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PKP est le nouveau chef du PQ et la domination du NPD au Québec

Par Simon Leduc

Après une longue course, Pierre Karl Péladeau est devenu le huitième chef du Parti québécois. Ce dernier a complètement dominé la course à la chefferie et il était assuré de l’emporter, et ce, depuis le début. Il est maintenant le chef de l’Opposition officielle et il va devoir présenter et expliquer aux Québécois, sa vision du Québec et ses idées.  Va t-il défendre la social-démocratie à la sauce péquiste où faire un virage à droite? On a eu la réponse lors de son premier discours comme chef du PQ.   Le chef du mouvement souverainiste est un grand défenseur du sacro-saint modèle québécois. Lors de son discours, il a dit que le modèle québécois a permis à la province de s’affranchir économiquement et de créer une société solidaire et égalitaire. Il défend farouchement tous les piliers de la social-démocratie québécoise : les monopoles d’État, le caractère universel du système de santé, la bourse du carbone, un interventionnisme étatique dans l’économie, etc. Il dénonce les politiques d’austérité du gouvernement libéral et il minimise le problème de l’endettement public du Québec. Donc, sous la gouverne de PKP, le Parti québécois va continuer d’être un parti social-démocrate et un gourou du modèle québécois. Cela a le mérite d’être clair.

Mais que sera la priorité de Pierre Karl Péladeau? L’indépendance du Québec sera sa première et seule préoccupation. Il est venu en politique pour faire du Québec un pays et non pas pour diriger une province canadienne. Lors des trois prochaines années, PKP va tenter de nous convaincre du bien-fondé de son option et il va travailler d’arrache-pied pour y arriver. Dans sa quête, le rassemblement de tous les indépendantistes est primordial pour lui. Ce dernier va devoir tendre la main à Québec solidaire et aux souverainistes de droite. Cela ne sera pas une mince tâche, car QS le trouve trop à droite et les conservateurs trop à gauche.

Une majorité de Québécois ne veut rien savoir de la souveraineté, mais c’est la dernière chance du PQ et PKP va y aller le tout pour le tout. Il a obtenu un mandat clair des membres du parti de faire l’indépendance. Ceux-ci savent très bien que PKP est leur dernier espoir. Si un homme d’affaires ne réussit pas à convaincre les Québécois de se séparer du Canada, qui réussira? La majorité des militants se fait vieillissante et elle veut voir, de son vivant, naître la république du Québec. C’est la bataille de la dernière chance. Si PKP réussit, le Québec va devenir un pays, mais s’il échoue, le projet d’indépendance va être enterré pour plusieurs décennies et la survie du PQ va être menacée.

Lors du prochain scrutin, le Parti québécois va jouer son avenir à la roulette russe. Celui-ci va affronter le camp fédéraliste dans une lutte à finir. Est-ce que PKP sera le grand sauveur ou le fossoyeur du projet de pays. Seul le temps nous le dira.

Le NPD est bon premier au Québec :

Selon le dernier sondage CROP-La Presse, le NPD est en avance dans les intentions de vote au Québec avec 42% des voix (47% chez les francophones). Il est encore trop tôt pour parler d’une deuxième vague orange, car les élections vont avoir lieu dans cinq mois. Comment peut-on expliquer la popularité de ce parti dans la Belle province? Je dois dire que c’est un mystère pour moi, et ce, pour trois raisons. Tout d’abord, le NPD est la formation politique la plus centralisatrice à Ottawa. Celle-ci veut intervenir dans les champs de compétence des provinces et sa promesse de créer un ministère des affaires urbaines le prouve bien. Ensuite, les troupes de M. Mulcair se positionnent clairement à gauche du spectre politique. Sur la scène provinciale, les Québécois n’ont jamais massivement appuyé une formation politique de gauche.  Subséquemment, on ne peut pas dire que la députation néodémocrate québécoise a été très présente dans l’espace publique depuis quatre ans. Elle n’est pas du tout présente sur le terrain et sa performance à la Chambre des communes laisse à désirer. Il me semble que ces trois points devraient nuire au NPD au Québec lors du prochain scrutin, mais ce n’est pas le cas. Le parti de Thomas Mulcair reste la première force politique au Québec sur la scène fédérale. À mes yeux, la popularité de ce parti progressiste est un phénomène inexpliqué.

