Archives par mot-clé : Joanne Marcotte

Merci Joanne et au revoir…

Par Philippe David

Aux ondes du FM93 à Québec ce matin, mon amie Joanne Marcotte a annoncé qu’elle prenait une année sabbatique des chroniques et des médias, suivi d’une explication et d’un bilan des ses réalisations sur son blogue. J’accueille cette nouvelle avec un petit pincement de cœur, je l’avoue.

J’ai connu Joanne Marcotte au travers de mon implication au Réseau Liberté Québec. Ce fût un plaisir et un honneur de travailler avec elle. Je demeure d’ailleurs un fan inconditionnel. C’est une grande dame qui, je crois, a été pendant 15 ans une des principales figures de proue du libéralisme au Québec. Ses réalisations sont multiples. Son documentaire, «L’Illusion Tranquille» et son livre «Pour en Finir avec le Gouvernemaman» sont encore plus pertinents que jamais aujourd’hui. Malgré le fait que le RLQ est maintenant inactif, ce qu’elle a créé avec Ian Sénéchal, Éric Duhaime et Roy Eappen a permis à une certaine droite de sortir du placard et de s’affirmer alors qu’avant elle ne consistait que de quelques voix seules et isolées dans les blogues et les médias sociaux. À travers sa visibilité médiatique, elle a beaucoup contribué à amener le libéralisme et le conservatisme fiscal sous les projecteurs et populariser ces idées encore méconnues.

Lorsque j’ai commencé à bloguer en 2006, on ignorait encore ce que c’était une idéologie de droite au Québec, encore moins ce qu’est le libéralisme classique ou le libertarianisme, tellement le débat constitutionnel occupait l’espace médiatique. Avec son documentaire, son blogue et ses interventions dans les médias, Joanne a su partager avec le Québec des idées politiques jusque-là très obscures. Elle a aussi accueilli le blogueur marginal que j’étais à l’époque et m’a fait sentir que mes écrits étaient appréciés et m’a inclus dans certains projets au RLQ. Pour cela je lui serai toujours reconnaissant. Si j’écris encore, c’est un peu grâce à elle.

Je crois que je peux dire que sa présence va me manquer, quoique je suis sûr qu’on aura l’occasion de se jaser sur Facebook de temps en temps. Son absence des ondes va créer un vide qui sera difficile à remplir. Cependant, je peux comprendre que la célébrité a un certain coût. Ça finit par user à la longue. Un petit repos lui fera certainement le plus grand bien.

Merci infiniment Joanne pour ta ténacité et ton intelligence et pour tout ce que tu as fait pour nous qui continuons de se battre pour nos idées. Tu vas nous manquer. Mais malgré tout, je conserve l’espoir que ce n’est qu’un au revoir plutôt qu’un adieu.

Le Québec dans le rouge, une vidéo à voir absolument

qcdanslerouge-video

Par Philippe David

Depuis près de 10 ans, Joanne Marcotte livre un combat pour conscientiser les québécois sur notre modèle social-démocrate et ses conséquences inévitables d’appauvrissement et d’endettement. Après avoir produit un film et un livre (à ses propres frais) et des centaines de billets de blogues, nous voilà au point où le mur qu’elle s’efforçait de nous faire voir est maintenant droit devant. Elle s’est donc amusée à faire un petit montage. Visionnez-le et partagez-le avec tous vos amis et membres de votre famille.

 

Mathieu Bock-Côté, Joanne Marcotte et la défense du français

 

Bock-Cote

 

Par Philippe David

Ce matin, Mathieu Bock-Côté y va d’une critique plutôt cinglante à l’endroit d’un texte publié hier par Joanne Marcotte. Bien que je sais pertinemment que mon amie Joanne est parfaitement capable de se défendre, je ne peux que m’interroger, à la lecture de la critique, si Mathieu Bock-Côté a bien lu et compris ce texte.

Dans son texte, Mathieu Bock-Côté prétend que Joanne Marcotte ne désire pas qu’on préserve notre héritage et notre langue. Que notre culture ne mérite pas d’être défendue. Je crois savoir que c’est tout le contraire. Ce qu’elle critique, ce sont les méthodes que préconisent ceux qui, comme Bock-Côté, prétendent être les grands défenseurs de la langue française.

Dans les commentaires du texte de Bock-Côté,  j’ai vu certains accuser Joanne Marcotte de n’avoir aucun sens de l’histoire. Ça aussi c’est pertinemment faux. L’histoire a toujours été un de mes sujets préférés. Je suis donc plus que familier avec l’histoire du Québec. J’ai aussi pris le soin de retracer ma généalogie, ce qui m’a aussi donné une grande conscience de mes racines.

