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Poëtigate

Par Philippe David

Sentez-vous une drôle d’odeur émanant du Ministère des Transport? Une vague odeur de corruption peut-être? Étiez-vous surpris par ce qui a été révélé la semaine dernière? Pourtant, vous ne devriez pas. Ce n’est pourtant pas d’hier que nous savons que notre gouvernement est corrompu. Que nous savons également que cette corruption existe, peu importe quel parti est au pouvoir. C’est toujours ce qui se produit quand trop de pouvoirs se retrouvent concentrés dans trop peu de mains. Et quand on distribue des milliards de l’argent des autres, on peut être tenté de récompenser nos petits amis. Néanmoins, il y a beaucoup de questions en quête de réponses dans toute cette affaire.

Commençons par la façon un peu étrange que Robert Poëti exclu du cabinet juste comme par un grand hasard, il s’adonnait à avoir entrepris une restructuration de l’organigramme du MTQ pour pallier à une situation où des subordonnés se retrouvaient à enquêter sur leurs propres supérieurs et se faisaient intimider par les supérieurs pour balayer les non-conformités sous la moquette. Aussi qu’une vérificatrice  mandatée par Poëti non-seulement trouve bon nombre d’irrégularités, mais qui fait également état d’obstruction de la part de la sous-ministre Dominique Savoie. Philippe Couillard a beau nier que la rétrogradation de Poëti n’avait rien à voir avec le petit ménage qu’il tentait de faire dans son ministère, mais le doute plane encore.

Je trouve également très étrange que Robert Poëti ait entrepris ce ménage dans son ministère depuis 2014 et que le Premier Ministre admette que jusqu’à ce qu’il lise l’article de Louis Lacroix dans l’Actualité, il était complètement dans le noir? Quoi les ministres ne rendent jamais de comptes sur ce qui se passe dans leur ministère à leur patron? En particulier quand ça a rapport avec un problème d’éthique et de corruption? Difficile à croire un peu. Et l’attitude de Jacques Daoust, après que son prédécesseur lui eût fait part de ses inquiétudes? «Chacun ses priorités»??? Parce que pour M. Daoust, un problème de corruption n’est de toute évidence pas prioritaire, même après un rapport assez dévastateur du Vérificateur Général et la Commission Charbonneau? On s’imaginerait que le gouvernement actuel aurait à cœur de vouloir paraître plus blanc que blanc, non? Apparemment pas!

Et que dire de la sous-ministre, Dominique Savoie qui, après avoir traîné ses savates pour répondre aux questions de son ministre jusqu’à ce qu’il soit écarté du cabinet (autre petit fait qui semble indiquer qu’il y a anguille sous roche), déclare devant une commission parlementaire qu’elle n’avait pas d’ordres à recevoir de son ministre? Hmmm. Pourtant, j’aurais juré que le «sous» dans le titre de sous-ministre indiquait qu’elle était subordonnée à lui.

Bof! Ce n’est que l’argent des autres après-tout…

Ce que je trouve fascinant dans toute cette histoire, c’est la désinvolture exhibée par toutes les personnes concernées. C’est à peine s’ils se sentent embarrassés du fait qu’un qu’il existe un système de comptabilité opaque avec plusieurs bases de données séparées pour dissimuler les dépassements de coûts. (Et croyez-mois quand je vous dis que d’établir de telles bases de donnés est loin d’être monnaie-courante dans l’industrie des TI) Ou que des contrats gré à gré sont attribués à des retraités du ministère, allant même jusqu’à scinder les contrats pour éviter les appels d’offre (et bien sûr, ces retraités continuent de recevoir leurs grasses pensions dont les travailleurs du secteur privé ne peuvent que rêver) comme si tout ça était parfaitement normal. Ce n’est pas leur argent après tout! Quel mal ça peut faire? Ils ont bien le droit à leur part du pillage organisé, non?

