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Si ça fonctionnait, on le saurait…

Par Philippe David

Pour une fois que Philippe Couillard et son gouvernement font quelque chose de bon, les critiques fusent de toutes part, même de la part de chroniqueurs à droite de l’échiquier. Bon sang qu’on est denses ici au Québec quand il est question d’économie! C’est probablement pour ça qu’on est les plus pauvres du Canada alors qu’on a tous les outils pour être parmis les plus riches. 

Bien sûr, je parle de l’acquisition de RONA par Lowe’s et la ô comment prévisible levée de bouclier qui s’en est suivie. Un de nos chers fleurons se fait acheter par ces méchants américains ! Catastrophe! François Legault et PKP sont dans tous leurs états! Gros corporatistes qu’ils sont. 

Petit rappel

En 2012, Lowe’s avait tenté d’acquérir RONA et le gouvernement est intervenu en ordonnant qu’Investissement-Québec et la Caisse de Dépot et Placements du Québec achètent des actions de RONA pour empêcher la vente. Les actions de RONA avaient piqué du nez après que l’achat a été annulé, résultant en une perte pour le bas de laine des québécois. Depuis, les choses ne se sont pas vraiment améliorées pour RONA qui est toujours en perte de vitesse, mais selon les opposants à la vente, on devrait encore gaspiller l’argent de notre bas de laine. Encore une fois, bon sang qu’on est denses au Québec! 

Une bonne chose

Les critiques de l’acquisition de RONA déplorent la perte d’un autre siège social,  mais en réalité ce n’est pas une si mauvaise chose:

  • Lowe’s paie les actions de RONA près du double de leur valeur. C’est un gain appréciable pour les actionnaires (dont la CPDQ fait partie à la hauteur de 17%). Le 3,2 milliards que Lowe’s investit sera bénéfique à notre économie. 
  • RONA continue d’exister, son siège social demeure à Boucherville et sera maintenant appuyé par une compagnie-mère avec des poches très profondes, ce qui assure que RONA sera encore dans le paysage pour longtemps.
  • Ses fournisseur auront une opportunité d’avoir accès au marché américain à travers Lowe’s.

Les exemples abondent de compagnies québécoises qui ont profité d’une acquisition par une compagnie américaine selon Adrien Pouliot, Chef du Parti Conservateur du Québec. En commentaire sur le mur de Mathieu Bock-Côté, il en cite trois:

«Prenez l’exemple de Van Houtte qui a connu une expansion fulgurante suite à son acquisition par Green Mountain. Cette dernière y a investi plus de 50 millions dans l’usine du quartier défavorisé de St-Michel.

Regardez le succès de Deaubois Inc. depuis son achat par Quickrete. La multinationale lui a transféré toute la production qu’elle avait au New-Hampshire.

Regardez A. Richard Ltée, fondée en 1890, achetée par Hyde Tools du Massachussetts. L’acheteur fut si impressionné par la qualité des produits qu’il a transféré à Berthierville toute sa production nord-américaine de truelles de haute qualité et le dg de l’usine québécoise conseille la direction américaine.»

L’acquisition d’une compagnie québécoise par une firme étrangère est loin d’être la catastrophe que PKP et François Legault voudraient nous faire croire. Tout ça, sans que ça ne coût un sous au contribuable

La mentalité de village gaulois

Depuis des décennies, nous nous accrochons à une mentalité de village d’irréductibles gaulois entourés de méchants anglo-saxons et ça nous a donné quoi au juste?  Le Québec dépense trois fois plus que l’Ontario  (pourtant plus populeuse) en programmes d’assistance aux entreprises et nous avons un taux d’entrepreneuriat anémique, une économie qui traine de la patte depuis trop longtemps et les citoyens avec le revenu disponible de plus faible au Canada depuis deux ans.

Il est grand temps de se réveiller et réaliser que l’interventionnisme économique à tout crin que pratique notre gouvernement, tous partis confondus, ne fonctionne tout simplement pas. Einstein définissait la folie comme étant de répéter toujours la même expérience en s’attendant à un résultat différent. Il me semble que si on détenait la formule gagnante, ça ferait longtemps qu’on le saurait.

Charte des contribuables : mon vote est à vendre !

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— Pierre Simard, professeur à l’ENAP et fellow senior de l’Institut Fraser

Je l’avoue, je suis un peu désabusé de la politique. Mais je n’hésiterai jamais à voter pour un parti politique qui veut me protéger contre les excès de nos gouvernements. J’applaudis donc l’idée d’une charte des contribuables proposée par la Coalition Avenir Québec.

Encore une promesse électorale? C’est ma crainte, mais j’ai pour principe qu’il ne faut jamais décourager un alcoolique qui est disposé à signer un contrat de sobriété. On doit seulement s’assurer qu’il ne puisse revenir sur sa signature.

Des économistes décrivent nos gouvernements comme des institutions qui maximisent leurs rentrées fiscales. J’en suis! Pour moi, les politiciens sont d’abord motivés par leur réélection et aucune dépense ne les rebute pour s’acheter des votes.

Donnez de l’argent à un politicien et il ne manquera pas de le dépenser, quitte à endetter les générations futures.

Il n’y a donc pas de mal à prendre au mot un parti politique disposé à sevrer la bête gouvernementale. Surtout lorsque le ministre des Finances d’un Québec surtaxé déclare (sans même sourire) ne pas avoir de problème de dépenses, mais un problème de revenus.

Mon vote est donc à vendre. En m’inspirant des propositions de mon collègue Jean-Luc Migué dans son ouvrage On n’a pas les gouvernements qu’on mérite, voici quelques éléments d’une charte que je serais disposé à acheter.

Réduisons et fixons la taille de l’État. Dans un Québec où le budget du gouvernement accapare 47 % de l’économie, la charte devrait prévoir une réduction significative de la taille de l’État et fixer le niveau maximal de dépenses du gouvernement en fonction du PIB.

À ce sujet, une étude de Schuknecht et Tanzi (2005), pour le compte de la Banque centrale européenne, montre que plusieurs pays ont réussi à réduire leurs dépenses publiques (parfois de plus de 10 %) sans contrecoup. Ces réductions à la taille de l’État n’ont pas affecté le bien-être des populations selon les grands indices macroéconomiques et de bien-être conventionnels. Au contraire, ces ambitieux programmes de réformes ont eu des effets positifs sur la croissance économique et l’innovation.

Imposons une discipline budgétaire. La charte devrait prévoir une réduction de l’impôt des contribuables et des entreprises, et imposer une discipline fiscale à nos élus. À l’instar de plusieurs États américains, la charte devrait obliger l’équilibre budgétaire et fixer des limites aux augmentations d’impôts, de taxes et de tarifs que peut décréter le gouvernement.

Restituons les surplus aux contribuables. La charte devrait également préciser qu’en cas de surplus budgétaire, ce qui est peu probable avouons-le, nos gouvernements devraient obligatoirement retourner ces surplus aux contribuables sous la forme d’une diminution des impôts ou en remboursement de la dette.

Imposons des règles de dérogation stricte. Enfin, pour s’assurer que cette charte ne soit pas modifiée au gré des humeurs politiciennes, elle devrait avoir un caractère constitutionnel. Elle ne devrait pouvoir être contournée qu’avec l’assentiment d’une supra majorité (voire l’unanimité) des élus de l’Assemblée nationale. Il serait trop facile de permettre à un gouvernement de s’y soustraire par un vote à la majorité simple.

Certains inconditionnels de l’État bienveillant rétorqueront qu’une telle charte peut conduire à une impasse budgétaire, une falaise fiscale comme celle vécue par le gouvernement américain à l’automne 2013. Ce sera alors une bonne nouvelle: la preuve que la charte fonctionne.

Quel contribuable se plaindra d’obliger les politiciens à se serrer la ceinture plutôt que d’avoir constamment à payer le coût de leurs excès?

La CAQ : un parti comme les autres

 

Par Pierre-Guy Veer

Des élections auront lieu d’ici peu. Les nombreux partis officiellement reconnus solliciteront de toute part votre vote. Parmi ceux-ci se retrouve la Coalition Avenir Québec, née des cendres de l’ancienne ADQ. Toutefois, en lisant le programme[1], on se rend vite compte que l’influence de l’ancienne formation de « droite » (pour une intervention réduite du gouvernement) est presque inexistante.

 

En effet, dès les pages 10 et 11, on affirme d’un même souffle que « Si une intervention plus marquée de l’État s’impose dans certaines sphères d’activité, il n’hésitera pas à s’impliquer, tout comme il n’hésitera pas à réduire la taille des structures superflues et à décentraliser au besoin les ressources et les centres décisionnels. » On veut notamment s’assurer « que les Québécois tirent pleinement profit de l’exploitation de leurs richesses naturelles » et « que le ministère de l’Environnement dispose des ressources adéquates pour assurer une protection optimale de l’exceptionnel patrimoine naturel du Québec. »

 

Heu, comment peut-on vouloir à la fois augmenter et diminuer la taille du gouvernement? On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre; le gouvernement augmente ou non. Considérant qu’un employé syndiqué est presque impossible à congédier[2], je doute que Legault soit capable de diminuer la taille du gouvernement, à moins qu’il n’ose toucher véritablement au Léviathan syndical.

 

Aussi, le langage collectiviste – les Québécois, le patrimoine exceptionnel du Québec – trahit les vraies intentions de la CAQ. Pour paraphraser Equality 7-2521, les expressions collectives (« les Québecois ») sont « the word of serfdom, of plunder, of misery, falsehood and shame[3]. » En effet, du moment qu’on prétend qu’une ressource, exploitée ou non, appartient à une collectivité, ou que le gouvernement a le droit de vie ou de mort sur son exploitation – ou qu’il y ait une participation minoritaire via la Caisse de dépôts et de placements –, alors on ne peut s’attendre qu’à un pillage systématique, de la misère, de la servitude et de la stagnation. Bref, au statu quo.

« Les Québécois » dans leur ensemble n’existent pas; il s’agit uniquement de 8 M de personnes individuelles qui vivent sur le territoire nommé Québec. « Les Québécois » qui veulent une intervention du gouvernement – même « lorsque nécessaire », si cela est possible – sont simplement des individus regroupés qui ont un fort intérêt à ce que le gouvernement intervienne en leur faveur. Car TOUTE intervention du gouvernement hors de ses tâches régaliennes (justice et sécurité publique) est TOUJOURS pour aider quelqu’un/un groupe de personnes au détriments de tous les autres, généralement au travers d’impôts, de taxes, de réglementation et je ne sais quoi d’autre.

 

De bons efforts pour l’éthique

 

Malgré ses tendances collectivistes, la CAQ a néanmoins certaines bonnes idées, à commencer par sa volonté d’améliorer l’éthique gouvernementale. On propose notamment d’élargir les pouvoir du vérificateur général, pour qu’il puisse vérifier les comptes des sociétés d’État sans leur demander la permission. On pourra enfin exposer au grand jour la mauvaise gestion d’Hydro-Québec[4] et de la SAQ[5], de même que rappeler celle des commissions scolaires[6], afin de demander des changements en profondeur, ou mieux demander leur abolition ou leur privatisation. Mais plutôt que de créer un VG qui vérifierait les comptes des villes de moins de 50k personnes, pourquoi l’actuel ne s’en chargerait pas?

