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Le bon côté des choses

Par Philippe David

Depuis le mois de novembre dernier, les médias, autant américains que canadiens et québécois, sont aux prises avec une véritable crise d’hystérie. À les croire, on s’imagine que les États-Unis sont maintenant entre les mains de l’Antéchrist en personne. Rien de moins que le fils de Satan. On le comparait aux pires despotes de l’histoire avant même qu’il n’ait pris une seule décision. Après maintenant un peu plus d’un mois au pouvoir, il s’avère que l’hystérie n’était que cela. Une peur irrationnelle et injustifiée.

Si on doit en croire David French dans le National Review, non seulement Donald Trump, malgré son style, ne s’est pas montré comme étant le vil dictateur que la presse annonçait, mais il est moins autoritaire  que ne l’a été Obama jusqu’ici. Les gens des médias auraient donc intérêt à respirer par le nez s’ils veulent préserver le peu qu’il leur reste de crédibilité et rapporter et analyser plus sobrement les actions de M. Trump. Ils devraient aussi faire leur mea culpa d’avoir, pendant les huit dernières années, fermé les yeux sur pratiquement tous les actes qu’Obama avait perpétré durant sa présidence et qu’ils reprochent présentement à Trump. Jusqu’ici, Donald Trump n’a strictement rien fait que Barack Obama n’avait pas fait précédemment, mais parce que les gens des médias approuvaient des objectifs d’Obama, ils ont choisi l’aveuglement volontaire pendant les huit dernières années, et soudainement semblent se réveiller alors que maintenant, un président qu’ils n’aiment pas use des même pouvoirs. C’est difficile d’avoir pitié pour des gens qui croyaient que le président devrait avoir des pouvoirs quasi-illimités jusqu’à ce qu’ils réalisent soudainement que ces pouvoirs pourraient se retrouver dans ce qu’ils considèrent de «mauvaises mains» et se retrouvent maintenant en mode panique, incitant même à l’assassinat du président su Twitter. S’il y en a qui s’inquiétaient de la liberté d’expression sous Donald Trump, ils peuvent immédiatement se rassurer du fait qu’aucune de ces personnes n’a été arrêtée ou emprisonnée jusqu’ici. Mais si vous cherchez une raison pour laquelle Donald Trump s’est mis en guerre contre certains médias et journalistes jusqu’à les exclure de certains points de presse ou à refuser de répondre à leurs questions, je considère un appel au meurtre une excellente raison, pas vous?

En voyant cette vendetta des médias contre Donald Trump, est-il vraiment surprenant que le public fasse maintenant plus confiance au président qu’aux médias? Le problème avec les médias est qu’en agissant comme ils l’ont fait depuis l’élection présidentielle, ils se tirent dans le pied et donnent à Trump toutes les justifications nécessaires pour ne pas coopérer avec eux.

Malgré tout, je vois des points positifs au soudain réveil des médias et de la gauche. Leur peur irrationnelle de Trump leur a fait réaliser le danger de concentrer trop de pouvoirs dans les mains d’un seul homme. Ils voient maintenant que ces pouvoir peuvent se retrouver dans les mains de quelqu’un qui ne partagent pas leurs objectifs et même qu’ils pourraient se retrouver un jour dans les mains d’un véritable tyran, ce que les libertariens comme moi tentent de marteler dans leur caboche depuis des lustres. Je souhaite ardemment que les gens de la gauche commencent à s’interroger sur les dangers de la concentration du pouvoir de l’état et comment cet état peut devenir intrusif, maintenant qu’ils ont conscience que ce pouvoir est maintenant dans les mains d’un personnage qui leur est antipathique. Ils gagneraient maintenant à tenter de critiquer Donald Trump d’une façon beaucoup plus raisonnable, parce qu’il y a certainement des raisons très valables de le critiquer au-delà des accusations hystériques de racisme et d’autoritarisme. Peut-être qu’ils peuvent maintenant en revenir à leur véritable rôle de chien de garde du gouvernement plutôt que des meneuses de claques. C’est à espérer…

Merci Joanne et au revoir…

Par Philippe David

Aux ondes du FM93 à Québec ce matin, mon amie Joanne Marcotte a annoncé qu’elle prenait une année sabbatique des chroniques et des médias, suivi d’une explication et d’un bilan des ses réalisations sur son blogue. J’accueille cette nouvelle avec un petit pincement de cœur, je l’avoue.

