui sera le prochain éliminé à Star Académie que de la hausse frais de scolarité qu’on veut vous imposer pour simplement rattraper le retard sur l’inflation. D’ailleurs, considérant la façon que notre gouvernement s’endette et que l’intérêt de cette dette supplantera bientôt l’éducation comme deuxième poste budgétaire le plus important; sans compter que cette dette est une taxe future qui devra tôt ou tard être remboursée par vous, alors je vous dirais qu’une augmentation de quelques centaines de dollars devrait être le moindre de vos soucis.

La dictature des associations étudiantes

protestation-etudiante

 

Le débat sur la hausse des frais de scolarité est de nouveau d’actualité au Québec. Au cours des prochaines semaines, une pléthore d’associations étudiantes collégiales et universitaires tiendront des votes de grève. Dans un premier temps, elles veulent tenir une journée de grève le 10 novembre afin de manifester en grand nombre à Montréal. Dans un deuxième temps, elles désirent avoir un mandat de grève générale illimitée pouvant être mis en application durant le mois de janvier. Cette mesure menacerait la session de tous les étudiants.

Alors que le consensus social québécois reconnaît enfin la nécessité de hausser substantiellement les frais de scolarité, une poignée de militants étudiants continue de vouloir faire la pluie et le beau temps sur les campus universitaires. Bien entendu, ces étudiants ont droit à leur opinion et ils ont le droit de l’exprimer. Toutefois, le problème est qu’ils se servent des associations étudiantes afin de se draper d’une légitimité représentative qu’ils n’ont que rarement.

La très grande majorité des étudiants universitaires québécois sont des gens sensés et raisonnables. Ils comprennent que l’éducation a un coût et ils acceptent d’y participer. Si payer plus leur donne un meilleur service, soit. Tous ne sont pas heureux de la hausse des frais de scolarité. Toutefois, l’obtention de leur diplôme et l’apprentissage sont plus importants que de perdre du temps à revendiquer. Leur objectif est de compléter leurs études et d’aller vers autre chose. Quand les frais d’immatriculation augmentent, ils ne vendent pas leur voiture. Quand les frais de scolarité sont majorés, ils n’abandonnent pas la moitié de leurs cours.

La majorité des étudiants comprennent que leur statut est transitoire et que l’école n’est qu’un tremplin vers autre chose. Payer une partie de leurs études est vu comme un investissement et non un frein à l’accessibilité. Bien sûr ils aimeraient payer moins cher, mais on peut dire la même chose pour tous les biens et services qu’ils consomment. Plusieurs étudiants travaillent, parfois même à temps plein, tout en poursuivant leurs études selon leurs moyens et contraintes (famille, travail, disponibilité, etc). Les cohortes actuelles dans nos universités sont tout sauf homogènes. Certains sont parents, d’autres habitent loin de l’Université, d’autres étudient le soir. Bref, presque chaque étudiant est désormais presque un cas unique.

Les étudiants qui travaillent ou qui ont d’autres obligations que les études sont souvent plus conscients de ce que la réalité du travailleur exige. En ce sens, ils sont peut être mieux préparés que ne le sont ceux qui ne font qu’étudier, dans un environnement clos dans lequel les études occupent toute la place. Les frais de scolarité très bas, en ce sens, ne rendent pas toujours service aux étudiants qui ont alors plus ou moins conscience de la valeur de leur formation.

Les associations étudiantes sont peu adaptées à cette réalité. Dans les faits, les exécutifs d’associations sont majoritairement investies de jeunes étudiants à temps plein qui ne travaillent pas et qui ont le temps de s’impliquer. Or, la plupart de ces personnes ne connaissent rien des réalités de vie de leurs collègues. Pour eux, une grève est un moment de manifester, de revendiquer. Ils ne se préoccupent pas de la perte de cours ou de temps puisque, de toute manière, ils sont là à temps plein et n’ont rien d’autre à faire que d’étudier. Pour les gens qu’ils disent représenter, par contre, une grève et un arrêt de cours posent plus de problèmes.

Une grève prolongée retarde la réussite des cours et l’attribution du diplôme tout en nuisant à la qualité de l’enseignement pour tous. En cas de grèves mineures, les professeurs doivent ajuster leurs cours, souvent au détriment de l’évaluation et de la quantité de matière enseignée. Si les associations étudiantes sont sérieuses, pourquoi ne font-ils pas leurs manifestations et leurs assemblées en dehors des heures de cours? Si elles sont sérieuses, pourquoi ne pas manifester la fin de semaine, comme la CSN vient de le faire? Ainsi, tout le monde pourrait y participer, sans perte de cours. C’est le monde à l’envers, les permanents des associations étudiantes font les manifs la semaine car ils travaillent la fin de semaine!

La même logique s’applique aux réunions étudiantes. Quels étudiants peuvent aller à une assemblée générale le mardi à 11h? Certainement pas ceux qui travaillent à temps plein ou qui suivent des cours du soir. La contribution à l’association est toutefois obligatoire. Les gens paient alors qu’on sait très bien qu’ils ne pourront jamais participer.

Malheureusement, les institutions d’enseignement se font complices de cette réalité. Elles laissent les étudiants parler de la grève au début des cours et permettent aux associations de distribuer leur propagande sur les heures de cours et dans les salles de classe. Cette situation est unique dans notre société au plan de la démocratie représentative. Bien entendu, aucun temps n’est accoré au point de vue opposé à celui des apparatchiks des associations.

