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Entrevue exclusive avec le chef du Parti conservateur du Québec

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Par Simon Leduc

Je me suis entretenu avec le chef du PCQ Adrien Pouliot dans un restaurant à Laval. Il a accepté de répondre à mes questions.

Q : Avant de vous impliquer en politique active, vous avez travaillé dans le secteur privé. Comme homme d’affaires, vous avez été président de plusieurs corporations de télécommunications et de télédiffusion. Quel est votre plus grand succès dans le secteur privé?
R : Quand j’ai acheté Entourage Solution Technologique du Fonds de solidarité de la FTQ, l’entreprise ne faisait pas d’argent. En l’espace de 5 ans, avec les mêmes employés, la même convention collective et le même syndicat, on a augmenté la productivité et la qualité de 40% en établissant des objectifs clairs, en donnant un bon service au client et en mettant l’emphase sur la formation des travailleurs. C’était vraiment un beau succès, j’étais fier de cela.
Q : En 2011, l’ADQ de Gérard Deltell vous a recruté afin d’assumer la vice-présidence de la commission politique. Pourquoi, avez-vous décidé de vous joindre à l’ADQ?
R : Au départ, j’étais intéressé à travailler avec le mouvement de Legault. J’ai rencontré François Legault chez lui à Outremont. Après quatre heures de discussion, j’ai conclu que M. Legault était un autre étatiste et qu’il pensait que l’État avait réponse à tout. Pour Legault, c’était la gauche efficace et moi, je ne crois pas à cela car l’État est tellement gros qu’il ne peut pas être efficace. Donc, j’ai joint l’ADQ qui était plus proche de mes valeurs. En mars 2011, je me suis embarqué à la Commission politique avec mon ami Claude Garcia.
Q : À la fin de 2011, l’ADQ a fusionné avec la CAQ de François Legault. Vous étiez contre cette fusion. Pourquoi?
R : Au Québec, je pense qu’il faut changer la recette et non le chef. Pour moi, M. Legault prône les mêmes solutions libéralo-péquistes que l’on entend depuis 20 ans et qui nous ont menés à la situation actuelle. J’ai essayé de démontrer aux membres de l’ADQ que c’était une chimère ce projet de fusion. Je leur disais que la CAQ était une balloune qui allait se dégonfler et que ses politiques publiques n’étaient pas bonnes. Les fusionnistes ont gagné la bataille avec 70% des voix et j’ai dû réfléchir à mon avenir.
Q : À l’automne dernier, vous avez décidé de soumettre votre candidature à la chefferie du Parti conservateur du Québec. Étiez-vous intéressé à la chefferie du PLQ?
R : La réponse est oui mais à cause du système de votation par délégués, un outsider comme moi n’avait aucune chance de gagner la course. Donc, j’ai rédigé un document sur les valeurs du PLQ que j’ai envoyé aux trois candidats. Je voulais les convaincre qu’il y avait moyen d’avoir un PLQ qui croit en ses valeurs et qui est de centre-droit. Malheureusement, les libéraux, ce sont des gens opportunistes qui veulent être réélus et ils sont habitués au pouvoir. Ils ne prendront pas des politiques publiques qui sont difficiles à suivre mais qui sont les bonnes. Ils vont choisir des politiques publiques qui plaisent au monde et avec lesquelles, ils vont se faire élire. Donc, je me suis tourné vers le PCQ car c’est un parti politique qui prône les mêmes idéaux que moi. Je suis devenu le chef quand Daniel Brisson s’est désisté.
Q : À cause du statut minoritaire du gouvernement, vous devez vous préparer en tout temps pour un scrutin général. Quels sont les objectifs que vous voulez atteindre pour votre parti aux prochaines élections?
R : On veut donner une voie à l’Assemblée nationale aux gens qui pensent comme nous. J’aimerais me faire élire. Je vais me présenter dans la région de Québec ou en Beauce. Je désire avoir d’autres députés avec moi pour lancer les bases du parti comme Mario Dumont l’a fait avec l’ADQ. Je pense qu’une présence à l’Assemblée nationale peut avoir un impact. Québec solidaire tire le PQ vers la gauche. Mon objectif serait de tirer le PLQ et la CAQ vers la droite pour faire avancer la cause des droits et libertés individuels et leur corollaire, la responsabilité individuelle.
Q : Où allez-vous situer le PCQ sur l’axe idéologique, clairement à droite ou au centre-droit comme la défunte ADQ?
R : Je suis en faveur des droits et libertés individuels et leur corollaire, la responsabilité individuelle. Ces concepts sont liés au conservatisme fiscal. Donc, je suis un conservateur fiscal. Sur le plan social, je suis comme un démocrate américain. Je suis en faveur du libre choix des femmes en matière d’avortement et je ne m’oppose pas au mariage entre conjoints de même sexe. Je suis à droite mais sur le plan économique. On veut se positionner comme un parti qui est à droite du centre du spectre politique québécois.
Q : Allez-vous construire des liens étroits avec le Parti conservateur du Canada?
R : Il n’y a pas de liens formels entre nous et le PCC. Je pense que selon sa constitution, le Parti conservateur fédéral est supposé aider tous les partis conservateurs provinciaux. Cela est possible qu’il y ait des atomes crochus sur certaines idées. C’est sûr que l’on pourrait s’aider mutuellement sur le terrain lors de scrutins provinciaux et fédéraux. Par contre, nous ne sommes pas d’accord avec le fédéral sur certains dossiers comme l’absence de budgets équilibrés depuis 2006.
Q : Si vous étiez premier ministre du Québec, quelles seraient vos priorités?
R : Au niveau de la santé, on veut introduire plus de privé. On permettrait aux gens de prendre une assurance privée pour des actes médicaux qui sont couverts par la RAMQ. Les médecins pourraient pratiquer dans le privé et dans le public. On réformerait la rémunération des hôpitaux. On les financerait par épisodes de soins et non pas par blocs fixes comme ils le sont actuellement.
En éducation, on veut augmenter la liberté de choix des parents. On veut le faire en permettant aux parents de contrôler l’argent. Plutôt que le Ministère finance les Commissions scolaires qui financent les écoles, on voudrait que le ministère finance les parents qui pourraient magasiner leur école avec des bons d’éducation. Cela créerait de la concurrence entre les écoles et cela serait bon pour les parents et les élèves. On donnerait plus d’autorité aux directeurs d’écoles et aux professeurs dans le choix des méthodes d’enseignement. Évidemment, le Ministère établirait des standards minimums mais les écoles seraient plus autonomes.
Au niveau du code du travail, on veut redonner le contrôle des syndicats aux syndiqués. La transparence financière des syndicats serait primordiale. On veut que les travailleurs aient plus de choix quand vient le temps de se syndiquer. On est en faveur du droit d’association et mais aussi du droit de non association. On veut donner le contrôle aux syndiqués sur la façon dont leurs cotisations sont dépensées par leur syndicat. Une réforme du code du travail est nécessaire afin de rendre le marché du travail plus concurrentiel et flexible ». Je ne suis pas anti-syndicat mais un pro syndiqué.
Q : Cela fait sept mois que le Parti québécois est au pouvoir. Quel bilan faites-vous de ce gouvernement?
R : Je suis bien déçu car je m’attendais à ce que des gens qui ont été longtemps au pouvoir (incluant Mme Marois) auraient formé une équipe plus solide. En début de mandat, il y a eu beaucoup de recul de la part du gouvernement et cela a fait un tort énorme à la province. Il y a beaucoup d’entreprises étrangères qui sont au neutre et qui ne parlent plus du Québec car on ne sait pas où s’en va le gouvernement dans sa législation sur les Ressources naturelles. C’est le gouvernement des moratoires et du consensus.
Q : Que pensez-vous de la politique linguistique (la Loi 14) du gouvernement du Parti québécois?
R : Je pense que le Bill 14 est une solution qui cherche un problème. Il y avait une paix linguistique au Québec, les anglophones avaient accepté la loi 101. Le PQ veut enlever des droits à la communauté anglophone, cela est de la pure mesquinerie. Moi, je suis pour un Québec français mais des Québécois bilingues. Je trouve désastreux l’approche gouvernementale qui veut construire une cloche de verre sur le petit village gaulois québécois et empêcher les francophones d’avoir accès aux écoles anglophones. C’est ce que prévoit le Bill 14. Le fait que les cégeps anglophones devraient donner la priorité aux élèves anglophones, c’est une forme de ségrégation. La seule façon de protéger notre langue et notre culture, c’est d’avoir une économie forte et exportatrice. Avec cette loi, le PQ veut brasser de la haine et diviser les Québécois. Je trouve tout cela très malsain.
Q : La réforme de l’assurance emploi du gouvernement Harper est très contestée dans les régions du Québec et de l’Atlantique (le travail saisonnier). Tous les partis politiques présents à l’Assemblée nationale l’ont unanimement dénoncée. Que pensez-vous de la réforme conservatrice?
R : Tout d’abord, c’est une compétence fédérale et cela ne regarde pas vraiment le gouvernement provincial. Je pense qu’au niveau du principe, c’est une bonne réforme. Son objectif est de faire un «matching» entre les gens compétents qui n’ont pas de travail et les postes disponibles. On veut aider les gens à se trouver un emploi. Avec cette réforme, on dit aux chômeurs de façon plus claire, qu’est-ce qui est un emploi acceptable et une recherche d’emploi acceptable. On n’oblige pas quelqu’un de prendre une job qui est moins rémunératrice que l’assurance-emploi. Dans une région, s’il n’y a pas d’emplois disponibles, le chômeur va continuer de recevoir son chèque. L’assurance-emploi ne doit pas devenir un mode de vie mais une assurance pour quelqu’un qui perd son travail. Je trouve qu’il y a une campagne de désinformation (par certains médias biaisés, les syndicats et partis politiques) contre le gouvernement conservateur dans ce dossier et je trouve cela malhonnête.
Q : Lors de son premier Conseil national, la CAQ a présenté sa pièce maîtresse en vue de la prochaine campagne électorale : le développement économique de la Vallée du St-Laurent. Partagez-vous l’enthousiasme de ceux qui croit que cela pourrait être un projet porteur et rassembleur pour la Belle province?
R : Non, pas du tout. Les politiciens aiment se bâtir des monuments avec l’argent des autres (le Plan Nord de M. Charest, la Baie-James de M. Bourassa et le Plan Sud de M. Legault). Quand ils prennent notre argent pour bâtir leurs rêves, on ne peut pas bâtir les nôtres car il n’y a plus d’argent. M. Legault veut réaliser son rêve avec notre argent. Moi, mon rêve est que tout le monde puisse réaliser les siens. Je veux que les gens individuellement réalisent leurs rêves. Le plan Sud va seulement augmenter nos impôts et c’est du pur gaspillage.
Q : Selon les détracteurs du modèle québécois, la social-démocratie québécoise va mener le Québec à la catastrophe économique : une dette publique monstrueuse, un État obèse, tentaculaire et inefficace, une croissance économique anémique, l’explosion des coûts du système de santé public, etc. Croyez-vous que la province a encore le temps de renverser la vapeur et assurer un avenir moins sombre pour les futures générations?
R : Oui, j’en suis convaincu. Il y a de l’espoir mais j’espère que cela ne prendra pas une catastrophe à la sauce grecque pour qu’un virage soit fait. Au Québec, on aurait besoin de politiciens courageux pour expliquer clairement (avec un langage simple) les principes de l’économie de marché et pourquoi il faut réduire la taille de l’État afin de rendre l’économie québécoise plus prospère. Au Québec, il nous faudrait des politiciens avec une boussole idéologique claire et qui savent où ils s’en vont comme l’ont été Margaret Thatcher et Mike Harris.