2011 et la fin des illusions

 

L’an 2011 sera probablement considérée par les historiens comme une année charnière parce qu’elle aura mis fin à bien des illusions et des croyances. Elle aura aussi vu des profond changements et bouleversements.

2011 est d’abord l’année qu’on a réalisé que le Québec ne peut plus à lui seul empêcher un gouvernement fédéral majoritaire. L’élection du 2 mai a démontré que le reste du Canada pouvait élire un gouvernement majoritaire sans nous.

2011 est aussi l’année de la chute des vieux paradigmes. Ce fût la fin du sempiternel débat constitutionnel et le retour à un débat plus orienté sur l’axe gauche-droite. Ce fût la chute du Bloc Québécois et l’implosion du PQ. Ce fût aussi une raclée pour le Parti Libéral du Canada qui se voit relégué au rôle de tiers-parti pour la première fois de son existence. L’élection fédérale de 2011 aura aussi vu la montée du NPD. Suffit maintenant de savoir si ce parti arrivera à se maintenir et survivre au décès du chef le plus charismatique qu’il ait jamais eu.

2011 est l’année de la descente aux enfers de Jean Charest et du PLQ.  Accablé de plus en plus par les signes de corruption au sein de l’industrie de la construction et des liens avec son gouvernement, Jean Charest s’est vu forcé de créer la Commission Charbonneau. L’an 2012 nous dira ce que cette commission va nous donner de plus que toutes les précédentes, mais elle n’augure pas bien pour les chances de réélection du PLQ.

En fait, 2011 sera probablement vue comme l’année où le Québec aura complètement perdu ses repères du point de vue politique. Libérés du pardigme 0ui/non constitutionnel, les québécois perdent le nord face au nouveau paradigme gauche-droite qui remet en question le modèle québécois social-démocrate et se retrouvent prêt à élire un parti sans programme et sans idéologie par simple volonté de changement.

L’an 2011 marquera aussi le déclin du pouvoir syndical au Québec. Nous avons assisté à la déconfiture de l’Alliance Sociale, à la déconfiture de la FTQ construction face à l’abolition du placement syndical et la désaccréditation de plusieurs syndicats dans des entreprises.

En Europe et partout au monde, l’an 2011 aura aussi mis au jour les limites et les failles de l’État Providence. Il y a quelques années, nous n’aurions jamais crû que nous verrions des états européens acculés à la faillite et la zone euro sur le bord du précipice. Nous n’aurions jamais crû voir le géant américain fléchir des genoux comme il le fait maintenant.

Du point de vue économique, 2011 nous aura aussi montré les faiblesses du système monétaire actuel, basé sur de la monnaie fiduciaire et le système de réserves fractionnaires. Ce système qui depuis des décennies fait fi du fait qu’avant de pouvoir consommer, nous devons produire et que toute production doit être basée sur l’épargne pour être soutenable; ne pouvait faire autrement que de s’écrouler. Nous voyons les colonnes de l’euro commencer à s’effriter et nous verrons bientôt le dollar américain commencer à s’écrouler lui aussi.

Mais il y a des lueurs d’espoir. Je salue en 2011 la sortie du livre de Joanne Marcotte, une critique on ne peu plus lucide de l’état-nounou québécois et qui viendra certainement alimenter le débat que nous aurons inévitablement en 2012 sur le rôle de l’état dans nos vies. J’attends aussi avec beaucoup d’anticipation celui de Éric Duhaime sur l’iniquité inter-générationnelle. J’espère qu’il servira à ouvrir les yeux des jeunes sur le fardeau que les générations précédentes ont placé sur leurs épaules.

À tous nos lecteurs et lectrices, j’aimerais souhaiter une bonne et heureuse année 2012 au nom de Contrepoids et tous ses contributeurs. Merci de continuer à nous lire.

POUR QUI SONNERA LE GLAS?

