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PKP est le nouveau chef du PQ : la réaction du chef du Parti conservateur du Québec, Adrien Pouliot :

Par Simon Leduc

Q : Que pensez-vous du discours du nouveau chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau?

R : J’ai écouté un bout du discours. Belle contradiction: l’indépendance ne se fait ni à gauche, ni à droite, elle doit se faire un point c’est tout. Et dans le même souffle, il conspue les gens de la droite économique, les “néo-libéraux”, et prône un plus grand interventionnisme. Les libéraux se tapent dans le dos avec la continuation du clivage souverainniste-fédéraliste. Pour le PCQ, ça ne change pas grand-chose: d’un côté, le PLQ et le PQ qui tour-à-tour engraissent le modèle gauchiste qui a enlisé l’économie du Québec et qui surtaxe les Québécois en faveur des profiteurs du système et de l’autre, un vrai parti de droite économique qui veut réduire la taille de l’État et baisser les impôts. Et la CAQ, elle, qui n’est ni de gauche, ni de droite. Aussi, il dit vouloir respecter la volonté démocratique des Québécois. Bien alors, pourquoi un troisième référendum? Deux fois, on a gagné. Ce n’est pas assez clair ?

Adrien Pouliot briguera la chefferie du Parti Conservateur du Québec

Adrien Pouliot

Par Philippe David

Dans un point de presse cet après-midi, l’homme d’affaire Adrien Pouliot a annoncé qu’il se lançait en politique en posant sa candidature à la chefferie du Parti Conservateur du Québec. Après avoir considéré se lancer dans la course au leadership du Parti Libéral, M. Pouliot a préféré rejoindre un parti qu’il considère plus près de ses idées.

Le Parti Conservateur du Québec est rené de ses cendres il y a un an des suites de la fusion entre l’ADQ et la CAQ. Ce parti cherche à rallier les anciens adéquistes déçus et autres orphelins de la droite québécoise.

Adepte du libéralisme classique et homme d’affaire accompli, Adrien Pouliot amènera sans aucun doute un vent de fraicheur à la scène politique québécoise. Je lui souhaite bonne chance!

 

Parti conservateur : le moins interventionniste de tous

Par Pierre-Guy Veer

Des élections auront lieu d’ici peu. Les nombreux partis officiellement reconnus solliciteront de toute part votre vote. Parmi ceux-ci se retrouve le Parti conservateur du Québec, qui effectue un retour après 77 ans d’absence (l’original s’était fusionné avec l’Action libérale-nationale pour former l’Union nationale). Ce n’est définitivement pas un parti libertarien; il prône encore trop d’interventionnisme. Néanmoins, c’est le parti le moins interventionniste de tous[1].

 

Interventionnisme pour les familles

 

Pour aider les familles, on met de l’avant plusieurs promesses qui sont, au mieux, inutiles. Afin d’éliminer, dit-on, les abus de l’union civile, le PCQ propose de mettre au Code civil des paramètres clairs séparant le mariage et l’union civile. Comme le système judiciaire québécois est basé sur le code civil et non le droit commun (comme le reste du Canada; la justice se base sur les précédents), cette solution semble intéressante. Mais dans un monde libertarien, c’est encore plus simple : l’État ne fait absolument rien. Les adultes consentants entrent dans le type d’union qu’ils veulent sans avoir besoin de la bénédiction de l’État; ce dernier peut donc se concentrer à ses missions essentielles et ne pas se questionner à savoir si ses bureaucrates ont le droit de refuser de célébrer des unions en désaccord avec leurs croyances[2].

 

Une autre mesure familiale vise à remettre directement aux parents une allocation plutôt que de subventionner les garderies. C’est un excellent point de départ, puisqu’on fait enfin confiance aux parents pour choisir comment ils vont élever leurs enfants. Par contre, tout comme la proposition de fractionner le revenu des couples avec au moins un enfant, cette mesure serait inutile si les impôts étaient plus bas à la base. Ainsi, les gens auraient déjà plus d’argent dans leurs poches.

