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Les bien-pensants

Par Philippe David

Dans le palmarès des propos méprisants, Amir Khadir et Luc Ferrandez ont certainement remporté la palme cette semaine. Lorsque interrogé à propos des surplus budgétaires des libéraux sur les ondes de LCN, Khadir a déclaré:

« De toute façon, que feraient les gens avec 1000 $ de plus par année dans leurs poches ? Ils dépenseraient cet argent dans des achats futiles, comme des montres dernier cri. »

Ferrandez, pour sa part,  selon Patrick Lagacé, a déclaré:

« Nous n’avons pas besoin de plus de télévisions à écran plat, plus de SUV (hausse des ventes de 65 % au Québec), plus de véhicules récréatifs, plus de fifth wheels, plus de cuisines de magazine ; plus de chalets-maisons ; plus de voyages ; plus de ski-doo ultra-performants, plus de vélos à 5000 $. Nous avons besoin d’une hausse du salaire minimum pour les 100 000 Montréalais qui consacrent plus de 50 % de leurs revenus à un logement ; plus de programmes d’intégration pour les immigrants et les réfugiés qu’on appelle en plus grand nombre tout en fermant le robinet des services ; plus de maisons de chambres pour les personnes dans la rue ; plus d’investissement dans les écoles débordées de la CSDM ; plus de CPE et plus de considération pour nos aînés les plus pauvres… »

Mais pour qui se prennent-ils? Voyez-vous, ces deux lurons sont des archétypes de la bien-pensance. Des gens qui s’imaginent être mieux qualifiés que le commun des mortels à gérer la vie des autres. Pourtant, si on considère les démêlées judiciaires de la fille d’Amir Khadir, on pourrait questionner sa compétence. Les bien-pensants ont deux croyances particulières qui leur donnent le point de vue tordu derrière ces déclarations méprisantes.

Votre argent ne vous appartient pas.

Vous avez bien compris! Pour les gens comme Khadir et Ferrandez, l’argent que vous gagnez à la sueur de votre front ne vous appartient pas. Il appartient au gouvernement qui lui décide combien vous devriez pouvoir garder de votre chèque de paie. À leurs yeux, vous n’êtes pas des gens libres avec un droit de propriété sur le fruit de votre labeur, vous êtes du bétail, des vaches à lait, des esclaves. Vous appartenez au gouvernement qui a droit de disposer de vous comme il veut.

Vous savez quoi? Considérant que nous payons en moyenne près de la moitié de nos revenus et divers impôts et taxes à tous les niveaux de gouvernement, ils n’ont pas complètement tort. Nous sommes effectivement des moutons qui nous laissons tondre plutôt docilement. Nous n’avons pas trop le choix. Cependant, si nous vivions vraiment dans une société libre, nous serions propriétaires de notre corps et de tout ce que nous produisons avec. Ce qui fait probablement la différence entre vous et des gens comme Khadir et Ferrandez, c’est qu’eux ils croient que c’est moral de vous considérer comme des bêtes à exploiter.

Le gouvernement sait mieux gérer votre argent que vous.

Probablement la plus grosse blague du monde. Les bien-pensants croient qu’ils savent mieux gérer notre argent, mais lorsqu’on regarde de près comment les politiciens et bureaucrates dépensent le butin pillé de nos poches sous forme de taxes, on se rend vite à quel point cette croyance est ridicule. L’économiste Milton Friedman avait déterminé qu’il y a quatre façons de dépenser:

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Puisque, bien sûr,  les fonctionnaires et les politiciens ne dépensent jamais leur propre argent, ils vont soit dépenser l’argent des autres pour eux-mêmes. Auquel cas, ils vont s’assurer d’en avoir autant qu’ils peuvent pour votre argent (comme dans leurs comptes de dépenses par exemple. Vive le champagne et le caviar);  ou bien ils dépensent l’argent des autres au profit des autres, auquel cas il leur importe très peu combien ça coûte ou si ça vaut la dépense. C’est comme ça qu’on se ramasse avec des dépassements de coûts faramineux pour tous les projets publics.

Prenons un exemple concret. Notre gouvernement est très enthousiaste envers son projet d’électrification des transports. Récemment, il a voté une loi (à l’unanimité en plus, comme si toute la population appuyait une telle idée) pour forcer les constructeurs automobiles à vendre plus de véhicule électriques. Il importe peu que ces véhicules soient subventionnés à l’os pour que certains puissent les acheter à prix raisonnable aux dépens des autres (on a déjà calculé qu’une Chevrolet Volt coûtait jusqu’à $250 000 aux contribuables). Et si vous pensez que c’est pour une bonne cause en réduisant les émissions de GES, sachez que les cibles de réduction de ces gaz, si elles sont atteintes ne seraient qu’une goutte dans l’océan de la production mondiale de GES. Alors tout ce fric est dépensé seulement pour que les politiciens puissent se targuer de faire quelque chose pour l’environnement, même si à toute fin pratiques, ce n’est absolument rien. On voit facilement jusqu’où les politiciens sont prêts à aller pour gaspiller votre argent pour soutenir une industrie complète artificiellement  à des fins purement politiques.

Dans les faits, tous les gouvernements sont les pires gaspilleurs d’argent et de ressources du monde, mais selon les bien-pensants comme Khadir et Ferrandez, nous devrions leur donner toujours plus du fruit de notre labeur. Ils n’auraient probablement aucun problème à ce que le gouvernement nous extirpe 90% de notre production comme à Cuba.

En vérité…

Le fruit de votre labeur devrait vous appartenir à 100% que vous pouviez en disposer comme bon vous semble pour tous les services dont vous pourriez avoir besoin. La plupart des gens ne sont pas aussi stupides que les bien-pensants croient et savent très bien ce dont ils ont vraiment besoin. Chose certaine, si on leur en laisse plus dans leurs poches, ils ne pourraient pas possiblement faire pire avec cet argent que ce qu’en ferait le gouvernement. Peu importe ce que les Khadir et Ferrandez de ce monde peuvent bien en penser.

Le véritable scandale des Panama Papers

Par Philippe David

C’est un peu drôle de voir tant de moutons s’exciter pour les Panama Papers. «On les tient, ces canailles qui nous volent!» entend-on un peu partout. Et pour sûr il y a définitivement de véritables canailles dans le lot. Cependant, les plus grosses fripouilles, à mon humble avis, ce ne sont pas les entrepreneurs qui gagnent leur fric légitimement en offrant des biens et services que les gens veulent et payent volontairement. Ni les amuseurs comme Jackie Chan qui amassent une fortune en divertissant les masses qui payent avec plaisir le prix de leur entrée au cinéma, à la salle de spectacle ou les DVD et CD qu’ils vendent. Ceux-là j’en ai rien à cirer! Ils gagnent leur blé honnêtement et légitimement et la plupart en cèdent bien plus que leur part en impôt. Je ne pourrais pas les blâmer de vouloir limiter le pillage dont ils sont l’objet. D’ailleurs, si vous êtes de ceux qui croient que les riches ne paient pas leur part, je vous offre ce petit graphique pour vous détromper.

