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Le bon côté des choses

Par Philippe David

Depuis le mois de novembre dernier, les médias, autant américains que canadiens et québécois, sont aux prises avec une véritable crise d’hystérie. À les croire, on s’imagine que les États-Unis sont maintenant entre les mains de l’Antéchrist en personne. Rien de moins que le fils de Satan. On le comparait aux pires despotes de l’histoire avant même qu’il n’ait pris une seule décision. Après maintenant un peu plus d’un mois au pouvoir, il s’avère que l’hystérie n’était que cela. Une peur irrationnelle et injustifiée.

Si on doit en croire David French dans le National Review, non seulement Donald Trump, malgré son style, ne s’est pas montré comme étant le vil dictateur que la presse annonçait, mais il est moins autoritaire  que ne l’a été Obama jusqu’ici. Les gens des médias auraient donc intérêt à respirer par le nez s’ils veulent préserver le peu qu’il leur reste de crédibilité et rapporter et analyser plus sobrement les actions de M. Trump. Ils devraient aussi faire leur mea culpa d’avoir, pendant les huit dernières années, fermé les yeux sur pratiquement tous les actes qu’Obama avait perpétré durant sa présidence et qu’ils reprochent présentement à Trump. Jusqu’ici, Donald Trump n’a strictement rien fait que Barack Obama n’avait pas fait précédemment, mais parce que les gens des médias approuvaient des objectifs d’Obama, ils ont choisi l’aveuglement volontaire pendant les huit dernières années, et soudainement semblent se réveiller alors que maintenant, un président qu’ils n’aiment pas use des même pouvoirs. C’est difficile d’avoir pitié pour des gens qui croyaient que le président devrait avoir des pouvoirs quasi-illimités jusqu’à ce qu’ils réalisent soudainement que ces pouvoirs pourraient se retrouver dans ce qu’ils considèrent de «mauvaises mains» et se retrouvent maintenant en mode panique, incitant même à l’assassinat du président su Twitter. S’il y en a qui s’inquiétaient de la liberté d’expression sous Donald Trump, ils peuvent immédiatement se rassurer du fait qu’aucune de ces personnes n’a été arrêtée ou emprisonnée jusqu’ici. Mais si vous cherchez une raison pour laquelle Donald Trump s’est mis en guerre contre certains médias et journalistes jusqu’à les exclure de certains points de presse ou à refuser de répondre à leurs questions, je considère un appel au meurtre une excellente raison, pas vous?

En voyant cette vendetta des médias contre Donald Trump, est-il vraiment surprenant que le public fasse maintenant plus confiance au président qu’aux médias? Le problème avec les médias est qu’en agissant comme ils l’ont fait depuis l’élection présidentielle, ils se tirent dans le pied et donnent à Trump toutes les justifications nécessaires pour ne pas coopérer avec eux.

Malgré tout, je vois des points positifs au soudain réveil des médias et de la gauche. Leur peur irrationnelle de Trump leur a fait réaliser le danger de concentrer trop de pouvoirs dans les mains d’un seul homme. Ils voient maintenant que ces pouvoir peuvent se retrouver dans les mains de quelqu’un qui ne partagent pas leurs objectifs et même qu’ils pourraient se retrouver un jour dans les mains d’un véritable tyran, ce que les libertariens comme moi tentent de marteler dans leur caboche depuis des lustres. Je souhaite ardemment que les gens de la gauche commencent à s’interroger sur les dangers de la concentration du pouvoir de l’état et comment cet état peut devenir intrusif, maintenant qu’ils ont conscience que ce pouvoir est maintenant dans les mains d’un personnage qui leur est antipathique. Ils gagneraient maintenant à tenter de critiquer Donald Trump d’une façon beaucoup plus raisonnable, parce qu’il y a certainement des raisons très valables de le critiquer au-delà des accusations hystériques de racisme et d’autoritarisme. Peut-être qu’ils peuvent maintenant en revenir à leur véritable rôle de chien de garde du gouvernement plutôt que des meneuses de claques. C’est à espérer…

Le modèle québécois: vivre dans le déni

Par Philippe David

Dans le Devoir de ce matin, un groupe collectif signe un texte intitulé « Notre conscience nationale trahie par les libéraux » qui accuse,  le plus sérieusement du monde,  le gouvernement libéral actuel de saccager notre cher modèle québécois, le plusse meilleur au monde, en faisant des coupes sauvages à la tronçonneuse. Je reconnais quelques noms de la listes de signataires, pas tous. Mais je suis prêt à parier qu’ils sont tous hautement dépendants de l’état québécois pour faire un si ardent plaidoyer pour préserver un modèle qui s’est pourtant avéré un retentissant échec. 

Je ne sais pas dans quel monde vivent les signataires de ce texte, tout comme les autres grands défenseurs du modèle québécois d’ailleurs (la plupart étant souverainistes et gauchistes), mais je soupçonne que pour s’y rendre, il faut mettre le cap sur la seconde étoile à droite et continuer tout droit jusqu’au matin. (Pour ceux qui ne sont pas trop férus de littérature, c’est le chemin du pays imaginaire de Peter Pan.)  Parce qu’on ne peut absolument pas être en train de vivre dans le monde réel en affirmant des énormités telles que ceci: 

« Au fil des décennies, et ce, depuis la Révolution tranquille, l’État québécois a pourtant été un remarquable levier de développement économique et social pour le Québec, ainsi qu’un pilier de notre solidarité. Sous l’impulsion du gouvernement libéral de Jean Lesage, appuyé par les efforts de la société civile (constituée de femmes et d’hommes issus de tous les milieux), les Québécois se sont pour ainsi dire offert un État fort, moderne, apte à répondre aux défis de notre temps et incarnant par ailleurs le caractère national du Québec et la volonté de vivre ensemble de tous les Québécois. »

Je me propose donc de démontrer à quel point ces grands défenseurs du modèle québécois sont déconnecté de la réalité à l’aide d’une petite présentation powerpoint:

Petite question: pourquoi diable défendez-vous ce modèle merdique si ce n’est que pour des raisons purement idéologiques? Parce que ce n’est certainement pas pour le bien commun.