Je fais partie de la onzième génération de David au Québec. Mon ancêtre,  un de trois frères qui ont quitté leur Normandie natale pour tenter leur chance en Nouvelle-France, est débarqué à Trois-Rivières en 1650. Guillaume David, comme bien d’autres colons, c’est vu octroyé une parcelle de terre dans la seigneurie de Sorel. Il a partagé sa vie entre la culture de sa terre et la traite de fourrures. Son fils ainé, Jacques fût même arrêté sous les ordres de Frontenac pour avoir commercé avec les anglais des colonies de la Nouvelle-Angleterre et les Hollandais de la Nouvelle-Amsterdam (New York, aujourd’hui). Faut croire que j’ai le libéralisme dans le sang, puisque mes ancêtres étaient manifestement des partisans du libre-échange. Je fais partie d’une lignée de gens hardis qui ont contribué largement à bâtir notre pays et perpétuer notre héritage, notre culture, et notre langue. Mes ancêtres ont survécu la conquête et continué de transmettre leur langue et leurs traditions malgré elle, tout en vivant au Sault-aux-Récollets (Montréal-Nord), Boucherville, Longueuil, Saint-Hubert et Laval. Leurs descendants comptent trois sénateurs et une porte-parole de Québec Solidaire et députée de l’Assemblée Nationale. En fait, pendant  plus de 360 ans avant l’avènement du gouvernement libéral de Robert Bourassa et sa loi 22, mes ancêtres et ceux de millions d’autres canadiens-français ont réussi à préserver leur langue sans l’aide de lois coercitives ou aucune forme d’agence gouvernementale.

Ceux qui n’ont aucun sens de l’histoire sont ceux qui maintenant ne jurent que par l’intervention de l’état pour protéger notre héritage francophone. Qui croient que le salut de notre langue et notre culture repose sur toujours plus de lois et de limiers pour les faire respecter. Si c’est le cas, notre culture est déjà morte et n’a l’apparence de vie que parce qu’elle est branchée à un respirateur depuis un demi-siècle.

Est-il donc permis de remettre en question ces dogmes sans se faire qualifier de traitre à la nation? Est-il possible que ces dogmes soient en partie responsables de notre isolation économique et notre appauvrissement relativement au reste de l’Amérique du Nord? Est-il possible de dire que nos politiques d’immigration, qui depuis plusieurs années favorisent la langue plus que tout autre critère d’acceptation, sont mal avisées et sont la cause de plusieurs conflit sociaux et difficulté d’intégration? Est-il possible de dire que les subventions à la culture, plutôt que de l’enrichir, condamne celle-ci à la médiocrité? Est-il possible d’admettre que la préservation du français ne nécessite pas la suppression coercitive de l’anglais? Est-il possible de dire que les lois qui condamnent nos enfants à l’unilinguisme francophone sont aussi une recette condamnant les générations futures au repli et au marasme économique en les rendant moins compétitives sur un marché de plus en plus mondialisé?  Est-il possible d’admettre que le multiculturalisme et le marxisme culturel, ainsi que la gestion déficiente de notre système d’éducation par l’état ont une plus grosse part de responsabilité dans l’érosion de nos racines que le fait d’être un petit îlot de francophonie dans une mer anglophone?

Non, la langue française n’est pas menacée par la présence d’anglophones au Québec. Elle n’est pas menacée par une anglicisation (réelle ou imaginaire?) de Montréal. Elle est d’abord menacé par la médiocre qualité de son enseignement dans nos écoles. Elle est également menacé par cette hargne que nous avons également contre quiconque nous entendons parler un français correct, plutôt qu’en joual.  Cette haine que nous vouons aux « maudits français ». Ce manque de fierté chronique que nous avons de notre langue qui fait que bien des immigrants dont la langue maternelle n’est pas le français s’expriment et écrivent dans cette langue beaucoup mieux que nous. Si nous voulons vraiment préserver notre culture et notre langue, peut-être devrions-nous commencer par en être fiers et transmettre cette fierté à nos enfants, plutôt que d’obliger les autres à parler français à la pointe d’un fusil.

L’orphelinat

Dimanche dernier a eu lieu le rassemblement tant attendu du Réseau Liberté-Québec. En cette magnifique journée printanière des gens partageant les mêmes convictions se sont réunies à Lévis afin d’échanger et de réseauter. Nous avons eu la chance d’écouter des conférenciers hors-pair et même un peu d’humour. J’ai été honoré d’y jouer une part, si humble soit-elle. 75 personnes se sont présentées le jour même pour acheter leur billet pour participer à la conférence, amenant le total des participants à 450. Ce fût un franc succès.

