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Que valent nos députés?

Par Philippe David

Il y a quelques semaines, suite à l’indignation au sujet de la prime de départ du ministre Yves Bolduc, il a été question de déposer un projet de loi pour modifier le traitement des membres de l’Assemblée Nationale afin d’éliminer ces primes et par la même occasion augmenter le salaire de base des députés et ministres. Il serait question, en échange de l’élimination des primes de départ (sauf pour des cas de maladie) et une contribution plus élevée à leur régime de retraite d’augmenter le salaire de base des députés de  88 186 $ à 136 010 $ selon les recommandations du rapport du comité de Claire L’Heureux-Dubé. À cette date, le projet de loi n’a pas encore été déposé et il est donc impossible de connaître les détails, mais en ces temps où le gouvernement prêche le contrôle des dépenses et prépare le terrain pour les négociations avec les syndicats des fonctionnaires, je crois qu’il est approprié de se poser la question: que vaut un député vraiment?

Des évaluations boiteuses.

Certains prétendent que nos députés travaillent très fort pendant de longues heures. Être député n’est pas un emploi de 9h à 17h, 40 heures par semaine, prétendent-ils et ce qu’ils font est tellement important. Ils méritent donc ce qu’ils gagnent et peut-être même plus. Après tout, beaucoup de fonctionnaires font plus qu’eux et nous devons leur offrir un bon salaire si nous voulons attirer des candidats de qualité.

Le problème est qu’autant pour les membres de l’Assemblée Nationale que pour les fonctionnaires d’ailleurs, la rémunération n’a rien à voir avec les forces du marche et est complètement arbitraire. Elle n’a absolument rien à voir avec la véritable valeur économique de leur travail qui est d’ailleurs impossible d’évaluer dans ces termes.

Public vs privé

Dans l’entreprise privée, les salaires sont évalués selon un jeu de l’offre et de la demande pour des talents particuliers et l’évaluation subjective de ce que ces talents peuvent rapporter à l’entreprise. La valeur du travail à tous les échelons a un rapport direct avec la productivité des travailleurs qui participent à divers degrés à la création de richesse en produisant le plus efficacement possible des biens et services appréciés des consommateurs. 

De l’employé de chaîne de montage au P.D.G. d’entreprise, le salaire de chacun est le produit d’une évaluation de ce que le travail de chacun rapportera à l’entreprise. Si l’entreprise est profitable, elle crée de la richesse, si elle ne l’est pas, elle gaspille des ressources et toute autre chose étant égale par ailleurs, si elle persiste dans cette voie, elle fermera éventuellement ses portes pour laisser la place à une entreprise mieux gérée. C’est grosso-modo comment les choses fonctionnent dans le domaine privé. Les entreprises produisent des biens et services selon les désirs des consommateurs qui paient volontairement pour ces biens et services.

Dans le domaine public c’est différent. Le gouvernement ne crée pas de richesse. L’argent qu’il reçoit est extrait sous forme de taxes et impôts que le citoyen n’a pas le choix de payer sous peine de se faire arrêter et jeter en prison. Puisque les revenus du gouvernement ne dépendent pas de la valeur des biens et services qu’il produit, il n’a aucun incitatif à livrer ces biens et services de façon efficace et productive. Puisque le gouvernement ne fait aucun profit ou perte, il est impossible d’évaluer la productivité de ceux qui y travaillent. Leur travail est en réalité une perte nette pour l’économie.

Le secteur privé crée la richesse, le secteur public la consomme et la redistribue, généralement aux petits n’amis du parti au pouvoir, laissant quelques miettes aux nécessiteux. Plus le secteur public est gros par rapport au secteur privé et plus nous nous appauvrissons collectivement.

Alors que valent nos députés?

Le québécois moyen gagne dans les environs de 43 000$ par an et doit en payer presque la moité en impôts, taxes et tarifs de toutes sortes à tous les paliers de gouvernement. Une partie de ça sert à payer nos député dont le rôle consiste, par chaque loi qu’ils votent et chaque nouvelle taxe qu’ils nous mettent sur le dos à restreindre nos libertés et nous appauvrir toujours un peu plus.

