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Alexandre Taillefer et les libertariens

Par Philippe David

Récemment dans ce que qu’il se plaisait à appeler une «chronique» à l’antenne de Radio-Canada (notre radio-poubelle subventionnée), Alexandre Taillefer s’est amusé à casser du sucre sur le dos des libertariens. C’est vrai que nous sommes effectivement une épine dans son flanc. Il a donc de bonnes raisons de nous haïr.

Il commence donc à débiter les sempiternels clichés: le «chacun pour soi», le «au plus fort la poche», le «darwinisme». Parce que c’est tellement plus altruiste de financer une entreprise et d’en tirer profit sur le dos des contribuables et de vouloir faire mettre un prix plancher de $1.50/litre, juste pour s’en mettre plein les poches aux dépens de tous les autres.

Évidemment, pour le darwinisme, je plaide coupable. Je suis darwiniste parce que je crois fermement qu’une entreprise devrait être financée par des investisseurs qui mettent volontairement leur propre fric, pas celui qui a été extirpé par la force des contribuables. Je crois aussi fermement que si une entreprise produit un bien ou service qui n’est pas aimé des consommateurs ou que l’entreprise est mal gérée, qu’elle mérite de faire faillite et être remplacée par une qui saura mieux répondre à ces besoins plutôt que de la faire vivre sur le respirateur à coup de subventions. Parce que servir les gens en offrant un service ou un bien utile et prisé des consommateurs est le véritable rôle d’un entrepreneur et non se garnir les poches de l’argent de nos taxes.

M. Taillefer s’offusque de notre opposition à la hausse du salaire minimum à 15$/heure et nous reproche d’étoffer nos arguments avec des études, comme l’a fait Vincent Geloso dans le Journal de Montréal. Parce qu’évidemment, il ne faudrait certainement pas laisser les faits supplanter les bonnes intentions. Que des dizaines de ces études démontrent que dans les faits, une telle hausse du salaire minimum nuirait aux pauvres et aux petites entreprises, Alexandre Taillefer n’en a cure. Il a Joseph Stiglitz de son côté. Le même qui, il y a quelques années, faisait l’éloge de la révolution bolivarienne au Venezuela. C’est tellement plus crédible! Après tout, le socialisme a un historique de succès tellement plus reluisant que le soi-disant «néolibéralisme» qui en réalité, est un fourre-tout pour tout ce que les socialistes comme M. Taillefer n’aiment pas.

Il finit en parlant de décence comme si un faux entrepreneur qui se gave de deniers publics avait vraiment des leçons à donner. Quand les programmes qu’il prône nuisent justement aux plus pauvres et lui sont principalement profitables à lui. Quand il est grand partisan du modèle économique progressiste qui a fait du Québec la province la plus pauvre et la plus endettée du Canada. Si Alexandre Taillefer se souciait vraiment des plus pauvres, il ferait mieux de tenter de gérer son entreprise sans l’argent des autres, s’il en est seulement capable. Mais vivre sans chèque de BS corporatif, M. Taillefer n’aime pas.

Si ça fonctionnait, on le saurait…

Par Philippe David

Pour une fois que Philippe Couillard et son gouvernement font quelque chose de bon, les critiques fusent de toutes part, même de la part de chroniqueurs à droite de l’échiquier. Bon sang qu’on est denses ici au Québec quand il est question d’économie! C’est probablement pour ça qu’on est les plus pauvres du Canada alors qu’on a tous les outils pour être parmis les plus riches. 

Bien sûr, je parle de l’acquisition de RONA par Lowe’s et la ô comment prévisible levée de bouclier qui s’en est suivie. Un de nos chers fleurons se fait acheter par ces méchants américains ! Catastrophe! François Legault et PKP sont dans tous leurs états! Gros corporatistes qu’ils sont. 

Petit rappel

En 2012, Lowe’s avait tenté d’acquérir RONA et le gouvernement est intervenu en ordonnant qu’Investissement-Québec et la Caisse de Dépot et Placements du Québec achètent des actions de RONA pour empêcher la vente. Les actions de RONA avaient piqué du nez après que l’achat a été annulé, résultant en une perte pour le bas de laine des québécois. Depuis, les choses ne se sont pas vraiment améliorées pour RONA qui est toujours en perte de vitesse, mais selon les opposants à la vente, on devrait encore gaspiller l’argent de notre bas de laine. Encore une fois, bon sang qu’on est denses au Québec! 