Malgré tout ça, la conférence s’est déroulée aussi sous un fond de controverse. Quelques jours avant, un article de journal rapportait des propos de Joanne Marcotte où elle qualifiait le Parti Conservateur du Québec comme étant « sectaire » et « puriste ». Étant moi-même militant du RLQ et du PCQ, je me suis désolé de ces propos comme beaucoup d’autres. Dans son discours de clôture, Mme Marcotte s’est d’ailleurs excusé de ces remarques à ceux qu’elles ont offusqué. Elle a également salué le chef du PCQ, Luc Harvey, et l’a félicité pour son annonce à l’effet que toutes les propositions présentées par la commission politique de l’ADQ, dirigée par  Claude Garcia et Adrien Pouliot, seraient reprises par le PCQ. Cependant, elle a également été très claire sur le point que le RLQ n’endosserait pour le moment aucun parti politique. Je crois comprendre pourquoi.

Les orphelins

Nous avons entendu les porte-paroles du RLQ se dire orphelins politiques depuis que l’ADQ a été « racheté par des compétiteurs », pour reprendre les propos de quelqu’un à la conférence. À titre personnel, je ne pourrais pas leur reprocher leur scepticisme. Les nouveaux partis qui viennent tout juste de se former pour tenter de combler le vide n’ont pas encore fait leur preuves. Le PCQ a une longueur d’avance sur l’Équipe Autonomiste qui est tout juste sur le point d’être reconnue par le DGE, et ni l’une, ni l’autre de ces formations n’a tenu de congrès de fondation et n’a présenté un programme.

Un récent sondage des membres du RLQ a révélé que 60% de ces membres n’appuient aucun parti présentement. En qualité de porte-paroles de leur membres, il serait également impossible pour les dirigeants du RLQ de se prononcer en faveur d’un parti alors que la grande majorité de leurs membres sont encore sceptiques. Le RLQ ne peut faire autre chose que de rester neutre dans les circonstances. La balle est dans le court des nouveaux partis politiques de droite. À eux de convaincre les sceptiques et d’accueillir les orphelins.

Comme le Black Block pour la CLASSE

Il y a cependant une ombre au tableau. Si Joanne Marcotte avait qualifié de sectaire et puriste le PCQ, c’est qu’une poignée de personnes disant supporter ce parti mènent une campagne de salissage envers certains porte-paroles du RLQ, notamment contre Mme Marcotte. Des épithètes comme « brainwashée » et « marxiste » ont même été lancées par ces mauvaises langues. Je crois que la réputation de Mme Marcotte et des autres porte-paroles du RLQ comme défenseurs de la liberté et des idéaux de droite n’est plus à faire. De les attaquer ainsi ne fait que discréditer ces gens dont la propre contribution à la cause est plus que douteuse.

Du côté du PCQ, le président, Jeff Plante, m’a assuré que ces personnes ne parlent pas au nom du parti et qu’elles n’en sont même pas membres. Du côté du RLQ, même ceux qui ne sont pas près des membres fondateurs soupçonnent que ces personnes sont des agents du parti.

Que ce soit vrai ou non, ces personnes alimentent la méfiance entre les deux organisation, là où il devrait y avoir des liens cordiaux et coopératifs. Peu importe qu’il s’agisse de têtes brûlées, elles minent la crédibilité du PCQ tout comme le Black Block mine celle du mouvement étudiant lorsqu’il infiltre ses manifestations et cause des dommages matériels et des confrontations. Il faudrait que le PCQ évite de faire comme la CLASSE et dénonce vivement les propos de ces gens sur Facebook afin d’établir un lien de confiance. Même si ces gens ne sont pas membres du parti, ils l’éclaboussent au passage et s’ils sont vraiment des supporteurs du parti, ils devraient cesser cette campagne de salissage immédiatement. En tant que militant du PCQ, j’en suis outré et j’espère que les autres membres du parti qui oeuvrent sincèrement à rallier la droite sous cette bannière, le sont autant que moi.

Lorsque le Parti Conservateur du Québec renaquit de ces cendres, je fus un des premiers à acheter ma carte de membre. J’ai la conviction qu’un jour, il réunira tous ceux qui désirent véritablement un changement au Québec.  Je partage le désappointement de son chef que le RLQ ne puisse ouvertement nous supporter, mais je comprend aussi que si ce n’est pas le cas, c’est parce que c’est à nous de les convaincre et de ne pas nous laisser miner par quelques têtes brûlées.

