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Alexandre Taillefer et les libertariens

Par Philippe David

Récemment dans ce que qu’il se plaisait à appeler une «chronique» à l’antenne de Radio-Canada (notre radio-poubelle subventionnée), Alexandre Taillefer s’est amusé à casser du sucre sur le dos des libertariens. C’est vrai que nous sommes effectivement une épine dans son flanc. Il a donc de bonnes raisons de nous haïr.

Il commence donc à débiter les sempiternels clichés: le «chacun pour soi», le «au plus fort la poche», le «darwinisme». Parce que c’est tellement plus altruiste de financer une entreprise et d’en tirer profit sur le dos des contribuables et de vouloir faire mettre un prix plancher de $1.50/litre, juste pour s’en mettre plein les poches aux dépens de tous les autres.

Évidemment, pour le darwinisme, je plaide coupable. Je suis darwiniste parce que je crois fermement qu’une entreprise devrait être financée par des investisseurs qui mettent volontairement leur propre fric, pas celui qui a été extirpé par la force des contribuables. Je crois aussi fermement que si une entreprise produit un bien ou service qui n’est pas aimé des consommateurs ou que l’entreprise est mal gérée, qu’elle mérite de faire faillite et être remplacée par une qui saura mieux répondre à ces besoins plutôt que de la faire vivre sur le respirateur à coup de subventions. Parce que servir les gens en offrant un service ou un bien utile et prisé des consommateurs est le véritable rôle d’un entrepreneur et non se garnir les poches de l’argent de nos taxes.

M. Taillefer s’offusque de notre opposition à la hausse du salaire minimum à 15$/heure et nous reproche d’étoffer nos arguments avec des études, comme l’a fait Vincent Geloso dans le Journal de Montréal. Parce qu’évidemment, il ne faudrait certainement pas laisser les faits supplanter les bonnes intentions. Que des dizaines de ces études démontrent que dans les faits, une telle hausse du salaire minimum nuirait aux pauvres et aux petites entreprises, Alexandre Taillefer n’en a cure. Il a Joseph Stiglitz de son côté. Le même qui, il y a quelques années, faisait l’éloge de la révolution bolivarienne au Venezuela. C’est tellement plus crédible! Après tout, le socialisme a un historique de succès tellement plus reluisant que le soi-disant «néolibéralisme» qui en réalité, est un fourre-tout pour tout ce que les socialistes comme M. Taillefer n’aiment pas.

Il finit en parlant de décence comme si un faux entrepreneur qui se gave de deniers publics avait vraiment des leçons à donner. Quand les programmes qu’il prône nuisent justement aux plus pauvres et lui sont principalement profitables à lui. Quand il est grand partisan du modèle économique progressiste qui a fait du Québec la province la plus pauvre et la plus endettée du Canada. Si Alexandre Taillefer se souciait vraiment des plus pauvres, il ferait mieux de tenter de gérer son entreprise sans l’argent des autres, s’il en est seulement capable. Mais vivre sans chèque de BS corporatif, M. Taillefer n’aime pas.

Une question d’autorité

Par Philippe David

Si vous l’avez manqué, un intéressant débat opposait Richard Martineau (ici, ici et ) et Denise Bombardier (ici) dans les pages du Journal de Montréal. En bref, Richard Martineau ridiculise les religions et les accuse de nombreux carnages alors que Denise Bombardier, elle, évoque le besoin de transcendance de l’être humain et le réconfort qu’apporte la croyance en un être suprême. Hier, Nathalie Elgrably-Lévy y a ajouté son grain de sel avec un excellent texte. Selon elle, si la religion a effectivement été responsable de millions de morts au fil des siècles, elle n’a pas le monopole de la barbarie. Pour appuyer son argument, elle cite Staline, Mao, Pol pot et Hitler en exemple et explique que le véritable problème provient plus de mégalomanes qui imposent leurs croyances. Elle dit que la Foi en tant que tel est inoffensive et que le grand danger vient plutôt de la volonté de certains d’imposer une croyance particulière, qu’elle soit religieuse ou non. Elle n’a pas tort, mais elle m’a laissé sur ma faim. Je crois qu’elle aurait dû aller plus loin dans sa réflexion. Elle n’a pas voulu s’avancer dans le comment ni le pourquoi certains sociopathes arrivent à s’élever à une position où ils sont en mesure d’imposer ces croyances et commettre ces méfaits. Si vous me le permettez, j’aimerais creuser le sujet pour elle.

La soif du pouvoir

Comment des despotes comme Mao ou Hitler arrivent-ils à se hisser complètement en haut de l’échelle du pouvoir pour ensuite infliger leurs sévices à leurs propres populations et aux autres? Lord Acton disait que le pouvoir corrompt et le pouvoir corrompt absolument. Dans son roman «Dune», l’auteur Frank Herbert a complété cette pensée en disant que le problème n’est pas tant que le pouvoir corrompt, mais qu’il est magnétique aux corruptibles. En d’autre mots, l’attrait du pouvoir attire bien plus les sociopathes, psychopathes et manipulateurs de ce monde que les saints. Les gens honnêtes et justes n’ont pas généralement le désir de dominer leurs semblables et souvent, ils ont conscience que l’exercice du pouvoir est un énorme fardeau.

Dans la trilogie du Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien, l’Anneau pour les gouverner tous et le symbole du pouvoir qui est confié à un innocent. Frodon Sacquet n’a aucune soif de pouvoir. Il ne cherche qu’à vivre une vie simple et paisible jusqu’à ce qu’on lui confie la mission de détruire l’Anneau. Lorsque Frodon tente de s’esquiver et offre l’Anneau au magicien Gandalf, celui-ci le refuse en disant «Non ne me tentez pas Frodon. Je n’ose le prendre ! Même pour le mettre en sureté. Comprenez-moi Frodon. J’utiliserais cet Anneau en souhaitant faire le bien. Mais à travers moi, il pourrait atteindre un pouvoir trop grand, trop terrible à imaginer.» Mais tout au long du récit, Frodon confronte d’autres personnages qui, pour le bien ou le mal, veulent se saisir de l’Anneau: Boromir, Saruman, Galadriel. Tout au long, Frodon sent aussi l’anneau devenir toujours plus lourd. Jusqu’à son ultime destruction. À travers sa trilogie, Tolkien essaie de nous mettre en garde contre les aléas de l’exercice du pouvoir, même pour de bonnes intentions. Parce que le pouvoir a toujours des effets pervers. Les sages en sont conscient, mais un sociopathe s’en fiche. Il désire ardemment ce pouvoir et ne s’arrêtera devant rien pour y parvenir. Josef Staline a dit un jour «Une mort est une tragédie, un million de morts. c’est une statistique». Ça illustre bien la fibre morale d’un tyran pour qui faire tuer des millions ne pose aucun dilemme.

L’hallucination collective

Tous les tyrans de l’Histoire auraient été totalement inoffensifs, si ce n’était que pour une croyance aveugle: la croyance que nous avons collectivement en l’autorité. Ces despotes étaient tous des criminels et ce qu’ils dirigeaient était un exemple ultime de crime organisé. Le nec plus ultra d’une mafia. À la différence que personne n’hallucine que la violence perpétrée par la mafia est légitime, alors que tous s’imaginent que l’appareil étatique que dirigeaient les Staline, Hitler, Napoléon et César de ce monde avait la légitimité de commettre ses méfaits. Laissez-moi le répéter pour être certain que vous compreniez pleinement la portée de ce que je vous dis: Alors que ces tyrans perpétraient leurs crimes, peu de gens à l’époque ne questionnaient leur autorité considérée comme légitime. L’État, après tout, est la seule institution qui a le droit l’égal d’initier la violence contre des individus paisibles. Les chefs d’état sont donc au-dessus des lois. Mao disait que le pouvoir provenait de la bouche d’un fusil et les tyrans contrôlaient tous les fusils.

