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Comment tuer une société

Par Philippe David

«Lorsque vous voyez que les échanges sont faits, non par consentement, mais par la contrainte — quand vous voyez que pour produire, vous devez obtenir la permission de gens qui ne produisent rien. — lorsque vous voyez que l’argent coule vers ceux qui traitent non pas en biens, mais en faveurs — lorsque vous voyez que les hommes s’enrichissent plus par la corruption et l’influence que par le travail, et que vos lois ne vous protègent pas contre eux, mais les protègent contre vous — lorsque vous voyez la corruption récompensée et que l’honnêteté devient un sacrifice — vous saurez que votre société est condamnée.»

Ayn Rand, Atlas Shrugged (La Grève)

Quand Ayn Rand a écrit ces lignes quelque part dans les années 1950, nous étions loin de nous douter à quel point elles seraient prophétiques au Québec (et dans bien d’autres endroits aussi). Comment en est-on arrivé là? Qu’est-ce qui fait que le Québec traîne de la patte depuis des décennies?

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Le déclin constant du Québec en pourcentage du PIB canadien

Une des raisons possibles est ce que j’appellerais la culture du Québec Inc. Ce qui nous pousse à faire des pieds et des mains pour préserver et subventionner nos «fleurons». Saviez-vous qu’au Canada, le Québec est le champion du BS corporatif? De 1981 à 2009, le gouvernement du Québec a dépensé $115,5 milliards en BS corporatif. Pour mettre ça en perspective, c’est plus que l’Ontario, l’Alberta et la Saskatchewan réunis! Naturellement, nos politiciens tentent toujours de nous vendre l’idée que tout cet argent sert à «stimuler» notre économie, mais dans la réalité, il y a loin de la coupe aux lèvres. Malgré tous ces soi-disants «investissements», nous sommes devenus la province la plus pauvre et nous continuons de nous appauvrir. L’engouement de notre gouvernement, tous partis confondus, pour les leviers économiques depuis 65 ans est en train de tuer notre société à petit feu. Voici quelques raisons pourquoi:

  1. Les gouvernements en général sont de pauvres gestionnaires de capital. C’est vrai pour tous les gouvernements, et c’est certainement vrai au Québec. Le but d’une économie sera toujours de fournir aux consommateurs les biens et services qu’ils désirent le plus et non ce qui est politiquement payant. Lorsque les gouvernements s’immiscent dans la sélection de gagnants et perdants dans l’industrie, ils le font pour des raisons politiques plutôt qu’économiques. Pensons à quelques-uns des gros bénéficiaires de la manne de l’État québécois: La cimenterie de Port-Daniel qui n’a aucune raison d’exister puisque les cimenteries déjà existantes ne fonctionnent même pas à pleine capacité. La CSeries de Bombardier qui, malgré les beaux contrats récents, se permet de vendre ses avions à perte grâce à «l’investissement» de $2 milliards des poches du contribuable. Souriez! C’est vous qui payez pour que Delta puisse renouveler sa flotte à rabais! La Davie, qui vit depuis si longtemps sur le respirateur qu’elle a probablement plus de ressemblance avec les zombies de Walking Dead qu’à un fleuron de l’industrie. Et qui peut oublier les belles expériences de la Gaspésia et Tricofil?
  2. Gros coûts, peu de bénéfices. Le Québec subventionne presque trois fois plus que l’Ontario et pourtant nous sommes la province la plus pauvre. Cherchez l’erreur. Si ça fonctionnait, il y a longtemps qu’on le saurait.

