Archives par mot-clé : Libéralisme classique

Merci Joanne et au revoir…

Par Philippe David

Aux ondes du FM93 à Québec ce matin, mon amie Joanne Marcotte a annoncé qu’elle prenait une année sabbatique des chroniques et des médias, suivi d’une explication et d’un bilan des ses réalisations sur son blogue. J’accueille cette nouvelle avec un petit pincement de cœur, je l’avoue.

J’ai connu Joanne Marcotte au travers de mon implication au Réseau Liberté Québec. Ce fût un plaisir et un honneur de travailler avec elle. Je demeure d’ailleurs un fan inconditionnel. C’est une grande dame qui, je crois, a été pendant 15 ans une des principales figures de proue du libéralisme au Québec. Ses réalisations sont multiples. Son documentaire, «L’Illusion Tranquille» et son livre «Pour en Finir avec le Gouvernemaman» sont encore plus pertinents que jamais aujourd’hui. Malgré le fait que le RLQ est maintenant inactif, ce qu’elle a créé avec Ian Sénéchal, Éric Duhaime et Roy Eappen a permis à une certaine droite de sortir du placard et de s’affirmer alors qu’avant elle ne consistait que de quelques voix seules et isolées dans les blogues et les médias sociaux. À travers sa visibilité médiatique, elle a beaucoup contribué à amener le libéralisme et le conservatisme fiscal sous les projecteurs et populariser ces idées encore méconnues.

Lorsque j’ai commencé à bloguer en 2006, on ignorait encore ce que c’était une idéologie de droite au Québec, encore moins ce qu’est le libéralisme classique ou le libertarianisme, tellement le débat constitutionnel occupait l’espace médiatique. Avec son documentaire, son blogue et ses interventions dans les médias, Joanne a su partager avec le Québec des idées politiques jusque-là très obscures. Elle a aussi accueilli le blogueur marginal que j’étais à l’époque et m’a fait sentir que mes écrits étaient appréciés et m’a inclus dans certains projets au RLQ. Pour cela je lui serai toujours reconnaissant. Si j’écris encore, c’est un peu grâce à elle.

Je crois que je peux dire que sa présence va me manquer, quoique je suis sûr qu’on aura l’occasion de se jaser sur Facebook de temps en temps. Son absence des ondes va créer un vide qui sera difficile à remplir. Cependant, je peux comprendre que la célébrité a un certain coût. Ça finit par user à la longue. Un petit repos lui fera certainement le plus grand bien.

Merci infiniment Joanne pour ta ténacité et ton intelligence et pour tout ce que tu as fait pour nous qui continuons de se battre pour nos idées. Tu vas nous manquer. Mais malgré tout, je conserve l’espoir que ce n’est qu’un au revoir plutôt qu’un adieu.

Le Parti libéral du Québec doit redevenir une formation politique réformatrice

Par Simon Leduc

Le PLQ est le parti politique le plus ancien de l’histoire de la province de Québec. Il est présent sur la scène politique québécoise depuis la naissance de la Confédération canadienne. Il a réussi à survivre à travers les décennies grâce à sa capacité à s’ajuster aux nouvelles époques. Plusieurs entités politiques sont nées de schismes à l’intérieur des troupes libérales : l’Action libérale nationale (des jeunes libéraux réclamaient des réformes auprès du gouvernement Taschereau), le Parti québécois (l’entourage de René Lévesque voulait que le parti devienne plus nationaliste) et l’Action démocratique du Québec (après l’échec de Meech, des jeunes libéraux n’ont pas accepté la mise au rancart du rapport Allaire). Malgré ces crises, le PLQ a réussi à demeurer une force politique de premier plan dans la Belle province.

En 1960, le Parti libéral du Québec a mis fin à seize ans de domination unioniste en remportant les élections avec une forte majorité. Le gouvernement réformateur de Jean Lesage a mis en place des réformes majeures pour que les Canadiens français puissent prendre le contrôle de leur économie. En 1962, le ministre des Ressources naturelles René Lévesque a complété la nationalisation de l’hydro-électricité. Après la publication du rapport Parent, le gouvernement libéral a créé le Ministère de l’Éducation afin de moderniser les réseaux primaire et secondaire. La Caisse de dépôts et de placements est née en 1965 pour gérer le bas de laine de la population et pour soutenir les entreprises québécoises. Dans les années soixante-dix, le premier ministre Robert Bourassa a ouvert la voie au développement économique du Grand Nord québécois avec les barrages hydroélectriques de la Baie-James. Cela a permis de créer des milliers d’emplois et de la richesse. Ces deux grands premiers ministres libéraux ont contribué au développement économique de notre province.