Répartition impôt par tranche de revenu QC 2012

Je n’ai rien aussi à cirer des entreprises qui ont vachement mieux à faire de leurs profit que les donner à des gouvernements trop souvent corrompus et gaspilleurs. Figurez-vous qu’ils savent drôlement mieux faire fructifier la richesse que les politiciens et les fonctionnaires. Ce sont elles qui s’appliquent tous les jours à vous fournir les choses qui rendent votre vie plus facile et ce sont elles qui vous fournissent les emplois qui vous permettent d’en avoir les moyens. Les profits qu’elles font sont cent fois mieux utilisés quand ils sont réinvestis dans la production de ces biens, dans leurs ressources humaines ou à faire fructifier les caisses de retraite (souvent un pourcentage très élevé de leurs actionnaires); qu’ils peuvent l’être dans les coffres d’un état qui se fout éperdument de payer tout trois fois trop cher.

Tout ça, c’est un écran de fumée pour vous empêcher de voir le vrai problème. Et le vrai problème, c’est l’idée saugrenue qu’on doit forcer les gens à consommer un service ou un autre ou pis encore, forcer les gens à payer pour la consommation des autres. L’idée que la seule et unique façon qu’on puisse avoir un réseau routier, des infrastructures, des soins de santé, des écoles et aider les pauvres est d’exiger aux gens de céder une part toujours plus élevée de leurs revenus, sous la menace d’être mis en cage. Sommes-nous vraiment, collectivement, aussi dépourvus d’imagination?

Sans compter en plus que la plupart, sinon tous ces biens et services que nous procurent cette confiscation sont foncièrement médiocres. Pas convaincus? Allez donc visiter une salle d’urgence au Québec et voir pourquoi on utilise le terme «patients» pour désigner la clientèle. Ou allez visiter le palais de justice le plus proche pour voir dans combien d’années (pas jours, semaine ou mois, années!!!) sera votre date de procès si vous poursuivez quelqu’un. Il y a une bonne raison pourquoi personne ne peut réprimer un sourire en visionnant la scène de la maison qui rend fou dans le film «Les douze travaux d’Astérix» ou encore la scène du bureau d’immatriculation des véhicules de «Zootopia», c’est qu’elles sont criantes de vérité.

Au Canada, de 1961 à 2014, le fardeau fiscal de la famille moyenne a augmenté de 1,886%!!! C’est presque trois fois plus que l’indice des prix à la consommation (697%) et ces familles dépensent maintenant plus en taxes, tarifs et impôts de toutes sortes que pour leurs nécessitées de base (42,3% en moyenne au Canada – Et le Québec est la province la plus taxée, donc forcément au-dessus de cette moyenne). Et on s’étonne que certains choisissent de faire de l’évitement fiscal? Non! Sans blague Sherlock! Et on leur reproche en plus?!? Êtes-vous malades??? Devant des états toujours plus gourmands, l’évitement fiscal est probablement la chose la plus sensée qu’on puisse faire. Si l’art de la taxation, c’est de plumer l’oie sans la faire crier (selon Colbert), figurez-vous que quand l’oie en a marre, elle peut bien s’envoler pour des cieux plus cléments et adieu les œufs d’or! Il y a des limites à accepter passivement de se faire plumer.

Tout nu au ministère du revenu

Non! Les seuls vrais escrocs qu’on a découvert dans les documents de Mossack Fonseca, sont ceux qui vivent de cette spoliation légale qu’est l’impôt et qui par une hypocrisie incommensurable cherchent à se soustraire personnellement du pillage dont ils sont les responsables. Ces pillards à cravate devraient se voir offrir une autre sorte de cravate nouée serrée s’il y avait vraiment justice dans ce monde.

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Le déficit de responsabilité

Par Philippe David

Le premier budget du gouvernement de Justin Trudeau est finalement arrivé et sans surprise, puisque ça fait des semaines qu’il nous y prépare, il vient avec un énorme déficit du genre qu’on avait pas vu depuis très longtemps. Si on avait encore des doutes que Justin soit le fils de son père, nous voilà certainement fixés. Il vient amplement nous démontrer que pour lui, le Canada est ce pays magique où l’argent pousse dans les arbres et qu’il ne peut pas possiblement y avoir de conséquences négatives à un endettement excessif. Dépensons comme s’il n’y avait pas de lendemain car à long-terme, nous serons tous morts après tout. C’est ce que John Maynard Keynes disait. Pour la gestion responsable des fonds publics, on repassera. Pourtant Keynes ne recommandait de faire des déficits que pendant des récessions, pas pendant les périodes de croissance. Il recommanderait  plutôt d’engranger des surplus pendant ces périodes pour mieux faire face à la prochaine récession à venir (parce que vous pourrez être assurés qu’il y en aura d’autres).  Mais au-delà du fondement économique douteux et les risque que ça comporte, il y a un autre aspect de l’idée des dépenses et de l’endettement gouvernemental à tout crin que peu de gens considèrent. C’est plutôt de ça que j’aimerais vous entretenir.

C’est quoi le développement durable?

Au Québec, on se targue d’être tellement plusse meilleurs que les autres au point de vue écologique. Nous, on ne produit pas de pétrole sale! Non môsssieur! Notre électricité, elle est propre, propre, propre! On noie des caribous et on découpe des oiseaux en lamelles pour la produire, mais ça c’est pas grave. On en a en masse des caribous et des oiseaux! On est fiers que notre gouvernement fasse la promotion de moyens de transports électriques, quitte à vouloir augmenter le prix de l’essence pour qu’on prenne des taxis électriques et offrir de l’électricité gratuite pour les autos électriques via des bornes de recharge subventionnées. Nous, on fait du «développement durable», môssieur!

Mais c’est quoi au juste du développement durable? Si on se fie aux grands clercs verts, le développement durable semble plus s’opposer à tous les méchants projets capitalistes qui pourrait abattre un arbre ou obliger des couleuvres brunes à déménager. Dans ce cas, le terme «développement durable» est plus un oxymore. C’est pas du développement, c’est de l’anti-développement.

