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Bénévoles autrement, le volontariat 2.0

 
L’arrivée assez récente des nouvelles technologies dans le monde des œuvres humanitaires bouscule les traditions communautaires des organismes et les aide à la fois. Chaque jour fait apparaître une nouvelle application qui révolutionne la relation qu’entretient l’organisme à buts non lucratifs et la population qu’elle dessert, la dynamique de collaboration entre les administrateurs et leurs pairs, de même que tout le processus de financement.
 
 Autrefois, le bénévolat se résumait à affecter à des tâches administratives ou promotionnelles plutôt «manuelles» des âmes charitables prêtes à faire don de leur temps, de leurs aptitudes et de leur expérience. La palette des postes bénévoles est demeurée pendant des lustres limitée aux couleurs primaires.
 
Puis, vlan! Le micro-ordinateur et l’Internet débarquent au local. Encore sous le choc et noyés dans une mer agitée de mises à jour incessantes, les administrateurs d’OSBL et leurs gestionnaires peinent à planifier et à mettre en œuvre la migration des bénévoles vers ces nouveaux outils sensés faire atteindre des vitesses vertigineuses à la gestion interne, à la promotion, au recrutement, au financement, aux communications et à la concertation.
 
Voici quelques suggestions d’applications concrètes :
 
  • Gérer le secrétariat, l’agenda, le classement et les bases de données via le nuage Google. Des bénévoles peuvent contribuer à entrer des données, corriger des données, effectuer tout le secrétariat au local ou à distance…
  • Bloguer. Des bénévoles s’affairent à démontrer que l’organisme est en vie et combien il contribue à l’essor de la communauté. Les tâches varient de modération de blogue à auteur de billets, en passant par la photographie, l’infographie et la correction.
  • Promouvoir. Rien de plus amusant pour les bénévoles que de cliquer sur «J’aime» lorsqu’ils rencontrent sur Facebook une publication de votre blogue. Cette fonction, ainsi que «partager», propagent le message de l’organisme en plus de lui conférer une note d’approbation populaire. Ça vaut plus que l’archaïque dépliant! Il existe aussi Google+, Tumblr, etc.
  • Automédiatiser! Des bénévoles outillés de caméras captent des vidéos faisant valoir les œuvres de l’organisme. D’autres font briller leurs talents d’éditeurs. Le tout se retrouve sur YouTube, DailyMotion ou Blogtv.com… Faites-vous voir!
  • Devenir des stars! Des âmes charitables figurent bénévolement dans vos vidéos afin de démontrer les activités de l’organisme. Certains animent, narrent, jouent des personnages… L’objectif est de démontrer la vie, l’accomplissement, le message.
  • Représenter. Une délégation d’ambassadeurs bénévoles peuvent accompagner le DG de l’OSBL aux différents meet-ups : Focus20, SWAFF, TweetUp de Québec, Yulbiz, Twestival et une multitude de 5 à 7 où l’on rencontre les humains derrière les avatars web 2.0. On conclut des ententes, on y trouve des collaborateurs, on y déniche des occasions et on se place royalement sur la mappe!
 
Ce ne sont ici que quelques exemples. La liste pourrait toutefois s’allonger à mesure que l’organisme s’aventure sur ces nouveaux horizons.
 
La semaine de l’action bénévole vient tout juste de se terminer mais l’implication est à l’année longue. Profitez de ces idées qui motiveront les troupes tout en propulsant votre message!

Le délire hebdomadaire à Lauzon (3)

Par Pierre-Guy Veer

Chaque semaine, Léo-Paul Lauzon sévit de sa démagogie sans pareil dans les pages de Métro Montréal. Chaque semaine, il y va « d’explications » « montrant » que le capitalisme est plein de failles et que la réponse est plus d’intervention de l’État. Cette semaine, il nous fait part de l’hypocrisie d’organismes sans but lucratif (OSBL)1.

 

Selon le communiste de service, Équiterre, Sortie 13, Générations d’idée, etc., ne sont que des pantins à la solde des diaboliques multinationales. Que ce soit vrai ou non – rien n’empêche un organisme de se trouver du financement légal –, la conclusion de son texte est sans équivoque : «  La seule et unique façon d’aboutir à une société plus égalitaire et plus démocratique passe par le socialisme. » Bien qu’on ne puisse pas lui reprocher son inconstance, son projet est absolument irréalisable.

