Archives du mot-clé Montréal

rive-sud

Rive Sud et Montréal : pourquoi ce clivage ?

rive-sud

Par Lisa Tremblay

Après avoir assisté à un spectacle humoristique récemment, pour ne pas le citer c’était l’excellent couscous comédie show, j’ai réalisé que dans toutes les régions, provinces et pays il y a des têtes de turques (pardonnez-moi l’expression), ou pourrait-on dire des boucs émissaires…

À Montréal, j’ai remarqué que les gens de la rive sud sont souvent l’objet des rizeries et petites moqueries amicales et gentilles (avec les français bien sûr !). Et souvent le débat est soulevé, notamment lorsqu’il s’agit d’immobilier… Cherchant à acheter justement, comme beaucoup de Montréalais je me pose la question d’un condo à Longueuil… Si si vraiment ! Alors pourquoi Longueuil ? Ou devrais-je dire, pourquoi pas ?

Beaucoup de gens vous dirons, et sûrement à raison

« la rive sud c’est mal desservi, c’est exilé, loin de toutes commodités, ce n’est pas Montréal quoi ! » Et pour cause, il vrai que la vie sur la rive sud est quelque peu différente de celle de l’île. Les transports sont dissociés pour commencer. Ils sont plus onéreux et se résument aux bus puisque le seul métro qui atteint la rive ne marque qu’un unique arrêt et repart dans l’autre sens délimitant ironiquement la « fin de la ville ». Remarquons que cet arrêt unique coûte cher à ceux qui veulent l’atteindre avec un modeste coût de 3$ le passage, même pour ceux qui ont un abonnement « illimité »!

La vie sur la rive sud c’est aussi (et logiquement) avoir besoin d’une voiture. Et avoir une voiture c’est bien… sauf dans Montréal ! Ce qui éloigne encore les « gens de là-bas » qui préfèreront sûrement (et à raison) rester sur leur « continent » où ils peuvent se parquer et dépenser moitié moins pour un verre, un resto, une sortie…

Oui mais…  

De cause à effet on en arrive aux arguments positifs. À Longueuil (par exemple) les logements sont moins chers ! Les prix sont égaux à ceux de Montréal il y a 20 ans. Avoir le double pour moitié moins. Les condos sont rénovés ou neufs, l’isolation est top qualité et les rues assez grandes pour se parquer sans tourner. Le train vous débarque à Bonaventure en 15 minutes et les magasins sont raisonnablement fréquentés ce qui vous offre le choix de magasiner en paix.

Alors pourquoi ce clivage ? 

Pourquoi ne pas faire la Rive Sud une partie intégrante de la ville de Montréal ? Radio Canada a même dédié une rubrique et une page Facebook dédiée pour « mieux comprendre votre milieu » ! Le projet de de péage sur le Pont Champlain n’est d’ailleurs pas fait pour arranger les choses… À se demander si le cloisonnement de la ville n’en arrangerait pas certains, maintenant une forte demande et un niveau de prix hauts sur l’île. Si la rive sud était mieux intégrée, c’est une chute de l’immobilier qui frapperait, pour le plaisir de beaucoup et le malheur (relatif) de certains.

Comme l’a très bien dit Guy Bertrand, conseiller linguistique à la radio française de Radio-Canada, le terme « Rive Sud » est mal employé car : « Montréal est une ville et les villes n’ont pas de rives ».

 montreal panorama

Sources images : www.postedecoute.ca , photopatcollin.com 

iceberg

La pointe de l’iceberg

 

Par Philippe David

Le sujet de la corruption est pas mal d’actualité ces temps-ci, alors je me suis farci pendant quelques jours d’un voyage à travers l’internet en quête d’informations intéressantes sur les cause de la corruption avec une question en tête : le Québec est-il à ce point corruptible? Les résultats de ma quête sont plutôt intéressants, c’est le moins qu’on puisse dire.

J’ai donc feuilleté plusieurs documents de recherche que l’on pourrait qualifier de crédible à ce sujet. J’inclus les références à la fin de mon texte. J’en ai tiré quelques informations intéressantes. Tout d’abord, il faut savoir quel la corruption se retrouve autant dans les pays développés que dans dans les pays en voie de développement, mais elle est peut-être mois flagrante dans les pays développés. Probablement parce qu’il existe des mécanismes anti-corruption plus aiguisés dans ces pays, poussant la corruption plus profondément dans les sous-terrains. J’ai décelé beaucoup de traits qui caractérisent les endroits où la corruption règne, mais je vais me limiter à celles qui, je crois, s’appliquent au Québec et tenter d’expliquer pourquoi elles s’appliquent ici.