Je vous laisse décider ce que leur travail vaut pour vous, mais à mon humble avis, ils sont déjà surpayés. Gardez ça en tête quand ils présenteront leur projet de loi…

Singapour: un aperçu fuyant d’un système de santé libre

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Par Philippe David

 

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi  les coûts de santé croissent plus vite que tout le reste? En fait, au Québec, ces coûts croissent à un rythme d’environ 3 fois le taux d’inflation. Comment est-ce possible? La réponse à cette question a déjà été répondue par l’économiste Milton Friedman. Friedman disait qu’il y avait quatre façons de dépenser l’argent:
 

  • Quand vous dépensez votre argent pour vous-même, vous faites attention autant à ce que vous dépensez qu’à la manière dont vous le dépensez.
     
  • Quand vous dépensez votre argent pour quelqu’un d’autre (un cadeau, par exemple), vous faites toujours très attention à ce que vous dépensez (combien) et un peu moins à la manière dont vous le dépensez (comment).
     
  • Quand vous dépensez l’argent de quelqu’un d’autre pour vous acheter quelque chose (par exemple, un repas d’affaires), le montant de la dépense (le coût, combien) vous importe peu, en revanche, vous faites très attention au « comment » et vous êtes très attentif au fait que vous en avez ou non pour votre argent.
     
  • Mais quand vous dépensez l’argent de quelqu’un d’autre au profit d’une autre personne que vous, ni le montant de la dépense (combien), ni la façon dont l’argent est utilisé (comment) n’ont vraiment d’importance.

 

Le problème est que dans les régimes de santé, qu’ils soient publics ou privés, c’est le plus souvent la 4e méthode qui prévaut. Et plus l’état intervient, plus c’est le cas. Celui qui reçoit les soins est isolé du coût réel de son traitement alors le coût lui importe peu. Celui qui paie pour le traitement ne le fait pas avec son propre argent, alors il n’a pas non plus d’incitatif à minimiser les coûts, ni d’assurer un bon rapport qualité/prix.

 

Les assurances-santé, autant publiques que privées offrent des couvertures tout-azimut, au lieu de faire une véritable gestion de risque. Les assurances devraient assurer toute une gamme de couvertures avec toute une gamme de prix, de la couverture tout-azimut au gros prix à la couverture minimale pour maladies catastrophiques (comme le cancer) à prix modique. Votre assurance-automobile paye-t-elle pour les changements d’huile et l’entretien? Pourquoi alors serait-il absolument nécessaire que votre assurance-santé couvre les examens de routine et les bobos mineurs? En principe, si nous défrayons ces coûts de notre poche, nous avons un meilleur incitatif à rechercher un bon rapport de qualité/prix puisque nous dépensons notre argent pour nous-même et les membres de notre famille et l’intérêt des cliniques médicales, étant en concurrence, est de vous offrir le meilleur service au meilleur prix. Ce principe fonctionne pour toutes sortes de produits et services, pourquoi serait-ce différent pour les soins de santé? Seuls les tabous de société québécois nous portent à croire que les soins de santé sont, par on ne sait trop quel sortilège, exempts de la loi de l’offre et la demande.
 

Un système de santé presque libre


On croit à tort que le système américain est un système proche d’un libre-marché, mais rien ne pourrait être plus faux. Avec Medicare et Medicaid, l’état américain,  fédéral ou local, a une grande influence sur les coûts de soins de santé. De plus, les lois dans la plupart des états interdisent la vente de polices d’assurances provenant d’un autre état, ce qui limite la concurrence entre les compagnies d’assurances dans un même état et conduit à des primes d’assurances plus élevés qu’elles ne le seraient autrement. C’est ça qui fait que le système américain est encore plus coûteux que des systèmes comme au Canada. Mais en revanche, ils en obtiennent quand même plus pour leur argent que nous. Cependant, il existe un système de santé dans le monde qui est très proche de ce qu’on trouverait dans un marché libre : celui de Singapour.

 

Singapour, en seconde place des états les plus libres au monde, donne un aperçu comment le libre-marché pourrait offrir des solutions pour des soins de santé accessibles à tous. Son système de santé n’est certainement pas complètement libre, mais il utilise beaucoup de mécanismes de marché qui l’aident à minimiser les coûts qui en font un des systèmes les plus efficaces et le moins coûteux au monde.

 

En gros, le gouvernement prélève un certain montant du salaire de chaque travailleur et le met dans un compte d’épargne-santé obligatoire. Les médecins, cliniques et hôpitaux privés sont libres de fixer leurs prix et sont mis en libre concurrence. Les singapouriens accumulent de l’argent dans leur compte-santé alors qu’ils sont en bonne santé et utilisent cet argent pour payer pour leurs soins quand c’est nécessaire. Ils peuvent également compléter avec une assurance publique ou privée avec le degré de couverture de leur choix. Ils peuvent même payer leurs primes d’assurance à même leur compte d’épargne-santé. Le gouvernement prend en charge les soins des démunis à travers son réseau d’hôpitaux publics où seuls ceux qui en ont les moyens paient.

