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L’année 2012 de A à Z

nouvel-an-2013

Par Simon Leduc

A : Absents :
Depuis mai 2011, 58 députés du NPD représentent le Québec à la Chambre des communes. On ne peut pas dire que leur bilan soit très positif. Ils sont totalement absents du débat public. J’ai l’impression que la Belle province est représentée par des fantômes au Parlement canadien. Le NPD doit se ressaisir car Justin Trudeau lui sera un adversaire de taille au Québec.
B : Obama :
Le 6 novembre dernier, Barack Obama a été réélu pour un deuxième mandat. C’est un dur revers pour les défenseurs des idéaux des Pères Fondateurs. Le président va pouvoir continuer de mettre en place ses doctrines en matière de politique intérieure et extérieure : un interventionnisme étatique et l’isolationnisme. Sous sa gouverne, les Etats-Unis déclinent et cela n’est pas une bonne chose pour le monde occidental.
C : Commission Charbonneau :
La corruption et la collusion sont bien présentes dans le monde de la construction et en politique municipale. La Commission nous a appris que la société québécoise est atteinte du cancer de la corruption. Deux maires d’envergures sont tombés au combat. Que nous réserve t-elle en 2013? Va t-elle toucher directement le Parti libéral du Québec? C’est à suivre…
D : Défaite
Le 6 novembre dernier, le GOP a subie une énorme défaite. Le candidat républicain n’a pas réussi à vaincre M. Obama malgré son désastreux bilan économique. Je crois que le parti de Lincoln va devoir se choisir un véritable conservateur afin de reprendre le contrôle de la Maison-Blanche en 2017. Il y a deux noms qui me viennent à l’esprit : Jeb Bush et Chris Christie.
E : Élections générales albertaines :
Deux femmes se sont affrontées lors des élections générales en Alberta : Alison Redford (chef des progressistes conservateurs) et Danielle Smith (chef du Wildrose Party). Le parti libertarien était le favori pour mettre fin à la dynastie conservatrice mais les Albertains ont opté pour la continuité. Les conservateurs ont obtenu une surprenante victoire majoritaire. Les troupes de Mme Smith vont avoir 4 ans pour se faire valoir dans l’opposition. Le prochain rendez-vous électoral sera en 2016.
F : Fusillade :
L’année 2012 s’est terminée par la terrible tuerie de Newton qui a fait 26 morts dont 20 petits enfants. Apparemment, le tueur avait des problèmes psychiatriques. Cela a relancé le débat sur le contrôle des armes à feu aux Etats-Unis. Évidemment, la gauche en a profité pour dénoncer la culture de la violence américaine. Je crois que l’on devrait laisser les Américains débattre de cela et ne pas tomber facilement dans des discours antiaméricains.
G : Guy Turcotte :
Notre merveilleux système de justice a reconnu Guy Turcotte non criminellement responsable du meurtre de ses deux enfants. En décembre dernier, Turcotte a été libéré par la Commission des troubles mentaux. La société québécoise est malade. C’est rendu qu’on libère un homme qui a assassiné deux innocents bambins, cela me dégoûte. J’espère que d’autres meurtriers ne seront pas libérés en 2013.
H : Haut-Fonctionnaire :
Le gouvernement Marois a tenté de camoufler la nomination d’André Boisclair à un poste de sous-ministre. Dennis Lessard de La Presse a rendu public cette décision gouvernementale. Les Québécois ont été outrés par le manque de transparence de Pauline Marois. Celle-ci a dû reculer afin de calmer les esprits Cet événement démontre bien le manque de jugement de notre première ministre. Elle ne pensait pas que sa décision serait mal reçue dans la population. Sur quelle planète la cheffe péquiste vit-elle?
I : Improvisation :
Le gouvernement Marois est un expert dans le domaine l’improvisation. Il ne fait que cela depuis le 4 septembre. La première ministre annonce quelque chose et le lendemain, elle change d’idée : la taxe santé, la rétroactivité des hausses d’impôts, l’exploitation du gaz de schiste, l’imposition de la loi 101 aux CPE, etc. Il faut croire que c’est une nouvelle façon de gouverner. Je crois plutôt que les péquistes n’étaient pas prêts pour gouverner le Québec.
J : Jean Charest :
Après neuf ans de pouvoir, l’ancien premier ministre a été chassé du pouvoir le 4 septembre dernier. Le 14 avril 2003, les Québécois lui ont donné le mandat de réformer le sacro-saint modèle québécois. Malheureusement, il n’a pas eu le courage politique de se tenir debout devant les défenseurs du statu quo. De 2003 à 2012, la dette publique et la taille de l’État ont grossi de façon exponentielle et son gouvernement a été frappé de plein fouet par des allégations de corruption. Malgré certaines bonnes idées (le Plan Nord et le libre-échange avec l’UE), le gouvernement aura été celui de la continuité. Il faut quand même reconnaître la résilience de cet homme politique. Il s’est battu jusqu’au bout et il a laissé la maison libérale en bonne état. Bonne retraite M. Charest.
K : Je n’ai rien trouvé pour cette lettre. Avez-vous des suggestions?
L : Legault :
La CAQ a terminé troisième aux dernières élections car elle proposait trop de changements au modèle québécois. Une majorité de Québécois n’est pas prête pour cela car elle tient encore au modèle québécois. François Legault a une bonne équipe avec lui. Il va devoir convaincre l’électorat moyen du bien-fondé de ses politiques. Je souhaite bonne chance à la CAQ et elle en aura besoin.
M : Marois :
Cette année, Pauline Marois a réalisé le rêve de sa vie : devenir la première femme première ministre du Québec. Cela n’a pas été facile pour elle mais je dois la féliciter pour son exploit. Elle a réussi à vaincre les opposants dans son propre parti afin de se maintenir en poste à la barre du PQ. Elle a remporté les élections à l’arrachée le 4 septembre mais une victoire est une victoire. Va t-elle rester longtemps en poste? Seul le temps nous le dira.
