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Non, ce n’est pas du capitalisme.

Par Philippe David

Difficile de ne pas réagir à l’obscénité de ces augmentations que se sont données les dirigeants de Bombardier, mais les raisons pourquoi je les qualifierais d’obscène sont probablement différentes de celles de la plupart des chroniqueurs dans les médias. C’est d’ailleurs monnaie courante pour ces chroniqueurs de blâmer le capitalisme comme l’ont fait Mathieu Bock-Côté, Antoine Robitaille ou même Richard Martineau.  C’est bien trop facile de toujours se servir du capitalisme comme bouc-émissaire comme si d’avoir un gouvernement qui subventionne les entreprises à gauche et à droite 365 jours par année avait quoique ce soit à voir avec du capitalisme!

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Les grands champions

Au fait, combien de grandes entreprises ne sont pas subventionnées au Québec? Pas beaucoup! En fait, le Québec est depuis longtemps le grand champion toute catégorie du BS corporatiste. Désolé de vous l’apprendre, mais très peu de nos soi-disant «fleurons québécois» ne seraient encore solvables s’ils n’étaient pas solidement accrochés aux mamelles de l’état et Bombardier est certainement un des pires.

Soyons clairs, Ce n’est pas ça le capitalisme!!!

Le capitalisme, ce sont des entrepreneurs qui bâtissent des entreprises en risquant leur propre argent et celui d’actionnaires qui investissent volontairement dans ses idées. Quand Armand Bombardier a conçu et mis en marché sa première motoneige, il n’était pas allé quémander au gouvernement pour des subventions. Il a convaincu des investisseurs privés de lui avancer les fonds parce qu’il savait qu’il avait une grande innovation et ces investisseurs l’ont vu aussi et ils sont tous devenus très riches. Cependant, je doute qu’Armand Bombardier aurait été très fier qu’aujourd’hui son entreprise se maintient à flot en quêtant constamment au gouvernement et encore moins que ses successeurs en profitent pour s’en mettre plein les poches. S’enrichir en mettant en marché des innovations et en risquant ses propres sous est une chose. S’enrichir en pillant littéralement les contribuables en est une autre.

Les pillards

Dans son roman «La Grève» (Atlas Shrugged), Ayn Rand avait un terme particulier pour désigner des dirigeants d’entreprise qui s’enrichissent non pas parce qu’ils fournissent quelque chose d’utile aux consommateurs, mais plutôt parce qu’ils quémandent continuellement aux gouvernements. Elle les appelait des «pillards» («looters» en anglais).  Je n’ai pas de problème avec des dirigeants d’entreprise qui gagnent leur argent honnêtement en créant de la richesse, mais le tétage de subvention n’a rien à voir avec un talent quelconque de l’entrepreneuriat. C’est plutôt pénaliser les entrepreneurs plus productifs au profit des mauvais gestionnaires en forçant les contribuables à investir contre leur gré dans des entreprises qui peinent à survivre autrement.

Aucune entreprise ne vaut la peine d’être sauvée par les contribuables

Cruel, me direz-vous, mais vrai quand même. En subventionnant des entreprises comme nous le faisons, nous encourageons la mauvaise gestion et nous plombons notre économie. Si une entreprise est incapable d’être profitable, elle devrait faire faillite et être rachetée par quelqu’un qui saura utiliser ses ressources de façon plus efficace, sinon c’est un gaspillage de ressources. Peut-être que vous me direz que les compétiteurs de Bombardier Aéronautique comme Boeing et Airbus sont subventionnés eux aussi; oui et alors? Parce qu’on taxe les américains, les français et les britanniques pour offrir des avions à plus bas prix à des compagnies de transport aérien, ne veut pas dire que les québécois veulent aussi être taxés au profit de ces compagnies. Rien ne nous oblige à avoir un fleuron dans l’industrie aéronautique s’il est incapable de voler de ses propres ailes. Nous pouvons très bien investir notre argent et créer des emplois dans un domaine qui est plus profitable et qui ne nécessitera pas d’être constamment maintenu sur le respirateur. Remarquez que le phénomène n’est pas seulement au Québec. Il y a de nombreuses compagnies qui auraient longtemps dû faire faillite tant dans le reste du Canada que les États-Unis, mais comme je l’ai mentionné plus tôt, le Québec est le champion toutes catégories en BS corporatif et un des pires endroits pour l’entrepreneuriat et l’investissement privé.

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Si subventionner tout ce qui bouge fonctionnait, il y a longtemps qu’on le saurait parce que nous serions la province la plus riche plutôt que la plus pauvre.

Sources:

Tableau BS corporatif: Statistique Canada: Tableau 384-0010
Tableau Entrepreneurs: Statistique Canada: Tableau 282-0012 et Tableau 051-0005
Tableau Investissements privés:  Statistique Canada: Tableau 032-0002

 

 

La Grèce: un canari dans la mine de charbon

Par Philippe David

Un drame désolant se déroule sous nos yeux en Grèce. Dans une entrevue radiophonique, Germain Belzile, professeur d’économie aux HEC (entre autres), l’a décrit comme un « slow motion train wreck » ou un déraillement ferroviaire au ralenti pour les fanatiques du français.  Nous le voyions arriver depuis longtemps, mais la Grèce va finalement amener le socialisme à son aboutissement logique. Car contrairement à ce que certains peuvent prétendre, les grecs ne sont pas victimes des banques et d’un capitalisme débridé, ils sont les victimes du socialisme débridé et des vendeurs de rêves de leur gouvernement qui les avait convaincu qu’on pouvait vivre la belle vie avec seulement un minimum d’effort et en vivant indéfiniment à crédit. 

Le rêve

Il y a une raison pourquoi le socialisme est toujours aussi populaire, c’est parce qu’il nous fait rêver d’un monde magique d’abondance sans travail. Un monde où l’argent pousse dans les arbres et il ne suffit que de le distribuer. La richesse  n’a pas besoin d’être créée, elle existe tout simplement et il ne suffit que de la prendre dans les banques et dans les poches des riches. Dans ce monde, il n’est pas nécessaire de produire quoi que ce soit, si nous le demandons, il apparaitra par magie et nous n’avons qu’à le prendre sur les tablettes. Le problème, c’est qu’on peut bien ignorer la réalité pendant un certain  temps, mais la réalité, elle, ne nous ignorera pas.

La réalité

La logique dicte que si vous voulez pouvoir consommer quoique ce soit, quelqu’un doit déjà avoir produit ce que vous désirez et de plus, afin de pouvoir l’acheter, vous devez également avoir produit quelque chose de valeur suffisante vous-même. Du moins, si on parle de consommation responsable et soutenable. S’il peut être utile parfois de consommer à crédit, la sagesse a toujours dit de ne pas en abuser. Ce n’est certainement pas cette sagesse qui pousse les individus de s’endetter à 150% de leur revenu disponible et ce n’est pas plus débordant de sagesse pour un état d’en faire autant.

On entend souvent une certaine gauche dire que nous ne pouvons pas comparer l’état à une famille. D’une certaine façon, ils ont raison. Quand un état s’endette à outrance, c’est des millions  de familles qui sont ruinées, pas seulement une. C’est donc mille fois pire quand un état fait faillite, que lorsqu’une famille fait faillite. Certains ici croyaient que ce n’était pas possible. Il étaient ignorants de l’histoire car non-seulement de nombreux pays ont fait faillite avant ça, mais la Grèce elle-même a déjà fait faillite plus d’une fois auparavant. Vous croyiez que l’austérité était terrible? Attendez un peu que la faillite vienne détrousser les grecs de toutes leurs épargnes et leur pouvoir d’achat. Vous n’avez encore rien vu!

Le clientélisme à outrance

«Une démocratie est toujours temporaire par nature, elle ne peut tout simplement pas exister comme une forme permanente de gouvernement.