Vive la variété!

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Par Philippe David

Je me dois de réagir à la dernière chronique de Richard Martineau. Depuis quelques années j’ai remarqué une tendance très libérale dans les écrits de Richard Martineau, mais il y a des fois ou son vieux jupon étatiste/collectiviste recommence à dépasser. C’est certainement le cas lorsqu’il se plaint qu’on commence à avoir trop de choix dans l’offre politique.

J’aimerais bien voir M. Martineau poser la question à Adrien Pouliot, à savoir s’il y a vraiment trop de partis politiques. Connaissant M. Pouliot, je suis certain qu’il lui répondrait qu’au contraire, il y a un manque effroyable de concurrence d’idées au Québec et c’est certainement pour ça que nous sommes dans le pétrin. La raison pourquoi les partis politiques semblent se multiplier dernièrement est justement parce que l’offre politique actuelle ne répond pas à la demande.

Bonnet blanc, blanc bonnet

Depuis 1976 le PQ et le PLQ s’échangent le pouvoir. La seule différence entre ces deux partis s’inscrit au niveau de nos relations avec le reste du Canada, mais au niveau de la gouvernance, ces deux partis ont tendance à gouverner au centre-gauche. Ils ont tous deux à leur tour multiplié les programmes sociaux coûteux et augmenté l’endettement de la province. Depuis la confédération les partis politiques apparaissent et disparaissent et se succèdent. Sortie coté court le Parti Conservateur, entrée côté jardin l’Union Nationale et le Crédit Social. Bonjour le PQ, bonsoir l’Union Nationale. Bye bye Crédit Social et allo Québec Solidaire et l’ADQ. Au revoir ADQ et bonjour la CAQ, le Parti Conservateur et l’Équipe Autonomiste et tous les nouveaux groupuscules de souverainistes impatients d’attendre que le PQ se décide à faire un référendum. Bref, la politique est toujours en ébullition et c’est une bonne chose. Le bipartisme est une recette pour la stagnation, ça commence à être évident aux États-Unis.

La dynamique de marché

Richard Martineau compare le marché politique au marché des jeans et des confitures, ce qui demeure une bonne comparaison, mais il tire les mauvaises conclusions. Il croit que trop choix sème la confusion. C’est parce qu’il refuse de considérer l’évolution du marché à long-terme et ne se limite qu’à un horizon très court. Trop de partis politiques sèment la confusion et incitent les voteurs à rester chez eux, vraiment? Que dire de l’effet quand il n’y en a pas assez? Qu’arrive-t-il quand tu ne sais pas où mettre ton X parce qu’aucun parti ne partage notre vision? Les 700 000 qui se sont abstenus de voter en 2008 l’ont-ils fait parce qu’ils avaient trop de choix ou parce qu’ils ont été déçus par l’ADQ et ne se reconnaissaient dans aucun autre parti? Lequel des quatre principaux partis au Québec(PQ, PLQ, QS et CAQ) propose un vrai changement au Québec? QS? Ils propose les mêmes recettes socialistes que nous suivons depuis 50 ans, mais poussé à l’extrême. Le PQ? Ils ont bien réduit les dépenses et la dette pendant les années ’90, mais ils ont tôt fait de recommencer à dépenser comme des marins en permission une fois qu’ils ont atteint le « déficit zéro » et ils ont évacué tous ceux qui ont travaillé à réduire le déficit. Depuis une décennie, le PQ ressemble de plus en plus à QS. Le PLQ? Faites-moi rire? La CAQ? Qu’ont-ils proposé de vraiment différent? Même chose pour les fervent de la souveraineté. Le PQ et QS ne sont pas trop pressés d’entamer des démarches pour faire la souveraineté, alors on voit des partis apparaitre comme Option Nationale, qui proposent de faire ce que le PQ et QS hésitent à faire. S’il y a 30 sortes de paires de jeans, c’est que les consommateurs réclament une telle sélection. Si un modèle se vend moins bien que les autres, il sera retiré. Même chose pour les partis politiques. Si un parti n’attire plus les gens, il mourra éventuellement. Si par contre on découvre qu’une certaine clientèle n’est pas desservie par aucun parti politique, c’est peut-être qu’on devrait en fonder un. Si on veut un jour que ça change, il faut laisser les gens mettre leurs idées de l’avant et laisser les électeurs décider ce qui leur convient.