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  3. Des dés pipés. Le BS corporatif favorise les gros joueurs au détriment des petits. Les grosses corporations ont beaucoup plus les moyens d’embaucher une armée de lobbyistes pour retirer le maximum des mamelles de l’État. Elles ont aussi beaucoup plus de poids pour faire du chantage pour éviter des pertes d’emplois massives. C’est un transfert de richesse des entreprises les plus petites aux plus grosses, des plus pauvres vers les plus riches, des plus productifs aux plus gaspilleurs et mieux connectés.
  4. Une relation incestueuse. Le BS corporatif a toujours créé une relation incestueuse avec le monde des affaires et le gouvernement. Ce qui favorise la corruption, les retours d’ascenseur et les enveloppes brunes. Quand la manne est aussi grande qu’elle l’est au Québec, il ne faut pas se surprendre que la Belle Province ait la réputation d’être la province la plus corrompue.
  5. Le BS corporatif est anti-consommateur. La raison d’être d’une entreprise est de bien servir ses clients. Si elle remplit bien son rôle, elle sera récompensée par des profits, sinon elle sera punie par des pertes et éventuellement, la faillite. Ce système fait en sorte que les ressources limitées vont vers les entreprises qui ont le plus de succès à satisfaire les désirs des consommateurs. Le gouvernement ne peut rien donner qu’il n’a pas d’abord pris à d’autres. Lorsqu’il finance des entreprises peu profitables au nom de la préservations des emplois, le gouvernement prive les entreprises plus profitables de ces précieuses ressources afin de maintenir les autres, moins adeptes à combler les désirs du consommateur, sur le respirateur. C’est un gaspillage de précieuses ressources limitées qui prive le consommateur des biens et services qu’il préférerait avoir et favorise la production de biens et services dont il ne veut pas. Ça crée une rareté qui fait que le consommateur doit payer plus cher ce qu’il veut pour subventionner ce qu’il ne veut pas. De façon très concrète, ça oblige le contribuable à « acheter » des produits et services dont il ne veut pas. Lorsque le gouvernement donne $7000 par voiture électrique aux fabricants d’automobiles, il force littéralement les contribuables à payer une partie du prix de l’auto électrique de leur voisin.  Ça crée aussi un aléa moral. Pourquoi se casser la tête à servir les clients quand on peut tout simplement se faire subventionner et faire du n’importe quoi plutôt que ce que les consommateurs veulent vraiment? Ce qui m’amène au point suivant.
  6. Plus de lobbying, moins d’innovation. Lorsque les entreprises sont motivées à satisfaire les besoins des consommateurs, elles ont un gros incitatif à innover, investir dans la recherche et le développement et être plus productives et concurrentielles. Pour continuer à demeurer profitables, elles doivent toujours trouver des meilleurs moyens de satisfaire les demandes de leur clientèle. Lorsque que des entreprises sont financées ou autrement protégées des aléas de la concurrence par le gouvernement, elles cessent d’innover. Ça devient plus payant d’embaucher des lobbyistes que d’investir en recherche et développement.
  7. Des permis pour tout et rien sans permis. Au Québec, il est impossible d’entreprendre quoi que ce soit sans permis. C’est presqu’à se demander si ça prend un permis pour respirer. Un permis, c’est quand le gouvernement vous vole votre droit d’entreprendre et vous le revend. Le prétexte est généralement la protection du consommateur, mais c’est un faux prétexte. A-t-on vraiment besoin d’être «protégés» d’une mauvaise coupe de cheveux? Le permis du coiffeur est-il vraiment une garantie d’une belle mise-en-plis? Durant la controverse des taxis vs Uber, on s’est rendu compte qu’aucune vérification des antécédents criminels des chauffeurs de taxi n’était faite. Pour la protection du consommateur, on repassera. En réalité, les permis sont une façon de limiter artificiellement l’offre de biens ou services dans le but de gonfler les prix et favoriser le producteur au détriment du consommateur. Le permis ne protège pas le consommateur contre les abus d’un producteur, il protège plutôt les producteurs des consommateurs en limitant la concurrence.

 

Ayn Rand avait raison

Quand vous êtes forcés à travers la taxation et le BS corporatif de payer pour des produits et services dont vous ne voulez pas. Quand pour entreprendre, vous êtes à la merci de bureaucrates. Quand les lois protègent les corporations plutôt que les consommateurs. Quand c’est plus payant pour un entrepreneur de faire du lobbying plutôt que de faire de son mieux pour satisfaire les besoins de ses clients. Quand l’innovation est sacrifié au nom de la protection d’industries obsolètes. Quand la corruption et le trafic d’influence deviennent la norme comme l’a démonté la Commission Charbonneau. Doit-on être surpris que notre société va de mal en pis et que nous soyons de plus en plus pauvres?