Affrontements stupides

Caricature - Ygreck

J’ai décidé ce matin de ramener une petite caricature que le talentueux Ygreck avait faite environ 3 mois après le premier rassemblement du Réseau Liberté-Québec, alors que les grandes centrales syndicales du Québec faisaient un caca nerveux devant cette nouvelle manifestation d’une droite qu’ils accusaient d’être « provocante ». Je le fais parce qu’il y en a qui affirment sans rire que le RLQ est une organisation inutile. Pourtant, si cette organisation est inutile, pourquoi y a-t-il des gauchistes avec des pancartes à chaque rassemblement majeur de ce mouvement? Pourquoi, avant qu’elle n’apparaisse, le débat gauche-droite était quasi-absent des médias de masse et que maintenant on s’en parle de plus en plus? Pourquoi depuis la fondation de ce réseau, Facebook est-il littéralement en ébullition au Québec avec des débats sur cet axe?

C’est vrai qu’il en en a qui se font de fausses idées sur ce que le RLQ est ou devrait être. Le RLQ n’est pas un parti politique, ni un groupe de pression, ni un lobby. Le RLQ est un réseau. Il n’a pas d’organisation formelle. Il permet à des gens de droite de se réunir et d’échanger. Il permet de tisser des liens et faire des contacts. Il permet également aux gens de droite de s’éduquer en présentant des conférenciers lors de ses évènements. Finalement, grâce à la visibilité médiatique de ses ténors, il est aussi un canal pour les idées de droite dans les médias. C’est loin de ce que j’appellerais « inutile ».  Alors pourquoi y a-t-il des gens de droite si critiques de ce mouvement?

La droite a une particularité intéressante. Elle est farouchement individualiste. Pas individualiste dans le sens du chacun pour soi, mais individualiste dans le sens que l’individu et ses droits sont au centre de ses préoccupation. Contrairement aux drones collectivistes de la gauche, nous ne voulons pas être issus du même moule et nous ne voulons pas nous plier à des exigences ou des solutions uniques. Nous croyons que les solutions émergent du bas vers le haut et non du haut vers le bas. Les idée sont soumises à la loi du marché et ce sont les meilleures idées qui émergent du processus de la concurrence.

Alors, puisque tous les gens de droite sont tous supposés viser le même but, c’est-à-dire moins d’état, je me vois plutôt perplexe d’assister à des luttes intestines stupides qui portent non-pas sur les idées, mais sur le choix d’un véhicule ou de la méthode ou même des conflits d’égos. Vous trouvez que le RLQ n’en fait pas assez? Fondez votre propre mouvement et essayez d’en faire un succès comme Joanne Marcotte, Éric Duhaime, Ian Sénéchal et Roy Eappen ont fait. Vous êtes orphelins politiques depuis que l’ADQ a sombré et vous haïssez la gueule de Jeff Plante? Faites comme lui et partez votre propre parti et voyez si vous pouvez faire mieux que lui. Mais de grâce, cessez de dénigrer ceux qui tentent de s’impliquer corps et âmes à faire avancer la cause de la droite au Québec. J’ai le privilège de connaitre beaucoup de ces gens et chacun est dédié à sa propre manière à la même cause que vous. Pourquoi leur planter des poignards dans le dos? Les traiter de faux droitistes ou que sais-je d’autre encore? Je croyais que seuls les gauchistes s’attribuaient le monopole de la vertu. Et pourtant, si vous n’êtes pas disposés à faire certains des sacrifices que font les Jeff Plante, Éric Duhaime, Ian Sénéchal, Joanne Marcotte et Roy Eappen ont fait, qui êtes-vous pour les critiquer.

L’important n’est pas le véhicule ou la méthode; l’important, c’est les idées. Les luttes intestines ne mènent à rien. Pendant que vous vous obstinez sur le sexe des anges, le véritable adversaire, la gauche, se bidonne. Si ce que le voisin fait pour promouvoir la cause vous déplait, vous pouvez en débattre, mais s’il persiste, vivez et laissez vivre.

2011 et la fin des illusions

 

L’an 2011 sera probablement considérée par les historiens comme une année charnière parce qu’elle aura mis fin à bien des illusions et des croyances. Elle aura aussi vu des profond changements et bouleversements.

2011 est d’abord l’année qu’on a réalisé que le Québec ne peut plus à lui seul empêcher un gouvernement fédéral majoritaire. L’élection du 2 mai a démontré que le reste du Canada pouvait élire un gouvernement majoritaire sans nous.

2011 est aussi l’année de la chute des vieux paradigmes. Ce fût la fin du sempiternel débat constitutionnel et le retour à un débat plus orienté sur l’axe gauche-droite. Ce fût la chute du Bloc Québécois et l’implosion du PQ. Ce fût aussi une raclée pour le Parti Libéral du Canada qui se voit relégué au rôle de tiers-parti pour la première fois de son existence. L’élection fédérale de 2011 aura aussi vu la montée du NPD. Suffit maintenant de savoir si ce parti arrivera à se maintenir et survivre au décès du chef le plus charismatique qu’il ait jamais eu.