1-      La culture légale peut favoriser ou décourager la corruption. Il a été noté que dans les pays qui utillisent le « common law » britannique, il y a une moins grande incidence de corruption que les pays qui ont un code civil germanique ou napoléonien. Or, comme ancienne colonie britannique, tout le Canada utilise le common law… sauf le Québec.

2-      La corruption est plus prévalente dans des cultures dominées par une religion hautement hiérarchisée comme le catholicisme, que le protestantisme. Je crois que nous connaissons tous nos racines. À entendre les témoignages de la commission Charbonneau, on peut facilement croire  que ça fait partie de nos mœurs. Surtout quand on voit que des fonctionnaires prenaient des pots de  vins pendant plus des 10 ans au vu et su de tous ses collègues sans que personne ne dise un mot!

3-      La taille du gouvernement elle-même n’encourage pas nécessairement la corruption, mais le degré d’interventionnisme de celui-ci encourage la recherche de rente (« rent-seeking »). Je crois qu’il n’est un secret pour personne que nous  vivons dans la province la plus interventionniste et ce n’est pas près de changer puisque la croyance générale est que le gouvernement a réponse à tout et ne peut pas possiblement mal faire. Pourquoi alors sommes-nous si surpris lorsqu’une ex-lieutenant-gouverneure se défend de ses abus avec la clause « the Queen can do no wrong ». Est-il possible que nos politiciens et fonctionnaires en viennent à croire qu’ils sont au-dessus des lois? Le Québec est la province qui octroie le plus de subventions à l’entreprise (3 fois plus que l’Ontario. Nous sommes aussi les champions de la gestion de l’offre, de l’attribution de permis de toute sorte. On ne peut pratiquement plus aller au petit coin sans l’intervention d’un fonctionnaire, dont nous avons en plus grande quantité que toutes les autres provinces. Année après année, quand l’Institut Fraser compile ses indices de liberté économique, le Québec se retrouve au sous-sol du classement en Amérique du Nord. Et nous sommes surpris que des entrepreneurs se voient obligés de graisser des pattes pour pouvoir obtenir un contrat ou contourner une quelconque règle qui n’a pas sa raison d’être? Et nous sommes également surpris que des fonctionnaires, en ayant le pouvoir de choisir les gagnants et les perdants ne résistent pas à la tentation d’en tirer profit? Ce que nous sommes naïfs!

4-      Un autre facteur affectant la corruptibilité est l’état des institutions démocratiques. Un pays avec une forte tradition démocratique favorise moins la corruption. Est-ce notre cas? Avec le non-respect des injonctions pendant la crise étudiante, le port du carré rouge par les députés du PQ et Québec Solidaire, le piètre taux de participation aux élections municipales, scolaires et quelques fois même provinciales et fédérales, permettez-moi d’en douter un tantinet. S’il y a une grande dose de cynisme envers la classe politique en ce moment, c’est une preuve que notre démocratie est quelque peu fragilisée et qu’elle ne tient plus le rôle de servante du peuple. Je vous soumettrais que tant au niveau municipal que provincial, bien des administrations ne détiennent plus le consentement des gouvernés.

Le Québec est-il la province la plus corrompue du Canada, comme l’affirmait il y a deux ans Martin Patriquin du Maclean’s? La preuve n’en a pas encore été faite. Mais on peut d’ores et déjà dire qu’elle est certainement la plus corruptible et je ne serais pas surpris que la commission Charbonneau n’ait révélé jusqu’ici que la pointe d’un énorme iceberg.  J’espère que la chose la plus positive qui ressortira de ce psychodrame soit que cette confiance aveugle que nous avons en l’état soit fracassée à tout jamais et que nous en héritions une volonté politique d’opérer de vraies réformes.

 

Références

Causes of Corruption: History, Geography, and Government

THE CAUSES OF CORRUPTION: A CROSS-NATIONAL STUDY

Corruption et développement

CORRUPTION:  CAUSES, CONSEQUENCES AND CURES