La CAQ proposé également plus de transparence du gouvernement. On promet d’accélérer l’obtention de renseignements publics (via la Loi d’accès à l’information) et de rendre public tout contrat, dépense ou engagement public (ministères ou organismes) de plus de 25k$. Espérons que le gaspillage diminue avec cette mesure de visibilité – espérer une privatisation massive relève (malheureusement) de la pensée magique…

 

Aussi, bien que je sois généralement réfractaire à la création de nouvelles structures publiques, l’idée de créer un directeur parlementaire du budget semble séduisante. Le poste existe à Ottawa, et aussi à Washington (nommé CBO). Celui des ÉU estime, à la demande des parlementaires, des projections de dépenses à plus ou moins long terme pour certaines mesures publiques. Dans un cours que j’ai suivi en ligne, ce sont les prévisions du CBO qu’on a utilisées pour montrer que la réforme de la santé d’Obama allait avoir un effet marginal sur le déficit à long terme; en fait, elle ne ferait que ralentir le rythme de croissance.

 

Pour en revenir à la CAQ, deux dernières mesures d’intérêt pour l’éthique touchent directement les partis politiques. On propose de limiter les dons politiques (à un seul parti) à 100$/personne par année, ce qui « rendra pratiquement impossible l’utilisation des prête-noms. » Si Pauline Marois et Paul Desmarais ont été capables de le faire, ils trouveront sans doute le moyen de le faire encore. En plus de cette mesure, on propose un financement public (via le Directeur général des élections) à hauteur de 3$ par dollar versé par un particulier. En plus d’utiliser l’argent de Pierre pour payer Paul, cette mesure ne favorisera, encore une fois, que les gros partis avec une bonne machine. Avec une telle mesure, je doute fortement que Québec solidaire pour le Parti conservateur ait, à court et moyen terme, beaucoup d’argent, contrairement au PQ et au PLQ.

 

La seconde mesure politique veut instaurer des élections à date fixe comme sept autres provinces canadienne, un territoire et la Chambre des communes. L’idée serait excellente; ainsi, on n’aurait pas à anticiper les caprices du premier ministre en place pour savoir quand nous irions voter. Malheureusement, avec notre système parlementaire actuelle, l’application d’une telle loi est très difficile, comme l’a montré Stephen Harper de 2005 à 2011. Tout comme à Ottawa, les tiers partis prennent de plus en plus de place au Québec. Cela divise le vote (pas que c’est mauvais), rendant les gouvernements minoritaires de plus en plus probables et fréquents. Pour avoir de vraies élections à date fixe, on doit soit adopter le système des États-Unis (séparer le législatif et l’exécutif), soit adopter un système électoral proportionnel, où les alliances entre partis sont plus faciles. Tout cela, naturellement, suppose un statu quo politique, avec un gouvernement omniprésent. Dans un État minarchiste, la présence de plusieurs partis est sans importance puisque l’État n’intervient pas (ou si peu) dans l’économie.

 

Une efficacité superficielle

 

Après avoir parlé de transparence et d’efficacité, la CAQ retombe vite dans le train habituel de « faire mieux » avec les services publics. Et comme les autres partis, on prétend que les citoyens ont droit à ces services. Sans les euphémismes et le filtre de la novlangue, on dit clairement qu’on prône l’esclavage. Non, je ne fais pas de démagogie. L’esclavage était justement ça : prendre le produit d’un autre humain sans que ce dernier ne puisse en profiter. Que ce soit dans un champ de coton, dans un hôpital ou dans une école, le résultat est le même : on brime les libertés individuelles des gens touchés. Si prendre 100% du produit de quelqu’un est de l’esclavage, quel pourcentage n’en est pas?

 

Certes, la CAQ promet un dégraissage de la bureaucratie en tentant de rendre plus responsable les fonctionnaires, ce qui va, dit-on, les faire gagner en efficacité et donc faire économiser. Malheureusement, cette mesure risque d’être vouée à l’échec. En effet, il n’y a que deux choix : fonctionner selon des règles bureaucratiques ou par profit. Et dans le premier cas, les patrons tuent plus souvent qu’autrement l’innovation chez les plus jeunes et ambitieux[7]. Sans profit, il n’existe pas de critères objectifs pour déterminer la réussite ou l’échec d’un programme public. Même un déficit n’équivaut pas à un échec[8]. La seule solution pour vraiment économiser sur la bureaucratie est de diminuer le nombre de fonctionnaires.  Ça ne risque pas d’arriver; le parti de Legault propose de rediriger une partie des économies (s’il y en a) sur les dépenses d’opération vers écoles et autres institutions locales pour « offrir » plus de services à la population.

 

Parallèlement, la CAQ se plaint que le ministère des Transports a perdu son expertise au profit du privé, « laissant le gouvernement sans ressources adéquates pour effectuer la surveillance, la coordination et le suivi des projets et des investissements. » Et pourquoi donc le gouvernement devrait-il gérer les routes? N’en déplaise aux étatistes[9], les routes privées sont possibles, et même désirables[10]. En privatisant les routes, on règle par le fait même leur piètre qualité – un entrepreneur voudra rentabiliser son investissement – et la corruption inhérente à l’attribution de contrats publics.

 

La même chose s’applique au transport en commun. Oui, « la multiplication des structures administratives affecte souvent la qualité de la planification, génère des pertes d’efficacité et contribue à ralentir les processus. » Ce n’est certainement pas en centralisant encore plus – via une nouvelle société d’État – que le problème se règlera. Tout allait mieux à Montréal (côté cout) avant la venue de la STM[11]. Aussi, quand le gouvernement contrôle ce secteur, il y va souvent de choix qui sont non seulement couteux mais qui diminuent l’utilisation[12]. La planification publique est et sera toujours un échec; qu’on laisse les individus se débrouiller eux-mêmes et le tout s’améliorera. Après tout, on ne planifie pas la fabrication de chaussure et de vêtements, et les prix sont relativement bas.

 

Pour en revenir à la simplification des structures, on propose de réduire de plus de moitié le nombre d’élus à Montréal. C’est une excellente idée; il y a un élu pour 15534 personnes à Montréal, contre 57778 à Toronto et 141 379 à New York. J’ajouterais que Québec en aurait aussi besoin; elle a un élu par 18429 habitants.

On propose également de donner la marge de manœuvre nécessaire aux villes pour qu’elles puissent faire face à leurs régimes de retraite. Formulé ainsi, je crains que les taxes foncières fasse comme une montgolfière et s’élèvent encore plus haut…

 

Des efforts financiers insuffisants

 

Du côté des finances, un gouvernement Legault avancerait quelques bonnes idées, notamment une diminution de 1000$ d’impôts par famille et l’élimination de la taxe santé. Malheureusement, les mesures pour compenser cette diminution des revenus – alléger les structures bureaucratiques – risque d’être un échec, tel que mentionné précédemment. D’ailleurs, peu importe les montants investis, que ce soit en éducation[13] ou en santé[14], il y aura toujours des carences majeures quand le public s’en occupe.

 

Parlant d’éducation, la CAQ déplore que les frais de scolarité n’aient pas été augmentés plus dans le passé. Questionnement étrange, considérant que le chef a été ministre de l’Éducation. Néanmoins, en gardant une perspective étatique, une hausse des frais de scolarité est la seule solution envisageable. Quand les frais sont « gelés », ils diminuent si l’on tient compte de l’inflation. Cela crée donc plus de pression sur les finances publiques.

Et n’en déplaise à la CAQ, une hausse soudaine pourrait avoir du bon. En effet, comme les gens devront payer un prix plus réaliste pour leurs études, ils pourraient ainsi ne pas aller à l’université ou, à tout le moins, éviter les facultés aux débouchés limités (théâtre, politique, sociologie). Je n’ai rien contre elles; par contre, le nombre de leurs étudiants est artificiellement élevé justement parce que leurs études sont bon marché (ou, parallèlement, que les prérequis sont trop peu exigeants, contrairement à la médecine), et le marché peut difficilement les absorber.

Une diminution du nombre d’étudiants créerait un soulagement sur le système de prêts. J’ignore quelle est la situation au Québec, mais aux États-Unis, c’est en train de devenir la prochaine bulle[15]. Cela prouve, une fois de plus, que la solution à un problème étatique est privée. L’État change le comportement rationnel des gens et les amènent à agir d’une façon différente que sur le libre-marché.

 

Ce n’est donc pas sans un certain scepticisme que je regarde la promesse de vouloir diminuer la dette. Bien qu’elle ait raison sur le montant et sur l’injustice intergénérationnelle que cela crée, la CAQ affirme aussi que payer la dette permet de libérer des ressources pour les missions « importantes » de l’État, non définies.

 

Elle affirme aussi que les redevances sur les ressources non renouvelables serviront à payer la dette, afin qu’elles « bénéficie à tous les Québécois, et non pas seulement à ceux qui ont la chance de vivre au moment de leur extraction. » Je ne reviendrai pas sur le langage collectiviste d’une telle pensée, mais j’ajouterai simplement que tout ce qu’un entrepreneur privé fait, c’est au bénéfice de la société, même si ce n’est pas le but explicite. Le boulanger, le boucher et le cordonniers ne travaillent pas pour nous nourrir ou nous vêtir mais bien pour se nourrir et se vêtir.

 

Prendre les familles par la main

 

La CAQ poursuit ses politiques collectivistes avec les familles. On espère entre autre mieux encadrer les CPE pour empêcher l’attribution de places par affairisme, pour mieux encadrer les programmes éducatifs qu’on y offre et faire reconnaître leurs services comme essentiels.

 

C’est drôle, mais jusqu’à ce qu’on nationalise les garderies, il n’y avait pas de problème de pénurie de places ni de grève. C’est depuis que l’État les a prises en charge que les problèmes ont commencé, l’affairisme y figurant au premier plan. Quand un programme est politique, la corruption est presque inévitable; le parti au pouvoir « récompense » ses électeurs, peu importe le domaine[16]. Et comme le cout défrayé est bien en-deçà du cout réel – même si le prix nominal a été augmenté[17] – alors la demande augmente artificiellement, ce qui cause des pénuries telles que tous les moyens sont bons pour avoir une place[18]. Enfin, comme les garderies sont devenus un service « public », elles sont nécessairement « essentielles ». Quelle ineptie : seules les tâches régaliennes d’un État sont essentielles, car elles maintiennent un minimum d’ordre dans la société. TOUT le reste ne crée que du chaos, comme c’est le cas avec les garderies.

 

C’est également le cas avec cette volonté d’obliger les employeurs à offrir des congés payés pour raison familiale. En fait, ce n’est pas chaotique, c’est paternaliste. On enlève ainsi la liberté aux employeurs et aux employés d’en arriver à un accord de gré à gré sur le sujet. Maintenant, comme c’est le cas avec les congés parentaux et l’équité salariale, les employeurs pourraient être tentés de discriminer les parents avec des enfants pour éviter d’être obligés de payer ces congés.