La libre-concurrence entre les différentes cliniques et hôpitaux privés  et le fait que la clientèle n’est pas isolée des coûts de ses soins, assurent que ces coûts doivent rester à la portée de la grande majorité des gens pour être profitable.  La libre concurrence et la variabilité des couvertures disponibles assurent aussi un coût raisonnable pour les assurances également. Ce n’est pas 100% libre-marché, mais assez proche pour être convaincant. Les coûts de santé de Singapour sont à environ 6% de son PIB, alors qu’au Québec, ils sont de l’ordre de 12% du PIB.  Et le système singapourien n’a aucune attente, ni à l’urgence, ni pour les chirurgies. Comparez ça au système québécois et dites-moi lequel vous préfèreriez?

 

Que serait un système 100% libre-marché? Prenez le système de Singapour, remplacez les comptes obligatoires d’épargne-santé par des régimes volontaires et les hôpitaux publics par des OSBL et vous y serez presque. Les possibilités sont infinies si elles ne sont pas restreintes par le carcan de l’état. Le système de Singapour démontre très certainement que le marché peut gérer un système de santé accessible à tous de façon bien plus efficace que l’état.

Le libre-marché est moins « théorique » que vous ne le pensez

 

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Par Philippe David

 

Le libre-marché n’est pas nécessairement l’apanage des Tea Parties, bien que beaucoup de ses adhérents sont pro-libre-marché. Mais pour répondre aux critiques à son endroit, il convient de préciser ce qu’est un marché libre.

 

Le libre-marché est un système économique où la liberté économique est à son maximum­. Il n’exclut pas nécessairement toute intervention de l’état, mais l’état, s’il y joue un rôle, est limité à celui d’un arbitre qui assure le respect des contrats et des droits de propriétés et offre un cadre légal prévisible sans favoriser un joueur ou un autre dans le marché.  Mon collègue Miguaël Bergeron le qualifie de « théorique » parce que nulle part sur terre il n’existe une économie qui soit totalement libre, mais certaines nations sont plus proches que d’autres de cet état. Chaque année, l’Institut Fraser compile un classement en rapport avec la liberté économique. Son dernier rapport inclut 152 pays et/ou territoires.  Lorsqu’on compare certains indicateurs de bien-être dans les pays du 25% le plus libre et ceux du 25% le moins libre, on constate que:
 

 

  • Le revenu moyen, ajusté au pouvoir d’achat des pays les plus libres est presque 9 fois supérieur aux pays les moins libres.
  • Le revenu moyen du 10% le plus pauvre des pays libres est plus que 10 fois supérieur à leurs homologues des pays les moins libres, et en fait, les pauvres des pays les plus libres font plus du double du revenu moyen des pays les moins libres.
  • L’espérance de vie dans les pays les plus libres est 19 ans de plus que les pays les moins libres.
  • Le respect des droits civils est beaucoup plus élevé dans les pays les plus libres que dans les pays les moins libres.

 

Ces faits démontrent de façon indéniable que plus un pays tend vers le maximum de liberté économique, plus le bien-être de sa population est assuré. Ceci n’a rien de théorique, c’est prouvé empiriquement. Pourquoi est-ce si difficile de croire que si nous allons dans la direction de plus de liberté économique, que les choses s’amélioreraient plutôt que de se détériorer.

Pourquoi les partisans du libre-marché ont-ils besoin d’apporter des preuves et des certitudes pour convaincre les gens, alors que les partisans du socialisme, qui a maintes fois démontré son échec, s’en tirent qu’avec des promesses et des bonnes intentions? Le fardeau de la preuve devrait pourtant être sur le dos des socialistes.