 

Les deux dernières mesures familiales touchent plus l’éducation. On propose de donner directement aux parents ou aux étudiants un bon d’éducation, pour étudier où ils jugent que c’est le meilleur, de même que l’abolition de l’impopulaire cours (selon le programme du PCQ) Éthique et culture religieuse (ÉCR). Plusieurs feront vite un rapprochement avec Milton Friedman, grand défenseur des bons d’éducation[3], car on y encouragera la compétition, et donc améliorera les chances des plus démunis. Certains chercheurs diront même que les bons ont pu donner le « coup de pied » nécessaire aux écoles publiques pour qu’elles s’améliorent. Par contre, les bons d’éducation, comme l’allocation familiale, demeurent une intervention indue du gouvernement. Les écoles qui participent au programme – on ne mentionne nul part si c’est volontaire – perdent beaucoup de liberté. Dans plusieurs États aux États-Unis, les écoles participantes doivent remplir une montagne de paperasse, accepter absolument tout le monde qui en fait la demande et ne forcer personne à participer à des pratiques religieuses (si c’est une école confessionnelle); la facture totale pour l’éducation a même augmenté[4]. Aussi, si les politiciens ne réfléchissent pas assez, ils pourraient avoir de mauvaises surprises[5]. Sans compter qu’avec la trop forte culture syndicale qui règne au Québec, un tel programme pourrait donner lieu à de l’intimidation comme en Louisiane[6]. Bref, la solution serait, encore une fois, que l’État ne s’ingère absolument pas dans l’éducation. Ainsi, les parents pourront envoyer leur enfant où bon leur semble, ce qui inclut les écoles qui offriront ou non le cours ÉCR.

 

Une gouvernance sur la bonne voie

 

Du côté de la gouvernance, le PCQ met de l’avant, d’un point de vue québécois, des propositions révolutionnaires. Il est notamment proposé de privatiser la SAQ, cette relique de l’époque de la prohibition, car « Il n’est pas du rôle de l’État de gérer des activités de nature purement commerciales. » Si le processus se déroule comme en Alberta, alors on peut s’attendre à non seulement une chute dramatique des prix et une augmentation des revenus des ventes, mais aussi à une explosion de choix[7]. Toutefois, je suis curieux : considère-t-on l’électricité et les loteries comme « purement commercial »? Dans le premier cas, Hydro-Québec, une compagnie à la gestion plus que douteuse[8], gagnerait sans doute à être privatisée afin que les gens paient le vrai prix de leur électricité. Dans le second cas, Loto-Québec gère un secteur qui n’est pas du tout du ressort de l’État. Sans compter que les revenus de loterie servent avant tout à augmenter la grosseur de l’État et à étouffer la concurrence[9].

 

Toujours dans la gouvernance, on propose l’abolition de la contribution en santé, vue comme un impôt déguisé et propose à la place de réduire les structures administratives et d’augmenter la contribution du privé. On peut placer de grands doutes sur la seconde idée, considérant ses échecs lamentables dans le passé. Aussi, même en les réduisant – et en augmentant la contribution du privé –, on ne règlerait pas le problème fondamentale dans le domaine de la santé : l’intervention de l’État. Partout, même aux ÉU, la totalité ou presque des professions médicales sont protégées par des ordres professionnels, ce qui limite fortement l’entrée de nouveaux docteurs et donc augmente leurs salaires. Au Québec particulièrement, la Fédération des médecins est tellement forte qu’elle empêche la venue d’infirmière praticienne. À défaut d’abolir les ordres, une plus grande intervention du privée pourrait certainement soulager certains patients, comme c’est le cas en Allemagne[10] et même en Suède[11].

 

Un dernier point d’intérêt pour la gouvernance touche les cégeps. On propose leur abolition afin d’adopter le système canadien, soit implanter un secondaire 6 et quatre années de baccalauréat plutôt que trois; on conserverait les cours techniques. Comme c’est le cas avec les bons d’éducation, cette mesure ne s’attaque pas aux problèmes fondamentaux du système, soit un programme étatisé laissant très peu de liberté aux enseignants. Qu’on abolisse le ministère de l’Éducation, et qu’on laisse les écoles se gérer elles-mêmes. Si des gens se regroupent afin de former des commissions scolaires eux-mêmes, grand bien leur en fasse.

