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Judith Lussier et les trolls comme moi

Nathalie Roussy
Collaboration spéciale

NDLR – Natalie Roussy est une des nombreuse personnes que j’ai eu le privilège de rencontrer sur Facebook. Elle nous livre dans ce texte son témoignage personnel de son expérience en tant qu’une des «trolls» de Judith Lussier et expose le manque de tolérance marqué de la blogueuse. Ceci est sa première (mais pas la dernière, j’espère) collaboration à Contrepoids. – Philippe David

Depuis quelques jours on en entend parler à Radio-Canada, dans le Journal
de Montréal, de la décision de la blogueuse féministe Judith Lussier d’abandonner sa chronique au journal Metro. Elle n’en peut plus des trolls.Mais, comme elle l’a expliqué dans cette entrevue disponible sur le site du journal Le Devoir, c’est davantage l’usure qui l’a eu et non un évènement en particulier.

Les micros agressions, comme elle les nomme, ont eu raison d’elle. Si seulement les micro agressions qu’elle croit avoir reçu sont bien réelles… Judith Lussier voit des micros agressions partout. Elle voit aussi de l’homophobie et du sexisme partout. Elle n’est pas la seule. Elle a baissé drastiquement dans mon estime lorsqu’elle a cru, et a écrit un billet du journal Metro dans lequel elle en parle, que je suis une personne homophobe (c’est ce qu’on lit entre les lignes dans son billet qui a pour titre « pas homophobe hein »). Il faut le faire quand même de me mettre dans le bateau des gens homophobes. C’est mal me connaitre, mais c’est surtout me faire un procès d’intention de s’être basée uniquement sur la publication que j’avais posté sur son mur FB (j’y reviendrai plus loin).

Bien que je reconnaisse la réalité qu’a vécue Judith Lussier avec des attaques vicieuses réelles sur sa personne (dont des menaces de viols), je crois que si elle est aujourd’hui au bout du rouleau, c’est en bonne partie en raison de ses fausses perceptions. Fausses perceptions à propos de supposé micro agressions (homophobes et autres). Je me permet d’écrire qu’elle a raison de mentionner la différence entre les homme et les femmes d’opinion, car les femmes se font répondre à propos de leur physique quand ça n’a rien à voir avec la discussion. Je me souviens d’un facebookien, qui semblait un militant masculiniste, qui m’a écrit en privé tout le mal qu’il pensait de Judith Lussier, ses mots respiraient la haine, avant de m’écrire que « j’étais plus belle qu’elle ». Je n’ai pas du tout aimé son commentaire, que j’ai trouvé sexiste et très désagréable. Cet homme fût bloqué peu après, je le trouvais trop dérangé pour le laisser voir ce que je publie, et je n’avais pas envie de le voir. Avec les positions radicales de Judith Lussier, il est certain qu’elle fait face à la haine de certains masculinistes. Cela me semble être deux facettes d’une même médaille.

Quand on se braque avec des lunettes militantes déformantes, on polarise encore plus et ça braque ceux qui ont des lunettes militantes déformantes mais dans le sens inverse. L’exemple avec ce qui m’est arrivé avec elle, j’y arrive, est juste la pointe de l’iceberg des micros agressions en masse qu’elle s’imagine avoir vécu. Commentaire en passant. Je  soupçonne fortement que Judith Lussier ferait partie de ces personnes pour les «safe space» à l’université. Le genre de personnes qui ne dit pas non tout de suite à l’idée d’empêcher des conférenciers de prendre la parole dans une université, sans raison valable dans une société libre et démocratique. Je vous partage ce reportage, qui est édifiant. Il faut entre autres écouter Normand Baillargeon (un homme d’une rare intégrité, classe et  intelligence, respect Monsieur Baillargeon), très intéressant. Il pointe une tendance inquiétante dans les universités. Je suis d’accord également avec Mathieu Bock-Côté, qui écrit que les trolls sont partout, pas seulement à s’attaquer aux féministes de gauche.