N : NPD :
L’opposition officielle s’est choisi un nouveau chef en 2012 : Thomas Mulcair. Celui-ci n’a pas vraiment réussi à s’imposer comme un premier ministre en attente. Le NPD ne semble pas être en mesure de se libérer de son passé de tiers parti et il n’a pas de vision claire pour le pays. L’arrivée de Trudeau et la montée soudaine du Parti vert vont lui faire mal. La bonne nouvelle pour la gauche canadienne est le fait que les élections auront lieu seulement en octobre 2015.
O : Olympiques de Londres :
La métropole londonienne était l’hôte des Jeux Olympiques d’été. On a eu droit à de grandes compétitions. Je voudrais souligner l’exploit de certains athlètes qui ont gagné des médailles : Maria Sharapova (l’argent au Tennis), Émilie Heymans et Jennifer Abel (le bronze en natation). Les prochains Jeux Olympiques auront lieu en 2016 à Rio De Janeiro.
P : Printemps érable :
Pendant des mois, des étudiants en culottes courtes ont joué à la révolution dans les rues de Montréal. Les montréalais, les commerçants et les automobilistes se sont faits empoisonnés la vie par ces bébés gâtés qui ne se sont jamais fait dire non par leurs parents comme l’a si bien dit Jacques Villeneuve. La minorité étudiante a brimé les droits de la majorité qui voulait assister à leurs cours. Les GND de ce monde ne sont pas des héros (c’est le cas pour les médias gauchistes) mais bien des gens qui méprisent nos institutions démocratiques, point à la ligne.
Q : Québec solidaire :
Le 4 septembre dernier, la formation d’extrême-gauche a doublé son nombre d’élus à l’Assemblée nationale. François David a finalement battu Nicolas Girard dans Gouin. Toutes les tendances idéologiques doivent être représentées au Parlement québécois. La présence de Québec solidaire est une bonne chose pour la démocratie québécoise.
R : Résilience :
Tous les observateurs politiques (et l’auteur de ces lignes) avaient prédit une débâcle du PLQ lors des élections automnales. Contre toute attente, le Parti libéral a remporté cinquante comtés, quatre de moins seulement que le PQ. Cela démontre que le PLQ est une institution qui est là pour rester. Qui va succéder à Jean Charest? On va avoir la réponse en mars prochain. La candidature de M. Couillard semble être alléchante mais on ne connaît pas sa philosophie politique. Le choix de Raymond Bachand semble être plus sûr pour le PLQ à cause de ses compétences économiques.
S : Stephen Harper :
Cette année, le premier ministre du Canada a commencé sa lutte contre le déficit. Dans le dernier budget, le gouvernement conservateur a annoncé des coupures dans la bureaucratie qui sont nécessaires afin de revenir à l’équilibre budgétaire en 2015. Malgré les turbulences européenne et américaine, l’économique canadienne est en bonne santé. Cela est dû à la bonne gouvernance du gouvernement Harper. Il doit maintenir le cap en 2013.
T : Trudeau :
Justin Trudeau est le grand favori pour remporter la course à la chefferie du PLC. Son nom de famille, sa jeunesse et son charisme sont ses trois plus grands atouts. Les libéraux fédéraux semblent être séduits par ce jeune politicien. Aura t-on droit à une nouvelle trudeaumanie? Celui-ci va devenir le chef libéral car il n’a pas de compétition mais je doute fort qu’il sera un bon chef. Il défend les mêmes idéaux dépassés de son paternel : la centralisation et le socialisme. Les conservateurs vont pouvoir utiliser ses déclarations controversées concernant l’Alberta et le Québec. Justin Trudeau sera vulnérable aux attaques conservatrices. Pourra-t-il s’imposer en 2013, on verra bien.
U : Utopie :
Le projet souverainiste semble être de plus en plus une utopie. La souveraineté a continué de régresser en 2012. Le PQ a gagné une très faible victoire en septembre et il ne pourra pas en faire la promotion à cause de son statut minoritaire. Est-ce qu’une union des forces indépendantistes est la solution pour raviver la flamme? Je crois qu’un retour des conservateurs (Facal, Bock-Coté, Brassard) au sein de la famille souverainiste est essentiel pour la survie de ce projet.
V : Vaillancourt :
Après 23 ans de règne, Gilles Vaillancourt a démissionné de son poste de maire à cause des perquisitions qui ont été effectuées à sa résidence et à l’Hôtel de ville par l’UPAC. Il faut reconnaître la bonne gestion des fonds publics lavallois par l’ancien maire. La ville a été en pleine croissance sous sa gouverne. Mais, des allégations de corruption et de collision ont entaché le règne de Gilles 1er au cours des dernières années.
W : Winner :
Je vais sortir de la politique pour cette lettre. Derek Jeter des Yankees a eu une année extraordinaire en 2012. Il a frappé plus de 200 CS et il a été le meneur à ce chapitre dans la MLB. Il a 39 ans et il ne semble pas avoir aucun signe de ralentissement. M. Jeter est un « winner » car il a remporté cinq Séries Mondiales durant sa carrière : 1996, 1998, 1999, 2000 et 2009. (Je n’avais pas d’idées pour cette lettre).
X : Radio X
Pendant des décennies, la droite était complètement dominée par la gauche dans la métropole montréalaise. En août dernier, CHOI Radio X Montréal a fait ses débuts sur les ondes montréalaises. Enfin, les montréalais allaient avoir la chance d’écouter une radio parlée qui se situe clairement à droite du spectre politique. Je trouve que Maurais Live et Duhaime le midi sont les seules émissions qui se sont vraiment imposées. Il faudrait améliorer le 2 à 4 (l’émission de Sophie Bérubé et l’émission du retour (de Jean-Charles Lajoie) car ils ressemblent dangereusement à la radio montréalaise. Je souhaite une longue vie à CHOI Radio X car sa présence est essentielle pour la santé démocratique de la métropole.
Y : Je n’ai rien trouvé pour cette lettre. Avez-vous des suggestions?
Z : Je n’ai rien trouvé pour cette lettre. Avez-vous des suggestions?