Quelques faits intéressants:

 

  • Hong Kong et Singapour dominent le classement depuis plus d’une décennie.
  • De 2012 à 2013, le Canada a chuté du 6e au 9e rang (Nous n’allons pas dans la bonne direction)
  • Après avoir très longtemps fait partie du top 5 des pays les plus libres, les États-Unis languissent maintenant au 18e rang. Leur descente aux enfers a débuté sous George W. Bush, mais continue sous Obama. « Land of the free »? Not anymore!
  • La province avec le plus de liberté économique au Canada est l’Alberta et celle avec le moins de liberté économique est le Québec (comme par hasard). Devinez qui tire le reste du Canada vers le bas? (source)
  • Le Québec se trouve en dernière position (60e sur 60) de toutes les provinces canadiennes et tous les états américains quand on ne regarde que les gouvernements locaux (province, état, municipal), mais remonte à la 50e place quand on inclut le gouvernement fédéral. Quelque chose que je voudrais bien voir les péquistes tenter d’expliquer.
  • Pour les chavistas, le Venezuela est bon dernier en 2013. En 1975, il était classé 5e et 92e en 1995. Heureusement, ils ont maintenant  un « Ministère du Bonheur », mais je soupçonne que les vénézuéliens auraient probablement préféré du lait et du papier de toilette.

 

Services publics vs services privés

Il existe un mythe particulièrement persistant au Québec selon lequel les services privés sont plus chers et de moindre qualité parce que les entrepreneurs et les actionnaires sont motivés par le profit. Alors ils coupent les coins ronds. En revanche, le gouvernement est altruiste et fournit des meilleurs services parce qu’il se soucie vraiment des gens. Dans la réalité, rien ne pourrait être plus faux.

Il y a cinq différences majeures entre le public et le privé

 

  1. Dans la réalité, une entreprise privée n’a qu’une source de revenus : ses clients et une seule façon de les obtenir : en fournissant un meilleur produit ou un meilleur service que leurs concurrents. Pour le gouvernement, c’est  l’inverse. Les revenus du gouvernement proviennent d’impôts et de taxes que le contribuable n’a pas le choix de payer et qui n’ont aucun lien avec les services rendus.
  2. Avec une entreprise privée, si vous n’êtes pas satisfait du service, vous pouvez toujours aller ailleurs dans la plupart des cas. Avec le gouvernement, vous avez toujours  affaire à un monopole. Vous êtes cuit.
  3. Lorsqu’une compagnie privée fait des erreurs, il y a des répercussions sur ses revenus qui peuvent même la mettre en faillite (Comme la MMA,  par exemple). Lorsque le gouvernement fait des erreurs, personne n’est jamais imputable. Au contraire, maintes fois, l’incompétence est récompensée.
  4. Avec le privé, vous obtenez tout, dans toutes les tailles et toutes les couleurs. Avec le gouvernement, c’est toujours « one size, fits all ».
  5. Un entrepreneur doit souvent planifier loin dans l’avenir. L’horizon temporel des politiciens se limite toujours à la date de la prochaine élection.

La plupart des Québécois croient que les services comme les services de santé coûteraient plus cher s’ils étaient privatisés, mais une autre étude de l’Institut Fraser démontre que le coût du système de santé au Canada revient à l’équivalent de $11 320 par famille par an. Aux États-Unis, on peut avoir une très bonne police d’assurances à ce prix-là, mais les États-Unis sont très loin d’avoir un libre-marché dans ce domaine. Ce n’est pas parce qu’on ne paye rien chez le médecin que ça coûte moins cher.

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Un autre bon exemple qui démontre que ce n’est pas nécessairement moins cher ou meilleur quand c’est l’état qui livre le service,  est la SAQ.  Alors que j’étais en vacances au New Hampshire cet été, je me suis amusé à faire une comparaison. J’ai choisi une bouteille de vin tout à fait ordinaire que je savais que je ne retrouverais qu’à la SAQ (La vieille ferme). Je l’ai trouvée dans un supermarché de Hampton et j’ai pris une photo de l’étalage avec le prix. À mon retour, j’ai pris une photo de l’étalage du même cépage à la SAQ. Le prix était presqu’exactement le double puisque le dollar canadien était presqu’au pair avec le dollar américain cet été. Les américains bénéficient d’un meilleur choix de vins dans une vulgaire épicerie qu’à la SAQ et le paient deux fois moins cher. C’est ça le pouvoir d’un marché relativement libre.

Ce que le marché peut faire pour la distribution et la vente d’alcool, il peut le faire pour n’importe quel produit ou service, que ce soit pour les soins de santé ou l’éducation ou même le transport en commun. Grand nombre de pays ont commencé à privatiser les services publics, les pays scandinaves, supposément très progressistes,  en tête. Ici  au Québec, nous avons un gros problème avec l’idée de faire de l’argent. Donc, il ne faudrait surtout pas qu’ici quelqu’un puisse s’enrichir en livrant des services essentiels à la population, même si ces services sont moins chers et de meilleure qualité. Ici on parle de « marchandisation » de l’éducation ou de « faire des profits sur le dos des malades » comme si c’était foncièrement malhonnête de gagner sa vie en dispensant ces services. Apparemment, c’est  plus « moral » de détrousser les contribuables à la pointe d’un fusil pour payer pour ces services et ensuite produire des générations de décrocheurs et laisser les gens mourir sur des listes d’attentes. Si certaines personnes croient que la droite a un déficit de moralité, mais qu’ils cautionnent ce système, c’est qu’ils ont un sens très tordu de la moralité.

