Archives par mot-clé : PLQ

Dur d’être chef du PQ

Par Philippe David

Il n’y a pas à dire, c’est dur d’être chef du PQ. Ça fait combien maintenant qu’on voit aller et venir depuis 2001?  Quatre si on néglige de compter les chefs intérimaires. Sauf pour Pierre-Karl Péladeau, ils sont tous sortis avec un couteau dans le dos. Le dernier qu’on considérait comme le Messie, tire sa révérence après seulement un an parce qu’apparemment, il ne pouvait pas conjuguer son job et sa famille. Qu’il ait choisi la famille plutôt que le job est tout à son honneur. Il y a probablement beaucoup trop d’enfants de politiciens négligés, au moins les siens pourront retrouver leur père. En fin de compte, le Messie aura été un feu de paille.

Remarquez qu’il avait d’autres raisons de ne pas vouloir rester. Après un an à la barre du PQ, l’homme qui réclamait un pays avec le poing en l’air voit son rêve atteindre les bas-fonds. Le soutien à la souveraineté est au plus bas qu’on l’aie vu depuis très longtemps et le PQ n’arrive pas à rattraper les libéraux malgré tous leurs déboires récents. Tout le monde sait que le PLQ est corrompu à l’os, mais les électeurs le préfèrent quand même à toutes les alternatives. Ça en dit long sur la futilité de la politique québécoise.

Qui remplacera PKP?

Déjà plusieurs noms sont avancés, Jean-Martin Aussant, Jean-François Lisée, Martine Ouellet peut-être? Qui sait? Dans les candidats possibles, je ne vois pas vraiment qui arriverait à convaincre les québécois à endurer un autre référendum sur la souveraineté. Honnêtement, il faudra peut-être que le PQ fasse une petite pause pour se poser quelques questions existentielles. Peut-être qu’ils devraient imiter M. Péladeau et juste «tirer la plogue». Peut-être qu’à ce moment on verrait une alternative au PLQ émerger une fois que les québécois auront cessé de craindre la venue d’un référendum?

Cependant, si le PQ continue, j’ai une chanson-thème à suggérer pour la course à la chefferie…



Uber… Parce qu’on est en 2016?

Par Philippe David

La bataille opposant les taxis et Uber s’envenime et fait couler beaucoup d’encre (ou exciter des électrons sur les écrans, c’est selon). Il y a ceux qui disent qu’Uber devrait être carrément interdit parce que de toute façon, c’est illégal, puis ceux qui disent que Uber devrait être légalisé et règlementé comme les taxis, et puis enfin, il y a ceux qui, comme moi, croient que le problème n’est pas Uber, mais plutôt la cartellisation du système de taxi comme tel. Comme toujours, les politiciens ne savent pas sur quel pied danser. Jacques Daoust entend présenter un projet de loi avant le 12 mai, mais il a de la difficulté à rallier ses hauts fonctionnaires à sa vision.

Comme toujours, en particulier au Québec, la controverse est surtout une chicane de territoire et cherche à protéger les groupes d’intérêt et les régulateurs au détriment des consommateurs. Mais quand est-ce que notre gouvernement se soucie des consommateurs au juste? Ici on s’acharne toujours à étouffer les innovations qui sont au bénéfice du consommateur pour protéger les amis confortablement incrustés dans un système qui les enrichit sur le dos de tout le monde. Qu’Uber vienne ébranler les colonnes de ce temple est une bouffée d’air frais.

Remettons les pendules à l’heure

Uber n’est pas un service de taxi, mais un service de co-voiturage. À l’aide d’une application sur les téléphones intelligents, il permet de mettre en contact des chauffeurs indépendants qui utilisent leur propre voiture et des gens qui ont besoin d’aller du point A au point B. Uber ne dessert pas les aéroports, les gares, etc. comme les taxis le font. Ce que fait Uber est plutôt de supplémenter les taxis. Ses chauffeurs ne sont pas des employés,  mais des travailleurs autonomes, assujettis aux lois sur les travailleurs autonomes et paient les taxes selon les mêmes règles que tous les autres travailleurs autonomes. Uber paie les impôts au Québec comme toute autre compagnie qui y opère. Ceux qui racontent le contraire sont de mauvaise foi. Si Uber ne payait pas sa «juste part» d’impôt, il y a belle lurette que Revenu Canada et Revenu Québec seraient venus frapper à sa porte. Le problème n’est pas que Uber et ses chauffeurs ne paient pas de taxes, c’est que le cadre règlementaire qui régit l’industrie du taxi inflige des coût supplémentaires aux opérateurs et chauffeurs de taxi, les rendant moins compétitifs. Ainsi, les règles et les permis de taxi font en sorte qu’un chauffeur de taxi qui gagne $60 000 de revenu se retrouve avec un maigre $22 000 après toutes les dépenses qui lui sont imposées.