 

Un redressement des finances prometteur

 

Le côté financier du PCQ est sans doute ce qui le distingue le plus des partis présentement au parlement. Le parti de Luc Harvey s’engage à réviser la loi sur le déficit zéro et à la respecter. Espérons; le PQ, malgré une loi sur le déficit zéro, avait augmenté la dette de près de 12 G$[12].

 

Une mesure qui aidera à diminuer le déficit est de faire contribuer les fonctionnaires à leur régime de retraite, plutôt que de faire payer le grand public, la plupart duquel n’a aucun régime de retraite. Cette proposition est intéressante, mais le gouvernement (i.e. tous les contribuables) paiera encore une pension à ses employés. À moins qu’il soit absolument impossible de pourvoir à des postes strictement essentiels (justice, sécurité publique), alors les régimes de retraites publics devraient complètement être abolis. Les employés doivent être capables de se prendre en main eux-mêmes.

 

Dans un même ordre d’idée, on propose d’élargir la liste des placements en RÉER accepté, en ajoutant notamment des biens immobiliers et l’investissement dans son entreprise. L’idée est bonne, mais accorde une fois de plus des privilèges inutiles. Si le gouvernement veut vraiment encourager l’épargne, qu’il diminue simplement l’impôt (et abolisse la RRQ) afin que les gens puisse avoir assez pour épargner. Ce qu’ils font de cette épargne ne les concerne qu’eux.

 

Parallèlement, on propose l’abolition du Fonds des générations – on dit qu’il rapporte moins que le cout du financement de la dette – et d’utiliser l’argent pour payer la dette. Dans un contexte de déficits chronique, cette mesure a plein de bon sens. Mais si les surplus venaient qu’à revenir… les autres gouvernements provinciaux ont une réserve (rainy day fund), accumulée en temps de surplus (l’Alberta l’utilise encore, elle qui est en déficit depuis environ 3 ans). Ne serait-ce pas plus sage de suggérer d’avoir une réserve quand les surplus reviendront?

 

Un coup de barre encourageant

 

En plus d’assainir les finances publiques, le PCQ semble le seul à vouloir réviser nos lois du travail caduques et les monstres bureaucratiques qu’elles entretiennent. Le seul engagement concret vise à adresser la transparence et la démocratie au sein des syndicats. Est-ce donc dire qu’on abolira la formule Rand, qui oblige tout le monde à joindre un syndicat? Ou, à tout le moins, est-ce que le Québec deviendra finalement une juridiction de « right-to-work », où les gens peuvent ne payer que la partie de la cotisation qui s’adresse directement à la négociation des conditions de travail[13], ce qui encourage l’emploi[14]? Permettra-t-on de nouveau les briseurs de grève, afin de respecter la propriété privé de l’entrepreneur qui juge qu’il ne peut offrir mieux? Fera-t-on enfin confiance aux employeurs quant à la sécurité qu’ils offrent sur leurs lieux de travail, afin que les normes minimales de la CSST ne deviennent pas, par le fait même, des normes maximales[15]? Abolira-t-on cette infâme loi sur l’équité salariale, qui infantilise les femmes en supposant qu’elles sont incapables de négocier elles-mêmes leurs conditions de travail?

 

L’autre proposition pour aider l’économie vise à « favoriser le développement économique, en s’appuyant uniquement sur des bases scientifiques solides pour évaluer les impacts écologiques potentiels d’un projet et les moyens pour les contrôler. » On parle sans doute du développement des gaz de schiste ici. Ce serait encourageant d’utiliser des faits et non de la peur[16]. Toutefois, ce n’est pas au gouvernement de permettre ou d’interdire quel que développement que ce soit. Si le PCQ veut vraiment encourager le développement économique, qu’il renforce les droits de propriété. C’est la façon optimale d’assurer un développement « durable »[17].

 

De drôles de mesures pour la société

 

Les dernières promesses conservatrices touchent l’intégration des gens. On propose notamment de mettre fin aux pratiques d’accommodements « raisonnables » pour éviter « une inversion du devoir d’intégration des nouveaux arrivants envers la société d’accueil ». Pour se faire, on « adoptera une Charte des valeurs démocratiques propres au patrimoine historique et culturel du Québec. » Il est certes encourageant qu’un parti politique veuille cesser l’accommodation à tout prix des immigrants, mais, encore une fois, ce n’est pas du devoir du gouvernement de s’en charger. Si accommodement il doit y avoir, c’est entre les personnes concernées uniquement. Le seul rôle du gouvernement dans tout ça est d’assurer que les immigrants respectent nos lois et nos chartes. Pas besoin de créer une nouvelle charte, et surtout pas une sur le patrimoine. L’histoire a été créée par les individus, pas par un ensemble homogène.

