Archives par mot-clé : inflation

La mort du rêve américain

Par Philippe David

Rien ne symbolise le succès de la civilisation occidentale autant que le rêve américain. Malheureusement, ce rêve est sur le point de s’évanouir. Il y a des choses auxquelles nul ne peut échapper. On peut dire que les lois de l’économie font partie de ces choses et à force de les ignorer, on finira inévitablement par frapper un mur. De mon vivant, j’ai vu l’économie de nombreuses nations s’écrouler à force d’ignorer ces lois. L’Histoire recèle encore plus d’exemples d’arrogance économique qui se sont mal terminées et si vous croyez que la civilisation occidentale est exempte de ces règles, vous péchez par ignorance.  Je m’attends pleinement à être témoin de son effondrement inévitable, à moins qu’un profond changement ne s’opère, et je doute que ce coup de barre n’arrive à temps.

Pour comprendre le comment et le pourquoi la déchéance de notre civilisation va se produire, il faut bien comprendre ce qui est le sang de toute économie : la monnaie

Qu’est-ce que la monnaie?

Ce n’est pas une question banale. Peu de gens de nos jours comprennent vraiment ce qu’est la monnaie. Je vais donc vous en faire un bref historique. Commençons par le fait que tous les êtres humains ne sont pas égaux en capacité. Quel est le rapport avec la monnaie? Eh bien, personne ne peut être productif en toute chose. Certains n’entre nous ont plus de dextérité et ont plus d’affinité pour les travaux manuels. D’autres sont plus fins penseurs et ont plus de talent pour inventer et concevoir. Bref aucune personne n’est auto-suffisante  et n’a la capacité de produire tout ce dont elle peut avoir besoin de façon efficace. Il est donc beaucoup plus sensé que chacun se concentre à faire ce pourquoi il a la plus grande affinité et ensuite échanger entre nous pour obtenir les autres choses dont on a besoin. Originalement, nous faisions cela par le troc. Cependant, le troc a ses limites. Si vous fabriquez des chaussures et que moi j’élève des poules pondeuses,  nous pouvons peut-être nous entendre à échanger un certain nombre d’œufs pour une paire de chaussures. Mais qu’arrive-t-il si vous n’avez pas besoin d’œufs? Que vous préfèreriez obtenir du beurre à la place? Pour obtenir ma paire de chaussures, il me faudrait trouver quelqu’un qui voudra me donner du beurre en échange de mes œufs, puis je pourrais alors obtenir des chaussures en échange du beurre. On voit donc comment les choses peuvent se compliquer.

Cependant. À tout problème on trouve éventuellement une solution et la solution à ce problème particulier fût de trouver une denrée quelconque désirée par tous pour effectuer des échanges. Au cours des siècles, plusieurs matières ont tenu ce rôle, mais avec le temps, ce sont des métaux précieux comme l’or et l’argent qui ont eu la cote comme les médiums d’échange les plus populaires.  C’est de cette façon que nous en sommes venus à utiliser ces métaux comme monnaie d’échange. La monnaie est donc ni plus ni moins qu’une denrée qu’on choisit d’utiliser comme médium d’échange.

La différence entre une monnaie-denrée et une monnaie fiduciaire.

Toutes les monnaies sont basées sur la confiance. La certitude de pouvoir échanger la monnaie contre n’importe quel bien ou service. Dans le cas d’une monnaie-denrée, c’est la qualité du médium qui est en jeu et ce médium est choisi spontanément par les acteurs du marché. L’or et l’argent ne sont pas devenus monnaies par le décret  d’une autorité quelconque mais parce que les acteurs du marché en sont venus à valoriser ces métaux plus que toute autre denrée comme médium d’échange.

Dans le cas d’une monnaie fiduciaire, la «confiance» repose sur une garantie de l’état que cette monnaie est échangeable contre biens et services. Une monnaie fiduciaire n’est donc pas une monnaie qui a été choisie par les acteurs du marché, mais qui leur est imposée comme ayant cours légal. Nous verrons un peu plus loin en quoi cette distinction est importante.