 

Ce paternalisme se reflète dans cette promesse de faciliter l’accès à la propriété. Oui, acheter une maison est très dispendieux, et de nombreux frais administratifs l’entoure. Malheureusement, tout gouvernement qui tente « d’aider » la population à devenir propriétaire crée des bulles, comme ce fut le cas aux ÉU[19] ou au Canada[20].

 

Il se reflète aussi dans cette volonté de non seulement maintenir les régimes « volontaires » d’épargne retraite, mais de les centraliser sous la Régie des Rentes du Québec. Il est vrai que les gens n’épargnent pas beaucoup; le programme de la CAQ affirme que 60% des travailleurs n’ont rien d’autre que le régime public auquel ils ont cotisé. C’est dommage, mais c’est prévisible. Avec un taux d’intérêt aussi ridiculement bas, épargner est même désavantageux si l’on tient compte des frais d’administration de plusieurs programme de RÉER. Et avec tout ces frais payés (taxes, impôts, RRQ, assurance parentale, etc.), le salaire réel des gens est maigre pour pouvoir épargner plus. Qu’on commence par l’augmenter –  il n’est pas mieux qu’au milieu du classement canadien[21] – afin de permettre aux gens les moyens de pouvoirs épargner pour leur retraite.

 

D’ailleurs, il n’est pas du ressort du gouvernement de dicter une politique de retraite à quiconque. Présentement, surtout dans le secteur public, on pense encore à Liberté 55; on espère prendre sa retraite à 55 ans ou après 35 ans de services. L’ennui avec cette mesure, c’est que les personnes (surtout les femmes) vivront encore en moyenne 25 ans. Dans l’État actuel du système, et avec la retraite à venir des baby-boomers, ça va créer une pression énorme sur les finances publiques. Laissons-donc le loisir aux travailleurs de prendre leur retraite quand bon leur semble ou de négocier un arrangement avec leur employeur.

 

Nuire à l’économie

 

En plus de vouloir diriger la destinée des familles, la CAQ veut aussi diriger l’économie du Québec. Elle veut notamment que la Caisse de dépôts et de placements investisse plus dans les entreprises québécoises afin que les « Québécois » redeviennent « propriétaires » de « leur » économie. Même d’un point de vue étatique – aucun parti majeur ne prône l’abolition de la CDP – cette mesure est un non-sens. Le but de la Caisse est de faire du profit. Donc, s’il y en a à faire avec une entreprise québécoise, elle le fera. On pourrait d’ailleurs se demander pourquoi la CDP a attendu en juillet pour se décider d’acheter Rona[22]. Puisqu’elle est là pour rester, qu’elle soit complètement indépendante des pouvoirs politiques, et donc de pressions pour investir dans des endroits spécifiques. Ceci  inclut toute participation forcée dans les projets miniers du Grand Nord. Encore une fois, s’ils sont payants, la CDP investira d’elle-même.

 

Il en va de même pour l’innovation et la formation. Il est dans l’intérêt personnel d’un entrepreneur d’être le plus à jour possible s’il veut bien concurrencer ses adversaires. S’il ne le fait pas, c’est qu’il juge la mesure trop onéreuse ou inutile. Offrir (d’autres) crédits d’impôts dans le domaine est donc, au mieux, inutile. Mais au pis, cela concentre artificiellement certaines entreprises, comme les jeux vidéos à Montréal ou l’optique à Québec.

 

Idem pour ce qui est de « l’aide » gouvernementale à l’international. Si un entrepreneur québécois juge qu’il gagne à investir sur les marchés étrangers, il le fera. Un un entrepreneur étranger qui veut investir au Québec suivra les mêmes étapes. Malheureusement pour ce dernier, la xénophobie économique des politiciens décourage tout effort[23]. Si l’Alberta avait eu le même réflexe, son économie n’aurait pas autant explosé.

 

Même chose pour le développement régional et des autres secteurs de l’économie. Que ce soit pour Québec, Montréal ou les autres régions, le gouvernement doit tenir compte des deux mots préférés des libertariens anglophones : laisser-faire. Car qui dit investissement public dit taxes et impôts, et donc diminution de la richesse et de la productivité. Pour qu’il y ait développement économique, le gouvernement doit donc laisser faire la marché (i.e. tous les humains) et ainsi leur laisser décider où sera produit quoi afin que ce soit au meilleur prix. « Encourager » une quelconque industrie sur un territoire (dans le cas de la CAQ, la transformation des aliments) sous-entend nécessairement des mesures protectionnistes, et donc une hausse des prix pour les consommateurs.

 

Toutefois, une mesure encourageante distingue la CAQ des autres partis. En effet, on propose de modifier le Code du travail pour obliger un vote secret pour obtenir une accréditation syndicale. J’irais encore plus loin : fin de la formule Rand – le droit d’association, c’est aussi le droit de ne PAS s’associer – et fin de la loi anti-briseur de grève. Cette dernière est une violation flagrante de la propriété privée, puisqu’elle empêche un employeur d’engager des gens qui veulent travailler aux conditions offertes. La loi a ainsi cédé au terrorisme syndical[24].

 

Fausse route environnementale

 

En ce qui concerne l’environnement, les prémisses de la CAQ sont moins solides qu’un jouet acheté dans un magasin à un dollar. En effet, l’équipe Legault s’engage à respecter les recommandations du GIEC pour la réduction des gaz à effet de serre, même si l’organisation a été discréditée depuis belle lurette[25].

La CAQ veut également imposer un moratoire sur le développement des gaz de schiste « et ce, jusqu’à ce que des études scientifiques claires montrent que cette fracturation et l’exploitation du gaz de schiste qui en découlent peuvent se faire dans le respect de l’environnement naturel et de la santé des populations locales. » Ces études existent déjà, mais la peur continue de régner, fût-elle une fabulation totale[26]. De plus, le gaz naturel est moins polluant que les autres énergies fossiles; cela permettrait au Québec de diminuer son utilisation de mazout lourd, la deuxième plus forte au pays[27].

 

Mais comme l’idéologie prime sur les faits en politique, la CAQ continuera sur sa fausse route en « encourageant » le développement des énergies alternatives et en garantissant un tarif minimal pour leur exploitation. En d’autres mots, on veut répéter l’erreur espagnole[28] et les nombreuses commises aux États-Unis[29][30] et gaspiller les fonds publics dans des aventures vouées d’avance à l’échec.

 

Ce gaspillage se reflète aussi dans la politique de crédit d’impôt pour les voitures hybrides, une des clés de voûte des écologistes modernes. Mais ne leur en déplaise, les voitures hybrides sont très souvent plus sales (pour l’instant) que les Hummer[31] et les propriétaires d’hybride renouvellent rarement leur auto[32].

 

Ce gaspillage se reflètera aussi dans des investissements caquistes pour « améliorer » la circulation automobile. Comme toujours, on ne mise que sur le transport en commun. Bien qu’il ait une certaine importance, il ne faut pas miser uniquement sur lui. En effet, on m’a toujours enseigné dans mes cours d’économie que l’utilisation de l’autobus est inversement proportionnel à la richesse. Durant les deux années où j’ai travaillé à temps plein, j’ai vite compris pourquoi : la voiture est prête quand on a besoin d’elle, tandis qu’on doit être prêt pour l’autobus… si jamais il passe. De plus, un autobus n’est (généralement) écologique qu’aux heures de pointe[33], soit moins de ¼ de la journée au Québec. La congestion routière s’explique par un simple principe d’offre et de demande : les routes offertes sont « gratuites », alors la demande pour ces dernières est très fortes. En instaurant des péages (ou mieux, en vendant les routes), on allègerait du même coup le fardeau fiscal et « obligerait » les gens à repenser leur itinéraire. Et privatiser le transport en commun aussi serait une solution; avant que le public ne s’en mêle, les autobus au Chili étaient très efficaces[34].

 

En conclusion, qualifier la CAQ de « droite » est une farce monumental. Comme je l’ai démontré, ce parti est, à tout le moins, aussi interventionniste que le PQ et le PLQ. Il continuerait de propager la même vieille idée fausse que le gouvernement doit intervenir dans la santé, l’éducation de même que dans la culture et la langue – la CAQ propose encore plus de fonds pour sa « promotion » et sa « protection ». Si François Legault et son équipe rentre au pouvoir, ne vous attendez-donc pas à une révolution.



[3]    Ayn Rand, Anthem, Signet Book, Californie, 1995, p.97

[7]    Mises, Ludwig Von. Bureaucracy, New Haven, Yale University Press, 1944, p.56

[8]    p.61

[24]  Mises, Ludwig Von. Socialism :An Economic and Sociological Analysis, New Haven, Yale University Press, 1951, p.480-1

[28]  http://www.juandemariana.org/pdf/090327-employment-public-aid-renewable.pdf

Première semaine de campagne : avantage Legault

Par Simon Leduc

La première semaine de la campagne électorale a été très intéressante. Jean Charest voulait que le conflit étudiant et la loi et l’ordre soient les thèmes centraux de ces élections. Mais c’est finalement l’intégrité qui a pris toute la place grâce à la candidature vedette de Jacques Duchesneau à la CAQ. On ne peut pas prédire l’issue de ce scrutin. Quel parti politique a gagné la première manche électorale?

Avantage Legault :

En décembre 2011, la CAQ était en tête dans les intentions de vote avec près de 40% des voix. Les Québécois veulent du changement et ils sont tombés dans les bras de François Legault sans savoir ses réelles intentions. La lune de miel entre les deux a été de courte durée. Le chef de la CAQ a chuté dans les sondages parce qu’il ne réussissait pas à représenter le changement que le Québécois moyen désire depuis 2002. La descente de la Coalition peut s’expliquer par les éléments suivants : l’absence d’idées novatrices, l’impression que le parti était seulement composés de transfuges et le manque de figures de proues au sein de l’équipe caquiste.

Depuis le début de la campagne électorale, l’ancien ministre péquiste domine l’espace médiatique et ce pour trois raisons. Tout d’abord, malgré sa 3e place dans les sondages, le chef de la CAQ a réussi à s’entourer d’une équipe compétente et de prestige : Gaétan Barrette, Maud Cohen, Christian Dubé , Gérard Deltell , Sylvie Roy, François Bonnardel , Éric Caire etc. S’il est porté au pouvoir, le futur conseil des ministres caquiste serait solide et prêt à diriger la province.

Ensuite, la CAQ semble vouloir reprendre deux chevaux de bataille de la défunte ADQ : le remboursement de la dette et des baisses d’impôts. La CAQ est la seule formation politique qui parle du problème de la dette publique qui s’élève à 250 milliards de dollars. Le leader caquiste désire réduire la dette par l’entremise de redevances sur l’exploitation minière et pétrolière. Également, la CAQ promet de baisser légèrement les impôts de la classe moyenne. Cela donnerait un peu de répit aux contribuables les plus taxés en Amérique du Nord. Ce sont des mesures qui vont plaire à la classe moyenne qui en a marre de payer et rien recevoir en retour.

