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Ça y est!

Par Philippe David

Enfin! Jean Charest a décidé de faire le plongeon et nous sommes maintenant en pleine campagne électorale. Bien entendu, le choix de la date était très stratégique. Dans un peu plus d’une semaine, les CEGEP vont tenter de reprendre les cours, les associations étudiantes tenteront de bloquer la rentrée. La loi 78 commencera à vraiment s’appliquer et tout ce bordel favorisera les libéraux, bien sûr. On l’avait pas vu venir celle-là, n’est-ce pas?

Vive la démocratie étudiante!

Parlant des associations étudiantes, L’AÉSSUM (Association des Étudiants en Service Social de l’Université de Montréal), a tenu une assemblée générale hier dans laquelle a eu lieu un vote pour reconduire le boycott des cours. Sur 638 membres, seulement  59 étaient présents (un gros 9%), 33 ont voté pour et 26 contre. Bel exemple de démocratie. Dire qu’il y en a pour questionner la légitimité du gouvernement des conservateurs à Ottawa et des libéraux à Québec, basé sur le faible taux de participation. Après on veut nous faire croire qu’un vote basé sur un taux de participation de 9%, où les votes de seulement 5% l’ont emporté, est légitime? Et la CLASSE de dire qu’ils ne respecteront pas l’issue des élections? Qu’on ne vienne plus jamais parler que ce boycott a une quelconque légitimité démocratique, même parmi les étudiants. Cette légitimité n’existe pas et n’a jamais existé.

Un poulet dans chaque casserole et une auto dans chaque garage

C’était le slogan électoral de Herbert Hoover pendant la campagne présidentielle de 1928. Force est de reconnaitre que peu de chose ont changé dans les mœurs politiques  depuis ce temps quand on voit Jean Charest nous promettre un chèque de  $100 pour l’achat d’effets scolaires et sa petite promesse de créer pas moins de 250 000 emplois! Quelle foutaise! Rappelons-nous d’abord que ce que le gouvernement vous donne, il doit le prendre, par la force, dans les poches de quelqu’un d’autre. Règle générale, quand le gouvernement vos prend 4$,  un seul dollar est redistribué et les trois autres nourrissent la bureaucratie. Donc, pour chaque $100 donné à une famille, $400 seront prélevés par le fisc. De la même façon, le gouvernement ne peut créer d’emplois que dans le secteur public, tous les autres emplois sont créés par des compagnies privées et les salaires des employés publics proviennent des impôts, prélevés de force dans nos poches. Puisque les emplois publics sont financés par le secteur privé, chaque emploi dans le secteur public réduit d’autant, sinon plus, le nombre d’emplois au secteur privé.  Donc, le gouvernement ne peut en réalité créer aucun emploi qui n’existe pas déjà dans l’économie. Gardez ceci à l’esprit quand vous entendrez un politicien vous offrir des bonbons.

M. Net peut-être pas si net…

Le moins qu’on puisse dire est que l’annonce de la candidature de Jacques Duchesneau à la CAQ a fait des remous. Cependant, quand on s’amène avec des gros sabots, il faut pas se surprendre si des gens vont ensuite fouiner pour trouver les squelettes dans vos placards,  ce que Andrew  McIntosh de TVA a fait. Il appert que M. Duchesneau aurait quitté son emploi comme patron de l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA) dans des circonstances plutôt nébuleuse et que son passage à la barre de cette agence n’était pas sans un bon nombre de cahots. Sous la gouverne de Duchesneau, l’ACSTA a été mise sous surveillance dû notamment à un manque de contrôle de gestion budgétaire et de non-respect des règles de gestion. La gestion déficiente de certains contrats aurait également donné lieu à d’importants dépassements de coûts. M. Duchesneau aurait également dépensé plus de $100 000 en voyages d’affaires et colloques à travers le monde, mais le plus juteux est ceci :

«Apparences de possibles conflits d’intérêts. M. Duchesneau a fait l’objet de nombreuses questions de députés de l’opposition et des médias relativement à des contrats de plusieurs millions accordés par l’ACSTA à une agence de sécurité et à la compagnie de biométrie, parce qu’il avait siégé sur le conseil d’administration de ces entreprises. M. Duchesneau détenait 100 000 options d’achat d’actions pour l’agence de sécurité Garda World. Toutefois, il a affirmé qu’il s’était prévalu de ces options aussitôt qu’il s’est joint à l’ACSTA, en 2002. M. Duchesneau a nié avoir été impliqué dans le choix de ces firmes, et a précisé qu’au moment de son embauche, son curriculum vitae mentionnait tous ses liens passés avec elles.»

C’est ça le type qui s’en vient faire le ménage?

L’ordre établi

Le fait que les médias traditionnels aient un sérieux biais à gauche n’a rien de très nouveau, mais le professeur de sciences politiques  Jean-Herman Guay a fait une réflexion intéressante à ce sujet, question d’ajouter de l’eau à notre moulin. Loin de moi de vouloir faire la leçon à un prof de sciences-po, mais j’ai une critique à son exposé. Il parle de l’ordre établi comme si celui-ci était à droite de l’échiquier politique alors que pas un gouvernement du Québec, tous partis confondus, n’a gouverné à droite du centre depuis Maurice Duplessis. Le consensus a toujours été pour une société sociale-démocrate avec toujours plus d’état et ce depuis la révolution tranquille.  Au Québec, même les profs de sciences-po ne savent pas distinguer la gauche de la droite.