Qui sait? Peut-être qu’un jour le Parti Conservateur du Québec supplantera le Parti Libéral ou le PQ. Mais avant que ça puisse arriver, il faut bien commencer en quelque part! Et même s’il n’arrive jamais à supplanter les gros partis, considérez que le Parti Vert a réussi depuis une vingtaine d’années, à imposer des éléments de son programme aux autres partis sans jamais élire un député. Ces petits partis sont donc essentiels au progrès du débat public. S’il y en a tant présentement c’est justement parce que le Québec a désespérément besoin de faire un gros brassage d’idées. Alors moi je dis « vive la variété! »

 

Adrien Pouliot briguera la chefferie du Parti Conservateur du Québec

Adrien Pouliot

Par Philippe David

Dans un point de presse cet après-midi, l’homme d’affaire Adrien Pouliot a annoncé qu’il se lançait en politique en posant sa candidature à la chefferie du Parti Conservateur du Québec. Après avoir considéré se lancer dans la course au leadership du Parti Libéral, M. Pouliot a préféré rejoindre un parti qu’il considère plus près de ses idées.

Le Parti Conservateur du Québec est rené de ses cendres il y a un an des suites de la fusion entre l’ADQ et la CAQ. Ce parti cherche à rallier les anciens adéquistes déçus et autres orphelins de la droite québécoise.

Adepte du libéralisme classique et homme d’affaire accompli, Adrien Pouliot amènera sans aucun doute un vent de fraicheur à la scène politique québécoise. Je lui souhaite bonne chance!

 

Parti conservateur : le moins interventionniste de tous

Par Pierre-Guy Veer

Des élections auront lieu d’ici peu. Les nombreux partis officiellement reconnus solliciteront de toute part votre vote. Parmi ceux-ci se retrouve le Parti conservateur du Québec, qui effectue un retour après 77 ans d’absence (l’original s’était fusionné avec l’Action libérale-nationale pour former l’Union nationale). Ce n’est définitivement pas un parti libertarien; il prône encore trop d’interventionnisme. Néanmoins, c’est le parti le moins interventionniste de tous[1].

 

Interventionnisme pour les familles

 

Pour aider les familles, on met de l’avant plusieurs promesses qui sont, au mieux, inutiles. Afin d’éliminer, dit-on, les abus de l’union civile, le PCQ propose de mettre au Code civil des paramètres clairs séparant le mariage et l’union civile. Comme le système judiciaire québécois est basé sur le code civil et non le droit commun (comme le reste du Canada; la justice se base sur les précédents), cette solution semble intéressante. Mais dans un monde libertarien, c’est encore plus simple : l’État ne fait absolument rien. Les adultes consentants entrent dans le type d’union qu’ils veulent sans avoir besoin de la bénédiction de l’État; ce dernier peut donc se concentrer à ses missions essentielles et ne pas se questionner à savoir si ses bureaucrates ont le droit de refuser de célébrer des unions en désaccord avec leurs croyances[2].

 

Une autre mesure familiale vise à remettre directement aux parents une allocation plutôt que de subventionner les garderies. C’est un excellent point de départ, puisqu’on fait enfin confiance aux parents pour choisir comment ils vont élever leurs enfants. Par contre, tout comme la proposition de fractionner le revenu des couples avec au moins un enfant, cette mesure serait inutile si les impôts étaient plus bas à la base. Ainsi, les gens auraient déjà plus d’argent dans leurs poches.

 

Les deux dernières mesures familiales touchent plus l’éducation. On propose de donner directement aux parents ou aux étudiants un bon d’éducation, pour étudier où ils jugent que c’est le meilleur, de même que l’abolition de l’impopulaire cours (selon le programme du PCQ) Éthique et culture religieuse (ÉCR). Plusieurs feront vite un rapprochement avec Milton Friedman, grand défenseur des bons d’éducation[3], car on y encouragera la compétition, et donc améliorera les chances des plus démunis. Certains chercheurs diront même que les bons ont pu donner le « coup de pied » nécessaire aux écoles publiques pour qu’elles s’améliorent. Par contre, les bons d’éducation, comme l’allocation familiale, demeurent une intervention indue du gouvernement. Les écoles qui participent au programme – on ne mentionne nul part si c’est volontaire – perdent beaucoup de liberté. Dans plusieurs États aux États-Unis, les écoles participantes doivent remplir une montagne de paperasse, accepter absolument tout le monde qui en fait la demande et ne forcer personne à participer à des pratiques religieuses (si c’est une école confessionnelle); la facture totale pour l’éducation a même augmenté[4]. Aussi, si les politiciens ne réfléchissent pas assez, ils pourraient avoir de mauvaises surprises[5]. Sans compter qu’avec la trop forte culture syndicale qui règne au Québec, un tel programme pourrait donner lieu à de l’intimidation comme en Louisiane[6]. Bref, la solution serait, encore une fois, que l’État ne s’ingère absolument pas dans l’éducation. Ainsi, les parents pourront envoyer leur enfant où bon leur semble, ce qui inclut les écoles qui offriront ou non le cours ÉCR.

 

Une gouvernance sur la bonne voie

 

Du côté de la gouvernance, le PCQ met de l’avant, d’un point de vue québécois, des propositions révolutionnaires. Il est notamment proposé de privatiser la SAQ, cette relique de l’époque de la prohibition, car « Il n’est pas du rôle de l’État de gérer des activités de nature purement commerciales. » Si le processus se déroule comme en Alberta, alors on peut s’attendre à non seulement une chute dramatique des prix et une augmentation des revenus des ventes, mais aussi à une explosion de choix[7]. Toutefois, je suis curieux : considère-t-on l’électricité et les loteries comme « purement commercial »? Dans le premier cas, Hydro-Québec, une compagnie à la gestion plus que douteuse[8], gagnerait sans doute à être privatisée afin que les gens paient le vrai prix de leur électricité. Dans le second cas, Loto-Québec gère un secteur qui n’est pas du tout du ressort de l’État. Sans compter que les revenus de loterie servent avant tout à augmenter la grosseur de l’État et à étouffer la concurrence[9].

 

Toujours dans la gouvernance, on propose l’abolition de la contribution en santé, vue comme un impôt déguisé et propose à la place de réduire les structures administratives et d’augmenter la contribution du privé. On peut placer de grands doutes sur la seconde idée, considérant ses échecs lamentables dans le passé. Aussi, même en les réduisant – et en augmentant la contribution du privé –, on ne règlerait pas le problème fondamentale dans le domaine de la santé : l’intervention de l’État. Partout, même aux ÉU, la totalité ou presque des professions médicales sont protégées par des ordres professionnels, ce qui limite fortement l’entrée de nouveaux docteurs et donc augmente leurs salaires. Au Québec particulièrement, la Fédération des médecins est tellement forte qu’elle empêche la venue d’infirmière praticienne. À défaut d’abolir les ordres, une plus grande intervention du privée pourrait certainement soulager certains patients, comme c’est le cas en Allemagne[10] et même en Suède[11].