Une autre différence importante est la quantité de monnaie en circulation. Dans le cas d’une monnaie-denrée, la quantité de cette monnaie ne peut pas excéder la quantité disponible de la denrée en question. En d’autres mots, si nous voulons utiliser l’or comme monnaie, la quantité de monnaie ne peut pas excéder la quantité d’or disponible à un moment donné. La masse monétaire ne peut donc pas fluctuer grandement. En revanche,  la monnaie fiduciaire n’a aucune limite et peut être produite à l’infini à partir de rien.

Le contrôle de la monnaie

Le problème est le contrôle que l’état exerce que la monnaie à travers les lois du cours légal et l’oligopole bancaire qu’il a créé. Il a commencé en s’attribuant le monopole de la fabrication des pièces de monnaie, puis lui a donné un nom pour la dissocier de la denrée qui en était la base. À l’origine, dollar, franc, livre sterling étaient en réalité des mesures de poids d’or ou d’argent. Le dollar, c’était une mesure qui équivalait à 1/20e d’once d’or, mais en l’appelant dollar, on en oublie la matière sur laquelle il repose.  L’état  a ensuite légalisé la fraude que représentent les réserves fractionnaires, permettant aux banques d’émettre des billets de banque excédant (de loin) la quantité d’or qu’elles ont en main, ce qui de facto les rend insolvables si tous les déposants venaient à réclamer leur or. De même, il a également permis que les banques puissent  périodiquement refuser de convertir leurs billets en or, reniant de ce fait leurs obligations.  Puis il a créé une banque centrale qui permet entre autre chose de coordonner l’émission des billets de banque (et donc la masse monétaire) centralement, puis finalement, il a abandonné tout lien à l’or. Donc le système carbure maintenant sur une monnaie qui ne repose sur aucune valeur concrète, hormis la garantie de l’état et l’obligation légale à tout commerçant ou créancier de l’accepter en paiement pour des biens et services ou en remboursement de dette.

Le problème avec ce système est qu’il n’est pas soumis à la discipline de marché.  C’est quoi la discipline de marché?  C’est que l’objectif premier du marché doit être de fournir des biens et services selon les désirs du consommateur et que donc, toute transaction doit répondre au jeu de l’offre et de la demande et même la quantité de monnaie et son pouvoir d’achat, doivent être régis par ces règles. Par exemple, il n’y a pas de problème à faire croitre la masse monétaire en autant que celle-ci croit en réponse à une demande des consommateurs et non de façon arbitraire. Si la masse monétaire croit trop rapidement, ça cause une diminution du pouvoir d’achat de chaque unité monétaire, ce qu’on appelle de l’inflation. Si elle croit plus lentement, l’inverse se produit et le pouvoir d’achat de chaque unité augmente. Ce qu’on appelle la déflation. Une légère inflation ou une légère déflation n’est pas un gros problème en soit, quoique je préfère voir mon pouvoir d’achat augmenter plutôt que diminuer.   Une inflation ou une déflation prononcée sont définitivement néfastes.  Les gens ont beaucoup de difficulté à saisir les impacts d’une augmentation ou d’une diminution du pouvoir d’achat de la monnaie. Lorsqu’il y a déflation, par exemple, beaucoup s’imaginent plus pauvres parce que leurs salaires semblent  stagner nominalement ou même diminuer. Ils ne réalisent pas que chaque dollar qu’ils gagnent achète plus. De la même façon, lorsqu’il y a inflation, ils voient leurs salaires augmenter sans réaliser que leur pouvoir d’achat s’effrite.  Ça semble banal à court-terme, mais à long-terme on constate que le dollar américain, qui valait 1/20e d’once d’or lorsque la Réserve Fédérale fût créée en 1913 et  1/35e d’once d’or en 1971 lorsque Richard Nixon a complètement abandonné tout lien à l’or; ne vaut même plus un millième d’once d’or de nos jours.  «À long-terme, nous sommes tous morts» disait Lord Keynes, un des plus grands défenseurs de ce système frauduleux. Nous sommes maintenant dans le long-terme de Keynes et nous payons tous pour sa vision à courte vue.

Une taxe cachée au profit de l’élite

Ce n’est pas un hasard que l’état cherche à contrôler de plus en plus la monnaie et divorcer celle-ci de toute denrée. Si on contrôle la monnaie, on contrôle toute l’économie.