2011 est l’année de la descente aux enfers de Jean Charest et du PLQ.  Accablé de plus en plus par les signes de corruption au sein de l’industrie de la construction et des liens avec son gouvernement, Jean Charest s’est vu forcé de créer la Commission Charbonneau. L’an 2012 nous dira ce que cette commission va nous donner de plus que toutes les précédentes, mais elle n’augure pas bien pour les chances de réélection du PLQ.

En fait, 2011 sera probablement vue comme l’année où le Québec aura complètement perdu ses repères du point de vue politique. Libérés du pardigme 0ui/non constitutionnel, les québécois perdent le nord face au nouveau paradigme gauche-droite qui remet en question le modèle québécois social-démocrate et se retrouvent prêt à élire un parti sans programme et sans idéologie par simple volonté de changement.

L’an 2011 marquera aussi le déclin du pouvoir syndical au Québec. Nous avons assisté à la déconfiture de l’Alliance Sociale, à la déconfiture de la FTQ construction face à l’abolition du placement syndical et la désaccréditation de plusieurs syndicats dans des entreprises.

En Europe et partout au monde, l’an 2011 aura aussi mis au jour les limites et les failles de l’État Providence. Il y a quelques années, nous n’aurions jamais crû que nous verrions des états européens acculés à la faillite et la zone euro sur le bord du précipice. Nous n’aurions jamais crû voir le géant américain fléchir des genoux comme il le fait maintenant.

Du point de vue économique, 2011 nous aura aussi montré les faiblesses du système monétaire actuel, basé sur de la monnaie fiduciaire et le système de réserves fractionnaires. Ce système qui depuis des décennies fait fi du fait qu’avant de pouvoir consommer, nous devons produire et que toute production doit être basée sur l’épargne pour être soutenable; ne pouvait faire autrement que de s’écrouler. Nous voyons les colonnes de l’euro commencer à s’effriter et nous verrons bientôt le dollar américain commencer à s’écrouler lui aussi.

Mais il y a des lueurs d’espoir. Je salue en 2011 la sortie du livre de Joanne Marcotte, une critique on ne peu plus lucide de l’état-nounou québécois et qui viendra certainement alimenter le débat que nous aurons inévitablement en 2012 sur le rôle de l’état dans nos vies. J’attends aussi avec beaucoup d’anticipation celui de Éric Duhaime sur l’iniquité inter-générationnelle. J’espère qu’il servira à ouvrir les yeux des jeunes sur le fardeau que les générations précédentes ont placé sur leurs épaules.

À tous nos lecteurs et lectrices, j’aimerais souhaiter une bonne et heureuse année 2012 au nom de Contrepoids et tous ses contributeurs. Merci de continuer à nous lire.

Pour en finir avec le Gouvernemaman : le début d’une réflexion intéressante

Cinq ans après avoir produit son célèbre pamphlet L’Illusion tranquille, une sévère critique du supposé « modèle québécois » (qui n’a reçu aucune subvention), Joanne Marcotte récidive avec un livre, Pour en finir avec le Gouvernemaman. Bien que les libertariens risquent de rester sur leur faim, les personnes qui se questionnent sur la pertinence de l’intervention des gouvernements dans nos vies seront ravis de trouver une « citoyenne engagé qui tente tout simplement de comprendre le Québec qu’elle habite et qui ne s’y reconnaît pas », probablement comme plusieurs d’entre vous. Écrit dans un français facile à comprendre et accompagné de nombreuses références passées et présentes, le livre se dévore avec appétit.

 

Les jovialistes à la Jean-François Lisée, qui affirme que la dette n’est pas « si pire »1, risque de broyer du noir. En effet, le portrait que trace Mme Marcotte du Québec est très sombre, mais (malheureusement) ô combien réaliste. Presque à chaque page, on s’aperçoit que le Québec moderne ressemble à peu près à ceci : une société où les citoyens ont presque complètement abandonné leurs responsabilités au gouvernemaman, ce Léviathan qui vise à assurer notre bien, voire même nous protéger de nous-mêmes. Pensons seulement à cette déclaration de Claude Castonguay, qui voulait imposer un RÉER (épargne retraite) parce que les gens ne connaissent pas assez bien l’épargne… Même si c’était vrai, force est de constater que ce comportement est plutôt rationnel, voir même encouragé dans notre société. En effet, dans une citation indirecte de Ludwig Von Mises – elle m’a avoué ne pas connaître l’École autrichienne –, l’auteure rappelle que les sociale-démocraties ont tout dans les bonnes intentions, rien dans le calcul des couts économiques de leurs actions. Cela explique pourquoi les plus grands consommateurs de médicaments – les gens âgés, à hauteur de 60 % – ne paient que 38 % de la facture.