Subséquemment, M. Legault a su imposer la question de l’intégrité comme l’enjeu principal de la campagne en allant chercher une méga pointure en la personne de Jacques Duchesneau. C’est une grosse prise pour la CAQ.

Cette candidature a complètement fait dérailler la campagne libérale. Jean Charest voulait que la loi et l’ordre et le conflit étudiant soient les deux enjeux de cette élection. Le premier ministre sortant aura de la difficulté à se démarquer si l’intégrité domine l’espace médiatique car c’est le talon d’achille de son gouvernement.

Le Parti québécois voulait se présenter comme le champion de l’intégrité dans la lutte contre la corruption et la seule alternative aux libéraux dans ce domaine. L’arrivée de Duchesneau à la CAQ va faire très mal à Pauline Marois. Les électeurs qui veulent se débarrasser de la corruption libérale vont pouvoir se tourner vers la CAQ et ses trois combattants anticorruption : Jacques Duchesneau, Sylvie Roy et Maud Cohen. Le parti souverainiste a maintenant un adversaire de taille auprès du vote francophone. Pauline Marois est menacée et elle va devoir se battre pour ne pas se faire doubler par son ancien partenaire.

Cela va changer le cours des choses de la campagne. Avec une telle figure de proue à ses côtés, François Legault va pouvoir dire aux Québécois que son équipe est la seule qui va pouvoir combattre et vaincre le cancer de la corruption qui ronge la société québécoise.

Le peuple québécois veut désespérément du changement. En 2002 et en 2007, il a flirté avec l’ADQ de Mario Dumont. En mars 2007, celle-ci était aux portes du pouvoir mais l’inexpérience et l’acharnement de la presse médiatique gauchiste auront eu raison de ses aspirations. Est-ce que la CAQ de François Legault pourra réussir là où l’ADQ a échoué? On aura un début de réponse le soir du 4 septembre.

L’art de se mitrailler les bottines

Un autre sondage, de CROP/Le Soleil celui-là, vient confirmer la tendance qui voit les appuis à la CAQ fondre comme la neige au soleil. La CAQ est passée de 39% dans les sondages et l’espoir de former un gouvernement majoritaire, à 26% et juste l’espoir de tenir la balance du pouvoir dans un scénario de gouvernement  minoritaire, soit libéral ou péquiste. Le PLQ et le PQ sont maintenant de retour en tête, virtuellement ex-aequo, avec seulement un point d’écart, bien en dedans de la marge d’erreur.

Pour expliquer les déboires de la CAQ, on parle bien sûr de « l’effet Rebello »  et les sorties de ce député n’ont certainement pas aidé, mais je crois qu’il y a beaucoup plus que ça. Je crois, et je l’avait prédit même, que la CAQ a toujours été vouée à l’échec. Le cafouillage des dernières semaines n’est qu’une cristallisation de ce qui était une évidence dès le départ. Mais quand c’est rendu au point qu’un membre du caucus invite un autre à se taire, il est difficile d’ignorer qu’il y a quelque chose qui cloche.

La CAQuophonie

La première erreur de François Legault était de croire qu’il pouvait construire une coalition basée sur la seule prémisse de remplacer les libéraux au pouvoir. M. Legault a crû pouvoir capitaliser sur la grogne populaire contre les libéraux et prendre le pouvoir avec une collection de transfuges de toutes les appartenances idéologiques. Le hic c’est que pour émettre un message qui ne sera pas dissonant, il faut savoir accorder ses violons. Dans le meilleur des mondes, c’est déjà difficile à accomplir, mais quand vous combinez des gens avec des idéologies aussi diamétralement opposées que François Rebello et Gérard Deltell, doit-on être surpris si nos oreilles commencent à saigner? Aussi aurait-il fallu que Legault soit un sacré bon chef d’orchestre. Malheureusement, il ne l’est pas.

Un problème de leadership

Dans un parti politique, le chef est celui qui doit décider du message que son parti envoie à l’électorat. C’est lui qui décide qui de son parti doit parler, quand il doit parler et ce qu’il doit dire. Or soit François Legault fait exprès pour que son parti dise tout et son contraire, soit il n’a aucun contrôle sur ses députés. Depuis le début la CAQ n’a jamais émis un message et une vision cohérente. Tantôt c’est des posistions de gauche, tantôt de droite, tantôt souverainiste, tantôt fédéraliste et tout recemment, éco-fasciste. Et ils se demandent probablement pourquoi ils sont en chute libre dans les sondages! À force de tirer dans toutes les directions en même temps, ils forcent tout le monde à courir vers les abris. On aucune idée quelles valeurs la CAQ défend.

Les positions de Rebello sur l’environnement

Les dernières sortie de Rebello sur l’environnement relèvent à toute fin pratique de l’éco-fascisme. Une voiture par famille? Voyons donc! C’est bien beau le transport en commun, mais François Rebello devrait peut-être sortir du Montréal métropolitain de temps en temps. Bio-carburant? M. Rebello n’a-t-il pas lu tous les reportages qui décrivent comment la politique de subventionner la production de biocarburant a causé une pénurie de denrées alimentaires et de la déforestration à outrance? Et il veut que nous fassions ça au Québec? Quelle idiotie!

Avec de telles positions, doit-on être surpris que la CAQ soit maintenant la risée des commentateurs politiques? La CAQ a eu le bénéfice d’une grosse bulle médiatique, mais celle-ci s’avère être un sérieux handicap. Elle a montré toutes les failles de ce parti et mis en relief ses incohérences. Après avoir eu un brin d’espoir, les québécois déchantent maintenant.

L’hypocrisie de Jean Allaire

 Par Philippe David.

« Il faut avoir la lucidité de reconnaître le moment où un parti atteint le crépuscule de son existence et faire les gestes nécessaires pour que tout le travail fait depuis près de deux décennies ne s’évapore pas en fumée. » — Jean Allaire

C’est ce que Jean Allaire affirme, alors qu’il cherche non seulement à tuer le parti qu’il a fondé, mais aussi toutes les idées qui ont fait son succès et essaie de se sauver avec les meubles et le compte de banque, laissant les militants nus sur le perron.

Il ne faut pas mâcher ses mots. Ce que Me Allaire et ses comparses essaient de faire, c’est de littéralement « voler » les militants de leur parti en le sabordant en faveur de la CAQ. Il n’était pas suffisant à M. Allaire, M. Lévesque et M. Deltell de simplement quitter leur parti et de prendre leur carte de membre de la CAQ, ils leur fallait à tout prix apporter les actifs de l’ADQ avec eux et au diable ceux qui y ont mis leur corp et âme. Mais ils ont sous-estimé la résistance des militants et ils paniquent maintenant.

Me Allaire parle du crépuscule de son parti alors qu’avant que cette histoire de fusion commence, sa popularité était passée de 6% (après la tragi-comique course à la chefferie) à 18%! Par la suite, afin de plaire à François Legault et tenter de réduire le canyon idéologique entre l’ADQ et la CAQ, Me Allaire a tenté de torpiller les résolutions proposées par la commission politique à Trois-Rivières et ont allègrement fait circuler les rumeurs de fusion. Voyez-vous l’ADQ est loin d’avoir atteint le crépuscule comme véhicule d’idées, elle est seulement minée de l’intérieur par des hypocrites.

Me Allaire essaie de vous faire croire que l’ADQ et la CAQ se rejoignent dans les idées. Je vous inviterais à consulter cette présentation d’Adrien Pouliot. Oui oui. Celle que Joanne Marcotte a converti en PDF et que les fusionnistes ont brandi comme la preuve d’un sombre complot de prise de contrôle de l’ADQ par des fanatiques libertariens, alors même qu’ils aident François Legault à commettre une prise de contrôle hostile de leur parti. Il faut le faire, avouez-le!

Cette présentation, disais-je, démontre plutôt bien que les affirmations de Jean Allaire sont fausses. Il existe bel et bien un fossé idéologique important entre les deux partis. Mais Me Allaire n’est pas intéressé par les idéologies, il est intéressé par le pouvoir et il veut y parvenir en aidant François Legault en lui faisant cadeau du budget de $780 000 par an que l’ADQ reçoit du DGEQ, d’une aile parlementaire et même la possibilité d’être reconnu comme parti officiel à l’Assemblée Nationale. Bref, il veut le beurre, l’argent du beurre et le cul de la fermière! C’est d’ailleurs pour ça qu’il est capable du même souffle de mettre en garde contre les soi-disant « dérives de la droite », tout en invitant les membre de l’ADQ qui sont de droite à venir essayer de faire avancer leurs idées au sein de la CAQ! Allô! Quelles sont les chances de faire avancer des idées de droite dans un parti où les éminences grises vous mettent en garde contre les soit-disant dérives de ces idées! Vous nous prenez pour des cons ou quoi?

Membres de l’ADQ, je vous implore d’user de bon sens. La démocratie au Québec se portera beaucoup mieux s’il y a un véhicule politique pour les idées de droite. L’ADQ est le meilleur véhicule pour ces idées, alors que les dirigeants de la CAQ ne cherchent même pas à occuper cet espace du marché politique. Y a-t-il suffisamment de clientèle du côté droit de l’échiquier politique pour se faire porter au pouvoir au Québec? C’est discutable, je vous l’accorde, mais l’ADQ n’a jamais été si populaire que lorsqu’elle avançait des solutions de droite et elle n’est jamais descendu plus bas en enfer que lorsqu’elle a trahi son électorat de droite. À vous d’en tirer vos conclusions. Ce parti peut encore être rebâti sur des fondations plus solides et continuer le travail qu’elle avait commencé à faire: servir l’électorat de droite. Si le pouvoir vous importe plus que l’idéologie et que vous préférez répondre au chant des sirènes des sondages, déchirez votre carte, inscrivez-vous à la CAQ et votez contre la fusion ou ne votez pas du tout et laissez aux autres militants qui croient encore à l’ADQ la possibilité de continuer leur travail. Si la CAQ est si géniale que ça, vous n’avez absolument rien à perdre. Si par contre, vous croyez encore à l’ADQ, empressez vous de retourner votre bulletin de vote avec une croix sur le « non ».

Et surtout, montrez à MM. Allaire, Legault, Deltell, Lévesque, Thibault et cie. que le parti ne leur appartient pas et qu’ils ne peuvent pas en disposer comme bon leur semble pour leur propre bénéfice. Montrez-leur que l’esprit de démocratie est bel et bien vivant dans le coeur des adéquistes, même si vos dirigeants ne l’ont plus. Montrez-leur qu’ils ne peuvent pas vous voler votre parti.

L’ADN de l’ADQ

Dans les tribulation qui entourent les pourparlers sur la fusion possible de l’ADQ et de la CAQ, on entend souvent parler de « l’ADN de l’ADQ ». La retrouvera-t-on dans le mariage de ces deux formations politiques. Dans une entrevue à l’émission Connaître la Suite, Richard Thibault affirmait qu’il n’y a rien d’incompatible entre les valeurs de l’ADQ est celles de la CAQ. Jean-Jacques Samson semble affirmer la même chose dans une récente chronique. En outre, il écrivait:

Les partis se rejoignent sur leurs orientations générales : la défense des libertés individuelles, la responsabilisation des citoyens, l’importance à donner à la famille et à l’éducation, l’aide aux plus démunis, le rôle de l’État, la question constitutionnelle à mettre sur la glace.