J’ai connu Joanne Marcotte au travers de mon implication au Réseau Liberté Québec. Ce fût un plaisir et un honneur de travailler avec elle. Je demeure d’ailleurs un fan inconditionnel. C’est une grande dame qui, je crois, a été pendant 15 ans une des principales figures de proue du libéralisme au Québec. Ses réalisations sont multiples. Son documentaire, «L’Illusion Tranquille» et son livre «Pour en Finir avec le Gouvernemaman» sont encore plus pertinents que jamais aujourd’hui. Malgré le fait que le RLQ est maintenant inactif, ce qu’elle a créé avec Ian Sénéchal, Éric Duhaime et Roy Eappen a permis à une certaine droite de sortir du placard et de s’affirmer alors qu’avant elle ne consistait que de quelques voix seules et isolées dans les blogues et les médias sociaux. À travers sa visibilité médiatique, elle a beaucoup contribué à amener le libéralisme et le conservatisme fiscal sous les projecteurs et populariser ces idées encore méconnues.

Lorsque j’ai commencé à bloguer en 2006, on ignorait encore ce que c’était une idéologie de droite au Québec, encore moins ce qu’est le libéralisme classique ou le libertarianisme, tellement le débat constitutionnel occupait l’espace médiatique. Avec son documentaire, son blogue et ses interventions dans les médias, Joanne a su partager avec le Québec des idées politiques jusque-là très obscures. Elle a aussi accueilli le blogueur marginal que j’étais à l’époque et m’a fait sentir que mes écrits étaient appréciés et m’a inclus dans certains projets au RLQ. Pour cela je lui serai toujours reconnaissant. Si j’écris encore, c’est un peu grâce à elle.

Je crois que je peux dire que sa présence va me manquer, quoique je suis sûr qu’on aura l’occasion de se jaser sur Facebook de temps en temps. Son absence des ondes va créer un vide qui sera difficile à remplir. Cependant, je peux comprendre que la célébrité a un certain coût. Ça finit par user à la longue. Un petit repos lui fera certainement le plus grand bien.

Merci infiniment Joanne pour ta ténacité et ton intelligence et pour tout ce que tu as fait pour nous qui continuons de se battre pour nos idées. Tu vas nous manquer. Mais malgré tout, je conserve l’espoir que ce n’est qu’un au revoir plutôt qu’un adieu.

Manipulation médiatique?

Par Philippe David

L’annonce de la candidature de Pierre-Karl Péladeau dans le comté de Saint-Jérôme a causé bien du questionnement quant à l’indépendance des médias dans cette campagne. Joanne Marcotte l’a appris à ses dépens alors que son blogue hébergé sur le site du Journal de Montréal et de Québec a été retiré après qu’elle eut publié un texte comparant la une de plusieurs journaux et remarquant que celle du Journal de Montréal avait une saveur très pro-nationaliste. Apparemment, les patrons du journal l’ont pris comme un manque de loyauté, mais il n’empêche qu’elle disait vrai.

Ce mardi, un article de nouvelle apparait dans le site du Journal de Montréal qui m’apparait plus qu’un peu biaisé. Signé par Sarah-Maude Lefebvre, l’article  était titré « Élections: deux Montréalais payés par le PLQ pour l’installation de pancartes ».  Je vous cite un passage :

« Alors que la plupart des partis récompensent la pose de pancartes au mieux «d’un café et d’un beigne», le Parti libéral du Québec a donné 1000 $ à deux personnes pour 15 heures de travail.