Pour ma part, j’aime mieux aller à contre-courant et croire que la définition de développement durable devrait aller plus dans le sens de faire plus avec moins. Puisqu’il y aura toujours une demande pour des biens et services qui devra être comblée, il faut la combler, mais en utilisant le moins de ressources possible. Mais où est-ce que je veux en venir avec tout ça? Patience! J’y arrive!

À quoi sert l’économie?

À quoi ça sert l’économie au juste? La réponse courte et simple est tout simplement de produire des biens et services que les consommateurs demandent. La dernière partie de cette définition est probablement plus importante que vous ne croyez parce que si vous la négligez, les gens n’achèteront pas ce que vous produisez et si personne n’achète ce que vous produisez, tout ce que vous avez utilisé pour le produire est perdu, gaspillé. Comment le sait-on? Parce que si vous êtes un entrepreneur et que personne ne veut acheter ce que vous avez produit, vous n’aurez réalisé aucun profit et plus probablement, vous avez essuyé une perte. C’est comme ça que l’entreprise privée détermine si elle utilise ses ressources de façon efficace. Si l’entreprise est capable de produire quelque chose que les consommateurs veulent acheter à un prix supérieur à ce que ça vous a coûté pour le produire, elle aura créé de la richesse. Elle aura créé quelque chose qui vaut plus aux yeux des consommateurs que la somme de ses parties. On décrit souvent le profit comme quelque chose de vil et immoral. Le profit représente l’avarice abject dans l’esprit de plusieurs. Je me demande comment ces gens conçoivent qu’une entreprise puisse survivre sans réaliser de profits? Mais, je diverge. Suffise de dire que le profit est comment on peut mesurer l’efficacité d’une entreprise privée. Plus elle en fait, plus elle est efficace. Dans la réalité, nous ne devrions pas punir une entreprise parce qu’elle fait des profits, nous devrions plutôt souhaiter qu’elle en fasse le plus possible parce que ça veut vraiment dire qu’elle produit le maximum de richesse pour les ressources qu’elle consomme.

Laissez mijoter cette information un moment, on y reviendra un peu plus loin.

C’est quoi un dollar?

Ça peut vous paraître  bizarre comme question, mais c’est très pertinent parce que selon mon expérience, peu de gens ont une idée claire de ce que représente l’argent. Donc, lorsqu’on leur envoie un chiffre de $30 milliards, c’est très abstrait pour eux. Alors permettez-moi d’ouvrir une parenthèse pour tenter de concrétiser la chose dans votre esprit. En terme très concrets, l’argent ne sert qu’à une chose: c’est un médium servant à l’échange de biens et services. Alors lorsque vous regardez ces petites pièces dorées dans vos poches, dans votre esprit vous devriez visualiser les produits et services que ce dollar peut vous procurer. Si votre imagination a besoin d’aide, allez faire un tour dans un Dollarama. Maintenant que vous pouvez visualiser un dollar de biens et services, essayez d’en visualiser 30 milliards. Assez concret pour vous? Maintenant, imaginez toutes les matières premières, la main d’oeuvre, l’outillage, etc. nécessaires à produire ces biens et services. Avez-vous maintenant une idée plus précise combien de ressources représentent $30 milliards? C’est énorme!

Maintenant une question-piège, que représente un déficit de $30 milliards? Vous l’avez presque! C’est $30 milliards de biens et services que nous produiront quelque part dans le futur qui seront pris dans vos poches. En d’autres mots, ce sont une quantité énorme de biens et services qui seront consommés dans le présent, mais qui seront prélevés quelque part dans le futur sous forme de taxes. C’est ça un déficit budgétaire. Ce sont des taxes différées.Une autre petite pièce d’information à classifier.

Une raison «écologique» de s’opposer aux déficits

Maintenant que nous avons établi certains faits, j’aimerais vous faire réfléchir à quelque chose. Comme je le mentionnais au début de cette chronique, les québécois se soucient beaucoup de l’environnement, du développement durable et de la sur-consommation et ils ont raison de s’en soucier. Pourtant ce qui est étrange, c’est que ceux qui se disent le plus soucieux de ces enjeux sont également ceux qui seront les plus susceptibles de proposer des solution impliquant une intervention gouvernementale et les plus susceptibles d’approuver qu’un gouvernement creuse des déficits. Pourtant, en toute logique, ça devrait être tout le contraire. Si vous vous souciez vraiment de préserver les ressources pour l’avenir. Si vous êtes vraiment inquiets de la surconsommation par le genre humain, le gouvernement est probablement la dernière chose à laquelle vous devriez faire appel.

Le plus gros gaspilleur de ressources

Il existe quatre façons de dépenser de l’argent.

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Comme vous pouvez le constater, la façon la plus efficace de maximiser la valeur est quand on dépense son argent pour soi-même et la moins efficace est lorsqu’on dépense l’argent des autres pour les autres. Alors comment pouvez-vous croire que confier vos ressources au gouvernement est la façon la plus efficace de régler les problèmes de la société? Vous n’avez qu’à ouvrir un journal pour voir tous les exemples de gaspillage éhonté des fonds publics. Vous croyez sincèrement que les fonctionnaires savent mieux gérer votre argent que vous?

De plus, le gouvernement est absolument incapable de faire une analyse coût/bénéfice. Vous vous souvenez qu’au début de ce texte, j’ai mentionnée qu’une entreprise mesure l’efficacité de son utilisation des ressources par les profits? Le gouvernement ne fait pas de profit. Il ne crée aucune richesse. Il ne peut que consommer ou redistribuer. Quand il consomme, les ressources consommées sont perdues. Lorsqu’il redistribue, c’est généralement des plus productifs aux moins productifs. Lorsque le gouvernement subventionne par exemple, il le fait en taxant les entreprises les plus profitables pour renflouer des entreprises qui ne le sont pas (sinon pourquoi auraient-elles besoin de subvention?).  Bref, le gouvernement n’a aucune façon empirique d’évaluer s’il gère les ressources efficacement alors comment le pourrait-il?

Vous qui prêchez pour un développement durable, pourquoi insistez-vous que le plus grand gaspilleur de ressources règle vos problèmes. Vous qui vous vous souciez tant de la surconsommation, pourquoi ne vous souciez-vous pas que le gouvernement consomme les précieuses ressources dont vos enfants et petits enfant auront besoin pour résoudre leurs propres problèmes. N’est-ce pas déjà assez de dévorer le ici et maintenant? Il faut aussi engloutir le demain? C’est ça pour vous une gestion soutenable et responsable de vos ressources?