Jean Charest aurait pu être un premier ministre réformateur comme l’on été Jean Lesage et Robert Bourassa. Lors de la campagne électorale de 2003, le chef libéral avait promis de réformer le modèle québécois qui était déjà à bout de souffle à ce moment-là. Le 14 avril 2003, le PLQ de Jean Charest a été élu avec le mandat de réformer le Québec avec sa fameuse réingénierie de l’État. Le premier ministre Charest voulait réduire la taille du gouvernement afin de le rendre plus efficace et efficient. Il disait que celui-ci était obèse et tentaculaire et qu’un régime minceur était nécessaire afin de réduire la dette et baisser les impôts des contribuables québécois (qui sont les plus taxés en Amérique). Malheureusement, le gouvernement libéral a eu peur des forces du statu quo (les syndicats et les groupes d’intérêts de gauche). Jean Charest a trahi la majorité silencieuse en cédant aux menaces syndicales. Les grandes centrales syndicales ont fait reculer l’administration Charest et cela leur a permis de conserver leurs précieux droits acquis. Sous le règne de Jean Charest, la taille de l’État a continué d’augmenter et la dette publique a explosé et elle se chiffre maintenant à 253 milliards de dollars. De 2003 à 2012, les dépenses gouvernementales ont été hors de contrôle. Les programmes sociaux coûtent de plus en plus cher et personne n’ose les remettre en question. Un jour, il va falloir faire le procès du modèle québécois mais ce n’est pas pour demain.

Le PLQ n’a de libéral que le nom et il continue d’être un des défenseurs du régime en place. Ce parti politique centenaire a une chance en or de devenir une force politique qui va prôner et respecter les idéaux du libéralisme classique : la liberté individuelle, le libre marché, la réduction de la taille de l’État et l’entreprenariat. Le Parti québécois a décidé de se camper clairement à gauche du spectre politique et la CAQ ne semble pas vouloir brasser assez la cage. Selon moi, le prochain chef libéral doit positionner le parti au centre-droit et devenir le parti réformateur que les Québécois recherchent depuis le début des années 2000.

Le Québec est à la croisée des chemins. Il se dirige à toute vitesse vers le mur de la faillite. Il doit tourner à droite et se diriger vers une nouvelle voie. La question que l’on doit se poser est la suivante : Est-ce que le PLQ sera le véhicule réformateur qui va mener la province vers la terre promise? Philippe Couillard, Pierre Moreau et Raymond Bachand devront répondre à cette question durant la course à la chefferie de leur parti. L’avenir de la Belle province et du PLQ en dépend.

Qu’est-ce que le libertarianisme?

Par Philippe David

Le 3 octobre dernier, Steve Martineau et ses comparses m’ont  reçu à leur émission de radio « Tête à Queue », diffusée sur Radioshock.fm et nous avons discuté de la philosophie à laquelle j’adhère: le libertarianisme. Je vous invite à écouter cette entrevue, mais si vous n’avez pas 48 minutes de libre, je vais aussi vous en livrer un résumé par écrit. Puisque cette philosophie politique commence à émerger dans les médias de masse, j’ai pensé que ce serait une bonne idée de la définir pour nos lecteurs.

1   Définition

Les mots “libertarianisme” ou “libertarien” n’apparaissent pas dans les dictionnaires français. Ce sont des anglicismes qui n’ont pas été acceptés par l’académie de la langue française et qui ne sont utilisés dans la réalité qu’en Amérique du nord. Ce que nous appelons le libertarianisme ici est en fait le libéralisme classique. D’ailleurs, en France, on utilise encore le terme « libéral» plutôt que « libertarien ». Mais ici, le terme « libéral » n’a plus la même signification qu’en France. Un libéral au Québec est un social-démocrate, alors qu’un libéral en France est un disciple du libéralisme classique sur lequel est fondée la civilisation occidentale. C’est le libéralisme issu de penseurs comme John Locke, Alexis de Tocqueville, Frédéric Bastiat ou Thomas Jefferson. C’est la doctrine à l’origine de la déclaration d’indépendance des États-Unis  et de sa constitution. Incidemment, ce sont aussi  ces principes qui ont guidé les pères de la constitution canadienne de 1867. On pourrait donc dire que le libertarianisme est en quelque sorte un retour aux sources de la civilisation occidentale. Le libéralisme classique est fondé sur dix grands principes.