Dommage pour Judith Lussier qui semble avoir une tendance forte à voir que les gens de «sa gang» ne peuvent pas être des trolls. Des trolls, il y en a parmi les féministes de Québec Solidaire. Il y en a partout des trolls et si Judith Lussier n’a pas compris ça, c’est bien dommage pour elle. Je me souviens d’avoir eu un contact FB que j’appréciais jusqu’à ce qu’elle commence à me hair en raison de ma tendance libertarienne. Elle a constaté que je lisais et écoutais « le méchant Éric Duhaime ». Pour elle, c’était condamnable de juste l’écouter. Elle est devenue hyper agressive, elle a changé sa manière de s’adresser à moi. Elle m’a carrément écrit qu’elle haïssait les libertariens. Je lui ai demandé alors si elle me haïrait si j’étais une libertarienne, et elle a répondu oui. De la haine, les gens de gauche sont bien capables. La gauche n’a pas le monopole de la vertu, loin de là. Ceci en est un exemple. Je n’ai pas été détesté pour mon attitude,mais simplement en raison de mon opinion. C’est pathétique. Je ne voudrais pas être dans la peau d’une telle personne. Je vous l’avoue, le côté de moi qui n’a pas encore passé la censure du Moi conscient (nous avons tous un semi-conscient et un inconscient) trouve que Judith Lussier est folle. Maintenant la censure et la logique passée, je vais nuancer : elle n’est pas complètement timbrée, mais rendue loin dans son militantisme aveugle et vit dans un monde imaginaire rempli de faux dangers et des fausses agressions. Un vrai champ de mines, pour reprendre l’expression de  Catherine Perrin lorsqu’elle a reçu en ondes Judith Lussier pour parler de cette histoire.

Désolée, mais Judith Lussier à mes yeux est dans son mental, son monde. Et entre son monde et Le monde, il y a tout un monde….Déjà que c’est épuisant de se faire agresser pour de vrai. Imaginer si on se promène dans un champ de mines imaginaire.

Pas homophobe hein?

Je vais donner deux exemples pour démontrer la faiblesse de la démarche intellectuelle de la blogueuse féministe. À moins que ces exemples ne soient pas représentatifs de sa démarche globale, je vois clairement d’après ces deux exemples qu’elle manque beaucoup de jugement. Judith Lussier, dans un texte publié en 2016 dans le journal Metro, «Pas homophobe hein», nous donnait des exemples d’homophobie. En plus de m’avoir nommé en exemple , très mauvais exemple, car je suis une personne ayant un grand respect pour les droits et libertés, sans parler du fait que je suis moi-même une personne du groupe LGBT, Judith Lussier a écrit :

« Un autre «cas isolé», cette fois, s’est produit dans une clinique spécialisée en réassignation sexuelle d’Ahuntsic. Un individu est entré dans la clinique armé d’une hache et d’une machette et y a mis le feu, mais le SPVM hésite à qualifier de crime haineux ».

Où était la preuve qu’on avait affaire à un crime haineux? Aucune preuve, mais bienvenue dans le monde de champ de mines homophobes et sexiste de Judith Lussier qui confond une hypothèse avec une certitude basée sur des faits. Et le pire dans l’histoire c’est qu’une  transgenre a été arrêtée. Il semblerait que l’hypothèse la plus plausible est qu’elle était mécontente de sa chirurgie de changement de sexe.

L’hypothèse la plus plausible n’a rien à voir avec un crime haineux à l’endroit des transgenres. Est-ce que Judith Lussier a révisé ses positions suite à ça pensez-vous? Non, elle a choisi de rester silencieuse sur cette affaire qui ne va pas dans le sens de son militantisme aveugle.

Où est la preuve que je suis, moi Nathalie Roussy, homophobe?

N’importe quoi.
En plus d’être moi-même amoureuse d’une femme depuis de nombreuses années, je suis une amoureuse de la liberté. Lire le texte dans le journal Metro que j’ai écrit en réplique à son article dans lequel elle me décrivait comme une « redresseuse de tort ».

Ce que je n’ai pas pu écrire dans l’article du journal Metro (car on me donnait que 400 mots pour répliquer, en fait je n’ai pas pu expliquer à quel point Judith Lussier a déformé mes propos en plus d’avoir fait un procès d’intention à mon égard) c’est que n plus d’avoir vu une agression là où il n’y avait que de l’opinion, Judith Lussier avait fait croire aux lecteurs que j’avais partagé un lien du site web des témoins de Jéhovah, alors qu’en réalité j’avais partagé un lien d’une association gaie. Voici le lien que j’avais partagé.