J’aimerais personnellement voir où M. Legault s’est affirmé grand défenseur des libertés personnelles, lui qui refuse catégoriquement toute participation du privé en santé, de même que pour la responsabilisation des citoyens. Quant à la question constitutionnelle, je ne serais pas surpris de voir le naturel péquiste de M. Legault revenir au galop puisqu’il recrute activement des péquiste désabusés. Mais pour mieux démontrer les incompatibilités, voyons d’abord comment les adéquistes eux-mêmes définissent leurs valeurs selon un document d’un de leurs groupes Facebook, qui fût adopté lors de leur dernier congrès:

Les valeurs de l’Action démocratique du Québec

Les valeurs de l’Action démocratique du Québec s’articulent autour des grands principes suivants.  Ces piliers orientent les gestes de l’Action démocratique du Québec. Ils se soutiennent les uns les autres et forment l’armature d’un Québec nouveau.

La liberté et les droits individuels

Nous défendons les droits et libertés individuels, tels le droit à la vie et à la sécurité, à la vie privée, la liberté de conscience, de religion, de pensée, d’opinion et d’expression (y compris la liberté de la presse et des autres moyens de communication), la liberté de réunion pacifique et d’association, le droit à la mobilité et le droit à la propriété privée et à son échange libre résultant d’un consentement volontaire.

La responsabilité de chaque citoyen

Nous croyons que la liberté et les droits individuels ont comme corollaire la responsabilité et les obligations individuelles. Des citoyens libres assument leurs obligations, la responsabilité de leurs choix et les conséquences de leurs actes sans s’attendre à ce que l’État ne le fasse à leur place.

La famille

Nous croyons que la famille est l’un des piliers de la société et l’une des façons par lesquelles les citoyens transmettent leurs valeurs.  La famille comprend les parents, les enfants et les aînés. Les droits et libertés des membres d’une famille doivent être protégés contre les intrusions gouvernementales cherchant à les restreindre.

La compassion envers les citoyens incapables de subvenir à leurs besoins

Il revient au citoyen de subvenir à ses propres besoins, à ceux de sa famille et à ceux des personnes qu’il a à sa charge. Nous croyons que l’État doit aider les plus démunis qui sont incapables de subvenir à leurs besoins. L’aide gouvernementale est bien ciblée et axée vers un retour graduel à l’autonomie lorsque cela est possible.

L’importance du secteur privé comme moteur de développement économique

Nous préconisons un système d’économie de marché et nous encourageons l’innovation entrepreneuriale qui en constitue le véritable moteur.  L’État n’a pas comme rôle de se substituer à l’entreprise privée.

Un rôle essentiel et bien défini pour l’État

Nous croyons que le rôle du gouvernement est essentiel mais nous ne croyons pas que l’étatisme soit une solution universelle.

L’État protège la liberté et les droits individuels, favorise l’égalité des opportunités et administre la justice.  Il intervient en cas de catastrophe naturelle, investit dans les infrastructures, favorise l’accès à l’éducation et la santé et, de concert avec la charité privée, assure un filet social aux citoyens les plus démunis qui sont inaptes au travail.

La réglementation établit les règles du jeu sans gérer les marchés dans leurs moindres détails et n’entrave pas un marché libre et florissant.  L’État évite de dispenser des privilèges et d’encourager la dépendance des individus et des entreprises.  Quand l’État doit agir pour ses membres, les ressources et le pouvoir décisionnel sont délégués aux organismes proches des bénéficiaires.

Pour remplir son rôle, l’État impose les citoyens à un niveau raisonnable qui ne décourage pas l’investissement et le travail. L’État gère les impôts des Québécois comme fiduciaire de biens publics.  Il s’assure que les finances publiques soient gérées de façon saine, que ses budgets soient équilibrés et que la dette du secteur public soit d’un niveau acceptable.  Il respecte l’équité intergénérationnelle.  Un État qui joue son rôle restreint la croissance de sa taille à celle de l’inflation et de la population.

Un État au service des Québécois

Nous croyons que les élus représentent d’abord leurs électeurs et qu’ils doivent les servir honnêtement, de façon éthique et pour l’intérêt de tous.  Leurs  obligations envers leurs électeurs priment celles envers leur parti politique.  Le gouvernement, les élus et les fonctionnaires sont en fonction pour d’abord desservir les Québécois.  Ils agissent de façon ouverte et transparente et sont redevables devant les citoyens.  Nous appuyons le principe de la primauté du droit qui fournit aux justiciables un rempart contre l’arbitraire de l’État.

 

Notre place au Canada et dans le monde

Nous croyons au plein exercice des droits et libertés constitutionnelles du Québec au sein du Canada.  Nous croyons que les Québécois doivent contribuer à un Canada uni et démocratique fondé sur une économie de marché et qu’ils peuvent affirmer leur identité au sein du Canada et du monde.  Nous croyons à un Québec ouvert et à des Québécois qui peuvent faire rayonner leurs talents à travers le monde.

 

Voilà pour les valeurs de l’ADQ, mais qu’en est-il de celles de la CAQ de M. Legault? Puisqu’il n’existe pour l’instant aucun document pour exprimer ces valeurs, permettez-moi de mettre en relief des déclarations de M. Legault pour en extrapoler ses valeurs.

 

  1.  François Legault a dit à la radio de Radio-Canada que le Québec a besoin d’un État fort. Les valeurs de l’ADQ penchent vers un état qui s’en tient à l’essentiel. « Moins d’État pour mieux gouverner » était le thème de son dernier congrès.
  2.  Dans la même entrevue radio, M. Legault a dit que les programmes sociaux au Québec, c’était « sacré ». Les valeurs de l’ADQ sont fondées sur la compassion mais aussi sur une aide gouvernementale bien ciblée et axée vers un retour graduel à l’autonomie lorsque cela est possible. Voilà qui devrait porter à réfléchir ceux qui croient que M. Legault pense vraiment à la responsabilisation des citoyens. Le Québec se dirige vers un mur et des choix difficiles seront à prendre quant au panier de services offerts par l’état québécois. Tous les adéquistes en sont conscients. S’il considère que ces services sont « sacrés », M. Legault sera-t-il l’homme de la situation quand ces choix difficiles nous seront imposés?
  3.  M. Legault veut mettre encore plus de restrictions aux choix des parents dans la langue d’éducation de leurs enfants. Les valeurs familiales de l’ADQ sont à l’effet que les droits et libertés des membres d’une famille doivent être protégés contre les intrusions gouvernementales cherchant à les restreindre.
  4.  La CAQ n’a aucun plan de réduction de la dette ou des impôts. M. Legault a même laissé entrouverte la possibilité de hausser les impôts. Les valeurs de l’ADQ promettent une gestion responsable des finances publiques, des budgets équilibrés et un endettement raisonnable.
  5.  Les valeurs de l’ADQ mettent de l’avant une responsabilisation des citoyens (présumément, çà inclut les citoyens corporatifs) et d’éviter de dispenser des privilèges qui encouragent la dépendance des entreprises. La CAQ propose de réduire les subventions aux entreprises mais ces réductions seront réorientées pour subventionner les entreprises en technologie. L’ADQ, elle, a adopté une proposition au conseil général de Trois-Rivières pour éliminer les subventions. De plus, M. Legault désire voir la Caisse de Dépôt et Placement jouer un rôle plus proéminent dans la promotion du Québec Inc, ce qui implique encore plus de BS corporatif et ce, en risquant le bas de laine des québécois.
  6.  M. Legault a dit qu’il était contre le privé en santé, ce qui brime les libertés individuelles des médecins et des patients et va à l’encontre du principe d’économie de marché.

En examinant les déclarations de François Legault dans divers médias, ont y trouve aussi des déclarations contradictoires, ce qui tend aussi à démontrer que M. Legault est prêt à dire tout et son contraire pour séduire les gens, donc pouvons-nous lui faire confiance s’il fait des concessions en vue de la fusion? Les reniera-t-il une fois le mariage consommé? Personnellement, je demeure sceptique et songeur.

Le Québec a encore besoin d’une voix représentant la droite dans l’arène politique. Une nouvelle formation ne pourrait qu’être marginale pendant plusieurs années. Une ADQ renouvelée et épurée de certains éléments pourrait cependant être cette voie. Si certains membres de l’ADQ préfèrent écouter le chant de sirène de François Legault, je suis perplexe à savoir pourquoi ils insistent pour saborder le parti. Croient-ils que sans eux, l’ADQ ne pourrait survivre? Croient-ils que le parti leur appartient et qu’ils peuvent en disposer comme ils veulent? Dans les médias, ils semblent tous dire que la fusion est un « done deal ».  La consultation des militants ne serait supposément qu’une formalité. J’espère cependant que les militants qui désirent vraiment un parti de droite se lèvent et prouvent que les analystes et les médias se trompent

Le vrai piège caché dans le programme de la CAQ – Texte intégral

Image: La première minute

 

Le plan d’action de Monsieur Legault est très astucieux. Les tenants de la droite au Québec tomberont-ils dans le panneau?

Nous parlons aussi du Code de Vinci, d’Audrey Tautou, et Yvon Deschamps est nommé conseiller politique.

 

Lettre ouverte aux tenants de la droite au Québec. (PDF téléchargeable ici.)

Mesdames, Messieurs,

Je viens de parcourir le Plan d’action de la CAQ. J’y ai trouvé un piège pour les partisans de la droite. Je le trouve brillant. Sur une échelle de danger allant d’un à dix, c’est onze. Il est possible qu’il ne soit pas prémédité. Mais à ce stade, ça compte peu si on ne le comprend pas. La clé est dans le contexte et son timing.

Nous avons toutefois un autre problème.

The Medium is the Message

Englobé dans ce contexte, le problème des limites du médium. Nous analysons le monde à travers des fragments d’information sur des téléphones intelligents ou des écrans d’ordinateur qui nous font mal aux yeux tard le soir. Bref, je ne peux pas vous décoder ça en cent quarante caractères sur Twitter ou en un message instantané envoyé sur votre iPhone ou Blackberry. C’est un outil merveilleux, Internet. Mais se taper une couple de pages de texte sur une page Web, ça peut sembler longuet. Les plus vieux, vous rappelez-vous Cité libre, Perspectives et Le Jour, dans le temps où la musique était de la musique? Mais ce temps n’est plus, genre maintenant que vous êtes à me lire.

Si vous êtes comme moi, votre réflexe sera d’imprimer cette page Web ou le PDF pour analyse en prenant une brioche et un café.  Parce que j’ai un beau Code de Vinci pour vous. Je ne suis pas Dan Brown et suis un peu moins mignon qu’Audrey Tautou, mais êtes-vous game? Cependant, si vous n’avez pas lu Le Code de Vinci, vous avancez désormais à vos risques et périls.