C’est ce qu’a révélé au Journal sous le couvert de l’anonymat un citoyen qui a été engagé la semaine dernière par le PLQ pour installer une centaine de pancartes. »

Si on en croit la teneur de l’article, il serait positivement scandaleux que le PLQ paye deux personnes $1000 pour poser une centaine de pancartes électorales alors que la plupart des partis dépendent de bénévoles qui reçoivent au mieux « un beigne et un café » pour leurs efforts. Fort bien ! Seulement l’article mentionne au sujet du PQ:

« 35 000 pancartes électorales posées pendant la présente élection -Elles seront toutes installées par des bénévoles, à l’exception de 3600 pancartes relevant de la campagne nationale qui seront posées par une firme privée pour un montant de 61 500$. »

$61 500 pour installer 3600 pancartes, mais la journaliste ne semble s’indigner que pour le $1000 dépensé par le PLQ? Pas qu’il y ait vraiment de quoi s’indigner en premier lieu. De part et d’autre,  je crois que les montants sont amplement dans les limites permises par le DGEQ. Mais il semblerait que certains ont l’indignation hautement à géométrie variable. Encore plus étonnant que cet article moins qu’objectif soit passé par le pupitre et soit publié. Il s’agit quand même d’un article de nouvelle et non un texte d’opinion.

C’est peut-être juste moi, mais avec leur grand patron dans la course électorale, il me semble que le personnel du Journal de Montréal et du Journal de Québec devrait faire de grands efforts pour ne pas sembler vouloir manipuler l’opinion publique en la faveur de M. Péladeau ou celle du PQ. On pourrait facilement  s’imaginer que M. Péladeau tire leurs ficelles. Lorsqu’un magnat des médias aspire au pouvoir politique, il existera toujours un doute quant à l’indépendance de ces médias.

Quand les médias veulent se substituer à la démocratie

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Par Philippe  David

Je n’habite pas à Toronto. Je n’ai personnellement rien à foutre de qui est le maire de cette ville, pas plus que qui est le maire de Québec, Laval ou Saguenay. Je n’ai donc pas de parti pris envers Rob Ford. Pour le meilleur ou pour le pire, les torontois l’ont élu, c’est à eux de vivre avec et ce sera à eux de le sortir s’ils sont insatisfaits de son travail. C’est le fondement de la démocratie.

On dit que Rob Ford est un maire controversé, notamment pour ses déclarations parfois incendiaires. Et alors? Depuis quand les maires ont l’obligation d’êtres drabes et sans histoires? Surtout que nous avons constaté au Québec que ce n’est certainement pas une garantie de gestion honnête. Gilles Vaillancourt a supposément pillé les contribuables lavallois pendant plusieurs décennies, mais il était très peu controversé. Encore là, les torontois connaissaient très bien Rob Ford et ils l’ont encore élu comme maire et comme conseiller municipal pendant plus de 10 ans.

 

Mais voilà maintenant, sur la simple foi d’une vidéo de 90 secondes, que presque personne n’a vu  et dont personne ne peut vérifier l’authenticité, qu’on est près à le lyncher sur la place publique. Et ce qui me surprend le plus, autant par des médias de droite que des médias de gauche. Une petite question: as-t-on prouvé que Rob Ford a fait quoique ce soit d’illégal? Une vidéo que des dealers de crack cherchent à vendre au gros prix, est-ce vraiment une source crédible? Qu’est-il advenu de la présomption d’innocence? À bien y penser, Gérald Tremblay n’a-t-il pas lui aussi été écrasé et lynché sans procès par les médias? Depuis quand est-ce aux médias de décider qui gouverne? Finalement plus que juste une question.

 

Il est évident que les élus ne sont pas au-dessus des lois et qu’ils perdent de facto leur légitimité s’ils ont commis un crime. Mais autant pour Rob Ford que pour Gérald Tremblay, aucun chef d’accusation n’a été déposé et aucune enquête policière n’est en cours. J’espère pour le Toronto Star que leur source est fiable. Si j’étais Rob Ford, mon avocat serait déjà en train de préparer une poursuite en libelle. Je ne serais pas surpris si l’avocat de Ford n’est pas justement en train d’affûter ses couteaux.

Toujours est-il qu’il n’appartient pas au Toronto Star de décider qui devrait être le maire de Toronto.

Ça y est!

Par Philippe David

Enfin! Jean Charest a décidé de faire le plongeon et nous sommes maintenant en pleine campagne électorale. Bien entendu, le choix de la date était très stratégique. Dans un peu plus d’une semaine, les CEGEP vont tenter de reprendre les cours, les associations étudiantes tenteront de bloquer la rentrée. La loi 78 commencera à vraiment s’appliquer et tout ce bordel favorisera les libéraux, bien sûr. On l’avait pas vu venir celle-là, n’est-ce pas?

