Archives par mot-clé : Islam

Éteindre le feu

Par Philippe David

Le débat du burkini et de l’intégrisme islamique nourrit de nombreuses chroniques ces jours-ci. Deux des plus notables aujourd’hui sont celles de Joseph Facal et celle de Lise Ravary.

Dans sa chronique, Joseph Facal écrit :

«Supposons qu’un début d’incendie survient dans votre cuisine.

Il faut d’abord isoler la source, c’est-à-dire éloigner tout ce qui pourrait alimenter le feu. Puis, il faut priver le feu d’air.

C’est ce qu’il faudrait faire avec l’islamisme, mais nous ne le faisons pas: nous discutons de ses symptômes les plus visibles et non des sources du feu.

Prenez le débat sur le burkini. Je lis avec plaisir les chroniques de Richard Martineau, qui ferraille régulièrement avec des chroniqueuses de La Presse.

Sur le fond, je pense exactement comme lui: le burkini est la plus récente provocation pour donner toujours plus de place dans l’espa­ce public à une idéologie totalitaire.»

Il a effectivement raison, nous passons entièrement trop de temps à attaquer les symptômes et pas assez à s’attaquer à la cause. J’en disais autant dans ma dernière chronique :

«Vous croyez que si vous empêchez des femmes musulmanes soumises de porter un voile ou un burkini, elles cesseront d’être subjuguées par leur culture et leur religion? Vous croyez les libérer? Malheureusement, non. Parce que le problème n’est pas le bout de tissus. Le problème, c’est leur culture et un problème de culture ne se règlera pas par la législation.»

Alors concrètement, s’attaquer à la source et priver le feu d’air, ça veut dire quoi? Joseph Facal ne s’aventure pas à nous le dire.

De son côté, Lise Ravary nous rapporte que :

«La Commission canadienne des droits de la personne s’est associée à l’Islamic Social Services Association (ISSA) et à la National Council of Canadian Muslims (NCCM) pour réaliser un dépliant qui «aidera le personnel enseignant au Canada à mieux comprendre et soutenir les élèves affectés par la violence géopolitique et l’islamophobie.»»

Et ajoute :

«Entre des propos sensés sur la détresse des petits réfugiés syriens (à en croire le guide, ils sont tous musulmans) et sur l’imbécillité des racistes qui font porter à des enfants la responsabilité d’attentats terroristes à l’autre bout du monde, se glisse la suggestion d’aménager des salles de prières dans les écoles, de respecter les vêtements religieux des jeunes filles ainsi que la diète halal et d’encourager le prosélytisme à l’école.»

Mais encore là, elle parle de symptômes, pas de la source du problème. Mais elle s’y rapproche quelque peu quand même.

C’est quoi la source?

La première chose que vous allez probablement me dire est que la source du problème est l’idéologie intégriste, mais vous auriez tort. On a beau avoir une certaine idéologie et avoir la volonté de l’imposer au reste du monde, mais il reste qu’il n’y a qu’une seule et unique façon d’imposer quoi que ce soit à des gens qui n’en veulent pas et c’est par la force. Or, il n’y a qu’un organe dans notre société qui a légalement le droit d’utiliser la force (et je ne parle pas des Sith ou des Jedi). C’est le gouvernement. Seul le gouvernement peut vous forcer à vivre selon des règles avec lesquelles vous n’êtes pas forcément d’accord.

Certains vous diront que pour résoudre le problème, il faudrait carrément bannir l’islam et passer toutes les mosquées au bulldozer. Ceux-là aussi ratent le point. La liberté de religion existe justement pour défendre ce genre de comportement. La liberté de religion existe pour garantir que tout individu a le droit de croire en ce qu’il veut sans avoir à craindre d’être persécuté. Ce qui signifie que le gouvernement n’a pas le droit de voter des lois pour vous empêcher de pratiquer votre religion dans la mesure où cette pratique ne nuit à personne d’autre.

Laissez-moi cependant vous dire ce que cette liberté ne veut PAS dire.

  • Ça ne veut pas dire que le gouvernement doit fournir des aliments halal ou casher dans les écoles. Si votre religion exige une diète particulière, faites un lunch pour votre enfant et sacrez-nous patience!
  • Ça ne veut pas dire que le gouvernement doit fournir des locaux de prière. La plupart des autres religions n’en exigent pas et il n’y a pas de véritables raisons de réaménager les espaces seulement pour vous faire plaisir.
  • Ça ne veut pas dire que le gouvernement doit changer les horaires des piscines publiques pour permettre une ségrégation hommes/femme, juste parce que ça vous embête de vous baigner avec des femmes ou vice-versa.
  • Ça me veut pas dire que le gouvernement (ou tout le monde entier) doit se fendre en quatre pour satisfaire toutes vos petites exigences et revendications.
  • Et finalement, ça ne veut pas dire que le gouvernement doit empêcher qui que ce soit de rire de votre religion ou de la critiquer. Vos croyances n’ont aucun statut spécial dans notre société. Elles sont ni plus, ni moins égales à celles de tous les autres.

C’est l’attitude que le gouvernement devrait avoir envers toutes les religions, sans exception et si ça ne fait pas leur affaire, il devrait simplement leur dire qu’ils se trompent de pays.

Mais voilà, le gouvernement ne fait pas ça avec les islamistes. C’est ça le problème! Le problème, c’est que par électoralisme et par souci de rectitude, les politicien on le nez si profondément enfoui dans le derrière de certains groupes, qu’ils peuvent goûter leur déjeuner. C’est cru, je sais, mais c’est vrai! Et les islamistes ne font pas exception parce qu’ils prétendent parler pour l’ensemble des musulmans, ce qui est faux. Mais si vous croyez que d’élire la bonne personne va résoudre le problème, détrompez-vous. Les politiciens ont rarement la bonne solution et jusqu’ici, l’islamisme ne fait pas exception. La bien-pensance exige la tolérance de tout et ils se draperont de vertu pour vous faire accepter l’inacceptable et à la fin, vous vous sentirez tous coupables de ne pas vous être tire-bouchonné plus. C’est exactement ce qu’ils ont fait à la commission sur les accommodements raisonnables, ou la conclusion finale a été que les québécois n’étaient tout simplement pas assez «accommodants».

Encore une fois, demandez-vous pourquoi vous croyez qu’il est légitime que certaines personnes aient le droit de vous imposer des croyances dont vous ne voulez pas et d’utiliser légalement la force pour vous les imposer et c’est exactement ce que les politiciens font lorsqu’ils cèdent en votre nom à toutes les petites exigences des islamistes. Sans cette légitimité imaginaire, ils ne pourraient pas vous imposer quoi que ce soit.

La liberté forcée

Par Philippe David

Il y a des jours où la politique m’épuise. C’est une des raisons pourquoi je la déteste avec passion. C’est un jeu dégoûtant où tout le monde tente d’imposer son point de vue à tout le monde. Par imposer, je ne veux pas dire tenter de convaincre les autres par les arguments du bien-fondé de sa position, mais de littéralement imposer son point de vue par la force. C’est exactement ce que vous faites chaque fois que vous dites la phrase «Il devrait y avoir une loi…».

