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Tant qu’à protester…

Par Philippe David

L’adolescence et le passage à la vie adulte sont une période de grande confusion.  Je peux certainement attester que cette période fût particulièrement difficile pour moi. Nous croyons tout savoir, mais nous ne savons rien et nous sommes particulièrement  vulnérables à l’endoctrinement à cet âge où nous venons à peine de prendre conscience des injustices de ce monde et c’est trop facile de se laisser influencer par des solutions simplistes comme « Faire payer les riches ».

Je comprend donc un peu pourquoi les jeunes se révoltent, mais comprendre ne veut pas dire approuver.  On a beau se révolter, mais encore faut-il le faire pour les bonnes raisons. Malheureusement, nos jeunes manquent affreusement de connaissances de l’histoire et d’économie, ce qui les amène à parader dans les rue en agitant le drapeau de l’URSS ou en portant un t-shirt du Che, symboles d’un système qui a pourtant appauvrit, affamé et tué des millions d’individus au nom d’un idéal collectiviste insoutenable et du tout-à-l’état. Ce que nous avons ici n’est pas du communisme, mais c’est une version « soft » du fascisme. C’est le contrôle étatique d’une économie privée par le copinage corporatiste et syndicaliste. Mais l’histoire a déjà démontré que ce genre de modèle est insoutenable à long-terme. Comme pour toutes les formes de socialisme (et le fascisme EST du socialisme), l’argent des autres finira toujours par manquer.

Les Don Quichotte du statu quo

Et ils se révoltent contre quoi, nos jeunes? Se révoltent-ils contre les temps d’attente dans nos salles d’urgence? Contre les listes d’attentes pour les chirurgies? Contre la corruption endémique de l’état? Contre le décrochage scolaire? Contre l’illettrisme chronique produit par notre système d’éducation merdique et dont ils sont les premières victimes? Est-ce qu’ils rêvent d’une économie dynamique qui leur assurera un emploi et un brillant avenir? Non!

Ils font la révolution pour obtenir les même privilèges dont dont ont profité leurs ainés, mais qui nous conduisent à la ruine. Ils rêvent du statu quo qui nous mène vers un mur ou pire! Ils veulent appuyer sur l’accélérateur! Ils ont été tellement endoctrinés par des profs syndicalistes encroutés, qu’ils ne réalisent pas que les tables du buffet sont vides et que ce sont eux qui vont se retrouver avec la note.  Parce que leurs ainés se sont bien empiffrés mais n’ont payé qu’une fraction de ce qu’ils auront à payer pour le maintien de ces services. Le reste, ils l’ont pelleté par en avant sur la dette et ce sont les jeunes qui devront la payer.

C’était facile d’offrir des belles pensions de vieillesse quand il y avait 7 travailleurs pour un retraité mais qu’arrivera-t-il quand ce sera un travailleur pour 7 retraités? Mais on leur a fait croire que l’argent pousse sur les arbres. « Refusons l’austérité » qu’il disent. Sauf que l’austérité dont ils se plaignent n’est qu’un moulin à vent , pas un géant et le véritable géant qu’ils ignorent, c’est la dette qu’ils devront payer avec des impôts toujours plus élevés. C’est aussi une détérioration constante des services publics qui leur sont si chers parce que la façon qu’ils sont livrés est inefficace et coûteuse et que trop de l’argent public est avalé dans des trous noirs.

Le gouvernement est le problème, pas la solution

L’économiste Milton Friedman disait qu’il existe quatre façons de dépenser de l’argent:

1- Vous dépensez votre argent pour vous-même et vous serez naturellement soucieux d’obtenir le meilleur service au meilleur prix

2- Vous dépensez votre argent pour quelqu’un d’autre et vous serez soucieux du prix, mais pas tant de la qualité de ce que vous achetez. 

3- Vous dépensez l’argent des autres pour vous-même et vous ne sous soucierez pas tant du prix et vous aurez un méchant bon lunch.

4- C’est comment le gouvernement dépense de l’argent. Vous dépensez l’argent des autres pour les autres et dans ce cas, vous vous fichez éperdument combien ça coûte ou de ce que ça vaut.

C’est ce qu’on voit régulièrement dans la façon cavalière que les deniers publics sont dépensés tant par les politiciens que les fonctionnaires et la façon indécente que certains se graissent la patte et celle de leur petits zamis.  C’est ce qu’on voit dans la façon que certains programmes inutiles sont maintenus en vie, simplement pour préserver des jobs de fonctionnaires. 