2   Dix principes du libéralisme classique

 

  • La vie d’un individu est une valeur morale universelle et absolue. La vie, liberté et propriété d’un individu non-agressif ne saurait être sacrifiée à aucun but.
  • Chaque individu est propriétaire de son propre corps, son esprit et de son labeur, incluant les objets physiques qui sont le fruit légitime de ce labeur. (Le droit de propriété)
  • Tout individu a le droit de poursuivre des activités nécessaires à l’amélioration de sa vie – incluant ses aspects matériels, intellectuels et émotionnels – en utilisant son propre corps et sa propriété, ainsi que la propriété d’autres personnes consentantes.
  • Les droits d’un individu à la vie, la liberté et la propriété sont inhérents à la nature de cet individu. Ils ne sont octroyés par d’autres  êtres humains et ne peuvent être enlevés par aucune entité. (Le concept de droits naturels)
  • L’initiation de la force physique ou la menace de l’usage de celle-ci ou la fraude contre tout individu n’est jamais permise – Peu importe le caractère ou la position de l’instigateur. Cependant, une force proportionnelle peut être utilisée pour se défendre de ou en réponse à une agression. (Le principe de non-agression)
  • Le seul rôle fondamental d’un gouvernement est de protéger les droits individuels en prenant des actions spécifiquement déléguées à ce gouvernement par ses citoyens. Le gouvernement n’est pas l’égal de la société et n’a pas le droit de sacrifier des individus non-agressifs pour avancer le bien-être des autres. (L’état de droit)
  • Chaque individu a le droit absolu de penser ou exprimer toute idée qu’il veut. La pensée ou la parole ne seront jamais l’équivalent de la force ou de la violence et ne devraient jamais être restreintes ou être sujettes à des pénalités coercitives. Spécifiquement la contrainte et la censure sur la base de religion ou d’idées politiques sont inacceptables en toute circonstance. (La liberté de conscience et d’expression)
  • Le commerce, la technologie et la science sont des forces libéralisantes désirables qui sont capables de soulager les maux historiques, d’améliorer la qualité de vie humaine et l’élever moralement l’être humain. La liberté complète d’échange, d’innovation et de pensée doivent être préservés et soutenus pour tous les êtres humains. (Capitalisme)
  • Les accidents de naissance, de géographie ou de généalogie ne définissent pas un individu et ne devraient jamais générer de restrictions imposées par autrui sur les droits ou les opportunités de cet individu. Chaque individu doit être jugé strictement selon ses qualités personnelles, incluant ses accomplissements, son caractère et ses connaissances. (L’égalité devant la loi)
  • Il n’existe aucune limite « naturelle » ou désirable au potentiel humain de faire le bien, et il n’existe aucun problème substantiel qui ne puisse être résolu par la connaissance humaine présente ou future, l’effort et la technologie. Il tient d’un impératif moral à tous les humains d’étendre leur maitrise de l’univers indéfiniment et de telle façon à assurer la survie et l’épanouissement de tous les individus non-agressifs.

3    Un monde libertarien

 

À quoi ressemblerait une société libertarienne? Certains vous diront que puisque nous voulons minimiser, voire éliminer l’état, qu’un monde libertarien serait la loi de la jungle et au plus fort la poche. Ce n’est pas du tout ça.

3.1  Le rôle de l’État

Pour le libertariens, l’état est la seule entité ayant le droit légal d’utiliser la force et son rôle est d’abord et avant tout de protéger les citoyens contre les agressions extérieures par la force militaire et intérieures par les forces policières et de résoudre les disputes en offrant un système légal. Pour les autres services, les libertariens considèrent que le secteur privé est généralement plus efficace que le gouvernement (ce que notre gouvernement est en train de prouver).