Niveler vers le bas ou vers le haut?

Comme solution nous avons le choix de soit niveler par le haut ou niveler vers le bas. Niveler vers le bas signifierait imposer les règlementation onéreuses qui affectent les taxis à des services comme Uber ou Lyft. Règlementations qui existent justement pour limiter l’entrée de nouveaux joueurs dans le marché, sabordant ainsi tout avantage en faveur du consommateur ou même des chauffeurs. Ou nous pouvons niveler vers le haut en libéralisant l’industrie du taxi, ce qui permettait aux taxis de mieux faire concurrence avec Uber, autant au niveau du prix que du service à la clientèle et permettrait aux chauffeurs d’en garder plus dans leurs poches. Dérèglementer l’industrie du taxi est un win-win pour les chauffeurs de taxis autant que pour Uber et les consommateurs. C’est à se demander pourquoi ce n’est pas déjà fait ici comme ça commence à être fait dans beaucoup d’autres villes où Uber et Lyft ont été implantés.

Pour une fois, ce serait bien d’avoir une solution qui serait à l’avantage du consommateur, non? Me semble que ça nous coûterait un peu moins cher que de financer des taxis électriques à grand coups de millions en fonds publics. Pourquoi freiner le progrès? Après tout, n’est-on pas en 2016?



Une nouvelle mine à tarir

Pierre Simard

La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) a annoncé qu’elle irait de l’avant avec la construction d’un train électrique à Montréal. Un investissement de l’ordre de 5,5 milliards de dollars. Dommage pour son « scoop », le premier ministre Couillard avait déjà éventé la nouvelle.

Ce n’est pas que la CDPQ investisse des milliards de dollars de l’épargne des retraités du secteur public et parapublic dans les infrastructures publiques qui est troublant. Investir dans les infrastructures intéresse la plupart des grands fonds de retraite.

D’ailleurs la CDPQ, détient dans son portefeuille une dizaine de milliards de dollars de placement de cette nature hors du Québec.

Pourquoi devrait-on douter des capacités de la Caisse de mener à bien ce projet ? Pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups et laisser profiter les Québécois d’un investissement utile de leur épargne? Pourquoi investir au Québec serait-il plus risqué qu’à l’étranger?

Simplement parce que j’adhère à l’adage populaire voulant qu’aucune personne sensée et saine d’esprit ne devrait jamais confier ses économies à un politicien. Parce que la Caisse, avec ce projet de train électrique, vient de s’ouvrir à une politisation de ses décisions d’investissements.

La politisation des investissements

On aura beau me dire que la Caisse est officiellement indépendante du pouvoir politique, il n’en reste pas moins que la récente annonce a d’abord été faite par le premier ministre Couillard, en marge de l’élection partielle de Chicoutimi.

Par quelle coïncidence lui revenait-il de livrer cette primeur, sinon pour s’en attribuer le mérite? Jusqu’où s’étendra dorénavant son pouvoir d’intervention sur les investissements de la CDPQ?

On peut bien nous marteler que la Caisse reste maîtresse de ses décisions, il faut craindre que cette indépendance soit remise en cause lorsque viendra le temps d’octroyer les mandats de conception et de réalisation des ouvrages; lorsqu’elle devra sélectionner l’option la plus économique et rentable pour faire fructifier l’épargne des retraités.

On peut présumer que les pressions politiques et syndicales seront très fortes pour que cette manne de 5,5 milliards de dollars (pour l’instant du moins) soit partagée entre un fleuron de l’ingénierie locale et BT Holdco, dans laquelle la CDPQ vient par hasard de prendre une participation de 1,5 milliards de dollars.  Ce ne serait pas une première : on se souvient tous du faramineux contrat sans appel d’offres octroyé à Bombardier Transport pour la construction des wagons du métro de Montréal.

Une mine à tarir

En devenant bâilleuse de fonds et gestionnaire de projets d’infrastructures au Québec, la CDPQ s’expose au piège politique, et ce n’est pas les partis d’opposition qui la protègeront des pressions politiques.