Une démocratie existe jusqu’au jour où les électeurs découvrent qu’ils peuvent se voter de généreux cadeaux provenant du Trésor Public.

A partir de ce moment là, la majorité vote toujours pour les candidats qui promettent le plus d’avantages provenant du trésor public et le résultat, c’est que toute démocratie se termine toujours par un effondrement en raison d’une politique fiscale laxiste ».

Alexander Fraser Tytler

Les grecs ont découvert qu’ils pouvaient se voter des largesses du trésor public autour de 1980. Depuis, les politiciens qui ont été élus à la tête de ce pays ont été ceux qui ont offert le plus de « nananes » aux électeurs. Ce clientélisme effronté a donné lieu à la création de programmes gouvernementaux onéreux à souhait, à des subventions à outrance aux entreprise et une économie de la recherche de la rente. Ceci devrait sembler plutôt famillier au Québec. C’est notre sport préféré après le hockey.

Les conséquences de ce genre de jeu politique sont facile à prédire comme le député et économiste français Frédéric Bastiat l’a fait en 1848:

«L’Etat ne peut avoir beaucoup d’argent qu’en épuisant tout le monde et les masses surtout. (…) Aujourd’hui qu’on a admis en principe que l’Etat est institué pour distribuer la richesse à tout le monde, il est naturel qu’on lui demande compte de cet engagement. Pour le tenir, il multiplie les taxes et fait plus de misères qu’il n’en guérit. Nouvelles exigences de la part du public, nouvelles taxes de la part de l’Etat, et nous ne pouvons que marcher de révolution en révolution. (…) Le peuple sera écrasé d’impôts, on fera emprunt sur emprunt; après avoir épuisé le présent, on dévorera l’avenir. (…) On verra le peuple tout entier transformé en solliciteur. Propriété foncière, agriculture, industrie, commerce, marine, (…) tout s’agitera pour réclamer les faveurs de l’Etat. Le Trésor public sera littérallement au pillage.»

Ce sera toujours le résultat inévitable du mariage de la démocratie et du socialisme. Et il ne fonctionne, comme l’avait souligné Margaret Thatcher que jusqu’au jour où l’argent des autres vient à manquer. 

Le gouffre

Tsipras s’imagine sauver les grecs alors qu’il n’a qu’appuyé plus fort sur l’accélérateur du train qui roule vers un pont démoli au dessus d’un gouffre. Il entrainera probablement plus d’un autre état à sa suite. La Grèce, c’est le fameux canari dans la mine de charbon qui signale quand un coup de grisou est imminent et toutes les démocraties occidentales devraient prendre des notes parce qu’elles jouent toutes au même jeu à divers degrés et suivent la même trajectoire qui les mènera tôt ou tard au même destin.

Le Québec n’est pas la Grèce, mais…

Considérez ceci:

  • Le même clientélisme politique qui existe en Grèce, existe ici.
  • Comme les grecs, nous avons la dette la plus élevée du Canada,
  • des programmes sociaux plus généreux et onéreux que les autres provinces,
  • le plus grand nombre d’employés publics par habitant avec des salaires et avantages bien au-delà de la moyenne du secteur privé.
  • Nous subventionnons les entreprises 3 fois plus que l’Ontario, compte denu de notre population et il n’y a que peu de secteurs de l’économie où le gouvernement n’intervient pas.
  • Nous partons aussi à la retraite plus tôt que le reste des canadiens.
  • Et comme les grecs, nous sommes allergiques à la responsabilité fiscale, au point que nous descendons dans les rues pour protester contre une austérité qui, comparativement à celle imposée à la Grèce, est inexistante. Notre gouvernement n’a absolument pas coupé dans ses dépenses, seulement dans croissance de ses dépenses et notre bonne gauche syndicaliste hurle et déchire sa chemise. Imaginez s’il y avait de vraies coupures.

C’est beaucoup de points communs que nous avons avec les grecs, vous ne trouvez pas? Vous croyez peut-être que nous pouvons continuer à les imiter et que ça ne nous rattrappera pas un jour? Que nous ne subirons pas le même sort?

Pour être honnête, il y a une chose qui a fait que nous ne sommes pas encore arrivés à la même destination que la Grèce, c’est notre appartenance à la fédération canadienne. Contrairement à la Grèce, nous bénéficions d’un programme de répartition de richesse entre les provinces pauvres et les provinces riches. Nous sommes les plus gros bénéficiaires de ce programme, d’ailleurs.  Sans la péréquation, nous aurions une dette encore plus élevée (à moins bien sûr de réduire nos dépenses drastiquement et d’étrangler encore plus le contribuable)

Nous bénéficions aussi de la cote AAA du Canada également parce que, de la même façon que Québec est garant des dettes de ses villes et municipalités, Ottawa est garant des dettes de ses provinces et c’est la seule et unique chose qui nous a sauvé de plus grosses décotes des agences de notation, ce qui aurait augmenté considérablement nos coûts d’emprunts.

Certains, comme Mathieu Bock-Côté m’accuseront d’hair le Québec, parce que bien sûr, dans leur esprit, quiconque a le culot de critiquer leur bien-aimé système social-démocrate basé sur le tout à l’état, doit nécessairement être un anti-patriote et un anti-nationaliste primaire . Il faut forcément haïr le Québec et être à la solde du colonialisme « canadian ». Il faut forcément vouloir nier les aspirations légitimes du peuple québécois d’avoir un pays pour affirmer que sans le reste du Canada, la cigale québécoise serait dehors au froid et sur les bords du même gouffre que la Grèce, n’est-ce pas?

Pourtant, qui aime plus le Québec? Celui qui lui proclâme un amour infini et qui, sciemment ou non fait l’autruche? Ou celui qui tente de le détourner de son autodestruction? Désolez-vous pour ces pauvres grecs autant que vous voulez, mais tôt ou tard, si nous continuons sur la même route, ce sera de nous qu’on se désolera.

Les enfirouapés

Par Philippe David

Suite à la révélation la semaine dernière qu’il n’a jamais existé d’avis légal formel  sur le projet de loi 60. Certains chroniqueurs qui ont défendu cette charte bec et ongle se retrouvent dans une bien fâcheuse position.

D’un côté, Mathieu Bock-Côté continue de défendre l’indéfendable. Disant que ces avis sont sans importance. On s’en balance de la charte des droits de Trudeau. La nôtre, on peut la modifier comme on veut. Ce qui comptait, c’était la volonté du peuple. Eh bien justement, le peuple a vu à travers le jeu des péquistes  et il a choisi de les foutre à la porte, incluant la première elle-même. Je crois que c’était plutôt clair. Mais M. Bock-Côté est resté fidèle à lui-même. Après-tout, il était un des principaux cerveaux derrière le virage identitaire du PQ et son principal propagandiste.  Dommage pour lui, mais en continuant de défendre le PQ de la sorte, il se discrédite lui-même.

De l’autre côté, Richard Martineau déclare s’être fait entubé, cocufier et roulé dans la farine par le PQ. Vraiment M. Martineau? Admettez-vous avoir été à ce point aveugle que vous ne pouviez pas voir tous les signes? Quand le Barreau du Québec et la Commission des droits de la personne du Québec nous disaient que ce projet de loi ne passerait pas le test, les aviez-vous écoutés?  Quand les Pineault-Caron ont été admis pour faire leur témoignage ridicule et ignorant en commission parlementaire, alors que Drainville faisait semblant de bêtement boire leurs paroles, vous n’aviez pas un petit malaise? Quand Bernard Drainville refusait tout compromis avec la CAQ et menaçait d’en faire un enjeu électoral, vous n’aviez pas un peu la puce à l’oreille? Vous n’aviez pas cliqué avant que Pauline Marois déclenche des élections? (À l’encontre de la propre loi de son parti sur les élections à date fixe,  faut-il le rappeler?)