 

Sources des graphiques:

Graphique PIB:  Statistique Canada – Produit intérieur brut aux prix courants, 1961-1993 et Comptes économiques des provinces et des territoire et Tableau 051-0005 et ISQ – Diffusion des Comptes économiques du Québec

Graphique BS corporatif: Statistique Canada: Tableau 384-0010



Vive la prostitution libre!

prostitution libre

Par Philippe David

Puisque le débat a à peine commencé au sujet de la récente décision de la Cour Suprême invalidant les dispositions du code criminel sur la prostitution, j’aimerais donner un point de vue libertarien sur le sujet.

Ce n’est pas que j’aie une admiration quelconque pour le plus vieux métier du monde, mais si les politiciens peuvent pratiquer  leur profession en toute impunité, je ne vois sincèrement pas mas pourquoi les prostituées devraient se cacher pour pratiquer leur art. Surtout qu’il y a une étrange similarité entre les deux.  Mais au moins, la prostitution a  le mérite d’être plus honnête. Avec une prostituée, on sait d’avance qu’on va se faire baiser. Avec un politicien, c’est ce qui finit par arriver, qu’on le veuille ou non… Enfin, vous voyez ce que je veux dire? 

Ce n’est pas que je serais particulièrement fier, si un jour, ma fille décidait de se prostituer. Mais d’un autre côté, je ne serais pas terriblement plus fier si elle se lançait en politique.  Dans les deux cas, j’espère qu’elle aura plus d’ambition. Mais trève de plaisanteries…

La criminalisation de la prostitution n’a jamais eu aucun sens, si ce n’est que pour imposer par la force, l’idée que certains ont de la « moralité ».  Vendre son corps est-il immoral? Pourquoi? Ne sommes-nous pas propriétaires de notre propre corps? N’avons-nous pas le droit d’en disposer comme bon nous semble? Il semble que certains croient que non. Ils semble que certains croient que vous ne pouvez disposer de votre corps que dans la mesure où vous n’offensez pas leurs sensibilités. Mais quelle différence y a-t-il vraiment à se prostituer pour de l’argent ou se prostituer pour le pouvoir. Est-il plus immoral de vendre quelques heures de plaisir, que de saisir par la force la moitié du fruit du labeur d’autrui et l’engloutir dans une machine à gaspiller et dilapider la richesse? Est-il plus immoral d’écarter les cuisses pour un étranger que d’endetter des générations qui ne sont pas encore nées et qui ne peuvent dire un mot pour se défendre? Pourquoi la première serait traitée en criminelle et l’autre pas? Personnellement, ce que fait la classe politique de nos jours m’offense cent fois plus que ce que font les prostituées. Au moins on a du plaisir avec une prostituée, je ne pourrais en dire autant avec un politicien.

Contrairement à la politique, où il y a violence et extorsion, la prostitution est une transaction paisible entre deux adultes consentants au cours de laquelle chacune des deux parties obtient quelque chose qu’elle veux. Pourquoi donc serait-ce immoral ou illégal?

Qu’est-ce que le libertarianisme?

Par Philippe David

Le 3 octobre dernier, Steve Martineau et ses comparses m’ont  reçu à leur émission de radio « Tête à Queue », diffusée sur Radioshock.fm et nous avons discuté de la philosophie à laquelle j’adhère: le libertarianisme. Je vous invite à écouter cette entrevue, mais si vous n’avez pas 48 minutes de libre, je vais aussi vous en livrer un résumé par écrit. Puisque cette philosophie politique commence à émerger dans les médias de masse, j’ai pensé que ce serait une bonne idée de la définir pour nos lecteurs.