Est-ce que Pauline Marois était prête à devenir première ministre du Québec?

Par Simon Leduc

Dennis Lessard de La Presse a annoncé en primeur que le gouvernement Marois avait accordé une carrière à vie de Haut Fonctionnaire à André Boisclair. En effet, l’ancien chef du PQ a reçu un beau cadeau : un emploi doré avec un salaire de 170 000$ indexé et avec une pension assurée à vie. Tous les observateurs politiques ont dénoncé cette nomination partisane. Même des souverainistes convaincus ont désapprouvé le geste de Pauline Marois : Gilles Duceppe et Joseph Facal. Le gouvernement devait reculer et retirer à M. Boisclair sa job à vie. C’est exactement ce que la première ministre a fait. Elle a pris une bonne décision. En conférence de presse, Mme Marois ne pensait pas que cela allait créer un tel tollé dans l’opinion publique. Est-ce qu’elle vit sur une autre planète? En plus de n’avoir pas de jugement, elle n’a aucun sens politique. Ce gouvernement a encore une fois eu l’air fou avec ce fiasco politique.
J’ai trouvé un surnom à notre chère première ministre : Madame Flip Flop. Elle recule plus vite que son ombre. Je n’ai jamais vue un gouvernement reculer autant en si peu de temps. Il avait promis de supprimer la taxe santé pour la classe moyenne, il a reculé. Il a mis en place une contribution santé qui est supposément progressive (je ne savais pas que ceux qui gagnent 42 000$ par an étaient riches). La ministre de l’Éducation avait déclaré que l’histoire de la souveraineté serait plus présente dans les cours d’histoire. Elle s’est fait désavouer le lendemain par sa patronne, un autre recul. Martine Ouellette avait clairement dit que le gouvernement fermait la porte à l’exploitation du gaz de schiste. Sa cheffe a dit le contraire quelques jours plus tard, flip flop, flip flop. La ministre de la Famille avait annoncé que les CPE seraient assujetties à la nouvelle loi 101, un autre recul. Les troupes péquistes tirent sur tous ce qui bouge et on ne sait pas vraiment où ils s’en vont.
Ce n’est que quelques exemples qui démontrent bien que nous sommes dirigés par une première ministre qui aime faire marche arrière. Le Conseil des ministres péquiste est le plus faible de l’histoire moderne de la province. Malgré neuf ans dans l’opposition, il faut constater que le Parti québécois n’était pas prêt pour gouverner le Québec. Les ministres sont incapables de prendre des décisions éclairées et réfléchies. La faiblesse économique du gouvernement est la plus flagrante de tous. On est à des années lumières des gouvernements Lévesque et Bouchard.
Les Québécois vont devoir endurer pendant encore quelques mois, l’incompétence et l’improvisation du gouvernement Marois. Cela a pris trente cinq ans à Pauline Marois pour réaliser son rêve. Force est de constater qu’elle n’était pas encore prête pour assumer la plus haute fonction québécoise. En tout cas, il faut saluer la prudence de l’électorat québécois qui a refusé de donner une majorité au Parti québécois le 4 septembre dernier.