Il y a longtemps que la Coalition avenir Québec (CAQ) salive à l’idée d’utiliser la Caisse comme soi-disant levier de développement économique. Quant au Parti Québécois, il ne lui a suffit que quelques heures pour revendiquer, au nom d’un équilibre dans l’offre de transport, un prolongement de la ligne bleue du métro pour l’Est de Montréal.

Au Québec, c’est la norme. Les politiciens s’intéressent davantage aux milliards de dépenses qu’à l’usage qui est fait de l’épargne des Québécois.

Pendant ce temps, à l’autre bout de la 20, le maire Labeaume, qui voulait hier un tramway et aujourd’hui un service d’autobus rapide (SRB), réfléchit à des infrastructures olympiques. Pourquoi ai-je le sentiment que les politiciens ont trouvé dans l’épargne-retraite des Québécois de l’argent frais et une nouvelle mine à tarir?

Les p’tits trains électriques

Par Philippe David

Des p’tits trains électriques, cadeau de Philippe Couillard,
Financés par la Caisse pour $5,5 milliards,
Une grande nouvelle, personne ne dit le contraire,
Mais entre Fillion et Taillefer,
C’est passé sous l’radar.

$5,5 milliards n’est pas une modique somme,
Faut croire que les contribuables ont du cash à la tonne,
De payer $82 millions le kilomètre,
Pour que notre P-M satisfasse sa lubie verte.

C’est beaucoup de fric, il va sans dire,
Mais ils ne vous ont pas dit le pire,
Car chaque année pour payer les intérêts,
Il faudra vendre 55 millions de tickets,

Évidemment avec ces sommes coquettes,
Les syndicats feront la fête,
Et un p’tit $10 je vous parie,
Que Laurent Beaudoin aussi,
Travailler si fort pour gagner son pain,
Pour le retrouver dans les poches de Couillard et ses copains.

Si ça leur prend absolument un chemin de fer,
J’ai une petite suggestion à faire,
Ce petit train pas cher, pas cher.

petit-train-electrique-de-noel_19520

Grand merci à Luc Harvey pour l’inspiration.



Lettre ouverte au ministre de la Sécurité publique M. Martin Coiteux

Par Pierre Simard

Monsieur le Ministre,

J’ai pris acte de vos considérations philosophiques concernant les opposants à votre registre des armes à feu. Pour être honnête, vous ne m’avez guère offusqué. Je ne vois rien de honteux à me faire accuser d’adopter une philosophie anarchiste. Surtout quand l’accusation vient du ministre de la Sécurité publique, celui dont le rôle est justement de veiller au monopole de la violence de l’État québécois.

Je ne suis pas politicien, je vais aller droit au but. Dans le cas du projet de loi sur l’immatriculation des armes à feu, c’est votre gouvernement qui se fait l’apôtre de la violence. C’est vous qui menacez les honnêtes chasseurs et autres propriétaires d’armes à feu d’amendes et de saisies s’ils n’immatriculent pas leurs armes. Ne mêlons pas les choses.
C’est vrai que, contrairement à vous, je n’ambitionne aucune carrière politique. Je ne suis soumis à aucune ligne de parti et je ne crains nullement de déplaire à mon premier ministre. Sans compter, j’en suis conscient, que je n’ai aucun groupe d’intérêt à amadouer pour me faire réélire.

Je ne suis qu’un simple citoyen qui paie ses impôts et qui, jusqu’ici, respectait vos lois. Un Québécois, parmi des centaines de milliers d’autres, qui est en désaccord avec votre projet d’immatriculation des armes à feu.

Comme eux, j’estime que ce registre n’apportera rien à ma sécurité ou à celle de mes concitoyens.

Je me ferai donc anarchiste. Je serai un anarchiste non violent. Je ne combattrai pas votre violence par la violence. Je n’agresserai personne ni ne ferai dommage au bien de quiconque.

Pour tout vous dire, je suis contre toutes les violences, y compris celles sur lesquelles se fonde votre pouvoir.

Aussi, comme je suis un anarchiste qui s’assume, je n’immatriculerai pas mes armes. Ce sera ma résistance, ma rébellion. Je mènerai une révolution paisible contre votre loi liberticide.

Et si nous sommes suffisamment d’anarchistes à le faire, nous ferons tomber votre registre: nous le rendrons inutile.