1   Définition

Les mots “libertarianisme” ou “libertarien” n’apparaissent pas dans les dictionnaires français. Ce sont des anglicismes qui n’ont pas été acceptés par l’académie de la langue française et qui ne sont utilisés dans la réalité qu’en Amérique du nord. Ce que nous appelons le libertarianisme ici est en fait le libéralisme classique. D’ailleurs, en France, on utilise encore le terme « libéral» plutôt que « libertarien ». Mais ici, le terme « libéral » n’a plus la même signification qu’en France. Un libéral au Québec est un social-démocrate, alors qu’un libéral en France est un disciple du libéralisme classique sur lequel est fondée la civilisation occidentale. C’est le libéralisme issu de penseurs comme John Locke, Alexis de Tocqueville, Frédéric Bastiat ou Thomas Jefferson. C’est la doctrine à l’origine de la déclaration d’indépendance des États-Unis  et de sa constitution. Incidemment, ce sont aussi  ces principes qui ont guidé les pères de la constitution canadienne de 1867. On pourrait donc dire que le libertarianisme est en quelque sorte un retour aux sources de la civilisation occidentale. Le libéralisme classique est fondé sur dix grands principes.

2   Dix principes du libéralisme classique

 

  • La vie d’un individu est une valeur morale universelle et absolue. La vie, liberté et propriété d’un individu non-agressif ne saurait être sacrifiée à aucun but.
  • Chaque individu est propriétaire de son propre corps, son esprit et de son labeur, incluant les objets physiques qui sont le fruit légitime de ce labeur. (Le droit de propriété)
  • Tout individu a le droit de poursuivre des activités nécessaires à l’amélioration de sa vie – incluant ses aspects matériels, intellectuels et émotionnels – en utilisant son propre corps et sa propriété, ainsi que la propriété d’autres personnes consentantes.
  • Les droits d’un individu à la vie, la liberté et la propriété sont inhérents à la nature de cet individu. Ils ne sont octroyés par d’autres  êtres humains et ne peuvent être enlevés par aucune entité. (Le concept de droits naturels)
  • L’initiation de la force physique ou la menace de l’usage de celle-ci ou la fraude contre tout individu n’est jamais permise – Peu importe le caractère ou la position de l’instigateur. Cependant, une force proportionnelle peut être utilisée pour se défendre de ou en réponse à une agression. (Le principe de non-agression)
  • Le seul rôle fondamental d’un gouvernement est de protéger les droits individuels en prenant des actions spécifiquement déléguées à ce gouvernement par ses citoyens. Le gouvernement n’est pas l’égal de la société et n’a pas le droit de sacrifier des individus non-agressifs pour avancer le bien-être des autres. (L’état de droit)
  • Chaque individu a le droit absolu de penser ou exprimer toute idée qu’il veut. La pensée ou la parole ne seront jamais l’équivalent de la force ou de la violence et ne devraient jamais être restreintes ou être sujettes à des pénalités coercitives. Spécifiquement la contrainte et la censure sur la base de religion ou d’idées politiques sont inacceptables en toute circonstance. (La liberté de conscience et d’expression)
  • Le commerce, la technologie et la science sont des forces libéralisantes désirables qui sont capables de soulager les maux historiques, d’améliorer la qualité de vie humaine et l’élever moralement l’être humain. La liberté complète d’échange, d’innovation et de pensée doivent être préservés et soutenus pour tous les êtres humains. (Capitalisme)
  • Les accidents de naissance, de géographie ou de généalogie ne définissent pas un individu et ne devraient jamais générer de restrictions imposées par autrui sur les droits ou les opportunités de cet individu. Chaque individu doit être jugé strictement selon ses qualités personnelles, incluant ses accomplissements, son caractère et ses connaissances. (L’égalité devant la loi)
  • Il n’existe aucune limite « naturelle » ou désirable au potentiel humain de faire le bien, et il n’existe aucun problème substantiel qui ne puisse être résolu par la connaissance humaine présente ou future, l’effort et la technologie. Il tient d’un impératif moral à tous les humains d’étendre leur maitrise de l’univers indéfiniment et de telle façon à assurer la survie et l’épanouissement de tous les individus non-agressifs.

3    Un monde libertarien

 

À quoi ressemblerait une société libertarienne? Certains vous diront que puisque nous voulons minimiser, voire éliminer l’état, qu’un monde libertarien serait la loi de la jungle et au plus fort la poche. Ce n’est pas du tout ça.

3.1  Le rôle de l’État

Pour le libertariens, l’état est la seule entité ayant le droit légal d’utiliser la force et son rôle est d’abord et avant tout de protéger les citoyens contre les agressions extérieures par la force militaire et intérieures par les forces policières et de résoudre les disputes en offrant un système légal. Pour les autres services, les libertariens considèrent que le secteur privé est généralement plus efficace que le gouvernement (ce que notre gouvernement est en train de prouver).