Pourtant, bien d’autres chroniqueurs et blogueurs avaient vu venir Drainville et le PQ de très loin! Même des petits insignifiants comme moi et des moins insignifiants comme Johanne Marcotte, Lise Ravary, Denise Bombardier et Jérôme Lussier, pour ne nommer que quelques-uns, ont écrit en long et en large que cette charte n’était qu’une tactique électoraliste. Avec l’amateurisme du gouvernement Marois, c’est à se demander comment il se fait que vous ayez refusé de regarder la vérité en face pendant si longtemps! Comme si avec ce projet de loi, le PQ était soudainement devenu crédible et compétent alors qu’ils avaient agi comme des clowns pendant les douze mois précédents! Ils étaient pourtant plus que transparents!

Un projet de loi aussi controversé nécessitait non seulement une évaluation juridique complète par le Ministère de la Justice pour s’assurer de sa constitutionalité, mais il y aurait dû y avoir des études produites pour démontrer que le port de symboles religieux ostentatoires était bien un problème assez sérieux pour justifier une restriction des droits de liberté religieuse. Comme les avis juridiques, de telles études ont toujours été inexistantes. La charte de laïcité n’a jamais été qu’un show de boucane, sinon le gouvernement aurait pris soin de tout boucler pour s’assurer qu’elle passerait le test des tribunaux.

Pourquoi? Parce que les droits individuels sont supposés être une valeur capitale de toutes les démocraties libérales digne de ce nom. Parce que le non-respect de ces droits sans de sérieuses raisons nous relègue à l’état d’une vulgaire république bananière. Ce genre de gouvernement piétinent les droits fondamentaux sans justification, mais nous sommes supposés être mieux que ça.

Désolé, mais si vous vous êtes fait enfirouapé de la sorte par le PQ avec tous ces signes sous le nez, vous ne méritez aucune compassion.

Le voile se lève

Par Philippe David

Comme si la sortie de Janette Bertrand d’hier n’était pas assez pour notre tension artérielle, la journée d’hier  nous apporte quelques intéressantes révélations. Tout d’abord, un papier de Vincent Marissal dans La Presse d’hier nous apprend que le virage identitaire du PQ et sa charte de laïcité se trament depuis assez longtemps et que outre Bernard Drainville et Jean-François Lisée, les cerveaux derrière cette charte incluent Mathieu Bock-Côté, Éric Bédard, Jacques Beauchemin… et Pierre-Karl Péladeau!

Il apparait de plus en plus évident que les personnes ci-haut planifient le virage identitaire du PQ depuis belle lurette et que ce fût dès le début, comme je l’avais dit, une tactique purement électoraliste visant à instrumentaliser la peur des «étranges» pour éventuellement servir de «levier» pour la souveraineté, puisque les péquistes savent bien qu’ils sont incapables de vendre leur salade sur ses propres mérites. Il leur faut donc un subterfuge quelconque pour essayer de convaincre la majorité d’entre nous que le Canada est une menace à notre liberté.  Comment maintenant prendre au sérieux le démenti d’au moins un des membres  de ce brain trust que ce n’était pas effectivement une diversion?

Je gruge, tu gruges, il gruge …

Si Janette Bertrand s’inquiète que nos droits et libertés soient grugés petit à petit par les méchants islamistes, j’aimerais attirer son attention sur un danger bien plus immédiat. La charte de la laïcité brime les droits fondamentaux de liberté de religion et liberté d’expression et pas seulement pour les islamistes, mais aussi pour tous les autres qui ont le malheur de vouloir exprimer leur appartenance religieuse, qu’ils soient juif, sikhs ou même catholiques. Qu’on-t-ils fait, eux, pour justifier qu’on brime leurs droits? Une question que le gouvernement ne veut pas répondre et pour laquelle il n’est même pas foutu de présenter une justification quelconque. 

Si vous cherchez une entité dans notre société  qui « gruge » les libertés, vous devriez mettre notre gouvernement en tête de liste. Et maintenant que Pauline Marois a annoncé son intention d’utiliser la clause dérogatoire pour protéger la charte des contestations, le PQ montre définitivement ses couleurs en utilisant la plus grosse massue dans son arsenal législatif pour abroger sans aucune justification la liberté religieuse de milliers de ses citoyens.

Si vous croyez que puisque la clause dérogatoire existe, il n’y a aucun mal à l’utiliser, j’aimerais attirer votre attention sur ce petit extrait du livre « La Route de la Servitude » de Friedrich Hayek (probablement un des meilleurs essais sur le totalitarisme):

«Rien ne distingue plus clairement  les conditions dans un pays libre de celles d’un pays sous un gouvernement arbitraire que l’observance  dans le premier  du grand principe  connu sous le nom de la règle de droit.  Dénuée de tout technicalités, cela veut dire que le gouvernement, dans toutes ses actions est lié par des règles fixes et annoncées d’avance – des règles qui permettront de prévoir avec un certain degré de certitude comment l’autorité utilisera ses pouvoirs coercitifs dans des circonstances données et de planifier nos affaires individuelles sur la base de cette connaissance  (…)»

(H/T Germain Belzile)

En utilisant la clause dérogatoire avec autant de désinvolture, le PQ nous signale que nous ne sommes désormais plus dans un pays libre mais sous le joug d’un gouvernement arbitraire qui se permet de modifier les règles comme bon lui semble. Si jamais le PQ réalisait son objectif de faire du Québec un pays indépendant, lui qui se donnerait la tâche de rédiger la constitution de ce pays, peut-on douter que ce pays ne vaudra guère mieux qu’une république bananière dans la protection de vos droits? Surtout quand un des intellectuels du brain trust péquiste a écrit sans gêne que :

«Malgré ses limites et ses excès, une des vertus de la Charte québécoise comparée à la Charte canadienne tient justement dans le fait qu’on peut l’amender sans procédure constitutionnelle exceptionnelle, ce qui limite, justement, la prétention qu’ont certains à la faire surplomber le débat public à la manière d’un texte sacré dont ils se veulent souvent les seuls interprètes légitimes. Le politique, autrement dit, peut reprendre ses droits.»

Traduction: vos droits individuels ne comptent pour rien face à ceux de l’état.  C’est ce que pensent les intellectuels qui guident l’agenda du PQ.

C’est ça le pays que vous voulez? C’est ça leur grand projet de société? Un pays où le gouvernement peut changer les règles du jeu à sa guise et où vous n’avez aucun recours et aucune protection contre lui? Maintenant vous savez pourquoi je parlais récemment de « tyrannie québécoise« .

Le voile est levé. On voit maintenant le visage derrière le niqab de la soi-disant charte de la laïcité. Voter pour le PQ est voter pour avoir un pays avec un gouvernement totalitaire. Tenez vous-le pour dit, la plus grande menace à vos droits et libertés n’est pas l’islamisme, mais votre propre gouvernement. À vous de leur montrer si votre liberté personnelle vous importe.

L’équation identitaire

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Par Philippe David

On m’a récemment confié que la droite, comptable et rationnelle, n’adressait pas adéquatement le problème identitaire.  Soit! Je vais y consacrer un papier. Pas uniquement pour vous parler de la charte, mais de l’identitaire tout court. Pour ce faire, je vais me référer à la vision identitaire de Mathieu Bock-Coté, sans contredit une autorité en la matière. Il a justement publié un papier là-dessus cette semaine.

Réarranger les chaises sur le pont du Titanic

M. Bock-Côté accorde en effet beaucoup d’importance à l’identitaire, mais son idée de la place accordée à celui-ci dans le débat politique n’est définitivement pas la mienne.  Mais nous avons tous le droit de diverger d’opinion, n’est-ce pas? Dans sa chronique, M. Bock-Côté monte une défense admirable de la stratégie identitaire du PQ. Bien entendu, il considère que le débat identitaire actuel est primordial, tout autant que l’économie ou le débat sur la corruption.