«I care not what puppet is placed upon the throne of England to rule the Empire on which the sun never sets. The man that controls Britain’s money supply controls the British Empire, and I control the British money supply.»

– Baron Nathan Mayer Rothschild

S’il est vrai que ce système donne énormément de pouvoir aux banquiers, il est faux de dire qu’il ne profite pas au pantin (qui conserve encore le pouvoir de fermer le robinet aux banquiers, il faut le mentionner) qui dirige l’état. L’économiste Murray Rothbard a souligné que l’inflation créée par ce système d’argent de Monopoly était en réalité une taxe cachée qui redistribue la richesse des plus pauvres qui ne reçoivent le nouvel  argent qu’après l’augmentation des prix qu’il provoque,  à l’état, aux banques et aux corporations qui en bénéficient avant que les prix  n’augmentent.

Cette taxe sert à financer les guerres et une bureaucratie toujours plus lourde et privilégiée. Elle permet aux politiciens d’acheter les votes des gens en leur donnant une fraction de ce qu’ils leur ont volé sous forme de programmes sociaux.  Elle permet aux États d’accumuler des dettes astronomiques au nom de leurs citoyens et de la rembourser avec une monnaie dont la valeur ne cesse de diminuer jusqu’au jour où cette dette devient mathématiquement impossible à payer et alors la monnaie ne vaut plus rien et les gens perdent confiance et préfèrent faire n’importe quoi avec les billets de banque autre que de les garder dans leurs poches. C’est arrivé maintes fois dans le passé lorsque les nations ont expérimenté avec la monnaie fiduciaire. C’est arrivé à la France avec la monnaie de papier de John Law et les assignats, c’est arrivé à l’Allemagne de Weimar où en 1923, ça prenait 4,2 billions de marks pour acheter un seul dollar américain et que les gens se promenaient avec dans les rues avec des brouettes de billets en se souciant plus de se faire voler leur brouette que les billets qu’elle contenait. Plus récemment, ça s’est produit en Argentine, au Zimbabwe et s’est en train de se produire au Venezuela.  Mais, bien sûr, un peu comme le communisme, on nous dira que toutes ces fois où cela n’a pas fonctionné, c’est que ça n’a pas été géré comme il faut et que cette fois-ci, nous sommes plus malins et ça va fonctionner! Mais chaque nouvelle expérience mène habituellement  à ce que Ludwig von Mises a baptisé le «crack up boom». L’effondrement de l’économie par la destruction de la monnaie. Ce jour viendra bientôt pour les États-Unis, mais alors que la plupart des épisodes d’hyperinflation de l’Histoire affectaient principalement la nation en question, cette fois-ci, les États-Unis risquent fort d’entrainer l’économie mondiale par le fond. La question n’est plus si ça va se produire, mais quand? Impossible à prédire, mais probablement bientôt.

Conclusion

Si vous cherchez à blâmer le capitalisme pour ce qui se produit, vous faites gravement erreur. Le marché-libre a désigné l’or et l’argent comme monnaies et ce sont les seules monnaies vraiment capitalistes, mais depuis la nuit des temps l’état a triché. Il s’est approprié la monnaie et l’a manipulée. Il a rogné les pièces de monnaies. Il les a refondues pour réduire leur taille tout en maintenant leur valeur nominale. Il a créé des pièces de monnaie en alliages où la teneur en or ou en argent diminuait constamment et finalement en la remplaçant  complètement par du papier sans valeur.  Le marché-libre nous a fourni une monnaie qui non-seulement  maintient bien sa valeur, mais qui souvent gagne de la valeur avec les gains de productivité. Les politiciens et les banquiers l’ont remplacée par une fausse-monnaie frauduleuse qu’ils manipulent à volonté et  avec laquelle ils peuvent vous voler à votre insu. Tant que les prix du marché sont évalués en gramme ou en onces d’or ou d’argent,  tout est transparent et la fraude est improbable, c’est lorsque l’état s’approprie la monnaie que la monnaie devient opaque et que la fraude devient possible et vous vous retrouvez détroussé, une fois de plus, par ceux-là même que vous croyiez étaient supposé vous protéger des voleurs.