Une bonne chose

Les critiques de l’acquisition de RONA déplorent la perte d’un autre siège social,  mais en réalité ce n’est pas une si mauvaise chose:

  • Lowe’s paie les actions de RONA près du double de leur valeur. C’est un gain appréciable pour les actionnaires (dont la CPDQ fait partie à la hauteur de 17%). Le 3,2 milliards que Lowe’s investit sera bénéfique à notre économie. 
  • RONA continue d’exister, son siège social demeure à Boucherville et sera maintenant appuyé par une compagnie-mère avec des poches très profondes, ce qui assure que RONA sera encore dans le paysage pour longtemps.
  • Ses fournisseur auront une opportunité d’avoir accès au marché américain à travers Lowe’s.

Les exemples abondent de compagnies québécoises qui ont profité d’une acquisition par une compagnie américaine selon Adrien Pouliot, Chef du Parti Conservateur du Québec. En commentaire sur le mur de Mathieu Bock-Côté, il en cite trois:

«Prenez l’exemple de Van Houtte qui a connu une expansion fulgurante suite à son acquisition par Green Mountain. Cette dernière y a investi plus de 50 millions dans l’usine du quartier défavorisé de St-Michel.

Regardez le succès de Deaubois Inc. depuis son achat par Quickrete. La multinationale lui a transféré toute la production qu’elle avait au New-Hampshire.

Regardez A. Richard Ltée, fondée en 1890, achetée par Hyde Tools du Massachussetts. L’acheteur fut si impressionné par la qualité des produits qu’il a transféré à Berthierville toute sa production nord-américaine de truelles de haute qualité et le dg de l’usine québécoise conseille la direction américaine.»

L’acquisition d’une compagnie québécoise par une firme étrangère est loin d’être la catastrophe que PKP et François Legault voudraient nous faire croire. Tout ça, sans que ça ne coût un sous au contribuable

La mentalité de village gaulois

Depuis des décennies, nous nous accrochons à une mentalité de village d’irréductibles gaulois entourés de méchants anglo-saxons et ça nous a donné quoi au juste?  Le Québec dépense trois fois plus que l’Ontario  (pourtant plus populeuse) en programmes d’assistance aux entreprises et nous avons un taux d’entrepreneuriat anémique, une économie qui traine de la patte depuis trop longtemps et les citoyens avec le revenu disponible de plus faible au Canada depuis deux ans.

Il est grand temps de se réveiller et réaliser que l’interventionnisme économique à tout crin que pratique notre gouvernement, tous partis confondus, ne fonctionne tout simplement pas. Einstein définissait la folie comme étant de répéter toujours la même expérience en s’attendant à un résultat différent. Il me semble que si on détenait la formule gagnante, ça ferait longtemps qu’on le saurait.

Hommage à Jacques Parizeau

Par Philippe David

Jacques Parizeau n’est plus et alors que les hommages pleuvent dans tous les médias, j’ai décidé d’attendre quelques jours pour rendre le mien, question de faire bande à part et surtout parce que le mien ne sera pas exactement élogieux.

Sans conteste, Jacques Parizeau fût une des figures de proue de la politique québécoise et que ce soit comme haut-fonctionnaire, comme Ministre des Finances, comme Premier Ministre ou comme bell-mère du Parti Québécois, il a été l’un des principaux architectes  et un des plus grands défenseurs de ce que nous avons appelé « le modèle québécois ». Notre propre marque de commerce de socialisme soixantehuitard. Le problème, c’est que ce modèle nous appauvrit depuis 55 ans et nous mène droit dans un mur.

Pour cette raison, j’ai très peu de respect pour les politiciens en général puisque leur rôle consiste essentiellement à restreindre nos droits, nous infantiliser et nous taxer jusqu’à ce que nous soyons complètement exsangues. Je vois très peu de raison de les remercier quand la dépense qui a le plus augmenté depuis 1960, ce sont leurs taxes pour avoir le privilège d’attendre 18 heures dans une salle d’urgence si ça nous rend malades.

C’est vrai, je ne peux pas attribuer tout le mérite à M. Parizeau, il n’a pas été le seul. N’empêche qu’il a eu la distinction d’avoir presque réussi à séparer le Québec du reste du Canada tout en établissant les politiques qui ont rendu le Québec irrémédiablement dépendant des autres provinces. Faut le faire! Sans compter que son discours de mauvais perdant a fait reculer l’option souverainiste pendant des années. 

Alors, lancez-moi les insultes que vous voulez, mais je ne verserai aucune larme pour M. Parizeau, ou tout autre politicien, d’ailleurs. Ils ne contribuent pas à rendre notre vie meilleure, la plupart du temps ils la rendent pire et nulle part en Amérique du Nord n’est-ce plus une évidence qu’au Québec. Je me suis donc permis de compiler quelques preuves empiriques de ce pourquoi nous devons remercier M. Parizeau et ses congénères dans une petite présentation.

Si vous ne pouvez visionner la présentation, cliquez ici.

