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Pourquoi les hausses d’impôt ne sont pas une bonne idée

 

Par Philippe David

Je serai toujours étonné par la pensée magique gauchiste. Je ne dis pas qu’abolir la taxe santé est une mauvaise idée, j’en suis plutôt heureux personnellement, mais cette abolition fait un trou de 1 milliard dans le budget, sans compter les autres bonbons que Pauline 1ere a donné à ses fidèles comme l’abolition des hausses de frais de scolarité. On fait quoi pour boucher le trou?

Taxons les riches!

Bien sûr ils vous répondront invariablement « taxons les riches! » Mais il y a quelques petits problèmes dans cette idée.  La première est que ce sera insuffisant. Même si la hausse d’impôt rapportait les revenus que le PQ espère (600 millions $), ce n’est clairement pas 1 milliard. En fait, même en ajoutant les entreprises et les modifications aux taxes sur les dividendes et les gains de capital ce ne sera pas suffisant pour payer pour l’orgie de clientélisme auquel le PQ s’est livré depuis qu’il a pris le pouvoir il y a à peine trois semaines.

Lors du dernier budget, le printemps dernier, l’IEDM s’est livré à l’exercice de calculer combien il faudrait taxer les revenus de $250 000 et plus pour combler le déficit prévu à ce budget de $3,9 milliards. La réponse est qu’il aurait fallu taxer 100% de tous les revenus excédant $250 000 pour y arriver. Cependant, dans une telle situation, qui serait assez con de vouloir faire plus de $250 000 si c’est pour donner chaque cent supplémentaire au fisc? Donc une fiscalité aussi agressive rapporterait strictement zéro à l’état.

La nature humaine

Ce dernier point m’amène à la deuxième faille dans la stratégie de toujours plus taxer les riches. Elle ne tient pas compte de la nature humaine. Chaque individu, peu importe à quel point il essaie d’être altruiste, sera toujours motivé principalement par son intérêt personnel et nous pouvons donc compter sur lui de réagir dans ce sens aux divers incitatifs qui lui sont offerts, particulièrement pour éviter les choses désagréables. Taxez son salaire, il travaillera moins, ou il se fera compenser de façon différente ou il cachera ses revenus. Taxez les dividendes et les gains en capitaux et il investira moins, ou il investira ailleurs. Puisqu’on paie toujours l’impôt dans la province où on réside au 31 décembre, certains feront peut-être le choix de déménager avant cette date. Mon ami Ian Sénéchal, qui est analyste financier a d’ailleurs fait un calcul amusant selon lequel il ne faudrait qu’une personne sur 23 gagnant un revenu de plus de $250 000 déménage hors du Québec pour complètement annuler les gains que le gouvernement compte tirer de cette hausse d’impôt. Ça ne prendrait pas un exode massif pour faire mal. Juste 5% du 1.2% le plus riche du Québec.

C’est l’économie, stupide!

Pour reprendre la phrase désormais célèbre de Bill Clinton, le troisième point c’est l’impact économique. Selon des études empiriques, l’impôt est un désincitatif tel au travail et la création de richesse que chaque dollar de hausse d’impôt cause une diminution de $0,76 du PIB.  Comme si on avait besoin de ralentir encore plus notre économie. Je doute fort que le gouvernement  arrive  à combler son manque à gagner par une hausse d’impôt des plus nantis, mais en plus il risque de handicaper ses recettes futures, alors oubliez l’équilibre budgétaire pour l’an prochain.

Notre problème n’est pas un problème de revenus, c’est un problème de dépenses mais ni le PLQ et encore moins le PQ dans sa version actuelle ne remettra en question la gestion des dépenses publiques afin de réduire le gaspillage et la redondance des strucutures. Ce serait pourtant si simple de réduire les subventions aux entreprises pour les ramener dans les mêmes proportions que l’Ontario. Rien que ça nous économiserait $2,5 milliards.

À la place, nous avons élu un gouvernement de clowns qui s’acharnent à jeter notre économie à terre.

Pour ceux qui ont de la difficulté à comprendre notre système fiscal, il y a cette petite vidéo qui est très instructive…

 

Et si on faisait l’éloge du travail au noir?