 

L’IRIS et la fable de la cause de la dette

Par Philippe David

Ainsi, l’IRIS vient de publier une autre œuvre de désinformation prétendant expliquer les causes de notre dette publique. Selon leurs «chercheurs» (et j’utilise ce mot au sens le plus large possible), notre dette ne provient pas du fait que notre gouvernement dépense trop. Nonon! C’est plutôt à cause de la politique monétaire de la Banque du Canada et/ou des baisses d’impôts et/ou de coupures dans les transferts fédéraux ou encore de privatisations sauvages (?). En bref, si ce n’était que des dépenses, notre dette brute serait à peine de 10% du PIB et notre dette nette serait négative. Ils en sont arrivés à ces conclusions en concoctant une savante simulation et en testant divers scénarios. Que c’est magnifique les simulations! Que d’utopies on peut créer de toutes pièces pour essayer de plier le monde à ses idéaux! Le problème est que nous vivons dans le vrai monde et la grande majorité des facteur que les chercheurs de l’IRIS décrient sont soit erronés ou existent pour de très bonnes raisons et pour la plupart des cas, elles existent pour toutes les autres provinces du Canada, pas seulement le Québec, alors comment se fait-il que le Québec soit tellement plus endetté que toutes les autres provinces? Jetons-y un coup d’œil si vous voulez bien. Continuer la lecture de L’IRIS et la fable de la cause de la dette

Inflation, analyse plus détaillée

 

Par Ian Sénéchal

Suite à mon article précédent, certaines personnes ont souligné le fait que si on ajustait le salaire de la personne étudiée, on devait également ajuster l’impôt payé. Vrai. J’aurais dû en tenir compte.

Cet ajustement démontrerait que les riches ont reçu des baisses d’impôt entre 2000 et 2010. Vrai également.

Ce qu’il faut voir par contre, c’est que ces baisses d’impôt étaient généralisées à toute la population et non pas ciblées que sur eux (contrairement à réforme Marois-Marceau). Donc, pour être parfaitement honnête dans l’analyse, il fallait vérifier si les riches avaient vu leur taux effectif d’imposition baisser ou augmenter de la même façon que le reste de la population tout en tenant compte de l’inflation. J’ai donc poussé l’analyse beaucoup plus loin. (Vraiment beaucoup, alors désolé si je perds des gens ici).

J’en suis arrivé à cette conclusion. Les riches ont effectivement reçu des baisses d’impôt, comme tout le reste de la population. Par contre, plus le revenu est élevé, moins la baisse du taux effectif d’imposition fut importante.

Rentrons maintenant dans le “crunchy”.

Le système fiscal de 2000 avait des paliers d’imposition de 19%, 22.5% et 25%.

Celui de 2010 avait des paliers de 16%, 20% et 24%.

Voici le méthode que j’ai utilisé :

1) Calculer l’impôt provincial payé par différentes personnes aux revenus différents (de 1000$ à 250 000$)

2) Ajuster le système d’impôt de 2010 afin de l’amener en 2000 en “désindexant” les seuils d’imposition, mais en conservant les taux d’imposition intacts. (Inflation supposée de 2% pendant 10 ans)

3) Ajuster les salaires de 2010 pour les “désindexer” afin de les amener en 2000.

4) Appliquer le système 2010 ajusté aux salaires de 2000

5) Comparer avec les impôts payés réellement en 2000.

6) Analyser comment les baisses d’impôt ont affecté le taux effectif d’imposition en fonction du salaire.

Résultats

 

Résumé et conclusion :

Si on résume, une personne qui gagnait 150 000$ en 2010 en gagnait 123 000$ en 2000. Elle a payé 29 263$ en impôt en 2010 et 27 255$ en 2000. Il y a eu des changements au régime fiscal entre les deux dates. Si le régime fiscal ajusté pour l’inflation de 2010 avait été appliqué en 2000, elle aurait payé 24 350$ d’impôt. Cela représente une baisse de 2.36% de son taux d’imposition effectif.

Un salarié de 50 000$ (41 000$ en 2000) à quant à lui reçu une baisse d’impôt de 3.58%, soit 1.22% de plus que le salarié de 150 000$.