Essentiellement, le budget que Justin Trudeau et son gouvernement ont présenté consiste à récompenser ses supporteurs sur le dos des générations futures sans vraiment garantir aucun gain économiques pour l’ensemble du Canada. Le supposé cadeau aux familles de la classe moyenne est un cadeau empoisonné. M. Trudeau leur distribue ces nananes en disant «Allez-y! Consommez!» Et lorsqu’elles auront fait ça, leurs enfants devront réparer les pots cassés. Mais pourquoi s’en faire? Rendus là, ça ne sera plus le problème de Justin Trudeau, pas vrai?

 

Rapport Godbout: C’est pour mieux vous piller, mes enfants…

Par Philippe David

Cette semaine, un rapport a été remis au gouvernement par le fiscaliste Luc Godbout proposant une réforme de notre système fiscal. La principale proposition serait de hausser la TVQ à 11% et baisser l’impôt sur le revenu. En principe, ça se défend. La plupart des économistes sont d’accord pour dire que taxer la consommation est un moindre mal comparativement à taxer les revenus.  Mais il y a un os, ou même plusieurs os selon moi.

Une habile diversion

Pendant que nous discutons de quel mode de taxation est le meilleur, peu de gens réaliseront que nous sommes encore à discuter de la colonne des revenus plutôt que de regarder la colonne des dépenses. Or ce n’est pas un problème de revenus que nous avons, c’est un problème de dépenses. Les québécois sont encore et toujours les plus taxés d’Amérique du Nord. Trouver des nouvelles façons de presser leur citron ne produira pas bien plus de jus. En fait, ça pourrait même en produire moins puisque les gens changeront leurs comportements pour  payer moins de taxes.

Pour éviter de payer plus de TVQ, ceux qui sont proches de l’Ontario, par exemple, choisiront d’aller faire leurs achats de l’autre côté de la rivière aux Outaouais. Pourquoi aller magasiner à Gatineau quand on n’a qu’à traverser un pont pour économiser sur les taxes? D’autres feront certains achats en ligne, etc. Le résultat pourrait être que le gouvernement se retrouvera avec moins de revenus au bout de la ligne. C’est le principe qui avait été mis de l’avant par l’économiste Arthur Laffer avec sa fameuse courbe. Il vient un point où toute augmentation de taxe a un effet négatif. Nous avons déjà atteint ce point. On pouvait le constater quand lorsque Nicolas Marceau était ministre des finances, son ministère n’a jamais réussi à atteindre les cibles de revenus espérées dans son budget pour réduire le déficit.

 Le problème n’est donc pas dans la colonne de revenus, il est dans la colonne des dépenses. Il est dans chaque cent dépensé dans des programmes dépassés qui n’ont plus leur raison d’être. Il est dans chaque cent dépensé en salaires et avantages sociaux consentis aux employés publics et politiciens dont ne bénéficient pas la grande majorité des travailleurs du privé. Il est dans chaque cent dépensé en gaspillages  de toute sorte. Il est dans chaque cent perdu en corruption (et nous ne voyons que la pointe de cet iceberg) endémique au pouvoir. Il est aussi dans chaque cent dépensé en BS corporatif, où nous dépensons trois fois plus que l’Ontario, pourtant beaucoup plus populeuse que le Québec. Il est aussi dans chaque cent dépensé dans des services onéreux et frivoles offerts par notre gouvernement, qui ne sont offerts par aucune autre administration publique en Amérique du Nord.

Taxer, c’est voler

Je ne le répéterai jamais assez, mais fondamentalement, la taxation est un prélèvement par la force. Si vous ne le croyez pas, tentez l’expérience de refuser de payer et voyez combien ça prendra de temps pour que des gens armés viennent frapper à votre porte. Nous ne payons pas de taxes, ils nous prennent les taxes. Il y a dans cette phrase une importante distinction.

S’approprier la propriété d’autrui par la force est la définition même du vol. Que ce vol soit perpétré par des politiciens  au nom d’un soi-disant « bien commun » ne change rien à la donne.  Quand la mafia envoie des hommes dans des commerce pour prélever des frais pour leur « protection », personne ne se fait d’illusions sur la moralité de la chose, et pourtant, c’est exactement la même chose que font tous les gouvernements du monde.

On dit que le plus grand accomplissement du Diable fût de nous faire croire qu’il n’existait pas. Le plus grand accomplissement de l’État fût de vous faire croire que la façon qu’ils se finance à vos dépens est morale, légitime et surtout, nécessaire. Pourtant il n’y a que ce type d’organisme au monde qui ne vit pas d’échanges volontairement consentis.

Mais… mais… nous avons un contrat social!

Ou est-il ce contrat? Je ne l’ai jamais vu, encore moins signé. Et vous? Par définition, un contrat détaille exactement ce qui est fourni comme biens et services et quel prix est exigé en retour. Il définit exactement quel niveau de service est aussi offert et quelles sont les obligations des deux parties. Or qu’en est-il du fameux contrat social?

Certains prétendent que les taxes et impôts sont le paiement pour les services rendus par l’état, mais c’est de la foutaise. Le gouvernement décide très arbitrairement de quel montant vous devriez payer et vous n’avez aucun pouvoir de négociation autant sur le montant à payer que sur quels services sont offerts et quel niveau de service vous obtenez pour ce que vous payez.  Vous ne pouvez pas non plus choisir pour quels services vous désirez payer ou ne pas payer. C’est tout ou tout. Nous ne pouvons pas dire tout ou rien, parce que vous ne pouvez même pas opter pour le rien.

Je travaille dans un domaine ou la définition de « niveau de service » est capitale. Si mon employeur ne remplit pas ses obligations en ce qui a trait au niveau de service spécifié dans son contrat, il doit payer des pénalités.

Dites-moi, quand avez-vous vu le gouvernement rembourser qui que ce soit quand la qualité de ses services était inacceptable? Obtenons-nous une compensation quand nous devons poireauter 20 heures à l’urgence ou attendre un an dans la souffrance en attendant une chirurgie orthopédique ou qu’un être cher meurt sur la liste d’attente pour une chirurgie cardiaque?

Obtenons-nous un remboursement lorsque nos enfants sortent des CEGEPs et des universités et ne maitrisent toujours pas leur langue maternelle, encore moins une langue seconde? Sommes-nous aussi remboursés lorsque des motards sont remis en liberté faute de ne pas avoir obtenu un procès dans des délais raisonnables?

Ne voyez-vous donc pas l’absurdité de dire que tous ces impôts et taxes que nous payons sont un paiement légitime pour des services qu’au bout de la ligne nous ne recevons pas ou dont la qualité est tellement médiocre que nous courrions dans les bras d’un compétiteur s’il y en avait un?