Si on en croit un récent sondage, l’évasion fiscale et le travail au noir se classent respectivement au 7e et 13e rang du palmarès des comportements immoraux des Québécois. Puis après…

Le gouvernement nous rappelle sans cesse que le travail au noir, c’est du vol. Mais qui sont les victimes? On connaît le refrain : ce sont les contribuables qui paient leurs impôts assidûment. Ainsi, il serait injuste qu’un contribuable assume davantage d’impôt parce que des travailleurs se font payer « en dessous de la table » pour faire vos réparations ou vos travaux domestiques.

Et si les travailleurs au noir protégeaient tous les contribuables des abus de nos gouvernements? Plusieurs économistes considèrent que l’économie souterraine freine l’appétit fiscal de nos gouvernements. Plus ces derniers augmentent vos impôts, plus ils encouragent le travail au noir. Or, plus le travail au noir augmente, moins le gouvernement retire de revenus de l’impôt. Il arrive même un moment où toute nouvelle hausse de taxes diminue les revenus de l’État! Ce qui fait dire à l’économiste et philosophe Pierre Lemieux que « les travailleurs au noir […] empêchent l’État d’être encore plus vorace. En ce sens, tout le monde profite du travail au noir […] »

J’en conviens, priver nos gouvernements de revenus défavorisera certains individus, principalement ceux qui vivent aux crochets de l’État. Mais attention! Ceux qui vivent aux dépens de l’État ne sont pas tous des démunis et des gens dans le besoin. Oh non! Ces derniers n’accaparent qu’une partie des dépenses de nos gouvernements.

Où va donc le reste de vos impôts? Voilà la question! Une fois que l’État a rempli ses soidisant devoirs essentiels, il lui en reste suffisamment pour nourrir toutes ces organisations qui font de la spoliation une spécialité. Je parle de qui? Lisez le rapport Duchesneau…

De toute évidence, nous versons trop d’impôt au gouvernement… et c’est ce qui lui permet d’entretenir à son bénéfice un marché des faveurs. Un marché où ce ne sont plus les entreprises efficaces et compétitives qui gagnent les appels d’offres du secteur public, mais − soyons polis − celles qui ont les meilleurs contacts au gouvernement.

Si on était sérieux, si on désirait vraiment moraliser notre société, on implanterait des règles limitant la part de l’économie confiée au secteur public. Lorsqu’on versera moins d’impôt à l’État, il lui sera plus ardu d’essaimer les faveurs. Sans compter que les travailleurs auront, eux aussi, moins d’intérêt à assumer les risques du travail au noir.

En diabolisant le travailleur au noir, on se donne peut-être bonne conscience, mais on se prive aussi d’un des seuls moyens d’empêcher nos gouvernements d’abuser des contribuables. Vous rétorquerez que les comportements immoraux de l’un ne justifient pas les comportements immoraux de l’autre. C’est vrai! Mais entre deux comportements immoraux, je choisis celui qui me coûte le moins cher. Dans l’adversité, on ne choisit pas ses amis…

Les inconvénients de la redistribution de la richesse.

 

Selon le Conseil National du Bien-être Social, dans son rapport déposé cette semaine, nous pourrions sauver des millions en éradiquant la source de la pauvreté. Naturellement, il va sans dire que pour le Conseil, ça passe par une plus grande redistribution de la richesse. Le Conseil veut que nous considérions ça comme un « investissement » et que cet investissement nous économisera de l’argent à la longue.

Malheureusement, ça ne fonctionnera pas. La raison la plus évidente est que la pauvreté est une condition relative et que tant et aussi longtemps qu’il existera des disparités de revenus dans la société, il y aura des gens qui seront relativement riches et d’autres que seront relativement pauvres. Il est donc illusoire de penser que nous puissions éradiquer la pauvreté, à moins de vouloir suivre le modèle économique de la Corée du Nord et encore, nous ne serions pas égaux dans la richesse, mais égaux dans la misère.