Y a-t-il eu des baisses d’impôt entre 2000 et 2010? Oui, autant pour les riches que les pauvres que la classe moyenne.

Est-ce que les riches ont reçu des baisses d’impôt plus importantes que le reste de la population? Non, c’est même le contraire. Plus on avance dans l’échelle salariale, moins le taux effectif d’imposition a diminué.

Documentation utilisée :

Tableau 1 et Tableau 2

 

L’inflation expliquée aux enfants… et à Khadir

Par Ian Sénéchal,

Ce texte est le résumé d’une partie de ma chronique hebdomadaire chez Dominic Maurais à Radio X.

Amir Khadir y est allé d’un tweet qui est devenu rapidement viral hier sur Twitter. Vous le trouverez au bas de l’article. Le tweet nous envoyait sur un tableau très instructif. Voici le tableau et ce que Québéc Solidaire affichait comme commentaire sur sa page Facebook :

“ Un tableau pour éclairer et mettre en perspective les débats sur les hausses d’impôt pour le 3% le mieux nanti. Par exemple, une personne au revenu imposable de 150 000$ a vu ses impôts annuels diminuer de plus de 11 700$ depuis 12 ans. À partager!”

En apparence, les gens gagnant 150 000$ ont reçu une baisse d’impôt de 5565$ au provincial en 10 ans. Vrai. Mais parle-t-on de la même personne en 2000 et en 2010?

Khadir et sa bande d’illetrés économiques basent leur analyse en faisant abstraction de l’inflation. Faut le faire quand même!

Disons que l’inflation a été de 2% les 10 dernières années. Une personne gagnant 150 000$ en 2010 devait en gagner seulement 123 000$ en 2000 pour s’offrir le même niveau de vie. Pour comparer les pommes avec les pommes, il faut tenir compte de l’inflation.

Comparez la personne gagnant 125 000$ en 2000 à la personne qui en gagne 150 000$ en 2010. Vous verrez, le niveau d’impôts payés est sensiblement le même (28 334$ VS 29 271$)

C’est normal, les tables d’imposition sont indexées depuis le budget 2000-2001 mis en place… par Bernard Landry!

L’indexation des tables d’impôt va de soi et ne constitue pas une réelle baisse d’impôt. Ne vous en faites pas, l’ancien PM Charest était tout aussi malhonnête dans son approche quand il se pétait les bretelles en disant qu’il avait réduit le fardeau fiscal depuis son entrée au pouvoir pour une famille gagnant X revenu. Il ne tenait pas compte de l’augmentation du coût de la vie et/ou de l’augmentation des salaires en lien avec l’inflation et/ou de l’indexation des tables d’impôt.

Bref, ne vous fiez jamais à un politicien quand ils vous parlent de chiffres. Ils ne sont là que pour vous confondre! En fait, ils souhaitent que vous soyez dociles et que vous gobiez tout sans broncher. Si en plus vous pouvez diffuser leur message sur Twitter, wow, ils sont vraiment contents que vous soyez tombés dans la panneau!!! Une fausseté diffusée abondamment devient rapidement une vérité dans notre monde où la compétence et l’honnêteté intellectuelle sont devenus des concepts abstraits.

Les Grands Mythes Économiques : Mythe #1

 

Par Minarchiste

 

La dette gouvernementale n’est pas un problème puisque nous nous devons cet argent à nous-mêmes.

Premièrement, une part de la dette gouvernementale est détenue par des étrangers. Il faudra donc qu’une partie de nos taxes et impôts futurs soit expédiée à ces étrangers éventuellement. Ceci étant dit, aux États-Unis c’est la Fed qui est le plus gros acheteur de T-bills depuis un bout de temps et ce avec de la monnaie créée ex nihilo (c’est ce qu’on appelle la monétisation de la dette). Les intérêts sur cette dette sont donc retournés au Trésor Américain pour financer les dépenses de l’État.

 

Deuxièmement, les titres de dette détenus par des investisseurs locaux ne sont pas uniformément répartis dans la population. Ainsi, une partie des futurs taxes et impôts de tous (et surtout ceux des générations à venir) devront servir à rembourser ces titres de dette détenus par quelques-uns. Il y a donc un déplacement de richesse d’un groupe vers un autre.