Hé les jeunes! Tant qu’à vous faire tabasser par les flics…

Vous voulez avoir une éducation de meilleure qualité les jeunes? Vous croyez que nos universités sont sous-financées? Alors vous auriez tout intérêt à exiger du gouvernement, non pas qu’il augmente les impôts et les taxes, mais qu’il fasse le ménage et qu’il cesse de s’éparpiller et financer des missions qui ne sont pas les siennes.

Vous auriez aussi intérêt à exiger que le gouvenement en fasse moins, parce que le gouvernement est la façon la moins efficace de dépenser de l’argent et que le meilleur endroit pour cet argent plus tard sera dans vos poches plutôt que dans les mains des fonctionnaires parce que vous savez beaucoup mieux qu’eux quoi en faire. 

Vous devriez aussi exiger que le gouvernement rembourse la dette ici et maintenant pendant que vos parents sont encore là pour vous aider à la payer. Quand il ne restera que vous pour rembourser les $275 milliards, ça va faire mal et c’est vous qui allez manger de la merde. Mais de grâce! Arrêtez de manifester pour maintenir un modèle qui va vous écraser et vous appauvrir!

Le grand mythe de l’austérité

Par Philippe David

Le terme « austérité » a mauvaise presse ces temps-ci. On voit ce terme galvaudé à gauche et à droite, surtout à gauche, à toutes  sauces, tant par des illettrés économiques que par des prix Nobel de l’économie comme Stiglitz et Krugman, mais c’est quoi l’austérité vraiment?

Quand on examine les dictionnaires, on y parle de rigueur en général ou rigueur budgétaire en particulier. Certains démagogues parlent de « coupes sauvages ». Certaines doctrines économiques ne jurent que par les interventions du gouverment pour contrer ce qui est perçu comme « les lacunes du capitalisme ».  Pour ces gens if fait un certain sens de toujours vouloir  plus de dépenses gouvernementales et ils trouveront certainement des tas de raisons pour justifier ces dépenses. Ils auront donc intérêt à nous mettre en garde contre toute diminution des dépenses de l’état parce que ces gens croient qu’ils sont plus éclairés que le reste des gens et croient qu’ils peuvent gérer les ressources mieux que vous.

Qui gère mieux quoi?

L’austérité revient en réalité à une seule question: « Qui gère mieux quoi? ».  Les ressources dans l’économie ne sont pas infinies (comme les anti-capitalistes aiment à nous rappeler, comme si nous ne le savions pas) et dans notre société, deux grands groupes se font concurrence pour les gérer: Les individus et le gouvernement.  Effectivement, celui ou celle qui s’oppose à « l’austérité » croit effectivement que le gouvernement est le mieux qualifié pour gérer ces ressources, alors que celui qui est pour les mesures d’austérité croit au contraire que les ressources sont mieux gérées par les individus.

Des opposants de l’austérité, comme Stiglitz et Krugman croient que les dépenses du gouvernement viennent avec un « multiplicateur » qui fait qu’un dollar dépensé par le gouvernement fait pour deux dollars de bien. Sur quoi repose cette assomption demeure encore un mystère, mais il faut les croire sur parole que c’est vrai, même s’il n’existe aucune donnée empirique pour le prouver.

Cependant, l’économiste Milton Friedman qui a consacré sa vie à démontrer de façon empirique que les programmes gouvernementaux sont invariablement inefficaces, explique qu’il y a quatre façons de dépenser de l’argent:

  • Quand vous dépensez votre argent pour vous-même, vous faites attention autant à ce que vous dépensez qu’à la manière dont vous le dépensez.
  • Quand vous dépensez votre argent pour quelqu’un d’autre (un cadeau, par exemple), vous faites toujours très attention à ce que vous dépensez (combien) et un peu moins à la manière dont vous le dépensez (comment).
  • Quand vous dépensez l’argent de quelqu’un d’autre pour vous acheter quelque chose (par exemple, un repas d’affaires), le montant de la dépense (le coût, combien) vous importe peu, en revanche, vous faites très attention au « comment » et vous êtes très attentif au fait que vous en avez ou non pour votre argent.
  • Mais quand vous dépensez l’argent de quelqu’un d’autre au profit d’une autre personne que vous, ni le montant de la dépense (combien), ni la façon dont l’argent est utilisé (comment) n’ont vraiment d’importance.