Voir à long-terme

Je reviens brièvement sur mon dernier édito qui recommandait aux gens de droite de voter soit pour le Parti Conservateur ou l’Équipe Autonomiste. J’en vois beaucoup qui désirent voter libéral ou CAQ par peur de voir le PQ  prendre le pouvoir. À ceux-là,  j’aimerais dire de penser à plus long-terme. C’est vrai que ni le PC, ni l’ÉA n’a de chance de former un gouvernement, là n’est pas le point. Si on veut un jour cesser de dire que nous sommes orphelins politiques, il faudra un jour investir dans des partis de droite. Chaque vote que reçoit un parti lui apporte du financement de la part du DGEQ. Ce financement permettra à ces partis de se construire et peut-être finir par s’établir comme des partis sérieux. Si vous ne votez pas où que vous votez pour d’autres partis, ce sont les autres partis qui auront cet argent. Il est temps pour les gens de la droite d’être solidaires et commencer à soutenir ceux qui ont le courage de se lancer en politique pour promouvoir de vraies idées de droite.  Qui formera le prochain gouvernement est sans véritable conséquence, il faudrait voir plus loin pour établir une offre politique de droite.

J’AI LE CANCER

Je m’en doutais. Il y a quelques mois, Marc Bellemare avait sonné l’alarme. Et j’en ai eu la certitude la semaine dernière, comme des millions d’autres de mes concitoyens.

Depuis le temps que j’attendais le diagnostic, Jacques Duchesneau m’a confirmé la nouvelle, douloureuse, brutale, implacable.

Mon cancer s’appelle corruption, il s’appelle collusion, il s’appelle malversation, il s’appelle caisse occulte.

On me dit qu’il y a cette équipe de spécialistes qui pourrait, si elle le voulait, s’attaquer à la racine du mal, mais ces gens, qu’on appelle les PLQ, s’y refusent. Ils on trop attendu, ils ont profité de la vente de médicaments périmés, et ils craignent qu’un examen plus approfondi ne mette en lumière leur incompétence, et peut être, leur complicité.

Moi, mes concitoyens, ma société, nous sommes à l’urgence, et personne ne s’occupe de nous.

Le pire, c’est que monsieur Duchesneau, et de nombreux autres observateurs, sont catégoriques: ce cancer est curable.
Oh, comme tous les cancers, plus on attend, et pire ce sera, mais le remède existe.

Il est entre les mains des PLQ qui soutiennent, eux, qu’il est inefficace, et ce, malgré l’avis de tous les spécialistes en la matière. Tous.

Bientôt, le chef des PLQ va quitter la business, et il laissera derrière lui les autres PLQ, seuls, désemparés, dans les petites officines de l’urgence où nous attendons tous, et ces derniers seront d’autant plus impuissants qu’ils réaliseront enfin que le chef des PLQ les a abandonnés dans un abime d’inconscience.

Pendant ce temps, moi, vous, ma famille, mes amis, votre famille et vos amis, nous attendons à l’urgence, diagnostic et ordonnance en main, sans que personne ne fasse rien pour nous.

Parce que j’ai cette ordonnance, signée par ce Bellemare et ce Duchesneau. Elle est toute simple : Une commission d’enquête publique. À être administrée par les PLQ. Qui ne le feront pas.

Parce qu’ils craignent de se pencher sur ma maladie de peur d’y découvrir un mal encore plus terrible : le leur.

Leur mal s’appelle combines. Leur mal s’appelle lâcheté. Leur mal s’appelle connivence. Leur mal s’appelle petits amis. Leur mal s’appelle argentiers du parti. Leur mal s’appelle réélection.

La rumeur dit que bientôt nous allons nous lever de notre incomfortable siège à l’urgence. Que nous allons parler. Que nous allons marcher. Que nous allons forcer les PLQ à faire ce pour quoi nous les payons.

Je n’ai pas d’autres choix. Parce que j’ai le cancer.
Mon cancer s’appelle corruption, il s’appelle collusion, il s’appelle malversation, il s’appelle caisse occulte.

Préparez-vous, messieurs les PLQ, préparez-vous, mesdames les PLQ.

Le peuple a mal, et bientôt il va hurler sa haine, son mépris, sa douleur, sa rage de vivre enfin dans un environnement assaini.

Et à ce moment, c’est vous, messieurs et mesdames les PLQ, qui aurez le mal.

8 MOTS

 

Huit mots.

« Je n’ai pas lu le rapport en détail »

C’est tout ce que ça a pris au premier ministre Jean Charest pour finalement prouver à l’ensemble de la population, aux médias et au reste de la classe politique qu’il n’a plus sa place à la tête du Québec.

Il est temps de passer à autre chose.