Notre société est basée sur la prémisse hobbesienne que puisque l’homme est un loup pour l’homme, nous devons céder nos pouvoirs individuels à un Léviathan qui maintiendra la paix. Sauf que j’imagine que Hobbes n’avait pas prévu que son Léviathan devienne criminel. Pourtant, il aurait dû savoir que si certains hommes désirent exploiter leurs semblables, la position à laquelle ces hommes vont aspirer sera le haut de l’échelle politique. Quoi de mieux pour un psychopathe de se retrouver au-dessus des lois et pouvoir ainsi victimiser et exploiter les autres impunément. Peu importe les protections constitutionnelles instituées pour éviter une telle éventualité, ce n’est vraiment qu’une question de temps pour qu’un mégalomane se retrouve aux rennes du pouvoir. L’Histoire l’a pourtant amplement démontré. Malgré cela, nous refusons obstinément d’apprendre ces leçons et nous continuons de les placer en position d’autorité. Nous avons tellement peur de tomber sous la coupe de criminels que nous leur construisons le parfait instrument pour nous dominer et nous victimiser: l’État dont, par patriotisme, nous faisons une vénération quasi-religieuse.

Le vrai problème

Mme Elgrably-Levy a parfaitement raison de dire que nous devons construire une société où les droits des uns se terminent là où les droits des autres commencent. Le vrai problème qu’elle n’a pas voulu aborder est qu’une telle société ne pourra jamais exister tant et aussi longtemps que nous sentirons le besoin, au nom de la sécurité, d’élever certains hommes au-dessus de nous et de leur donner le pouvoir de gérer nos vies et nous imposer leur vision par la force.



Pourquoi Justin Bourque n’est pas un «héros de la liberté»

Par Philippe David

Depuis la fusillade de Moncton, il y en a beaucoup qui semblent vouloir capitaliser sur l’évènement, comme toutes les fusillades, mais contrairement aux fusillades précédentes, le tireur fou a mis des messages contre le contrôle des armes à feu et anti-gouvernement sur sa page Facebook. Il n’en faut pas plus pour que les médias s’écrient « Aha! Un libertarien! » et pour certains illuminés l’acclâment comme un «héros de la liberté». Si c’est votre cas, vous êtes un ignorant ou un idiot, ou les deux. Je vous expliquerai pourquoi, mais je veux d’abord et avant tout joindre ma voix à celles de milliers de libertariens pour exprimer mes sincères condoléances aux familles, amis et collègues des officiers de la GRC tombés dans l’exercice de leur devoir. Sachez que nul parmi nous n’approuve le geste de Justin Bourque. Un homme qui de toute évidence, souffre de grave problèmes de santé mentale. Je souhaite sincèrement que justice sera faite.

Une philosophie de la non-violence

Les libertariens sont des gens qui croient fortement en la liberté et la responsabilité individuelle. Ils peuvent adhérer à une variété de croyances religieuses et sont généralement des personnes qui tiennent beaucoup à leurs principes. La pierre angulaire de ces principes, celui qui est le fondement moral de leur philosophie est le principe de non-agression. Ce principe s’énonce comme suit: personne n’a moralement le droit d’initier une agression. Par « agression », les libertariens entendent toute atteinte à la personne ou la propriété. La seule situation où l’usage de la force est acceptable, c’est en légitime défense. Et même encore là, les libertarien n’utiliseront que suffisamment de force pour neutraliser leur attaquant, ou dans le cas d’une atteinte à la propriété, obtenir une restitution.  Tout autre usage de la force est immorale et inacceptable. Un libertarien ne pourrait pas agir comme Justin Bourque a agit, à moins que les policiers n’aient fait feu en premier. Selon les reportages, ce n’était pas le cas.

Un défenseur de la liberté?

Certains exaltent Bourque comme un défenseur de la liberté. Ce sont des idiots. Bourque a commit trois meurtres complètement gratuits sans aucun motif apparent. Les prochain jours nous renseigneront peut-être sur ces motifs, mais en attendant, nous ne pouvons que spéculer sur ce qui s’est passé dans sa tête. Je doute que ce soit la défense de la liberté. Ce triple meurtre n’a absolument rien accompli en ce sens. À l’inverse, il aura privé trois policiers de leur vie et trois familles d’un des leurs. C’est inacceptable. Aucun geste de la sorte n’aidera jamais la cause de la liberté.

Oui, nous n’aimons pas l’état.

À cause de notre principe de non-agression, nous n’aimons pas l’état, que nous considérons une institution immorale et dangereuse.  Et oui, nous militons contre le contrôle des armes qui criminalise les propriétaires d’armes honnêtes sans pourtant incommoder les criminels. Nous croyons au droit de pouvoir se défendre contre ces criminels, mais pas pour tuer ceux qui ne nous ont rien fait. Nous prenons nos principes extrêmement au sérieux. Dans le débat politique, ce sont ces principes qui nous sépare de ceux qui trop souvent, semblent n’en avoir aucun.

Pierre-Karl Péladeau, un libertarien?

Par Philippe David

J’ai failli recracher mon café (et plusieurs de mes amis aussi, d’ailleurs)  sur mon écran en lisant cet article ce matin dans le Devoir. Pas nécessairement parce que  j’étais en désaccord avec  l’article comme tel, mais quand je suis passé sur ce petit paragraphe :

« Berlusconi, c’est un drôle de numéro, explique le professeur de l’université d’Ottawa. S’il y en a un qui ressemble à Pierre Karl Péladeau, c’est plus Murdoch. Lui aussi est libertarien. Lui aussi s’est retiré des conseils de presse, en Australie et en Angleterre. Lui aussi a acheté des chaînes de télé importantes et concentré ses médias. Mis à part le scandale des écoutes téléphoniques que nous n’avons pas ici, c’est le baron des médias qui ressemble le plus à M. Péladeau. »

Murdoch? Péladeau? Des libertariens? Quelle blague!  Ce n’est pas que je veuille être pointilleux,  mais ni l’un, ni l’autre ne correspondent à des adeptes du libertarianisme.  Ils sont plutôt de ce qu’on pourrait appeler  la droite corporatiste. Ce sont des hommes d’affaires qui,  pour la réussite de leur entreprise, se collent au pouvoir politique afin d’obtenir des faveurs, des contrats ou des avantages règlementaires. Ainsi, Pierre-Karl Péladeau tète profusément les mamelles de l’état et bénéficie amplement de ses largesses. Rappelons que sa vache à lait, Vidéotron, bénéficie d’un monopole de câblodistribution protégé par l’état et dont l’achat a aussi été financé par l’argent des contribuables.  Dois-je aussi vous rappeler le nouvel amphithéâtre de Québec? Deux bons exemples de copinage avec le pouvoir politique.

Le libertarianisme est généralement opposé à toute intervention de l’état dans l’économie. C’est donc douteux qu’un libertarien puisse utiliser le pouvoir de l’état pour s’enrichir sans renier ses principes. Ayn Rand avait un terme pour caractériser ces hommes d’affaires qui s’enrichissent aux crochets de l’état : des pillards.

Une autre caractéristique de Pierre-Karl Péladeau qui ne correspond pas du tout au profil d’un libertarien est son nationalisme. Le nationalisme est une doctrine collectiviste qui consiste à exalter l’appartenance à une nation. Étant fièrement  individualiste, le libertarien n’éprouve aucun véritable attachement au concept de « nation », qu’il considère comme une abstraction artificielle. Peu de libertariens s’impliquent en politique, sauf quelques exceptions comme Ron Paul aux États-Unis ou Maxime Bernier au gouvernement fédéral, qui le font probablement  dans l’espoir de changer le système de l’intérieur. Pour le libertarien, l’indépendance du Québec ne représente tout simplement que  de passer d’une tyrannie fédérale à une tyrannie provinciale. Et puisque notre gouvernement provincial a des tendances beaucoup plus socialistes et totalitaires, en particulier quand le PQ est au pouvoir, il est plutôt invraisemblable qu’un libertarien milite activement pour l’indépendance, encore moins de se présenter pour le PQ. Un libertarien souhaite plutôt  abolir les deux niveaux de gouvernement.