3.2  L’économie

Les libertariens croient que le gouvernement n’a pas à s’ingérer dans la vie économique des citoyens autrement que de punir la fraude et le vol. Le système légal normal devrait donc suffire à règlementer les marchés et prévenir que des gens soient floués dans leurs transactions. Les gens auraient donc le droit de transiger avec qui ils veulent, selon des termes mutuellement acceptables.

3.3  Le filet social

Les libertariens prônent la responsabilité sociale. Ce qui veut dire que nous sommes responsables d’abord et avant tout de nous-mêmes et de nos familles. Prendre soin de nos enfants et de nos ainés, par exemple, est notre responsabilité, pas celle de la société.  Il a été généralement démontré que plus une société est libre sur le plan économique et plus elle est prospère. Dans une société prospère, l’extrême pauvreté est un phénomène marginal et relève de la charité privée. Il est impensable d’utiliser l’État pour forcer les gens à être charitables contre leur gré. L’idée de faire une redistribution forcée de la richesse, comme nous le faisons présentement, est moralement  inacceptable pour un libertarien. Utiliser la force pour saisir la propriété d’autrui est un vol, même si c’est le gouvernement qui le fait avec la bénédiction de la majorité de ces citoyens. Si un citoyen n’a pas le droit d’utiliser la force pour saisir la propriété d’un autre, il ne peut pas déléguer ce pouvoir à son gouvernement, peu importe le nombre de citoyens qui seraient d’accord avec l’acte. La démocratie ne peut servir à violer les droits, seulement les préserver.

3.4  La vie sociale et la vertu

L’État n’a aucune place dans la chambre à coucher. Ce n’est donc pas sa place de dicter ce qui peut se faire ou ne pas se faire entre deux individus consentants. Ce n’est pas sa place également de dicter comment un individu dispose de son propre corps, tant que celui-ci en subit les conséquences et ne nuit pas à autrui. Ce n’est pas à l’état d’imposer une certaine moralité ou une idéologie à l’ensemble de la société par la force. Ce n’est pas à l’État d’imposer une langue d’usage. Sur un territoire, la langue s’impose d’elle-même quand une majorité des citoyens la parlent et transigent avec. L’usage de la force est donc inutile et superflue.

4  Conclusion

Le libertarianisme est l’incarnation nord-américaine du libéralisme classique et adhère à ses principes. C’est une vision de société qui est centrée autour du principe de non-agression et du  respect des droits individuels et de propriété. Le libertarianisme n’est en réalité ni à gauche et ni à droite. C’est la seule philosophie qui est cohérente vis-à-vis l’usage de la force de l’état. La gauche prône l’usage de la force de l’état pour promouvoir l’égalité sociale et la droite prône l’usage de la force pour promouvoir la vertu et la moralité Le libertarianisme condamne l’usage de la force universellement. Les libertariens choisissent de promouvoir le bien collectif par la responsabilité individuelle et la charité et la coopération volontaire.

 

En bonus, je vous offre aussi la vidéo que je mentionne à la fin de l’entrevue: La Philosophie de la Liberté.

Le coût de l’ignorance

 

 Ce texte a été envoyé à mon ami Éric Duhaime et circule présentement sur Facebook. Question de donner matière à réflexion alors que vous vous préparez à voter dans trois jours, je le reproduis ici. J’espère que l’auteur ne m’en tiendra pas rigueur, mais je n’ai pas eu le loisir de lui demander la permission.

 

LE COÛT DE L’IGNORANCE
texte de Michel Roy

Les Québécois s’apprêtent à élire un gouvernement séparatiste et gauchiste, mené de l’intérieur par son aile socialiste radicale alias les purs et durs du PQ, infiltré de toutes parts par les Centrales syndicales et stimulé de l’extérieur par son satellite encore plus radical, Québec Solidaire.

Tout ça sous les hourras euphoriques des médias et des artistes qui ont joué un rôle majeur dans ce désastreux et très imminent résultat.