Troisièmement, il ne faut surtout pas oublier que la dette monétisée et/ou multipliée par le système bancaire à réserves fractionnaires engendre de l’inflation. Cette inflation n’affecte pas les gens de manière égale. Ceux qui obtiennent l’argent en premier s’enrichissent alors que le reste de la population voit son pouvoir d’achat être dilapidé.

L’inflation est une gigantesque subvention aux banques, qui peuvent engendrer des profits à partir de rien. Puis, les fonctionnaires et sous-contractants qui bénéficient directement des dépenses du gouvernement sont aussi favorisés, tout comme les entreprises qui reçoivent des subventions et autres aides.

L’inflation ne fait pas que des gagnants; les perdants sont très nombreux. Il y a d’abord les salariés dont le salaire croît moins vite que l’inflation. Si l’inflation a été de 5% cette année et que votre salaire n’a été augmenté que de 2%, vous êtes dorénavant plus pauvre de 3% puisque le pouvoir d’achat de votre salaire aura diminué.

Il y a aussi les épargnants, qui voient le pouvoir d’achat de leurs épargnes fondre en raison de l’inflation. Si vous avez de l’argent dans votre compte-chèque à la banque et que l’inflation est de 5%, la valeur de cet argent aura diminué de 5% chaque année. Un retraité qui reçoit une rente fixe s’appauvrit chaque année en conséquence de l’inflation.

L’inflation est donc source d’inégalités! L’impact de l’endettement gouvernemental sur la répartition de la richesse actuelle et intergénérationnelle n’est pas neutre. L’argent emprunté par l’État en notre nom ne nous est pas dû à nous-mêmes, il est dû aux détenteurs de ces titres de dette.

http://minarchiste.wordpress.com/2011/04/01/le-lien-entre-les-inegalites-et-linflation/

Quelques réflexions sur l’économie…

Les salaires horaires réels :

Cette semaine, j’assistais à la conférence annuelle pour investisseurs institutionnels de la CIBC à Montréal. J’ai pu assister à une présentation de leur économiste, Avery Shenfeld, qui montrait un graphique très intéressant. Ce dernier illustre que, contrairement aux récessions de 1974, 1982 et 1991, les salaires horaires moyens réels n’ont pas vraiment baissé durant la récession de 2008. Le coût de la main d’oeuvre demeurant élevé, il n’est pas surprenant de voir l’emploi aussi déprimé aux États-Unis.

La résistance à la baisse des salaires est certainement un facteur à considérer. En 1982, lorsque l’inflation était de 12%, une hausse de salaire nominale de 2% équivalait à une baisse de salaire réel de 10%. L’employé avait l’illusion d’avoir eu une augmentation, mais c’était un mirage. Cependant, en 2009-2011, l’inflation a été très basse. Donc pour obtenir une baisse réelle des salaires, il aurait fallu une baisse nominale, ce qui est très difficile à mettre en place, surtout lorsque dans un contexte où le gouvernement Fédéral a haussé le salaire minimum de plus de 40% depuis 2007.

Ce fut aussi une principale cause de la Grande Dépression des années 1930s. Hoover et Roosevelt ont mis en place des contrôles de prix et des gels de salaires. Ceux-ci ne pouvaient donc pas baisser ce qui envoyé le taux de chômage dans la stratosphère.

 

 

Le « job plan » d’Obama :

Faisant face à une élection en 2012, le Président Obama ne pouvait se permettre de voir l’économie retomber en récession. Il a donc mis en place un plan de relance, qu’il a nommé « plan pour l’emploi », mais c’est bel et bien un plan de relance. Ce plan fait en sorte de retarder certaines mesures d’ajustement fiscal qui seraient survenues en 2012. Qu’arrivera-t-il en 2013? L’économiste Avery Shenfeld estime que si l’on additionne l’impact de l’accord sur le plafond d’endettement, l’expiration des coupures d’impôts et la fin des stimuli fiscaux, l’impact sur le PIB sera de -6% en 2013! Cela veut dire que la consommation, l’investissement et le commerce international devront croître fortement pour éviter la récession. En fait, ces nouvelles mesures ne feront que prolonger d’avantage le marasme économique que nous connaissons.