Il dément bien que pour le PQ de jouer la carte identitaire au point où il l’a fait, n’était absolument pas un complot pour servir de diversion. Quelle coïncidence quand même que le PQ ait présenté son projet de charte de laïcité au moment où on apprenait que nous perdions des emplois par dizaines de milliers et que la commission Charbonneau commençait à examiner les relations entre les syndicats et les partis politiques! Quelle coïncidence également qu’il se soit arrangé pour étirer le débat le plus longtemps possible de façon à ce qu’il oblitère tout autre sujet pendant plus de six mois! Quelle chance, tout de même,  que ce débat a virtuellement oblitéré tous les autres enjeux à cause de son caractère émotionnel! Qui pourrait croire que ce « timing » n’était pas tout à fait innocent? Important ce débat? Pour le PQ, c’est assurément  sa bouée de sauvetage, pour le reste d’entre nous, ça ressemble plus à réarranger les chaises sur le pont du Titanic. Le débat identitaire aurait facilement pu attendre qu’on renfloue le navire économique un peu, la situation économique du Québec commence à se faire plus urgente.

Ainsi, que le PQ choisisse de générer un débat autour de l’identitaire, au moment même où la soupe chaude se fait sentir sur ses deux plus gros talons d’Achille semble bien plus qu’une simple coïncidence. D’ailleurs, mon expérience m’a depuis longtemps appris que les coïncidences n’existent pas en politique. Je crois que M. Bock-Coté le sait aussi. On ne pourra jamais reprocher au PQ d’avoir un manque de talent pour le calcul politique. Les annonces récentes de « nananes » politiques en témoignent. Malheureusement, c’est le seul domaine où ils ont du talent.

Identité? Quelle identité?

Mais parlons quand même de la racine du débat, en supposant que ce soit le temps de le faire alors que la maison brûle autour de nous. C’est quoi au juste l’identité québécoise? Pourquoi y a-t-il tant d’immigrants qui semblent refuser de l’adopter? Pourquoi semble-t-il nécessaire d’utiliser la force (car c’est exactement de ça qu’on parle quand il s’agit de passer une loi) pour imposer cette identité quand ça devrait aller de soi pour les immigrants d’adopter l’identité de la société d’accueil? Est-ce à cause d’un individualisme rampant qui a perdu le sens du nous, comme le prétend M. Bock-Côté? Pourtant, je ne connais pas de pays plus fièrement individualiste que les États-Unis. Ont-ils vraiment eu de crise identitaire? Ont-ils perdu le sens de leur histoire? Demandez même aux immigrants musulmans aux États-Unis et la majorité vous dira être américains d’abord.  Pourquoi n’est-ce pas le cas au Québec? Je ne crois pas non plus que ce soit le multiculturalisme qui en soit la cause non-plus.  Ce serait plutôt un symptôme à mon avis.

Notre hymne national dit « Notre histoire est une épopée des plus brillants exploits » mais je serais curieux d’interroger des passants dans les rues pour voir combien seraient capables de m’en nommer. Car, à part pour les chapitres sur la colonisation française, la conquête britannique et la révolte des patriotes, assez grossièrement déformés par le prisme nationaliste, qu’avons-nous vraiment retenu des époques précédant  1960?

Voyez-vous, le problème serait bien plus que nous avons perdu notre identité. Nous l’avons renié collectivement quand nous avons virtuellement oblitéré notre histoire d’avant la révolution tranquille et nous l’avons baptisée « La grande noirceur ».  Nous l’avons perdue quand nous avons renié notre religion et évacué complètement son existence et les œuvres que l’Église menait dans les institutions publiques pour instaurer la religion du « tout état » à sa place.  Nous avons sciemment choisi d’oublier toutes les contributions qu’on fait les communautés religieuses dans notre société.  Pourtant, si nous avions un système de santé et un système d’éducation et un filet social dignes de ce nom dans les années ’60, c’est bien grâce au travail acharné de ces communautés. Si la séparation de l’état et de la religion et de l’état allait de soi, cela voulait-il dire qu’il fallait évacuer toutes les contributions des religions dans notre société? Car, il ne faut pas oublier que si l’Église catholique a largement dominé notre patrimoine, il n’en demeure pas moins que les communautés protestantes et juives ont aussi fait des contributions importantes. Contrairement à 80% de mes compatriotes, j’ai coché la case « athée » au recensement, mais je suis à même de reconnaître l’apport de notre religion à notre identité mieux que beaucoup de ceux qui cochent la case « catholique ».

Nous avons pris l’arbre de notre identité, nous l’avons déterré et tronçonné les racines pour ne pratiquement garder que la langue, que nous châtions à qui mieux mieux; et nous l’avons replanté dans l’espoir ou l’illusion que repousseront de nouvelles racines. Maintenant, nous sommes surpris que l’arbre se soit desséché et ne porte plus de fruit. Nous sommes à la dérive, ne sachant plus quoi communiquer à notre postérité que nous n’enfantons plus par ailleurs.   Nous sommes partout et nulle part. Nous avons tout oublié de qui nous étions et maintenant choqués que les immigrants n’adoptent pas nos « valeurs » et notre « identité ». Mais que voulez-vous qu’ils adoptent?

Notre histoire n’est définitivement pas une page blanche, comme le dit si bien Mathieu Bock-Côté,  mais  au nom de la modernité, nous avons définitivement choisi d’avoir la mémoire très sélective. Et d’où est provenue cette idée? Qui nous a amené à cette profonde rupture avec notre passé? Est-ce par hasard notre nouveau clergé? Celui-là même qui veut maintenant imposer une version aseptisée et homogénéisée de notre identité? Car la sombre réalité est que s’il y a eu une telle rupture, c’était probablement parce que certaines élites ont cherché à substituer notre identité par une autre.

 

Entre état de droit et tyrannie

Là où la chronique de Mathieu Bock-Côté devient vraiment dangereuse, c’est quand il commence à vous entretenir de sa conception des chartes de droits. Car voyez-vous, M. Bock-Côté les déteste. Il déteste qu’elles créent une barrière au pouvoir exécutif et législatif du gouvernement. Selon lui, elles sont une entrave à la volonté du peuple. Cette volonté étant exprimée par une majorité simple de 50%+1. Il exalte d’ailleurs les vertus de la charte québécoise, du fait qu’elle soit beaucoup plus facilement modifiable, par la seule Assemblée Nationale par un vote à majorité simple, contrairement à la charte canadienne qui nécessite un amendement constitutionnel. Ce qu’il néglige de vous dire c’est pourquoi c’est ainsi et pourquoi ça doit l’être.

Pour Mathieu Bock-Côté, un droit n’est pas une protection de l’individu, mais un privilège accordé ou révoqué au gré de l’état. Cette interprétation est fausse, mais très consistante avec la mentalité collectiviste pour laquelle le groupe, qu’on l’appelle « société » ou « nation » ou « patrie » est plus important que les individus qui le composent. Pourtant, que serait le groupe sans les individus? Il y a une raison pourquoi tous les gouvernements dans la civilisation occidentale sont inspirés du libéralisme classique. C’est que le libéralisme reconnait les failles de la démocratie et reconnait que même l’état le plus démocratique n’est pas à l’abri des abus et peut aisément sombrer dans la tyrannie et le meurtre de de masse. S’il y a une leçon que nous devrions tirer de l’histoire du XXe siècle, c’est bien ça. Il suffit seulement de se rappeler comment la République de Weimar a très démocratiquement basculé aux mains d’un des pires dictateurs de l’histoire et ce que cela a coûté en vies humaines.  C’est pour cette raison qu’un contrepoids est nécessaire au pouvoir législatif et exécutif d’un gouvernement. Ce contrepoids fait la différence entre un état de droit libre et démocratique et une république bananière du tiers-monde.