Une autre raison est que pour une majeure partie des gens, la pauvreté est une phase transitoire. La plupart des « pauvres » ne le restent pas toute leur vie. Ils finissent par s’enrichir, puisque la grande majorité des gens faisant partie du quintile le plus pauvre de la population dont des jeunes, des étudiants et des nouveaux immigrants qui se joignent au marché du travail en quête de leur premier emploi et que lorsqu’ils en ont trouvé un et acquièrent de l’expérience, leurs revenus augmentent. Ils n’ont donc pas réellement besoin d’aide.

Finalement, contrairement à ce qu’on voudrait faire croire, nos programmes sociaux sont loin « d’éradiquer » la pauvreté. Au contraire, ils engendrent de la pauvreté et la cultivent. Voici quelques raisons:

  1. Les taxes récoltées pour financer nos programmes sociaux découragent le travail et la création de richesse. À quoi bon travailler plus si la moitié du surplus qu’on fait nous est retiré en taxes de toutes sortes. Puisque nous travaillons moins que nous ne le ferions autrement, nous produisons moins de biens et services et la société entière est appauvrie.
  2. Les transferts de richesse découragent les bénéficiaires à se trouver du travail ou se perfectionner pour améliorer leur sort. Si vous diminuez le coût de ne pas travailler, vous réduisez l’incitatif au travail et aussi à la quête de perfectionnement qui est la clef de la mobilité sociale.
  3. Les bénéficiaires des transferts deviennent également plus dépendants de l’aide gouvernementale et moins aptes à s’aider eux-mêmes.
  4. Les bénéficiaires de l’aide, quand celle-ci persiste trop longtemps, donnent le mauvais exemple aux autres membres de leur famille, en particulier leurs enfants, qui voient qu’il est possible de subsister sans travailler, créant une culture de dépendance.
  5. Puisque les paiements sont inégaux pour divers groupes de bénéficiaires, il se crée du ressentiment et une compétition malsaine entre ces groupes. Ainsi, les jeunes reçoivent beaucoup moins que les plus vieux, par exemple.
  6. S’il existe des tensions entre divers groupes de bénéficiaires des largesses de l’État, il en existe de même entre les différents groupes de contribuables. Ainsi, les contribuables plus jeunes seront révoltés d’apprendre que tout ce qu’ils paient au régime des rentes va presque directement dans les poches des plus vieux et qu’ils auront à payer beaucoup plus leur vie durant pour avoir droit aux mêmes prestations que leurs parents ou leurs grand-parents, qui sont pourtant plus riches qu’eux.
  7. Le résultat des deux derniers points est une fracture de plus prononcée des liens communautaires pour être replacée par un affrontement de groupes d’intérêts.
  8. Anciennement, il existait de nombreux groupes communautaires dont le but était d’aider les moins fortunés à réacquérir leur indépendance. Maintenant que le gouvernement s’en charge, ces groupes ont graduellement disparu pour être remplacés par une enveloppe et un chèque, mais aucune aide morale.
  9. Il en est de même pour les organisme de charité privés qui reçoivent de moins en moins de dons, plus le gouvernement s’ingère.
  10. Plus les gens abandonnent les organismes de charité et de bienfaisance communautaires et se fient au gouvernement et plus ils deviennent aptes à accepter des ingérences futures, augmentant d’autant plus la dépendance.
  11. Le haut niveau et la complexité de la taxation engendrent des coûts astronomiques juste pour se conformer aux lois de l’impôt, par exemple. Les gens doivent engager des comptables et des fiscalistes pour s’y retrouver. Toutes ces ressources ne sont pas utilisées à produire des biens et services qui ont une valeur pour les consommateurs et par conséquent, la société en est encore appauvrie.
  12. Autant les contribuables doivent mobiliser des ressources pour s’éviter de payer trop de taxes et se conformer aux lois trop complexes, autant les bénéficiaires doivent également mobiliser des ressources, organiser des groupes de pression, etc. afin de maintenir ou augmenter ce qu’ils reçoivent. Ces ressources ne sont pas engagées à la production et par conséquent, cette richesse est également perdue par la société.

Je pourrais certainement continuer à vous réciter d’autres coûts sociaux d’une distribution de la richesse excessive, mais je préfère vous épargner une longue litanie. Suffise de dire que ces coûts excèdent largement leurs bénéfices. Au final, les seuls qui y gagnent au change sont les politiciens et bureaucrates.