Voyez-vous, une loi n’est rien d’autre qu’une opinion avec un fusil. Pourquoi? Parce que désobéir à une loi va inévitablement vous amener en présence de quelqu’un avec un fusil qui a la licence d’utiliser toute la force nécessaire pour vous obliger à y obéir. Que ce soit par le vol de votre propriété (l’amende), l’abduction et le confinement (l’emprisonnement) ou le meurtre (la peine de mort ou l’utilisation de force létale). Même si cette dernière est rarement utilisée dans un pays comme le Canada, elle n’en demeure pas moins une option. Donc dire qu’il devrait y avoir une loi équivaut à dire que vous aimeriez les soumettre à toutes sortes de violence si elles refusent de se soumettre à ce que vous jugez être correct et dans leur intérêt, que ce jugement soit fondé sur des arguments valides ou non.

Évidemment, il y a tout de même des situations qu’il faut interdire. Une société ne pourrait vivre en harmonie sans règles. Ça va de soi. Nous ne pourrions tolérer que les gens s’entretuent ou qu’ils volent les biens de leur prochain ou quoique ce soit d’autre qui viole les droits fondamentaux des autres membres de cette société. Mais il y a un bail que nous avons outrepassé la simple défense de ces droits et que nous utilisons plutôt les lois pour les piétiner allègrement et favoriser les uns aux dépens des autres. Nous le faisons souvent avec les meilleures intentions du monde, pour redresser ce que nous percevons être un tort. Mais fréquemment, nous perdons de vue ce qui est vraiment moral. Nous oublions aussi que ce que nous pouvons percevoir comme un tort, n’est pas nécessairement perçu de la même façon par les autres. Ou aussi que ce que nous imaginons être la bonne solution n’est pas nécessairement la meilleure. On va jusqu’à s’imaginer quelques fois qu’on puisse «forcer» quelqu’un à se «libérer» d’une quelconque oppression. C’est une erreur. Bien intentionnée, mais une erreur tout de même.

Ce qui m’amène au sujet du jour: le burkini.

Un droit fondamental.

J’ai entendus tous les arguments de ceux qui voudraient interdire un tel accoutrement. Ils sont les mêmes que pour la burqa, le niqab ou même le hijab. Que ces vêtements sont imposés aux femmes par une culture arriérée, parfois par la force et la menace. C’est certainement le cas dans certains pays comme l’Arabie Saoudite, l’Afghanistan ou l’Iran ou il existe même des polices religieuses qui n’hésitent pas à battre à coup de bâton une femme musulmane qui ose se promener seule et sans voile dans les rues sans aucune autre forme de procès.

Ce n’est cependant pas le cas au Canada. Ici, aucune loi n’impose le port d’un tel vêtement. Mais ça ne veut pas dire que personne ne force les musulmanes à se voiler ou de se baigner avec un burkini, mais ça ne veut pas dire non-plus que certaines d’entre elles ne font pas par choix personnel. Vous me direz peut-être que c’est par endoctrinement et c’est possible, mais comment en être sûr? Et si c’est par conviction personnelle, qui êtes-vous pour lui dire qu’elle a tort et lui imposer votre jugement de valeur? Tout n’est pas blanc et tout n’est pas noir et le fait qu’elle porte ce vêtement ou non vous cause-t-il un tort à vous? Parce qu’à ce que je sache, son choix ne vous engage d’aucune manière à faire pareil et ne donne pas le droit à quiconque de vous l’imposer. Donc qu’une femme choisisse de porter un burkini librement ou non est vraiment son problème, pas le vôtre. Désolé si ça vous choque. Et si une femme choisit librement de porter un burkini, c’est son droit le plus strict, point à la ligne. Que son choix vestimentaire vous offense d’une quelconque manière n’est absolument pas son problème, c’est le vôtre, mais vous n’avez aucun droit à ne pas être offensé plus que les musulmans n’ont un droit à ne pas être offensés par notre propre liberté d’expression.

Oui, mais…

Et si ce n’était pas volontaire? Ne devrait-on pas l’interdire? Juste pour que leur communauté ne puisse pas leur imposer?

Je serai toujours étonné de constater à quel point les gens ne comprennent pas le concept de liberté. Croyez-vous peut-être que parce que vous ouvrez la porte de la cage d’un oiseau, il va forcément s’envoler et ne jamais y revenir? Croyez-vous que si vous brisez les chaines d’un esclave, il va nécessairement comprendre ce que c’est qu’être libre? Vous croyez que si vous empêchez des femmes musulmanes soumises de porter un voile ou un burkini, elles cesseront d’être subjuguées par leur culture et leur religion? Vous croyez les libérer? Malheureusement, non. Parce que le problème n’est pas le bout de tissus. Le problème, c’est leur culture et un problème de culture ne se règlera pas par la législation.

La liberté ne s’impose pas

Peu importe vos bonnes intentions, vous ne pouvez pas forcer ces femmes à se libérer en restreignant leurs choix vestimentaires. Pour être libre, il faut vouloir être libre et pour vouloir être libre, il faut d’abord être conscient que nous ne le sommes pas. Vous seriez probablement choqués d’apprendre que vous n’êtes pas libres vous-même, mais ça c’est une toute autre discussion. Suffise de dire que la première étape pour aider ces femmes est de leur montrer ce qu’est la liberté et leur imposer un code vestimentaire va plutôt dans le sens contraire. Il faudrait plutôt trouver le moyen de les convaincre que vous êtes plus libres qu’elles. Là-dessus, je vous souhaite bonne chance.

La plume et l’épée

Par Philippe David

Depuis toujours, les caricaturistes se donnent pour mission de ridiculiser les conneries de ce monde et le monde est certainement une source intarissable de bêtises. C’est leur job!  Dépassent-ils occasionnellement les limites du bon goût? Assurément! Mais il faut parfois choquer les gens pour les faire réfléchir. L’humour est souvent une source d’introspection. Du moins, pour ceux qui en sont capables (une infime minorité, j’en conviens).

C’est, je crois, ce que Charlie Hebdo faisait. Ses auteurs et caricaturistes poussaient la limite du bon goût et brassaient les cages afin de réveiller les gens et pour eux, aucun sujet n’était tabou. Ils s’attaquaient autant à des figures politiques, des célébrités et toutes les religions.  Ils débusquaient sans aucune gêne la connerie, où qu’elle se trouve.

Pourtant, de tous les groupes qu’ils ont piqué de leurs plumes, un seul a tenté par deux fois de les réduire au silence par la violence. Certains disent que Charlie Hebdo est l’artisan de ses propres malheurs. «Qui sème le vent récolte la tempête», disent-ils. «Ils ont été beaucoup trop incendiaires, ils sont allés trop loin!» Vraiment? N’est-ce pas comme dire qu’une femme mérite d’être violée parce que sa tenue dévoile un peu trop de peau au goût de certains?  L’insulte et le ridicule ne sont pas les crimes, mais le meurtre et l’intimidation, eux, le sont. Devrions-nous plier l’échine et laisser des barbares nous dicter ce que nous pouvons et ne pouvons pas publier dans un journal à coup de kalachnikov? C’est inacceptable! Si un journal publie quelque chose qui vous déplaît ou qui vous offense, vous pouvez envoyer une lettre à l’éditeur, faire une plainte, protester, dénoncer mais VOUS NE POUVEZ PAS TUER!!!!  Suggérer que les gens de Charlie Hebdo ont mérité ce qu’il leur est arrivé, c’est cautionner que la violence est une réponse légitime à leurs écrits et leurs dessins.