Sachant maintenant cela, vous conviendrez que de considérer PKP comme un libertarien est plutôt absurde, mais qu’un journal de la trempe du Devoir fasse cette erreur est quand même intéressant. Il n’y a pas si longtemps, on se serait simplement contenté de caractériser M. Péladeau comme étant « de droite ». Le fait qu’on utilise maintenant le terme « libertarien », même si c’est à tort et à travers, signifie que cette philosophie politique s’est infiltrée dans le « mainstream » et n’est plus considérée comme marginale. D’une certaine façon, le fait que des médias de gauche utilisent maintenant des libertariens comme des épouvantails démontre qu’ils considèrent cette philosophie comme ayant une base plus solide et plus légitime dans le paysage politique québécois. Pour moi, il y a certainement de quoi se réjouir.

L’État : bienfaiteur ou exploiteur?

L Etat

Par Philippe David

Si vous n’avez jamais eu de contacts avec un libertarien ou si vous n’avez jamais entendu parler du libertarianisme, vous serez probablement choqués en lisant cette chronique. Même au sein du mouvement de droite, les libertariens sont un peu particuliers, assez d’ailleurs pour que certains membres de la droite veulent s’en dissocier complètement. La raison est que le libertarianisme va à l’encontre de tout ce qu’il vous a été enseigné depuis votre plus jeune âge. C’est la seule philosophie politique qui remet en question le rôle de l’État dans notre société. Pour cela, les libertariens passent quasiment pour des extra-terrestres, tant nous sommes habitués à ce que l’état fasse tout pour nous. La plupart d’entre nous sommes incapables d’imaginer que le monde puisse être autrement. J’ai moi-même eu cette réaction quand j’ai commencé à me joindre aux discussions sur le Blogue du Québécois Libre, il y a cinq ou six ans. J’étais totalement incrédule au départ, et puis j’ai lu et écouté et j’ai finalement accepté que l’idée n’est pas si bête.  En fait,  les libertariens ont beaucoup plus réfléchi sur l’organisation de notre société que la plupart des gens ne le croiraient, c’est pourquoi expliquer cette philosophie n’est pas une mince affaire. Il faut commencer par les bases.

 

Une mission fondamentale

 

Si on vous pose la question, que diriez-vous qu’est votre mission fondamentale dans la vie? Sans doute que si je faisais un sondage, j’aurais presqu’autant de réponses qu’il y a de répondants, mais peu importe quel but vous vous fixez dans la vie, ces buts ne sont que les moyens que vous utilisez pour atteindre un seul objectif: être heureux. Peu importe par quel moyen nous y parvenons, peut-on s’entendre pour dire que tout ce que nous faisons a pour but primaire de nous rendre plus heureux, ou à tout le moins, moins malheureux? Gardez en tête que même si vous dites que votre mission dans la vie est d’assurer le bonheur de tout le monde autour de vous, il n’en demeure pas moins que si vous le faites, c’est que ça vous rend aussi heureux. Donc, toutes les actions posées par un individu vont consister à augmenter le bonheur ou éviter le malheur.

Maintenant, quelles sont les choses qui vous apporteront le bonheur, selon vous? C’est certain que la réponse sera différente selon l’individu. Certains auront des besoins plus matériels, d’autres plus spirituels, d’autres un peu des deux.  Quels qu’ils soient, notre existence dépendra de la satisfaction de ces besoins.

 

Parlons moralité

 

Parlons un peu maintenant de ce qui est moral et ce qui est immoral.  Ces termes sont beaucoup utilisés, mais rarement bien définis. Ma propre définition est simple. Ce qui est moral est tout ce qui promeut la vie et la poursuite du bonheur pour soi-même ou les autres. L’immoralité est ce qui contrevient à la vie et la poursuite du bonheur de soi ou des autres.  Plus simplement, ce qui me rend moi ou les autres heureux est moral, mais ce qui me rend moi ou les autres malheureux est immoral.  Simpliste, j’en conviens, mais ça suffira pour l’instant.

 

À partir de cette simple définition, nous déduisons que le meurtre ou le vol, par exemple, sont des actes immoraux puisqu’ils nuisent à la vie et le bonheur d’individus, mais que de pourvoir à ses besoins matériels et spirituels (ou ceux d’autrui), dans la mesure où ça ne nuit à personne d’autre, est un acte moral.  Y a-t-il des objections?

 

Maintenant,  puisque le vol et le meurtre sont immoraux, peut-on aussi prétendre que tout acte de violence envers un individu ou toute menace de violence envers un individu est immoral? Qu’arriverait-il si vous posiez un geste violent ou que vous commettiez un vol envers un membre de votre famille, un ami, ou un confrère de travail? Qu’arriverait-il de ces relations? La perte ce ces relations ne vous causerait-elle pas un tort également (personne n’est une île, n’est-ce pas)? C’est pourquoi vous ne le feriez pas. Ces relations sont nécessaires à votre propre bonheur personnel.

 

Supposons que votre voisin a acheté une bicyclette neuve à son enfant, et en la voyant, votre propre enfant vous dit qu’il aimerait en avoir une aussi, mais que vous n’en avez pas les moyens. Iriez-vous prendre celle de l’enfant du voisin pour la donner au vôtre? Bien sûr que non! Puisque vous ne pouvez pas le faire vous-même, est-ce que ce serait moins immoral si vous alliez demander à un autre voisin de le faire pour vous? Évidemment que non.

Supposons maintenant que quelqu’un frappe à votre porte. Il dit qu’il se porte candidat aux élections à la mairie et que si vous votez pour lui, il fera construire un amphithéâtre pour  une équipe professionnelle de hockey qui représentera la ville. (Scénario familier, n’est-ce pas?) Vous êtes un grand fan de hockey, et donc vous êtes très enthousiasmé par l’idée, mais ce n’est pas nécessairement le cas de tout le monde.   Comment ce politicien financera-t-il son projet? Passera-t-il le chapeau à ceux qui veulent de l’amphithéâtre et récolter de l’argent de cette façon? Bien sûr que non! Il taxera tous les habitants de la ville, qu’ils soient d’accord ou non et ils n’auront pas le choix de ne pas payer  pour ce projet.  Dans les faits, en votant pour cet homme, vous lui demandez d’aller prendre le bien de votre voisin, contre son gré pour financer un projet que vous voulez, mais que votre voisin, lui, ne veut peut-être pas.

Quelle différence  y a-t-il entre voter pour qu’un politicien prenne le bien de vos voisins pour financer un amphithéâtre et demander à quelqu’un de voler la bicyclette du voisin? Aucune.  Sur le plan éthique et moral, vous avez utilisé un tiers pour aller prendre la propriété de vos voisins pour obtenir quelque chose que vous convoitez. Comment vous sentez-vous maintenant que vous connaissez le fondement de notre système politique?

Tout ce que le gouvernement vous donne, il le prend à quelqu’un d’autre, donc, chaque fois que vous votez, vous demandez que le gouvernement dépouille Paul pour donner à Pierre.

 

La « grande fiction »

 

Nul n’a réussi à mieux décrire la nature de l’état que le politicien et économiste  français Frédéric Bastiat dans un essai qu’il a publié en 1848 intitulé « L’État« . Un texte que tous devraient lire.  Voici comment il le définissait:

« L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »

Si c’était vrai dans la France de 1848, ça l’est encore plus dans les états-providence d’aujourd’hui. Pourquoi Bastiat l’appelait-il une « grande fiction »?  C’est que chacun essaie de manipuler l’état pour en tirer avantage, mais ultimement, c’est avec notre propre argent que l’état nous paye. On peut effectivement dire que l’intérêt personnel du politicien consiste littéralement à acheter les votes des gens avec leur propre argent, qu’il a, incidemment, confisqué de force.