Pour plus d’information sur la question, je vous invite à prendre connaissance de ce court billet que j’ai déposé sur mon blogue : « Du registre à la désobéissance civile. »

Respectueusement,

Pierre Simard, anarchiste et professeur à l’ENAP

Austérité, mon œil

Par Philippe David

J’ai emprunté un graphique à mon ami Vincent Geloso pour commenter sur le budget déposé mercredi par le ministre des finances Leitao. Les Françoise David de ce monde peuvent bien hurler à l’austérité permanente, en regardant ce graphique, une seule question devrait vous traverser l’esprit : « Quelle austérité? ».  Parce que les réductions de dépenses proposées par le gouvernement, mises en perspective, sont loin d’être aussi catastrophique que ça. En réalité, ce sont des « peanuts ».

austérité

C’est quoi l’austérité?

L’austérité, c’est quand on fait un réel effort pour réduire une situation financière précaire. Or, le gouvernement dépense comme un matelot en permission depuis les années 60. On le voit très précisément sur le graphique. On a institué des tonnes de programmes sans vraiment se demander s’ils étaient efficaces et justifiés. Nous maintenons aussi ces programmes en place, même si, dans bien des cas, ils n’ont plus aucune raison d’être. C’est un peu comme quand vous travaillez au salaire minimum, vous n’arrivez pas à rejoindre les deux bouts, mais vous avez le plus gros forfait télé, internet et cellulaire possible qui vous coûte $250 par mois. Est-il possible que vous n’ayez pas besoin de 200 chaines de télé et le forfait de données du cellulaire?  Couper un peu là-dedans ne vous empêchera pas de vivre, mais vous permettrait peut-être de payer pour l’épicerie? C’est un peu la même chose avec le gouvernement. Un jour ou l’autre, il faut faire le ménage des dépenses et décider si une dépense est justifiée ou non. Pourquoi est-ce si difficile à comprendre pour certains?

Un coup de barre nécessaire

Pour moi, ce qui est le plus positif dans le budget de Carlos Leitao, c’est l’annonce de la formation de deux commissions qui auront pour but de déterminer quelles dépenses peuvent être coupées et comment réformer la fiscalité.  C’est un signe que contrairement aux gouvernements précédents, le gouvernement de M. Couillard fait un effort non-seulement pour réduire les dépenses et la dette, mais de le faire intelligemment, pas juste couper pour couper. Il faut justement que le gouvernement coupe là où il faut couper afin de pouvoir se concentrer sur ses missions essentielles. L’état ne peut pas être tout pour tout le monde. On doit déterminer quelles missions il doit poursuivre, et lesquelles il devrait progressivement abandonner pour pouvoir mettre ses ressources aux bons endroits.

Comme le dit M. Leitao, le budget actuel est un budget de transition. Son véritable test sera le budget suivant. D’ici là, on présume que les deux commissions auront remis leur rapport et auront suggéré des réformes valables. Ça reste encore à voir. Personnellement, je suis sceptique. L’état se réduit rarement de lui-même et trop de gens profitent du statu quo. Pour moi, ils ne couperont jamais assez. Je retournerais volontiers au niveau de dépenses de 1926. Mais je suis réaliste, alors juste de voir le graphique pointer vers le bas serait un bon début.

Les travaux d’Hercule Couillard

Par Philippe David

Maintenant que le nouveau cabinet des ministres a été assermenté, Philippe Couillard aura un défi de taille : celui de réduire les dépenses du gouvernement de 3,7 milliards tout  en créant un climat favorable à l’investissement privé. Le « dream team » économique des libéraux auront fort à faire pour réparer tous les dégâts que les clowns du PQ ont pu faire en 18 mois, autant à l’économie qu’aux finances publiques.

Chaque fois qu’il y a changement de gouvernement, le nouveau ministre des finances déplore toujours l’état des finances laissé par le gouvernement précédent, sauf que cette fois-ci,  je soupçonne que l’état des lieux ressemble beaucoup à l’ancien apparte de Daniel Breton.