Ce n’est pas d’hier…

Ce n’est pas d’hier que ce genre de chose se produit. Comme Mario Roy,  ancien éditorialiste de La Presse nous le rappelle sur son blogue, L’occident a la chienne depuis 15 ans.   Souvenons-nous des émeutes suite à la publication des caricatures de Mahomet dans le quotidien danois  Jyllands-Posten, des batailles légales d’Ezra Levant et Mark Steyn contre les diverses commissions des droits canadiennes et tous les assassinats commis en criant «Allahu ackbar».  Tous des actes de barbarie abjecte.

Il est étonnant de voir à quel point les médias sont complaisants.  Vous pouvez critiquer ou même ridiculiser toutes les religions, sauf une: l’islam. La foi des musulmans est-elle si fragile qu’elle ne supporte aucune critique? Je ne peux pas concevoir que dans une société civilisée, nous tolérons qu’un groupe se conduise en brute de cour d’école à chaque fois que quelqu’un critique sa religion. C’est intolérable.

Encore aujourd’hui,  un imam à Ottawa déclarait que de faire des caricatures de leur prophète devrait être illégal. Je l’inviterais à utiliser la liberté dont il jouit au Canada pour déménager ses pénates dans un pays qui concorde mieux avec son idéologie (l’EI, par exemple)  parce qu’il n’y a aucune bonne raison d’avoir une telle loi ici au Canada.  Non seulement cautionne-t-il les attaques contre les médias, mais il voudrait utiliser la force de notre gouvernement contre nous-même. Quel culot tout de même! Si tous les musulmans s’indignaient des conneries faites au nom de leur religion la moitié de ce qu’ils s’indignent pour les caricatures, Charlie Hebdo aurait beaucoup moins de matériel à se mettre sous la dent! Ce n’est pas parce que Charlie Hebdo fait des caricatures que les islamistes font des conneries, c’est parce que les islamistes sont cons que Charlie Hebdo fait des caricatures.

Les canards du kiosque de tir

Un autre aspect de ce drame que peu de chroniqueurs québécois ou français  vont mentionner est que les employés du Charlie Hebdo auraient pu tout aussi bien se promener avec une cible peinturée dans le dos.  Comment est-ce possible que des hommes puissent débarquer au milieu d’un quartier affluent de Paris avec des kalachnikovs à la main? Ces armes ne sont-elles pas interdites en France? Car, voyez-vous, pour ceux qui veulent aller commettre un acte terroriste, les interdiction contre les armes à feu sont le cadet de leurs soucis. Nous avons pourtant vu de nombreuses vidéos des tueurs. Et si ces gens avaient été armé d’autre chose que des caméras, les tueurs auraient-il pu faire  autant de victimes?  Nous ne le sauront jamais.

Toujours est-il que ces interdictions ont transformé les citoyens ordinaires en canards de kiosque de tir.

La plume et l’épée

Vous pouvez tuer un caricaturiste, un éditorialiste ou un chroniqueur, un autre prendra leur place. Les idées sont à l’épreuve des balles. La plume demeurera plus puissante que l’épée tant que nous ne nous laisseront pas intimider par des barbares.  Après tout, si des millions publient ces caricatures, ils ne peuvent pas tous nous tuer. Même si Charlie est un canard de gauche, je me battrai jusqu’à la mort pour son droit d’exister et de s’exprimer.

Le projet de loi 60 et les valeurs libérales

projet de loi 60

Par Philippe David

À l’aube du début des consultations sur le projet de loi 60, la « Charte affirmant les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l’État ainsi que d’égalité entre les femmes et les hommes et encadrant les demandes d’accommodement »  (que j’appelle « la-Charte-dont-on-ne-peut-prononcer-le-nom-parce-qu’il-est-trop-long »),  je me dois de revisiter les raisons pourquoi cette loi va à l’encontre des valeurs libérales qui sont le fondement de toute la civilisation occidentale et pourquoi il serait une grave erreur de les compromettre  au nom de notre insécurité identitaire et de la menace perçue de l’islam radical.

Que sont les « valeurs libérale »?

Depuis que les barons anglais ont forcé le roi Jean Sans Terre à signer la Magna Carta, l’idée a germé qu’il est immoral que le roi (ou si vous préférez, l’État) puisse impunément abuser de ses sujets. Que sa légitimité découle du consentement des gouvernés. Ceci est le principe sur lequel toutes les nations qui se disent démocratiques sont fondés et pourquoi plusieurs d’entre elles incorporent une loi spéciale dans leur constitution dont le but est de définir les droits fondamentaux de la plus petite minorité, en l’occurrence l’individu, et de limiter les pouvoirs de l’état sur celui-ci

Le Québec et le Canada ont leurs Chartes des Droits et Libertés respectives qui remplissent ce rôle, les États-Unis ont leur Bill of Rights et la France a sa Déclaration des Droits de l’Homme. Ces lois, dans leur application, affirment le caractère inaliénable des droits humains et le fait qu’aucun état ne peut se prétendre être légitime s’il viole ces droits sans justification.  Elles affirment que tout individu est seul propriétaire de sa personne, son corps et sa pensée. Qu’il doit avoir la liberté de penser librement, d’adhérer à toute idéologie, philosophie ou religion de son choix et d’agir selon sa propre conscience et son propre intérêt tant que ça ne nuit pas à autrui. Elles affirment aussi que tous les individus sont égaux de droits, peu importe leur genre, leur race, leur religion ou leur orientation sexuelle.  Elles proclament également que la gestion des affaires d’état ne peut souffrir l’intervention que quelque autorité religieuse que ce soit. Ces principes sont universellement reconnus comme le fondement de tout état de droit. Cela signifie que tout individu a droit d’adhérer à toute religion de son choix et qu’il a la liberté d’exprimer sa croyance librement dans l’espace public de quelque façon que ce soit, à moins qu’on ne puisse démontrer que l’exercice de ce droit cause un sérieux préjudice à d’autres individus.  Or, avec ce projet de loi, la preuve de préjudice en ce qui a trait au port de symboles religieux par des personnes travaillant dans le secteur public et parapublic est loin d’être faite. 

La laïcité et la neutralité de l’État

Le principe de neutralité de l’État exige que celui-ci ne soit pas influencé par une religion dans le but d’obtenir un traitement de faveur. Selon ce principe, l’État ne peut donc pas voter de loi favorisant ou défavorisant une religion plus qu’une autre. Une juste illustration d’une violation de ce principe serait par exemple,  d’introduire une loi qui incorporerait la charia dans notre système de justice.  La charia étant strictement rattachée à la pratique de l’islam, une loi qui voudrait l’introduire dans notre système religieux serait une violation claire du principe de neutralité et transformerait de facto notre état de droit en théocratie. Ceux qui craignent cette éventualité peuvent se rassurer en sachant qu’elle est très improbable pour cette raison.