 

Un dernier point d’intérêt pour la gouvernance touche les cégeps. On propose leur abolition afin d’adopter le système canadien, soit implanter un secondaire 6 et quatre années de baccalauréat plutôt que trois; on conserverait les cours techniques. Comme c’est le cas avec les bons d’éducation, cette mesure ne s’attaque pas aux problèmes fondamentaux du système, soit un programme étatisé laissant très peu de liberté aux enseignants. Qu’on abolisse le ministère de l’Éducation, et qu’on laisse les écoles se gérer elles-mêmes. Si des gens se regroupent afin de former des commissions scolaires eux-mêmes, grand bien leur en fasse.

 

Un redressement des finances prometteur

 

Le côté financier du PCQ est sans doute ce qui le distingue le plus des partis présentement au parlement. Le parti de Luc Harvey s’engage à réviser la loi sur le déficit zéro et à la respecter. Espérons; le PQ, malgré une loi sur le déficit zéro, avait augmenté la dette de près de 12 G$[12].

 

Une mesure qui aidera à diminuer le déficit est de faire contribuer les fonctionnaires à leur régime de retraite, plutôt que de faire payer le grand public, la plupart duquel n’a aucun régime de retraite. Cette proposition est intéressante, mais le gouvernement (i.e. tous les contribuables) paiera encore une pension à ses employés. À moins qu’il soit absolument impossible de pourvoir à des postes strictement essentiels (justice, sécurité publique), alors les régimes de retraites publics devraient complètement être abolis. Les employés doivent être capables de se prendre en main eux-mêmes.

 

Dans un même ordre d’idée, on propose d’élargir la liste des placements en RÉER accepté, en ajoutant notamment des biens immobiliers et l’investissement dans son entreprise. L’idée est bonne, mais accorde une fois de plus des privilèges inutiles. Si le gouvernement veut vraiment encourager l’épargne, qu’il diminue simplement l’impôt (et abolisse la RRQ) afin que les gens puisse avoir assez pour épargner. Ce qu’ils font de cette épargne ne les concerne qu’eux.

 

Parallèlement, on propose l’abolition du Fonds des générations – on dit qu’il rapporte moins que le cout du financement de la dette – et d’utiliser l’argent pour payer la dette. Dans un contexte de déficits chronique, cette mesure a plein de bon sens. Mais si les surplus venaient qu’à revenir… les autres gouvernements provinciaux ont une réserve (rainy day fund), accumulée en temps de surplus (l’Alberta l’utilise encore, elle qui est en déficit depuis environ 3 ans). Ne serait-ce pas plus sage de suggérer d’avoir une réserve quand les surplus reviendront?

 

Un coup de barre encourageant

 

En plus d’assainir les finances publiques, le PCQ semble le seul à vouloir réviser nos lois du travail caduques et les monstres bureaucratiques qu’elles entretiennent. Le seul engagement concret vise à adresser la transparence et la démocratie au sein des syndicats. Est-ce donc dire qu’on abolira la formule Rand, qui oblige tout le monde à joindre un syndicat? Ou, à tout le moins, est-ce que le Québec deviendra finalement une juridiction de « right-to-work », où les gens peuvent ne payer que la partie de la cotisation qui s’adresse directement à la négociation des conditions de travail[13], ce qui encourage l’emploi[14]? Permettra-t-on de nouveau les briseurs de grève, afin de respecter la propriété privé de l’entrepreneur qui juge qu’il ne peut offrir mieux? Fera-t-on enfin confiance aux employeurs quant à la sécurité qu’ils offrent sur leurs lieux de travail, afin que les normes minimales de la CSST ne deviennent pas, par le fait même, des normes maximales[15]? Abolira-t-on cette infâme loi sur l’équité salariale, qui infantilise les femmes en supposant qu’elles sont incapables de négocier elles-mêmes leurs conditions de travail?

 

L’autre proposition pour aider l’économie vise à « favoriser le développement économique, en s’appuyant uniquement sur des bases scientifiques solides pour évaluer les impacts écologiques potentiels d’un projet et les moyens pour les contrôler. » On parle sans doute du développement des gaz de schiste ici. Ce serait encourageant d’utiliser des faits et non de la peur[16]. Toutefois, ce n’est pas au gouvernement de permettre ou d’interdire quel que développement que ce soit. Si le PCQ veut vraiment encourager le développement économique, qu’il renforce les droits de propriété. C’est la façon optimale d’assurer un développement « durable »[17].

 

De drôles de mesures pour la société

 

Les dernières promesses conservatrices touchent l’intégration des gens. On propose notamment de mettre fin aux pratiques d’accommodements « raisonnables » pour éviter « une inversion du devoir d’intégration des nouveaux arrivants envers la société d’accueil ». Pour se faire, on « adoptera une Charte des valeurs démocratiques propres au patrimoine historique et culturel du Québec. » Il est certes encourageant qu’un parti politique veuille cesser l’accommodation à tout prix des immigrants, mais, encore une fois, ce n’est pas du devoir du gouvernement de s’en charger. Si accommodement il doit y avoir, c’est entre les personnes concernées uniquement. Le seul rôle du gouvernement dans tout ça est d’assurer que les immigrants respectent nos lois et nos chartes. Pas besoin de créer une nouvelle charte, et surtout pas une sur le patrimoine. L’histoire a été créée par les individus, pas par un ensemble homogène.

 

L’autre mesure vise à pousser les personnes aptes au travail à réintégrer le marché du travail et à limiter la durée des prestations qu’elles touchent. Je suis d’accord avec la seconde partie; en coupant les vivres, les personnes auraient plus d’incitatifs à se chercher un emploi, rendant inutile la première mesure. D’ailleurs, si on veut vraiment pousser les gens à travailler, pourquoi n’abolit-on pas tout simplement l’aide sociale? Si les gens veulent palier une perte d’emploi temporaire, ils n’auraient qu’à mettre de l’argent de côté, comme pour la retraite. Ainsi, on n’a pas à se soucier de possibles fraudeurs, et craindre le retour des boubou-macoutes.

 

En conclusion, le PCQ est sans doute le meilleur choix des électeurs qui veulent une intervention réduite du gouvernement. C’est le seul parti qui propose une réduction authentique du rôle du gouvernement dans la société et l’économie. Par contre, les libertariens comme moi risquent de trouver que l’intervention du PCQ est encore trop grande. Il semble encore demeurer omniprésent dans la santé et l’éducation, il semble encore vouloir dominer l’acceptation ou non de projets de développement économique (quoique à moindre échelle) et accorder des privilèges arbitraires à certaines formes de placement. En d’autres mots, il n’y a pas de changements profonds à la structure gouvernementale.



Ça y est!

Par Philippe David

Enfin! Jean Charest a décidé de faire le plongeon et nous sommes maintenant en pleine campagne électorale. Bien entendu, le choix de la date était très stratégique. Dans un peu plus d’une semaine, les CEGEP vont tenter de reprendre les cours, les associations étudiantes tenteront de bloquer la rentrée. La loi 78 commencera à vraiment s’appliquer et tout ce bordel favorisera les libéraux, bien sûr. On l’avait pas vu venir celle-là, n’est-ce pas?

Vive la démocratie étudiante!