Un comique devient malgré lui conseiller politique de François Legault

Au Québec, la plupart des programmes de partis politiques sont pénibles à lire. C’est le beurre et l’argent du beurre, l’importance d’agir sous le signe du changement dans la continuité, dans un français fluide comme de la mélasse verte. Québécois, vous êtes beaux et je vous ai compris. Il nous faut un Québec indépendant dans un Canada fort.

Bon, ça c’est un discours qui marche avec votre voisin mais je m’adresse à un lectorat moins naïf. Le Québec indépendant dans le Canada fort, c’est une phrase d’Yvon Deschamps, pour une époque où la question était voulez-vous l’indépendance.

‘’Quoi, quoi, quoi? Quitter la  maison? Avez-vous perdu la raison?‘’

‘’Madame, Monsieur, nous avons aussi la souveraineté-association en promotion cette semaine. C’est quand même comme quelque chose de grand mais moins cher. Et la garantie est meilleure.‘’

‘’Avez-vous une carte? On va y penser.‘’

À lire le Plan d’action de la Coalition pour l’avenir du Québec, j’ai l’impression qu’en y travaillant l’équipe de François Legault devait avoir la télé allumée pendant la rediffusion d’un spectacle d’Yvon Deschamps sur ARTV. Une reprise une fenêtre sur la fin d’une autre époque, celle où un rêve n’était plus mais que le patient était encore sous le choc, son corps encore plein de l’adrénaline de l’espoir.

Yvon Deschamps était un artiste engagé qui croyait à un monde meilleur et que ce monde devait passer par l’indépendance du Québec. Un comique, Yvon Deschamps? Paraîtrait. Mais il était et demeure un formidable observateur de la comédie humaine. Vous comprendrez que, dans le temps d’un avant et d’un après référendum, il n’était pas homme à laisser ses convictions affecter la finesse de son regard. Elles lui donnaient simplement du mordant.

Monsieur Deschamps a dû avoir profondément mal de voir un peuple incapable de se brancher. Ici, je ne parle pas de tout un peuple. Les tenants du Non étaient-ils moins québécois? Non. Toutefois, à cette frontière où un oui hésitant se transforme en un non, à tort ou à raison, nombres de Québécois fatigués de l’Anglais ont refusé de montrer leur passeport.

Québécois, je vous ai compris.

Mais, Monsieur de la Noüe, ce n’est pas supposé être un texte sur un piège caché dans le programme de la CAQ, cela? Auriez-vous pris des stupéfiants?

Oui, et sans façon, merci.

Quand François Legault écoute Yvon Deschamps en reprise sur ARTV, ce n’est pas pour les tenants d’une droite québécoise

Le Plan d’action de la CAQ me fait penser à une reprise présentée sur une chaîne spécialisée… à minuit moins cinq. C’est ce beurre et son argent qui sont le menu politique servi aux Québécois depuis des décennies par le Parti libéral et le Parti québécois. Le repas est pourtant fait du même animal, il n’y a que la coupe et les assaisonnements qui changent. Les Québécois n’ont pas envie de l’indépendance? Très bien. Mais voilà un demi-siècle qu’ils confient leur sort à des gouvernements interventionnistes.

Je sais que vous savez que le Parti libéral n’est pas un parti de droite. Quand on l’époussette, il ressemble au Parti québécois. Mais, à ce stade, ce n’est pas une perception majoritaire. Moi, je pense que comme Yvon Deschamps un lendemain d’arrache-cœur, François Legault et son équipe nous ont compris. Le Québécois moyen commence à ressentir un malaise face à la politique et un malaise tout court. Mais il n’arrive pas à  mettre le doigt dessus. Il aimerait que ça change mais l’état est depuis cinquante ans la maman qui console et guérit.

Le Modèle québécois est une mère prodigue, un gouvernemaman qui paye à ses enfants des iPhone et des passes d’autobus avec l’argent de leurs études universitaires. Ainsi pense le Québécois moyen, à tout le moins. Il serait plus juste de dire que ce sont les enfants des générations X et Y qui ont payé un méchant party aux baby-boomers et leurs parents. Autrement, les p’tits d’aujourd’hui ils rouleraient tous en Volkswagen.

Il est désormais flagrant que Monsieur Legault n’a pas claqué la porte du Parti québécois sur un coup de tête. Je pense aussi qu’il ne se contentera pas du seul fait d’avoir été fidèle à ses convictions. François Legault et son équipe sont dans l’arène pour remporter le Prix. Et pour séduire, à l’automne 2011, le contexte ne se prête pas à un discours où il faut choisir entre beurre et argent. Il pourrait changer plus vite que certains imaginent mais le fruit n’est pas mûr. Pour devenir Premier ministre, mordre dedans tel qu’il est aujourd’hui équivaudrait à se casser les dents.

À l’automne 2011, la seule façon de rester haut dans les sondages, c’est de proposer une gauche ‘’efficace‘’.

L’est-elle?

Vignettes d’une gauche inefficace? On démêle des affaires.

Monsieur Legault se réclame d’une gauche efficace, capable de reprendre le contrôle des finances publiques tout en maintenant à un niveau élevé l’interventionnisme de l’État. Ici, il faut départager trois éléments.

Un, une vision de la société où l’état est l’acteur dominant.

Deux, la CAQ sera-t-elle oui ou non ‘’efficace‘’ dans la réalisation de cette vision?

Trois, la CAQ prendra-t-elle oui ou non les meilleures mesures pour reprendre le contrôle des finances de l’état québécois et de son hallucinante dette?

Une vision de la société où l’état est l’acteur dominant

François Legault et les partisans de la CAQ pensent que la solution au problème passe par un état touche-à-tout. Au point où en est la situation au Québec, je suis convaincu du contraire. Je pense que le Québec va avoir besoin d’un gouvernement fort, dans le sens d’avec une colonne vertébrale, avec le courage de mettre fin au party de certains s’il veut être capable de mettre un peu de chair sur l’os de la pauvreté, le vrai, celui des sans voix et de tous ces autres êtres humains touchés par le doigt du destin. De plus, pour la classe moyenne, le mouton n’a plus de laine, juste une carte de crédit défoncée. De l’argent, mes amis, il n’y en aura plus des masses à distribuer prochainement. Monsieur du Banquier va présenter sa facture et sera moins intéressé à faire crédit. On parie?

En conséquent, tous ces lobbys prêts à réclamer des hausses de salaire en se réclamant des pauvres pour s’offrir petits fromages, une maison et deux voitures, si vertes soient-elles, ils seront bientôt à marcher dans la rue pour exiger qu’on s’occupe de la pauvreté… la leur.

Au niveau de mes convictions, je suis aussi un de ceux à croire que je n’ai pas besoin d’un gourvernemaman à me dire ce que je peux faire ou ne pas faire tant que je fiche la paix à mon voisin. Je ne veux pas d’un état tellement sûr de mon bien qu’il est prêt à me l’imposer à mon corps défendant. Avez-vous une cigarette?

N’en demeure pas moins, c’est une vision de l’état. François Legault, la CAQ, et tous les gens prêts à y souscrire en ont le droit. L’esprit de la démocratie, c’est ça, un débat où la meilleure défense contre une idée est une autre idée.

La CAQ propose-t-elle une gauche efficace? On s’approche du piège.

Nous voilà devant le piège. Il y a un petit bout de fromage, là, et nous le voyons tous clairement: c’est la nature de la gauche telle que vue par la CAQ. Efficace? Ne tombons pas le panneau, ce fromage nous le laisserons là. Mais le problème est que la détente du piège n’est pas cachée sous ce bout de fromage.

C’est un leurre.

Si le piège n’est pas la nature d’une gauche version CAQ, quel est-il? Ha, ha. Quelque part vers la page soixante-seize de la version poche du Code de Vinci, vous aviez compris qu’Audrey Tautou était parente avec le petit Jésus.

Me voyez-vous venir?

La CAQ est-elle capable de reprendre le contrôle des finances publiques?

Voici le troisième élément à départager. On peut adhérer à une vision interventionniste de l’état tout en se préoccupant sincèrement de la dette du Québec. La ‘’solidarité‘’, il faut quand même avoir les moyens de la payer.

Avez-vous lu l’excellent Éloge de la richesse d’Alain Dubuc? Monsieur Dubuc défend un argumentaire où, pour qu’une redistribution de la richesse soit possible, il faut d’abord que richesse il y ait. Ici, je n’ai nulle envie de tenter de vous résumer sa pensée. Je vais me limiter à vous dire qu’elle est nuancée tout en étant présentée avec rigueur.

Mon point est simple:

Un, le trou noir qu’est devenu les finances publiques n’est pas un enjeu de gauche ou de droite. Il menace la société dans son ensemble.

Deux, c’est toutefois aux tenants de la gauche de s’interroger sur la nature des fleurs du tapis du Plan d’action de la CAQ, pas à la droite.

On y est.

Master and Commander:

Quand le navire est en train de couler, ce n’est pas le moment de regarder aux jumelles la frégate de l’ennemi

L’Action démocratique est aux prises avec un schisme intérieur. Devrait-elle fusionner ou non avec la coalition de François Legault? Dans Union ADQ-CAQ: Le marié est-il le meilleur parti?, j’ai pris position: un vote pour l’ADQ c’est un votre pour l’ADQ. Dans Union ADQ-CAQ: Le regard des petits-enfants sur ces ministres de plus rien, j’ai affirmé que le Québec a besoin d’une droite, que la droite a besoin d’un vaisseau parce que, sans lui, ses partisans seront de vulgaires quémandeurs.

Au moment où je vous écris ceci, l’issue des pourparlers de fusion entre ADQ et CAQ est on ne peut moins claire. Pour ceux qui souhaitent la présence d’un parti de droite au Québec, il y a danger que le bateau soit sabordé ou vendu à l’ennemi.

L’Action démocratique est un parti politique reconnu, il dispose de la flopée habituelle de chartes et de statuts. Le navire prend l’eau mais il a quand même une existence physique et juridique. Dans combien de temps les prochaines élections provinciales? Aurions-nous suffisamment de temps pour dessiner et construire un nouveau vaisseau?

Je n’en ai aucune idée. Et vous?

Alors, pendant que le bateau prend l’eau et qu’il n’y a pas consensus parmi l’équipage, François Legault agite un programme qui n’en est pas encore un. C’est un plan d’action en vingt points, rien d’autre. D’ici les élections, ces points sont sujets à moult révisions ou atermoiements… pour ceux qui lisent entre les lignes et écoutent la radio. On verra. Mais ne perdez jamais de vue que présentement les partisans de la nécessité d’un parti de droite au Québec sont comme le capitaine interprété par Russell Crowe dans le film Master and Commander, forcés de faire des miracles en mers ennemies avec des ressources limitées.

Forcés de gagner.

Vous êtes des corsaires, vous n’êtes pas nombreux, et François Legault sur son bateau est un toréador. Voyez-vous rouge? Savez-vous nager? Dans la mer, il y en a un qui est comme un poisson dans l’eau à vous attendre. Il a de bonnes dents.