La véritable question est : Est-ce que le principe de neutralité religieuse de l’état s’étend au port de signes religieux par ses agents ? C’est matière à débat, mais pour ma part, je ne le crois pas.  L’interdiction de tels signes ne garantit aucunement que le principe de neutralité de l’état soit respecté.  À preuve, l’interdiction du port de signes d’appartenance politique n’a certainement pas empêché certains enseignants de « prêcher pour leur paroisse » socialiste voire communiste. Pourquoi serait-ce différent pour les religions ?  Au contraire, le fait que les agents de l’États portent certains signes religieux (ou politiques, tant qu’à faire) informent le récipiendaire des services à qui il a affaire et reflète aussi la diversité que l’État est supposé représenter. Je crois plutôt que la neutralité de l’état dépend plus de la bonne foi de ses agents que de leur accoutrement, qu’il soit ostentatoire ou non. Donc, il n’est certainement pas évident de démontrer que le port de signes religieux ostentatoires compromet le principe de neutralité de l’état. Chose certaine, le gouvernement n’a certainement fait aucun effort pour prouver que cette neutralité est compromise et que le port de signes religieux ostentatoires cause un préjudice à quiconque  ou qu’il y ait urgence d’agir pour résoudre un problème dont il n’a même pas prouvé l’existence. Je crois que le gouvernement a certainement échoué de répondre au fardeau de la preuve.

L’égalité homme-femme

Sérieusement, l’égalité homme-femme est-elle vraiment menacée au Québec? Les québécoises vivent-elles dans la terreur de  devoir abandonner leur carrière et être de nouveau reléguées à leur ancien rôle de ménagères et reines du foyer  à cause que certaines immigrantes portent un voile et que des demandes d’accommodements religieux par rapport à la ségrégation des sexes ont eu lieu ? Les acquis des femmes au Québec sont-ils vraiment menacés ? C’est quoi cette histoire ?  

C’est sûr que si quelqu’un dans une université, par exemple, fait la demande de n’avoir aucune femme dans son cours, le gros bon sens dicte qu’on doit répondre « non » si l’égalité des sexes est vraiment une valeur importante pour nous, mais comme l’a démontré la direction de l’Université d’York, il ne faut jamais sous-estimer l’incapacité de certains fonctionnaires à se plier au gros bon sens. Est-ce pour cela qu’on veut une charte ? Pour insuffler un peu de gros bon sens à ceux qui n’en ont pas ? Quels autres problèmes a-t-on à gérer dans le dossier des accommodements ? Sont-ils  tous aussi nigauds ?

Commence par « i » et finit par « slam » 

Faut pas se leurrer. Nous savons tous que ceux qui sont vraiment visés ici ne sont pas les catholiques, les juifs ou même les sikhs (ok, peut-être un peu les sikhs), ce sont les musulmans.  Je ne nierai pas que l’expansion de l’islam à travers le monde cause des maux de têtes aux démocraties occidentales.  Il est clair que beaucoup de musulmans ont une vision très différente de ce que la société  doit être que nous. Cette vision est largement incompatible à nos valeurs libérales.  On dit qu’ils ne reconnaissent pas nos lois. Grand bien leur fasse, mais qui contrôle la police et a le devoir de faire respecter ces lois ? On dit que ce sont des barbares qui lapident les femmes, décapitent les gays et lesbiennes et brulent les visages des femmes qui refusent de se voiler.  Quand avez-vous vu l’un d’eux faire ça au Québec ?  Ils veulent imposer la charia ! Pour l’instant,  « ils » ne représentent que 3%.  Même si leur taux de fécondité est plus important que le nôtre, il tend à diminuer une fois qu’ils sont ici. Les projections démographiques les plus crédibles les estiment à environ 7% de la population en 2030. Ce n’est pas avec ça qu’ils vont bientôt faire élire un gouvernement. Mais même si… Croyez-vous sérieusement que le projet de loi 60 les arrêterait ?

La vraie menace…

Vous voulez savoir ce qui est la vraie menace à notre identité ?

  • ·         L’ignorance de nos racines. Jadis, nos ancêtres étaient fiers et indépendants. Ils ont travaillé dur à bâtir ce pays dans une nature rude et inhospitalière. Et ils le faisaient par eux-mêmes, pas à travers l’état.
  • ·         Notre déclin.  Nos ancêtres comprenaient également que la survie d’un peuple dépendait de sa descendance et il ne peut certainement pas survivre avec un taux de fécondité à 1.5. Vous pouvez voter toutes les lois pour essayer de protéger notre culture, ça ne changera rien au fait que l’homo quebecus pure laine est une espèce en voie de disparition. Notre extinction sera peut-être longue, mais elle est inévitable.
  • ·         La mollesse de nos convictions. Sacrifier certaines de nos valeurs dans le but d’en protéger d’autres est un signe de faiblesse. Ça envoie le message que dans le fond, nous n’y tenons pas tant que ça. Des terroristes placent une bombe dans un avion et nous répondons en restreignant notre propre liberté de mouvement et notre droit à la vie privée.  D’autres poursuivent des publications et des journalistes ou caricaturistes et les forcent à s’auto-censurer. Maintenant, nous craignons qu’on vienne nous imposer la charia, alors nous répondons en limitant la liberté d’expression et de religion. Les islamistes n’ont pas besoin de prendre le pouvoir et fonder un caliphat mondial pour éroder nos droits et libertés, ils n’ont qu’à nous manipuler à le faire nous-mêmes, comme si on pouvait gagner une bataille navale en perçant des trous dans la coque de notre navire. Si nous voulons vraiment défendre nos valeurs, ils suffit que nous les faisions respecter en démontrant qu’elles sont toutes non-négociables, pas seulement l’égalité homme-femme.
  • ·         L’opportunisme politique.  C’est une menace beaucoup plus immédiate à vos droits et libertés et cette charte est un des meilleurs exemples. Le PQ n’a jamais eu l’intention de vous protéger de l’intégrisme religieux. Leur seul but en déclenchant ce débat est de nous faire oublier plus d’un an de gouvernance incompétente et favoriser sa réélection avec une majorité.  Avec en plus, un petit bonus si la Cour Suprême invalide la charte en tout ou en partie, lui permettant de mousser son option souverainiste.  Ne soyez surtout pas dupes. La plus grande menace  à vos droits et libertés n’est pas le 3% de musulmans de cette province, mais les aléas moraux de notre système électoral.

J’ignore comment les historiens représenteront ce petit épisode dans notre histoire, mais à mon humble avis, l’adoption de ce projet de loi sera certainement un jour sombre pour les valeurs libérales au Québec.

La peur verte

Peur verte

Par Philippe David

Depuis le début du débat sur la soi-disant « Charte des valeurs québécoises », j’en ai vu des vertes et des pas mûres (c’est le cas de le dire) de la part des partisans de la charte sur les médias sociaux. Dans ces pages, la semaine dernière, je me suis prononcé contre cette charte qui impose ce que je considère une restriction injustifiée de la liberté d’expression et de la liberté de religion de plusieurs religions. Je considère également qu’elle rate complètement la cible d’endiguer la menace de l’islamisme. J’accuse d’ailleurs le gouvernement péquiste de jouer sur l’insécurité identitaire des québécois par pur électoralisme.

Ils viennent nous envahir! Au secours!