Rien ne changera

Ce n’est pas la première fois de des politiciens et des fonctionnaires se font prendre à ce genre de combine. Quelques boucs émissaires en payeront le prix assurément.  Déjà, les têtes de la sous-ministre du MTQ et du chef de cabinet du Ministre ornent le bout d’une pique (au sens figuré, bien sûr – Encore chanceux que nous ne soyons pas en Chine). Le reste fera de son mieux pour nous faire tout oublier, puis tout reviendra à la normale et ils continueront à se moquer de vous, peu importe quel parti politique sera au pouvoir. Dites-moi, votez-vous encore?

J’AI LE CANCER

Je m’en doutais. Il y a quelques mois, Marc Bellemare avait sonné l’alarme. Et j’en ai eu la certitude la semaine dernière, comme des millions d’autres de mes concitoyens.

Depuis le temps que j’attendais le diagnostic, Jacques Duchesneau m’a confirmé la nouvelle, douloureuse, brutale, implacable.

Mon cancer s’appelle corruption, il s’appelle collusion, il s’appelle malversation, il s’appelle caisse occulte.

On me dit qu’il y a cette équipe de spécialistes qui pourrait, si elle le voulait, s’attaquer à la racine du mal, mais ces gens, qu’on appelle les PLQ, s’y refusent. Ils on trop attendu, ils ont profité de la vente de médicaments périmés, et ils craignent qu’un examen plus approfondi ne mette en lumière leur incompétence, et peut être, leur complicité.

Moi, mes concitoyens, ma société, nous sommes à l’urgence, et personne ne s’occupe de nous.

Le pire, c’est que monsieur Duchesneau, et de nombreux autres observateurs, sont catégoriques: ce cancer est curable.
Oh, comme tous les cancers, plus on attend, et pire ce sera, mais le remède existe.

Il est entre les mains des PLQ qui soutiennent, eux, qu’il est inefficace, et ce, malgré l’avis de tous les spécialistes en la matière. Tous.

Bientôt, le chef des PLQ va quitter la business, et il laissera derrière lui les autres PLQ, seuls, désemparés, dans les petites officines de l’urgence où nous attendons tous, et ces derniers seront d’autant plus impuissants qu’ils réaliseront enfin que le chef des PLQ les a abandonnés dans un abime d’inconscience.

Pendant ce temps, moi, vous, ma famille, mes amis, votre famille et vos amis, nous attendons à l’urgence, diagnostic et ordonnance en main, sans que personne ne fasse rien pour nous.

Parce que j’ai cette ordonnance, signée par ce Bellemare et ce Duchesneau. Elle est toute simple : Une commission d’enquête publique. À être administrée par les PLQ. Qui ne le feront pas.

Parce qu’ils craignent de se pencher sur ma maladie de peur d’y découvrir un mal encore plus terrible : le leur.

Leur mal s’appelle combines. Leur mal s’appelle lâcheté. Leur mal s’appelle connivence. Leur mal s’appelle petits amis. Leur mal s’appelle argentiers du parti. Leur mal s’appelle réélection.

La rumeur dit que bientôt nous allons nous lever de notre incomfortable siège à l’urgence. Que nous allons parler. Que nous allons marcher. Que nous allons forcer les PLQ à faire ce pour quoi nous les payons.

Je n’ai pas d’autres choix. Parce que j’ai le cancer.
Mon cancer s’appelle corruption, il s’appelle collusion, il s’appelle malversation, il s’appelle caisse occulte.

Préparez-vous, messieurs les PLQ, préparez-vous, mesdames les PLQ.

Le peuple a mal, et bientôt il va hurler sa haine, son mépris, sa douleur, sa rage de vivre enfin dans un environnement assaini.

Et à ce moment, c’est vous, messieurs et mesdames les PLQ, qui aurez le mal.

8 MOTS

 

Huit mots.

« Je n’ai pas lu le rapport en détail »

C’est tout ce que ça a pris au premier ministre Jean Charest pour finalement prouver à l’ensemble de la population, aux médias et au reste de la classe politique qu’il n’a plus sa place à la tête du Québec.

Il est temps de passer à autre chose.