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Dur d’être chef du PQ

Par Philippe David

Il n’y a pas à dire, c’est dur d’être chef du PQ. Ça fait combien maintenant qu’on voit aller et venir depuis 2001?  Quatre si on néglige de compter les chefs intérimaires. Sauf pour Pierre-Karl Péladeau, ils sont tous sortis avec un couteau dans le dos. Le dernier qu’on considérait comme le Messie, tire sa révérence après seulement un an parce qu’apparemment, il ne pouvait pas conjuguer son job et sa famille. Qu’il ait choisi la famille plutôt que le job est tout à son honneur. Il y a probablement beaucoup trop d’enfants de politiciens négligés, au moins les siens pourront retrouver leur père. En fin de compte, le Messie aura été un feu de paille.

Remarquez qu’il avait d’autres raisons de ne pas vouloir rester. Après un an à la barre du PQ, l’homme qui réclamait un pays avec le poing en l’air voit son rêve atteindre les bas-fonds. Le soutien à la souveraineté est au plus bas qu’on l’aie vu depuis très longtemps et le PQ n’arrive pas à rattraper les libéraux malgré tous leurs déboires récents. Tout le monde sait que le PLQ est corrompu à l’os, mais les électeurs le préfèrent quand même à toutes les alternatives. Ça en dit long sur la futilité de la politique québécoise.

Qui remplacera PKP?

Déjà plusieurs noms sont avancés, Jean-Martin Aussant, Jean-François Lisée, Martine Ouellet peut-être? Qui sait? Dans les candidats possibles, je ne vois pas vraiment qui arriverait à convaincre les québécois à endurer un autre référendum sur la souveraineté. Honnêtement, il faudra peut-être que le PQ fasse une petite pause pour se poser quelques questions existentielles. Peut-être qu’ils devraient imiter M. Péladeau et juste «tirer la plogue». Peut-être qu’à ce moment on verrait une alternative au PLQ émerger une fois que les québécois auront cessé de craindre la venue d’un référendum?

Cependant, si le PQ continue, j’ai une chanson-thème à suggérer pour la course à la chefferie…



Si ça fonctionnait, on le saurait…

Par Philippe David

Pour une fois que Philippe Couillard et son gouvernement font quelque chose de bon, les critiques fusent de toutes part, même de la part de chroniqueurs à droite de l’échiquier. Bon sang qu’on est denses ici au Québec quand il est question d’économie! C’est probablement pour ça qu’on est les plus pauvres du Canada alors qu’on a tous les outils pour être parmis les plus riches. 

Bien sûr, je parle de l’acquisition de RONA par Lowe’s et la ô comment prévisible levée de bouclier qui s’en est suivie. Un de nos chers fleurons se fait acheter par ces méchants américains ! Catastrophe! François Legault et PKP sont dans tous leurs états! Gros corporatistes qu’ils sont. 

Petit rappel

En 2012, Lowe’s avait tenté d’acquérir RONA et le gouvernement est intervenu en ordonnant qu’Investissement-Québec et la Caisse de Dépot et Placements du Québec achètent des actions de RONA pour empêcher la vente. Les actions de RONA avaient piqué du nez après que l’achat a été annulé, résultant en une perte pour le bas de laine des québécois. Depuis, les choses ne se sont pas vraiment améliorées pour RONA qui est toujours en perte de vitesse, mais selon les opposants à la vente, on devrait encore gaspiller l’argent de notre bas de laine. Encore une fois, bon sang qu’on est denses au Québec! 

Une bonne chose

Les critiques de l’acquisition de RONA déplorent la perte d’un autre siège social,  mais en réalité ce n’est pas une si mauvaise chose:

  • Lowe’s paie les actions de RONA près du double de leur valeur. C’est un gain appréciable pour les actionnaires (dont la CPDQ fait partie à la hauteur de 17%). Le 3,2 milliards que Lowe’s investit sera bénéfique à notre économie. 
  • RONA continue d’exister, son siège social demeure à Boucherville et sera maintenant appuyé par une compagnie-mère avec des poches très profondes, ce qui assure que RONA sera encore dans le paysage pour longtemps.
  • Ses fournisseur auront une opportunité d’avoir accès au marché américain à travers Lowe’s.

Les exemples abondent de compagnies québécoises qui ont profité d’une acquisition par une compagnie américaine selon Adrien Pouliot, Chef du Parti Conservateur du Québec. En commentaire sur le mur de Mathieu Bock-Côté, il en cite trois:

«Prenez l’exemple de Van Houtte qui a connu une expansion fulgurante suite à son acquisition par Green Mountain. Cette dernière y a investi plus de 50 millions dans l’usine du quartier défavorisé de St-Michel.

Regardez le succès de Deaubois Inc. depuis son achat par Quickrete. La multinationale lui a transféré toute la production qu’elle avait au New-Hampshire.

Regardez A. Richard Ltée, fondée en 1890, achetée par Hyde Tools du Massachussetts. L’acheteur fut si impressionné par la qualité des produits qu’il a transféré à Berthierville toute sa production nord-américaine de truelles de haute qualité et le dg de l’usine québécoise conseille la direction américaine.»