Aucun syndicat qui se respecte ne procèderait ainsi. Si un syndicat agissait comme une association étudiante, il perdrait rapidement sa légitimité auprès de ses membres. Les activités de militantisme syndical qui ne sont pas des moyens de pression se tiennent hors des heures de travail et, bien souvent, hors des lieux de travail. Depuis quand ferme-t-on l’épicerie au complet pour discuter de ses problèmes avec le gérant? Depuis quand arrête-t-on une usine, ne serait-ce que quinze minutes, pour discuter de la convention collective? On ne le fait pas. Alors pourquoi tolérons-nous des processus semblables dans les universités?

L’université est un lieu d’apprentissage privilégié et un tremplin vers le monde professionnel. On dit souvent que l’éducation est la meilleure voie pour améliorer son sort et qu’elle représente un facteur important de mobilité sociale. En ce moment, une poignée d’étudiants veulent remettre en cause le parcours académique de leurs collègues au nom d’un idéal utopiste dépassé. Les étudiants ont droit à une formation correcte. Or, dispenser cette formation, nos universités ont besoin de plus de moyens.

En dollars constants, les études universitaires au Québec sont moins chères qu’en 1968, même avec la hausse de frais prévue. De plus, l’éducation au Québec coûte bien en deça de la moyenne canadienne. Enfin, le Québec a un généreux programme de prêts et de bourses qui permet aux jeunes moins fortunés d’étudier. Il est absurde de prétendre que l’accès à l’université est freiné par les coûts au Québec. Le Québec a les frais universitaires les plus bas et une fréquentation universitaire plus basse que le reste du pays. La gratuité n’est en aucun cas une garantie d’accessibilité.

 Le citoyen surtaxé ne peut contribuer davantage et c’est au tour des étudiants de faire leur part. Après tout, ils seront les premiers à bénéficier de leur formation. La priorité des étudiants devrait être de compléter leurs études dans les temps. Il est inconcevable qu’un petit groupe d’activiste menace de paralyser le parcours scolaire de milliers d’étudiants qui ne demandent pas mieux que de terminer ce qu’ils ont entrepris et de pouvoir contribuer à l’ensemble de la société par leurs talents et connaissances.

Un document fallacieux, partie 1

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Fallacieux : qui est destiné, qui cherche à tromper, à induire en erreur.

Je suis en train de préparer ma chronique pour Maurais Live, ce mardi. Je parlerai de la hausse des frais de scolarité, notamment. Maudit que je déteste consulter les documents gouvernementaux. Voici celui que je suis en train de regarder. J’ai décidé d’arrêter un peu pour vous faire part de quelques frustrations.

Je suis d’accord que le gouvernement exige 325$ de plus par session aux étudiants. C’est la seule décision intelligente que ce gouvernement a pris au cours de tous ses mandats. Ce que je déteste, c’est quand on tente de me remplir comme une cruche!

Effort équitable?

Dans le document, le gouvernement tente de démontrer, dans les premières pages, que l’effort pour augmenter le financement est réparti équitablement entre lui-même, les étudiants, les entreprises et les universités. En bout de piste, dans le budget 2016-2017, 850 millions supplémentaires seront investis. Notons que le déficit accumulé des universités en 2009 s’élevait à 483 millions.

Or, voici le tableau de l’augmentation du financement ventilé selon la source pour chacune des années.

Dans la dernière colonne à droite, j’ai placé l’augmentation du budget de la part du gouvernement. Que remarquez vous? Et oui, lorsque l’on dépasse le dernier budget possible de l’administration Charest (2013-2014), la part du gouvernement se met soudainement à augmenter plus rapidement, sans raison apparente, alors que l’augmentation pour les autres colonnes est plutôt stable! Donc, Charest annonce que lui et son gouvernement feront un effort, il promène son chiffre de 850 millions dans son petit ensemble du parfait « peddler » et en réalité, il a refilé la facture à la prochaine administration gouvernementale. Si on garde une augmentation de 40 millions, ce qui est raisonnable selon les budgets de 2012-2013 et 2013-2014, on découvre que le manque à gagner est de 160 millions de dollars!

De plus, que représente ASRU? Cela veut dire « Autres sources de revenus des universités ». Bref, on pense que les universités vont augmenter leurs revenus connexes de recherche, de formation continue et quelques autres revenus auxiliaires. Comment? Peu importe, on ne le dit pas vraiment dans le document, le gouvernement ne fait que changer ses attentes et place ce montant dans ses tableaux! Pratique quand tu sais que les journalistes qui lisent plus que le sommaire exécutif sont plutôt rare! De plus, qui va réellement valider que les hypothèses se sont réalisées dans 5 ans?

Et DPE, c’est quoi? Retenez vous pour ne pas rire, mais ce chiffre représente l’augmentation du financement généré par… les dons des particuliers et des entreprises grâce à Placements Universités! Ça y est, je suis plié en deux! En gros, le gouvernement augmentera sa subvention de contrepartie pour stimuler les- dons et croit donc que les revenus augmenteront. Comme c’est une dépense du gouvernement, l’augmentation de 30 millions de la subvention est déjà comptabilisée dans la première colonne du tableau. Je vous épargne les détails de Placements Universités, je vous sens déjà commencer à bâiller.

Bref, sur le 850 millions annoncés, on peut dire que 315 (160 + 101 + 54) relèvent de la manipulation des chiffres. C’est quand même 37% du montant. Vous pouvez être sûr d’une chose par contre, les chiffres en provenance des étudiants vont se réaliser!

Au lieu de nous prendre tous pour des épais, peut-on simplement dire que l’on va augmenter le financement universitaire, principalement sur le dos des étudiants, ce qui est, à mon sens, une très bonne chose!

Demain, je vais publier un autre texte sur le reste du document, car ce n’est pas fini!

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