Parlant des associations étudiantes, L’AÉSSUM (Association des Étudiants en Service Social de l’Université de Montréal), a tenu une assemblée générale hier dans laquelle a eu lieu un vote pour reconduire le boycott des cours. Sur 638 membres, seulement  59 étaient présents (un gros 9%), 33 ont voté pour et 26 contre. Bel exemple de démocratie. Dire qu’il y en a pour questionner la légitimité du gouvernement des conservateurs à Ottawa et des libéraux à Québec, basé sur le faible taux de participation. Après on veut nous faire croire qu’un vote basé sur un taux de participation de 9%, où les votes de seulement 5% l’ont emporté, est légitime? Et la CLASSE de dire qu’ils ne respecteront pas l’issue des élections? Qu’on ne vienne plus jamais parler que ce boycott a une quelconque légitimité démocratique, même parmi les étudiants. Cette légitimité n’existe pas et n’a jamais existé.

Un poulet dans chaque casserole et une auto dans chaque garage

C’était le slogan électoral de Herbert Hoover pendant la campagne présidentielle de 1928. Force est de reconnaitre que peu de chose ont changé dans les mœurs politiques  depuis ce temps quand on voit Jean Charest nous promettre un chèque de  $100 pour l’achat d’effets scolaires et sa petite promesse de créer pas moins de 250 000 emplois! Quelle foutaise! Rappelons-nous d’abord que ce que le gouvernement vous donne, il doit le prendre, par la force, dans les poches de quelqu’un d’autre. Règle générale, quand le gouvernement vos prend 4$,  un seul dollar est redistribué et les trois autres nourrissent la bureaucratie. Donc, pour chaque $100 donné à une famille, $400 seront prélevés par le fisc. De la même façon, le gouvernement ne peut créer d’emplois que dans le secteur public, tous les autres emplois sont créés par des compagnies privées et les salaires des employés publics proviennent des impôts, prélevés de force dans nos poches. Puisque les emplois publics sont financés par le secteur privé, chaque emploi dans le secteur public réduit d’autant, sinon plus, le nombre d’emplois au secteur privé.  Donc, le gouvernement ne peut en réalité créer aucun emploi qui n’existe pas déjà dans l’économie. Gardez ceci à l’esprit quand vous entendrez un politicien vous offrir des bonbons.

M. Net peut-être pas si net…

Le moins qu’on puisse dire est que l’annonce de la candidature de Jacques Duchesneau à la CAQ a fait des remous. Cependant, quand on s’amène avec des gros sabots, il faut pas se surprendre si des gens vont ensuite fouiner pour trouver les squelettes dans vos placards,  ce que Andrew  McIntosh de TVA a fait. Il appert que M. Duchesneau aurait quitté son emploi comme patron de l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA) dans des circonstances plutôt nébuleuse et que son passage à la barre de cette agence n’était pas sans un bon nombre de cahots. Sous la gouverne de Duchesneau, l’ACSTA a été mise sous surveillance dû notamment à un manque de contrôle de gestion budgétaire et de non-respect des règles de gestion. La gestion déficiente de certains contrats aurait également donné lieu à d’importants dépassements de coûts. M. Duchesneau aurait également dépensé plus de $100 000 en voyages d’affaires et colloques à travers le monde, mais le plus juteux est ceci :

«Apparences de possibles conflits d’intérêts. M. Duchesneau a fait l’objet de nombreuses questions de députés de l’opposition et des médias relativement à des contrats de plusieurs millions accordés par l’ACSTA à une agence de sécurité et à la compagnie de biométrie, parce qu’il avait siégé sur le conseil d’administration de ces entreprises. M. Duchesneau détenait 100 000 options d’achat d’actions pour l’agence de sécurité Garda World. Toutefois, il a affirmé qu’il s’était prévalu de ces options aussitôt qu’il s’est joint à l’ACSTA, en 2002. M. Duchesneau a nié avoir été impliqué dans le choix de ces firmes, et a précisé qu’au moment de son embauche, son curriculum vitae mentionnait tous ses liens passés avec elles.»

C’est ça le type qui s’en vient faire le ménage?

L’ordre établi

Le fait que les médias traditionnels aient un sérieux biais à gauche n’a rien de très nouveau, mais le professeur de sciences politiques  Jean-Herman Guay a fait une réflexion intéressante à ce sujet, question d’ajouter de l’eau à notre moulin. Loin de moi de vouloir faire la leçon à un prof de sciences-po, mais j’ai une critique à son exposé. Il parle de l’ordre établi comme si celui-ci était à droite de l’échiquier politique alors que pas un gouvernement du Québec, tous partis confondus, n’a gouverné à droite du centre depuis Maurice Duplessis. Le consensus a toujours été pour une société sociale-démocrate avec toujours plus d’état et ce depuis la révolution tranquille.  Au Québec, même les profs de sciences-po ne savent pas distinguer la gauche de la droite.

Voir à long-terme

Je reviens brièvement sur mon dernier édito qui recommandait aux gens de droite de voter soit pour le Parti Conservateur ou l’Équipe Autonomiste. J’en vois beaucoup qui désirent voter libéral ou CAQ par peur de voir le PQ  prendre le pouvoir. À ceux-là,  j’aimerais dire de penser à plus long-terme. C’est vrai que ni le PC, ni l’ÉA n’a de chance de former un gouvernement, là n’est pas le point. Si on veut un jour cesser de dire que nous sommes orphelins politiques, il faudra un jour investir dans des partis de droite. Chaque vote que reçoit un parti lui apporte du financement de la part du DGEQ. Ce financement permettra à ces partis de se construire et peut-être finir par s’établir comme des partis sérieux. Si vous ne votez pas où que vous votez pour d’autres partis, ce sont les autres partis qui auront cet argent. Il est temps pour les gens de la droite d’être solidaires et commencer à soutenir ceux qui ont le courage de se lancer en politique pour promouvoir de vraies idées de droite.  Qui formera le prochain gouvernement est sans véritable conséquence, il faudrait voir plus loin pour établir une offre politique de droite.

Congrès de fondation du Parti Conservateur du Québec

Par Michaël Descamps

Après avoir trébuché et s’être relevé, le Parti Conservateur du Québec (PCQ) tenait les 26 et 27 mai dernier à Drummondville, le premier congrès du parti qui en même temps devenait le premier congrès d’un parti conservateur au Québec depuis plus de 77 ans. L’establishment du PCQ avait opté pour Drummondville en son état de ‘’capitale québécoise de la petite entreprise’’.  J’avais décidé de me présenter au congrès malgré certaines appréhensions. Avec tout ce que l’on a entendu sur les évènements des derniers moi, je considérais ma présence au congrès comme une dernière chance que je donnais au parti. Je vais tenter de vous faire un récit fidèle du déroulement de la fin de semaine.