Dans ma prochaine chronique, je vous montrerai comment pourrait fonctionner un système de santé universel dans un marché libre en montrant comment les bases d’un tel système fonctionnent déjà à Singapour.

L’économie de la santé

Par Philippe David

Maintenant que l’élection est terminée et que les post-mortem de la campagne ont été écrits. Plusieurs  tourneront  l’œil vers la santé de l’économie. Moi, c’est de l’économie de la santé dont je voudrais vous parler.

Pendant la campagne électorale, trop peu d’attention a été accordé aux problèmes de notre système de santé et le plus souvent, ce n’était que pour y saupoudrer une bonne mesure de poudre de perlimpinpin  et de pensée magique. On ne cesse de dire qu’il ne suffit que de mettre plus d’argent dans le système ou de le gérer plus efficacement. Depuis le temps qu’on engouffre des sommes colossales dans ce système et qu’on en augmente le nombre de gestionnaires puissance 10, si cette approche comptable fonctionnait, on le saurait. Les libéraux ont beau encore blâmer le PQ, mais ils n’ont pas réussi à régler le problème après 9 ans de pouvoir, et vous vous mettez le doigt profondément dans l’œil si vous croyez que le PQ aura plus de succès. Le problème est beaucoup plus compliqué que ça et il est structurel. Il provient du fait que notre système de santé fait fi des règles économiques les plus élémentaires.

Un changement de culture

Comme l’écrivait mon amie Joanne Marcotte dans son livre « Pour en finir avec le Gouvernemaman », la solution à la plupart de nos problèmes réside dans un changement de culture. Dans le cas de la santé, ce changement de culture consisterait à nous débarrasser de notre haine du profit et de notre méfiance du marché. 

Certains esprits bien-pensants se croient vertueux en s’opposant à ce qu’ils appellent « la marchandisation de la santé ». Pour ces bien-pensants, il serait immoral que  quelqu’un puisse profiter de la souffrance des autres. Passons sur le fait qu’à moins de travailler bénévolement, tous les travailleurs de la santé profitent déjà de la souffrance des autres et que des milliards changent de mains dans ce secteur, il n’y  a en réalité rien d’immoral à faire de l’argent à dispenser des soins de santé, pas plus que d’en faire à dispenser n’importe quel autre bien ou service. Dans le cas présent, ceux qui profitent ou non dans ce secteur sont choisis selon des impératifs politiques plutôt que d’améliorer la qualité du service. Mais l’attitude que nous avons derrière cette prémisse est la cause de bien des maux dans notre système. Le premier étant le mythe de la gratuité.

Les bien-pensants croient à tort que la gratuité des soins est un gage d’accessibilité. Personne n’a à débourser d’argent et donc tous y ont accès, peu importe leurs moyens financiers. Ça semble bien beau en théorie, mais en pratique, la gratuité mène à une demande infinie, puisqu’il n’y a plus de prix pour réguler l’offre et la demande. En l’absence de prix, le marché se trouve un substitut : le temps.

Puisqu’il n’y a pas de prix en argent à payer, le facteur qui vient freiner la demande devient les temps d’attente et le rationnement. Nous n’avons plus accès à des soins de santé, nous avons accès à des listes d’attente. Certes, vous ne payez rien pour obtenir les soins, mais ces soins sont-ils vraiment accessibles?

Et au cas où vous auriez une illusion quelconque que la gratuité des soins de santé existe, le temps d’attente moyen en salle d’urgence est de 18h. Multipliez ça par votre taux horaire au travail. Ça donne près de $180 au salaire minimum. C’est ce que vous coûte une visite à l’urgence de nos jours, sans même compter la taxe de santé annuelle et le fait que presque la moitié des impôts que vous payez à l’agence de revenu du Québec nourrit le système de santé.  Gratuits les soins de santé? Pas vraiment!