 

L’autre mesure vise à pousser les personnes aptes au travail à réintégrer le marché du travail et à limiter la durée des prestations qu’elles touchent. Je suis d’accord avec la seconde partie; en coupant les vivres, les personnes auraient plus d’incitatifs à se chercher un emploi, rendant inutile la première mesure. D’ailleurs, si on veut vraiment pousser les gens à travailler, pourquoi n’abolit-on pas tout simplement l’aide sociale? Si les gens veulent palier une perte d’emploi temporaire, ils n’auraient qu’à mettre de l’argent de côté, comme pour la retraite. Ainsi, on n’a pas à se soucier de possibles fraudeurs, et craindre le retour des boubou-macoutes.

 

En conclusion, le PCQ est sans doute le meilleur choix des électeurs qui veulent une intervention réduite du gouvernement. C’est le seul parti qui propose une réduction authentique du rôle du gouvernement dans la société et l’économie. Par contre, les libertariens comme moi risquent de trouver que l’intervention du PCQ est encore trop grande. Il semble encore demeurer omniprésent dans la santé et l’éducation, il semble encore vouloir dominer l’acceptation ou non de projets de développement économique (quoique à moindre échelle) et accorder des privilèges arbitraires à certaines formes de placement. En d’autres mots, il n’y a pas de changements profonds à la structure gouvernementale.



Voter stratégique

 

Par Philippe David

Voter stratégique, c’est ce que le PQ voudrait que vous fassiez, en voulant dire de voter pour eux, bien sûr. De l’autre côté, il y a un mouvement contraire de « tout sauf le PQ » pour éviter de se retrouver avec un autre référendum.

« Les élections sont imminentes et les frustrations des Québécois sont grandes. On sent se dessiner deux tendances, l’une hostile au PLQ (anything but the PLQ) et l’autre hostile au PQ (anything but the PQ). L’important est de bien choisir son «anything but». Il vaut la peine de rappeler les points suivants: Le PQ a appuyé les carrés rouges et recrute un de leurs leaders, le PQ recrute les journalistes les plus biaisés de Radio Canada, le PQ s’arrime à Lisée qui cuisine les chiffres pour transformer le cancre en modèle et «mettre la droite KO», le PQ veut étendre la loi 101 au CÉGEP, le PQ veut augmenter les taux marginaux d’imposition pour des raisons purement idéologiques (il ne récoltera pas grand chose vu la disette de vrais «riches» au Québec), le PQ est allé chercher un «candidat de prestige» qui rêve de nationaliser les ressources naturelles et de multiplier les Hydro-Québec, le PQ veut créer une atmosphère empoisonnée d’affrontement entre le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral, entre les francophones et les anglophones, entre les francophones de souche et les allophones, de manière à réunir les conditions pour lancer le Québec dans l’aventure d’une troisième tentative de sécession. Et tout cela au moment où l’économie mondiale est en crise, où les dettes publiques explosent (la nôtre n’explose pas mais augmente inexorablement) et où l’État providence ne parvient plus à livrer ses promesses. Lequel des deux «anything» vous choisissez? Pensez-y très sérieusement. »

Dit Martin Coiteux, le professeur d’économie aux HEC Montréal. Alors pour éviter tout ça, il faudrait se pincer le nez et voter pour le moins pire! Ciel que j’en ai marre de voter pour le moins pire! Personnellement, ni l’une, ni l’autre de ces deux alternatives ne m’excite. Autant rester chez moi que de voter libéral pour éviter le retour du sempiternel débat sur la souveraineté ou voter PQ pour débarrasser d’un gouvernement qu’on choisi par dépit depuis 9 ans.

