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Les politiciens girouettes

Selon certains, le centre de l’échiquier politique est le terrain fertile des compromis et de la raison. Sous l’étiquette de la flexibilité, plusieurs politiciens prétendent se positionner plus au centre afin de trouver le terrain d’entente le plus acceptable pour tous. Question de satisfaire la plus grande partie de la population. Selon eux, les compromis sont la base de l’accomplissement d’une société fonctionnelle. Après tout, la finalité, c’est d’être heureux comme peuple.

Personnellement, je qualifie ces politiciens de girouettes. Menteurs et manipulateurs sont aussi d’excellents qualificatifs. Comment peut-on prétendre être authentique quand on réclame des réductions de dépenses comme l’abolition des commissions scolaires d’une part, pour ensuite appuyer la construction d’un amphithéâtre étatique au coût de 400 millions de l’autre? Dans les faits, ce que font l’ensemble des politiciens, c’est de parler des deux côtés de la bouche. Le centre de l’échiquier est en réalité, le terrain du « je veux plaire à tout le monde pour être élu ». Il faut donc être carriériste sans conviction ou être prêt à trahir ces dernières pour se positionner vers le centre.

La politique est un show de télé réalité alimenter par des politiciens plus « bulshitteux » les uns que les autres se livrant une bataille de popularité. Prêt à aimer et fourrer n’importe qui pour avoir la cote. Mais ça fait 40 ans qu’on nous livre le même scénario. Pas surprenant que la population soit cynique et complètement désintéressée. Lâchez vos grandes théories sur le sujet, l’ensemble des Québécois vous diront simplement que la politique c’est de la merde et que les politiciens sont tous des menteurs. Que ça ne changera pas et qu’il est inutile de s’impliquer. Que de voter pour un parti ou un autre, c’est du pareil au même. Que de manifester dans les rues pour leur inculquer une parcelle de bon sens est une pure perte de temps. Je me décourage souvent devant cette attitude mais il est de plus en plus difficile de ne pas être de leur avis. J’ai moi aussi bien souvent envie de décrocher et d’attendre patiemment que tout s’écroule en remplissant joyeusement mes cartes de crédits. Vivre du syndrome « have loads of fun while the economy crumbles to pieces… priceless!

Les Québécois ont soifs de changements mais ce qu’ils recherchent surtout, c’est l’authenticité! Regardez Legault, qui au début s’est présentez comme la voix du changement. Les Québécois auraient voté pour lui avant même qu’il fonde son parti. Il y a fort à parier qu’il déclinera dans les sondages avec l’éveil de la population au fait qu’il n’est qu’une girouette comme les autres. Un promoteur du statu quo et fidèle supporteur de l’état-providence et de son endettement à outrance. Vous direz ce que vous voudrez d’Amir Kadhir mais, il détient dans les sondages, le titre du politicien le plus populaire au Québec. Ce type est extrême mais, toujours fidèle à lui-même, toujours convaincu et authentique. Mario Dumont à mené l’ADQ à un cheveu de prendre le pouvoir alors qu’il était plus convaincu que jamais et conséquent dans ses positions. Que dire de Jack Layton qui a gagné le cœur des Québécois vs un Gilles Duceppe blasé qui répétait les mêmes âneries comme un vieux disque usé?

Je ne crois pas que l’ensemble des Québécois s’objectent aux mesures d’austérités à un point tel qu’un parti visant la liberté et la réduction de la taille de l’état, ne saurait trouver sa place dans le vote populaire. Je crois plutôt qu’ils en ont marre de se faire jouer du violon par une gang de girouettes qui ne s’intéressent qu’à leurs propres intérêts dans des partis sans direction claire. Présentez un parti du changement, mené par un chef authentique et fidèle à ses convictions et vous serez peut-être surpris du résultat. La démarche sera certes plus constructive que de tenter de remodeler votre parti chaque fois que quelqu’un lève une objection.