L’erreur

L’erreur dans le raisonnement des bien-pensants (inutile de les nommer, ils savent qui ils sont), est de considérer que le domaine de la santé est spécial et qu’il doit être soustrait aux lois du marché. Malheureusement, c’est exactement comme si on voulait construire un immeuble et le soustraire à la loi de la gravité. On a beau vouloir, mais inexorablement, ces lois vont s’imposer et si votre immeuble ne les respecte pas, il s’écroulera tout aussi inexorablement.

« Oh mais », disent-ils, « la santé c’est bien trop important pour la confier au marché!» Pourquoi? Je ne dis pas que la santé, ce n’est pas important. Mais il y a d’autres services tout aussi importants qui ne sont pas nationalisés. Pensons à l’alimentation, par exemple. Y-a-t-il une industrie plus essentielle à notre survie? Devrait-on la nationaliser parce qu’il est immoral de faire des profits sur la faim des gens? Si on regarde du côté des pays communistes, on peut constater ce que le contrôle de l’état donne lorsqu’appliqué à l’alimentation. Pensons au grand saut en avant de Mao (combien de morts de la famine? 18 à 45 millions? Ils ont arrêté de compter). Combien continuent de mourir en Corée du Nord? Souvenez-vous aussi des lignes d’attentes et des tablettes vides dans l’ancienne URSS. Ne voyez-vous pas un lien entre la pénurie de nourriture dans ces pays et la pénurie de soins dans notre système de santé? Qu’un service soit important n’est pas une raison de le confier au gouvernement plutôt qu’au marché, c’est plutôt le contraire. La santé est un service trop important pour ne pas le confier au marché!

 

Une explosion des coûts

La plupart des biens et services sur le marché voient leurs prix baisser dans le temps. Un lecteur de CD, joujou de riche dans les années 1980 est maintenant remplacé par des lecteurs mp3 et des ipods infiniment plus petits et fiables et à coût moindre. Le prix des ordinateurs, compte tenu de l’inflation, est beaucoup moindre qu’il y a 30 ans et les ordinateurs sont beaucoup plus performants. Alors comment peut-on expliquer que les coûts en santé croissent de 6 ou 7% par année, soit trois fois le taux d’inflation?

Encore là, la gratuité y est pour beaucoup. Puisque tout semble, nous sommes isolés du coût réel  des services que nous consommons. Nous ne sommes donc pas concernés si ceux-ci augmentent. Nous n’irons pas voir ailleurs si le prix est trop élevé, ce qui serait le cas dans mun marché relativement libre. Il n’y a aussi aucune concurrence puisque le système est essentiellement public. Il existe bien quelques cliniques privées, mais pas assez pour faire une différence et les médecins à ces cliniques sont quand même rémunérés par la RAMQ. On paie vraiment des frais supplémentaires à ces cliniques pour payer pour les équipements qu’elles ont.  Les hôpitaux, plus concernés à gérer un budget arbitrairement attribué n’ont aucune façon de faire le lien entre revenus et dépenses, puisque leurs revenus ne sont pas liés à la dispensation des soins. Dans un tel contexte, le patient qui arrive à l’urgence est considéré comme un coût et non un revenu.

On pourrait aussi parler en long et en large des inefficacités bureaucratiques du MSSS. Qui n’a pas sursauté en voyant son organigramme? Comment ce ministère arrive-t-il à fonctionner? Comment se fait-il que dans notre système de santé, on trouve autant de gestionnaires que de personnel soignant. Vous croyez qu’une compagnie privée se paierait ce luxe? Combien de solutions innovatrices comme l’utilisation de « super-infirmières » sont bloquées par la paralysie bureaucratique? Un compagnie privée pourrait-elle se permettre de freiner l’innovation?

Le cœur du problème est que le domaine de la santé manque de tout ce qui fait baisser les prix et croître l’innovation : la libre concurrence et la liberté de choix. Dans tous les autres marchés, ces facteurs font que le consommateur est roi, mais en santé nous n’avons aucun choix.

 

Des pistes…

Les bien-pensants ont beau lever le nez sur la recherche du profit, mais c’est cette recherche de profit qui, avec le jeu de la concurrence, a été le moteur de toutes les grandes innovations dans l’histoire. C’est la recherche du profit qui pousse les entrepreneurs à toujours trouver des meilleurs moyens de faire plus avec moins. Ça fonctionne pour des milliards de produits et services dans des millions d’industries. Pourquoi croit-on que parce que le secteur de la santé serait différent?