Quoi faire? Martin Coiteux aura la tâche ingrate de trouver où il faut mettre la hache. Il en a parlé dans son blogue et je suis certain qu’il a plusieurs idées. Parions qu’un des premiers endroits où il va regarder, c’est le BS corporatif. Dans ce domaine, nous sommes les champions toute catégorie de l’Amérique du Nord et pourtant nous avons l’entrepreneuriat le plus déficient. Martin Coiteux sait que nous pouvons couper gros dans ce domaine sans trop offusquer de gens. Comment la gauche pourrait-elle s’objecter à couper les subventions à ces méchantes corporations? Cependant, ce ne sera pas suffisant et les autres coupes risquent de faire plus mal. Ce sera au prof Coiteux de mettre la théorie en pratique et de se servir de pédagogie. Une petite suggestion : sabrez donc les mères porteuses pour les couples gais avant que ça ne devienne trop populaire. La population n’a pas à financer les choix de vie des autres. Tant qu’à ça, cessez donc de financer les fécondations  assistées et les avortements.

Philippe Couillard, de son côté devra faire preuve de courage politique.  La tâche herculéenne que doit entreprendre son équipe dépendra beaucoup de cran et des couilles d’acier.  Si nous pouvons tirer une leçon du printemps de 2012, c’est que les parasites de l’état seront prêts à tout pour rester fermement accrochés à ses mamelles.

Quoi qu’il en soit, si le courage lui manque, nous savons d’ores et déjà que Philippe Couillard peut certainement emprunter les couilles de … Lise Thériault. Elle a déjà prouvé qu’elle en a à revendre.

Corruption: L’éléphant dans la pièce

Par Philippe David

Depuis l’élection,  beaucoup de gens se demandent comment avons nous élu un gouvernement d’un parti que 18 mois plus tôt nous avions chassé sous des allégations de corruption?  Certains disent même que  nous l’avions chassé à grands coups de pieds au c… Mais en réalité,  les coups de pieds n’étaient pas si grands que ça si on considère que le PQ l’avait remporté par moins d’un pour cent du vote. Signe que l’électorat était moins que convaincu que le PQ offrait vraiment une alternative.

Je me souviens que bien des gens ont laissé échapper un soupir de soulagement en 2007 quand l’ADQ a failli prendre le pouvoir avec une bande de candidats-poteaux et pourtant, j’ai le sentiment qu’ils n’auraient probablement pas pu faire preuve de plus d’amateurisme que le PQ ces 18 derniers mois. Le PQ aura réussi à presque s’auto-détruire. Le fait que Mme Marois ait été abasourdie par sa défaite confirme d’ailleurs le pire que je n’aurait pu imaginer: elle ne savait vraiment pas ce qu’elle faisait. Devant une si flagrante incompétence, quel choix avions-nous?

Maintenant que l’élection est terminée et que la Commission Charbonneau a repris ses travaux, la corruption est de nouveau revenu dans l’avant-plan.  Les révélations sur le PLQ sont pour le moins troublantes et on peut certainement se poser la question si 18 mois de pénitence auront été suffisants. Sauf que de poser cette question manque totalement le point selon moi. Si la Commission Charbonneau a démontré quelque chose, c’est que la corruption n’est pas un phénomène d’un seul parti. C’est un problème endémique au pouvoir.

Le pouvoir corrompt 

Lord Acton disait que le pouvoir corrompt et que le pouvoir absolu corrompt absolument, Dans son roman « Dune », l’auteur Frank Herbert émet une autre hypothèse: « Tous les gouvernements souffrent d’un problème récursif. Le pouvoir attire des personnalités pathologiques.  Ce n’est pas que le pouvoir corrompt, mais qu’il est magnétique aux corruptibles. »

Voyez-vous, notre société est fondée sur un paradoxe: Nous croyons que la nature humaine est fondamentalement mauvaise et que pour cette raison, nous avons besoin d’une entité quelconque pour nous maintenir dans le droit chemin, par la force, si nécessaire. Nous nous sommes donc donné des chefs et des rois, qui à l’origine, justifiaient  leur pouvoir par la sanction divine. Soit ils se représentaient comme des dieux, ou ils étaient ordonnés par Dieu.

Puis vinrent les lumières et des formes de gouvernement plus démocratiques, justifiant leur pouvoir par la sanction du « peuple », plutôt que celle de Dieu. Seulement, la faille dans tout ça est que les gouvernements sont composés d’êtres humains qui sont tout aussi faillibles que le reste d’entre nous et, pis encore, pour désirer avoir un pouvoir sur ses semblables, il faut d’ores et déjà avoir le genre de personalité avec une tendance à en abuser. À quoi sert d’avoir le pouvoir, après tout, si on ne peut pas en profiter?