Un droit n’est pas un privilège accordé par l’état, c’est pourquoi on appelle ça un « droit ». Le droit vous appartient du simple fait que vous êtes un être humain, un individu unique, et le rôle de l’état n’est pas de vous les octroyer vos droits, encore moins de les révoquer, c’est de les protéger. La charte des droits est bien plus qu’un texte sacré, c’est un contrat entre vous et l’état qui garantit que la seule entité de notre société qui a le monopole légal de l’usage de la violence ne pourra pas aisément retourner ses fusils contre vous lorsque certaines personnes malveillantes tenteront de manipuler l’opinion publique en votre défaveur et c’est votre seule et unique garantie. Or, que vaut un contrat ou une garantie si le commerçant peut aisément en modifier les clauses sans votre consentement? C’est pourquoi une charte de droit est un document à caractère constitutionnel et qu’il ne doit être modifié qu’avec une très grande prudence et strictement observée. C’est votre seule protection contre une entité qui, l’histoire l’a maintes fois prouvé, a la capacité de tuer à coup de millions. Sans cette protection, la démocratie n’est ni plus ni moins qu’un viol collectif ou 50,1% de la population se donne le droit de victimiser l’autre 49.9%. C’est aussi pourquoi, si jamais le Québec accède à l’indépendance. Il devra lui aussi intégrer sa charte de droits à sa constitution et la rendre tout aussi difficile à modifier que la charte canadienne. À moins, bien sûr, que le projet de société souverainiste soit justement d’établir une république bananière qui s’octroie tous les droits au détriment de ses citoyens. Si c’est le cas, ils pourront le faire, mais sans moi.

Les sacrifiés et les réfugiés

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Image : Battle of Britain – de Mark Bromley

Par Philippe David

Je dois réellement remercier Mathieu Bock-Côté. C’est fou comment ses récentes chroniques m’inspirent. Plus précisément, c’est sa chronique « Ceux qui paient et ceux qui fuient » qui m’interpelle en ce moment.

Dans cette chronique, il pointe un doigt accusateur envers ceux qui « fuient » le Québec. Je soupçonne qu’il réprouve qu’un nombre de plus en plus élevé de québécois décident de partir vers des cieux plus cléments, ou s’ils ne peuvent partir, ils préparent leurs enfants à le faire, comme l’a récemment avoué Joseph Facal dans sa propre chronique. Selon M. Bock-Côté, ces gens souffrent d’un manque de patriotisme et de sens du sacrifice. Ils devraient plutôt se laisser saigner pour leur patrie.

Du sang, de la sueur et des larmes

Pour étoffer son argument, il cite le fameux « blood, sweat and tears » de Churchill, mais humblement, je lui rappellerais que le Québec ne souffre certainement pas des mêmes circonstances et il n’y a certainement pas un tyran d’outre-frontières qui fait pleuvoir des bombes sur la ville de Québec, comme ce fût le cas à Londres en 1939. Dans notre cas, l’ennemi ne vient pas de l’extérieur mais de l’intérieur. Notre ennemi est notre propre classe politique et le gouvernement qu’elle contrôle, pas un mégalomane à la tête d’une nation étrangère. Lorsque votre patrie est attaquée, il est normal de la défendre jusqu’à la mort, mais quelle allégeance doit-on à un pays qui cherche à nous enchainer un maillon à la fois? Blâmait-on les réfugiés qui ont risqué leur vie en traversant le mur de Berlin ou le détroit de la Floride? J’admettrai  d’emblée que le Québec  n’est pas le bloc soviétique ou Cuba, du moins, pas encore; mais il est néanmoins engagé sur la même route qui conduit à la servitude.

Les réfugiés

Il est vraiment dommage que peu de québécois soient familiers avec les ouvrages « La Route de la Servitude » de Friedrich Hayek et « La Grève » d’Ayn Rand. Le premier explique où le Québec s’en va et le second pourquoi beaucoup décident très rationnellement de ne plus y participer. Ces deux ouvrages enseigneraient à nos cégépiens bien plus sur comment fonctionne le vrai monde que les brûlots de nos petits révolutionnaires en culotte courtes qui baignent depuis leur naissance dans la culture du « tout m’est dû ». Dans « La Grève » particulièrement, l’auteure nous décrit un monde qui a largement succombé aux conséquences de l’état-providence et où les États-Unis, dernier bastion, est en train de rejoindre le reste du monde à  vitesse grand V. Le personnage principal, John Galt, un inventeur de talent, décide qu’il ne veut plus participer à une société qui exploite son talent et se réfugie dans une vallée qu’il baptise Galt’s Gulch.  Il arrive à convaincre d’autres hommes de talent, financiers, industrialistes, ingénieurs, etc.,  à l’y rejoindre, causant un exode des cerveaux, mettant graduellement le pays en crise.

Sous bien des aspects, le Québec ressemble beaucoup au monde qu’a dépeint Ayn Rand en 1957. Avec  son gouvernement de plus en plus interventionniste qui dénigre l’investissement privé, tue très littéralement les opportunités entrepreneuriales et étouffe les entreprises par la paperasse et les taxes. Est-il surprenant que les prospects économiques soient si limités ici? Est-il vraiment surprenant qu’avec des opportunités restreintes d’enrichissement personnel  et un régime fiscal plus étouffant que partout en Amérique du Nord, que de plus en plus de québécois de talent décident d’imiter John Galt? Chose certaine, si je venais de graduer de l’université que je savais ce que je sais maintenant,  je considèrerais sérieusement de partir à la recherche de Galt’s Gulch.

Je comprends très bien cet attachement qu’ont les gens envers leur lieu de naissance. C’est généralement l’endroit où vivent  encore ceux qui nous sont chers et où sont enterrés nos parents et grands-parents.  C’est donc normal d’y être attaché.  Lorsque cette terre est menacée, ce sont nos familles et tous ceux qui nous sont chers qui sont menacés, il est donc normal de vouloir se sacrifier pour qu’ils soient sains et saufs. Comme père de famille, il n’y a rien que je ne ferais pas pour protéger les miens. Mais jusqu’où doit aller le sens du sacrifice? Doit-il aller jusqu’à s’enchainer pour payer une dette engendrée par la frivolité et l’irresponsabilité de ceux qui nous ont précédé?

C’est ce que Mathieu Bock-Côté voudrait que nous fassions. Il ne s’agit pas ici de simplement payer sa part, mais la part de nos parents et grands-parents qui a été pelletée par en avant depuis plusieurs décennies par une classe politique irresponsable.  Quel parent est en droit de faire ce genre de demande à ses enfants appauvris par sa faute? Peut-on blâmer les jeunes de fuir?

C’est l’économie, stupide! (Bill Clinton)

M. Bock-Côté a raison sur un point : l’économie n’est pas que des colonnes de chiffres. L’économie c’est tous les échanges volontaires  qui ont lieu entre les individus d’une société. C’est le fondement même d’une société puisque ce sont la production et les échanges qui amènent les individus à coopérer entre eux.  L’économie, c’est l’action humaine et sans action humaine, point de société.  Une de ses règles cardinales est que nous ne pouvons pas (moralement) consommer plus que nous produisons. Or, c’est ce que nous faisons depuis maintenant plus de 50 ans.  Nous avons dépassé de loin le stade où nous demandons à ceux qui paient  de payer un peu plus cher pour les services qu’ils reçoivent, nous leur demandons de payer même pour des services qu’ils n’ont même pas consommés et dont ils ne jouiront jamais sans qu’ils n’aient eu un mot à dire. Ceux qui seront sacrifiés ne seront pas seulement les riches, mais les jeunes qui sont plus mobiles que jamais.