Ça ne va pas bien pour les syndicats.

À Ottawa, le conservateur Russ Hiebert, député de South Surrey – White Rock – Cloverdale, en Colombie-Britannique, vient de déposer le projet de loi privé C-317, une initiative visant à obliger tous les syndicats canadiens à rendre publique l’utilisation précise qu’ils font des cotisations de leurs membres. Le gouvernement Harper étant majoritaire, le tout n’est qu’une formalité, même si le NPD s’est dit contre le projet avant d’en avoir pris connaissance.

Dans le même souffle, à Québec, la ministre du Travail Lise Thériault déposait jeudi matin un projet de loi visant à donner aux employeurs le contrôle sur leur main d’œuvre et forçant aussi les syndicats à ouvrir leurs livres et à justifier, et leurs revenus, et leurs dépenses.

Le projet de loi 33 éliminera le placement syndical, et concédera à un travailleur le droit de déposer une plainte contre son syndicat à la Commission des relations du travail, en plus de lui permettre de changer d’allégeance syndicale en cours de convention collective.

La durée des conventions collectives passera de trois à quatre ans.

Le projet de loi 33 vise « la mise en place d’une série de mesures concernant la référence de la main-d’œuvre, le régime de négociation des conventions collectives et le système de votation », selon les dires de la ministre Thériault.

Et les travailleurs qui souhaitent changer d’allégeance syndicale exerceront dorénavant leur droit de vote par la poste

Bandes d’émotifs.

Pas vous. Non non. NOUS, le fameux “nous” dont les Péquistes se sont vite rendus compte qu’au lieu d’être rassembleur, éloignait les “non-nous”. Mais je m’éloigne moi aussi. 

Bande d’émotifs disais-je. 

Vous rendez vous compte que le NPD, selon de récents sondages, jouit (et certains membres du NPD – Québec le font sans doute) d’un soutien général de la population entre 41 et 47% au Québec (selon les résultats). C’est pas rien!

Faut dire que le sondage a été fait suite aux funérailles de Jack. Remarquez, moi Jack je l’aimais bien. Pas voté NPD, évidemment, mon pauvre père se retournerait dans sa tombe au point de pouvoir se forer un tunnel. Mais Jack, l’homme m’était très sympathique. Mais de la à donner mon appui à son parti, vide de sens dans son absence, il y a quand même un bout. 

On était tellement tannés des querelles (moi aussi en passant) entre le Bloc et les autres qu’on les a jetés dehors. Émotifs. 

On a cru tout le monde qui nous disait que Harper était un vilain mangeur d’enfant, un fervent de la droite haineuse qui allait remettre tous les immigrants illégaux dans un avion et hop – go home! (Faudra y revenir à cette question là en passant). Qu’il était un défenseur de l’énergie sale sale sale (brrr méchant Harper), mais qui génère une bonne partie des transferts fédéraux au Québec. Émotifs.

On est prêt aussi à donner notre appui à M. Legault. Sans plate-forme, sans parti, sans qu’il n’ait  présenté quelque candidat que ce soit. On le sait que M. Sirois ne sera pas candidat. Le pouvoir, le VRAI pouvoir, ne se passe pas en chambre mais en coulisse. M. Sirois, comme les Messieurs Desmarais, Péladeau, etc, savent que ce sont eux qui mènent sans avoir à travailler pour un maigre salaire d’environ 90,000$.  J’vais y revenir là dessus aussi.

Émotifs j’vous dit?

Mettez en!

On aime pas les vieux partis, on aime pas ce que Legault nous offre. On aime pas Mme Marois parce qu’elle est hautaine, on aime pas M. Charest …parce qu’on l’aime pas BON! Émotifs!

Maintenant, s’il vous plait, soyez sérieux un peu. Il y aura des élections bientôt. Dans moin d’un an. Les choix, on en convient, ne sont pas nombreux et pas encore très brillants. Mais même si vous aimiez Jack, même si vous lisez comme moi que M.Khadir est le plus populaire au Québec comme leader, arrêtez ces niaiseries là de le remettre sur la place publique et de lui donner la lumière. S’il vous plait, déplacez vous, même par le truchement de votre fureteur, et allez lire la plate-forme de Québec Solidaire. Ne lisez pas ce que vous voulez lire mais ce qui est écrit. 