La réalité est que ce n’est pas différent, peu importe ce que les bien-pensants en pensent, le secteur de la santé répond aux même règles que tous les autre secteurs et ce qui est bon pour pitou l’est également pour minou. Donc l’entrepreneuriat et la concurrence auraient le même effet dans le secteur de la santé que dans tous les autres secteurs économiques. Ça baisserait les coûts et ça inciterait à trouver des solutions pour rendre le système plus efficace.

Doit-on sacrifier le système public et tout privatiser? Je ne crois pas. On peut toujours garder le système public pour préserver l’accès à des soins de santé de qualité à ceux qui n’en auraient pas les moyens autrement, mais il faut ouvrir la porte à un système entrepreneurial qui pourrait se charger de ceux qui ont les moyens et désengorger le système public. Non seulement ce système apporterait une bouffée d’air frais et d’oxygène, mais les innovations qui ressortiraient de l’entrepreneuriat pourraient également profiter au système public pour le rendre plus efficace et moins coûteux.

Encore une fois, les bien-pensants vous mettrons en garde en disant « regardez ce  qui se passe aux États-Unis! » Mais encore une fois, ils se trompent. Le secteur de la santé aux États-Unis est un amalgame d’oligopoles et d’interventions gouvernementales qui viennent gonfler les coûts. Ici c’est l’emprise gouvernementale sur le secteur qui fait gonfler les coûts, là-bas c’est une combinaison du gouvernement  et des assureurs privés qui donnent le même effet en isolant l’utilisateur du coût réel des services reçus et qui étouffe le jeu de la concurrence. Il faut justement éviter ça à tout prix.  Mais le coupable de cette situation est une règlementation fautive et non le marché et l’entrepreneuriat comme tel.

Les bien-pensants vous mettront aussi en garde contre une système à deux vitesses, une pour les riches et une pour les pauvres, où est le problème si les pauvres ont accès au soins? Qu’une personne plus riche obtienne une chambre privée plutôt que de chambrer avec 3 autres personnes? J’ai une assurance qui pourrait me payer une chambre semi-privée à n’importe quel hôpital, mais le problème est qu’aucun hôpital n’a de chambres semi-privées. Quelle ironie! Pourquoi doit-on tout niveler par le bas? Pourquoi serait-ce un problème si un riche paie pour se faire opérer dans un hôpital privé, si ça libère la salle d’op à un hôpital public pour une personne moins nantie.

Les bien-pensants se drapent de vertu en dénigrant la « marchandisation » de la santé, parce que selon eux, c’est immoral de faire un profit sur la souffrance des autres ou qu’une personne plus riche puisse être différemment qu’une personne plus pauvre, mais elle est où leur vertu quand les gens meurent sur les listes d’attente à cause de leur haine de la richesse et des profits?

Guide du parfait anti-capitaliste

Alors, vous êtes pro-intervention du gouvernement et vous détestez le capitalisme? En d’autres mots, vous êtes contre le libre-marché et les interactions volontaires entre humains? Alors voici une liste de ce que vous ne serez plus capables de faire :

  1. Acheter un ordinateur de bureau ou portable (Microsoft, Apple, Linux, etc.)

  2. Aller dans un centre commercial

  3. Acheter ou regarder la télévision, qui a été développée et produite par une compagnie privée, ni le câble de base qui survit grâce à la publicité (privée)

  4. Acheter  en ligne

  5. Utiliser  l’air climatisé

  6. Acheter votre épicerie dans une épicerie ou dans un supermarché

  7. Aller chez Wal-Mart ou dans des magasins-entrepôts pour acheter quoi que ce soit

  8. Investir en bourse

  9. Aller voir un film

  10. Acheter des produits inspectés par les laboratoires UL

  11. Acheter quelque forme d’assurance privée que ce soit (santé, feu, maison, etc.)

  12. Écouter quelque musique que ce soit, en CD ou en la téléchargeant

  13. Écouter quelque station de radio privée que ce soit

  14. Acheter un véhicule tout-terrain, une voiture ou une moto

  15. Utiliser les toilettes d’un magasin ou d’un centre commercial

  16. Postuler dans une université ou un collège privé

  17. Prendre un cours en ligne

  18. Acheter ou louez une maison construite ou inspectée par une compagnie privée

  19. Acheter un produit fait, produit ou assemblé en Chine, au Japon, à Taïwan ni dans aucun pays étranger

  20. Acheter de l’essence pour votre véhicule

  21. Utiliser les services de messagerie comme FedEx ou UPS

  22. Utiliser des application sur votre iPhone

  23. Ça inclut les téléphones cellulaires et les tracphones (cellulaire prépayé)