Alors, excusez donc mon manque d’enthousiasme pour un rapport qui ne fait que chercher des moyens de nous piller plus efficacement, alors qu’aucun effort n’est fait pour améliorer le rapport qualité/prix de ce que nous recevons supposément en retour.

Ils n’ont rien volé (eux)

Par Philippe David

C’est inévitable, le sujet de la fiscalité des entreprises devait revenir dans l’actualité. On connait la rengaine : ces méchantes multi-nationales qui refusent de payer leur juste part d’impôts et taxes.

Burger King vient d’acheter Tim Horton  et installera son siège social de ce côté-ci de la frontière, ce qui veut dire qu’ils devront payer des millions en taxes et impôts au gouvernement fédéral et provincial (mais sûrement pas au Québec). Malgré tout, les bobos du Devoir trouvent le moyen de s’en désoler et commisérisent avec ce pôvre Obama, privé de tant de revenus parce que sous sa gouverne, les États-Unis sont devenus un enfer fiscal pour les entreprises (et ils se grattent la tête à savoir pourquoi ils ont encore tant de chômage et tant d’américains sont dépendants du programme des timbres alimentaires).

Le plus rigolo, selon ce que le Devoir rapporte, est que Warren Buffett est impliqué dans la transaction et a obtenu une petite fleur qui lui économisera lui aussi des impôts dans cette affaire, car voyez-vous, M. Je-paie-moins-d’impôts-que-ma-secrétaire ne manque pas une entourloupette pour faire en sorte qu’il en paie moins que sa secrétaire, pour ensuite dénoncer cet état de fait en toute hypocrisie. « Payez les caves! Pendant ce temps, j’ai une armée de fiscalistes pour me trouver toutes les failles dans le système. »

Un autre sophisme persistant

Cependant, l’indignation de nos bobos nationaux repose sur un sophisme. C’est celui qui dit que si les entreprises paient moins d’impôts, les particuliers devront en payer plus et donc, c’est injuste envers les pauvres petits contribuables qui sont déjà surtaxés. Oui les petits contribuables sont surtaxés (particulièrement au Québec, où les politiciens ne comprennent pas la courbe de Laffer), mais augmenter les impôts des entreprises ne les aidera pas.

Premièrement, nos gouvernements dépensent déjà plus qu’ils ne récoltent en impôts et taxes. Ne doutez pas un seul instant que nos politiciens, s’ils voyaient des rentrées additionnelles, trouveraient vite un moyen de les dépenser.

Deuxièmement, même si nous avions des politiciens qui géraient convenablement les deniers publics, il faut vraiment songer à d‘où proviennent les impôts  que payent les entreprises pour voir la futilité de la chose. Une entreprise comme tel ne paie pas d’impôt. Une entreprise n’est qu’un groupe d’individus qui coopèrent pour offrir des produits ou des services.  C’est une abstraction, et non une personne réelle. Or seules les personnes réelles paient de l’impôt. Pour une entreprise, l’impôt n’est qu’une écriture comptable qui représente un coût d’opération. Ce coût n’est qu’un parmi tant d’autres qui va dans l’équation qui détermine la profitabilité de l’entreprise. Cette équation détermine également de combien d’argent l’entreprise disposera pour faire des achats, des investissements en capital, payer des dividendes aux actionnaires ou des salaires aux employés. Moins elle aura de coûts de toute sortes, et plus elle aura d’argent pour ces investissements. Une augmentation des impôts, toute chose étant égale par ailleurs, va être payée au détriment de ces autres catégories.  C’est donc dire que ceux qui vont réellement faire les frais des impôts et taxes payés par l’entreprise, sont les individus qui transigent avec elle à un niveau ou un autre. C’est-à-dire :

  • Ses fournisseurs qui subissent une baisse dans les achats d’équipement capital de l’entreprise.
  • Ses clients, qui verront les prix de ses produits augmenter.
  • Ses employés qui auront peut-être des augmentations de salaire plus faibles qu’autrement, ou qui ne seront pas embauchés du tout, ou peut-être mis à pied.
  • Ses actionnaires, qui verront le montant de leurs dividendes baisser et peut-être aussi la valeur de leurs actions.

Ce sont tous ces gens qui, dans la réalité, paient les impôts et taxes de l’entreprise. Multipliez ça par toutes les entreprises au pays et au final, vous vous rendez compte que ces gens, c’est vous et moi.

Ils n’ont rien volé (eux)

Mais vous savez ce qui m’énerve le plus? C’est cette notion que les profits d’une compagnie ou les revenus d’un particulier ne lui appartiennent pas. Que si quelqu’un essaie de conserver plus de ce qu’il a honnêtement gagné, il est un voleur, un tricheur, un égoïste, un moins que rien.  Pour ma part, je crois que c’est plutôt le contraire. Ce que nous gagnons nous appartient.  Le contraire voudrait dire que le gouvernement a plus de droits sur votre propriété que vous, ce qui fait de vous essentiellement un esclave. Et si nous ne sommes pas des esclaves, c’est la confiscation de nos revenus par le gouvernement qui est immorale et le cautionnement de ce pillage par les idiots utiles de l’état l’est tout autant. Ceux, incluant les entreprises, qui désirent prendre action pour payer moins d’impôts ne sont pas des voleurs (eux). Ils ne font que se défendre des véritables voleurs.

[Photo : Wikipedia]

Et si on faisait l’éloge des paradis fiscaux?

Tamarindo

Par Philippe David

J’aime aller à contre-courant et défier la pensée unique, alors aujourd’hui je pars à la défense des paradis fiscaux question de me faire haïr un petit peu plus des étatistes de tout acabit. J’en ai marre de leur démagogie. Un des plus récents exemples est le petit discours de Guy A. Lepage aux fêtes de la St-Jean-Baptiste, où il a carrément accusé les méchants riches qui mettent leur argent dans des paradis fiscaux de voleurs. 

Passons tout d’abord sur le fait que Guy A. Lepage a carrément détourné les festivités dans le but de passer son petit message politique, mais en plus, son attaque est démago au possible. Ben oui! C’est ça! Les foutus droitistes sont toujours à la défense des maudits riches! Eh oui! J’aime me faire l’avocat du diable! Alors oui, je vais les défendre!

Je suis moi-même de la classe moyenne, mais dans ma vie, il m’est souvent arrivé d’avoir des contacts avec des gens considérés comme riches, des professionnels ou des hommes d’affaires, certains sont même millionnaires. Contrairement à ce que certaines sales langues voudraient vous faire croire, la grande majorité d’entre eux ne sont pas des voleurs, ni des escrocs et leur fric, ils le gagnent à la sueur de leur front à travailler 60, 70 heures par semaine. Je suis certain que vous ne verserez pas de larmes, mais ça n’empêche que ce qu’ils ont, ils ne l’ont certainement pas volé, ils l’ont gagné honnêtement, alors pourquoi les traiter de voleurs? (En passant, foutez-moi la paix avec la théorie de l’exploitation de Marx, il y a longtemps qu’elle a été réfutée.)

