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Merci Joanne et au revoir…

Par Philippe David

Aux ondes du FM93 à Québec ce matin, mon amie Joanne Marcotte a annoncé qu’elle prenait une année sabbatique des chroniques et des médias, suivi d’une explication et d’un bilan des ses réalisations sur son blogue. J’accueille cette nouvelle avec un petit pincement de cœur, je l’avoue.

J’ai connu Joanne Marcotte au travers de mon implication au Réseau Liberté Québec. Ce fût un plaisir et un honneur de travailler avec elle. Je demeure d’ailleurs un fan inconditionnel. C’est une grande dame qui, je crois, a été pendant 15 ans une des principales figures de proue du libéralisme au Québec. Ses réalisations sont multiples. Son documentaire, «L’Illusion Tranquille» et son livre «Pour en Finir avec le Gouvernemaman» sont encore plus pertinents que jamais aujourd’hui. Malgré le fait que le RLQ est maintenant inactif, ce qu’elle a créé avec Ian Sénéchal, Éric Duhaime et Roy Eappen a permis à une certaine droite de sortir du placard et de s’affirmer alors qu’avant elle ne consistait que de quelques voix seules et isolées dans les blogues et les médias sociaux. À travers sa visibilité médiatique, elle a beaucoup contribué à amener le libéralisme et le conservatisme fiscal sous les projecteurs et populariser ces idées encore méconnues.

Lorsque j’ai commencé à bloguer en 2006, on ignorait encore ce que c’était une idéologie de droite au Québec, encore moins ce qu’est le libéralisme classique ou le libertarianisme, tellement le débat constitutionnel occupait l’espace médiatique. Avec son documentaire, son blogue et ses interventions dans les médias, Joanne a su partager avec le Québec des idées politiques jusque-là très obscures. Elle a aussi accueilli le blogueur marginal que j’étais à l’époque et m’a fait sentir que mes écrits étaient appréciés et m’a inclus dans certains projets au RLQ. Pour cela je lui serai toujours reconnaissant. Si j’écris encore, c’est un peu grâce à elle.

Je crois que je peux dire que sa présence va me manquer, quoique je suis sûr qu’on aura l’occasion de se jaser sur Facebook de temps en temps. Son absence des ondes va créer un vide qui sera difficile à remplir. Cependant, je peux comprendre que la célébrité a un certain coût. Ça finit par user à la longue. Un petit repos lui fera certainement le plus grand bien.

Merci infiniment Joanne pour ta ténacité et ton intelligence et pour tout ce que tu as fait pour nous qui continuons de se battre pour nos idées. Tu vas nous manquer. Mais malgré tout, je conserve l’espoir que ce n’est qu’un au revoir plutôt qu’un adieu.

Le Québec dans le rouge, une vidéo à voir absolument

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Par Philippe David

Depuis près de 10 ans, Joanne Marcotte livre un combat pour conscientiser les québécois sur notre modèle social-démocrate et ses conséquences inévitables d’appauvrissement et d’endettement. Après avoir produit un film et un livre (à ses propres frais) et des centaines de billets de blogues, nous voilà au point où le mur qu’elle s’efforçait de nous faire voir est maintenant droit devant. Elle s’est donc amusée à faire un petit montage. Visionnez-le et partagez-le avec tous vos amis et membres de votre famille.

 

Mathieu Bock-Côté, Joanne Marcotte et la défense du français

 

Bock-Cote

 

Par Philippe David

Ce matin, Mathieu Bock-Côté y va d’une critique plutôt cinglante à l’endroit d’un texte publié hier par Joanne Marcotte. Bien que je sais pertinemment que mon amie Joanne est parfaitement capable de se défendre, je ne peux que m’interroger, à la lecture de la critique, si Mathieu Bock-Côté a bien lu et compris ce texte.

Dans son texte, Mathieu Bock-Côté prétend que Joanne Marcotte ne désire pas qu’on préserve notre héritage et notre langue. Que notre culture ne mérite pas d’être défendue. Je crois savoir que c’est tout le contraire. Ce qu’elle critique, ce sont les méthodes que préconisent ceux qui, comme Bock-Côté, prétendent être les grands défenseurs de la langue française.