  24. Utiliser un médicament développé par quelque marque de grande compagnie que ce soit

  25. Engager un détective ou un procureur privé

  26. Donner de l’argent aux charités privées (Centraide, l’Armée du Salut, etc.)

  27. Déposer votre argent dans une banque commerciale ou contracter un prêt auprès de cette dernière

  28. Utiliser des cartes de crédit ou de débit privées

  29. Travailler pour un employeur privé

  30. Utiliser les journaux privés pour faire de la pub ou pour coordonner un commerce

  31. Lire un livre écrit ou publié par des auteurs et des éditeurs privés

  32. Porter ou acheter des vêtements ayant été produits par une compagnie privée

  33. Écouter les nouvelles météo à Météomédia ou dans une station de nouvelle

  34. Demander les services d’un hôpital vétérinaire

  35. Postuler pour un emploi avec des avantages pécuniaires ou pour un salaire au-delà du salaire minimum (9,65 $/h au Québec)

  36. Acheter de l’huile à chauffage ou bois pour vous chauffer

  37. Utiliser des livres de croissance personnelle ou des manuels d’instruction

  38. Tondre votre gazon avec une tondeuse

  39. Pratiquer un sport requérant des accessoires (ballon, balle, rondelle) ou des équipements protecteurs

  40. Utiliser un réfrigérateur ou un congélateur

  41. Utiliser un four ou un poêle

  42. Utiliser un puits artésien creusé par une compagnie privée

  43. Jouer à un jeu vidéo ou acheter une console de jeu

  44. Acheter un bijou miné, expédié, assemblé ou vendu par une compagnie privée

  45. Acheter quelque forme de correction visuelle (lunettes, verres, lentilles cornéennes, etc) que ce soit

  46. Regarder un film produit à Hollywood

  47. Utiliser les services d’un orthodondiste

  48. Utiliser une horloge ou une montre pour connaître le temps

  49. Utiliser un téléphone, avec ou sans fil

  50. Aller manger dans un restaurant privé

  51. Visiter les parcs d’attractions

  52. Utiliser les services d’organismes de charité privés ou d’églises si vous avez besoin d’aide

  53. Utiliser un manège (genre carrousel)

  54. Utiliser une bicyclette

  55. Acheter un panneau solaire ou toute forme « d’énergie verte » développée par une compagnie privée

  56. Aller dans salon de coiffure, dans un spa ou dans un salon de manucure

  57. Utiliser un engrais, un rotoculteur ou des semences génétiquement modifiées

  58. Acheter ou utiliser une caméra ou quelque forme de photographie que ce soit

  59. Devenir riche en produisant un bien ou un service ayant une valeur pour qui que ce soit

  60. Venir vous plaindre quand les conséquences inattendues de l’intervention du gouvernement dans la santé, l’éducation, les finances, l’énergie, le travail, etc., se font sentir

 

En fait, nous avons le style de vie que nous méritons. Sans les mécanismes du marché et la division du travail, nous vivrions dans un monde différente et nettement moins agréable. Le Canada serait un pays du Tiers-Monde. Moins nous sommes libres pour prospérer, moins nous obtenons en retour. Les Canadiens sont très libres aujourd’hui; nous sommes au 6e rang sur 179 pays évalués de l’Indice de libertés économique de la Heritage Foundation1; le Venezuela, Cuba et la Corée du Nord sont respectivement 175e, 177e et 179e. Les interventionnistes nous mentent quand ils disent que le libre-marché marché ne fonctionne pas et qu’il faut plus de contrôle de l’État dans nos vies. Ils veulent ainsi affaiblir la division du travail et notre style de vie. Alors la prochaine fois que vous vous opposerez au capitalisme – et aux échanges mutuellement avantageux – et que vous le taxerez « d’avarice », de « mal » et comme « ne profitant qu’aux riches », rappelez-vous de cette citation de Milton Friedman :

 

« L’Histoire est absolument sans équivoque. Jusqu’à présent, aucun moyen pouvant améliorer autant le sort des gens ordinaires n’arrive à la cheville des moyens de production libérés par un système de libre-marché… La planète fonctionne grâce aux gens qui poursuivent leur intérêt personnel. Les grandes découvertes de notre civilisation ne sont pas venues des gouvernements ni de ses bureaucrates. »

 

Inspiré de http://slulibertarians.tumblr.com/post/8875743503/60-things-not-to-do-if-you-hate-the-free-market