3.2  L’économie

Les libertariens croient que le gouvernement n’a pas à s’ingérer dans la vie économique des citoyens autrement que de punir la fraude et le vol. Le système légal normal devrait donc suffire à règlementer les marchés et prévenir que des gens soient floués dans leurs transactions. Les gens auraient donc le droit de transiger avec qui ils veulent, selon des termes mutuellement acceptables.

3.3  Le filet social

Les libertariens prônent la responsabilité sociale. Ce qui veut dire que nous sommes responsables d’abord et avant tout de nous-mêmes et de nos familles. Prendre soin de nos enfants et de nos ainés, par exemple, est notre responsabilité, pas celle de la société.  Il a été généralement démontré que plus une société est libre sur le plan économique et plus elle est prospère. Dans une société prospère, l’extrême pauvreté est un phénomène marginal et relève de la charité privée. Il est impensable d’utiliser l’État pour forcer les gens à être charitables contre leur gré. L’idée de faire une redistribution forcée de la richesse, comme nous le faisons présentement, est moralement  inacceptable pour un libertarien. Utiliser la force pour saisir la propriété d’autrui est un vol, même si c’est le gouvernement qui le fait avec la bénédiction de la majorité de ces citoyens. Si un citoyen n’a pas le droit d’utiliser la force pour saisir la propriété d’un autre, il ne peut pas déléguer ce pouvoir à son gouvernement, peu importe le nombre de citoyens qui seraient d’accord avec l’acte. La démocratie ne peut servir à violer les droits, seulement les préserver.

3.4  La vie sociale et la vertu

L’État n’a aucune place dans la chambre à coucher. Ce n’est donc pas sa place de dicter ce qui peut se faire ou ne pas se faire entre deux individus consentants. Ce n’est pas sa place également de dicter comment un individu dispose de son propre corps, tant que celui-ci en subit les conséquences et ne nuit pas à autrui. Ce n’est pas à l’état d’imposer une certaine moralité ou une idéologie à l’ensemble de la société par la force. Ce n’est pas à l’État d’imposer une langue d’usage. Sur un territoire, la langue s’impose d’elle-même quand une majorité des citoyens la parlent et transigent avec. L’usage de la force est donc inutile et superflue.

4  Conclusion

Le libertarianisme est l’incarnation nord-américaine du libéralisme classique et adhère à ses principes. C’est une vision de société qui est centrée autour du principe de non-agression et du  respect des droits individuels et de propriété. Le libertarianisme n’est en réalité ni à gauche et ni à droite. C’est la seule philosophie qui est cohérente vis-à-vis l’usage de la force de l’état. La gauche prône l’usage de la force de l’état pour promouvoir l’égalité sociale et la droite prône l’usage de la force pour promouvoir la vertu et la moralité Le libertarianisme condamne l’usage de la force universellement. Les libertariens choisissent de promouvoir le bien collectif par la responsabilité individuelle et la charité et la coopération volontaire.

 

En bonus, je vous offre aussi la vidéo que je mentionne à la fin de l’entrevue: La Philosophie de la Liberté.

Le vrai et le faux libéralisme (2e partie)

Par Pierre-Guy Veer

Le pot : économie

 

Pour continuer sur le sujet de l’économie, les « liberals » s’enorgueillissent des lois antitrust, du « bailout » du secteur automobile, TARP (le « bailout » du secteur bancaire) de même que le transport en commun.

 

Pour qui connait le moindrement l’économie, il n’y a pas de quoi s’enorgueillir de quoi que ce soit. Toutes ces « réussites » sont des interférences nuisibles au bon fonctionnement de l’économie. Les lois antitrust en sont probablement le meilleur exemple. En effet, la base même de ces lois est complètement fausse1. Ce qui a amené c’est loi, c’est la jalousie et non l’efficience. C’est le gouvernement qui décide maintenant si une compagnie baisse « trop » ses prix et dérange le marché2. On empêche ainsi le marché (et donc les consommateurs) de décider le prix à payer et qui offrira tel produit. Car si une compagnie devient grosse sans protection du gouvernement, c’est qu’elle est la plus efficace, comme l’a avoué la Cour suprême lors du procès de Standard Oil3.