J’ai vu et entendu d’ailleurs beaucoup d’enflure verbale au sujet de la menace que pose l’islam radical. On nous dit carrément que les musulmans vont nous envahir et que d’ici une vingtaine d’années, vieillissement de notre population aidant, ils vont être suffisamment nombreux pour prendre le pouvoir politiquement et nous imposer la charia. Du moins, c’est ce qu’on veut faire gober aux plus crédules d’entre vous. Il y a eu des livres, articles et vidéos produits ad nauseam à ce sujet. Rassurez-vous, ils ne pourront pas le faire ni en Europe et encore moins ici.

Une étude démographique de Pew Research (qu’on ne peut pas accuser de tendances multiculturalistes) intitulée The Future of the Global Muslim Population, jette un peu de lumière sur la croissance des populations musulmanes à travers le monde en se basant sur les tendances actuelles. Utilisant ces tendances, elle établit des projections de ces populations vingt ans dans le futur. Ce genre de projection est monnaie courante dans la science de la démographie et se base sur plusieurs facteurs incluant les naissances, la mortalité, l’éducation, le niveau de vie et les conversions pour estimer ces populations futures. Elles sont très fiables, même si ce genre de prédiction ne peut évidemment pas être 100% exacte.

L’étude conclue que si l’islam connaît présentement une grande croissance (la plus grande de toutes les religions, en fait), celle-ci est en état de ralentissement. Alors une forte croissance, oui; mais un tsunami vert, non. Dans le cas du Canada, sa population musulmane va presque tripler d’ici 2030, passant de 2,8% à 6,6% de la population. Comme vous pouvez le constater, on est encore loin d’un poids démographique suffisant pour venir nous imposer quoi que ce  soit. Même en Europe, la population musulmane de la France et de la Belgique franchira tout juste 10%  et celle de Grande-Bretagne 8,2%.

De toute évidence, même si les islamistes formaient un parti politique, il aurait probablement moins de chances que QS ou ON de remporter des élections au Québec d’ici 2030. Tout au plus, ils pourraient faire élire un député, et encore! Alors peut-on respirer par le nez et se calmer le pompon SVP? Ce n’est pas demain la veille qu’on verra le Québec sous le joug de la charia, à moins de se mettre tous à plat-ventre.

Aqsa Parvez et les Shafia

J’en ai vu plusieurs aussi qui instrumentalisaient les meurtres des filles Shafia et d’Aqsa Parvez, ou le récent meurtre d’un pompier à Toronto, ou tous les actes de terrorisme perpétrés par des musulmans,  pour mousser le soutien à la charte. Si ce n’est pas se percher sur des cadavres pour prêcher, je me demande vraiment ce que c’est.

J’ai une idée! Pour régler ce problème, si on rendait le meurtre illégal? Vous dites? Ça l’est déjà? Tiens donc! Vous voulez dire qu’on va punir ce genre de crime sans l’aide de la Charte? Pourquoi les mentionner alors? À moins que votre but ne soit pour attiser la haine?

Le but de l’islamisme

Le but avoué de l’islamisme est d’anéantir la liberté de religion en fusionnant religion et état, rendant toute critique de l’islam impossible, tuant du même coup toute liberté d’expression. Et que voulons-nous faire pour le combattre? Restreindre la liberté d’expression et la liberté de religion. Suis-je le seul à trouver l’idée de défendre nos libertés en les trucidant un tout petit peu paradoxal?

Le problème n’est pas le voile islamique. On pourrait le bannir complètement de la voie publique et l’islamisme serait toujours là. Il ferait probablement plus de recrues encore grâce au sentiment d’exclusion que ça inspirerait aux jeunes musulmans. Leurs prédicateurs leur diront « voyez comme ils nous haïssent et nous crachent dessus! » Et hop, ils s’embarquent pour la Libye pour un cours de terrorisme 101. C’est pas comme s’ils pouvaient se trouver un emploi. Le taux de chômage chez les jeunes musulmans à Montréal est plutôt élevé. Vous pensez leur envoyer un message avec la Charte? Peut-être que ce n’est pas celui que vous croyez…

Le problème n’est pas non-plus les demandes d’accommodement, ou même les taux d’immigration, quoiqu’une diversification ne serait pas une mauvaise idée.

Non, le véritable problème, c’est de trouver des politiciens et des fonctionnaires avec le courage de dire un seul mot à un groupe de pression : « Non! »

Et pendant que nous nous chamaillons au sujet des voiles, des kippas et du crucifix du salon bleu, Pauline Marois et ses stratèges surveillent les sondages pour déterminer le meilleur temps pour une élection hâtive, en espérant que ce débat nous aura fait oublier complètement leur incompétence pour récolter un mandat majoritaire… Peut-être serait-il temps de se réveiller et humer le café?

La charte de la discorde

burqua

Par Philippe David

Il y a des fois où je souhaiterais que plus de mes collègues de droite adhèrent au principe de non-agression. Ou du moins, que plus d’entre eux comprennent le concept. Ça m’éviterait bien des disputes avec des gens qui sont autrement mes alliés. J’ai beaucoup de respect pour eux, mais je resterai toujours fidèle à mes principes. S’ils perçoivent ça comme une trahison, qu’il en soit ainsi.

Il y en a, même à la droite du centre, qui ont des tendances collectivistes et pour qui la fin justifie souvent les moyens, même si ça viole des principes fondateurs de notre société libérale. Je ne les nommerai pas, mais ils se reconnaîtront sans doute. Je tiens à leur rappeler que les droits individuels ne sont pas sujets à compromis. Que toute violation de ces droits affaiblit notre société. Que nos principes ne comptent pour rien, si nous ne les appliquons pas même envers nos pires ennemis. Si nos actes ne suivent pas les paroles, alors les paroles ne valent rien.

Je me confesse, je suis athée. Je n’adhère à aucune religion, bien que j’ai été baptisé et confirmé dans l’Église catholique. J’ai depuis bien longtemps abandonné cette foi, et je conçois mal de pouvoir un jour y croire encore. Ça prendrait littéralement un miracle. Je considère toutes les religions comme étant des amas de superstitions parfois ridicules. Malgré tout, j’ai toujours accepté que d’autres puissent avoir ce besoin de croire en un être supérieur et j’admets même que ces croyances peuvent avoir un côté positif et qu’elles sont une source de réconfort pour certains. Alors loin de moi l’idée de vouloir imposer mon athéisme à qui que ce soit. Je ne prétendrai pas un seul instant que ce qui est bon pour moi, est automatiquement bon pour mon voisin. Je ne serai pas celui qui viendra vous dire en quel dieu croire ou ne pas croire et je n’ai aucun problème à vous laisser croire ce que vous voulez, tant que vous n’essayez pas de m’imposer vos croyances. La liberté de religion qui vous permet de croire à se que vous voulez et la liberté d’expression qui vous permet d’exprimer votre foi librement font partie de mes principes et jusqu’à récemment, je croyais que ces principes étaient partagés par la plupart des québécois. Cependant, je commence à en douter sérieusement. La soi-disant

« Charte des valeurs québécoises » est une des raisons de mes doutes. Non seulement cette charte est-elle un exemple patent de tyrannie de la majorité, mais elle ne résout même pas les problèmes qu’elle prétend résoudre.