 

La déresponsabilisation tranquille ne touche pas seulement les citoyens. Elle ne manque pas au passage de dénoncer vivement les entreprises qui profitent des plus généreuses subventions et des programmes d’aide les plus nombreux au Canada. En fait, selon ses recherches, il pourrait y avoir, d’ici 2018, un programme d’aide pour chaque trois nouveaux entrepreneurs! Elle affirme, avec raison, que ces entreprises font de la concurrence déloyale. Et elles n’ont pas intérêt à ce que ça change; après tout, elles sont bien au chaud dans leur duvet doré aux frais de la princesse (les contribuables).

 

Cette superstructure est supportée par des petits groupes de pression bien organisés, notamment les syndicats. Cette minorité bien organisée – contrairement à la majorité rationnellement silencieuse2 – se mobilise à la moindre attaque de leurs privilèges. Rappelez-vous un peu les journées de perturbations organisées suite aux promesses du gouvernement Charest de faire un peu de ménage dans l’administration … Suite à ces manifestations, tel qu’on le mentionnait aussi dans L’Illusion tranquille, le gouvernement est rentré dans les rangs afin de préserver « la paix sociale ». Résultat : il y a encore plus de fonctionnaires dans le gouvernement et de cadres dans le domaine de la santé que jamais auparavant. Comme chaque mesure ne coutent « que » quelques sous par électeurs, la majorité n’a pas intérêt à protester…

 

Et afin de taire les critiques du sacro-saint « modèle » québécois, on se charge sur-le-champ de dénigrer quiconque ose le remettre en question. On n’a qu’à penser à l’accueil réservé à cet article de Macleans’, qui accusait le Québec d’être la province la plus corrompue – on se rend compte que c’est vrai – ou à cette sortie du député fédéral de Beauce Maxime Bernier qui osait affirmer l’évidence, soit que le Québec est un enfant gâté (par la péréquation) et qu’il en demande toujours plus.

 

Des solutions intéressantes, mais qui ne vont pas assez loin

 

Après une impressionnante collection de constatations et de critiques toutes plus justes les unes que les autres, Joanne Marcotte termine son livre sur un rêve : à quoi pourrait ressemble son Québec idéal en 2025. Elle y présente des idées audacieuses qui vont très certainement à contre-courant des idées de notre intelligentsia : déréglementation du transport en commun, abolition des commissions scolaires et des agences de santé (ce qui donne plus d’autonomies aux établissements), fin du corporatisme syndical dans les écoles et un retour massif des exilés, pour ne nommer que ces points.

 

Toutefois, son programme ne va pas assez loin. En effet, bien que le Québec de Joanne Marcotte embrasse plus de libre-marché, il ne le fait pas assez. Elle semble sous-entendre que les monopoles publics (Hydro-Québec, Loto-Québec, SAQ) existent encore. Ainsi, l’électricité locale continue d’être vendue à perte, le gouvernement continue de monopoliser le jeu et s’approprier les profits pour s’engraisser, et l’alcool continue d’être vendue plus chère qu’en Alberta, sans compter des employés surpayés pour du commerce de détail. Ensuite, bien qu’elle limite l’octroi de fonds publics, elle continue de supporter les subventions culturelles pour compenser la petitesse du marché. Je dois m’inscrire en faux contre cette affirmation. Si quelque chose ne peut survivre sans aide gouvernementale, alors ça ne mérite pas de vivre. Après tout, Gilles Vigneault, Pauline Julien, ou même Gabrielle Roy et Félix Leclerc ont commencé leur carrière sans aide gouvernementale, et ils s’en sont très bien tiré! Si on a confiance en notre produit, que ce soit un meuble ou un poème, alors il se vendra. Enfin, elle mentionne souvent que l’État s’est grandement éloigné de ses missions essentielles… quelles sont-elles? Elle n’en parle pas.

 

Malgré tout, je recommande chaudement ce livre. Peu de personne ont le courage qu’a eu Joanne Marcotte d’exposer au grand jour ce qui va mal au Québec. Et elle n’épargne personne : syndicats, artistes, politiciens, une culture apparemment généralisée de déresponsabilisation et de no-fault … Heureusement, si l’on peut se fier aux sondages qu’elle cite, les gens, et particulièrement les générations X (1960-1979) et Y (1980-1999), se rendent compte que l’on ne peut plus se permettre de rouler en Cadillac alors qu’on ne peut se payer qu’une Lada. Puisse Pour en finir avec le Gouvernemaman inspirer d’autres auteurs, et peut-être même des politiciens, afin que le Québec puisse finalement se sortir des bas-fonds des statistiques économiques!

2BÉLANGER, Gérald. L’Économique de la santé et l’État providence, Les Éditions Vara, Montréal, Québec, 2005, p.141-142

La naissance de la CAQ signifie-t-elle la fin de la droite au Québec?