En présence d’une cinquantaine de personnes et d’une quinzaine de candidats nommés, le congrès s’ouvrait sur la vidéo Et si nous avions fais fausse route depuis soixante ans, issue de la campagne 2012 du mouvement Frédéric Bastiat en France. Se succédant au micro, le président du parti, le président de la commission politique et quelques candidats aux élections, nous tenaient tour à tour un discours inspirant au sujet de la droite au Québec. Puis viens ensuite le discours de Luc Harvey qui commença par saluer la contribution de la défunte ADQ et de mouvements tels le RLQ. Le mot d’ordre était donné : au Parti Conservateur du Québec, on s’assume, on est de droite et on ne veut pas d’ambigüité. Selon Luc Harvey, il n’y a pas ‘’plusieurs’’ droite mais plusieurs vision de la droite, qu’elle soit conservatrice, libertarienne ou identitaire. Puisque le Québec est orphelin d’un vrai parti de droite depuis des décennies il est normal qu’aujourd’hui chaque mouvance à droite du centre, essaie de tirer la couverte de son bord et essaie de trouver un parti qui la représente, elle uniquement. Toutefois, sans union, sans harmonisation du discours, sans fronts communs, il sera très difficile de faire bouger les choses au Québec. Luc Harvey continua sur une histoire qu’un chef aborigène lui raconta un jour en Afrique :

‘’Le matin en Afrique quand le soleil se lève, la gazelle s’étire et réchauffe ses muscles pour être agile et prête à courir vite. Elle sait pertinemment que si elle ne coure pas suffisamment  vite, elle se fera manger. Pareillement le lion s’échauffe lui aussi, car s’il ne coure pas suffisamment vite il ne mangera pas. Le chef dit que cette histoire pourrait être comparée à la situation économique de nos pays nordiques….vous au Québec vous êtes comme des gros lions qui ont trop mangé, vous ne savez plus courir. Vous n’avez jamais connu ce que c’est de devoir trouver de la subsistance pour votre famille ou des soins pour vos petits. Ainsi, puisque vous ne connaissez rien de cela, vous avez oublié ce qu’est le travail et vous attendez à ce que tout vous arrive par magie.’’

Mr. Harvey  ajoute une autre analogie en disant que : ‘’le Québec est comme une équipe sportive arrivée à la mi-temps dans une partie ou il perd 5-0. Comme québécois on a le choix de se relever les manches et travailler fort pour réussir ou encore de laisser tomber et retourner au jeu en attendant que les minutes du match s’écoulent et que tout s’écroule pour nous.’’

Pour officialiser l’ouverture du congrès il rappelle que les propositions du congrès du 26-27 mai ne sont que des embryons du programme final et que la commission politique travaillera d’autant plus fort à la suite du congrès. Il rappelle que tout amendement est le bienvenu et rappelle finalement que s’il devient officiellement le chef du PCQ, il est avant tout un militant et qu’il espère n’être qu’un petit passage dans la longue histoire qui se dessine pour le PCQ.

Suite à cela nous avons eu deux conférenciers, l’un au sujet du problème des gangs de rue qui exploitent les jeunes québécoises dans des réseaux de prostitution et l’autre sur l’exploitation sous développée de nos ressources agricoles.

La matinée fut constituée de trois comités d’étude dans lesquels nous étions invités à débattre des différentes propositions. Les trois comités discutaient soit de la Famille, de la Gouvernance ou de  Fiscalité, retraite et travail. En après midi chacune des propositions fut débattue cette fois en la présence de tous. Je ne m’attarderai pas réellement sur le contenu car les propositions seront sur le site du PCQ ( www.particonservateurquebec.org ) sous peu.

 

En soirée un banquet fut servi, qui permis aux membres et aux intéressés d’échanger sur de multiples sujets, à connotations politiques pour la très grande majorité évidemment.

Le dimanche, les propositions qui n’avaient pas été débattues la veille furent discutées entre 09h00 et midi. Pour clôturer le congrès, plusieurs discours vinrent galvaniser les membres du parti. Le mot de la fin fût évidemment pour Luc Harvey qui rappela l’importance de l’unité et du respect. Il rappela que malgré les embuches connues par le PCQ dans les derniers mois, il y a derrières le logo du parti, des dizaines d’hommes et de femmes qui donnent leur temps et leur argent pour défendre une cause qui leur tient à cœur.  Bien que toutes discussions puissent être saines, il ne sert donc à rien de laver notre linge sale en public, surtout si c’est pour verser dans la démagogie. Nous avons pus apprendre que le PCQ compte actuellement 500 membres et que 70 candidats aux élections sont déjà confirmés, 125 candidats devraient être présents dès le mois de septembre. Nous avons aussi eu l’assurance que les problèmes de communications sont choses du passée maintenant. Il ne devrait plus y avoir de problème de carte de membre, de problème sur le facebook ou sur le site web. L’information devrait circuler beaucoup plus facilement. Le parti a pris en note chacune de nos adresses email et numéros de téléphone pour pallier à toute éventualité. Déjà cette semaine sur le facebook du parti on peut sentir une très nette amélioration.

Pour finir sur une note personnelle, il est clair que dans tout parti, il est impossible que l’ensemble des membres s’entendent sur tout. J’ai bien évidemment pus sentir la présence d’une aile conservatrice, d’une aile plus modérée et d’une aile libertarienne. Bien que certain ne soit pas ressorti pleinement satisfait du congrès, la plupart le sont et tous s’entendent pour dire que le parti marche dans la bonne direction. Maintenant…il est très facile de devenir membre et de se joindre à la commission politique pour présenter des propositions qui penchent davantage vers votre vision de la droite, j’ai demandé moi-même à faire partie de la commission dans cette optique.  Pour finir, s’il y a bien une  chose qui me faisait peur avant le congrès mais dont je suis ressorti rassuré, c’est la démocratie au sein du PCQ.

L’épouvantail de la « droite religieuse »

C’est étonnant à quel point le terme « droite religieuse » semble causer tout un émoi ici au Québec. La seule mention de ce terme semble nous ramener à l’époque où l’Église catholique menait nos vies. Automatiquement, on songe au retour à la grande noirceur. On évoque un retour à la criminalisation de l’avortement, à l’homophobie, à l’imposition d’un code moral rétrograde, que sais-je encore. Et si cette épouvantable droite moral n’était que ça: un épouvantail.

Bien sûr il existe des gens qui sont contre l’avortement et qui sont homophobes. Il y en a tant à gauche qu’à droite qui tentent d’utiliser l’état pour imposer leurs valeurs et leur code moral aux autres. Règle générale, ce sont des marginaux. Peut-être pas tant que ça à gauche, mais au Québec en tout cas, à droite c’est des marginaux.

Je vous le dis tout de suite je ne suis absolument pas religieux. Il y a au moins 4 ans que je n’ai pas mis les pieds dans une église. On ne peut certainement pas m’accuser d’être un fanatique religieux. Cependant, puisque je crois en la liberté, je crois donc au droit de chacun de croire ce qu’il veut et agir selon ses croyances. Cela dit, les religions ne me dérangent pas tant qu’ils n’essaient pas de m’imposer leurs croyances.

Un des grand problème de notre société, telle qu’elle est organisée présentement, est cette idée du « one-size fits all ». Nous avons un système de santé à taille unique, un système d’éducation à taille unique et quoi d’autre encore, où nous essayons tant bien que mal de faire rentrer des tas d’individus, tous différents, dans le même moule.  Pourquoi y a-t-il des gens qui imposent leurs valeurs aux autres? Parce que nous semblons incapables de concevoir une société dans laquelle des valeurs différentes puissent coexister. Ici, il faut que tout passe par l’état et que tout soit uniforme. Mais ce paradigme est dépassé.

Ça m’étonnera toujours de voir des partisans de la droite considérer la droite sociale avec dédain. Mais pourtant, quand la liberté est notre idéal et que notre but est de réduire l’influence de l’état dans nos vies, les désirs de la droite sociale n’entreront pas nécessairement en conflit avec le « plus de liberté et moins d’état » que préconise la droite libertarienne ou fiscale.