 

Plusieurs sont confus et considèrent l’état bienveillant parce qu’il leur fournit des soins de santé ou des études à bas prix. Mais un fermier entretien également son bétail en lui fournissant de la nourriture, des soins et même un certain degré de liberté afin qu’il puisse gambader et brouter à son aise, mais ce n’est pas de la bienveillance. Ce que le fermier fait, il le fait pour obtenir plus de lait de ses vaches, de laine de ses moutons ou plus de viande de ses bovins. Voyez-vous, ce que l’état fait, comme nous payer des soins de santé ou des études universitaires nous rend plus productifs pour qu’il puisse en retour nous taxer plus. Si vous croyez que je suis cynique, vous avez entièrement raison.
 

Depuis que j’ai décroché mon premier emploi d’été, ce qui, dans le budget familial, a le plus augmenté sont les impôts et taxes. Au point que la famille moyenne paye maintenant plus en impôts et taxes de toutes sortes que ce qu’ils dépensent pour se loger, se nourrir et se vêtir réuni.  Pourtant, si on regarde les journaux des années 1980, on trouve déjà des articles qui déplorent les temps d’attentes aux salles d’urgence et 30 ans plus tard, le problème existe toujours.  D’ailleurs, je cherche encore les problèmes qui ont vraiment été résolus par l’État.

La pauvreté? S’il y a quelque chose, il y a plus de gens qui sont dépendants de l’état que jamais auparavant. Les infrastructures? On peut sentir la différence dans notre suspension quand on franchit la frontière et Montréal est devenu un énorme chantier de construction. L’éducation? On a appris récemment que 49% des québécois sont fonctionnellement analphabètes. Vous voulez me faire croire que les impôts et les taxes que nous payons sont le juste paiement pour les services que nous recevons? D’après moi, nous sommes bien loin du compte puisque nous en sommes à payer pour ces services avec la carte de crédit de nos petits-enfants.

 

Si c’est considéré de l’esclavage de confisquer 100% du fruit du travail d’un autre, à quel pourcentage ça cesse de l’être? Parce qu’actuellement, nous en sommes à 50% et la seule raison que ce n’est pas plus élevé, c’est qu’une partie de la facture est allée à notre descendance.

 

Si vous aviez le monde à refaire

 

La prémisse sur laquelle notre société est fondée actuellement est que la race humaine est mauvaise et imparfaite. Aussi, nous choisissons d’élever certains hommes, également mauvais et imparfaits avec l’autorité de supposément nous garder dans le droit chemin en leur donnant le monopole de l’utilisation légale de la force, tout en espérant que ces hommes ne profiteront pas de leur position pour asservir ceux-là même qui les ont mis dans cette position. Sans trop nous soucier que le genre de personne qui désirerait le plus atteindre ce genre de pouvoir est exactement le genre de personne qui risque d’en abuser.  Insensé? C’est pourtant ce que nous faisons.

 

Je me questionne souvent, si nous avions le monde à refaire ne pourrions-nous pas trouver une meilleure fondation sur laquelle bâtir une société? Il y a un bon moment d’ailleurs que les libertariens comme moi y réfléchissent et nous avons quelques idées en tête, mais on nous accuse d’être utopistes.

Bien sûr, si les ampoules électriques avaient toujours été produites par l’état, on vous dirait probablement qu’elles ne pourraient pas être produites autrement. Que si elles l’étaient, elles pourraient ne pas être assez grosses ou pas assez lumineuses, ou peut-être même vont-elles exploser? Puisque nos ampoules sont produites par des compagnies privées nous savons tous que c’est ridicule. Que l’industrie privée peut très bien produire des ampoules électriques pour satisfaire tous les besoins.  Quoi d’autre vous fait-on croire, qui ne pourrait pas possiblement être produit que par l’État. En êtes-vous sûrs? Où le croyez-vous simplement parce que c’est ce qu’on vous a toujours dit? Est-ce que l’État n’est pas tout simplement qu’une mauvaise idée?

La vraie jungle

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Par Philippe David

Je suis toujours amusé quand je vois un quelconque ignare tenter de critiquer une philosophie sans jamais avoir lu une ligne des œuvres sur lesquelles elle repose. Ou s’il a lu, il n’y a strictement rien compris. Le plus récent exemple est un brûlot dans le Huffington Post-Québec de la plume d’Emmanuel Cree. Dans « L’Art de la Guerre » le général et philosophe chinois Sun Tzu enjoignait son lecteur à « connaitre son ennemi ». Il est clair que M. Cree a misérablement failli à cet objectif.

Cependant, je vais quand même lui pardonner au moins partiellement, puisqu’il a choisi de me faire une petite pub. Ce sera intéressant de mesurer le lectorat de M. Cree selon l’impact que ça aura sur mes propres statistiques. J’espère à tout le moins que ses lecteurs auront la curiosité de venir explorer Contrepoids et le sens critique de déceler les failles dans le raisonnement de M. Cree. Mais je ne suis tout de même pas du genre à me laisser définir par mes opposants, alors je vais donc m’appliquer à corriger certaines des erreurs factuelles de M. Cree.

La non-agression pour les nuls

Ou du moins pour M. Cree. Le libertarianisme est une philosophie politique qui est fondée sur un axiome appelé le principe de non-agression. Ce principe dicte que personne ne doit initier la violence, peu importe le but. Ceci inclut des attaques physiques à un individu (ou la menace d’une attaque). Ça inclut aussi les attaques à la propriété de cet individu, parce que cette propriété est le fruit de son travail qu’il a droit de ne pas se faire fracasser par une bande de petits morveux qui manifestent en plus pour que l’état utilise la force de la loi contre lui pour payer leur éducation. D’où notre engouement pour les vitrines. Parce que les commerçants ne sont pas nécessairement très riches et qu’ils n’ont pas à subir de vandalisme pour un conflit que ne les regarde pas.

M. Cree s’amuse donc à décrire comme une jungle, une société ou théoriquement, la violence serait philosophiquement répréhensible. Ce qui ne veut pas dire nécessairement qu’il n’y aurait aucune violence, mais au moins, la violence serait considérée comme indésirable par la grande majorité des individus et dans la majorité des cas, incluant le comportement de l’état. Nul besoin de dire que la race humaine n’a pas encore fait preuve de la sagesse nécessaire à l’aboutissement d’une telle société, mais j’ai confiance que nous évoluerons dans cette direction un jour. M. Cree dit déplorer l’autoritarisme de l’état. Pourtant, il ne le déplore que lorsque cet autoritarisme ne sert pas sa cause, comme lorsque les méchants policiers tapent sur ces innocents casseurs de vitrines, mais si la force de l’état sert une bonne cause (selon lui) comme aider ces pauvres démunis tant méprisés par les libertariens. Pourtant s’il poussait le raisonnement qu’il porte sur la violence de l’état dans le premier cas, il réaliserait que dans le second cas, l’utilisation de la force est encore plus injustifiée. J’y reviendrai dans un instant, avant je veux mettre un petit détail au clair

Ayn Rand et l’objectivisme

Quand je parlais de critiquer une philosophie sans avoir lu les œuvres sur lesquelles elle repose ou sans avoir rien compris de ladite philosophie, la description que M. Cree fait d’Ayn Rand est un prime exemple. Selon lui, Ayn Rand méprise les pauvres, qu’elle qualifie de « parasites ». Dans la réalité, Rand utilise plutôt les termes « moochers » et « looters » (traduction libre : « mendiants » et « pillards »). Elle utilise le terme « moocher » ceux qui s’enveloppent dans un discours victimaire pour obtenir une faveur quelconque. Peu importe ce qui leur arrive, ce n’est jamais leur faute. Personne n’est jamais responsable de son propre malheur. Personne ne prend jamais de mauvaises décisions qui entrainent des conséquences fâcheuses, ces conséquences sont toujours le fruit d’une quelconque malchance. Vous reconnaissez cette cassette?