Si la majorité d’entre nous avions une compréhension de l’économie, nous saurions tous quels incitatifs tordus le socialisme incorpore à notre société pour que les gens agissent comme ils le font présentement. Nous saurions tous qu’une fiscalité oppressive décourage le travail, que de taxer les entreprises équivaut tout simplement à taxer les particuliers une deuxième fois et décourage l’investissement et la création de richesse. Et plus encore, nous cesserions d’entretenir cette haine maladive de la richesse. Et personne n’aurait envie de fuir le Québec.

Les anti-québécois

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Par Philippe David

 Depuis la semaine dernière, armés de deux études, une de l’Université de Sherbrooke et l’autre de l’École des HEC, les médias nous avertissent une fois de plus que le gouvernement du Québec vit au-dessus de ses moyens. Qu’il dépense trop. Qu’il est trop dépendant des largesses du fédéral et de la péréquation « canadian ».  Bien entendu, rien de tout ça n’est nouveau. Il y a belle lurette que des chroniqueurs et blogueurs de droite dénoncent les excès de notre modèle québécois et qui sonnent l’alarme au sujet des finances publiques insoutenables. Il est donc normal que nous accueillions toute preuve additionnelle avec enthousiasme, puis qu’elle ajoute de l’eau à notre moulin. Un peu trop d’enthousiasme, selon Mathieu Bock-Côté, qui accuse pratiquement certains représentants de la droite d’être anti-québécois.

Bien sûr, il se garde bien de nier le constat que nous faisons. Il est trop intelligent pour cela. Mais il s’indigne que nous nous réjouissions un peu trop d’infliger aux québécois les strictes privations qu’ils devront inévitablement endurer pour redresser la situation. Il condamne ce qu’il appelle notre antinationalisme et questionne notre patriotisme. Pourtant, les dissident du régime soviétique étaient-ils antipatriotiques, ou n’étaient-ils pas justement de grands patriotes qui aspiraient à tellement mieux pour leur nation que le régime dont ils étaient les prisonniers? Seriez-vous surpris d’apprendre que la majorité de leurs concitoyens ne réalisaient pas qu’ils étaient des esclaves et considéraient ces dissidents comme des illuminés et des zélotes?

La chaine de Ponzi

Le modèle québécois n’a jamais réellement été autre chose qu’une gigantesque chaine de Ponzi, où une génération s’est littéralement créé un buffet à volonté de services publics et s’est goinfrée, laissant une énorme facture à payer par les générations futures. Peut-il y avoir quelque chose de plus moralement répréhensible que ça?  Ces générations futures ne bénéficieront pas des mêmes services et se retrouveront appauvris par rapport aux générations précédentes.

Et pendant que les témoins se succèdent quotidiennement pour vous raconter sans honte comment ils nous ont tous volés, ou ont observé sans rien dire d’autres le faire, grâce à ce système d’extorsion légale qu’est l’état; des milliers de profiteurs continueront de se payer des retraites dorées à vos dépens. Pendant ce temps, les architectes de cette spoliation à grande échelle ont réussi par lavage de cerveaux à convaincre la moitié de la population que c’est le secteur privé, qui pourtant soutient l’économie québécoise à bout de bras, qui est nuisible à ladite économie.

 

Les véritables anti-québécois

Vous voulez que je vous dise qui sont les véritables anti-québécois? Ce sont ceux qui ont profité et profitent encore du système. Ceux qui continuent encore à le défendre bec et ongle. Ceux qui essaient encore de vous convaincre que non, notre gouvernement ne vit pas au-dessus de ses moyens. Que la dette est sans importance. Que les milliards que nous recevons des autres canadiens sont notre dû et que les milliards spoliés des générations futures le sont également. Ce sont ceux qui répètent encore aujourd’hui que tout va bien alors que nous ne cessons de nous appauvrir par rapport à nos voisins partout en Amérique du Nord et dans le reste du monde occidental.

Ce sont ceux qui dans les coulisses du pouvoir, tirent les ficelles de l’immobilisme afin de conserver leurs privilèges. Ce sont ceux-là qui vous font miroiter la souveraineté comme la solution magique à tous nos maux et qui ne cessent d’accroître notre dépendance à coup de moratoires et de « pas dans ma cour ». Ceux-là sont les véritables criminels. Ils sont les véritables ennemis du peuple québécois. Ce sont les pillards qui maintiennent les québécois dans la servitude et l’esclavage en leur confisquant de plus en plus du fruit de leur labeur pour avoir de moins en moins en retour. Ce ne sont pas ceux qui s’acharnent depuis des années à pointer l’évidence que l’Empereur est nu.

Si  M. Bock-Côté aimait vraiment le Québec autant qu’il le prétend, il serait à nos côtés à accuser ces criminels plutôt que de dénigrer ceux qui le font à sa place avec l’acharnement du désespoir. S’il veut qu’un jour son rêve d’indépendance du Québec se réalise, il faudra que ces criminels soient purgés du système et que cessent la culture de dépendance et de spoliation qu’ils ont établie.

Mathieu Bock-Côté, Joanne Marcotte et la défense du français

 

Bock-Cote

 

Par Philippe David

Ce matin, Mathieu Bock-Côté y va d’une critique plutôt cinglante à l’endroit d’un texte publié hier par Joanne Marcotte. Bien que je sais pertinemment que mon amie Joanne est parfaitement capable de se défendre, je ne peux que m’interroger, à la lecture de la critique, si Mathieu Bock-Côté a bien lu et compris ce texte.

Dans son texte, Mathieu Bock-Côté prétend que Joanne Marcotte ne désire pas qu’on préserve notre héritage et notre langue. Que notre culture ne mérite pas d’être défendue. Je crois savoir que c’est tout le contraire. Ce qu’elle critique, ce sont les méthodes que préconisent ceux qui, comme Bock-Côté, prétendent être les grands défenseurs de la langue française.

Dans les commentaires du texte de Bock-Côté,  j’ai vu certains accuser Joanne Marcotte de n’avoir aucun sens de l’histoire. Ça aussi c’est pertinemment faux. L’histoire a toujours été un de mes sujets préférés. Je suis donc plus que familier avec l’histoire du Québec. J’ai aussi pris le soin de retracer ma généalogie, ce qui m’a aussi donné une grande conscience de mes racines.

Je fais partie de la onzième génération de David au Québec. Mon ancêtre,  un de trois frères qui ont quitté leur Normandie natale pour tenter leur chance en Nouvelle-France, est débarqué à Trois-Rivières en 1650. Guillaume David, comme bien d’autres colons, c’est vu octroyé une parcelle de terre dans la seigneurie de Sorel. Il a partagé sa vie entre la culture de sa terre et la traite de fourrures. Son fils ainé, Jacques fût même arrêté sous les ordres de Frontenac pour avoir commercé avec les anglais des colonies de la Nouvelle-Angleterre et les Hollandais de la Nouvelle-Amsterdam (New York, aujourd’hui). Faut croire que j’ai le libéralisme dans le sang, puisque mes ancêtres étaient manifestement des partisans du libre-échange. Je fais partie d’une lignée de gens hardis qui ont contribué largement à bâtir notre pays et perpétuer notre héritage, notre culture, et notre langue. Mes ancêtres ont survécu la conquête et continué de transmettre leur langue et leurs traditions malgré elle, tout en vivant au Sault-aux-Récollets (Montréal-Nord), Boucherville, Longueuil, Saint-Hubert et Laval. Leurs descendants comptent trois sénateurs et une porte-parole de Québec Solidaire et députée de l’Assemblée Nationale. En fait, pendant  plus de 360 ans avant l’avènement du gouvernement libéral de Robert Bourassa et sa loi 22, mes ancêtres et ceux de millions d’autres canadiens-français ont réussi à préserver leur langue sans l’aide de lois coercitives ou aucune forme d’agence gouvernementale.