Quelle alternative avons-nous? Option Nationale et Québec Solidaire ne sont que des versions encore plus radicalement à gauche que le PQ. J’aimerais autant avaler un bidon de térébenthine et pisser sur un feu de broussailles que de voter pour eux. La CAQ, c’est le PQ lite. Tout aussi insipide, mais dilué quelque peu. Resterait les deux nouveaux partis de droite: le Parti Conservateur du Québec et l’Équipe Autonomiste. Ces deux partis ne sont pas nécessairement mûrs, mais ils ont au moins le mérite de partager mes propres valeurs. 

Je vais donc vous proposer quelque chose de totalement farfelu pour les prochaines élections. Tout d’abord, évacuez de votre esprit toute pensée de vote stratégique et pensez plutôt au message que vous voudriez envoyer à Québec. Peu importe qui gagne les prochaines élections, ce sera probablement un gouvernement minoritaire, donc ils auront très peu de marge de manoeuvre pour faire un référendum, par exemple. Donc peu de risque qu’ils puissent faire quelque chose de vraiment déplaisant. Que ce soit le PLQ ou le PQ, ce sera du pareil au même. D’un autre côté, si dans ce scénario, nous avions un important noyau de députés droitistes, peut-être même avec la balance du pouvoir, ça envoyerait un vrai message.

J’aimerais donc que ceux qui se disent de droite cessent de se dire orphelins politiques et commencent à voter avec leur coeur. Que vous votiez pour le Parti Conservateur ou l’Équipe Autonomiste m’importe peu, mais si l’un ou l’autre de ces deux partis présente un candidat, votez pour lui! Cessez de gaspiller votre vote à encourager la corruption et le sempiternel débat constitutionnel et votez pour un parti qui est vraiment proche de vos valeurs. En 2007, le votre de droite a pratiquement mis l’ADQ au pouvoir. Si on s’unissait encore en 2012, qui sait quel en serait le résultat.

Congrès de fondation du Parti Conservateur du Québec

Par Michaël Descamps

Après avoir trébuché et s’être relevé, le Parti Conservateur du Québec (PCQ) tenait les 26 et 27 mai dernier à Drummondville, le premier congrès du parti qui en même temps devenait le premier congrès d’un parti conservateur au Québec depuis plus de 77 ans. L’establishment du PCQ avait opté pour Drummondville en son état de ‘’capitale québécoise de la petite entreprise’’.  J’avais décidé de me présenter au congrès malgré certaines appréhensions. Avec tout ce que l’on a entendu sur les évènements des derniers moi, je considérais ma présence au congrès comme une dernière chance que je donnais au parti. Je vais tenter de vous faire un récit fidèle du déroulement de la fin de semaine.

En présence d’une cinquantaine de personnes et d’une quinzaine de candidats nommés, le congrès s’ouvrait sur la vidéo Et si nous avions fais fausse route depuis soixante ans, issue de la campagne 2012 du mouvement Frédéric Bastiat en France. Se succédant au micro, le président du parti, le président de la commission politique et quelques candidats aux élections, nous tenaient tour à tour un discours inspirant au sujet de la droite au Québec. Puis viens ensuite le discours de Luc Harvey qui commença par saluer la contribution de la défunte ADQ et de mouvements tels le RLQ. Le mot d’ordre était donné : au Parti Conservateur du Québec, on s’assume, on est de droite et on ne veut pas d’ambigüité. Selon Luc Harvey, il n’y a pas ‘’plusieurs’’ droite mais plusieurs vision de la droite, qu’elle soit conservatrice, libertarienne ou identitaire. Puisque le Québec est orphelin d’un vrai parti de droite depuis des décennies il est normal qu’aujourd’hui chaque mouvance à droite du centre, essaie de tirer la couverte de son bord et essaie de trouver un parti qui la représente, elle uniquement. Toutefois, sans union, sans harmonisation du discours, sans fronts communs, il sera très difficile de faire bouger les choses au Québec. Luc Harvey continua sur une histoire qu’un chef aborigène lui raconta un jour en Afrique :

‘’Le matin en Afrique quand le soleil se lève, la gazelle s’étire et réchauffe ses muscles pour être agile et prête à courir vite. Elle sait pertinemment que si elle ne coure pas suffisamment  vite, elle se fera manger. Pareillement le lion s’échauffe lui aussi, car s’il ne coure pas suffisamment vite il ne mangera pas. Le chef dit que cette histoire pourrait être comparée à la situation économique de nos pays nordiques….vous au Québec vous êtes comme des gros lions qui ont trop mangé, vous ne savez plus courir. Vous n’avez jamais connu ce que c’est de devoir trouver de la subsistance pour votre famille ou des soins pour vos petits. Ainsi, puisque vous ne connaissez rien de cela, vous avez oublié ce qu’est le travail et vous attendez à ce que tout vous arrive par magie.’’