 

Tout d’abord, que ça s’appelle interventionnisme/sociale-démocratie/socialisme/communisme, il ne faut pas oublier que l’on parle exactement de la même chose. Une supposée troisième voie (« économie mixte ») n’existe pas. Si les entreprises publiques ne sont pas légion, alors elles peuvent généralement fonctionner comme une entreprise privée et utiliser des couts d’opportunité (Mises les appelle calculs économiques2) pour voir si telle ou telle action est rentable ou non. Mais quand l’État étend trop ses tentacules, alors le libre-marché s’effrite peu à peu et il devient alors impossible d’effectuer des calculs économiques rationnels. S’en suit un chaos total et l’effondrement inévitable du système, comme en a témoigné la chute de l’URSS et l’enlisement constant de la Corée du Nord et de Cuba.

 

Ensuite, quand l’État contrôle quelque chose, l’esprit d’entrepreneuriat – audace, prise de risque, innovation – est remplacé par l’esprit bureaucratique – conservatisme, stabilité, règles rigides. Il ne peut en être autrement : puisqu’une bureaucratie ne fonctionne pas selon le motif du profit, il faut plutôt qu’elle fonctionne selon les budgets qui lui ont été accordés. C’est la seule façon de juger de sa performance. Pour s’en assurer, des règles très strictes sont imposées. Ces règles, fortement hiérarchiques, tuent l’innovation et empêche des améliorations rapides comme on en voit souvent dans le secteur privé3. Un jeune qui y rentre, souvent avec plein de nouvelles idées, est vite remis à sa place par ses patrons plus âgés et se contente de sa sécurité d’emploi de béton, notamment une retraite bien dorée (au fédéral du moins) presque entièrement payée par les contribuables4.

 

Enfin, que Lauzon ose dire qu’un régime socialiste est plus démocratique montre soit son ignorance du concept, soit sa mauvaise foi. En effet, pour atteindre l’Éden socialiste, il faut que l’État contrôle absolument tout afin de complètement tuer le libre-marché. Comme l’ont montré le nazisme et le communisme russe, les régimes totalitaires – qui contrôlent la totalité de la vie des gens – ne tolèrent pas la dissension. Quiconque ose critiquer le plan des dirigeants ou agir à son encontre sera sévèrement puni. Comment peut-il en être autrement? Si le dirigeants permettent la dissension, alors leur pouvoir s’effrite rapidement.

 

Les bienfaits de l’inégalité

Par contre, Lauzon a raison sur un point : seul un régime socialiste peut créer une société égalitaire. Oui, une société où tous sont égaux… et pauvres. La Chine en est un très bel exemple. En 1981, alors que les politiques communistes avaient encore force de loi, le Gini (qui mesure l’inégalité des revenus) était à 0,291 et le taux d’extrême pauvreté (gens qui vivent avec moins de 1,25 $/jour) était à 84 %. Vingt-cinq ans après, suite aux réformes libérales des dirigeants communistes, ces mêmes chiffres étaient 0,415 et 35,9 %. Les écarts de revenus sont plus grands, mais les gens sont moins pauvres. Est-ce mauvais?

 

Par ailleurs, pourquoi se soucie-t-on autant des écarts de revenus? Il est tout à fait normal qu’un cardiologue, par exemple, fasse un salaire aussi élevé. Il doit étudier très longtemps et suivre une formation très longue et ardue. De plus, même si sa profession n’était pas corporatiste, ses collègues seraient sans doute très peu nombreux, considérant la tâche à accomplir; donc, avec une offre peu élevée, les prix augmentent.

C’est tout le contraire d’un caissier de dépanneur. La formation est très courte et on ne requiert généralement aucune étude spécifique. Une offre de travailleurs très élevées, jumelée à la volonté (en général) des clients d’obtenir des produits ayant un bon rapport qualité/prix, fait que les caissiers de dépanneurs travaillent généralement au salaire minimum ou du marché, si le gouvernement n’intervient pas.

 

En conclusion, il reste à espérer que le souhait de Lauzon ne se réalise jamais. Vivre dans un régime socialiste serait une catastrophe sans précédent. Un gouvernement qui contrôle chaque petit aspect de notre vie étouffera complètement l’innovation, et donc l’espoir d’améliorer nos vies avec de nouvelles inventions ou de nouveaux procédés plus économiques. Un tel monde sera soit stagnant, soit sur le déclin, et ça en sera fait de la civilisation.

2MISES, Ludwig Von. Socialism: An Economic and Sociological Analysis  [http://mises.org/books/socialism.pdf] [en ligne] (1er février 2012)

3MISES, Ludwig Von. Bureaucracy [http://mises.org/books/bureaucracy.pdf] [en ligne] (1er février 2012)