Si j’étais Jean Charest, je déclencherais des élections le plus vite possible. Au printemps 2012? Techniquement, le printemps commence dans moins de quatre mois. Un scénario où Monsieur Charest serait à nouveau fait Premier ministre du Québec ne relève pas de la science-fiction. Idéalement, je m’arrangerais pour que l’affaire soit dans le sac avant la Saint-Jean-Baptiste. Autrement, le contexte risque de basculer si rapidement que n’importe lequel des partis en présence, Québec solidaire excepté, pourrait mettre la main sur le Prix. Et ça inclut une ADQ qui serait toujours vivante. Le PQ? Oui. Je n’ai jamais été aussi sérieux.

Ministres de rien ou députés de tout? Peut-être bien plus que députés. Prenez le temps d’y penser. Parce qu’il y a urgence.

Le Québécois moyen est-il à ronfler? Je le crois. Mais peu importe nos travers collectifs, nous ne sommes pas plus bêtes que d’autres. Comme le reste de l’Occident, nous nous sommes simplement débranchés de la chose politique, le nez trop près d’une vitre que j’appelle la culture de l’abrutissement.

Quand on est des vietcongs capitalistes pris pour faire le lavage et la file au supermarché, les batailles rangées on s’abstient

Dans les ‘’Vingt-z-actions pour agir sur l’avenir‘’, je n’ai pas eu besoin de fouiller longtemps pour voir des solutions selon moi incompatibles avec une gauche ‘’efficace‘’ et à me rappeler qu’un gourvernemaman ça me tape royalement sur le système. Et, si vous êtes comme moi tenant de la droite, je suis convaincu qu’il en sera de même pour vous. En quelques pages quelques phrases, votre idée se fait. Vous voyez une incohérence, la faille dans l’argumentaire ou que les totaux présentés ne correspondent pas aux vôtres. Et, comme vous avez les facultés intellectuelles requises, la tentation est forte de vous installer devant votre écran, traitement de texte et chiffriers Excel ouverts.

Je sais.

À ce stade, la plupart de ceux à me lire en sont capables. L’exercice demande cependant une somme de travail considérable.

En partant, ce n’est pas évident. La droite québécoise n’en est pas une d’activistes professionnels. Pour ceux qui ont pris position en sa faveur, le geste en a été un de courage et de sacrifice. Dans un climat de cons sans suce québécois – en trois mots – on y pense à deux fois, chaque fois. Nous sommes entrés dans l’ère du mot de trop, celui capable de détruire une carrière. Dans un Québec où la pensée unique domine, aller à contre-courant constitue aussi un risque.

Des cons sans suce? Sans épine dorsale, pour ne pas dire autre chose, et incapables de supporter la vôtre. Parce que vous les mettez en face de leur lâcheté.

Nous vivons dans un Québec où la majorité a peur d’avoir peur. Même pas besoin de gagner à la loterie de la controverse, prendre position est un geste suffisant pour faire le vide autour de vous. C’est le spectre de la lettre du schizophrène, publiée dans un quotidien qui oublie de numériser les bonshommes allumette qu’il avait pourtant ajoutés pour illustrer son propos. C’est celui d’une cliente qui appelle au service à la clientèle de votre employeur ou d’un de vos fournisseurs, à chanter que si vous persifflez elle ira ailleurs.

Ce n’est même pas sa réalité, c’est un fantôme, c’est un monstre sous le lit. Il ne devient vrai que de peur d’avoir peur.

Madame, Monsieur, si vous prenez position, cette nuit Jean Charest, Pauline Marois et François Legault viendront vous chanter une berceuse. Et, l’autre, là, il déposera… en chambre une pétition en vue de vous interdire, avec un amendement visant à prohiber la vente de chaussures faites en démocratie.

La fin d’un monde s’en vient?

‘’Mais je n’ai pas le temps, moi. Faut que j’aille conduire junior au soccer et c’est le hockey ce soir.‘’

‘’Ce n’est pas à toi que je parlais. Qu’est-ce que tu fais là, à lire l’équivalent rasé d’un discours plate de dictateur barbu? Tu connais des sites plus distrayants.‘’

Bon, il vient de s’en aller sur CENSURÉ POUR LES PLUS VIEUX.

Pendant ce temps, écrit sur la cravate de Bernard Derome:

‘’Si la tendance se maintient, la prochaine élection au Québec sera la plus importante depuis la réélection des libéraux de Jean Lesage en 1962. Hugo Boss.‘’

Nous disions?

Et vous suivez quand même votre conscience. Entre la file au supermarché, le lavage, le plus jeune qui a son otite et ces devoirs de la plus vieille qui exigent un incroyable deux heures, vous prenez un, deux ou trois soirs, sacrifiez des petits moments de liberté au nom d’une plus grande. Celle de votre expression.

Je salue votre courage.

Ce que j’ai à vous soumettre aujourd’hui, c’est tant qu’à accepter de payer le prix, arrangez-vous pour en avoir le maximum pour votre argent.

Nous sommes beaucoup mais pas assez et trop isolés pour ne pas choisir nos combats à chaque fois. Commenter le Plan d’action de la CAQ est important, oui. Mais à ce stade, la majorité des tenants de la droite, observateurs bénévoles de la chose, possède la culture idéologique et économique nécessaire pour le reconnaître pour ce qu’il est au premier coup d’œil: un discours de gauche.

Le Plan d’action de la CAQ, c’est du réchauffé, une poutine passée aux micro-ondes d’un restant de Révolution tranquille. Une cuisine sincère? C’est p’tet vrai, mais c’est pas bien frais.

L’importance des messagers de la remise en question

Présentement, un énorme pan du Québec a de la difficulté à faire la différence entre une droite du centre et celle d’extrémistes. C’est stupéfiant. Littéralement. Pour certains, un débat gauche-droite c’est choisir entre l’interventionnisme du Parti québécois et le discours communisant de Québec solidaire. Les stupéfiants, ce sont eux qui en ont fumé.

Ceci dit… Le piège calculé ou non du programme de la CAQ est de lutter spécifiquement contre lui, maintenant, à force de tableaux qui n’intéresseront que ceux qui savent déjà. Ici, je ne pense pas aux professionnels du commentaire politique ou économique. Eux sont payés pour ça. Pas nous.

À cet effet, les fois où j’allume ma télé, j’écoute l’émission de Mario Dumont. Quand je lis le journal, je commence par Éric Duhaime et Nathalie Elgrably-Lévy. J’ai fait un test empirique de la reconnaissance de leurs noms. Mario Dumont? Tout le monde connaît Mario! Il passe à la télé. Ah, oui? Peut-être. À quelle heure quel poste? Vtélé? Moi, je suis une famille TVA. Oh, moi c’est Radio-Canada, les publications à Monsieur Péladeau, c’est en-dessous de moi.

Ben, voyons, va jouer avec ton cerceau, mon garçon.

Radio-Can, c’est pour les gens qui prennent le thé le petit doigt en l’air. Quant à toi, avec Denis Lévesque tu pourrais attraper une maladie transmissible. Richard Martineau? Oui, mais seulement avec le condom des Francs-Tireurs.

Excusez-moi mais vous faites dur. Pas ces distingués animateurs, pas vous non plus à me lire, distingués lecteurs – vous êtes une poignée. Mais collectivement nous partons de loin. On fait dur. Vraiment.

Parmi ce ‘’petit monde‘’ dont je fais partie, disons qu’il reste du travail à faire pour qu’Éric Duhaime et Nathalie Elgrably-Lévy deviennent ‘’épidémiques‘’. Je pourrais tartiner épais sur l’importance du rôle du Réseau Liberté Québec de Joanne Marcotte et sa bande mais je vais me garder une petite gêne. Une autre fois.

Je sais qu’il y en existe d’autres qu’eux, des aussi intéressants. Et les idées qu’ils défendent n’appartiennent à aucun individu. Dans mes écrits, j’ai à date parlé de Monsieur Duhaime et Madame Elgrably-Lévy parce que je les considère actuellement comme les meilleurs vecteurs d’une remise en question du discours souvent simpliste des tenants d’une gauche ‘’unique‘’ qui rêve de nous transformer en enfants obéissants. Même chose pour Mario Dumont aujourd’hui. Ils n’en sont pas là, mais l’épidémie ne pourrait demander que quelques pichenettes.

Mais la pomme ne tombe jamais loin du pommier. Gauche, droite, les Québécois sont des gens d’émotion. Pour les tenants de la droite, dans le contexte actuel, nous sommes exposés à beaucoup d’émotions. Il y a risque de voir rouge et devenir taureaux.

La conjoncture telle que je la vois

1. Les tenants de la droite par conviction sont peu nombreux.

2. La majorité d’entre eux ont très peu de temps à leur disposition.

3. La droite a besoin d’un vaisseau politique parce que, sans lui, ses partisans seront de vulgaires quémandeurs.

4. L’ADQ pourrait couler à pic ou tomber aux mains d’une gauche qui, si efficace soit-elle, n’en est pas moins une gauche ‘’gouvernemaman‘’.

5. Est-il possible de créer à partir de rien une nouvelle formation politique de droite comparable à l’ADQ avant les prochaines élections?

6. S’attaquer maintenant au Plan d’action de la CAQ, c’est trébucher dans les fleurs du tapis. C’est le vrai piège.

7. Un grand travail de diffusion ‘’générale‘’ des idées de droite auprès du public reste à faire. Au niveau de l’engagement citoyen, un vaisseau existe et c’est le Réseau Liberté Québec. Au niveau de la diffusion des idées, des vecteurs, ceux sur lesquels miser en premier sont Éric Duhaime, Nathalie Elgrably-Lévy et la bande à Mario Dumont. Je heurte certains mais regardez les chiffres.

La radio de Québec? Une autre fois. Aujourd’hui, je parle de la province.

8. Il reste une éternité politique avant les prochaines élections provinciales. Le contexte peut changer et rendre l’électorat plus réceptif, et il reste du temps pour faire valoir des points de vue ‘’de droite‘’. Il n’est pas trop tard.

9. Si l’ADQ est la meilleure solution en tant que navire politique, de combien de temps dispose-t-elle?

10. Cette question est d’autant plus pressante à régler parce qu’un parti politique a besoin de militants et d’une machine bien rôdée. Présentement, le moteur est sur l’établi, en instance de pièces détachées.

11. Dans le climat actuel au Québec, additionné aux tensions internes à l’ADQ, plusieurs hésitent aussi à prendre position. J’affirme que la prochaine élection provinciale sera la plus importante de l’histoire du Québec depuis la réélection du Parti libéral en 1962. Pas de bateau, mes amis, nous allons regarder le train passer. Moi, je pense que ça mérite de prendre des risques.

Conclusion

Selon moi, pour la droite, François Legault est un toréador.

On s’en reparle.

           

Éric de la Noüe

 

© 2011, Éric de la Noüe. Tous droits réservés.