De plus, peut-on cesser d’être hypocrites? Aux dernières nouvelles, seulement une infime minorité de fêlés aiment vraiment payer de l’impôt. Au mieux, certains considèrent que c’est un mal nécessaire et tous sans exception vont essayer d’en payer le moins possible, y compris les bobos de la gauche caviar comme Guy A. Lepage. Sont-ils tous des voleurs? Pourquoi est-ce que c’est correct de convoiter l’ argent des riches, mais que c’est cupide de vouloir garder son propre  argent durement gagné?  

Pour ma part, je crois que l’impôt est carrément du vol et la commission Charbonneau est en train de me donner largement raison. Sur ce compte, nous n’avons d’ailleurs vu que la pointe de l’iceberg.

Primo, l’impôt n’est pas une transaction volontaire contre services rendus. L’impôt est perçu par la force (essayez de refuser de le payer, pour voir se qui se produira) et l’état n’est sous aucune obligation de vous donner quoi que ce soit en retour. C’est d’ailleurs le cas dans bien des pays. L’état n’est sous aucune obligation de vous fournir les services que vous désirez non-plus (Demandez aux brésiliens). Donc cessez de prétendre que l’impôt, c’est pour payer les services. C’est faux!

Secundo, donnez-lui le nom que vous voulez, mais de confisquer le bien d’autrui en utilisant la force, ou la menace d’utiliser la force c’est du vol, peu importe l’usage qu’on fasse ensuite du bien confisqué. Cessez donc de prétendre qu’il y a une quelconque vertu là-dedans. Les vrais criminels ne sont pas ceux qui essaient d’échapper aux voleurs. 

Guy A. Lepage accusait les riches de nous avoir foutus tous dans la merde en refusant de payer leur « juste part ». C’est de la foutaise! Si nous sommes dans la merde, ce n’est pas parce qu’une pognée de gens refusent de se laisser plumer, c’est parce que des politiciens irresponsables viennent acheter vos votes année après année avec des promesses insoutenables et que vous êtes tous assez nigauds pour les croire.

Ces méchantes entreprises qui ne paient pas leur « juste part »

Les installations d'Apple en Irlande.
Les installations d’Apple en Irlande.

Par Philippe David

Laissez-moi vous poser une question. Étiez-vous irrités d’apprendre plus tôt cette semaine qu’Apple et plusieurs autres compagnies évitaient, du moins en partie, de payer des impôts au gouvernement américain en profitant d’une fiscalité plus avantageuse en Irlande? Avez-vous posté l’article dans Facebook ou Twitter en tempêtant contre ces méchantes multinationales qui ne paient pas leur « juste part »? Oui? Pourquoi? 

Vous ne devriez pourtant pas être irrités par ça du tout. Si vous l’êtes, c’est que vous ne voyez pas le tableau complet, ou que vous vous acharnez à ne pas le voir. Pourtant, les moyens utilisés par des entreprises comme Apple ou Google sont parfaitement légaux. Pourquoi êtes-vous irrités quand un individu ou une compagnie évite de payer un peu d’impôt par des moyens légaux? Serait-ce un petit peu par égoïsme? Parce que vous croyez que, si ces entreprises payaient plus d’impôt, vous en payeriez moins? Ou êtes-vous jaloux de ne pas pouvoir faire pareil? Égoïsme? Jalousie? Certainement pas vous! Jamais!

Et pourtant, je me demande pourquoi vous considérez que c’est une vertu de convoiter l’argent des autres, mais que c’est un crime de vouloir garder un peu plus de son argent durement gagné? Surtout que si vous en aviez la possibilité, vous feriez probablement pareil. Soyez honnête. Avouez-le. Le problème c’est que vous vous trompez sur toute la ligne.

Les entreprises ne paient pas d’impôt

Est-ce que je vous apprend quelque chose? Êtes-vous surpris? Êtes-vous choqué? Pourtant si on regarde les livres d’Apple, ça dit effectivement qu’ils ont payé $6 milliards au fisc américain l’an dernier. Alors de quoi je parle? Ce qui importe n’est pas ce que vous voyez, mais ce que vous ne voyez pas et ce que vous ne voyez pas, c’est qui paie vraiment ces impôts au bout de la ligne. 

Voyez-vous, une entreprise n’est pas un individu, et en termes réel, seul les individus paient de l’impôt. Pour une entreprise, l’impôt n’est qu’une dépense comme tout autre qui s’inscrit dans l’équation « Revenus-Dépenses = Profit ou Perte ». Si on augmente les dépenses d’une compagnie, ces dépenses seront tout simplement compensées ailleurs dans cette équation. Les $6 milliards qu’Apple a payé au fisc auraient pu servir à créer de nouveaux produits et générés plus d’emplois (très bien rémunérés en passant). Il aurait pu servir à acheter de l’équipement plus sophistiqué pour réduire le coût de produits existants, ce qui aurait pu permettre de vendre des produits tel que le Ipad sur lequel vous lisez peut-être cet article, moins cher. En fait, peut-être avez-vous déjà économisé sur le coût de ce Ipad, justement parce que Apple a choisit de payer un peu moins d’impôt, plutôt que d’en payer plus au gouvernement (qui gère notre argent tellement mieux!). 

Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’au final Apple ne paie rien au fisc. Apple n’est qu’une entité fictionnelle. Si Apple paie plus d’impôt, ce sera des gens comme vous et moi qui finiront par le payer. Les produits d’Apple coûteront peut-être plus cher. Apple ne créera pas autant d’emplois, et ne paiera peut-être pas ses employés aussi bien. Elle ne commandera peut-être pas autant de matériel des ses fournisseurs et ne paiera peut-être pas de dividendes à ses actionnaires (dont plusieurs sont des fonds de pension qui gèrent peut-être VOTRE retraite). Il est facile de voir ce que Apple ne paie pas au fisc. C’est plus difficile de faire l’effort de voir les produits qui ne sont pas produits, les emplois qui ne sont pas créés, les épargnes de retraite qui ne fructifient pas et ce que VOUS payez en fin de compte, pour entretenir cette illusion que ces entreprises font leur part en payant de l’impôt. Leur part, elles la font déjà amplement.

C’est quoi le vrai problème?