C’est André Pratte qui pose cette question sur le blogue de l’édito de La Presse. Je me suis permis d’y répondre et je vais donc reproduire ma réponse ici.

J’ai l’honneur et le privilège de côtoyer plusieurs figures de proue de la droite québécoise, incluant M. Pouliot, Joanne Marcotte et Éric Duhaime, pour ne nommer qu’eux. Les discussions font rage sur les réseaux sociaux en ce qui concerne l’ADQ.

Les partisans de la droite sont des orphelins politiques et sont très mal représentés. Aucun parti politique ne défend vraiment leurs valeurs. Ces partisans on crû pour un temps que l’ADQ puisse répondre à leurs aspirations. Certains y croient encore, mais beaucoup n’y croient plus. C’est pourquoi ils ont déserté l’ADQ aux dernières élections.

Plus j’en apprend sur l’ADQ, et plus j’en viens à la conclusion que ce parti est profondément divisé, ayant d’un coté des partisans férus de la droite économique et de l’autre des partisans du centre-mou, pour ne pas dire centre-gauche, menés par un des fondateurs du parti, Jean Allaire.

Ce sont M. Allaire et sa clique qui désirent la fusion avec la CAQ, alors que le reste est farouchement contre. Il est difficile de savoir présentement quel groupe est prédominant, mais M. Allaire compte plus de sympathisants parmi le comité exécutif et probablement le caucus des députés, qui calculent leurs chances de ré-election et croient les vents plus favorables à la CAQ. Du côté de la base militante, mon impression est qu’un grand nombre est contre la fusion.

C’est mon espoir et celui d’un grand nombre de partisans de la droite libertarienne et économique que la proposition de fusion soit soumise à un vote des militants et soit battue. Les membres du comité exécutif et du caucus qui ont soutenu la fusion démissionneraient, ou seraient invités à partir, laissant la place à des successeurs qui sont vraiment de droite. Pour cela, ilfaudrait que les vrais partisans de la droite reviennent au bercail et peut-être que de nouveaux partisans viennent rejoindre leurs rangs.

Suite à ça, l’ADQ aurait quand même plus d’un an avant la prochaine élection pour redorer son blason auprès de la droite québécoise et recruter des candidats de qualité et enfin devenir un représentant digne de ce segment de l’électorat québécois.

Le déclin du « modèle québécois »

Cela fait maintenant 5 ans, presque jour pour jour, que Joanne Marcotte a lancé son film, L’Illusion Tranquille. Ce documentaire politique avait fait bien des remous à l’époque et force est d’avouer qu’il est encore tout aussi d’actualité aujourd’hui qu’il y a 5 ans. Maintenant Joanne Marcotte récidive avec son premier livre, « Pour en finir avec le Gouvernemaman ».

Si vous entretenez encore l’illusion que les choses vont bien au Québec, et honnêtement il faut être sérieusement dans sa bulle pour le croire, ce livre vous causera un choc nerveux.  De la première à la dernière page, Joanne Marcotte vous guide à travers une démolition contrôlée de tous les mythes de la société québécoise. Suivant un modèle similaire à celui de L’illusion Tranquille, elle s’exprime par la plume de divers chroniqueurs, éditorialistes et écrivains afin de démontrer les lacunes de notre état-providence et ses effets pervers sur notre société.

Elle commence par montrer comment notre état-nounou nous infantilise et nous déresponsabilise.  Puis elle nous amène à constater la source de notre immobilisme, ce qu’elle appelle « la pathologie de l’auto-diagnostic ».  Elle nous parle de tout ces rapports qui ont été commandés au fil des ans et qui proposaient des solutions diverses, mais qui se sont tous retrouvés sur les tablettes, comme le sera probablement celui de la Commission Charbonneau.

Elle nous démontre comment différents acteurs y trouvent aussi leur compte et obtiennent des privilèges de l’état au détriment de tous, que ce soit par des programmes d’aide à l’entreprise trop généreux ou par l’hyper-bureaucratisation de l’état et l’hyper-syndicalisation. Elle démasque ces pillards qui vivent au dépens des contribuables.

Par la bande, elle nous sert également un excellent exposé des philosophies politiques de l’étatisme et du libéralisme et une des meilleures descriptions de l’axe gauche-droite que j’ai vu jusqu’ici.

Elle termine en nous donnant une description de ce que pourrait être le Québec en 2025 si nous nous réveillons et que nous commençons à repenser le rôle de l’état. J’ose dire ici que je ne suis pas aussi optimiste qu’elle. Je crois effectivement que si un changement vient, il nous sera imposé de l’extérieur. Il ne viendra pas de nous. Rien dans l’attitude des différents partis politiques et des électeurs ne laisse présager un réveil collectif avant que nous frappions un mur.