 

Le sauvetage financier des secteurs automobile et bancaire (TARP) a été tout aussi nuisible pour l’économie. Dans le premier cas, on a refusé de reconnaître la gifle de la main invisible du marché, qui a puni GM est Chrysler pour leurs choix discutables et qui a récompensé notamment Toyota, qui est maintenant première au chapitre des ventres sur la planète.

 

Tout comme le secteur de l’acier4, le secteur de l’automobile5 a toujours joui d’une forte protection de la part du gouvernement aux ÉU. En plus de couter très cher par emploi, « sauvegardé »6, ces tarifs douaniers ont plus d’inconvénients que d’avantages. L’augmentation de prix qu’ils causent – à cause de la diminution de l’offre – diminue la consommation intérieure et cause donc un appauvrissement de la société. Aussi, ils causent en quelque sorte un « ramollissement » des producteurs protégés. En effet, étant blindés de la concurrence étrangères, ceux-ci se soucient peu si leurs couts de production sont les meilleurs. C’est ce qui a joué un tour à GM et à Chrysler; déjà en 2007, ils faisaient moins de profit par véhicule vendu que Toyota7, sans compter les énormes cours reliés aux contrats de travail8.

 

Quant aux banques, leur sort n’est que la suite logique d’une très longue intervention qui a commencé dans les premiers temps du pays. Après 1837, le président Jackson a décidé de ne pas renouveler la charte de la Second Bank of the United States, une espèce de banque centrale primitive9. Dès lors, les banques ouvraient suite à l’obtention d’une charte étatique. Malheureusement, plusieurs États aux finances douteuses ont truqué les banques en les faisant acheter des obligations surévaluées en échange de billets de banque. Les banques avaient ainsi plus de billets que de réserves. Dans un système bancaire réellement libre, ça ne serait pas arrivé puisqu’un gérant de banque sain d’esprit ne prendrait pas le risque d’émettre plus de billets qu’il n’a de réserves d’or et d’argent10.

 

Mais ce système n’est rien comparé à celui qui gouverne les ÉU depuis la création de la Federal Reserve (la Fed, la banque centrale) depuis 1913. L’émission de billets par les banques privées a été arrêté, laissant le monopole à la Fed. Jumelé à une diminution substantielle des réserves obligatoires, le monopole d’émission de billets de la Fed est sans doute le plus grand responsable de l’inflation que nous connaissons depuis 100 ans11. D’autres mesures gouvernementales, dont la Fderal Deposit Insurance Corporation, ont augmenté encore plus l’instabilité du secteur bancaire en assurant que, peu importe ce qui se passe, le gouvernement allait rembourser un certain montant des épargnes perdues lors d’une faillite bancaire. Cela s’est reflété dans le comportement des banques : au milieu des années 80, suite à la faillite du secteur des banques d’épargne et de prêts (S&L), on s’est rendu compte que leurs réserves atteignaient… 0,2 % des dépôts – la Fed recommandait 1,5 %12. Finalement, on ne peut passer sous silence la crise bancaire de 2008, fortement influencée par les « liberals » et leur insistance pour faciliter l’accès à la propriété. Le gouvernement leur a été d’un grand secours, notamment en forçant les banques à prêter à n’importe qui13, quitte à les mettre à l’amende même en toute conscience des risques encourus14, en nationalisant les hypothèques à risque créées dans tout ce chaos15, etc. D’ailleurs, ces comportements étaient tellement évident que les économistes d’allégeance autrichienne ont vu venir cette crise dès 200316; Ron Paul aussi a vu venir cette crise17.

 

Enfin, pour conclure le pot en économie, parlons maintenant du transport en commun. C’est le chouchou des « liberals », et plus particulièrement des environnementalistes, quand vient le temps de parle de développement « durable » (lire : avec intervention de l’État). Bien que je lui reconnaisse une utilité, sa glorification est totalement injustifiée. En effet, à moins de vivre dans un endroit central où se trouvent les épiceries, les écoles et les terrains de jeux (si on a des enfants) et les magasins, une voiture est absolument nécessaire. Pendant un certain temps, j’ai essayé de faire mon épicerie en autobus. Ce n’était pas à l’heure de pointe, alors j’avais de la place. Par contre, mon temps était limité si je voulais attraper ledit autobus (en soirée), sans compter que je devais parfois marcher jusqu’à un kilomètre pour retourner chez moi. C’est un miracle que mes épaules soient encore intactes.