Honnêteté et authenticité, voilà ce qu’il nous faut pour accomplir la prospérité comme finalité.

Petit rappel au sujet de Jack et du NPD…

 

Maintenant que j’ai écrit un petit « puff piece » pour faire l’éloge de Jack Layton (noblesse oblige), après les fleurs, le pot. Voici un petit rappel de ce que lui et son parti représentent, tel que Richard Martineau l’a énuméré cette semaine:

Le NPD, qu’il dirigeait, est un parti fortement centralisateur, financé par (et à la solde des) grosses centrales syndicales, un parti qui s’intéresse tellement au Québec qu’il a présenté des candidats unilingues anglophones...

De plus, le NPD s’est acoquiné avec des groupes pro-islamistes, allant même jusqu’à appuyer la candidature de Samira Laouni, une femme voilée qui a travaillé à titre de chargée de projets au Congrès Islamique canadien (CIC), une lobby ultra religieux qui a milité pour que l’Ontario permette l’instauration de tribunaux de la charia.

Enfin, il y a quelques années, Jack Layton et sa femme vivaient dans un logement subventionné destiné aux pauvres alors qu’ils faisaient tous deux un très bon salaire.

J’ajouterais même que le NPD est officiellement appuyé (et infiltré) par le Congrès Islamique Canadien et est maintenant dirigé par une ancienne syndicaliste en attendant qu’un nouveau chef soit élu. Il ne faut pas oublier que ce parti représente aussi tous les éléments de la gauche radicale alter-mondialiste. Oui, Jack Layton était un type très sympathique, mais il ne faut pas penser que juste parce que je fais l’éloge de l’homme, j’ai totalement oublié ce qu’il représentait.

Hommage à un « bon Jack »

 

Au Québec, une des expressions populaires que nous avons pour dire que quelqu’un est un bon diable est qu’il est un « bon Jack ». J’ignore d’où provient cet expression, mais elle est certainement appropriée dans le cas de Jack Layton. Jack Layton est né et a passé son enfance et son adolescence au Québec d’ailleurs. Je ne suis pas d’accord avec ses points de vue politiques, mais force est de reconnaitre qu’il avait de la classe et qu’il avait le cœur à la bonne place. Parmi les membres d’une classe politique qui suscite plus la dérision que l’admiration de nos jours, il était un des rares personnages qu’on aurait pu qualifier de « gentleman ».

Il y a déjà plusieurs jours que son décès a pris les canadiens par surprise. Pourtant sa dernière apparition publique, celle où il a annoncé qu’il cédait sa place, ne laissait que peu de doute dans mon esprit que son combat était loin d’être gagné. Jack Layton, un homme d’ordinaire énergique, n’était plus que l’ombre de lui-même et semblait avoir vieilli de 10 ans. Le cancer est une terrible maladie qui a emporté déjà plusieurs membres de ma famille. Je ne souhaiterais pas cela à mon pire ennemi. Mes pensées sont avec sa famille.

Jack, comme les québécois se sont plu à l’appeler aux dernières élections, nous aura quitté à l’apogée de sa carrière pour avoir réaliser l’impossible de gagner le cœur des québécois pour une formation politique qui leur était totalement antipathique avant lui. Aucun autre chef du NPD n’avait réussi à seulement faire une percée au Québec. À la dernière élection fédérale, les québécois n’avaient pas voté pour le NPD, ils ont voté pour « Jack ». Ils ont voté pour le chef le plus charismatique et on ne pourrait les blâmer, considérant les alternatives. Michael Ignatieff et Stephen Harper n’ont certainement pas su les rejoindre. Seul l’avenir dira si l’aventure entre le Québec et le NPD survivra à Jack Layton. Quant à moi, j’ai de gros doutes. Je ne vois pas vraiment qui pourrait remplir ses chaussures. Comme successeur possible, il y a bien Thomas Mulcair, mais il aura fort à faire pour maintenir les gains que le NPD a fait au dernier scrutin.