Quant aux pillards, ce sont ceux qui mettent la force de l’état à leur profit personnel, ce qui inclue tous les BS corporatifs qui utilisent des lobbyistes pour amener l’état à créer des lois pour les avantager au détriment de leurs concurrents, ou pire encore, ceux qu’on voit quotidiennement à la Commission Charbonneau qui contribuent à la spoliation des fonds publics par la collusion et la corruption. Bien qu’on peut certainement compter des profiteurs dans les rangs de l’aide sociale, ce ne sont pas les « pauvres » contre lesquels Ayn Rand s’acharne. Elle vise en fait de bien plus gros poissons qui s’enrichissent soit des bonnes grâces de l’état, ou en faisant de la pauvreté une industrie pour leur enrichissement personnel. Ce n’est pas en lisant l’article de Wikipédia sur Ayn Rand, comme l’a probablement fait M. Cree, que vous devenez un expert en la matière.

Égoïsme et altruisme

Dans ses écrits, Ayn Rand parle longuement du concept d’altruisme et d’égoïsme. Cependant, elle élargit la définition de ces termes à bien plus que d’être centré sur soi ou les autres. L’objectivisme consiste plutôt à jeter un regard objectif à ces termes en observant le comportement de ceux que l’on dit égoïstes et altruistes. Rien ne saurait faire une meilleure démonstration que de regarder la façon dont les soi-disant égoïstes et altruistes désirent aider les pauvres.

Les altruistes, dont je suis certain que M.Cree croit faire partie, considère que la façon d’aider les pauvres c’est de voter pour un gouvernement qui utilisera la menace de la force ou la force elle-même pour forcer les individus à payer des impôts pour, supposément redistribuer la richesse aux plus démunis. (La Commission Charbonneau démontre plutôt que cette redistribution est loin d’aller aux démunis. Que diriez-vous si j’allais vous pointer un révolver sur la tempe et vous ordonner de donner votre argent à votre voisin qui est plus pauvre que vous? C’est pourtant exactement ce que vous faites si vous votez pour que le gouvernement « redistribue la richesse ».

L’approche des égoïstes, comme moi, consiste à fouiller dans ses propres poches et donner son propre argent à des charités pour qu’ils puissent aider les pauvres et laisser aux autres le choix de donner ou pas et décider de combien ils veulent donner. Pour nous, l’être humain est un être charitable de nature et lorsqu’on laisse le choix aux individus, ils s’entraident de façon beaucoup plus efficace et ciblée que n’importe quel gouvernement.

La jungle

Nous vivons dans un monde imparfait, mais les libertariens ont compris que les avancements sociaux ne proviennent non pas de la redistribution forcée de la richesse et du pillage de l’homme par l’homme, mais plutôt du meilleur de l’être humain, sa générosité et sa créativité. Accordez à l’individu la liberté il trouvera le moyen de résoudre n’importe quel problème. Mais il y a une bonne raison pourquoi des gens M. Cree usent de démagogie pour tenter de discréditer le libertarianisme, c’est parce que la vraie jungle, c’est ce que nous avons présentement : une orgie de socialisme et de corporatisme qui endette les générations futures et ils en profitent et ont très peur de perdre leurs avantages. Ça prouve que notre message touche le but et gagne de l’ampleur. Je vous encourage à ne pas vous limiter aux propos de gens comme M. Cree, mais de faire l’effort de lire et apprendre plus et faire preuve de pensée critique. Ne vous fiez pas seulement à moi non-plus. Faites vos propres recherches. Lisez Frédéric Bastiat, Friedrich Hayek ou Murray Rothbard et découvrez par vous-même de quoi il retourne.

 

Fier d’être libertarien

Bock-Cote

Par Philippe David

M. le juge, messieurs et dames du jury, je me tiens ici devant vous, accusé d’utopisme et de sectarisme. Les intentions de mon accusateur, Mathieu Bock-Coté, sont évidentes. Pour un ultra-nationaliste dont le vœu le plus cher est de faire du Québec un pays, quoi de plus dangereux que quelqu’un qui rejette le concept même d’un « pays »? Pour M. Bock-Côté, mes pairs et moi ne sont ni plus ni moins que des hérétiques. Mon plaidoyer sera simple. Ce sera à vous d’en juger le mérite.

De ses accusations, aussi caricaturales soient-elles, je ne compte pas vraiment me défendre. Je suis coupable de croire que l’état n’est pas la solution à tous nos problèmes. Je suis même coupable de croire que dans la plupart des cas, l’état EST le problème. Je suis aussi coupable de croire, comme bien d’autres avant moi, que si nous renoncions individuellement à agresser ou piller nos voisins, nous vivrions dans un monde meilleur. Seulement, je n’impose cette croyance qu’à moi-même et je vous laisse le choix d’y adhérer ou non selon votre conscience. Ne comptez pas sur moi pour vous forcer à faire quoi que ce soit qui vous déplaît. C’est contre mes principes. Je crois également qu’on obtient de meilleurs résultats à travers la coopération volontaire que la coercition. Que ce soit pour bâtir une maison, ou bâtir une société. Je crois que les gens travaillent mieux quand ils n’ont pas un fusil collé à la tempe ou une épée de Damoclès au-dessus de la tête, pas vous?

Le culte de l’État

Pour Mathieu Bock-Côté, hors de l’état, point de société. Cette fausse croyance est l’évidence même que l’étatisme est une religion. Pensez-y. Vous ne vous êtes pas levé un matin, pesé le pour et le contre après avoir étudié une documentation neutre, et ainsi décidé que l’état était un bienfait pour la société. On vous a plutôt, dès votre plus jeune âge, enseigné que sans l’état, rien de ce qui existe autour de vous ne serait là si ce n’était pas de la présence de l’état. Vous lui devez tout! Sans lui, vous ne seriez pas capable de fonctionner. Sans lui, vous ne pourriez pas possiblement bénéficier d’une éducation. Sans lui, vous ne pourriez obtenir un emploi (car, voyez-vous, si l’économie va bien, c’est toujours grâce à l’état. Si elle va mal, c’est toujours la faute de ces cupides capitalistes.) Sans l’état, vous ne pourriez avoir accès à des soins de santé, ou des garderies. On ne pourrait absolument pas faire confiance à personne pour nous vendre de l’alcool, ou gérer nos casinos et loteries, ou nos ressources électriques. Sans lui, vous ne pourriez pas possiblement assurer votre propre retraite.

Par conséquent, vous dira-t-on, vous êtes un être égoïste et immoral, si vous refusez de faire votre part et payer vos impôts, même si on sait pertinemment que ce que nous payons se retrouve rarement dans les mains de ceux qui en ont vraiment besoin, mais que ceux qui sont près du pouvoir, eux, ne cessent d’engraisser.

Bien sûr, on vous enseigne également qu’il est immoral de tuer ou voler, sauf si c’est au nom de l’état. L’histoire du XXe siècle en est une preuve flagrante, alors que les états se sont avéré les plus grands meurtriers de l’histoire. Pourtant, pour les étatistes, sans l’état, ce serait le chaos et le darwinisme social. Je vous soumets que le nombre de crimes commis au nom de l’état excèdent de loin ceux commis au nom de la cupidité et du gain personnel. Et si vous croyez que ces crimes de démocide ne sont le fait de dictateurs fous, considérez combien d’innocents sont présentement fauchés au Pakistan et au Yémen, avec l’aide de drones téléguidés, par un gouvernement pourtant considéré par plusieurs comme un grand défenseur de la liberté dans le monde. Considérez également que même des états considérés comme « civilisés » ont sanctionné et même institutionnalisé l’esclavage.