Mr. Harvey  ajoute une autre analogie en disant que : ‘’le Québec est comme une équipe sportive arrivée à la mi-temps dans une partie ou il perd 5-0. Comme québécois on a le choix de se relever les manches et travailler fort pour réussir ou encore de laisser tomber et retourner au jeu en attendant que les minutes du match s’écoulent et que tout s’écroule pour nous.’’

Pour officialiser l’ouverture du congrès il rappelle que les propositions du congrès du 26-27 mai ne sont que des embryons du programme final et que la commission politique travaillera d’autant plus fort à la suite du congrès. Il rappelle que tout amendement est le bienvenu et rappelle finalement que s’il devient officiellement le chef du PCQ, il est avant tout un militant et qu’il espère n’être qu’un petit passage dans la longue histoire qui se dessine pour le PCQ.

Suite à cela nous avons eu deux conférenciers, l’un au sujet du problème des gangs de rue qui exploitent les jeunes québécoises dans des réseaux de prostitution et l’autre sur l’exploitation sous développée de nos ressources agricoles.

La matinée fut constituée de trois comités d’étude dans lesquels nous étions invités à débattre des différentes propositions. Les trois comités discutaient soit de la Famille, de la Gouvernance ou de  Fiscalité, retraite et travail. En après midi chacune des propositions fut débattue cette fois en la présence de tous. Je ne m’attarderai pas réellement sur le contenu car les propositions seront sur le site du PCQ ( www.particonservateurquebec.org ) sous peu.

 

En soirée un banquet fut servi, qui permis aux membres et aux intéressés d’échanger sur de multiples sujets, à connotations politiques pour la très grande majorité évidemment.

Le dimanche, les propositions qui n’avaient pas été débattues la veille furent discutées entre 09h00 et midi. Pour clôturer le congrès, plusieurs discours vinrent galvaniser les membres du parti. Le mot de la fin fût évidemment pour Luc Harvey qui rappela l’importance de l’unité et du respect. Il rappela que malgré les embuches connues par le PCQ dans les derniers mois, il y a derrières le logo du parti, des dizaines d’hommes et de femmes qui donnent leur temps et leur argent pour défendre une cause qui leur tient à cœur.  Bien que toutes discussions puissent être saines, il ne sert donc à rien de laver notre linge sale en public, surtout si c’est pour verser dans la démagogie. Nous avons pus apprendre que le PCQ compte actuellement 500 membres et que 70 candidats aux élections sont déjà confirmés, 125 candidats devraient être présents dès le mois de septembre. Nous avons aussi eu l’assurance que les problèmes de communications sont choses du passée maintenant. Il ne devrait plus y avoir de problème de carte de membre, de problème sur le facebook ou sur le site web. L’information devrait circuler beaucoup plus facilement. Le parti a pris en note chacune de nos adresses email et numéros de téléphone pour pallier à toute éventualité. Déjà cette semaine sur le facebook du parti on peut sentir une très nette amélioration.

Pour finir sur une note personnelle, il est clair que dans tout parti, il est impossible que l’ensemble des membres s’entendent sur tout. J’ai bien évidemment pus sentir la présence d’une aile conservatrice, d’une aile plus modérée et d’une aile libertarienne. Bien que certain ne soit pas ressorti pleinement satisfait du congrès, la plupart le sont et tous s’entendent pour dire que le parti marche dans la bonne direction. Maintenant…il est très facile de devenir membre et de se joindre à la commission politique pour présenter des propositions qui penchent davantage vers votre vision de la droite, j’ai demandé moi-même à faire partie de la commission dans cette optique.  Pour finir, s’il y a bien une  chose qui me faisait peur avant le congrès mais dont je suis ressorti rassuré, c’est la démocratie au sein du PCQ.