Ceux qui n’ont aucun sens de l’histoire sont ceux qui maintenant ne jurent que par l’intervention de l’état pour protéger notre héritage francophone. Qui croient que le salut de notre langue et notre culture repose sur toujours plus de lois et de limiers pour les faire respecter. Si c’est le cas, notre culture est déjà morte et n’a l’apparence de vie que parce qu’elle est branchée à un respirateur depuis un demi-siècle.

Est-il donc permis de remettre en question ces dogmes sans se faire qualifier de traitre à la nation? Est-il possible que ces dogmes soient en partie responsables de notre isolation économique et notre appauvrissement relativement au reste de l’Amérique du Nord? Est-il possible de dire que nos politiques d’immigration, qui depuis plusieurs années favorisent la langue plus que tout autre critère d’acceptation, sont mal avisées et sont la cause de plusieurs conflit sociaux et difficulté d’intégration? Est-il possible de dire que les subventions à la culture, plutôt que de l’enrichir, condamne celle-ci à la médiocrité? Est-il possible d’admettre que la préservation du français ne nécessite pas la suppression coercitive de l’anglais? Est-il possible de dire que les lois qui condamnent nos enfants à l’unilinguisme francophone sont aussi une recette condamnant les générations futures au repli et au marasme économique en les rendant moins compétitives sur un marché de plus en plus mondialisé?  Est-il possible d’admettre que le multiculturalisme et le marxisme culturel, ainsi que la gestion déficiente de notre système d’éducation par l’état ont une plus grosse part de responsabilité dans l’érosion de nos racines que le fait d’être un petit îlot de francophonie dans une mer anglophone?

Non, la langue française n’est pas menacée par la présence d’anglophones au Québec. Elle n’est pas menacée par une anglicisation (réelle ou imaginaire?) de Montréal. Elle est d’abord menacé par la médiocre qualité de son enseignement dans nos écoles. Elle est également menacé par cette hargne que nous avons également contre quiconque nous entendons parler un français correct, plutôt qu’en joual.  Cette haine que nous vouons aux « maudits français ». Ce manque de fierté chronique que nous avons de notre langue qui fait que bien des immigrants dont la langue maternelle n’est pas le français s’expriment et écrivent dans cette langue beaucoup mieux que nous. Si nous voulons vraiment préserver notre culture et notre langue, peut-être devrions-nous commencer par en être fiers et transmettre cette fierté à nos enfants, plutôt que d’obliger les autres à parler français à la pointe d’un fusil.

Fier d’être libertarien

Bock-Cote

Par Philippe David

M. le juge, messieurs et dames du jury, je me tiens ici devant vous, accusé d’utopisme et de sectarisme. Les intentions de mon accusateur, Mathieu Bock-Coté, sont évidentes. Pour un ultra-nationaliste dont le vœu le plus cher est de faire du Québec un pays, quoi de plus dangereux que quelqu’un qui rejette le concept même d’un « pays »? Pour M. Bock-Côté, mes pairs et moi ne sont ni plus ni moins que des hérétiques. Mon plaidoyer sera simple. Ce sera à vous d’en juger le mérite.

De ses accusations, aussi caricaturales soient-elles, je ne compte pas vraiment me défendre. Je suis coupable de croire que l’état n’est pas la solution à tous nos problèmes. Je suis même coupable de croire que dans la plupart des cas, l’état EST le problème. Je suis aussi coupable de croire, comme bien d’autres avant moi, que si nous renoncions individuellement à agresser ou piller nos voisins, nous vivrions dans un monde meilleur. Seulement, je n’impose cette croyance qu’à moi-même et je vous laisse le choix d’y adhérer ou non selon votre conscience. Ne comptez pas sur moi pour vous forcer à faire quoi que ce soit qui vous déplaît. C’est contre mes principes. Je crois également qu’on obtient de meilleurs résultats à travers la coopération volontaire que la coercition. Que ce soit pour bâtir une maison, ou bâtir une société. Je crois que les gens travaillent mieux quand ils n’ont pas un fusil collé à la tempe ou une épée de Damoclès au-dessus de la tête, pas vous?

Le culte de l’État

Pour Mathieu Bock-Côté, hors de l’état, point de société. Cette fausse croyance est l’évidence même que l’étatisme est une religion. Pensez-y. Vous ne vous êtes pas levé un matin, pesé le pour et le contre après avoir étudié une documentation neutre, et ainsi décidé que l’état était un bienfait pour la société. On vous a plutôt, dès votre plus jeune âge, enseigné que sans l’état, rien de ce qui existe autour de vous ne serait là si ce n’était pas de la présence de l’état. Vous lui devez tout! Sans lui, vous ne seriez pas capable de fonctionner. Sans lui, vous ne pourriez pas possiblement bénéficier d’une éducation. Sans lui, vous ne pourriez obtenir un emploi (car, voyez-vous, si l’économie va bien, c’est toujours grâce à l’état. Si elle va mal, c’est toujours la faute de ces cupides capitalistes.) Sans l’état, vous ne pourriez avoir accès à des soins de santé, ou des garderies. On ne pourrait absolument pas faire confiance à personne pour nous vendre de l’alcool, ou gérer nos casinos et loteries, ou nos ressources électriques. Sans lui, vous ne pourriez pas possiblement assurer votre propre retraite.

Par conséquent, vous dira-t-on, vous êtes un être égoïste et immoral, si vous refusez de faire votre part et payer vos impôts, même si on sait pertinemment que ce que nous payons se retrouve rarement dans les mains de ceux qui en ont vraiment besoin, mais que ceux qui sont près du pouvoir, eux, ne cessent d’engraisser.

Bien sûr, on vous enseigne également qu’il est immoral de tuer ou voler, sauf si c’est au nom de l’état. L’histoire du XXe siècle en est une preuve flagrante, alors que les états se sont avéré les plus grands meurtriers de l’histoire. Pourtant, pour les étatistes, sans l’état, ce serait le chaos et le darwinisme social. Je vous soumets que le nombre de crimes commis au nom de l’état excèdent de loin ceux commis au nom de la cupidité et du gain personnel. Et si vous croyez que ces crimes de démocide ne sont le fait de dictateurs fous, considérez combien d’innocents sont présentement fauchés au Pakistan et au Yémen, avec l’aide de drones téléguidés, par un gouvernement pourtant considéré par plusieurs comme un grand défenseur de la liberté dans le monde. Considérez également que même des états considérés comme « civilisés » ont sanctionné et même institutionnalisé l’esclavage.

Le concept d’état-religion n’a d’ailleurs rien de nouveau. Les pharaons d’Égypte étaient considérés comme l’incarnation des dieux sur terre et depuis César Auguste, on vouait un culte aux empereurs romains jusqu’à la désintégration de cet empire. À combien d’autre hommes d’état a-t-on voué un culte de personnalité depuis? Aujourd’hui, on est plus subtils dans nos méthodes, mais l’idée de fond n’a guère changé. Nos livres d’Histoire font des idoles de ceux qui agrandissent le pouvoir de l’état et diabolisent ceux qui s’y opposent. C’est d’ailleurs pourquoi la période de l’Histoire du Québec où l’état a connu sa plus grande expansion est claironnée sous le nom de « Révolution tranquille », alors que la période précédente s’est vu attibué le nom peu flatteur de « Grande noirceur ». Heureusement qu’il existe des gens téméraires qui s’efforcent à déboulonner ces mythes.