Le concept d’état-religion n’a d’ailleurs rien de nouveau. Les pharaons d’Égypte étaient considérés comme l’incarnation des dieux sur terre et depuis César Auguste, on vouait un culte aux empereurs romains jusqu’à la désintégration de cet empire. À combien d’autre hommes d’état a-t-on voué un culte de personnalité depuis? Aujourd’hui, on est plus subtils dans nos méthodes, mais l’idée de fond n’a guère changé. Nos livres d’Histoire font des idoles de ceux qui agrandissent le pouvoir de l’état et diabolisent ceux qui s’y opposent. C’est d’ailleurs pourquoi la période de l’Histoire du Québec où l’état a connu sa plus grande expansion est claironnée sous le nom de « Révolution tranquille », alors que la période précédente s’est vu attibué le nom peu flatteur de « Grande noirceur ». Heureusement qu’il existe des gens téméraires qui s’efforcent à déboulonner ces mythes.

Coupable et fier de l’être

L’État ce n’est pas la raison ni l’éloquence, c’est la force. Comme le feu, c’est un serviteur inquiétant et un maitre effroyable, dixit George Washinton, qui serait bien attristé par ce que le pays qu’il a fondé est devenu. Partout au monde, nous commençons à constater les limites de l’étatisme. Les États occidentaux croulent sous les dettes et craquent de partout. Au Québec, rien n’est jamais résolu, peu importe quel parti est au pouvoir. Des gens comme Mathieu Bock-Côté se désolent souvent du cynisme qui règne depuis quelques années et ils se demandent souvent pourquoi c’est ainsi. Pourtant, les raisons devraient être évidentes et c’est pourquoi le libertarianisme commence à faire surface. De plus en plus de gens perdent la Foi en l’état, comme ils ont naguère perdu la Foi en l’Église Catholique. Le modèle étatiste est désuet. Depuis la nuit des temps, nous avons toujours accordé à l’état le monopole de l’utilisation de la force et ses dirigeants s’en sont servis pour nous piller et s’enrichir à nos dépens. Peut-être nous faudrait-il un autre projet de société?

C’est faux de dire que les libertariens croient avoir la solution à tout. Nous n’avons pas cette prétention. C’est aussi faux de prétendre que ce que nous recherchons c’est la liberté à tout crin. La liberté ne peut pas exister pour tous sans responsabilité personnelle. Nous ne sont vraiment libres que dans la mesure où nous respectons la liberté des autres également. Nous croyons aussi qu’un jour, le genre humain sera capable de coopérer et coexister sans avoir un état pour nous y forcer. Ce sera sans doute dans un lointain futur quand nous aurons acquis plus de sagesse. Nous n’avons aucune illusion de voir ce genre de société émerger demain, mais rien ne nous empêchera d’y rêver et d’y travailler. Mais contrairement aux marxistes et autres étatistes, nous n’utiliserons jamais la force pour imposer nos dictats, notre seule arme ne sera jamais que la persuasion. Si jamais un jour nous vivons dans un monde de volontarisme, ce sera quand tout le monde en sera venu à la constatation que les mots « État » et « Société » ne sont pas synonyme. Si croire en cela est un crime, alors je suis coupable et fier de l’être.

 

Qu’est-ce que le libertarianisme?

Par Philippe David

Le 3 octobre dernier, Steve Martineau et ses comparses m’ont  reçu à leur émission de radio « Tête à Queue », diffusée sur Radioshock.fm et nous avons discuté de la philosophie à laquelle j’adhère: le libertarianisme. Je vous invite à écouter cette entrevue, mais si vous n’avez pas 48 minutes de libre, je vais aussi vous en livrer un résumé par écrit. Puisque cette philosophie politique commence à émerger dans les médias de masse, j’ai pensé que ce serait une bonne idée de la définir pour nos lecteurs.

1   Définition

Les mots “libertarianisme” ou “libertarien” n’apparaissent pas dans les dictionnaires français. Ce sont des anglicismes qui n’ont pas été acceptés par l’académie de la langue française et qui ne sont utilisés dans la réalité qu’en Amérique du nord. Ce que nous appelons le libertarianisme ici est en fait le libéralisme classique. D’ailleurs, en France, on utilise encore le terme « libéral» plutôt que « libertarien ». Mais ici, le terme « libéral » n’a plus la même signification qu’en France. Un libéral au Québec est un social-démocrate, alors qu’un libéral en France est un disciple du libéralisme classique sur lequel est fondée la civilisation occidentale. C’est le libéralisme issu de penseurs comme John Locke, Alexis de Tocqueville, Frédéric Bastiat ou Thomas Jefferson. C’est la doctrine à l’origine de la déclaration d’indépendance des États-Unis  et de sa constitution. Incidemment, ce sont aussi  ces principes qui ont guidé les pères de la constitution canadienne de 1867. On pourrait donc dire que le libertarianisme est en quelque sorte un retour aux sources de la civilisation occidentale. Le libéralisme classique est fondé sur dix grands principes.

2   Dix principes du libéralisme classique

 

  • La vie d’un individu est une valeur morale universelle et absolue. La vie, liberté et propriété d’un individu non-agressif ne saurait être sacrifiée à aucun but.
  • Chaque individu est propriétaire de son propre corps, son esprit et de son labeur, incluant les objets physiques qui sont le fruit légitime de ce labeur. (Le droit de propriété)
  • Tout individu a le droit de poursuivre des activités nécessaires à l’amélioration de sa vie – incluant ses aspects matériels, intellectuels et émotionnels – en utilisant son propre corps et sa propriété, ainsi que la propriété d’autres personnes consentantes.
  • Les droits d’un individu à la vie, la liberté et la propriété sont inhérents à la nature de cet individu. Ils ne sont octroyés par d’autres  êtres humains et ne peuvent être enlevés par aucune entité. (Le concept de droits naturels)
  • L’initiation de la force physique ou la menace de l’usage de celle-ci ou la fraude contre tout individu n’est jamais permise – Peu importe le caractère ou la position de l’instigateur. Cependant, une force proportionnelle peut être utilisée pour se défendre de ou en réponse à une agression. (Le principe de non-agression)
  • Le seul rôle fondamental d’un gouvernement est de protéger les droits individuels en prenant des actions spécifiquement déléguées à ce gouvernement par ses citoyens. Le gouvernement n’est pas l’égal de la société et n’a pas le droit de sacrifier des individus non-agressifs pour avancer le bien-être des autres. (L’état de droit)
  • Chaque individu a le droit absolu de penser ou exprimer toute idée qu’il veut. La pensée ou la parole ne seront jamais l’équivalent de la force ou de la violence et ne devraient jamais être restreintes ou être sujettes à des pénalités coercitives. Spécifiquement la contrainte et la censure sur la base de religion ou d’idées politiques sont inacceptables en toute circonstance. (La liberté de conscience et d’expression)
  • Le commerce, la technologie et la science sont des forces libéralisantes désirables qui sont capables de soulager les maux historiques, d’améliorer la qualité de vie humaine et l’élever moralement l’être humain. La liberté complète d’échange, d’innovation et de pensée doivent être préservés et soutenus pour tous les êtres humains. (Capitalisme)
  • Les accidents de naissance, de géographie ou de généalogie ne définissent pas un individu et ne devraient jamais générer de restrictions imposées par autrui sur les droits ou les opportunités de cet individu. Chaque individu doit être jugé strictement selon ses qualités personnelles, incluant ses accomplissements, son caractère et ses connaissances. (L’égalité devant la loi)
  • Il n’existe aucune limite « naturelle » ou désirable au potentiel humain de faire le bien, et il n’existe aucun problème substantiel qui ne puisse être résolu par la connaissance humaine présente ou future, l’effort et la technologie. Il tient d’un impératif moral à tous les humains d’étendre leur maitrise de l’univers indéfiniment et de telle façon à assurer la survie et l’épanouissement de tous les individus non-agressifs.

3    Un monde libertarien

 

À quoi ressemblerait une société libertarienne? Certains vous diront que puisque nous voulons minimiser, voire éliminer l’état, qu’un monde libertarien serait la loi de la jungle et au plus fort la poche. Ce n’est pas du tout ça.