J’avais partagé ce lien du site gai pour en critiquer le titre («Dans une vidéo inquiétante, les Témoins de Jéhovah apprennent aux enfants à devenir homophobes») qui, de mon avis, diffamait les témoins de Jéhovah en les faisant passer pour des gens qui violent les droits des homosexuels.

Bien sûr cela dépend de la définition d’homophobie.

Si l’homophobie est le fait de mépriser, détester ou refuser de reconnaître le droit des homosexuels, alors cette étiquette ne colle pas du tout à ladite vidéo.

Par contre, si l’homophobie comprend le fait de croire que l’homosexualité est une pratique malsaine pour son bien-être spirituel, alors je dirais deux choses :

  • la vidéo est homophobe
  • aucune liberté n’est brimée par cette vidéo. Si on en est heurté, cela ne veut pas dire qu’il y a eu agression. La table n’est pas méchante quand on se cogne l’orteil.

Dans les deux cas, il y avait la même vidéo. Mais mon but était de rectifier ce que j’estimais être de la diffamation à l’endroit des témoins de Jéhovah. On les accusait d’être homophobes. Alors que la vidéo ne l’était pas. Ça dépend de la définition d’homophobie bien sûr, mais si on prend la définition selon laquelle on estime que les homosexuels sont inférieurs, non franchement la vidéo ne montrait rien de ça. C’est de cela que je voulais discuter sur le mur de Judith Lussier. Pas pour troller.

Judith Lussier a écrit faussement dans le journal Metro que je parlais de liberté de religion, alors que je ne défends pas la liberté de religion, cela ne fait pas partie de mon vocabulaire. Je ne me souviens pas avoir jamais écrit ou parlé pour défendre la liberté de religion. Je préfère nettement le terme LIBERTÉ DE CONSCIENCE. En fait je préfère le terme LIBERTÉ tout court. Je défends la liberté. Diffamer une personne ou un groupe est une violation des droits et libertés dans mon livre à moi. ET j’ai estimé, quand j’ai posté un commentaire accompagné de la vidéo publiée sur le site de l’association gai que ceux qui sur le web s’activaient à dénoncer la vidéo web étaient en train d’accuser à tort les témoins de Jéhovah de publier une vidéo homophobe, ce qui n’est pas le cas. Je ne dis pas que la vidéo ne fait pas mal, elle me fait mal. Mais ils ont le droit de penser que le paradis sera exclu des homosexuels. De toute manière, leur paradis n’existe pas, alors je ne suis pas brimée dans mes droits et libertés par ce qu’ils pensent et ce qu’ils disent à ce propos. Ce n’est pas comme si une vidéo proposait que les homosexuels soient interdits d’entrer dans un autobus. Ou de donner une conférence à l’UQAM… Judith Lussier n’a pas voulu rien entendre de mes arguments et elle m’a supprimé de sa vue FB dans les minutes qui ont
suivi.

Mon compte FB supprimé depuis l’automne 2016

Moi aussi j’ai quitté les réseaux sociaux. Facebook pour être plus précis. J’ai quitté parce que les discussions profondes sur des sujets émotifs et controversés sont pratiquement impossibles. Il aurait fallu que j’évite les sujets qui m’intéressent le plus pour que ça fonctionne. Comme la culture du viol. Ma dernière publication FB traitait de la culture du viol (voir ci-bas un copié-collé de ma dernière publication à vie de FB, une publication en mode public).

C’est pourtant ce qui me faisait vibrer, l’idée d’échanger avec des gens qui pensent le contraire de moi, sur une base solide de respect et d’échange d’arguments. C’est une discussion sur la culture du viol et un commentaire d’un des contacts que j’appréciais le plus pour les qualités facebookienne que je recherchais qui a été l’élément déclencheur pour supprimer de manière définitive mon compte FB. Que ce contact que j’appréciais a cru que j’avais fait un « coup en bas de la ceinture » alors que je ne faisais que discuter honnêtement et factuellement m’a fait réaliser que ce sujet était beaucoup trop émotif pour que les gens soient capables de ne pas prendre personnel les échanges d’arguments. J’avais un respect pour lui, mais je me refusais à devoir le ménager pour ne pas le blesser. J’ai décidé subitement de supprimer le compte et depuis je n’ai jamais regretté ma décision.