Dans les commentaires du texte de Bock-Côté,  j’ai vu certains accuser Joanne Marcotte de n’avoir aucun sens de l’histoire. Ça aussi c’est pertinemment faux. L’histoire a toujours été un de mes sujets préférés. Je suis donc plus que familier avec l’histoire du Québec. J’ai aussi pris le soin de retracer ma généalogie, ce qui m’a aussi donné une grande conscience de mes racines.

Je fais partie de la onzième génération de David au Québec. Mon ancêtre,  un de trois frères qui ont quitté leur Normandie natale pour tenter leur chance en Nouvelle-France, est débarqué à Trois-Rivières en 1650. Guillaume David, comme bien d’autres colons, c’est vu octroyé une parcelle de terre dans la seigneurie de Sorel. Il a partagé sa vie entre la culture de sa terre et la traite de fourrures. Son fils ainé, Jacques fût même arrêté sous les ordres de Frontenac pour avoir commercé avec les anglais des colonies de la Nouvelle-Angleterre et les Hollandais de la Nouvelle-Amsterdam (New York, aujourd’hui). Faut croire que j’ai le libéralisme dans le sang, puisque mes ancêtres étaient manifestement des partisans du libre-échange. Je fais partie d’une lignée de gens hardis qui ont contribué largement à bâtir notre pays et perpétuer notre héritage, notre culture, et notre langue. Mes ancêtres ont survécu la conquête et continué de transmettre leur langue et leurs traditions malgré elle, tout en vivant au Sault-aux-Récollets (Montréal-Nord), Boucherville, Longueuil, Saint-Hubert et Laval. Leurs descendants comptent trois sénateurs et une porte-parole de Québec Solidaire et députée de l’Assemblée Nationale. En fait, pendant  plus de 360 ans avant l’avènement du gouvernement libéral de Robert Bourassa et sa loi 22, mes ancêtres et ceux de millions d’autres canadiens-français ont réussi à préserver leur langue sans l’aide de lois coercitives ou aucune forme d’agence gouvernementale.

Ceux qui n’ont aucun sens de l’histoire sont ceux qui maintenant ne jurent que par l’intervention de l’état pour protéger notre héritage francophone. Qui croient que le salut de notre langue et notre culture repose sur toujours plus de lois et de limiers pour les faire respecter. Si c’est le cas, notre culture est déjà morte et n’a l’apparence de vie que parce qu’elle est branchée à un respirateur depuis un demi-siècle.

Est-il donc permis de remettre en question ces dogmes sans se faire qualifier de traitre à la nation? Est-il possible que ces dogmes soient en partie responsables de notre isolation économique et notre appauvrissement relativement au reste de l’Amérique du Nord? Est-il possible de dire que nos politiques d’immigration, qui depuis plusieurs années favorisent la langue plus que tout autre critère d’acceptation, sont mal avisées et sont la cause de plusieurs conflit sociaux et difficulté d’intégration? Est-il possible de dire que les subventions à la culture, plutôt que de l’enrichir, condamne celle-ci à la médiocrité? Est-il possible d’admettre que la préservation du français ne nécessite pas la suppression coercitive de l’anglais? Est-il possible de dire que les lois qui condamnent nos enfants à l’unilinguisme francophone sont aussi une recette condamnant les générations futures au repli et au marasme économique en les rendant moins compétitives sur un marché de plus en plus mondialisé?  Est-il possible d’admettre que le multiculturalisme et le marxisme culturel, ainsi que la gestion déficiente de notre système d’éducation par l’état ont une plus grosse part de responsabilité dans l’érosion de nos racines que le fait d’être un petit îlot de francophonie dans une mer anglophone?

Non, la langue française n’est pas menacée par la présence d’anglophones au Québec. Elle n’est pas menacée par une anglicisation (réelle ou imaginaire?) de Montréal. Elle est d’abord menacé par la médiocre qualité de son enseignement dans nos écoles. Elle est également menacé par cette hargne que nous avons également contre quiconque nous entendons parler un français correct, plutôt qu’en joual.  Cette haine que nous vouons aux « maudits français ». Ce manque de fierté chronique que nous avons de notre langue qui fait que bien des immigrants dont la langue maternelle n’est pas le français s’expriment et écrivent dans cette langue beaucoup mieux que nous. Si nous voulons vraiment préserver notre culture et notre langue, peut-être devrions-nous commencer par en être fiers et transmettre cette fierté à nos enfants, plutôt que d’obliger les autres à parler français à la pointe d’un fusil.