3.1  Le rôle de l’État

Pour le libertariens, l’état est la seule entité ayant le droit légal d’utiliser la force et son rôle est d’abord et avant tout de protéger les citoyens contre les agressions extérieures par la force militaire et intérieures par les forces policières et de résoudre les disputes en offrant un système légal. Pour les autres services, les libertariens considèrent que le secteur privé est généralement plus efficace que le gouvernement (ce que notre gouvernement est en train de prouver).

3.2  L’économie

Les libertariens croient que le gouvernement n’a pas à s’ingérer dans la vie économique des citoyens autrement que de punir la fraude et le vol. Le système légal normal devrait donc suffire à règlementer les marchés et prévenir que des gens soient floués dans leurs transactions. Les gens auraient donc le droit de transiger avec qui ils veulent, selon des termes mutuellement acceptables.

3.3  Le filet social

Les libertariens prônent la responsabilité sociale. Ce qui veut dire que nous sommes responsables d’abord et avant tout de nous-mêmes et de nos familles. Prendre soin de nos enfants et de nos ainés, par exemple, est notre responsabilité, pas celle de la société.  Il a été généralement démontré que plus une société est libre sur le plan économique et plus elle est prospère. Dans une société prospère, l’extrême pauvreté est un phénomène marginal et relève de la charité privée. Il est impensable d’utiliser l’État pour forcer les gens à être charitables contre leur gré. L’idée de faire une redistribution forcée de la richesse, comme nous le faisons présentement, est moralement  inacceptable pour un libertarien. Utiliser la force pour saisir la propriété d’autrui est un vol, même si c’est le gouvernement qui le fait avec la bénédiction de la majorité de ces citoyens. Si un citoyen n’a pas le droit d’utiliser la force pour saisir la propriété d’un autre, il ne peut pas déléguer ce pouvoir à son gouvernement, peu importe le nombre de citoyens qui seraient d’accord avec l’acte. La démocratie ne peut servir à violer les droits, seulement les préserver.

3.4  La vie sociale et la vertu

L’État n’a aucune place dans la chambre à coucher. Ce n’est donc pas sa place de dicter ce qui peut se faire ou ne pas se faire entre deux individus consentants. Ce n’est pas sa place également de dicter comment un individu dispose de son propre corps, tant que celui-ci en subit les conséquences et ne nuit pas à autrui. Ce n’est pas à l’état d’imposer une certaine moralité ou une idéologie à l’ensemble de la société par la force. Ce n’est pas à l’État d’imposer une langue d’usage. Sur un territoire, la langue s’impose d’elle-même quand une majorité des citoyens la parlent et transigent avec. L’usage de la force est donc inutile et superflue.

4  Conclusion

Le libertarianisme est l’incarnation nord-américaine du libéralisme classique et adhère à ses principes. C’est une vision de société qui est centrée autour du principe de non-agression et du  respect des droits individuels et de propriété. Le libertarianisme n’est en réalité ni à gauche et ni à droite. C’est la seule philosophie qui est cohérente vis-à-vis l’usage de la force de l’état. La gauche prône l’usage de la force de l’état pour promouvoir l’égalité sociale et la droite prône l’usage de la force pour promouvoir la vertu et la moralité Le libertarianisme condamne l’usage de la force universellement. Les libertariens choisissent de promouvoir le bien collectif par la responsabilité individuelle et la charité et la coopération volontaire.

 

En bonus, je vous offre aussi la vidéo que je mentionne à la fin de l’entrevue: La Philosophie de la Liberté.

Le travail engendre le travail

Les Québécois vivent depuis des décennies dans une société socialiste , donc de pénurie, qu’aucun politicien ne remet en cause. Chacun est persuadé de la véracité de la lutte des classes, que patrons et employés sont adversaires, que l’enrichissement des uns entraîne l’appauvrissement des autres. On fait croire que le travail est limité, qu’il faut le partager. Rationner n’est pas politiquement correct, ni électoralement vendeur, « partager » c’est mieux ! D’où les , la réglementation du temps de travail, les taxes (impôts) progressives et élevées, un code du travail draconien etc. C’est le fameux « Travailler moins pour travailler tous ». Ces idées sont fausses mais très largement admises! Elles sont cohérentes avec le socialisme, qui est disette, et qui imprègne notre société. Les individus ne peuvent imaginer autre chose.

Quand on regarde quelle était la condition de l’Homme depuis son apparition sur terre, force est de se rendre à l’évidence, nous étions peu de chose. L’Homme s’en est tiré par son génie, le travail, la coopération et l’échange.

« Il semble, a priori, que tout ce à quoi nous pourrions prétendre, c’est d’obtenir des satisfactions proportionnelles à notre travail. Si nous en avons plus, infiniment plus, à qui devons-nous cet excédant? Précisément à cette organisation naturelle contre laquelle nous déclamons sans cesse, quand nous ne cherchons pas à la détruire. » Frédéric Bastiat, Harmonies économiques, la concurrence.

C’est bien grâce à sa coopération spontanée que l’Homme est sortit de la précarité. Cette organisation naturelle s’oppose aux organisations artificielles. Les organisations artificielles entraînent la contrainte, le délire réglementaire et la spoliation légale. Cela définit le socialisme. La conséquence est la ruine et la pénurie. Il n’y a pas d’exception.

Le travail est une peine pourtant il doit être accompli. Pour y parvenir il existe une motivation naturelle : l’intérêt personnel. Il est redoutablement puissant et efficace. Bien que chacun travaille par intérêt personnel, tout le monde en profite.

Ainsi, la liberté économique engendre croissance et prospérité parce que le travail y est libre. Le capitalisme a sorti l’Europe de la misère au XIXe siècle. (La liberté économique permet aujourd’hui aux pays émergents d’en faire autant). Il a nourri, vêtu, logé des centaines de millions de gens. Il a libéré l’Homme de la simple survie. Il a amélioré sa vie et ses conditions de travail. L’Homme accédé à l’abondance, à une meilleure qualité de vie, et au confort. C’est-à-dire au repos et aux loisirs, donc au superflu. Pour en arriver là, l’homme n’a pas eu une activité de prédation, mais une véritable activité de création. Il a multiplié les richesses.

Dans la nature, seuls les plus forts survivent : c’est la sélection naturelle. Pendant longtemps l’homme y fut soumis. Grâce à ses efforts, à son travail, les plus faibles survivent désormais et apportent leur pierre à l’édification de la civilisation. L’humanité est passée d’une société de rareté à une société d’abondance grâce à l’ingéniosité humaine.

Dans toute société, la somme des services rendus est incommensurablement supérieure à ce qu’un individu seul n’aurait jamais pu obtenir. Ce qui est important c’est que, proportionnellement, dans une société libre, le gain est plus fort pour les plus faibles.

Dans toute autre société, celui qui est plus fort, plus agressif, plus profiteur, qui a des réseaux obtiendra toujours plus que les plus humbles. Ces sociétés sont des sociétés de division, de lutte des classes, de groupes de pressions et de privilèges. Ce sont des sociétés où règne la « spoliation légale » qui n’offrent aucune chance aux faibles. Ces derniers doivent se contenter des miettes que leur octroie chichement la solidarité forcée. Dans une société libre pas besoin de réseau, il n’y a pas de passe droit. Profondément moral, le libéralisme s’adresse à tous, il ignore le clientélisme. La société qui n’est pas libre ne crée rien, ou peu, ou mal. Elle distribue jusqu’à épuisement des stocks ! Une faible partie seulement parvient aux plus démunis. Seule la société libre permet à la création de s’épanouir, à l’offre de biens et de services de se multiplier. Les plus humbles en bénéficient pleinement.