Ça devrait vous ramener l’émotivité à la bonne place.

Petit rappel au sujet de Jack et du NPD…

 

Maintenant que j’ai écrit un petit « puff piece » pour faire l’éloge de Jack Layton (noblesse oblige), après les fleurs, le pot. Voici un petit rappel de ce que lui et son parti représentent, tel que Richard Martineau l’a énuméré cette semaine:

Le NPD, qu’il dirigeait, est un parti fortement centralisateur, financé par (et à la solde des) grosses centrales syndicales, un parti qui s’intéresse tellement au Québec qu’il a présenté des candidats unilingues anglophones...

De plus, le NPD s’est acoquiné avec des groupes pro-islamistes, allant même jusqu’à appuyer la candidature de Samira Laouni, une femme voilée qui a travaillé à titre de chargée de projets au Congrès Islamique canadien (CIC), une lobby ultra religieux qui a milité pour que l’Ontario permette l’instauration de tribunaux de la charia.

Enfin, il y a quelques années, Jack Layton et sa femme vivaient dans un logement subventionné destiné aux pauvres alors qu’ils faisaient tous deux un très bon salaire.

J’ajouterais même que le NPD est officiellement appuyé (et infiltré) par le Congrès Islamique Canadien et est maintenant dirigé par une ancienne syndicaliste en attendant qu’un nouveau chef soit élu. Il ne faut pas oublier que ce parti représente aussi tous les éléments de la gauche radicale alter-mondialiste. Oui, Jack Layton était un type très sympathique, mais il ne faut pas penser que juste parce que je fais l’éloge de l’homme, j’ai totalement oublié ce qu’il représentait.

Hommage à un « bon Jack »

 

Au Québec, une des expressions populaires que nous avons pour dire que quelqu’un est un bon diable est qu’il est un « bon Jack ». J’ignore d’où provient cet expression, mais elle est certainement appropriée dans le cas de Jack Layton. Jack Layton est né et a passé son enfance et son adolescence au Québec d’ailleurs. Je ne suis pas d’accord avec ses points de vue politiques, mais force est de reconnaitre qu’il avait de la classe et qu’il avait le cœur à la bonne place. Parmi les membres d’une classe politique qui suscite plus la dérision que l’admiration de nos jours, il était un des rares personnages qu’on aurait pu qualifier de « gentleman ».

Il y a déjà plusieurs jours que son décès a pris les canadiens par surprise. Pourtant sa dernière apparition publique, celle où il a annoncé qu’il cédait sa place, ne laissait que peu de doute dans mon esprit que son combat était loin d’être gagné. Jack Layton, un homme d’ordinaire énergique, n’était plus que l’ombre de lui-même et semblait avoir vieilli de 10 ans. Le cancer est une terrible maladie qui a emporté déjà plusieurs membres de ma famille. Je ne souhaiterais pas cela à mon pire ennemi. Mes pensées sont avec sa famille.

Jack, comme les québécois se sont plu à l’appeler aux dernières élections, nous aura quitté à l’apogée de sa carrière pour avoir réaliser l’impossible de gagner le cœur des québécois pour une formation politique qui leur était totalement antipathique avant lui. Aucun autre chef du NPD n’avait réussi à seulement faire une percée au Québec. À la dernière élection fédérale, les québécois n’avaient pas voté pour le NPD, ils ont voté pour « Jack ». Ils ont voté pour le chef le plus charismatique et on ne pourrait les blâmer, considérant les alternatives. Michael Ignatieff et Stephen Harper n’ont certainement pas su les rejoindre. Seul l’avenir dira si l’aventure entre le Québec et le NPD survivra à Jack Layton. Quant à moi, j’ai de gros doutes. Je ne vois pas vraiment qui pourrait remplir ses chaussures. Comme successeur possible, il y a bien Thomas Mulcair, mais il aura fort à faire pour maintenir les gains que le NPD a fait au dernier scrutin.