Sources des données:

Tableaux « Le déclin tranquille » et le avant et depuis la révolution tranquille
Tableau PIB:  Statistique Canada – Produit intérieur brut aux prix courants, 1961-1993 et Comptes économiques des provinces et des territoire et Tableau 051-0005 et ISQ – Diffusion des Comptes économiques du Québec
Tableau Revenu personnel disponible: Statistique Canada: Comptes économiques des provinces et des territoires
Tableau Péréquation: Ministère des Finances Canada: Budget 2006 : Annexe 3 – Principaux transferts et Soutien fédéral aux provinces et aux territoires
Tableau Fonctionnaires: Statistique Canada: Tableau 051-0005 et Tableau 282-0012
Tableaux Riches en pauvres et pauvres en riches:  Statistiques Canada: Tableau 204-0001
Tableau Dette sous Parizeau: Ministère des finances du Québec, Données historiques des budgets depuis 1970-1971 (Tableau 14)
Tableau BS corporatif: Statistique Canada: Tableau 384-0010
Tableau Entrepreneurs: Statistique Canada: Tableau 282-0012 et Tableau 051-0005
Tableau Exportations: Statistique Canada: Comptes économiques des provinces et des territoires
Tableau Investissements privés:  Statistique Canada: Tableau 032-0002

Le modèle québécois: vivre dans le déni

Par Philippe David

Dans le Devoir de ce matin, un groupe collectif signe un texte intitulé « Notre conscience nationale trahie par les libéraux » qui accuse,  le plus sérieusement du monde,  le gouvernement libéral actuel de saccager notre cher modèle québécois, le plusse meilleur au monde, en faisant des coupes sauvages à la tronçonneuse. Je reconnais quelques noms de la listes de signataires, pas tous. Mais je suis prêt à parier qu’ils sont tous hautement dépendants de l’état québécois pour faire un si ardent plaidoyer pour préserver un modèle qui s’est pourtant avéré un retentissant échec. 

Je ne sais pas dans quel monde vivent les signataires de ce texte, tout comme les autres grands défenseurs du modèle québécois d’ailleurs (la plupart étant souverainistes et gauchistes), mais je soupçonne que pour s’y rendre, il faut mettre le cap sur la seconde étoile à droite et continuer tout droit jusqu’au matin. (Pour ceux qui ne sont pas trop férus de littérature, c’est le chemin du pays imaginaire de Peter Pan.)  Parce qu’on ne peut absolument pas être en train de vivre dans le monde réel en affirmant des énormités telles que ceci: 

« Au fil des décennies, et ce, depuis la Révolution tranquille, l’État québécois a pourtant été un remarquable levier de développement économique et social pour le Québec, ainsi qu’un pilier de notre solidarité. Sous l’impulsion du gouvernement libéral de Jean Lesage, appuyé par les efforts de la société civile (constituée de femmes et d’hommes issus de tous les milieux), les Québécois se sont pour ainsi dire offert un État fort, moderne, apte à répondre aux défis de notre temps et incarnant par ailleurs le caractère national du Québec et la volonté de vivre ensemble de tous les Québécois. »

Je me propose donc de démontrer à quel point ces grands défenseurs du modèle québécois sont déconnecté de la réalité à l’aide d’une petite présentation powerpoint:

Petite question: pourquoi diable défendez-vous ce modèle merdique si ce n’est que pour des raisons purement idéologiques? Parce que ce n’est certainement pas pour le bien commun.

Ajout:

Sources des données:

Tableau Dépenses de programmes: Ministère des Finances du Québec: Budget 2014-2015
Tableaux « Le déclin tranquille » et le avant et depuis la révolution tranquille
Tableau PIB:  Statistique Canada – Produit intérieur brut aux prix courants, 1961-1993 et Comptes économiques des provinces et des territoire et Tableau 051-0005 et ISQ – Diffusion Tdes Comptes économiques du Québec
Tableau Revenu personnel disponible: Statistique Canada: Comptes économiques des provinces et des territoires
Tableau Péréquation: Ministère des Finances Canada: Budget 2006 : Annexe 3 – Principaux transferts et Soutien fédéral aux provinces et aux territoires
Tableau Fonctionnaires: Statistique Canada: Tableau 051-0005 et Tableau 282-0012
Tableaux Riches en pauvres et pauvres en riches:  Statistiques Canada: Tableau 204-0001
Tableau BS corporatif: Statistique Canada: Tableau 384-0010
Tableau Entrepreneurs: Statistique Canada: Tableau 282-0012 et Tableau 051-0005
Tableau Exportations: Statistique Canada: Comptes économiques des provinces et des territoires
Tableau Investissements privés:  Statistique Canada: Tableau 032-0002
Tableau dette du Québec: Centre de la Productivité et la Prospérité-HEC: L’heure juste sur la dette du gouvernement du Québec