Vive la démocratie étudiante!

Parlant des associations étudiantes, L’AÉSSUM (Association des Étudiants en Service Social de l’Université de Montréal), a tenu une assemblée générale hier dans laquelle a eu lieu un vote pour reconduire le boycott des cours. Sur 638 membres, seulement  59 étaient présents (un gros 9%), 33 ont voté pour et 26 contre. Bel exemple de démocratie. Dire qu’il y en a pour questionner la légitimité du gouvernement des conservateurs à Ottawa et des libéraux à Québec, basé sur le faible taux de participation. Après on veut nous faire croire qu’un vote basé sur un taux de participation de 9%, où les votes de seulement 5% l’ont emporté, est légitime? Et la CLASSE de dire qu’ils ne respecteront pas l’issue des élections? Qu’on ne vienne plus jamais parler que ce boycott a une quelconque légitimité démocratique, même parmi les étudiants. Cette légitimité n’existe pas et n’a jamais existé.

Un poulet dans chaque casserole et une auto dans chaque garage

C’était le slogan électoral de Herbert Hoover pendant la campagne présidentielle de 1928. Force est de reconnaitre que peu de chose ont changé dans les mœurs politiques  depuis ce temps quand on voit Jean Charest nous promettre un chèque de  $100 pour l’achat d’effets scolaires et sa petite promesse de créer pas moins de 250 000 emplois! Quelle foutaise! Rappelons-nous d’abord que ce que le gouvernement vous donne, il doit le prendre, par la force, dans les poches de quelqu’un d’autre. Règle générale, quand le gouvernement vos prend 4$,  un seul dollar est redistribué et les trois autres nourrissent la bureaucratie. Donc, pour chaque $100 donné à une famille, $400 seront prélevés par le fisc. De la même façon, le gouvernement ne peut créer d’emplois que dans le secteur public, tous les autres emplois sont créés par des compagnies privées et les salaires des employés publics proviennent des impôts, prélevés de force dans nos poches. Puisque les emplois publics sont financés par le secteur privé, chaque emploi dans le secteur public réduit d’autant, sinon plus, le nombre d’emplois au secteur privé.  Donc, le gouvernement ne peut en réalité créer aucun emploi qui n’existe pas déjà dans l’économie. Gardez ceci à l’esprit quand vous entendrez un politicien vous offrir des bonbons.

M. Net peut-être pas si net…

Le moins qu’on puisse dire est que l’annonce de la candidature de Jacques Duchesneau à la CAQ a fait des remous. Cependant, quand on s’amène avec des gros sabots, il faut pas se surprendre si des gens vont ensuite fouiner pour trouver les squelettes dans vos placards,  ce que Andrew  McIntosh de TVA a fait. Il appert que M. Duchesneau aurait quitté son emploi comme patron de l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA) dans des circonstances plutôt nébuleuse et que son passage à la barre de cette agence n’était pas sans un bon nombre de cahots. Sous la gouverne de Duchesneau, l’ACSTA a été mise sous surveillance dû notamment à un manque de contrôle de gestion budgétaire et de non-respect des règles de gestion. La gestion déficiente de certains contrats aurait également donné lieu à d’importants dépassements de coûts. M. Duchesneau aurait également dépensé plus de $100 000 en voyages d’affaires et colloques à travers le monde, mais le plus juteux est ceci :

«Apparences de possibles conflits d’intérêts. M. Duchesneau a fait l’objet de nombreuses questions de députés de l’opposition et des médias relativement à des contrats de plusieurs millions accordés par l’ACSTA à une agence de sécurité et à la compagnie de biométrie, parce qu’il avait siégé sur le conseil d’administration de ces entreprises. M. Duchesneau détenait 100 000 options d’achat d’actions pour l’agence de sécurité Garda World. Toutefois, il a affirmé qu’il s’était prévalu de ces options aussitôt qu’il s’est joint à l’ACSTA, en 2002. M. Duchesneau a nié avoir été impliqué dans le choix de ces firmes, et a précisé qu’au moment de son embauche, son curriculum vitae mentionnait tous ses liens passés avec elles.»

C’est ça le type qui s’en vient faire le ménage?