Coupable et fier de l’être

L’État ce n’est pas la raison ni l’éloquence, c’est la force. Comme le feu, c’est un serviteur inquiétant et un maitre effroyable, dixit George Washinton, qui serait bien attristé par ce que le pays qu’il a fondé est devenu. Partout au monde, nous commençons à constater les limites de l’étatisme. Les États occidentaux croulent sous les dettes et craquent de partout. Au Québec, rien n’est jamais résolu, peu importe quel parti est au pouvoir. Des gens comme Mathieu Bock-Côté se désolent souvent du cynisme qui règne depuis quelques années et ils se demandent souvent pourquoi c’est ainsi. Pourtant, les raisons devraient être évidentes et c’est pourquoi le libertarianisme commence à faire surface. De plus en plus de gens perdent la Foi en l’état, comme ils ont naguère perdu la Foi en l’Église Catholique. Le modèle étatiste est désuet. Depuis la nuit des temps, nous avons toujours accordé à l’état le monopole de l’utilisation de la force et ses dirigeants s’en sont servis pour nous piller et s’enrichir à nos dépens. Peut-être nous faudrait-il un autre projet de société?

C’est faux de dire que les libertariens croient avoir la solution à tout. Nous n’avons pas cette prétention. C’est aussi faux de prétendre que ce que nous recherchons c’est la liberté à tout crin. La liberté ne peut pas exister pour tous sans responsabilité personnelle. Nous ne sont vraiment libres que dans la mesure où nous respectons la liberté des autres également. Nous croyons aussi qu’un jour, le genre humain sera capable de coopérer et coexister sans avoir un état pour nous y forcer. Ce sera sans doute dans un lointain futur quand nous aurons acquis plus de sagesse. Nous n’avons aucune illusion de voir ce genre de société émerger demain, mais rien ne nous empêchera d’y rêver et d’y travailler. Mais contrairement aux marxistes et autres étatistes, nous n’utiliserons jamais la force pour imposer nos dictats, notre seule arme ne sera jamais que la persuasion. Si jamais un jour nous vivons dans un monde de volontarisme, ce sera quand tout le monde en sera venu à la constatation que les mots « État » et « Société » ne sont pas synonyme. Si croire en cela est un crime, alors je suis coupable et fier de l’être.

 

La délirante paranoïa souverainiste

 

 

 Par Philippe David

Ainsi donc, le PQ souhaite étendre la loi 101 aux cégeps et interdire l’accès des francophones aux cégeps anglophones. « C’est urgent ! » dit Mathieu Bock-Côté dans sa chronique, où il accuse les détracteurs de cette mesure de « délirante paranoïa ». Pour appuyer leur thèse, les souverainistes pointent au déclin des Québécois de langue maternelle française dont la proportion à l’échelle du Québec à chuté de 1% de 1971 à 2006, mais plus dramatiquement de 10,4% sur l’île de Montréal, poussant nos bons souverainistes à hurler à l’anglicisation de la métropole.  Si on n’examine que ces statistiques, on pourrait croire que c’est justifié, mais voyez-vous, les souverainistes sont très adeptes du « cherry-picking », si vous voulez me pardonner cette expression.  C’est bien plate les chiffres, mais si on prend le temps de les examiner avec rigueur, on se rend compte qu’il n’y a pourtant rien d’alarmant.

Population du Québec selon la langue maternelle

Région

Langue maternelle

1971

2006

 

 

 

 

Ensemble du Québec

Français

80,7 %

79,6 %

Anglais

13,1 %

8,2 %

Autre

6,2 %

12,3 %

Total (000)

6 028

7 436

 

 

 

 

Région métropolitaine de Montréal

Français

66,3 %

65,7 %

Anglais

21,7 %

12,5 %

Autre

12,0 %

21,8 %

Total (000)

2 743

3 589

 

 

 

 

Île de Montréal

Français

61,2 %

49,8 %

Anglais

23,7 %

17,6 %

Autre

15,1 %

32,6 %

Total (000)

1 959

1 824

Sources : Comité interministériel sur la situation de la langue française, Le français langue commune, Rapport du comité interministériel sur la situation de la langue française, 1996; Statistique Canada, Recensement 2006 : 97-555-XIF au catalogue. 

Premièrement, on constate que la population qui a l’anglais comme langue maternelle a également régressé et même dans une proportion beaucoup plus importante que le français, soit  de 4,9% à l’échelle de la province et  6,1% à Montréal.  Nous sommes donc  loin d’assister à une anglicisation de la métropole. Nous assistons surtout à une augmentation des allophones, due à notre faible taux de natalité et notre effort à compenser par l’immigration. Mais, diront les souverainistes, les allophones adoptent l’anglais. Faux!  Encore une fois, lorsqu’on se réfère aux statistiques sur la langue parlée le plus souvent à la maison, nous voyons une progression du français et une régression de l’anglais partout sauf sur l’île de Montréal où ce sont les autres langues qui gagnent du terrain sur le français ET l’anglais. Ceci dû encore une fois à l’influx plus important d’immigrants à Montréal que dans les autres régions.

Population du Québec selon la langue parlée le plus souvent à la maison

Région

Langue parlée le plus souvent à la maison

1971

2006

Ensemble du Québec

Français

80,8 %

81,8 %

Anglais

14,7 %

10,6 %

Autre

4,5 %

7,6 %

Total (000)

6 028

7 436

Région métropolitaine de Montréal

Français

66,3 %

69,1 %

Anglais

24,9 %

17,4 %

Autre

8,8 %

13,4 %

Total (000)

2 743

3 589

Île de Montréal

Français

61,2 %

54,2 %

Anglais

27,4 %

25,2 %

Autre

11,4 %

20,6 %

Total (000)

1 959

1 824

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sources : Comité interministériel sur la situation de la langue française, Le français langue commune, Rapport du comité interministériel sur la situation de la langue française, 1996; Statistique Canada, Recensement 2006 : 97-555-XIF au catalogue.

Mais, de dire Mathieu Bock-Côté, « Près de 50% des allophones fréquentent le cégep anglais. Le résultat est prévisible et les études le confirment: ce n’est pas en français qu’ils feront leur vie. Ils poursuivront à l’université en anglais. Et vivront en anglais. Et travailleront en anglais. ». 

C’est vrai, mais depuis 1981, la proportion d’allophones allant aux cégeps francophones est passée de 15,6% à 46,2%, soit une nette progression. De plus, puisque le français est en progression comme langue le plus fréquemment parlée à la maison et que l’anglais, lui, est en régression, on peut se demander de quelles études Mathieu Bock-Côté puise l’affirmation que ces allophones vivent en anglais après avoir étudié en anglais au cégep. La proportion d’allophones qui poursuivent à l’université en français est également en progression.

 

Pourcentage de la population allophone étudiant en français au Québec

Niveau d’enseignement

1971

1981

1991

2001

2006

Primaire et secondaire

14,6 %

43,4 %

76,4 %

78,7 %

81,5 %

Collégial

N.D.

15,6 %

41,3 %

41,2 %

46,2 %

Universitaire *

N.D.

N.D.

42,2 %

45,4 %

52,6 %

*  Il s’agit des étudiants allophones de citoyenneté canadienne qui résident au Québec.

Sources : Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Direction de la recherche, des statistiques et de l’information.

 

Quand on examine les chiffres avec rigueur, on ne constate ni régression du français, ni urgence à utiliser le pouvoir étatique à forcer qui que ce soit à aller au cégep français plutôt qu’anglais. Du moins, ce ne sont certainement pas ceux qui s’opposent à cette mesure qui sont coupables de paranoïa délirante. La seule menace, si c’en est une, serait que le français et l’anglais disparaissent à Montréal, au profit d’autres langues comme l’arabique.  Si vous vouliez vraiment contrer ce problème, il faudrait soit trouver un moyen d’augmenter les naissances au dessus du taux de remplacement de 2.1 enfant par femme et diminuer l’immigration, ou diminuer la taille de notre état nounou de façon à ce qu’il puisse vivre avec une population vieillissante et en déclin.