Les anti-québécois

quebec-drapeau-rouge


Par Philippe David

 Depuis la semaine dernière, armés de deux études, une de l’Université de Sherbrooke et l’autre de l’École des HEC, les médias nous avertissent une fois de plus que le gouvernement du Québec vit au-dessus de ses moyens. Qu’il dépense trop. Qu’il est trop dépendant des largesses du fédéral et de la péréquation « canadian ».  Bien entendu, rien de tout ça n’est nouveau. Il y a belle lurette que des chroniqueurs et blogueurs de droite dénoncent les excès de notre modèle québécois et qui sonnent l’alarme au sujet des finances publiques insoutenables. Il est donc normal que nous accueillions toute preuve additionnelle avec enthousiasme, puis qu’elle ajoute de l’eau à notre moulin. Un peu trop d’enthousiasme, selon Mathieu Bock-Côté, qui accuse pratiquement certains représentants de la droite d’être anti-québécois.

Bien sûr, il se garde bien de nier le constat que nous faisons. Il est trop intelligent pour cela. Mais il s’indigne que nous nous réjouissions un peu trop d’infliger aux québécois les strictes privations qu’ils devront inévitablement endurer pour redresser la situation. Il condamne ce qu’il appelle notre antinationalisme et questionne notre patriotisme. Pourtant, les dissident du régime soviétique étaient-ils antipatriotiques, ou n’étaient-ils pas justement de grands patriotes qui aspiraient à tellement mieux pour leur nation que le régime dont ils étaient les prisonniers? Seriez-vous surpris d’apprendre que la majorité de leurs concitoyens ne réalisaient pas qu’ils étaient des esclaves et considéraient ces dissidents comme des illuminés et des zélotes?

La chaine de Ponzi

Le modèle québécois n’a jamais réellement été autre chose qu’une gigantesque chaine de Ponzi, où une génération s’est littéralement créé un buffet à volonté de services publics et s’est goinfrée, laissant une énorme facture à payer par les générations futures. Peut-il y avoir quelque chose de plus moralement répréhensible que ça?  Ces générations futures ne bénéficieront pas des mêmes services et se retrouveront appauvris par rapport aux générations précédentes.

Et pendant que les témoins se succèdent quotidiennement pour vous raconter sans honte comment ils nous ont tous volés, ou ont observé sans rien dire d’autres le faire, grâce à ce système d’extorsion légale qu’est l’état; des milliers de profiteurs continueront de se payer des retraites dorées à vos dépens. Pendant ce temps, les architectes de cette spoliation à grande échelle ont réussi par lavage de cerveaux à convaincre la moitié de la population que c’est le secteur privé, qui pourtant soutient l’économie québécoise à bout de bras, qui est nuisible à ladite économie.

 

Les véritables anti-québécois

Vous voulez que je vous dise qui sont les véritables anti-québécois? Ce sont ceux qui ont profité et profitent encore du système. Ceux qui continuent encore à le défendre bec et ongle. Ceux qui essaient encore de vous convaincre que non, notre gouvernement ne vit pas au-dessus de ses moyens. Que la dette est sans importance. Que les milliards que nous recevons des autres canadiens sont notre dû et que les milliards spoliés des générations futures le sont également. Ce sont ceux qui répètent encore aujourd’hui que tout va bien alors que nous ne cessons de nous appauvrir par rapport à nos voisins partout en Amérique du Nord et dans le reste du monde occidental.

Ce sont ceux qui dans les coulisses du pouvoir, tirent les ficelles de l’immobilisme afin de conserver leurs privilèges. Ce sont ceux-là qui vous font miroiter la souveraineté comme la solution magique à tous nos maux et qui ne cessent d’accroître notre dépendance à coup de moratoires et de « pas dans ma cour ». Ceux-là sont les véritables criminels. Ils sont les véritables ennemis du peuple québécois. Ce sont les pillards qui maintiennent les québécois dans la servitude et l’esclavage en leur confisquant de plus en plus du fruit de leur labeur pour avoir de moins en moins en retour. Ce ne sont pas ceux qui s’acharnent depuis des années à pointer l’évidence que l’Empereur est nu.

Si  M. Bock-Côté aimait vraiment le Québec autant qu’il le prétend, il serait à nos côtés à accuser ces criminels plutôt que de dénigrer ceux qui le font à sa place avec l’acharnement du désespoir. S’il veut qu’un jour son rêve d’indépendance du Québec se réalise, il faudra que ces criminels soient purgés du système et que cessent la culture de dépendance et de spoliation qu’ils ont établie.