L’ordre établi

Le fait que les médias traditionnels aient un sérieux biais à gauche n’a rien de très nouveau, mais le professeur de sciences politiques  Jean-Herman Guay a fait une réflexion intéressante à ce sujet, question d’ajouter de l’eau à notre moulin. Loin de moi de vouloir faire la leçon à un prof de sciences-po, mais j’ai une critique à son exposé. Il parle de l’ordre établi comme si celui-ci était à droite de l’échiquier politique alors que pas un gouvernement du Québec, tous partis confondus, n’a gouverné à droite du centre depuis Maurice Duplessis. Le consensus a toujours été pour une société sociale-démocrate avec toujours plus d’état et ce depuis la révolution tranquille.  Au Québec, même les profs de sciences-po ne savent pas distinguer la gauche de la droite.

Voir à long-terme

Je reviens brièvement sur mon dernier édito qui recommandait aux gens de droite de voter soit pour le Parti Conservateur ou l’Équipe Autonomiste. J’en vois beaucoup qui désirent voter libéral ou CAQ par peur de voir le PQ  prendre le pouvoir. À ceux-là,  j’aimerais dire de penser à plus long-terme. C’est vrai que ni le PC, ni l’ÉA n’a de chance de former un gouvernement, là n’est pas le point. Si on veut un jour cesser de dire que nous sommes orphelins politiques, il faudra un jour investir dans des partis de droite. Chaque vote que reçoit un parti lui apporte du financement de la part du DGEQ. Ce financement permettra à ces partis de se construire et peut-être finir par s’établir comme des partis sérieux. Si vous ne votez pas où que vous votez pour d’autres partis, ce sont les autres partis qui auront cet argent. Il est temps pour les gens de la droite d’être solidaires et commencer à soutenir ceux qui ont le courage de se lancer en politique pour promouvoir de vraies idées de droite.  Qui formera le prochain gouvernement est sans véritable conséquence, il faudrait voir plus loin pour établir une offre politique de droite.

Jouer sur les mots

Il serait peut-être temps que les grands médias acceptent ce que les juges ont déjà confirmé et utilisent la terminologie appropriée. Les associations étudiantes ne sont pas des syndicats. Elles sont régies comme des corporations.

Les étudiants ne sont pas des travailleurs syndiqués, ils sont des clients des institutions d’enseignement. Ils paient pour le privilège d’un enseignement supérieur et un diplôme qui sera  le gage d’une rémunération supérieure dans un pas si lointain futur.

De refuser un service pour lequel on paye, n’est pas une grève. Une grève est un moyen de pression utilisé par un groupe de travailleurs sur leur employeur. Les règles qui régissent une grève, que les étudiants tentent d’utiliser pour forcer un boycott non volontaire par l’ensemble des étudiants selon une règle de majorité, ne s’appliquent pas à eux. Le code du travail ne peut que s’appliquer à des travailleurs, des syndicats et des employeurs, pas à des étudiants, leurs associations et les institutions d’enseignement.

Donc, j’ai de la difficulté à comprendre pourquoi les médias ont un si gros problème à appeler un chat, un chat et un boycott, un boycott, si ce n’est justement à cause du biais manifestement pro-syndical d’une majorité de journalistes.

Le double standard des médias

Par Pierre-Guy Veer

Récemment, le controversé animateur de radio Rush Limbaugh s’est retrouvé dans l’eau chaude1. Visiblement contre les commentaires d’une étudiante en droit au sujet de la contraception – il y a présentement un débat houleux pour savoir si les hôpitaux confessionnels devraient être forcés, même contre leurs principes, de fournir des contraceptifs gratuits –, M. Limbaugh a traité l’étudiante de pute (slut), affirmant que si l’on doit payer pour les contraceptifs, on doit obtenir quelque chose en retour… Il n’en fallait pas moins pour que les médias sautent à pieds joints sur ce commentaires et incitent les annonceurs à boycotter l’animateur. Probablement à cause de toute la pression et du retrait de ses annonceurs, il s’est finalement excusé.

 

En voyant ça, je me suis demandé si des animateurs gauchistes comme Bill Maher allaient faire la même chose. Après tout, il a traité Sarah Palin de plotte (cunt)2, « parce qu’il n’y a pas d’autres mots pour la décrire ». Non, il ne le fera pas, m’a affirmé un Démocrate bleu foncé. Et vous n’allez pas croire les justifications qu’il a trouvées pour défendre Maher…

 

Elle l’a mérité

 

Première justification pour une non-rétractation : Mme Palin a couru après. En effet, de par ses actions, l’ancienne gouverneure de l’Alaska a mérité qu’on la traite de nom.