Revenons à pourquoi vous étiez irrité. Vous étiez irrité parce que vous croyez que des entreprises comme Apple ne paient pas assez d’impôt et que vous en payez trop. Maintenant vous savez que lorsqu’on fait payer de l’impôt à des entreprises, dans la réalité, c’est vous qui finissez par payer plus cher les produits que vous voulez consommer, ou pire encore, vous êtes peut-être sur le chômage parce qu’il n’y a pas eu suffisamment d’emplois créés par ces entreprises pour que vous en trouviez un. Alors il est où le problème?

Le problème, ce n’est pas que les entreprises ou les riches ne font pas leur part, mais peut-être plus que nos gouvernements dépensent et gaspillent toujours plus de notre argent. D’ailleurs, au Canada et en particulier au Québec, l’impôt et les taxes est la dépense ménagère qui a le plus augmenté ces 50 dernières années, au point où nous payons plus de taxes et impôts de toutes sortes que nous payons pour nous nourrir, nous loger et nous habiller et ce n’est pas normal! Pendant ce temps, les services que nous offrent nos gouvernements se sont certainement multipliés, mais ils ne se sont certainement pas améliorés. Ce n’est pas d’hier qu’on déplore les temps d’attente dans nos urgences et franchement, je ne vois toujours pas le jour où ça va s’améliorer. 

Les gouvernements auront toujours une tendance grossir et prendre de l’expansion. Il y aura toujours plein de gens qui exigent que le gouvernement en fasse toujours plus et plus les gouvernements en font, plus ils gaspillent. Même quand il n’y a pas de politiciens et fonctionnaires qui s’en mettent plein les poches et qui font des retours d’ascenseur, on est jamais aussi judicieux quand on dépense l’argent des autres que quand nous dépensons notre propre argent.  Nous avons tous cette tendance. Si votre employeur vous envoie à l’extérieur et paie vos frais de déplacement, il y a fort à parier que vous prendrez une chambre d’hôtel un peu plus dispendieuse que si vous la payiez de votre poche, alors pourquoi sommes-nous surpris quand des fonctionnaires et des politiciens se payent la traite avec leur compte de dépense? Jus d’orange à $15 le verre? Pas de problème! C’est pas moi qui paye! Nous nous en scandalisons, mais nous leur donnons tous les incitatifs à le faire. En plus, si on commence à éplucher tous les différents ministères, organismes et départements, il y a fort à parier que nous en trouvions qui sont redondants, voire carrément inutiles. Je ne serait pas surpris de découvrir qu’ils ont un département de la redondance. Comment ce fait-il qu’au Québec, nous dépensons trois fois plus en programmes d’aide à l’entreprise que toutes les autres provinces, mais que nous ayons un déficit entrepreneurial par rapport au reste? Un autre exemple est quand notre gouvernement actuel promet 15 000 places de garderies subventionnées supplémentaires et exige, pour des raisons purement idéologiques, que ces places soit fournies par des CPE publics plutôt que des garderies privées quand nous savons que de construire une nouvelle CPE coûte $2 millions au contribuable, alors que ces frais sont entièrement assumés par les propriétaires d’une garderie privée et que les places existent déjà dans le réseau privé. Bref, les exemples abondent comment les politiciens et fonctionnaires gaspillent votre argent.

 

C’est qui les coupables?

On voit des gens manifester dans la rue pour toutes sortes de conneries, rarement les voit-on manifester pour que les gouvernements cessent de gaspiller notre fric. Au grand contraire, lorsqu’un gouvernement essaie d’avoir le courage de couper un tant soit peu dans le gras et gaspiller un peu moins, on vois les parasites du système sortir pour tout casser et protester contre l’austérité. Alors si vous cherchez un coupable, regardez un miroir…

 

La ligue nationale d’impro

Caricature: Ygreck

Par Philippe David

Les péquistes ont promis qu’ils aboliraient la taxe santé. Pour ce faire, ils ont décidé de prendre la voie populiste de taxer les riches sur leurs revenus, mais aussi sur les gains de capital et les dividendes. Cependant, ils ne s’attendaient pas au tollé qui s’en est suivi quand les gens ont réalisé que de taxer les gains de capital et les dividendes affectait leurs REER et autres actifs sur lesquels la classe moyenne fonde ses plans de retraite.

Et, comble de malheur, les péquistes ont été frappés de plein fouet par la réalité des chiffres, chose qu’ils auraient dû prévoir puisque le gouvernement  fonctionne en déficit depuis 2010.  Mais apparemment, les mathématiques ne sont pas la force du gouvernement péquistes, alors ils ont probablement cru que ces déficits n’étaient que pur hasard et qu’ils disparaitraient par magie sous leur habile gestion. Ce n’est pas si facile, une fois au pouvoir. Maintenant, ils doivent trouver le moyen de combler le trou laissé par leurs prédécesseurs et celui laissé par leurs propres promesses électorales qu’ils se sont empressés d’exaucer sans trop réfléchir. Nicolas Marceau est en train de découvrir que ce n’est pas aussi facile sur le plancher des vaches que du haut d’une tour d’ivoire.

Ainsi, il se voit obligé de reculer sur sa promesse d’éliminer la taxe santé, mais pour dorer la pilule, il l’a rendu progressive, ce qui fera que les riches paieront plus que les plus pauvres. Mince consolation, puisque la définition de « riche » dans ce cas précis est d’avoir un revenu imposable de $42 000 ou plus. On n’a plus les riches qu’on avait. Je devrais peut-être me réjouir de faire partie de cette catégorie, mais bon. En même temps, les hausses d’impôt pour les revenus de $130 000 et plus demeurent, quoique moindres qu’originalement prévu. Les travailleurs à haut revenu se trouvent donc doublement frappés. Ce n’est plus la taxe santé OU les hausses d’impôt, c’est la taxe santé encore plus salée ET les hausses d’impôt. Si au moins on pouvait espérer une amélioration des services pour compenser, mais j’ai de gros doutes que ça puisse arriver.

Pendant que le PQ s’obstine à essayer d’équilibrer le budget en ne jouant que sur la colonne des revenus, beaucoup d’observateurs font remarquer qu’il existe une autre colonne dans un budget, celle des dépenses. Par exemple, simplement de réduire les subventions aux entreprises au même niveau que l’Ontario épargnerait 3 à 4 milliards au gouvernement sans hausser les taxes et les impôts et serait même acceptable à gauche et à droite de l’échiquier politique. (Eh oui, même les méchants droitistes reconnaissent qu’on subventionne trop!) Mais faire des coupure pourrait vouloir dire une réduction des effectifs de la fonction publique et ça voudrait aussi dire qu’il faudrait dire non à certains groupes d’intérêts. Comme nous avons pu le constater dans le dossier des frais de scolarité, Pauline Marois n’a pas exactement fait preuve de grand courage face à ce groupe d’intérêt dont le pouvoir est relativement limité. Qu’est-ce que ce serait si elle devait faire face à des groupes encore mieux organisés. Découvrirait-on alors que dans les faits, la fameuse « dame de béton » ressemble plus à une dame de Jell-o?