Le Parti libéral du Québec doit redevenir une formation politique réformatrice

Par Simon Leduc

Le PLQ est le parti politique le plus ancien de l’histoire de la province de Québec. Il est présent sur la scène politique québécoise depuis la naissance de la Confédération canadienne. Il a réussi à survivre à travers les décennies grâce à sa capacité à s’ajuster aux nouvelles époques. Plusieurs entités politiques sont nées de schismes à l’intérieur des troupes libérales : l’Action libérale nationale (des jeunes libéraux réclamaient des réformes auprès du gouvernement Taschereau), le Parti québécois (l’entourage de René Lévesque voulait que le parti devienne plus nationaliste) et l’Action démocratique du Québec (après l’échec de Meech, des jeunes libéraux n’ont pas accepté la mise au rancart du rapport Allaire). Malgré ces crises, le PLQ a réussi à demeurer une force politique de premier plan dans la Belle province.

En 1960, le Parti libéral du Québec a mis fin à seize ans de domination unioniste en remportant les élections avec une forte majorité. Le gouvernement réformateur de Jean Lesage a mis en place des réformes majeures pour que les Canadiens français puissent prendre le contrôle de leur économie. En 1962, le ministre des Ressources naturelles René Lévesque a complété la nationalisation de l’hydro-électricité. Après la publication du rapport Parent, le gouvernement libéral a créé le Ministère de l’Éducation afin de moderniser les réseaux primaire et secondaire. La Caisse de dépôts et de placements est née en 1965 pour gérer le bas de laine de la population et pour soutenir les entreprises québécoises. Dans les années soixante-dix, le premier ministre Robert Bourassa a ouvert la voie au développement économique du Grand Nord québécois avec les barrages hydroélectriques de la Baie-James. Cela a permis de créer des milliers d’emplois et de la richesse. Ces deux grands premiers ministres libéraux ont contribué au développement économique de notre province.

Jean Charest aurait pu être un premier ministre réformateur comme l’on été Jean Lesage et Robert Bourassa. Lors de la campagne électorale de 2003, le chef libéral avait promis de réformer le modèle québécois qui était déjà à bout de souffle à ce moment-là. Le 14 avril 2003, le PLQ de Jean Charest a été élu avec le mandat de réformer le Québec avec sa fameuse réingénierie de l’État. Le premier ministre Charest voulait réduire la taille du gouvernement afin de le rendre plus efficace et efficient. Il disait que celui-ci était obèse et tentaculaire et qu’un régime minceur était nécessaire afin de réduire la dette et baisser les impôts des contribuables québécois (qui sont les plus taxés en Amérique). Malheureusement, le gouvernement libéral a eu peur des forces du statu quo (les syndicats et les groupes d’intérêts de gauche). Jean Charest a trahi la majorité silencieuse en cédant aux menaces syndicales. Les grandes centrales syndicales ont fait reculer l’administration Charest et cela leur a permis de conserver leurs précieux droits acquis. Sous le règne de Jean Charest, la taille de l’État a continué d’augmenter et la dette publique a explosé et elle se chiffre maintenant à 253 milliards de dollars. De 2003 à 2012, les dépenses gouvernementales ont été hors de contrôle. Les programmes sociaux coûtent de plus en plus cher et personne n’ose les remettre en question. Un jour, il va falloir faire le procès du modèle québécois mais ce n’est pas pour demain.

Le PLQ n’a de libéral que le nom et il continue d’être un des défenseurs du régime en place. Ce parti politique centenaire a une chance en or de devenir une force politique qui va prôner et respecter les idéaux du libéralisme classique : la liberté individuelle, le libre marché, la réduction de la taille de l’État et l’entreprenariat. Le Parti québécois a décidé de se camper clairement à gauche du spectre politique et la CAQ ne semble pas vouloir brasser assez la cage. Selon moi, le prochain chef libéral doit positionner le parti au centre-droit et devenir le parti réformateur que les Québécois recherchent depuis le début des années 2000.

Le Québec est à la croisée des chemins. Il se dirige à toute vitesse vers le mur de la faillite. Il doit tourner à droite et se diriger vers une nouvelle voie. La question que l’on doit se poser est la suivante : Est-ce que le PLQ sera le véhicule réformateur qui va mener la province vers la terre promise? Philippe Couillard, Pierre Moreau et Raymond Bachand devront répondre à cette question durant la course à la chefferie de leur parti. L’avenir de la Belle province et du PLQ en dépend.

Mythes et légendes socialistes: Le système de santé cubain

S’il existe un mythe persistant, c’est la supposée excellence du système de santé cubain.  Malgré la propagande castriste gaiement perpétrée par des idiots utiles comme Michael Moore et nos propres élites gauchistes. Il s’avère que le système Cubain est un système à trois vitesses. Une pour l’élite du Parti Communiste, une pour les touristes et une autre pour les cubains ordinaires. La seule différence entre les touristes et l’élite cubaine, c’est qui paie et qui ne paie pas pour les soins. Les touristes paient bien sûr en pésos convertibles, dont la valeur est fixée au dollar américain. Pour les cubains ordinaires, la situation est tout autre.  