Ajout:

Sources des données:

Tableau Dépenses de programmes: Ministère des Finances du Québec: Budget 2014-2015
Tableaux « Le déclin tranquille » et le avant et depuis la révolution tranquille
Tableau PIB:  Statistique Canada – Produit intérieur brut aux prix courants, 1961-1993 et Comptes économiques des provinces et des territoire et Tableau 051-0005 et ISQ – Diffusion Tdes Comptes économiques du Québec
Tableau Revenu personnel disponible: Statistique Canada: Comptes économiques des provinces et des territoires
Tableau Péréquation: Ministère des Finances Canada: Budget 2006 : Annexe 3 – Principaux transferts et Soutien fédéral aux provinces et aux territoires
Tableau Fonctionnaires: Statistique Canada: Tableau 051-0005 et Tableau 282-0012
Tableaux Riches en pauvres et pauvres en riches:  Statistiques Canada: Tableau 204-0001
Tableau BS corporatif: Statistique Canada: Tableau 384-0010
Tableau Entrepreneurs: Statistique Canada: Tableau 282-0012 et Tableau 051-0005
Tableau Exportations: Statistique Canada: Comptes économiques des provinces et des territoires
Tableau Investissements privés:  Statistique Canada: Tableau 032-0002
Tableau dette du Québec: Centre de la Productivité et la Prospérité-HEC: L’heure juste sur la dette du gouvernement du Québec

De bleu à orange. Quand l’Alberta vire à 180 degrés.

Par Philippe David

Doit-on être surpris des résultats des élections d’hier en Alberta? Pas vraiment! Après 45 ans au pouvoir, les conservateurs étaient déjà usés à la corde, puis ils ont convaincu la cheffe du Wild Rose à déserter son parti et je crois que les albertains ne l’ont certainement pas apprécié. S’ils comptaient réunir la droite albertaine en faisant ça, c’est complètement raté et ça leur est retombé sur le nez. Les conservateurs ont opté pour une élection hâtive et ont payé le prix de leur témérité et leur manque de transparence. 

Est-ce qu’on assiste à un virage permanent de l’Alberta vers la gauche? Je ne crois pas. Les albertains sont fièrement conservateurs, mais puisque le Wild Rose n’était pas encore remis de la désertion de Danielle Smith, ça a permis au néo-démocrates de se faufiler. Les albertains voulaient détrôner les conservateurs, mais je doute qu’ils cessent d’être conservateurs pour autant.

Le NPD albertain n’est pas vraiment prêt au pouvoir et une grande proportion de ses candidats étaient des « poteaux ». Tenter de gouverner une province avec une bande de néophytes ne sera pas de tout repos et leur programme n’aura pas un accueil si enthousiaste. Je suis prêt à parier que lorsque leur compte de taxe augmentera (inévitablement avec une parti dépensier comme le NPD) et qu’ils verront leurs surplus budgétaires fondre comme neige au soleil et être remplacés par des déficits et une dette croissante comme les autres provinces, on verra les albertains déchanter bien assez tôt. La lune de miel risque d’être plutôt courte. Je ne serais pas trop surpris que ce soit le tour du Wild Rose aux prochaines élections s’ils jouent bien leurs cartes.

En attendant, les politiques que veulent implémenter les néo-démocrates vont très probablement réduire la richesse relative de cette province dans l’ensemble du Canada et c’est une bonne nouvelle pour la droite québécoise.

Dans un premier temps, nous serons au premières loges pour pouvoir observer l’effet NPD sur l’économie albertaine. Ce sera probablement comme le passage de Bob Rae en Ontario. Ceci apportera un peu d’eau au moulin de ceux qui voudraient un peu plus de liberté économique au Québec. En boni, la péréquation risque de se retrouver amputée au Québec et nous pourrons aussi constater à quel point notre belle province en est dépendante.

J’ai hâte de voir comment réagira notre gouvernement devant ce gros manque à gagner. Augmenter les taxes et impôts ou pelleter sur la dette en retombant en déficit sont des solutions qui risquent de ne pas être trop populaires. Le gouvernement n’aura que deux autres choix, débloquer l’exploitation des ressources qu’on se refusait à exploiter avant pour ne pas se salir les mains et regarder les albertains de haut pendant que nous parasitions gaiement les revenus de leurs ressources sales, et créer un peu de richesse à taxer (bien sûr); ou bien de sabrer dans tous ces beaux services que les autres provinces ne se paient pas et que nous n’aurons pas les moyens de payer sans notre sempiternel chèque de BS.

Les deux cas feront grand plaisir à la droite québécoise, qui verra tous ses voeux réalisés. Qui sait, peut-être que ça pavera le chemin à l’élection d’un parti plus à droite au Québec. On peut toujours rêver…