Avec les individus, ce sera invariablement les trois premiers qui primeront. Pour les gouvernements, c’est pratiquement exclusivement la quatrième méthode qui prime. C’est pour ça que pratiquement tous les programmes gouvernementaux aboutiront inévitablement avec des dépassements de coûts, du gaspillage et de la corruption. Vous ne me croyez pas? Retournez voir les clips des témoignages de la Commission Charbonneau sur Youtube. Si ça ne vous convainc pas, rien ne vous convaincra et on pourra effectivement dire que votre foi en l’état prend des caractéristiques religieuses. Le fameux multiplicateur des keynésiens, dans les faits est plutôt un diviseur.

La véritable question

Certains essaient de vous faire croire que si certains services ne sont pas offerts par le gouvernement, ils ne le seront pas du tout, ou ils seront offerts à des prix prohibitifs par le privé. Pourtant c’est faux. Là où le gouvernement offre un service, il revient toujours généralement plus cher. Pensons simplement aux prix de la SAQ.

La gratuité de certains services n’est aussi qu’une grande illusion qui ne persiste que par les véritables coût sont cachés. Un excellent exemple de ceci est notre système de santé qui coûte moins que le système américain, nous dit-on (et pourtant pas beaucoup moins), mais quels sont les coûts engendrés par tous les temps d’attentes du système? Combien coûtent toutes les heures que nous passons à attendre à une salle d’urgence (qui est vraiment un oxymore dans notre système) ou les mois où des gens ne peuvent travailler en attendant une chirugie orthopédique ou cardiaque qui les rendront de nouveau productifs. Comme l’a souvent dit l’économiste Frédéric Bastiat, ce qui est important dans l’économie n’est pas tant ce qu’on voit, mais ce qu’on ne voit pas. Ainsi il est bien plus aisé de voir ce qu’un dollar dépensé par le gouvernement fait que de faire l’effort intellectuel pour imaginer ce qu’il aurait pu faire dans les mains d’un individu, si on ne lui avait pas arraché par la force.

Puisque les ressources ne sont pas infinie et que les gouvernements ont toujours été et seront toujours des gaspilleurs de ressources à grande échelle et que chaque dollar dépensé par un gouvernement est un dollar de moins dépensé de façon plus productive par un individu. Donc, dans le débat sur l’austérité, la véritable question est combien de ressources finies voulons-nous vraiment confier au gouvernement. La réponse devrait être simple: le moins possible.

Singapour: un aperçu fuyant d’un système de santé libre

singapour

 

Par Philippe David

 

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi  les coûts de santé croissent plus vite que tout le reste? En fait, au Québec, ces coûts croissent à un rythme d’environ 3 fois le taux d’inflation. Comment est-ce possible? La réponse à cette question a déjà été répondue par l’économiste Milton Friedman. Friedman disait qu’il y avait quatre façons de dépenser l’argent:
 

  • Quand vous dépensez votre argent pour vous-même, vous faites attention autant à ce que vous dépensez qu’à la manière dont vous le dépensez.
     
  • Quand vous dépensez votre argent pour quelqu’un d’autre (un cadeau, par exemple), vous faites toujours très attention à ce que vous dépensez (combien) et un peu moins à la manière dont vous le dépensez (comment).
     
  • Quand vous dépensez l’argent de quelqu’un d’autre pour vous acheter quelque chose (par exemple, un repas d’affaires), le montant de la dépense (le coût, combien) vous importe peu, en revanche, vous faites très attention au « comment » et vous êtes très attentif au fait que vous en avez ou non pour votre argent.
     
  • Mais quand vous dépensez l’argent de quelqu’un d’autre au profit d’une autre personne que vous, ni le montant de la dépense (combien), ni la façon dont l’argent est utilisé (comment) n’ont vraiment d’importance.

 

Le problème est que dans les régimes de santé, qu’ils soient publics ou privés, c’est le plus souvent la 4e méthode qui prévaut. Et plus l’état intervient, plus c’est le cas. Celui qui reçoit les soins est isolé du coût réel de son traitement alors le coût lui importe peu. Celui qui paie pour le traitement ne le fait pas avec son propre argent, alors il n’a pas non plus d’incitatif à minimiser les coûts, ni d’assurer un bon rapport qualité/prix.