Nous vivons dans l’illusion que ceux que nous élisons et ceux qu’ils embauchent comme fonctionnaires agissent par altruisme plutôt que par intérêt personnel. C’est une grave erreur pour laquelle nous payons depuis très longtemps, et pas seulement au Québec.  Si vous vous imaginez que de voter pour un parti ou un autre va changer quelque chose, ouvrez les yeux. Ce n’est pas d’hier qu’il y a des histoires de gouvernements déchus pour cause de corruption ici et ce n’est pas demain la veille que ça va changer tant que le système est en place.

Le moindre crosseur

Par Philippe David

Mardi matin on a entendu un grand soupir de soulagement collectif avec les résultats du plus récent sondage de Léger Marketing qui, avec un échantillonnage qui ne laisse qu’une faible marge d’erreur, confirme que le PQ est en chute libre et le PLQ pourrait remporter une majorité. Soupir de soulagement, non pas parce qu’un gouvernement libéral est bien meilleur qu’un gouvernement péquiste, mais parce que bien peu d’entre nous veulent vraiment avoir à supporter l’incertitude et la bisbille constitutionnelle inhérente de tout régime péquiste, et aussi l’incompétence patente que l’équipe de Pauline Marois a démontré depuis les derniers dix-huit mois.

Le spectre de la souveraineté et du référendum

Les partisans du PQ parlent toujours de campagne de peur, chaque fois que les autres partis brandissent le référendum comme épouvantail, et dans une certaine mesure, ils ont raison. Mais ils ne peuvent pas nier non-plus que la souveraineté et la possibilité d’un autre  référendum amène une bonne dose d’incertitude qui affectent les calculs des entrepreneurs et des investisseurs. Si vous vous demandez pourquoi l’emploi et l’investissement privé ont stagné pendant toute l’année 2013, demandez-vous quelle personne saine d’esprit irait risquer des millions là où le régime politique est instable et hostile au développement économique? Risqueriez-vous vos propres économies à démarrer une entreprise pendant que Pauline Marois et Nicolas Marceau sont à la barre de notre économie? Moi pas.

Veut, veut pas, la souveraineté aura toujours un coût économique en termes de peur du changement et d’incertitude de régime. L’entrepreneuriat et la création de la richesse sont des choses qui se planifient sur le long-terme et on ne peut faire ça lorsque la stabilité politique n’est pas au rendez-vous. Si nos élus s’amusent à tout faire pour créer des conflits entre les différents paliers de gouvernement pour tenter d’influencer l’opinion publique, les entrepreneurs et investisseurs mettront leurs projets en veilleuse et laisseront la poussière retomber avant de décider quoi faire. C’est naturel.

Pour en finir avec la charte de laïcité

Cette charte a toujours été un calcul électoraliste de part du PQ et un mauvais calcul en plus. Le PQ a tenté de jouer sur les peurs et l’ignorance de bien des québécois envers l’islamisme et l’immigration afin de se poser en grand défenseur de « l’identité québécoise ».  Tout d’abord, si vous croyez que baliser les accommodements religieux et bannir le port de signes religieux par les employés de l’état va résoudre le problème de la montée de l’islamisme et de l’intégrisme religieux, vous avez de sérieuses délusions. Alors à quoi bon essayer de nous l’enfoncer dans la gorge. D’autant plus, que nous savons d’avance, de l’avis du Barreau du Québec et de la Commission des Droits de la Personne, que ce projet de loi sera rejeté par la Cour Suprême. Donc, la seule raison de vouloir persister et refuser tout compromis sur un projet de loi qu’on sait déjà inconstitutionnel, et d’en faire un enjeu électoral, c’est simplement pour l’instrumentaliser pour gagner une majorité et créer de la zizanie avec le fédéral pour mousser la popularité de la souveraineté. Parce que Dieu sait que les souverainistes sont incapables de de vendre leur projet sur ses propres mérites. Le PQ a fait le pari que les électeurs seraient  si totalement hypnotisés et hébétés par le débat sur la charte pour tout oublier l’incompétence de son gouvernement. Heureusement, les gens ne sont pas aussi stupides.