La neutralité de l’État

Supposément, on veut implémenter cette charte afin de garantir la « neutralité » de l’état en matière religieuse. Selon cette logique, il serait donc inapproprié pour tout employé de l’état d’afficher sa croyance religieuse en portant des signes ostentatoires tels le hijab, la kippa ou le turban. Selon les partisans de cette charte, ces signes religieux affecteraient la qualité des services qu’ils reçoivent. Je me demande vraiment en quoi ça affecte la livraison de mon permis de conduire à la SAAQ si le type derrière le comptoir porte un turban? Est-ce que ça veut dire que sa croyance fera que la photo de mon permis aura une pire apparence que si elle était-prise par quelqu’un de foi catholique? Est-ce qu’un infirmier qui porte une kippa est moins apte à prodiguer des soins que celui qui n’en porte pas? Est-ce qu’une agente de bureau d’un ministère qui n’a aucun contact avec le public, mais qui porte un hijab, exercerait un biais quelconque qu’une qui n’en porte pas n’aurais pas? Un juge qui porte un crucifix assez grand pour être remarqué sera-t-il automatiquement moins impartial qu’un juge qui n’en porte pas? En d’autre mots, le simple fait qu’un employé de l’état affiche ses croyances religieuses affecte-t-il vraiment le principe de neutralité de l’état? Ce principe repose-t-il dans une apparence aseptisée de toute appartenance religieuse des employés de l’état, ou plutôt dans ses politiques?

La neutralité de l’état ne provient-elle pas surtout du fait que l’état doit traiter tous ses citoyens également peut importe sa race, son sexe, son orientation sexuelle ou sa religion? Est-ce que le fait que l’état permette à ses employés d’afficher leur croyance compromet ce principe? L’état ne devrait-il pas au contraire représenter la mosaïque des millions d’individus qu’il représente? N’est-ce pas pour ça que nous avons des programmes de discrimination positive? Alors, pourquoi voulons-nous subitement effacer cette diversité du visage de l’état? L’état ne peut-il pas être neutre et afficher sa diversité en même temps?

Le fond du problème

Quel est le fond du problème? Que cherche-t-on à résoudre? Pourquoi est-il soudainement nécessaire de piétiner la liberté de religion et la liberté d’expression, pourtant deux de nos valeurs fondamentales, afin de protéger nos soi-disant « valeurs »? N’est-ce pas un petit paradoxe? Percevons-nous la diversité des croyances religieuses comme une menace imminente? Ou succombons-nous à notre mentalité de village gaulois assiégé avec une réponse irrationnelle et disproportionnée?

Avouons-le maintenant. Le problème n’est pas le judaïsme, le sikhisme, le bouddhisme, l’hindouisme ou le christianisme. Le problème commence par un « i » et finit par un « slam », ou plus précisément l’instrumentalisation de cette religion à des fins politiques. Ce qu’on appelle l’islamisme. À croire certains de mes collègues de droite, les islamistes vont bientôt nous envahir et nous imposer la charia et si nous nous prononçons contre le projet de charte des valeurs, c’est parce que nous sommes des anti-péquistes hystériques. Au dernier recensement, il y avait 243 430 musulmans au Québec et 5.7 millions de catholiques (je ne compte même pas les autres religions qui comptent pour plus d’un million tous réunis). Autrement dit, même si on ouvrait très grand les vannes de l’immigration et qu’ils se reproduisent comme des lapins, c’est pas demain la veille qu’on verra un parti islamique faire campagne sur l’imposition de la charia et avoir une chance de gagner. Nous ne sommes même pas capable d’avoir un parti à la droite du centre capable de prendre le pouvoir à court-terme! C’est qui les hystériques?

Notre vrai problème n’est pas d’avoir des musulmanes voilées dans le secteur public. Ça s’est le moindre mal. Le problème c’est que nous admettons plus d’immigrants que nous pouvons intégrer et que nous les choisissons selon les mauvais critères. Nous priorisons le français par-dessus tout, ce qui nous condamne à accepter une part disproportionnée d’immigrants issus d’anciennes colonies françaises nord-africaines. Qu’est-ce que la charte du PQ fait pour ça? Absolument rien! Zip! Nada! Alors les mecs. Vous voulez une loi juste pour les apparences ou voulez-vous une loi qui s’attaque au vrai problème? Alors pourquoi vous vous êtes soudainement transformés en meneuses de claques pour le PQ?

Je n’ai pas de problème avec l’idée de combattre l’islamisme, mais encore faut-il qu’on emploie le bon remède. Être contre cette charte, ce n’est pas d’être doctrinaire et ce n’est pas d’être pro-islamisme, c’est réfléchir avec autre chose qu’avec ses gonades!

Nous avons déjà un état laïque

burqua

 

Par Joey Laflamme

Un gros titre et boum, la Facebookosphère est lancée. J’avoue avoir tombé dans cette tentation de présenter mon opinion personnelle sur la question. C’est un débat émotif pour tout le monde évidemment, un débat qui doit avoir lieux, malgré que la première fois nous n’ayons pas vu le meilleur des penseurs du Québec se lever lors de la commission Bouchard/Taylor. Bien sûr, il s’agissait de demander l’avis des gens, on savait pertinemment qu’ils n’allaient pas produire une thèse doctorale. Donc, on a laissé à cette époque le soin à des gens parmi le peuple d’avoir l’air idiot à la télé pour débarrasser des mains du premier ministre Jell-o, qu’était Jean-Charest, de cette patate chaude. Quand un politicien est prêt à humilier ses propres concitoyens… Aujourd’hui, nous avons la première ministre la moins habile avec l’organe vocal qui nous ait été donné de voir depuis longtemps, mener un dossier aussi sensible : comment cela pourrait déraper? Si l’on doit parler laïcité allons-y gaiement.

D’abord la laïcité est ce concept selon lequel l’état est séparé des religions. C’est-à-dire que l’état n’intervient pas dans les croyances personnelles des individus et la religion, ou les hautes instances d’une religion, ne se mêlent pas de la chose de l’état. Donc, l’état serait mal venu de venir interdire la pratique d’une religion ou les religieux d’imposer leur moral afin de faire passer une loi. Dans ce sens nous sommes déjà un état laïc. Le fait qu’il y est une croix à l’assemblé national ou le drapeau Québécois ne change rien dans le fait que l’état demeure neutre dans ces décisions vis-à-vis la question religieuse. Monsieur Shafia[i] a eu le droit à la même clémence que la pourriture standard qui a le bonheur de s’asseoir sur un banc des accusés Canadien, qu’il soit musulman ou non, c’est-à-dire prison à vie avec une possibilité d’admissibilité à la libération conditionnelle après 25 ans. Donc, la religion n’a rien à voire là dedans, on voit bien que c’est notre système de justice déficient va lui permettre d’être libre dans 25 ans après avoir noyé ses filles.

Or, s’il s’agit dans le cas de la laïcité d’avoir un état neutre par rapport aux religions, que vient faire madame Marois avec sa fameuse charte? Et si la laïcité était un autre terme pour l’athéisme? Après tout, les gens que je connais étant les plus farouchement en faveur de la charte de la laïcité c’est les athées les plus militant ou convaincu que je connaisse. La laïcité est en quelque sorte devenue l’alibi parfait d’un athée pour essayer d’éliminer petit à petit la religion de « l’espace public » et ramener la pratique religieuse en une chose privée. Pour le moment, ça va bien puisqu’il s’agit uniquement des bureaux du gouvernement. Pourtant, les « laïques » nous parlent de l’espace public : est-ce innocent? Je ne le crois pas. Bien qu’il faut dénoncer les excès de l’Église durant la période de la grande noirceur, on vit un excès, ou un sentiment anti-religieux irrationnel, pour eux l’espace publique occupe un espace plus large.