Selon un article publié hier dans la feuille de chou nationalo-gauchiste (Le Devoir), certains de mes confrères du RLQ auraient une peur bleue de militants de la droite religieuse au sein du PCQ. Après tout, le sinistre Richard Décarie ne fait-il pas partie de leur exécutif? (Jouez votre thème préféré de film d’horreur dans vos têtes)

Passons sur le fait que Le Devoir a tout intérêt à publier des articles pour semer la zizanie parmi les rangs de la méchante droite, de quoi mes collègues ont-ils peur au juste? Un autre débat sur l’avortement? Désolé, c’est une juridiction fédérale, le PCQ n’a rien à voir avec ça, adressez vos plaintes à Stephen Harper. Le mariage gai? Même chose. La justice et l’ordre? Pourtant, la majorité des Québécois étaient pour le projet de loi C-10, alors même si c’est encore une juridiction fédérale, la seule différence que ça ferait d’avoir une gouvernement conservateur à Québec c’est que nous ne chercherions pas à l’adoucir comme Jean-Marc Fournier veut faire. Cependant, comme vous, nous sommes inconfortables avec C-30.

Je vais vous faire un aveu. Sur son site, le PCQ nous fait déjà part de son plan diabolique de domination ultra-catholique (Muahahahaha!). Nous allons abolir le cours d’ECR. Et non, ce cours ne sera pas remplacé par des cours d’enseignement religieux, parce que de toute façon, le PCQ prône une réforme en profondeur de l’éducation, intégrant un système de bons d’études, qui donnera la liberté de choix aux parents. Quelle horreur! … Pour la gauche du moins. Oh, et nous promettons aussi une réforme des services de garde… Oooooooh! Est-ce que je vous fais peur?

Alors,  la prochaine fois qu’on essaiera de vous faire peur avec le fameux épouvantail de la droite religieuse, allez-donc voir le site du Parti Conservateur du Québec et vous saurez qu’il n’y a rien de plus faux.

L’orphelinat

Dimanche dernier a eu lieu le rassemblement tant attendu du Réseau Liberté-Québec. En cette magnifique journée printanière des gens partageant les mêmes convictions se sont réunies à Lévis afin d’échanger et de réseauter. Nous avons eu la chance d’écouter des conférenciers hors-pair et même un peu d’humour. J’ai été honoré d’y jouer une part, si humble soit-elle. 75 personnes se sont présentées le jour même pour acheter leur billet pour participer à la conférence, amenant le total des participants à 450. Ce fût un franc succès.

Malgré tout ça, la conférence s’est déroulée aussi sous un fond de controverse. Quelques jours avant, un article de journal rapportait des propos de Joanne Marcotte où elle qualifiait le Parti Conservateur du Québec comme étant « sectaire » et « puriste ». Étant moi-même militant du RLQ et du PCQ, je me suis désolé de ces propos comme beaucoup d’autres. Dans son discours de clôture, Mme Marcotte s’est d’ailleurs excusé de ces remarques à ceux qu’elles ont offusqué. Elle a également salué le chef du PCQ, Luc Harvey, et l’a félicité pour son annonce à l’effet que toutes les propositions présentées par la commission politique de l’ADQ, dirigée par  Claude Garcia et Adrien Pouliot, seraient reprises par le PCQ. Cependant, elle a également été très claire sur le point que le RLQ n’endosserait pour le moment aucun parti politique. Je crois comprendre pourquoi.

Les orphelins

Nous avons entendu les porte-paroles du RLQ se dire orphelins politiques depuis que l’ADQ a été « racheté par des compétiteurs », pour reprendre les propos de quelqu’un à la conférence. À titre personnel, je ne pourrais pas leur reprocher leur scepticisme. Les nouveaux partis qui viennent tout juste de se former pour tenter de combler le vide n’ont pas encore fait leur preuves. Le PCQ a une longueur d’avance sur l’Équipe Autonomiste qui est tout juste sur le point d’être reconnue par le DGE, et ni l’une, ni l’autre de ces formations n’a tenu de congrès de fondation et n’a présenté un programme.

Un récent sondage des membres du RLQ a révélé que 60% de ces membres n’appuient aucun parti présentement. En qualité de porte-paroles de leur membres, il serait également impossible pour les dirigeants du RLQ de se prononcer en faveur d’un parti alors que la grande majorité de leurs membres sont encore sceptiques. Le RLQ ne peut faire autre chose que de rester neutre dans les circonstances. La balle est dans le court des nouveaux partis politiques de droite. À eux de convaincre les sceptiques et d’accueillir les orphelins.

Comme le Black Block pour la CLASSE

Il y a cependant une ombre au tableau. Si Joanne Marcotte avait qualifié de sectaire et puriste le PCQ, c’est qu’une poignée de personnes disant supporter ce parti mènent une campagne de salissage envers certains porte-paroles du RLQ, notamment contre Mme Marcotte. Des épithètes comme « brainwashée » et « marxiste » ont même été lancées par ces mauvaises langues. Je crois que la réputation de Mme Marcotte et des autres porte-paroles du RLQ comme défenseurs de la liberté et des idéaux de droite n’est plus à faire. De les attaquer ainsi ne fait que discréditer ces gens dont la propre contribution à la cause est plus que douteuse.

Du côté du PCQ, le président, Jeff Plante, m’a assuré que ces personnes ne parlent pas au nom du parti et qu’elles n’en sont même pas membres. Du côté du RLQ, même ceux qui ne sont pas près des membres fondateurs soupçonnent que ces personnes sont des agents du parti.

Que ce soit vrai ou non, ces personnes alimentent la méfiance entre les deux organisation, là où il devrait y avoir des liens cordiaux et coopératifs. Peu importe qu’il s’agisse de têtes brûlées, elles minent la crédibilité du PCQ tout comme le Black Block mine celle du mouvement étudiant lorsqu’il infiltre ses manifestations et cause des dommages matériels et des confrontations. Il faudrait que le PCQ évite de faire comme la CLASSE et dénonce vivement les propos de ces gens sur Facebook afin d’établir un lien de confiance. Même si ces gens ne sont pas membres du parti, ils l’éclaboussent au passage et s’ils sont vraiment des supporteurs du parti, ils devraient cesser cette campagne de salissage immédiatement. En tant que militant du PCQ, j’en suis outré et j’espère que les autres membres du parti qui oeuvrent sincèrement à rallier la droite sous cette bannière, le sont autant que moi.

Lorsque le Parti Conservateur du Québec renaquit de ces cendres, je fus un des premiers à acheter ma carte de membre. J’ai la conviction qu’un jour, il réunira tous ceux qui désirent véritablement un changement au Québec.  Je partage le désappointement de son chef que le RLQ ne puisse ouvertement nous supporter, mais je comprend aussi que si ce n’est pas le cas, c’est parce que c’est à nous de les convaincre et de ne pas nous laisser miner par quelques têtes brûlées.

Affrontements stupides

Caricature - Ygreck

J’ai décidé ce matin de ramener une petite caricature que le talentueux Ygreck avait faite environ 3 mois après le premier rassemblement du Réseau Liberté-Québec, alors que les grandes centrales syndicales du Québec faisaient un caca nerveux devant cette nouvelle manifestation d’une droite qu’ils accusaient d’être « provocante ». Je le fais parce qu’il y en a qui affirment sans rire que le RLQ est une organisation inutile. Pourtant, si cette organisation est inutile, pourquoi y a-t-il des gauchistes avec des pancartes à chaque rassemblement majeur de ce mouvement? Pourquoi, avant qu’elle n’apparaisse, le débat gauche-droite était quasi-absent des médias de masse et que maintenant on s’en parle de plus en plus? Pourquoi depuis la fondation de ce réseau, Facebook est-il littéralement en ébullition au Québec avec des débats sur cet axe?