J’ai appris bien des choses en échangeant sur les réseaux sociaux pendant des années. Je ne regrette pas ces discussions, ni d’avoir arrêté. Un temps pour chaque chose. Mais je ne fais pas la victime comme Judith Lussier le fait. Je ne dis pas que les gens m’ont agressé parce qu’ils ont des idées que je trouve hideuses (trouver que l’homosexualité est un péché est une opinion hideuse à mes yeux, soit-dit en passant). Je constate seulement à quel point les conversations dans les réseaux sociaux sont peu utiles pour discuter de sujets de société avec des arguments logiques et basés sur des faits. Pourquoi? Parce que Judith Lussier, dans le fond, est comme bien des internautes, avec ses idées préconçues et peu ouvertes aux idées des autres. Elle se sent agressée quand elle entend du monde qui ne pense pas comme elle. Eh bien elle n’est pas la seule. Toutefois, j’ai observé que plus on est militant d’une cause, plus le risque est grand qu’on soit réfractaire à la discussion avec des gens qui ne pensent pas comme nous. Peu de gens sont capables d’entendre des opinions divergentes, voire répugnantes, et s’ouvrir à discuter avec celui ou celle qui émet ces opinions, avec
l’ouverture d’esprit suffisante pour reconnaitre qu’on a en face de nous (virtuellement) une personne qui a des arguments solides pour appuyer son opinion.

Ma discussion privée avec une religieuse sur l’homosexualité

Je me souviens d’avoir eu un assez long échange privé sur Facebook avec une religieuse. Judith Lussier, qui ne semble pas respecter la liberté de conscience et la liberté d’expression, aurait vu dans cette discussion au mieux une « micro agression », au pire une agression justifiant que je bloque cette religieuse de ma vue FB. Et pourtant…Cette religieuse catholique était très respectueuse avec moi. Pour elle, que je sois en relation homosexuelle avec ma blonde était « contre nature ». Elle avait peur de me blesser, et prenait la peine de me demander : « est-ce que je vous choque? » (ce sont ses mots). Je me souviens de lui avoir répondu que, au contraire, elle me disait respectueusement ce qu’elle croyait. J’ai reconnu, et appriécié (parce que c’est rare), que cette religieuse a mis beaucoup d’énergie pour s’ouvrir et tenter de me comprendre, malgré sa vision diamétralement opposée à la mienne.

Même si son opinion me fait mal, elle me le dit avec respect et a le droit à sa liberté de conscience. Elle m’a posé des questions et c’est allé assez loin sur la sexualité. Je lui expliquais que je ne voyais pas où était le mal, si j’aimais ma blonde, de vouloir lui faire du bien. Je lui masse le dos parce que je l’aime et veux son bien. Pourquoi est-ce que je ne pourrais pas lui faire du bien avec des caresses sexuelles? C’est la qu’elle s’est à mon avis senti mal à l’aise. J’étais prête à poursuivre la discussion, mais je crois que j’ai frappé la limite de malaise de cette religieuse. Pourtant je suis restée là tout le long ouverte à discuter en profondeur en se basant sur des arguments. Tout le monde a sa limite, j’ai atteint celle de cette religieuse. Mais jamais elle n’a manqué de respect à mon égard. Je ne vous cache pas que ça me fait mal de savoir que des gens voient que je fais quelque chose de mal à aimer ma blonde. L’amour est la plus belle chose dans l’univers.L’amour ne peut être mauvais. Nous nous aimons mon amoureuse et moi, profondément, depuis très longtemps. Ça fait mal de savoir que des gens voient ma façon de vivre comme quelque chose de décadent, mal, ou un péché. Ils ont le droit de le penser, c’est leur liberté de conscience.

Ma dernière publication FB à vie

Je constate que des amis FB aiment et partagent ce texte dont le titre en dit long : «Cette inexistante culture du viol».