 

Pour en revenir aux autobus, il faut mentionner qu’ils ne sont pas si écologiques hors des heures de pointes, c’est-à-dire la majorité de la journée18 (à l’exception, peut-être, des parcours Métrobus 800-801 à Québec). Aussi, leur gestion étatique est fortement inefficace, comparativement au privé19. En bout de ligne, c’est le contribuable qui paie la plupart de la facture20.

10Avant les années 30, le système monétaire fonctionnait selon l’étalon-or : chaque billet de banque, chaque pièce de monnaie avait son équivalent en or (ou plus rarement, en argent) dans les voutes d’une banque.

12ROTHBARD, Murray, The Case for a 100% Gold Dollar, Auburn, Alabama, 2005, p.4

Le vrai et le faux libéralisme (1re partie)

Par Pierre-Guy Veer

En anglais, le mot « liberal » peut signifier deux choses : un libéral classique – une personne qui veut l’intervention du gouvernement seulement pour protéger des droits de base – et un libéral moderne, qui s’assimile plus ou moins avec un interventionniste de gauche (programmes sociaux, beaucoup de taxes, d’impôts et de règlements). Les partis libéraux au Canada rentrent généralement dans la seconde catégorie. Récemment, j’ai lu un article de blogue1 qui confondait les deux, et mes yeux n’en croyaient pas leurs oreilles. Des rectifications s’imposent donc.

 

Les fleurs : les droits individuels

 

Malgré ses défauts, je dois admettre que le texte dit vrai à plusieurs endroits : le libéralisme a été un très grand bien pour la civilisation. S’opposant à l’absolutisme royal, il a prôné plusieurs liberté « négatives », c’est-à-dire des libertés que le gouvernement ne pouvait toucher. La constitution des États-Unis en est le parfait exemple : interdiction d’imposer une religion d’État ou d’empêcher son exercice (1er amendement), interdiction d’enfreindre le droit de porter une arme (2e amendement), interdiction d’avoir des militaires présent chez soi en temps de paix sans consentement (3e amendement), etc. Ces droits peuvent facilement être relié à l’explosion des découvertes scientifiques lors de la Renaissance. En effet, sans liberté de parole, comment des faits contredisant la bible/les dogmes catholiques auraient pu être exprimés, telle la théorie de l’évolution de Darwin?

 

Au sujet du 2e amendement, l’auteur n’a pu s’empêcher de lancer une pointe comme quoi les « conservatives » (étatistes de droite pour plus d’armée et d’intrusion de l’État dans la vie des gens, notamment au sujet de l’homosexualité) n’auraient pas permis à tout le monde de s’armer. Ça me laisse perplexe; la totalité des gens qui veulent empêcher/restreindre le port des armes sont des collectivistes (à « gauche » ET à « droite). Ce fut longtemps de cas aux États-Unis, avant l’esclavage pour empêcher une insurrection, et après, ce qui a facilité le terrorisme du KKK2. Au 20e siècle, tout dictateur qui se respectait contrôlait sévèrement la possession d’armes à feu : les Juifs ne pouvaient pas posséder une arme en Allemagne nazie3; les Tutsies ont facilement été massacré par les Hutus parce que le gouvernement avait, par décret, désarmé les premiers4; Staline, Mao, Pol Pot, Amin Dada (Ouganda), et j’en passe, ont tous pu facilement massacrer leur population désarmée5.

 

Le pot : les lois du travail

 

Après avoir donné des fleurs, il est temps de lancer plusieurs pots, à commencer par les prétentions sur les lois du travail. L’auteur vante le fait que nous ayons une semaine de 40 heures, des vacances, que le travail infantile soit chose du passé, que nous ayons des droits syndicaux, de l’assurance-emploi, une paie juste (Lily Ledbetter Fair Pay Act aux ÉU) et plusieurs autres.