Les crosseurs

Maintenant, des voix s’élèvent pour aller questionner l’intégrité des libéraux. Je serai certainement le dernier à les défendre, mais d’un autre côté, même si la Commission Charbonneau n’a pas encore dévoilé autant d’incidents impliquant le PQ, elle n’a encore que gratté la surface de la relation entre le PQ et les syndicats, je ne suis pas prêt à dire que le PQ est vraiment plus vertueux sur le plan éthique. N’oublions pas que Mme Marois a déclenché des élections en contravention de sa propre loi sur des élections à date fixe, alors qu’elle et son conjoint étaient convoqués à comparaitre en commission parlementaire pour expliquer le fameux « deal » avec la FTQ. Ça remet certainement en question l’éthique de Mme Marois. J’aurais tendance à croire qui si le PLQ n’est pas tout blanc, le PQ n’a certainement pas de supériorité morale à ce chapitre. Le pouvoir a corrompu également les deux partis, et la seule raison que les autres puissent revendiquer n’avoir aucun squelette dans leur placard, est qu’ils n’y ont jamais gouté.

Donc, si votre choix se limite strictement au tandem PQ-PLQ qui s’échange le pouvoir depuis 1976, vous pouvez peut-être croire que vous votez pour le moins crosseur, mais vous allez inévitablement voter pour un crosseur. Ce n’est pas un terriblement bon incitatif, si vous voulez mon avis. Peut-être que vous devriez considérer voter pour quelqu’un d’autre.

La république de « nananes »

jellybeans1

 

Par Philippe David

 Ça fait un bout de temps que j’observe la scène politique, même si je ne suis pas payé pour le faire. Je sais donc pertinemment que ce n’est pas d’hier que les politiciens achètent des votes. Ça existe probablement depuis la démocratie athénienne. Cependant, nul n’a fait une observation aussi astucieuse à propos de la démocratie que l’écrivain écossais Alexander Fraser Tytler à la fin du 18e siècle. Il écrivait :

« Un régime démocratique ne peut pas perdurer. Il subsiste jusqu’au moment où les électeurs découvrent qu’ils peuvent se voter des largesses aux dépens du trésor public. Dès ce moment, la majorité élit toujours les candidats qui promettent le plus de cadeaux aux frais du trésor public, avec pour conséquence que la démocratie croule sous le poids d’une politique fiscale immodérée, toujours suivie par une dictature.

 La durée moyenne des grandes civilisations depuis le début des temps historiques, a toujours été d’environ 200 ans. Au cours de ces 200 années, ces nations sont toujours passées par les étapes suivantes :

 De la servitude à la foi en Dieu,

 De la foi au courage,

 Du courage à la liberté,

 De la liberté à l’abondance,

 De l’abondance à la complaisance,

 De la complaisance à l’apathie,

 De l’apathie à la dépendance,

 De la dépendance de nouveau  à  la servitude. »

 

Cette semaine, Pauline Marois et son gouvernement multiplient les annonces  de « nananes », félicitant même le comté de Bonaventure d’avoir « voté du bon bord » après avoir annoncé une cimenterie d’un milliard dans ce comté pour « créer » quelques centaines d’emplois, rappelant l’époque de Maurice Duplessis.  Ça sent le patronage à plein nez.  Plus ça change, plus c’est pareil.  Trois cent ans après Tytler, nous tombons encore dans le panneau et nous nous laissons encore acheter avec notre propre argent. Quand allons-nous apprendre? Quand allons-nous briser ce cycle? Jusqu’à quand allons-nous continuer à répéter les mêmes erreurs?

 Soyons honnêtes, le problème ne provient pas du PQ ou du PLQ ou de la CAQ. L’intérêt personnel des politiciens est de se faire élire (ou réélire). En vous offrant des bonbons électoraux, le politicien ne fait que poursuivre son intérêt. Le problème, c’est nous! Nous continuons à voter pour des politiciens qui nous offrent la lune en oubliant que les politiciens ne produisent rien. Tout ce qu’ils vous donnent doit être pris à quelqu’un d’autre. Laissez-moi répéter pour être bien sûr que vous ayez compris. Tout ce que les politiciens vous donnent, a été confisqué de quelqu’un d’autre. En votant pour un politicien parce qu’il vous offre des « nananes », vous cautionnez un système qui déshabille Paul pour habiller Pierre, et qui dilapide généralement de façon éhontée la plus grosse partie de ce qui a été confisqué.

 

Vous vous désolez de la situation du Québec? Vous êtes tannés qu’on soit toujours en peloton de queue en termes  de richesse? Vous êtes tannés de payer des impôts et des taxes pour les voir tomber dans les mains des petits n’amis véreux des politiciens au pouvoir? Cessez de voter pour des politiciens qui agissent comme si l’argent poussait sur les arbres.