Commentaires : eric@lapremiereminute.ca

La semaine prochaine, si la tendance se maintient, et si je n’ai pas trop de linge sale à laver, je devrais préciser ma pensée sur l’importance de cette prochaine élection provinciale. Autrement, j’aurai peut-être en attendant un texte en psychologie à vous proposer comme plan… B. On verra. Revenez me voir. Perry Ellis.

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NOTES

VOUS AVEZ DÉNONCÉ ET C’EST CE QU’IL FALLAIT FAIRE. SUIVANT!

Quelque part, je soupçonne que des gens meilleurs que moi ont pris clavier et calculatrice pour dénoncer certains points du Plan d’action de la CAQ. C’est parfait. Au point un de la page seize du ‘’Plan’’, moi je voyais déjà matière à ventiler. De telles actions sont nécessaires et vous êtes en train d’inscrire votre nom dans la petite et la grande histoire du Québec. À date, personne de la droite ne s’est encore fait planter de banderilles dans le dos. Enfin, pas dans ce dossier, n’est-ce pas?

Alors, écrivons de nouvelles pages, ensemble, et livrons le combat de maintenant.

Tout au cours de 2012, nous aurons besoin de ceux qui savent compter pour livrer ce combat d’après-demain. Pendant le magasinage de Noël, n’oubliez-pas de faire provision de recharges d’encre pour votre calculatrice. Vous allez en avoir besoin.

LE PLAN D’ACTION DE LA CAQ

‘Toujours préférable de se faire sa propre opinion à partir des faits. En date de publication de ce texte, il est téléchargeable ici.

Site officiel de la CAQ

MASTER AND COMMANDER

Le film, sur Wikipédia.

YVON DESCHAMPS

À la fois le Beatle et le Rolling Stone de l’humour au Québec.

Sur Wikipédia.

DES VOIX QUI MÉRITENT D’ÊTRE ENTENDUES

Réseau Liberté-Québec

Éric Duhaime

Nathalie Elgrably-Lévy | Archives IEDM

Joanne Marcotte                

LE MYSTÈRE MARIO DUMONT

Cofondateur de l’ADQ et chef de l’opposition officielle au Québec en 2007-2008, Monsieur Dumont ne fait plus l’actualité, il la commente. Il n’a pas peur non plus de laisser l’ensemble du spectre politique venir s’exprimer à son émission. Le coloré et distrayant Gilles Proulx est un collaborateur régulier. Patrick Lagacé, coinventeur de la Clique du Plateau avec son ami Jeff Fillion, est aussi un régulier du plateau.

J’y vois parfois Mathieu Bock-Côté, un des esprits les plus fins en analyse politique et sociale à se révéler au Québec ces dernières années, à un point tel qu’il pourrait être français ou Denise Bombardier. Vous devriez le lire, lui aussi.

Ignorer une émission réseau qui propose autre chose que de la pensée unique réchauffée est un non-sens. Programmez vos Illico, Bell ou autres et essayez Mario Dumont une semaine.

Mario Dumont sur Vtété

Mathieu Bock-Côté, blogue | Chroniques Journal de Montréal

CLIQUE DU PLATEAU

Groupe d’individus à portefeuilles en terre cuite portant des chemises en biscuits Graham. En guerre contre la droite, les capitalistes obligés de travailler et le plaisir des autres, particulièrement quand il s’appelle Jeff Fillion, un animateur de radio de la région de Québec. Également un code postal pour journalistes.

ALAIN DUBUC, ÉLOGE DE LA RICHESSE

Cœur et idéologie à gauche, Monsieur Dubuc nous fait la démonstration que l’argent n’est jamais sale quand il permet de faire le bien. Et la meilleure façon de lutter contre la pauvreté c’est de créer des emplois. Quant à les taxer… hum…

Chroniques dans Cyberpresse | Son livre chez Archambault | Renaud-Bray | Amazon

LE ‘’NAME DROPPING‘’ NE PAYE PAS

Je viens de nommer tellement de belles gens aujourd’hui que j’aimerais bien pouvoir recevoir deux dollars par nom encensé. Mais je n’ai rien à leur vendre… à eux. De plus, je ne suis pas sûr que ma caution vaille deux piastres du nom.

AVIS JURIDIQUE

Je suis membre du Réseau Liberté-Québec, à titre de citoyen, mais les opinions exprimées dans ce texte sont uniquement les miennes.

Le vrai piège caché dans le programme de la CAQ – FILM

image: La première minute

 

Le plan d’action de Monsieur Legault est très astucieux. Les tenants de la droite au Québec tomberont-ils dans le panneau?

 VERSION:

REGARDEZ LA FIN DU FILM POUR RACONTER LE PUNCH À VOS AMIS

 

Extraits d’une lettre ouverte aux tenants de la droite au Québec.

Mesdames, Messieurs,

Je viens de parcourir le Plan d’action de la CAQ. J’y ai trouvé un piège pour les partisans de la droite. Je le trouve brillant. Sur une échelle de danger allant d’un à dix, c’est onze. Il est possible qu’il ne soit pas prémédité. Mais à ce stade, ça compte peu si on ne le comprend pas. La clé est dans le contexte et son timing.

La conjoncture telle que je la vois

1. Les tenants de la droite par conviction sont peu nombreux.

2. La majorité d’entre eux ont très peu de temps à leur disposition.

3. La droite a besoin d’un vaisseau politique parce que, sans lui, ses partisans seront de vulgaires quémandeurs.

4. L’ADQ pourrait couler à pic ou tomber aux mains d’une gauche qui, si efficace soit-elle, n’en est pas moins une gauche ‘’gouvernemaman’’.

5. Est-il possible de créer à partir de rien une nouvelle formation politique de droite comparable à l’ADQ avant les prochaines élections?

6. S’attaquer maintenant au Plan d’action de la CAQ, c’est trébucher dans les fleurs du tapis. C’est le vrai piège.

7. Un grand travail de diffusion ‘’générale’’ des idées de droite auprès du public reste à faire. Au niveau de l’engagement citoyen, un vaisseau existe et c’est le Réseau Liberté Québec. Au niveau de la diffusion des idées, des vecteurs, ceux sur lesquels miser en premier sont Éric Duhaime, Nathalie Elgrably-Lévy et la bande à Mario Dumont.

La radio de Québec ? Une autre fois. Aujourd’hui, je parle de la province.

8. Il reste une éternité politique avant les prochaines élections provinciales. Le contexte peut changer et rendre l’électorat plus réceptif, et il reste du temps pour faire valoir des points de vue ‘’de droite’’. Il n’est pas trop tard.

9. Si l’ADQ est la meilleure solution en tant que navire politique, de combien de temps dispose-t-elle?

10. Cette question est d’autant plus pressante à régler parce qu’un parti politique a besoin de militants et d’une machine bien rôdée. Présentement, le moteur est sur l’établi, en instance de pièces détachées.

11. Dans le climat actuel au Québec, additionné aux tensions internes à l’ADQ, plusieurs hésitent aussi à prendre position. J’affirme que la prochaine élection provinciale sera la plus importante de l’histoire du Québec depuis la réélection du Parti libéral en 1962. Pas de bateau, mes amis, nous allons regarder le train passer. Moi, je pense que ça mérite de prendre des risques.

L’essentiel de mon raisonnement concernant le piège

Je viens donc d’écrire une lettre ouverte aux tenants de la droite au Québec. C’est la fin du film! Mais vous avez manqué pas mal d’action. Audrey Tautou, Yvon Deschamps et Russell Crowe ont des rôles de soutien.

C’est aux tenants de la gauche de s’interroger sur la nature du Plan d’action de la CAQ, pas à la droite. Le vrai piège est là, parce que la droite au Québec n’en est pas une d’activistes professionnels. Nous devons choisir nos combats chaque fois. La majorité d’entre nous possédons la culture nécessaire pour voir ce plan pour ce qu’il est: un discours de gauche réchauffé aux micro-ondes.

François Legault agite un programme qui n’en est pas encore un. C’est une distraction. François Legault est un toréador. Voyez-vous rouge?

Une brioche et un café pour alimenter votre réflexion

Si ma liste vous interpelle, prenez connaissance du texte intégral de ma lettre. Ça vous fera quelque chose à lire en prenant une brioche et un café.

Cannelle, sans sucre dessus, s’il vous plaît.

Merci

 

Éric de la Noüe

 

© 2011, Éric de la Noüe. Tous droits réservés.

Commentaires : eric@lapremiereminute.ca

La semaine prochaine, si la tendance se maintient, et si je n’ai pas trop de linge sale à laver, je devrais préciser ma pensée sur l’importance de cette prochaine élection provinciale. Autrement, j’aurai peut-être en attendant un texte en psychologie à vous proposer comme plan… B. On verra. Revenez me voir.

PDF imprimable de ce texte : www.lapremiereminute.ca/lezamis/adq-caq

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La naissance de la CAQ signifie-t-elle la fin de la droite au Québec?

C’est André Pratte qui pose cette question sur le blogue de l’édito de La Presse. Je me suis permis d’y répondre et je vais donc reproduire ma réponse ici.

J’ai l’honneur et le privilège de côtoyer plusieurs figures de proue de la droite québécoise, incluant M. Pouliot, Joanne Marcotte et Éric Duhaime, pour ne nommer qu’eux. Les discussions font rage sur les réseaux sociaux en ce qui concerne l’ADQ.

Les partisans de la droite sont des orphelins politiques et sont très mal représentés. Aucun parti politique ne défend vraiment leurs valeurs. Ces partisans on crû pour un temps que l’ADQ puisse répondre à leurs aspirations. Certains y croient encore, mais beaucoup n’y croient plus. C’est pourquoi ils ont déserté l’ADQ aux dernières élections.

Plus j’en apprend sur l’ADQ, et plus j’en viens à la conclusion que ce parti est profondément divisé, ayant d’un coté des partisans férus de la droite économique et de l’autre des partisans du centre-mou, pour ne pas dire centre-gauche, menés par un des fondateurs du parti, Jean Allaire.

Ce sont M. Allaire et sa clique qui désirent la fusion avec la CAQ, alors que le reste est farouchement contre. Il est difficile de savoir présentement quel groupe est prédominant, mais M. Allaire compte plus de sympathisants parmi le comité exécutif et probablement le caucus des députés, qui calculent leurs chances de ré-election et croient les vents plus favorables à la CAQ. Du côté de la base militante, mon impression est qu’un grand nombre est contre la fusion.

C’est mon espoir et celui d’un grand nombre de partisans de la droite libertarienne et économique que la proposition de fusion soit soumise à un vote des militants et soit battue. Les membres du comité exécutif et du caucus qui ont soutenu la fusion démissionneraient, ou seraient invités à partir, laissant la place à des successeurs qui sont vraiment de droite. Pour cela, ilfaudrait que les vrais partisans de la droite reviennent au bercail et peut-être que de nouveaux partisans viennent rejoindre leurs rangs.

Suite à ça, l’ADQ aurait quand même plus d’un an avant la prochaine élection pour redorer son blason auprès de la droite québécoise et recruter des candidats de qualité et enfin devenir un représentant digne de ce segment de l’électorat québécois.