Cuba en chiffres.

  Canada Cuba
Population (2007) en millions 32 876 11 268
Âge médian 39 37
PIB par habitant ($ PPA int.) 35 310 N/D
Dépenses de santé % du PIB (2006) 10,0 7.7
Dépenses de santé par habitant ($ PPA int.) 3 673 674
Espérance de vie à la naissance (2007) 81 78
Nbre de Médecins par 10 000 habitants 19 59

Nbre d’infirmières et sages-femmes par 10 000 habitants

101 74
Nbre de lits d’hôpitaux par 10 000 habitants 34 49

(Source: OMS)

Si on ne se fiait qu’aux statistiques, le système cubain semble impressionnant. Il semble faire beaucoup avec rien. Mais les statistique de l’OMS proviennent du gouvernement de chaque pays respectifs. Si on peut dire que la plupart des pays occidentaux ont bonne réputation par rapport à leur transparence, ça n’a jamais été le cas de gouvernements communistes, comme ceux de la défunte URSS et de Cuba, qui par le passé n’ont jamais hésité à fournir des statistiques bidon pour bien paraitre et qui maintiennent tout le contrôle de l’information en restreignant le la liberté d’expression et la liberté de presse.

Il ne suffit que de visiter les sites d’organismes comme Amnistie Internationale, Human Rights Watch et Reporters Sans Frontières pour constater la volumineuse documentation contre Cuba au niveau des droits humains et de la liberté d’expression. L’URSS était notable pour gonfler leurs statistiques de production industrielle. Lorsque le rideau de fer est tombé, on s’est bien rendu compte que l’URSS était un tigre en papier. Que le système de santé cubain soit également un tigre en papier, ne devrait surprendre personne. Par exemple, le faible taux de mortalité infantile cache le fait que Cuba a un des taux d’avortement les plus élevés au monde, presque 5 fois celui du Canada. Ça pourrait laisser croire qu’à Cuba, on avorte tout fœtus qui pourrait avoir une défectuosité quelconque. D’autres facteurs tendent aussi à démontrer que les statistiques de Cuba sont trompeuses.

Financement

Tous les soins, pour ce qu’il y a, sont financés par le gouvernement cubain qui en retour, taxe 95% des revenus de ses citoyens. Pour un système qui est supposé être gratuit, je trouve qu’en réalité il coûte affreusement cher en termes du pouvoir d’achat des cubains ordinaires qui ne gagnent environ $20 par mois. Si d’ailleurs vous allez vérifier les statistiques de l’OMS sur le PIB par habitant et le pourcentage d’habitants vivant en dessous de $1 par jour, comme par hasard, ces statistiques sont non-disponibles. D’après mes calculs très conservateurs, la dernière de ces statistiques doit englober plus de 95% de la population. Si le nombre de médecins et infirmières de Cuba parait impressionnant, c’est que le régime cubain s’en sert comme monnaie d’échange pour obtenir des denrées, comme du pétrole vénézuélien, par exemple.

La prestation des soins.

À Cuba, tous les soins sont prodigué dans des hôpitaux gérés par le gouvernement cubain. Toute forme de clinique privée y est bien sûr illégale. Il existe quelques hôpitaux modernes comme celui qu’a visité Michael Moore pour son film « Sicko ». Rien n’est trop beau pour les apparatchiks et les touristes et leurs dollars. Mais la grande majorité des hôpitaux cubains sont vétustes et dilapidés. Michael Moore a demandé à ce que les patients qu’il a emmené avec lui soient traités « exactement » comme les cubains ordinaires et n’était que trop heureux de gober tout ce que les autorités cubaines lui ont dit, sans même vérifier. S’il avait vu comment les cubains ordinaires sont traités, il aurait été horrifié. Les images valent mille mots, alors vous n’avez qu’à regarder la photo ci-haut et la photo ci-contre pour avoir un aperçu de ce qu’un cubain ordinaire subit lorsqu’ils sont hospitalisés.