 

La Fed danse le Twist!:

La Fed va vendre pour $400 milliards de bonds du Trésor à court terme et acheter des bons à long terme (10 à 30 ans) pour faire baisser les taux à plus long terme. Ensuite, elle va utiliser les paiements reçus des titres adossés à des créances hypothécaires (MBS) pour racheter d’autres MBS sur le marché dans le but de faire baisser les taux hypothécaires et stimuler le marché immobilier. La Fed espère notamment que les gens vont refinancer leur hypothèque et utiliser l’argent (hausse du prêts et économies d’intérêt) pour dépenser. La manoeuvre n’injecte pas de nouvelle monnaie dans le système, mais elle empêche la « destruction » de monnaie qui serait survenue au remboursement des T-bills court terme et des MBS.

Je ne pense pas que cette manoeuvre puisse avoir quelque impact positif que ce soit sur l’économie. L’économie va poursuivre son désendettement, peu importe la structure des taux d’intérêt. Ce genre de manoeuvre ne fait que retarder les ajustements nécessaires et prolonger le marasme économique.

 

Si l’Allemagne quitte la Zone Euro :

Si on écoute les keynésiens / mercantilistes de ce monde, s’il fallait que l’Allemagne quitte la Zone Euro, sa devise s’apprécierait fortement, ce qui nuirait à ses importations et minerait l’économie. Je suis en désaccord. Évidemment, il y aurait un impact négatif à court terme, comme pour n’importe quel scénario touchant le sort de la Zone Euro. Mais à long terme, je ne crois pas que ce serait une catastrophe.

1) Certains biens exportés par l’Allemagne ne seront pas remplacés par des substituts même si leur prix augmentait en devises étrangères car la demande pour certains biens est moins ou pas élastique (pensez aux produits pharmaceutiques, aux voitures de luxe et à certains biens de haute technologie).

2) Comme presque tous les pays, l’Allemagne consomme beaucoup de produits importés. Une appréciation de devise augmenterait le pouvoir d’achat de 100% de la population Allemande. Les gens auraient plus de revenu disponible pour acheter d’autres biens, dont certains sont produits en Allemagne, ce qui amortirait l’impact de la baisse des exportations.

3) L’Allemagne produit des voitures et des biens industriels, mais elle ne produit pas beaucoup de ressources (acier, nickel, zinc, cuivre, métaux rares, pétrole, gaz naturel) qui entrent dans leur fabrication. Une appréciation de la devise viendrait donc faire grandement baisser les coûts des intrants de production et amortir l’impact.

4) Qu’arriverait-il aux taux d’intérêt en Allemagne dans un tel scénario? Ils baisseraient. Donc les coûts de financement des entreprises Allemagne diminueraient, ce qui amortirait aussi l’impact de la baisse des exportations.

5) Les entreprises Allemandes pourraient utiliser leur devise appréciée pour faire des acquisitions à l’étranger. Le rapatriement des profits viendrait gonfler les recettes fiscales de l’État, ce qui améliorerait encore plus sa flexibilité budgétaire, si bien qu’il pourrait peut-être même diminuer les impôts des entreprises, ce qui viendrait aussi amortir le choc de la devise.

Pour moi il ne fait aucun doute que ce scénario est le meilleur pour le peuple Allemand, et c’est d’ailleurs ce que la population souhaite. Il faudra voir si les politiciens respecteront les désirs du peuple. N’est-ce pas cela la démocratie? Est-ce que les keynésiens/gauchistes sont prêts (encore) à cracher sur la démocratie pour arriver à leurs fins? Je n’en serais pas surpris…

Comment je sais que tout cela se produira ainsi? Parce que le Canada est passé par là! Notre devise est passée de $0.65/USD à plus de $1.00/USD. Je vous invite à faire une moyenne des principaux indicateurs économiques du Canada et du Québec pendant la période où notre taux de change était inférieur à $0.70 et à les comparer à ceux de l’ère $0.95-$1.05. Quel Canada/Québec préférez-vous? Moi je choisi le second sans hésiter! L’Allemagne devrait faire de même.