Donc, dorénavant on va avoir l’état parfaitement laïc parce que la préposée de la SAAQ ne pourra plus mettre sa croix pour vous recevoir, ou encore l’employer de la SAQ avec son hijab va enfin être neutre quand va venir le temps de vous vendre l’alcool. Après tout le lieu de travail n’est pas l’endroit pour montrer ses « préférences religieuses ». Comme si la religion était une chose que l’on pouvait magasiner ou choisir. Comme si la croyance ou la non-croyance était du même ordre que l’idéologie politique. Moi-même, je ne comprend pas tout à fait ce qui pousse quelqu’un à croire, mais j’ai tendance à avoir un profond respect pour le croyant et en quelque sorte de l’envie pour celui qui est capable de s’adonner à l’acte de foi sans arrière pensée, de faire confiance en l’existence du divin et d’avoir un code moral à suivre. Le croyant qui entre dans une église ou une mosquée ne ressent très certainement pas la même chose que je ressens quand je suis rentré dans l’église St-Roch. C’est un sentiment de profond recueillement et de lien avec une force qui nous dépasse de loin, que l’on l’appelle Dieu, Yahvé, Allah ou simplement que l’on soit en admiration devant l’univers ou son immensité la religion nous enseigne en quelque sorte l’humilité et nous rappelle à quel point nous sommes petit en réalité. La religion est aussi la première tentative de l’être humain de poser un regard sur lui-même et de tenter une réponse. Peut-être que la réponse ne fut pas tout à fait exacte, mais au moins il nous reste la métaphore et les leçons que l’on peut en tirer. De plus, on oublie souvent de dire que la religion est un élément civilisateur, qui nous a extirpés de la condition de la bête pour nous emmener vers l’homme (humain). Du simple homo sapiens à l’homo civilis. La religion est une chose trop sérieuse pour être comparé aussi sottement aux « préférences personnelles » tel que l’allégeance politique.

Pour conclure, n’allez pas croire que je suis aveugle à l’Islamisme ou au danger qu’il représente. Mais je crois que nous visons mal avec cette charte. Il y a effectivement une forme d’intégrisme qui vise la destruction de la civilisation occidentale et par la même occasion de la démocratie libérale, parce que l’existence de notre liberté est une menace pour celui qui tente d’imposer un mode de vie moyen-âgeux. Alors visons bien. Surtout dans ce cas précis. Il est important de ne pas exclure justement, le musulman modéré, car c’est lui qui est sur la ligne de front de cette lutte. C’est lui la victime collatérale du terrorisme et l’athée intégriste en quelque sorte l’allié de l’intégriste, car ils font l’association facile entre l’Islam et l’Islamisme et mène par cet amalgame maladroit à une exclusion du modéré et un rapprochement de ce dernier vers les groupes radicaux. Pour eux l’islamisme n’est pas version dégénéré de l’islam, mais sa conclusion logique. Pour les prophètes de la gauche divine, ils ne peuvent  pas en être convaincus. Ils sont déjà en guerre contre l’occident et elle est l’idiot utile de ce nouveau fascisme. Par contre, pour ceux qui ont à cœur nos grandes valeurs de tradition libérale, c’est à vous que je m’adresse ici. Méfiez vous de la tentation d’amalgamer la religion au barbarisme. Les grands malheurs du XXe siècle ont été faits par des gens qui avaient un projet de société qui excluait la religion. Avouez qu’une préposée à SAAQ avec un hijab ne mène pas vers la conversion, que la religion ne mène pas forcément vers le terrorisme. L’identité Québécoise n’est pas menacé par ceux qui arrivent de pays étranger en affirmant leur valeur mais de nous, les Québécois, qui avons rejeté l’héritage de ce que nous avons été et une partie de ce que nous sommes.

 

 

 



[i] L’homme ayant assassiné ces filles et sa femme à Kingston, il s’agissait d’un crime d’honneur.

Le droit d’offenser

Un des droits que je considère les plus sacrés est la liberté d’espression.  Ce droit comprend le droit d’offenser. Ceci doit être une choc pour certains, mais il n’existe aucun droit de ne pas être offensé, ou de ne pas être critiqué. Offenser quelqu’un n’est pas un crime et notre système judiciaire ne pourrait pas tolérer qu’il le devienne parce qu’il ne pourrait pas absorber le nouvel influx de poursuites qui en résulterait.  Insulter n’est pas poli, mais ce n’est pas criminel.

Ce qui est criminel, c’est de réagir avec violence à une insulte ou à une critique. Qu’il s’agisse de coups, d’attaque à main armée ou au cocktail molotov, ce genre d’acte est effectivement proscrit par la loi.  Au moment de lire ces lignes, vous aurez probablement entendu parler de l’attaque contre les locaux de Charlie Hebdo en France.  Nous ne devons pas céder devant ce genre d’intimidation et espérons que les coupables seront trouvés et poursuivis.

Désolé pour les musulmans, mais aucune religion n’est à l’abris des critiques et même de railleries et si une religion mérite des railleries de nos jours, c’est bien l’Islam. Quand une religion prescrit à ses fidèles comment tout faire dans leur vie, à aller jusqu’à comment déféquer, il est impossible de ne pas pouvoir en rire.  Les adeptes de la plupart des religions savent généralement composer avec de telles critiques sans violence, les musulmans devraient donc apprendre à faire de même. Sinon, il peuvent toujours exercer leur droit d’aller vivre à un endroit où ils serons certains de ne pas être offensés, comme l’Arabie Saoudite par exemple…

Le multiculturalisme : un mensonge délectable

Le dixième anniversaire de la tragédie du 11 septembre 2001 aura certes permis de réfléchir aux conséquences de gestes aussi horrifiants et inimaginables. Ce jour-là, contrairement à ce que certains « sans-génie » peuvent croire, ce n’était pas l’impérialisme américain qui était attaqué mais bien la civilisation occidentale.

Chez nous, il est fort probable que ces événements aient accéléré la remise en question de l’utopie multiculturaliste.  Avertis durement des conséquences de notre laisser-aller et de notre naïveté, il me semble toutefois que Québécois et Canadiens sont maintenant plus conscients de la fragilité des fondements mêmes de notre culture occidentale: la liberté d’opinion et de presse, l’égalité entre les hommes et les femmes, la séparation entre l’Église et l’État et la règle de droit.

Selon la chroniqueuse Chantal Hébert, même les Canadiens hors-Québec s’interrogent. « Avant le 11-Septembre, le multiculturalisme était une vache sacrée canadienne. Dix ans plus tard, les regards se sont faits plus critiques. »

De toute évidence, nous voici à un moment où l’attentisme n’est plus permis. Heureusement pour nous, il existe des Mario Roy, Richard Martineau, Mathieu Bock-Côté pour nous sensibiliser aux effets pervers du relativisme culturel.