Avant de critiquer le texte, je voudrais féliciter l’auteur pour cet extrait, que des personnes que j’apprécie pour leur qualité de jugement en général n’en ont pas eu pour cette affaire quand il fût question du possible passé d’escorte de la présumée victime Alice Paquet : « Et qu’Alice Paquet ait été (ou non) une prostituée ne change absolument rien. La prostitution, comme toute autre transaction de service, s’effectue seulement si les deux parties sont consentantes ». Maintenant que les fleurs ont été données, je vois deux problèmes majeurs selon moi avec ce texte.

Premier problème : Le déni du lynchage public à l’endroit des présumées victimes.

Il nie le lynchage public des personnes qui se disent victimes d’agressions sexuelles pour seulement nous présenter le problème du lynchage des personnes visées par les  agressions. Or le lynchage public est des deux côtés, comment cela se fait-il qu’en plus de manquer d’objectivité et de vision générale on choisisse le «mauvais camp»?

Je m’explique pour l’utilisation de l’expression « mauvais camp ». Des données probantes nous indiquent que la grande majorité des allégations sexuelles sont basées sur de  véritables agressions (voir référence plus bas). Autrement dit, il y a plus de chance que la personne qui se fait faussement lyncher, c’est la présumée victime. Mais l’auteur de ce texte, Pierre-Guy Veer, se décrivant comme un libertarien engagé, a choisi son camp. Il ne faut pas choisir de camp préétabli à l’avance pour toutes les causes d’allégations d’agressions sexuelles, sauf celui de la vision globale, de la prudence, de la délicatesse, du jugement, de la connaissance également. Mais tant qu’à choisir un camp entre les deux, ce qui je le répète manque de sagesse, il est bien préférable en général de choisir le camp des présumées victimes, en raison des statistiques sur le taux de fausses agressions qui est très bas.

Deuxième problème : sophisme de la double faute.

Deux faux ne font pas un vrai. Mais ce « libertarien engagé » semble croire que oui. Pour nous « prouver » qu’il n’existe pas de culture du viol, il compare notre société aux sociétés les plus barbares. Quand on se compare, on se console, il a pris au mot cette maxime… On lit :

« Par contre, ce n’est comparé à une véritable culture du viol tel que l’on voit dans les pays gouvernés par la sharia (loi inspirée du Coran). Dans les histoires de viol, la femme est au banc des accusés, pas à la défense. Si elle veut éviter les châtiments corporels, elle doit demander pardon au violeur pour l’avoir « provoqué ». Plusieurs médias affirment que la supposée vague de viol qui se produit en Europe serait causée par l’influx de réfugiés (surnommés « rapefugee ») venant de cette culture barbare ».

Imaginez un seul instant comment ce monsieur réagirait si des gens lui disaient qu’il n’y a aucun problème ici qu’un mari oblige sa femme à porter le voile en lui donnant une simple claque dans la face si elle n’obéit pas puisque, dans d’autres pays, c’est la lapidation qui attend cette femme. Imaginez si on disait que le mari qui se rend compte que sa femme a flirté avec un autre homme va la battre n’est pas un réel problème puisque dans d’autres pays, ce serait tel ou tel châtiment qui l’attendrait.

Un 3e problème à ce texte : sophisme de l’appel à l’ignorance.

« Ce sera à un tribunal ou à un juge – si les preuves sont suffisantes pour se rendre jusque là – de voir s’il y a eu viol ou non »

Le rôle du juge n’est pas de déterminer s’il y a eu viol ou non, mais si, en cas de poursuite  pénale, le présumé agresseur doit être condamné pour viol. Beaucoup de gens ne comprennent pas, ou ne veulent pas comprendre selon les cas, la différence. Une absence de preuve de viol n’est en rien une preuve de l’absence de viol. C’est évident, mais incompris de bien des gens. Parfois on établit en cour la preuve que le plaignant a menti et que l’accusé est innocent de ce dont il a été accusé. Parfois on établit la preuve que la plaignante a dit vrai et l’accusé est déclaré coupable. Mais dans le cas des affaires d’agressions sexuelles, bien souvent l’accusé est acquitté faute de preuve et non parce qu’on a prouvé son innocence! Je me suis obstinée avec deux profs d’université à l’UQAM sur cette question. J’y reviendrai peut-être avec une lettre que j’avais écrite aux deux
il y a 3 ans.

Référence : False allegation of sexual assault : An Analysis of Ten Years of Reported Cases