Le libéralisme ne connaît pas de crises et donne du travail à tous. La création de richesse est infinie, parce que les besoins des hommes et leur imagination innovante sont infinis. Les hommes échangent des services et cet échange crée la valeur. Les services obsolètes sont remplacés par d’autres plus performants. Des activités nouvelles apparaissent, les innovations engendrent des richesses supplémentaires. Les besoins sont anticipés par les entrepreneurs. La souplesse du marché permet des adaptations rapides aux événements inattendus. En cas d’erreurs, elles n’ont, grâce à la responsabilité personnelle, que des conséquences limitées envers la communauté. Les hommes sont inégaux, physiquement et intellectuellement. Les inégalités économiques n’ont rien à voir avec l’injustice. La justice impersonnelle du marché n’est pas remplacée par l’arbitraire du décideur politique. L’inégalité est un puissant moteur d’amélioration sociale. Toute personne qui veut entreprendre en a l’opportunité. Les progrès de nos sociétés sont dus à l’échange libre, donc équitable, entre les hommes.

Le travail engendre le travail, il est innovation et création. Il multiplie l’offre de services. Avec l’échange, la spécialisation du travail apparaît et chacun se spécialise dans ce qu’il fait de mieux. Les métiers et fonctions se multiplient. Grâce à ces mécanismes (création, innovation, multiplication de l’offre, spécialisation, échange) le travail des uns crée le travail des autres. Il y a de plus en plus de travail pour de plus en plus de gens. Il n’y a pas de chômage. Cela permet aux plus humbles de trouver une place selon leurs capacités. . La prospérité des uns entraîne celle des autres.

L’accroissement des richesses diffuse ses bienfaits à l’ensemble de la société parce que la concurrence intervient en complément, en appui, du libre échange. La concurrence est l’alliée du consommateur. Elle est la liberté de choix. Le plus faible en profite

Si le libéralisme traite différemment des individus différents, il n’y a pas discrimination de naissance, race, sexe, etc. Seuls les talents comptent. Par un miracle quotidien tous les talents sont utilisés, aussi petits soient-ils.

« Travailler plus pour travailler tous » est un message qui intéresse tout le monde dans notre société de chômage structurel. Les millions de chômeurs et de pauvres qui doivent leur situation à la collectivisation de l’économie, doivent être informés et comprendre que les socialistes les mènent en bateau.

« Se conserver, se développer, c’est l’aspiration commune à tous les hommes, de telle sorte que si chacun jouissait du libre exercice de ses facultés et de la libre disposition de leurs produits, le progrès social serait incessant, ininterrompu, infaillible. » Frédéric Bastiat, La Loi

« Nous étudions l’homme tel que Dieu l’a fait; nous constatons qu’il ne peut vivre sans pourvoir à ses besoins; qu’il ne peut pourvoir à ses besoins sans travail, et qu’il ne peut travailler s’il n’est pas sûr d’appliquer à ses besoins le fruit de son travail. » ;

« J’entends par propriété le droit qu’a le travailleur sur la valeur qu’il a créée par son travail. » Frédéric Bastiat, Propriété et loi.

Pour sortir de la situation catastrophique où nous sommes, pour vaincre le chômage et la misère, il faut respecter la Propriété :

Ne pas entraver le travail :

Liberté économique, réforme en profondeur du code du travail, liberté des contrats, réforme des lois syndicales.

Ne pas voler les fruits du travail :

Un seul et unique impôt sur les revenus, proportionnel, sur tous les individus et seulement les individus (Flat Tax). Pas d’impôts sur le patrimoine.

Chacun dispose librement de l’intégralité des fruits de son travail, pour un salarié c’est le salaire complet.

Laisser s’échanger les fruits du travail :

Libre échange

Garantir les fruits du travail :

État minimum : veille au respect des contrats, garantit les Droits naturels : Propriété, Liberté, Personne.

La loi s’oppose à la spoliation. Elle assure la Justice et la Sécurité, y compris la sécurité juridique et fiscale.

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Gagner sa liberté en quittant le Québec (partie 2 de 2)

 

Par Pierre-Guy Veer

 

Des services présents quand on en a besoin

 

Un autre point positif de la terre d’adoption de Julie est la facilité d’obtenir des soins de santé. « Le lendemain de notre déménagement, mon conjoint a débuté ses traitements de chimiothérapie ». Aussi, comme les impôts sont bas, on n’a pas l’impression de payer deux fois quand on va à l’hôpital. « Et les médecins sont facilement accessibles. Je peux prendre un rendez-vous médical en moins d’une semaine, et le pédiatre, même si j’appelle son bureau le dimanche, me contacte le jour même pour me conseiller de prendre rendez-vous ou d’aller à l’urgence. »

 

Parlant des urgences, celles de Houston sont absolument incomparables à celles du Québec. « Dans les hôpitaux privés d’ici, il n’y a aucune attente et tous les examens imaginables sont disponibles. Même l’hôpital public du comté, dont l’urgence et plusieurs services sont gratuits, offre tous les services, quoiqu’il peut parfois y avoir de l’attente. Je me rappellerai toujours cet homme obèse qui se plaignait à un journaliste parce qu’il avait attendu à l’urgence durant … trois heures.

 

« En comparaison, mes frères qui ont des enfants ont parfois dû attendre 17h pour voir un médecin à l’urgence – j’ai entendu dire qu’un délai d’attente de 48h était fréquent aussi[1]. Non seulement doivent-ils souvent attendre pour passer des tests médicaux, mais ils doivent répéter sans cesse leur histoire médicale puisque leur médecin est souvent indisponible. »

 

Se responsabiliser pour l’assurance

 

Évidemment, comme le système de santé n’a pas un assureur unique comme au Québec, plusieurs choisissent de contracter une assurance. « Oui, il peut y avoir beaucoup de paperasse, remarque Julie. Connaître les compagnies de même que les services qu’elles couvrent est presque une profession en soi! Toutefois, je n’ai jamais eu de problème, malgré le cancer de mon conjoint et mes deux accouchements. Il m’en coute 568 $ par mois. » Lors de l’obtention d’un emploi, les gens négocient un tel avantage pécuniaire.

 

Afin de s’assurer que tout fonctionne bien, une personne doit cependant demeurer vigilante. « Je dois toujours m’assurer que la compagnie a payé la facture. » Encore là, elle dit ne jamais avoir eu de problème majeur.

 

Atlas commence à soupirer

 

Malheureusement, le havre de libertarianisme relatif qu’est le Texas commence à disparaître. « J’avais déménagé du Québec à cause de la réglementation étouffante et des impôts trop élevés. De plus en plus, c’est ce qui se produit aux États-Unis. Jamais je ne vivrai dans un monde socialiste. Je serais prête à déménager, mais où irais-je? » se questionne-t-elle.

 

Comme au Québec, les programmes publics sont abusés par plusieurs. Son mari lui en dit des vertes et des pas mûres au sujet des programmes publics de santé (Medicare[2]/Medicaid). « Il est témoin de tellement d’aberrations, comme cet homme qui, malgré une transplantation, continue à fumer. »

Toutefois, ce n’est rien comparé aux immigrants illégaux qui profitent des largesses du système. « Comme les hôpitaux ne peuvent refuser de patients, plusieurs femmes immigrantes en profitent pour accoucher à l’hôpital. D’autres se font soigner et disparaissent ensuite dans la brume. » Il est donc à prévoir que, pour palier ce manque à gagner, les impôts vont augmenter…

 

Aucun espoir?

 

En conclusion, Julie croit que s’en est fait de l’espoir de changement pour le Québec. « Il y a six mois, j’aurais peut-être été plus optimiste. Mais avec l’arrivée du conflit étudiant, je me suis rendu compte que cette mentalité de s’accrocher au gouvernement n’est pas prête de partir. Je ne crois pas voir de grands changements de mon vivant.

 

« Oh, il y a bien des libertariens présent – il semble y avoir une tendance dans la région de Québec –, mais ce ne sont pas des militants car ils ont une vie. » D’autres personnes partagent son pessimisme. Son beau-père est maintenant professeur en Chine, et il n’a pas l’intention de revenir.

 

 



[2]    Pour les aînés