Dans la photo ci-contre, on voit un patient dans un lit dont le matelas ne serait utilisé que par des sans-abris au Québec et les deux pieds dans sa propre merde! À Cuba, des médicaments ordinaires comme l’aspirine, l’acétaminophène, l’ibuprophène et les antibiotiques sont très rares et ne sont trouvables que dans des magasins réservés à l’élite et les touristes dont les prix sont en $US ou en Euros, ou sur le marché noir. Les gants de latex sont tellement difficiles à obtenir, que les chirurgiens doivent les réutiliser. Les défenseurs du système cubain sont vites à blâmer l’embargo américain, mais cet argument est une coquille vide. Il impliquerait que les États-Unis seraient la seule source de médicaments sur laquelle Cuba pourrait compter et ce n’est certainement pas vrai. Cuba a un bon nombre de partenaires commerciaux qui ont accès à tous les médicaments dont Cuba pourrait avoir besoin et qui ne demanderaient pas mieux que de leur vendre. Dans la réalité, un patient cubain qui fait un séjour à l’hôpital doit fournir ses propres vêtements, ses draps, sa nourriture, ses médicaments et son fil de sutures. De plus, quelqu’un de sa famille devra prendre soin de lui la plus grande partie de son séjour. C’est ça le système cubain. Tout ça est documenté. Seuls les amis du régime vont tenter de prétendre le contraire.

Conclusion.

Certains considèrent à tort que Cuba est un modèle à suivre. Seulement, aucune personne saine d’esprit ne considèrerait adopter ce système. Bien des opposants de l’inclusion du privé dans notre système de santé, brandissent le spectre de la médecine à deux vitesses. L’exemple de Cuba démontre conclusivement qu’un système 100% public et socialiste est une garantie d’équité. En réalité, il démontre plutôt que ce genre de système mène inévitablement à une plus grande iniquité: un apartheid médical.

Sources:

For Cubans, a bitter pill – National Post, July 7,2004.

The Myth of Cuban Health Care

« Sicko » Presents False View of Cuba’s Health System

Cuba’s Healthcare Horror

‘The Cuban model doesn’t even work for us anymore’: Castro

The Incidence of Abortion Worldwide

OMS: Statistiques Sanitaires Mondiales 2010

Une suite à l’Illusion tranquille…

Cinq ans après L’Illusion tranquille, jour pour jour, j’ai décidé de donner suite à mon documentaire politique. Les 8 et 9 novembre prochains, je lancerai mon essai intitulé: Pour en finir avec le Gouvernemaman. L’Illusion tranquille était, en effet, lancé à Sainte-Foy le 8 novembre 2006. Cinq ans déjà!

Je vais attendre après le lancement pour vous en parler davantage et j’ai très très hâte de vous montrer la page couverture du livre, mais d’ici là, j’invite tous les adhérents au Réseau Liberté-Québec à venir souligner l’événement avec moi. J’enverrai aussi, bien sûr, des invitations à ceux que j’ai le plaisir de connaître personnellement. Cela aura lieu:

À QUÉBEC, le 8 novembre, de 17h à 19h

Hôtel Classique, Restaurant La Pointe des Amériques, 2815, boul. Laurier, (418) 658-2583

À MONTRÉAL, le 9 novembre, de 17h à 19h

Restaurant Chez Le Portugais, 4134, boul. St-Laurent, (514) 849-0550

Les intéressés n’ont qu’à m’envoyer un courriel à jomarcot@coopcscf.com pour exprimer votre désir d’y être en spécifiant l’endroit (Québec ou Montréal) et le nombre de personnes. Consommation, bouchées et séance de signature incluses!

Pour vous aiguiser l’appétit, voici ce qu’avaient à en dire certaines personnes qui m’ont fait l’honneur de lire mon manuscrit:

Nathalie Elgrably-Levy, économiste et chroniqueuse

Cet essai politiquement incorrect est un condensé de vérités troublantes sur le modèle québécois.  Un ouvrage courageux, cru et bien documenté qui dénonce l’infantilisation des Québécois et défend la liberté et la responsabilité individuelle. Un brillant exercice d’introspection sociétale qui provoque la réflexion, bouscule les convictions, et alimente le débat.  Une lecture enrichissante qui ne laissera personne indifférent !

 Michel Kelly-Gagnon, Président-directeur général, Institut économique de Montréal 

C’est un véritable Grand Reportage sur l’état (mais aussi l’État!) d’un Québec qui a perdu le sens de la liberté et de la responsabilité individuelles ces dernières décennies que nous propose Joanne Marcotte dans cet essai décapant. Elle s’attaque sans merci à divers aspects – syndicats corporatistes, gens d’affaire pleutres, politiciens manipulateurs, bureaucratie sans cesse croissante, système de santé bloqué, péréquation, culture, idéologie, etc. – de notre « société du no-fault ».

Ce n’est pas simplement une analyse isolée que nous propose Joanne, mais une sorte de réquisitoire collectif, appuyé de nombreux témoignages et citations de la part d’observateurs qui partagent le même constat. On sent que ce livre très accessible pourrait devenir le manifeste d’un mouvement qui prend de plus en plus d’ampleur. Et en le refermant, on se  prend à rêver à la vision optimiste du Québec de 2025, dynamique et enfin libéré de ses obsessions pathologiques, qu’elle nous présente en épilogue.