Toujours est-il que manifestement, le seul talent dont le PQ a fait preuve depuis son élection est celui d’improviser. Ce recul sur sa promesse d’abolir la taxe santé ne fait que confirmer qu’il dirige comme une poule sans tête. La confiance de l’électorat en prend pour son rhume.

Inflation, analyse plus détaillée

 

Par Ian Sénéchal

Suite à mon article précédent, certaines personnes ont souligné le fait que si on ajustait le salaire de la personne étudiée, on devait également ajuster l’impôt payé. Vrai. J’aurais dû en tenir compte.

Cet ajustement démontrerait que les riches ont reçu des baisses d’impôt entre 2000 et 2010. Vrai également.

Ce qu’il faut voir par contre, c’est que ces baisses d’impôt étaient généralisées à toute la population et non pas ciblées que sur eux (contrairement à réforme Marois-Marceau). Donc, pour être parfaitement honnête dans l’analyse, il fallait vérifier si les riches avaient vu leur taux effectif d’imposition baisser ou augmenter de la même façon que le reste de la population tout en tenant compte de l’inflation. J’ai donc poussé l’analyse beaucoup plus loin. (Vraiment beaucoup, alors désolé si je perds des gens ici).

J’en suis arrivé à cette conclusion. Les riches ont effectivement reçu des baisses d’impôt, comme tout le reste de la population. Par contre, plus le revenu est élevé, moins la baisse du taux effectif d’imposition fut importante.

Rentrons maintenant dans le “crunchy”.

Le système fiscal de 2000 avait des paliers d’imposition de 19%, 22.5% et 25%.

Celui de 2010 avait des paliers de 16%, 20% et 24%.

Voici le méthode que j’ai utilisé :

1) Calculer l’impôt provincial payé par différentes personnes aux revenus différents (de 1000$ à 250 000$)

2) Ajuster le système d’impôt de 2010 afin de l’amener en 2000 en “désindexant” les seuils d’imposition, mais en conservant les taux d’imposition intacts. (Inflation supposée de 2% pendant 10 ans)

3) Ajuster les salaires de 2010 pour les “désindexer” afin de les amener en 2000.

4) Appliquer le système 2010 ajusté aux salaires de 2000

5) Comparer avec les impôts payés réellement en 2000.

6) Analyser comment les baisses d’impôt ont affecté le taux effectif d’imposition en fonction du salaire.

Résultats

 

Résumé et conclusion :

Si on résume, une personne qui gagnait 150 000$ en 2010 en gagnait 123 000$ en 2000. Elle a payé 29 263$ en impôt en 2010 et 27 255$ en 2000. Il y a eu des changements au régime fiscal entre les deux dates. Si le régime fiscal ajusté pour l’inflation de 2010 avait été appliqué en 2000, elle aurait payé 24 350$ d’impôt. Cela représente une baisse de 2.36% de son taux d’imposition effectif.

Un salarié de 50 000$ (41 000$ en 2000) à quant à lui reçu une baisse d’impôt de 3.58%, soit 1.22% de plus que le salarié de 150 000$.

Y a-t-il eu des baisses d’impôt entre 2000 et 2010? Oui, autant pour les riches que les pauvres que la classe moyenne.

Est-ce que les riches ont reçu des baisses d’impôt plus importantes que le reste de la population? Non, c’est même le contraire. Plus on avance dans l’échelle salariale, moins le taux effectif d’imposition a diminué.

Documentation utilisée :

Tableau 1 et Tableau 2

 

L’inflation expliquée aux enfants… et à Khadir

Par Ian Sénéchal,

Ce texte est le résumé d’une partie de ma chronique hebdomadaire chez Dominic Maurais à Radio X.

Amir Khadir y est allé d’un tweet qui est devenu rapidement viral hier sur Twitter. Vous le trouverez au bas de l’article. Le tweet nous envoyait sur un tableau très instructif. Voici le tableau et ce que Québéc Solidaire affichait comme commentaire sur sa page Facebook :

“ Un tableau pour éclairer et mettre en perspective les débats sur les hausses d’impôt pour le 3% le mieux nanti. Par exemple, une personne au revenu imposable de 150 000$ a vu ses impôts annuels diminuer de plus de 11 700$ depuis 12 ans. À partager!”

En apparence, les gens gagnant 150 000$ ont reçu une baisse d’impôt de 5565$ au provincial en 10 ans. Vrai. Mais parle-t-on de la même personne en 2000 et en 2010?

Khadir et sa bande d’illetrés économiques basent leur analyse en faisant abstraction de l’inflation. Faut le faire quand même!

Disons que l’inflation a été de 2% les 10 dernières années. Une personne gagnant 150 000$ en 2010 devait en gagner seulement 123 000$ en 2000 pour s’offrir le même niveau de vie. Pour comparer les pommes avec les pommes, il faut tenir compte de l’inflation.

Comparez la personne gagnant 125 000$ en 2000 à la personne qui en gagne 150 000$ en 2010. Vous verrez, le niveau d’impôts payés est sensiblement le même (28 334$ VS 29 271$)

C’est normal, les tables d’imposition sont indexées depuis le budget 2000-2001 mis en place… par Bernard Landry!

L’indexation des tables d’impôt va de soi et ne constitue pas une réelle baisse d’impôt. Ne vous en faites pas, l’ancien PM Charest était tout aussi malhonnête dans son approche quand il se pétait les bretelles en disant qu’il avait réduit le fardeau fiscal depuis son entrée au pouvoir pour une famille gagnant X revenu. Il ne tenait pas compte de l’augmentation du coût de la vie et/ou de l’augmentation des salaires en lien avec l’inflation et/ou de l’indexation des tables d’impôt.

Bref, ne vous fiez jamais à un politicien quand ils vous parlent de chiffres. Ils ne sont là que pour vous confondre! En fait, ils souhaitent que vous soyez dociles et que vous gobiez tout sans broncher. Si en plus vous pouvez diffuser leur message sur Twitter, wow, ils sont vraiment contents que vous soyez tombés dans la panneau!!! Une fausseté diffusée abondamment devient rapidement une vérité dans notre monde où la compétence et l’honnêteté intellectuelle sont devenus des concepts abstraits.