Daniel Breton et André Boisclair comme Haut fonctionnaire: manque de jugement de Pauline Marois

 

Caricature: Ygreck

Par Simon Leduc

Il y a quelques semaines, Pauline Marois a accordé le ministère de l’Environnement au militant écologiste Daniel Breton. Celui-ci a un passé trouble de militant verdoyant très radical. Il s’est toujours opposé à l’exploitation des ressources naturelles. Force est de constater que M. Breton n’a pas été capable de mettre de côté son passé de militant écologiste. Dès le départ, le ministre a agi en défenseur de ses amis environnementalistes en tentant de politiser le BAPE et de fermer la porte au pétrole albertain. Sous son court règne, on a eu droit à un loose canon qui voulait dicter et imposer ses idées radicales à son ministère.

Daniel Breton était clairement le maillon faible du gouvernement Marois et l’opposition l’a pris comme cible. Le ministre était dans une situation très précaire et le dévoilement de son passé trouble a été la goutte qui a fait déborder le vase. Un journaliste de TVA a annoncé publiquement les problèmes antérieurs du député péquiste : le non-paiement d’un loyer (pendant treize mois), une contravention pour conduite dangereuse non payée (rouler à 275 km/h avec sa Porche) et une fraude à l’assurance-emploi. Le fait de ne pas payer son loyer pendant une longue période d’un an est un geste complètement irresponsable. Le fait de rouler à 275 km/h est un geste grave et l’ancien ministre aurait pu causer un grave accident. Daniel Breton n’avait pas d’autre choix que de démissionner de son poste de ministre.

Il y a une question troublante que je me pose: comment la première ministre a-t-elle pu nommer cette personne au Conseil des ministres? Dans cette affaire, je ne blâme pas l’ancien ministre. C’est la personne qui l’a nommé aux saints des saints qui est fautive dans ce fiasco. C’est un manque flagrant de jugement de la part de la chef de l’exécutif québécois. Pourquoi a-t-elle pu nommer une personne qui ne respecte pas les lois dans son Cabinet? Voulait-elle séduire le mouvement écologiste afin d’obtenir son appui lors des prochaines élections? Il faut se rendre à l’évidence, Daniel Breton n’était pas prêt à occuper une fonction aussi importante.

Il y a quelques semaines, le gouvernement a annoncé la nomination d’André Boislcair au poste de délégué général du Québec à New York. Cette nomination partisane peut se défendre, car Jean Charest avait accordé ce poste à un vieux libéral: John Parisella. Il y a une chose importante que Pauline Marois n’a pas rendue publique: l’octroi à l’ancien chef péquiste d’un emploi à vie comme fonctionnaire adjoint au Ministère des Relations internationales. Ce qui me pue au nez dans ce geste est le fait que ce gouvernement a voulu cacher cette décision aux contribuables qui vont payer le salaire de M. Boisclair. On est dirigé par une femme sans jugement et non transparente, c’est totalement inacceptable. La chef du PQ est à la tête d’un gouvernement minoritaire le plus faible de l’histoire de la province. Mais celle-ci se comporte comme si tout lui était permis. C’est la même personne qui s’est présentée comme la championne de l’éthique lors de la dernière campagne électorale.

Depuis le 4 septembre, ce gouvernement donne de petits cadeaux à ses petits amis: l’annulation de la hausse des frais de scolarité pour les carrés rouges, la nomination d’une militante verdoyante radicale aux Ressources naturelles pour les verts et une job à vie pour un ancien chef du parti. Le gouvernement Marois rit en pleine face du contribuable moyen qui va sortir son portefeuille pour payer les petites gâteries accordées à la clientèle péquiste. Les troupes péquistes pourraient avoir la décence de penser à la majorité silencieuse qui en a marre de ce faire presser le citron par un gouvernement qui est gourmand. Depuis trois mois, le Québec est gouverné par une première ministre qui n’a pas de jugement ni de transparence, point à la ligne. Cela me fait presque regretter le départ de Jean Charest.