 

Oui, les « liberals » ont mis ces choses en place, mais étaient-elles justifiables? La majorité d’entre elles sont une violation de la propriété privée car elles empêchent l’employeur et l’employé de négocier de gré à gré. Plusieurs mesures, telles le salaire minimum et l’imposition d’heures de travail ou de vacances, augmentent les couts et créent du chômage6, sans compter que la semaine de 35 heures (France) ne semble pas avoir eu d’effet notable sur la chômage ni les couts de production7. Aussi empêchent-elles des personnes voulant, pour une quelconque raison, travailler plus de le faire. Selon ce que j’ai entendu, les travailleurs mexicains des champs de fraises près d’où vivent mes parents sont des bourreaux de travail. Ils travaillent nettement plus que 40 heures, ce qui leur permet d’accumuler plus d’argent pour subvenir à leurs familles.

 

De plus, ces lois sont-elles nécessaires? On clame que le travail infantile a été stoppé grâce à des lois. C’est faux : le travail infantile (et féminin) a été stoppé grâce à la bête noir des « liberals », soit le capitalisme. Il a tellement enrichi le travailleur moyen qu’il avait la possibilité de faire vivre sa famille sans que cette dernière ne mette sa vie en danger8. Le retour massif des femmes sur le marché du travail peut s’expliquer par l’inflation, causée par le gouvernement, qui rendait nécessaire la venue de deux salaires9. Parlant des femmes au travail, pourquoi a-t-on besoin d’une loi pour qu’elles gagnent un salaire « juste »? Les négociations de gré à gré ne suffisent plus? De toute façon, les lois d’équité salariale profitent plus aux avocats10.

 

Enfin, ces lois sont-elle bonnes pour l’économie? Avoir un syndicat, sans aucune coercition, peut avoir certains avantages. Mais lorsque le gouvernement lui donne une très grande force, comme au Québec, alors il se crée un chômage institutionnel durable11. Les lois anti briseurs de grève (scabs), en plus d’être une violation de la propriété privée, empêchent les gens voulant travailler aux conditions proposées par l’employeur de le faire. Ils ne valent pas mieux que les fanatiques religieux qui veulent massacrer ceux qui ne pensent pas comme eux12 Par ailleurs, l’assurance-emploi et l’aide trop longue aux chômeurs est aussi nuisible. Ça leur facilite la tâche s’ils veulent ne rien faire13. En fait, lors de la dernière récession, de tels bénéfices auraient grandement retardé une nouvelle entrée sur le marché du travail14

6http://www.google.ca/url?sa=t&rct=j&q=minimum%20wage%20unemployment&source=web&cd=3&ved=0CHAQFjAC&url=http%3A%2F%2Feconomics.uwaterloo.ca%2F2010-Spring%2Fcomplete%2520draft.doc&ei=wsyzT_TTNK3biAKxi832AQ&usg=AFQjCNE6Daa_DMNK1cR2dhx3kew4akW6ZQ&cad=rja

8Mises, Ludwig Von. Human Action : A Treatise on Economics Institut Ludwig Von Mises, Auburn, Alabama, 1998, p.612

11Human Action, p.764

12Ibid, p.773

13Ibid, p.770

Dix principes du libéralisme classique

Le libéralisme classique est la philosophie qui est au cœur même du libertarianisme. Ce fût l’inspiration derrière l’époque des lumières, la révolution américaine, la révolution industrielle et le capitalisme. L’auteur de la vidéo s’efforce ici d’énumérer dix principes de base de cette philisophie qui a largement façonné le monde tel que nous le connaissons et qui est encore celle qui garantit le plus les libertés individuelles.