 

Les assurances-santé, autant publiques que privées offrent des couvertures tout-azimut, au lieu de faire une véritable gestion de risque. Les assurances devraient assurer toute une gamme de couvertures avec toute une gamme de prix, de la couverture tout-azimut au gros prix à la couverture minimale pour maladies catastrophiques (comme le cancer) à prix modique. Votre assurance-automobile paye-t-elle pour les changements d’huile et l’entretien? Pourquoi alors serait-il absolument nécessaire que votre assurance-santé couvre les examens de routine et les bobos mineurs? En principe, si nous défrayons ces coûts de notre poche, nous avons un meilleur incitatif à rechercher un bon rapport de qualité/prix puisque nous dépensons notre argent pour nous-même et les membres de notre famille et l’intérêt des cliniques médicales, étant en concurrence, est de vous offrir le meilleur service au meilleur prix. Ce principe fonctionne pour toutes sortes de produits et services, pourquoi serait-ce différent pour les soins de santé? Seuls les tabous de société québécois nous portent à croire que les soins de santé sont, par on ne sait trop quel sortilège, exempts de la loi de l’offre et la demande.
 

Un système de santé presque libre


On croit à tort que le système américain est un système proche d’un libre-marché, mais rien ne pourrait être plus faux. Avec Medicare et Medicaid, l’état américain,  fédéral ou local, a une grande influence sur les coûts de soins de santé. De plus, les lois dans la plupart des états interdisent la vente de polices d’assurances provenant d’un autre état, ce qui limite la concurrence entre les compagnies d’assurances dans un même état et conduit à des primes d’assurances plus élevés qu’elles ne le seraient autrement. C’est ça qui fait que le système américain est encore plus coûteux que des systèmes comme au Canada. Mais en revanche, ils en obtiennent quand même plus pour leur argent que nous. Cependant, il existe un système de santé dans le monde qui est très proche de ce qu’on trouverait dans un marché libre : celui de Singapour.

 

Singapour, en seconde place des états les plus libres au monde, donne un aperçu comment le libre-marché pourrait offrir des solutions pour des soins de santé accessibles à tous. Son système de santé n’est certainement pas complètement libre, mais il utilise beaucoup de mécanismes de marché qui l’aident à minimiser les coûts qui en font un des systèmes les plus efficaces et le moins coûteux au monde.

 

En gros, le gouvernement prélève un certain montant du salaire de chaque travailleur et le met dans un compte d’épargne-santé obligatoire. Les médecins, cliniques et hôpitaux privés sont libres de fixer leurs prix et sont mis en libre concurrence. Les singapouriens accumulent de l’argent dans leur compte-santé alors qu’ils sont en bonne santé et utilisent cet argent pour payer pour leurs soins quand c’est nécessaire. Ils peuvent également compléter avec une assurance publique ou privée avec le degré de couverture de leur choix. Ils peuvent même payer leurs primes d’assurance à même leur compte d’épargne-santé. Le gouvernement prend en charge les soins des démunis à travers son réseau d’hôpitaux publics où seuls ceux qui en ont les moyens paient.

La libre-concurrence entre les différentes cliniques et hôpitaux privés  et le fait que la clientèle n’est pas isolée des coûts de ses soins, assurent que ces coûts doivent rester à la portée de la grande majorité des gens pour être profitable.  La libre concurrence et la variabilité des couvertures disponibles assurent aussi un coût raisonnable pour les assurances également. Ce n’est pas 100% libre-marché, mais assez proche pour être convaincant. Les coûts de santé de Singapour sont à environ 6% de son PIB, alors qu’au Québec, ils sont de l’ordre de 12% du PIB.  Et le système singapourien n’a aucune attente, ni à l’urgence, ni pour les chirurgies. Comparez ça au système québécois et dites-moi lequel vous préfèreriez?

 

Que serait un système 100% libre-marché? Prenez le système de Singapour, remplacez les comptes obligatoires d’épargne-santé par des régimes volontaires et les hôpitaux publics par des OSBL et vous y serez presque. Les possibilités sont infinies si elles ne sont pas restreintes par le carcan de l’état. Le système de Singapour démontre très certainement que le marché peut gérer un système de santé accessible à tous de façon bien plus efficace que l’état.