Et puis, il y a d’extraordinaires citoyens québécois et canadiens musulmans qui prennent la parole et tentent de nous éveiller au danger : Djemila Benhabib, par exemple, dans son dernier essai Les soldats d’Allah à l’assaut de l’Occident.

Un autre d’entre eux est Salim Mansur que j’ai eu le privilège de rencontrer cette fin de semaine, à Ottawa, lors d’une présentation de son livre « Delectable Lie – A liberal repudiation of multiculturalism« . Le voici en entrevue avec Ezra Levant que vous connaissez bien maintenant.

Quel homme, quelle érudition et quelle générosité!

La base de son propos : une répudiation du concept que toutes les cultures se valent. Comment se fait-il que personne ne s’interroge sur cette énorme fausseté, se dit-il. Rendant hommage aux civilisations romaine et grecque qui nous ont légué ce bien si précieux, Mansur livre avec passion et intelligence un plaidoyer pour la préservation des valeurs libérales et occidentales. Racontant l’histoire de la Liberty Bell qui aujourd’hui ne résonne plus dû à une fêlure, Mansur illustre par là la fragilité des valeurs de liberté. « Generations have a responsibility to make sure that the bell still rings », implorera-t-il.

Non, toutes les cultures ne se valent pas, selon cet éminent professeur de la Western University of Ontario. N’ayons crainte de le dire et de le dire tout haut: les démocraties libérales sont assurément meilleures que les régimes totalitaires où hommes et femmes sont inégaux et où on interdit la publication de caricatures de Mahomet.

« We are surrounded by darkness and the ideology of collectivism, selon Mansur. The individual must be the ethical and moral centre and should not be the means to somebody else’s end. ». Bref, « the ultimate minority is the individual. »

J’écoutais attentivement sa présentation lorsqu’il m’est venu une intense impression. La « culture » dont il était question ce soir-là n’avait rien à voir avec la langue parlée à la maison ou dans l’espace public. Si au Québec, la notion de culture se résume à la préservation du français et des subventions à la communauté artistique, ce soir-là, je me sentais plus près de ce musulman anglophone canadien que de nos élites bien-pensantes québécoises obsédées par l’accès à des collèges anglais!

Enfin, la culture dont parlait Mansur n’avait même rien à voir avec l’ethnicité ou la religion. C’est de la civilisation occidentale dont il était véritablement question :  la culture dont nous bénéficions sans vraiment l’apprécier, celle pour laquelle se sont battues des générations d’ancêtres et celle à laquelle aspire encore des millions d’individus sur la planète.

Un poète du nom de David Solway assistait à la présentation de Salim Mansur. Il avait posé une question à l’auteur. « What happened? », lui demande-t-il. Comment se fait-il que nous en soyons rendus là? Plus tard, il répondait à sa propre question. « I guess we do not suffer enough to fully appreciate our liberal and western values. »

Je pense qu’il a bien raison.

Pour lire Salim Mansur: Ses chroniques au Toronto Sun

9/11: 10 ans après

En ce 10e anniversaire des attentats du 11 septembre, je me permet de reproduire un texte que j’ai initialement publié sur Le Minarchiste Québécois et qui était intitulé « Blowback« 

On voit beaucoup d’encre couler au sujet de cette mosquée et centre communautaire islamique qu’on projette de construire près de l’ancien site des tours jumelles du World Trade Center. Certainement c’est un sujet délicat pour les familles de ceux qui ont perdu la vie dans les attentats du 11 septembre 2001. Au-delà du fait que ce projet est parfaitement légitime du point de vue légal, les opposants à ce projet projettent la responsabilité de cet évènement sur les mauvaises personnes. Ce n’est ni l’Islam, ni les musulmans qui sont en cause, quoique je l’ai crû pendant longtemps.

Les évènements historiques ne se produisent jamais à partir d’un vide et ne doivent jamais être considérés isolément des facteurs qui pourraient en être la cause. Ainsi, il y avait un bon moment que le gouvernement américain s’attendait à un attentat quelconque en réponse à son traitement de l’Irak. L’attentat, certes tragique, du 11 septembre et ses quelques 3000 victimes s’est avéré être cette réaction. Sans vouloir rien minimiser, le nombre de victimes de cet attentat n’est rien comparativement à plus d’un million de victimes, la plupart des enfants, des sanctions économiques des Nations Unies, commanditées par les États-Unis et le Royaume-Unis, contre l’Irak pendant toute une décennie.

Il fût peu question pendant cette période de l’effet de ces sanctions sur la population irakienne ou de la façon qu’elles étaient perçues par le monde arabe, mais elles n’ont certainement pas mené aux résultats escomptés par l’administration Bush sr et celle de Bill Clinton. Alors que l’objectif était d’ameuter les irakiens contre Saddam Hussein, elles n’auront servi qu’à démoniser encore plus les américains aux yeux des arabes.

Pendant la première guerre du Golfe en 1991, les forces alliées ont systématiquement attaqué le réseau électrique irakien, ce qui eût pour effet de complètement annihiler la capacité des irakiens de faire fonctionner leurs usines d’épuration d’eau. Étant incapable de se fournir en eau potable et se voyant systématiquement refuser le droit d’acheter les pièces nécessaires à la réparation de son réseau électrique. On estime qu’entre 1991 et 1996, plus de 500 000 enfants ont péri de maladies reliées au manque de sanitation et à la malnutrition.

En mai 1996, lorsqu’interrogée à l’émission 60 Minutes du réseau CBS si après la mort d’un demi-million d’enfants le prix en valait la peine, Madeline Albright, l’ambassadrice des É-U à l’ONU a répondu candidement : «Je crois que c’est un choix difficile, mais oui nous croyons que le prix en valait la peine.» Ce manque total de remords de la part du gouvernement américain n’a pas été sans laisser une impression durable sur la psyché collective des arabes. Ajoutez à ça leur soutien inconditionnel d’Israël et il fallait bien qu’un jour ça éclate.

Durant la campagne présidentielle de 2008, lors du débat des primaires du parti Républicain, Ron Paul s’était attiré les foudres de plusieurs membres du GOP lorsqu’il a soutenu que les évènements du 11 septembre n’étaient pas le fruit d’une haine de la liberté et du niveau de vie des américains, mais le fruit de leurs actes au Moyen-Orient. Il a mentionné alors le terme qu’utilise la CIA pour ce genre de rétribution : «blowback». C’est triste à dire, mais ce n’est pas l’Islam qui est à blâmer pour les attentats du 11 septembre, mais bien l’étatisme et l’impérialisme américain. Et sa première victime fût notre liberté.

Lectures complémentaires :

American Policy Gave Hussein Reason to Deceiveby Stanley Meisler Los Angeles Times

Sanctions: The Cruel and Brutal War Against the Iraqi People, Part 1by Jacob G. Hornberger Future of Freedom Foundation

Iraqi Sanctions: Were They Worth It?by Sheldon Richman Future of Freedom Foundation

Iraqi Sanctions and American Intentions: Blameless Carnage? Part 1by James Bovard Future of Freedom Foundation

Cool War: Economic Sanctions as a Weapon of Mass Destructionby Joy Gordon Harper’s Magazine

The Secret Behind the Sanctions: How the U.S. Intentionally Destroyed Iraq’s Water SupplyBy Thomas J. Nagy The Progressive