  1. La vie d’un individu est une valeur morale universelle et absolue. La vie, liberté et propriété d’un individu non-agressif ne saurait être sacrifiée à aucun but.
  2. Chaque individu est propriétaire de son propre corps, son esprit et de son labeur, incluant les objets physiques qui sont le fruit légitime de ce labeur.
  3. Tout individu a le droit de poursuivre des activités nécessaires à l’amélioration de sa vie – incluant ses aspects matériels, intellectuels et émotionnels – en utilisant son propre corps et sa propriété, ainsi que la propriété d’autres personnes consentantes.
  4. Les droits d’un individu à la vie, la liberté et la propriété sont inhérents à la nature de cet individus. Ils ne sont octroyés par d’autres êtres humains et ne peuvent être enlevés par aucune entité.
  5. L’initiation de la force physique ou la menace de l’usage de celle-ci ou la fraude contre tout individu n’est jamais permise – Peu importe le caractère ou la position de l’instigateur. Cependant, une force proportionnelle peut être utilisée pour se défendre de ou en réponse à un agression.
  6. Le seul rôle fondamental d’un gouvernement est de protéger les droits individuels en prenant des actions spécifiquement déléguées à ce gouvernement par ses citoyens. Le gouvernement n’est pas l’égal de la société et n’a pas le droit de sacrifier des individus non-agressifs pour avancer le bien-être des autres.
  7. Chaque individu a le droit absolu de penser ou exprimer toute idée qu’il veut. La pensée ou la parole ne seront jamais l’équivalent de la force ou de la violence et ne devraient jamais être restreintes ou être sujettes à des pénalités coercitives. Spécifiquement la contrainte et la censure sur la base de religion ou d’idées politiques sont inacceptables en toute circonstance.
  8. Le commerce, la technologie et la science sont des forces libéralisantes désirables qui sont capables de soulager les maux historiques, d’améliorer la qualité de vie humaine et l’élever moralement l’être humain. La liberté complète d’échange, d’innovation et de pensée doivent être préservés et soutenus pour tous les êtres humains.
  9. Les accidents de naissance, de géographie ou de généalogie ne définissent pas un individu et ne devraien jamais générer de restrictions imposées par autrui sur les droits ou les opportunités de cet individu. Chaque individu doit être jugé strictement selon ses qualités personnelles, incluant ses accomplissements, son caractère et ses connaissances.
  10. Il n’existe aucune limite « naturelle » ou désirable au potentiel humain de faire le bien, et il n’existe aucun problème substantiel qui ne puisse être résolu par la connaissance humaine présente ou future, l’effort et la technologie. Il tient d’un impératif moral à tous les humains d’étendre leur maitrise de l’univers indéfiniment et de telle façon à assurer la survie et l’épanouissement de tous les individus non-agressifs.

Maintenant, un petit exercice: Regardez autour de vous et notez tous les faits, règles, lois, etc. dans notre société actuelle qui contreviennent à ces principes et dites-moi s’ils sont vraiment justifiés.

Cliché socialiste#1: « Une société complexe nécessite un gouvernement complexe »

Organigramme du MSSS. Cliquez pour agrandir

Toute personne qui choisit de défendre les idéaux du libéralisme classique fera tôt ou tard face à toujours les mêmes argument des adeptes du socialisme. Il est donc essentiel de savoir répondre à ce qui est devenu une série de clichés.

Afin de justifier une taille de gouvernement toujours plus gigantesque, on nous sert souvent le cliché «Toute cette philosophie de liberté individuelle pouvait fonctionner à une époque où les choses étaient plus simples, mais de nos jours, la société est bien trop complexe et nécessite un gouvernement complexe ». Cet argument fallacieux mène tout droit à la planification centrale socialiste, alors il est nécessaire de le tuer dans l’œuf.

Alors pour commencer, simplifions les chose au maximum. Imaginez qu’il n’y a que moi et vous au monde et que pour le besoin de la cause, je suis imbu de la sagesse de tous les Premiers Ministres ayant tenu office de votre vivant. Que penseriez-vous de mes qualification à décider ce que vous pouvez inventer, découvrir, créer, les heures que vous pourrez travailler, le salaire que vous pourrez recevoir, quoi et avec qui vous pouvez échanger et vous associer? Mon incompétence dans ce domaine n’est-elle pas facilement démontrable?

Qu’en serait-il si nous étendions ça à cent personnes, ou mille, ou les sept million et demi d’habitants du Québec, ou les 35 millions d’habitants du Canada. Serais-je plus apte à diriger par la coercition les milliards d’échanges qui se feront entre eux? N’est-il pas évident que plus une économie est complexe, plus elle devient ingérable pour un individu ou même un groupe d’individus alors qu’aucun ordinateur n’existe qui soit suffisamment puissant pour gérer la quantité d’information qui circule dans une économie de façon à ce que les dirigeants puissent avoir l’information pertinente qu’ils ont besoin?

Est-ce que la structure représentée par l’organigramme ci-haut arrive vraiment à remplir la tâche qu’elle est supposée remplir? Poser la question, c’est y répondre…