 

Quelle action peut justifier qu’on qualifie une femme de telle façon? Avoir fait le ménage dans le corporatisme pétrolier de son État3? avoir dénoncer la surimpression d’argent de la Fed4, ce qui cause une chute artificielle des taux d’intérêts et risque d’engendrer une autre bulle? avoir accepté les unions de couples de même sexe quand elle était gouverneure? avoir décriminalisé des petites quantités de marijuana?

 

Mon ami avait peut-être en tête la « responsabilité » de Palin dans la tuerie de Tucson, Arizona, où plusieurs personnes ont été blessées ou tuées. Les médias avaient fait le lien avec une carte de Mme Palin, où elle avait « ciblé » les représentants ayant approuvé la réforme de la santé d’Obama. Peu importe si la personne qui a perpétré le crime avait de sérieux troubles mentaux et était apolitique – il affirmait que le gouvernement nous contrôle au travers de la grammaire; et peu importe si des Démocrates ont fait exactement la même chose56 sans que les médias ne s’en scandalisent.

 

Si une femme « mérite » qu’on la traite de nom, je me demande s’il pense qu’une femme qui se fait violer a couru après…

 

Bill Maher est intelligent

 

Deuxième justification : Bill Maher est intelligent et Rush Limbaugh est stupide. Cette affirmation n’est qu’une variante, utilisée par les « liberals » pour dénigrer une personne qui ne pense pas comme eux – la première étant des accusations de racisme.

 

À quoi juge-t-on l’intelligence d’une personne?

  • Selon Wikipédia, Maher a un bac et Limbaugh n’en a pas. Considérant où l’on peut obtenir un doctorat7 et ce que l’on enseigne dans les écoles au sujet du capitalisme8, le niveau d’éducation n’est pas une référence.

  • Devrait-on plutôt regarder leurs points de vues politique? Maher est un farouche défenseur de la séparation de l’État et de la religion; Limbaugh croit dur comme fer que les États-Unis sont une nation chrétienne… même si Dieu n’est mentionné nul part dans les documents constitutionnels. Toutefois, alors que Limbaugh a dénoncé le fait qu’Obama (gagnant du Nobel de la Paix en 2009) ait reçu sans gêne le président chinois (qui détient prisonnier le Nobel de la Paix de 2010)9, Bill Maher glorifie l’Empire du Milieu parce qu’ils n’ont pas le fardeau de la démocratie et des longs débats10… Aussi, les deux ne semblent pas de très grands partisans de la démocratie – Maher croit que le débat sur la santé devrait être adopté à la presse parce que les gens sont trop idiots, tandis que Limbaugh et plusieurs conservateurs utilisent des mots comme traitres pour décrire leurs adversaires11.

  • Ou devrait-on voir leurs points de vue économiques? Rush Limbaugh semble creuser plus que la moyenne quand on présente des données tel la croissance économique12 et voit même tous les torts que crée le gouvernement à l’économie13. De son côté, Bill Maher est complètement endoctriné au keynésianisme14 et s’imagine que l’économie est un jeu à somme nulle, où les riches volent 80% des revenus15.

Bref, comme « intelligence » est un concept trop subjectif, ce n’est pas une raison pour donner une immunité d’insulte à une personne.

 

C’est de la comédie

 

Mais l’argument suprême pour défendre les exactions verbales de Bill Maher : c’est un comédien, alors que Rush Limbaugh est un homme sérieux. En effet, l’immunité humoristique (du moins, chez les liberals) existe aussi chez nos voisins du Sud.

 

Et les « liberals » en profitent abondamment :

  • David Letterman s’est abondamment moqué d’une des filles de Sarah Palin16, en plus de traiter cette dernière de putain. Imaginons un instant si Limbaugh avait osé dire la même chose des filles d’Obama ou de celle de Bill Clinton…

  • La comédienne Wanda Skyes a souhaité que les reins de Rush Limbaugh perdent leur capacité de fonctionner17. Si ça avait été l’inverse, Limbaugh aurait été traité de misogyne, de raciste (elle est Noire) et d’homophobe (elle est lesbienne).