L’acquisition d’une compagnie québécoise par une firme étrangère est loin d’être la catastrophe que PKP et François Legault voudraient nous faire croire. Tout ça, sans que ça ne coût un sous au contribuable

La mentalité de village gaulois

Depuis des décennies, nous nous accrochons à une mentalité de village d’irréductibles gaulois entourés de méchants anglo-saxons et ça nous a donné quoi au juste?  Le Québec dépense trois fois plus que l’Ontario  (pourtant plus populeuse) en programmes d’assistance aux entreprises et nous avons un taux d’entrepreneuriat anémique, une économie qui traine de la patte depuis trop longtemps et les citoyens avec le revenu disponible de plus faible au Canada depuis deux ans.

Il est grand temps de se réveiller et réaliser que l’interventionnisme économique à tout crin que pratique notre gouvernement, tous partis confondus, ne fonctionne tout simplement pas. Einstein définissait la folie comme étant de répéter toujours la même expérience en s’attendant à un résultat différent. Il me semble que si on détenait la formule gagnante, ça ferait longtemps qu’on le saurait.

PKP est le nouveau chef du PQ et la domination du NPD au Québec

Par Simon Leduc

Après une longue course, Pierre Karl Péladeau est devenu le huitième chef du Parti québécois. Ce dernier a complètement dominé la course à la chefferie et il était assuré de l’emporter, et ce, depuis le début. Il est maintenant le chef de l’Opposition officielle et il va devoir présenter et expliquer aux Québécois, sa vision du Québec et ses idées.  Va t-il défendre la social-démocratie à la sauce péquiste où faire un virage à droite? On a eu la réponse lors de son premier discours comme chef du PQ.   Le chef du mouvement souverainiste est un grand défenseur du sacro-saint modèle québécois. Lors de son discours, il a dit que le modèle québécois a permis à la province de s’affranchir économiquement et de créer une société solidaire et égalitaire. Il défend farouchement tous les piliers de la social-démocratie québécoise : les monopoles d’État, le caractère universel du système de santé, la bourse du carbone, un interventionnisme étatique dans l’économie, etc. Il dénonce les politiques d’austérité du gouvernement libéral et il minimise le problème de l’endettement public du Québec. Donc, sous la gouverne de PKP, le Parti québécois va continuer d’être un parti social-démocrate et un gourou du modèle québécois. Cela a le mérite d’être clair.

Mais que sera la priorité de Pierre Karl Péladeau? L’indépendance du Québec sera sa première et seule préoccupation. Il est venu en politique pour faire du Québec un pays et non pas pour diriger une province canadienne. Lors des trois prochaines années, PKP va tenter de nous convaincre du bien-fondé de son option et il va travailler d’arrache-pied pour y arriver. Dans sa quête, le rassemblement de tous les indépendantistes est primordial pour lui. Ce dernier va devoir tendre la main à Québec solidaire et aux souverainistes de droite. Cela ne sera pas une mince tâche, car QS le trouve trop à droite et les conservateurs trop à gauche.

Une majorité de Québécois ne veut rien savoir de la souveraineté, mais c’est la dernière chance du PQ et PKP va y aller le tout pour le tout. Il a obtenu un mandat clair des membres du parti de faire l’indépendance. Ceux-ci savent très bien que PKP est leur dernier espoir. Si un homme d’affaires ne réussit pas à convaincre les Québécois de se séparer du Canada, qui réussira? La majorité des militants se fait vieillissante et elle veut voir, de son vivant, naître la république du Québec. C’est la bataille de la dernière chance. Si PKP réussit, le Québec va devenir un pays, mais s’il échoue, le projet d’indépendance va être enterré pour plusieurs décennies et la survie du PQ va être menacée.

Lors du prochain scrutin, le Parti québécois va jouer son avenir à la roulette russe. Celui-ci va affronter le camp fédéraliste dans une lutte à finir. Est-ce que PKP sera le grand sauveur ou le fossoyeur du projet de pays. Seul le temps nous le dira.

Le NPD est bon premier au Québec :

Selon le dernier sondage CROP-La Presse, le NPD est en avance dans les intentions de vote au Québec avec 42% des voix (47% chez les francophones). Il est encore trop tôt pour parler d’une deuxième vague orange, car les élections vont avoir lieu dans cinq mois. Comment peut-on expliquer la popularité de ce parti dans la Belle province? Je dois dire que c’est un mystère pour moi, et ce, pour trois raisons. Tout d’abord, le NPD est la formation politique la plus centralisatrice à Ottawa. Celle-ci veut intervenir dans les champs de compétence des provinces et sa promesse de créer un ministère des affaires urbaines le prouve bien. Ensuite, les troupes de M. Mulcair se positionnent clairement à gauche du spectre politique. Sur la scène provinciale, les Québécois n’ont jamais massivement appuyé une formation politique de gauche.  Subséquemment, on ne peut pas dire que la députation néodémocrate québécoise a été très présente dans l’espace publique depuis quatre ans. Elle n’est pas du tout présente sur le terrain et sa performance à la Chambre des communes laisse à désirer. Il me semble que ces trois points devraient nuire au NPD au Québec lors du prochain scrutin, mais ce n’est pas le cas. Le parti de Thomas Mulcair reste la première force politique au Québec sur la scène fédérale. À mes yeux, la popularité de ce parti progressiste est un phénomène inexpliqué.