J’ai trouvé le livre extrêmement bien structuré et facile à lire. Aucun besoin d’être un expert en science politique pour s’y retrouver. Ce livre s’adresse plus au néophyte et le guide très efficacement à travers le b-a-ba de la politique et l’économie québécoise. Je crois même que si les indignés de Montréal et Québec venaient à le lire, ils sauraient enfin pourquoi ils protestent, et leurs tentes se retrouveraient devant l’Assemblée Nationale, plutôt que dans les districts financiers.

Le lancement officiel de « Pour en finir avec le Gouvernemaman » s’est passé ce mardi et mercredi à Québec et Montréal et le livre sera disponible en librairie le 15 novembre. En attendant, vous pouvez vous le procurer sur le blogue de Joanne Marcotte ou sur le site du Réseau Liberté-Québec.

Ajout:

Entrevue de Joanne Marcotte à Franchement Martineau

 

Qu’est-ce que Contrepoids? Entrevue avec l’éditeur.

Philippe David, l'éditeur de Contrepoids à l'oeuvre.

 Le Québec aura bientôt un nouveau journal web. Nous avons rencontré l’éditeur de Contrepoids.com, Philippe David,  à son bureau pour discuter avec lui de son projet.

Contrepoids: Qu’est-ce que Contrepoids?

Philippe David: Ce sera un nouveau journal web orienté pour desservir la droite québécoise. J’entends me faire une place dans ce marché qui est sous-exploité.

Contrepoids: Sous-exploité?

Philippe David: Tout à fait. Presque tous les journaux traditionnels, à l’exception des journaux Sun et du National Post en anglais et du Journal de Montréal/Québec en français, desservent une clientèle plutôt étatiste et gauchiste. Et même les journaux de Québécor ont un petit côté corporatiste qui m’agace quelques fois. J’ai donc décidé de créer un journal orienté exclusivement vers une clientèle de droite anti-étatiste. Cette clientèle est orpheline, tant du côté de l’offre médiatique que politique.

Contrepoids: D’où vient le nom Contrepoids?

Philippe David: Joanne Marcotte m’a donné l’idée quand elle a commenté un article du site « Contrepoint », un autre excellent site en passant, que j’avais partagé sur Facebook. Elle s’est trompée sur le nom du site et l’a appelé « Contrepoids ». J’ai pensé que ce serait un nom plutôt génial pour un journal qui fait « contrepoids », justement, à la pensée unique qui règne dans les journaux et les médias en général.

Contrepoids: Qu’est-ce qu’on trouvera sur Contrepoids?

 Philippe David: Je veux offrir ce que la plupart des journaux offrent. J’ai signé un contrat avec la Presse Canadienne pour offrir des reportages de cette agence de presse. Il y aura bien entendu des articles signés de ma plume, mais je recrute aussi d’autres blogueurs qui publieront également des articles. Il y en a déjà quelques uns qui m’ont contacté et ont signifié leur intérêt. Quiconque est intéressé à publier sur Contrepoids n’ont qu’à s’inscrire et me contacter à l’adresse au bas de la page. Il y aura aussi une sorte de courrier du lecteur que j’appelle « Vox Populi » où les lecteurs pourront envoyer leurs opinions à publier par courriel. Seules les lettres signées seront acceptées cependant. Somme toute, ce sera un mélange journal traditionnel/journal citoyen.

Contrepoids: Les reportages de la Presse Canadienne, ça coûte quelque chose, non? Comment allez-vous financer tout ça?

Philippe David: En  effet, ce n’est pas gratuit. En plus, j’ai loué un serveur virtuel (VPS) pour héberger le site pour ne pas voir ma bande passante limitée par d’autres utilisateurs comme sur un hébergement mutualisé. J’ai puisé dans mes économies pour un fond de départ, mais je compte sur des revenus publicitaires et la générosité des lecteurs pour m’aider à demeurer à flot. Inutile de dire qu’il est hors de question d’obtenir une subvention, c’est contre mes principes. Je veux demeurer indépendant.

Contrepoids: Quand sera le lancement officiel?

Philippe David: Je voulais laisser passer la période des vacances avant d’inaugurer le site, alors le lancement officiel sera le 6 septembre prochain. Le site est encore en construction, mais il est possible de le visiter si vous voulez avoir une idée de son apparence. J’apprécierais d’ailleurs toute suggestion de la part des lecteurs. Les commentaires seront ouverts sur cet article à cet effet, mais il faudra s’inscrire sur le site pour commenter et les commentaires seront modérés. J’ai aussi créé une page Facebook et un compte Twitter pour mieux diffuser le contenu. Il est aussi possible de s’abonner au fil RSS ou par courriel. Je vous invite à nous lire en grands nombres.