  • Bill Maher n’est pas en reste et a affirmé que Dick Cheney (vice-président de George W Bush) serait mieux mort18. Et si on avait dit la même chose de Al Gore ou Joe Biden…

  • Maher (encore lui) a utilisé un message texte très explicite associé à Tiger Woods, et a suggéré que les Démocrates aussi devrait frapper les Républicains et leur faire passer toute sorte de lois stupides et liberticides.

Je pourrais continuer encore longtemps…

 

En conclusion, je me fiche éperdument de ce que Rush Limbaugh, Bill Maher ou n’importe qui d’autre a un micro, une page de journal ou une caméra dit. La liberté d’expression, c’est accepter de laisser l’autre parler, si dérangeant soit-ce. Par contre, si les médias décident de condamner les propos (certes condamnables) de Limbaugh, alors ils doivent aussi condamner les propos de Maher et des autres liberals. Sinon, c’est de l’hypocrisie crasse.

TAGUEULE.COM

 

Quand tu écoutes les nouvelles, le matin, tu penses à quoi?

Quand tu lis ton journal, qu’est-ce que ça t’inspire?

Sûrement, tu te fais une opinion. Sur le besoin ou non d’une enquête publique sur l’industrie de la construction. Sur une ville qui signe une entente mais qui doit faire amender la loi pour la justifier. Sur les accusations portées contre le député en fonction Tony Tomassi. Sur les propos de Don Cherry. Sur le départ précipité de la ministre Nathalie Normandeau. Et celui du journaliste de TVA Carl Langelier. Sur les syndicats qui en mènent large au Québec.

À coup sûr, tu as une opinion. Que tu partageras volontiers si on t’en donne l’occasion. Exprimer son opinion, c’est faire bon usage de sa liberté d’expression. Dans une société démocratique, l’un ne va pas sans l’autre.

Pas vrai? Pas sûr!

Au Québec, on s’est embarqué sur une pente savonneuse, et drôlement dangereuse.

Des joueurs de la LNH proposent des changements? Tagueule.com

Don Cherry critique les ex-joueurs de hockey qui dénoncent la violence sur la patinoire? Tagueule.com

Un chroniqueur demande la démission de Don Cherry : Tagueule.com

Éric Duhaime commente les positions linguistiques de Don Cherry : Tagueule.com

La ministre Lise Thériault veut revoir les lois régissant l’industrie de la construction : Tagueule.com

L’animateur du FM93 Sylvain Bouchard s’interroge sur certaines procédures de la ville de Québec : Tagueule.com (dit le maire, Régis Labeaume)

L’ex-ministre de la Justice Marc Bellemare rapporte les propos de son premier ministre : Tagueule.com (dit Bastarache)

L’ex-policier Jacques Duchesneau révèle des failles majeures au sein du ministère des Transports : Tagueule.com (dit Lafrenière)

Un citoyen remet en question l’entente entre la ville de Québec et Quebecor : Tagueule.com (garçon : une loi 204, SVP)

Un blogueur s’interroge publiquement sur le pouvoir syndical de la gauche?  Tagueule.com

Un groupe de réflexion, le Réseau Liberté-Québec, se réunit pour se pencher sur un modèle québécois dépassé : Tagueule.com (et une pelletée de fumier, avec ça).

Le quotidien La Presse s’interroge sur les étranges déclarations de l’étrange maire de Montréal, Gérald Tremblay : Tagueule.com

Le journaliste Dominic Maurais de CHOI RadioX propose ponctuellement le LABEAUME-WATCH? Tagueule.com

La SRC révèle l’omniprésence d’un important entrepreneur dans l’industrie de la construction? Tagueule.com (même moi, je tais son nom)

Au Québec d’aujourd’hui, t’as droit à ton opinion, mais… Tagueule.com

T’es en désaccord avec tes élus ?  Tagueule.com

Tu veux utiliser ta liberté d’expression ? Tagueule.com

Ce que tu lis t’inspire? Tagueule.com

Ce que tu entends te donne envie de réagir? Tagueule.com

Tu as une opinion sur ce texte? Tagueule.com