C’est vrai qu’il en en a qui se font de fausses idées sur ce que le RLQ est ou devrait être. Le RLQ n’est pas un parti politique, ni un groupe de pression, ni un lobby. Le RLQ est un réseau. Il n’a pas d’organisation formelle. Il permet à des gens de droite de se réunir et d’échanger. Il permet de tisser des liens et faire des contacts. Il permet également aux gens de droite de s’éduquer en présentant des conférenciers lors de ses évènements. Finalement, grâce à la visibilité médiatique de ses ténors, il est aussi un canal pour les idées de droite dans les médias. C’est loin de ce que j’appellerais « inutile ».  Alors pourquoi y a-t-il des gens de droite si critiques de ce mouvement?

La droite a une particularité intéressante. Elle est farouchement individualiste. Pas individualiste dans le sens du chacun pour soi, mais individualiste dans le sens que l’individu et ses droits sont au centre de ses préoccupation. Contrairement aux drones collectivistes de la gauche, nous ne voulons pas être issus du même moule et nous ne voulons pas nous plier à des exigences ou des solutions uniques. Nous croyons que les solutions émergent du bas vers le haut et non du haut vers le bas. Les idée sont soumises à la loi du marché et ce sont les meilleures idées qui émergent du processus de la concurrence.

Alors, puisque tous les gens de droite sont tous supposés viser le même but, c’est-à-dire moins d’état, je me vois plutôt perplexe d’assister à des luttes intestines stupides qui portent non-pas sur les idées, mais sur le choix d’un véhicule ou de la méthode ou même des conflits d’égos. Vous trouvez que le RLQ n’en fait pas assez? Fondez votre propre mouvement et essayez d’en faire un succès comme Joanne Marcotte, Éric Duhaime, Ian Sénéchal et Roy Eappen ont fait. Vous êtes orphelins politiques depuis que l’ADQ a sombré et vous haïssez la gueule de Jeff Plante? Faites comme lui et partez votre propre parti et voyez si vous pouvez faire mieux que lui. Mais de grâce, cessez de dénigrer ceux qui tentent de s’impliquer corps et âmes à faire avancer la cause de la droite au Québec. J’ai le privilège de connaitre beaucoup de ces gens et chacun est dédié à sa propre manière à la même cause que vous. Pourquoi leur planter des poignards dans le dos? Les traiter de faux droitistes ou que sais-je d’autre encore? Je croyais que seuls les gauchistes s’attribuaient le monopole de la vertu. Et pourtant, si vous n’êtes pas disposés à faire certains des sacrifices que font les Jeff Plante, Éric Duhaime, Ian Sénéchal, Joanne Marcotte et Roy Eappen ont fait, qui êtes-vous pour les critiquer.

L’important n’est pas le véhicule ou la méthode; l’important, c’est les idées. Les luttes intestines ne mènent à rien. Pendant que vous vous obstinez sur le sexe des anges, le véritable adversaire, la gauche, se bidonne. Si ce que le voisin fait pour promouvoir la cause vous déplait, vous pouvez en débattre, mais s’il persiste, vivez et laissez vivre.

L’ADQ est morte, vive la vraie droite

 

C’est maintenant officiel, l’ADQ n’est plus, vendue par des opportunistes pour un sondage. Le parti qui voulait faire de la politique autrement est maintenant remplacé par un parti qui veut faire de la politique n’importe comment. Avec son logo bigarré, la CAQ ne sera qu’un feu de paille lorsque l’électorat réalisera que François Legault promet tout et son contraire. Mais ils se trompent s’ils croient qu’en éliminant l’ADQ, ils ont éliminé toute compétition à la prétention de « force de changement ». La CAQ étant plutôt un vide idéologique navrant se révèlera vite une force du statu quo de l’état nounou monolithique et non les porteurs d’équité générationelle et de redressement des finances publiques. M. Legault ne sera pas celui qui changera le cap de la province, il continuera de la laisser voguer tout droit vers l’iceberg.

Soyons francs, le positionnement de l’ADQ à la droite de l’axe politique a toujours été mitigé. Ses rangs étaient pollués par des personnalités qui n’ont jamais vraiment eu de positions de droite, ce qui a causé sa déchéance à chaque fois qu’elle s’approchait de la ligne des buts. Comme soit-disant parti de droite, l’ADQ était minée de l’intérieur. Au point que la plupart des militants qui ont crû voir en elle un véhicule de changement, l’ont abandonné. Des 2533 membres encore inscrits, seulement 54% on daigné voter et à peine 30% d’irréductibles droitistes ont voté contre la fusion. C’est donc dire que le parti n’avait plus d’âme.  Sa disparition, loin d’être une défaite pour la droite, libérera l’espace à droite du centre pour un parti qui sera vraiment à droite, pas un qui fait semblant de l’être.

Trois nouveaux partis ont été fondés récemment dans le but de combler ce vide. L’Équipe Autonomiste d’Éric Barnabé, le Québec Autonome et Prospère de Jean-François Néron et le Parti Conservateur du Québec, ressuscité par Jeff Plante et Luc Harvey. Sans vouloir offusquer les quelques supporteurs des deux premiers prétendants, la seule option qui me semble viable jusqu’ici est le Parti Conservateur. Non seulement bénéficie-t-il d’une marque de commerce reconnue, mais l’équipe derrière ce parti est composée de personnes qui n’en sont pas à leur premières armes en politique et qui ont de meilleures chances de rassembler une équipe qui pourra présenter des candidats dans tous les comtés. Leur sortie médiatique de cette semaine fût fort remarquée et fait déjà des vagues. Il m’apparaît donc que c’est probablement le meilleur véhicule pour les aspirations de la droite québécoise.

Certains se plaignent de la personnalité de Jeff Plante (qui est controversée, faut l’admettre) ou de la présence dans l’équipe de membres notoires de la « droite religieuse » comme Richard Décarie. Pourtant, ça ne devrait pas nécessairement être une source d’inquiétude pour les tenants de la « droite économique ». Les enjeux controversés pour la droite sociale que sont l’avortement et le mariage gai sont des juridictions fédérales et ne seront donc pas du ressort du PCQ. Les enjeux qui intéressent ce segment de la droite qui sont du ressort provincial ont plus à voir avec la liberté en éducation, l’élimination des cours d’ECR et des accommodements déraisonnables, la compensation pour les parents qui choisissent de garder leurs jeunes enfants à la maison plutôt qu’à la garderie et la préservation de notre patrimoine historique. Ce sont tous des thèmes qui étaient chers à l’ADQ. Je ne vois pas pourquoi ça deviendrait soudainement une source de friction.

Personnellement, je n’ai aucun problème avec plus de liberté en éducation et avec l’élimination des cours d’ECR et des accommodements. Pour ce qui est de la question des garderies, je considèrerais bien plus équitable de désétatiser les garderies et n’apporter une aide qu’au familles plus démunies pour l’accès aux garderies et laisser le libre choix aux autres familles de payer pour les services de garde qui leur convienne le mieux. Je questionne cependant si c’est vraiment le rôle de l’état de protéger notre patrimoine historique, mais c’est somme toute un point très mineur.

Une victoire de la droite au Québec ne peut se produire qu’en unissant nos forces. Nous ne pouvons pas nous permettre d’exclure certains groupes. Il est toujours possible de trouver un terrain d’entente. Un changement s’impose au Québec. Nous pouvons soit geindre que nous sommes des orphelins politiques maintenant que l’ADQ n’est plus et nous confondre dans des luttes de personnalités. Ou nous pouvons regarder ce qui nous unis, monter à bord du véhicule qui nous est offert et le faire nôtre. Quant à moi, j’ai déjà choisi cette dernière et j’invite les adéquistes et ex-adéquistes à faire de même.