Mario Roy, journaliste

L’État est nu – Après la Révolution tranquille puis L’Illusion tranquille, son film coup-de-poing de 2006, le Québec vivra-t-il dorénavant un « déclin tranquille? » demande Joanne Marcotte.

La question est pertinente car, peut-être, glissons-nous déjà irrémédiablement sur cette pente. Mais peut-être pas non plus. Et si tel est le cas, s’il y a encore de l’espoir, la réflexion citoyenne de l’auteure doit être entendue. « L’État est nu », démontre-t-elle en étalant une montagne de faits qui n’ont pas encore été suffisamment compris, eux et leurs conséquences. En fait, l’État québécois (sans parler de ses courtisans et profiteurs) est non seulement nu. Il est aussi figé dans le passé. Et il semble devoir se consacrer pour l’éternité, quitte à dilapider les milliards, à s’immiscer dans le moindre interstice de la vie collective et même privée.

Cela ne peut pas continuer. Et s’il faut une autre révolution, ce sera celle d’une plus grande responsabilité individuelle, plaide Joanne Marcotte avec rigueur et vigueur.

Il faut réformer le RQAP


Ce texte est en lien avec la première partie de ma chronique à CHOI Radio X, dans Maurais Live. Vous pouvez trouver un lien pour programmer votre podcast ici.

50%

Cinquante pour cent, c’est ce que le RQAP coûtera, le 1er janvier prochain, de plus que si on avait gardé l’ancien régime fédéral de prestations parentales. Le taux combiné sera de 1.34% alors que nous n’obtenons qu’un rabais de 0.888% du gouvernement fédéral pour avoir quitté cette portion du régime d’assurance-emploi. Pour une personne gagnant 40 000$, c’est 181$ supplémentaires qui lui est exigé pour le régime québécois.

On a voulu avoir notre régime pour le bonifier. Or, cette décision est très coûteuse. Je me suis amusé cet été. Je voulais créer un modèle de projections financières qui démontrerait que les jeunes y perdaient au change avec ce régime. Je pensais que peut-être, la valeur actualisée de toutes les cotisations serait supérieure à la valeur actualisée de toutes les prestations. Mon modèle était relativement complexe et intégrait presque tous les aspects du régime.

Or, impossible de démontrer ma théorie dès que je supposais qu’un couple dont les conjoints gagnaient relativement le même salaire avait plus d’un enfant sous le régime. Conclusion, le régime est très généreux et il est financé en grande partie par un transfert intergénérationnel. En effet, les gens  de plus de 45 ans ou plus doivent également payer des cotisations. Ce n’est pas tout à fait ce que j’appelle de l’assurance. D’ailleurs, le titre d’assurance parentale n’est pas adéquat en ce sens. Une grande partie de la population paie des primes pour s’assurer contre les conséquences d’un risque qu’ils ne peuvent subir!

Bref, j’ai laissé tomber mon modèle. Si vous êtes jeune et que vous envisagez d’avoir deux enfants ou plus, le RQAP est une panacée. Il est très généreux et les prestations que vous recevrez valent amplement les cotisations que vous paierez.

Si on dénonce souvent les iniquités intergénérationnelles, il faut également dénoncer celle-ci. Dans ce cas précis, les baby-boomers sont les dindons de la farce.

Ce qu’il faut faire

On pourrait revenir à la base et adopter les mêmes aspects du régime que le fédéral pour diminuer les coûts. Si on veut quand même bonifier le régime, je pense qu’il faut au moins remettre en question certaines choses.

  1. La prestation de paternité devrait être enlevée. Les pères avaient déjà accès aux prestations parentales, on n’était pas obligé d’en rajouter. De plus, 80 à 90% de ces derniers réclament cette prestation alors que la maman est également à la maison. Je ne pense pas que le Québec doit subventionner un programme de vacances socialisé.
  2. Revoir les critères d’admissibilité. Au fédéral, il faut avoir travaillé 600 heures pour avoir droit aux prestations. Au Québec, ça prend 2000$ de revenus seulement.
  3. Est-il vraiment nécessaire de rembourser jusqu’à 75% du revenu des gens s’ils choisissent le régime plus court? Le rythme de vie diminue grandement avec la venue d’un enfant. De plus, les gens ont 9 mois, minimum, pour se préparer à la venue de cet enfant. Ils peuvent se responsabiliser et économiser en prévision de cet événement.

Bref,  ce régime est coûteux, encore déficitaire, a un impact limité sur le taux de natalité et provoque de grandes iniquités intergénérationnelles. Est-il possible de penser peut-être le réformer un peu… juste un petit peu?