Nous savons tous qu’une très grande proportion de Québécois, unilinguisme oblige, n’ont jamais écouté, regardé ou lu, autre chose que les reportages locaux et ne sont jamais sortis de leur patelin, sauf pour aller dans des parcs de maisons mobiles unilingues francophones, en Floride. Ils n’ont jamais voyagé, ignorent ce qui se passe à l’étranger et se fient à des envolées patriotiques d’artistes qui ne connaissent rien à l’économie et dont la plupart ne pourraient survivre sans la charité publique, aussi appelée subventions.

Plutôt que de regarder les programmes et l’orientation des partis politiques, ils préfèrent les chasses aux sorcières et aux scandales et ne sont pas capables d’identifier ceux qui, depuis 40 ans, cherchent à «les embarquer dans la cage à homards», pour emprunter l’expression littérale du plus ardent des séparatistes, Jacques Parizeau, lui-même !

Ils ignorent totalement ce qui se passe en Grèce et en France, entre autres, et ne peuvent évidemment donc pas apprendre de ces exemples catastrophiques.

Aujourd’hui même, j’ai eu une longue conversation avec un grand ami qui possède une propriété en France et qui est très bien branché sur l’économie mondiale; ce qu’il me disait était sidérant:

Il y a un peu plus de trois mois, à peine, le socialiste François Hollande était élu comme Président de la France, porté par le même blitz médiatique et artistique anti-Sarkozy que celui anti-Charest auquel on assiste chez nous, surtout depuis 1 an. Or, après seulement un trimestre à l’Élysée, la cote de Hollande a déjà chuté à plus de 55% d’insatisfaction et plus de 5000 chefs d’entreprises français ont déjà complété ou entrepris de déplacer leurs sièges sociaux ou domiciles fiscaux, en Suisse et en Belgique. Et ça ne fait que commencer!

Vous les haïssez les «riches» ? Ceux qui ont étudié, travaillé, investi, risqué, persévéré et créé l’activité économique du pays ? Ceux qui travaillent à leur bureau ou à leur usine, pendant que vous protestez dans les rues ? Ceux à qui vous demandez de payer pour faire garder vos enfants jusqu’à ce qu’ils paient ensuite pour les envoyer à l’école ? Vous les haïssez ?

Et bien, faites-vous plaisir: crissez-les dehors, les riches: vous chercherez ensuite quelqu’un d’autre pour emplir l’assiette dans laquelle vous pigez de façon insatiable !

L’envie et la jalousie ne nourriront jamais personne, bien au contraire ! Et votre réveil sera brutal ! Mais trop tard !

Et quand j’entends les Marois, Khadir et leurs disciples dire qu’ils vont financer toutes leurs utopies en faisant payer les riches et les minières, je préfère de beaucoup, en rire qu’en pleurer. En 1970, convaincus qu’ils tenaient les compagnies minières par les bijoux de familles, les Africains ont décidé de leur imposer des exigences qui ne justifiaient plus l’énorme investissement et le risque très élevé auquel les minières sont confrontées dans cette industrie, la plus dangereusement spéculative au monde.

Que croyez-vous qui est arrivé ? Eh oui: les minières ont plié bagage et après 30 ans de disette, l’Afrique les a rappelés presqu’à genoux, pour pouvoir profiter de ces ressources qui n’ont aucune valeur si personne ne consent les investissements requis pour les extraire et les transformer!

Et il y a un tas d’autres exemple ! Mais comment apprendre de ce qui s’est fait ailleurs quand on n’est jamais sorti de sa cour ?

Au lieu de s’occuper du coût de l’éducation, d’ailleurs déjà le plus bas en Amérique, les Québécois seraient mieux de se préoccuper ……… du coût de l’ignorance !

La question du jour: condamneront-ils oui ou non la violence?

 

Aujourd’hui, aura lieu le congrès de la CLASSE. Un congrès très mitigé qui suscitera la curiosité de plusieurs médias. Depuis plus de deux mois, Gabriel Nadeau-Dubois donne entrevue après entrevue en restant très vague et en se déresponsabilisant de manière ingénieuse. Maintenant, les médias se sont réveillés et la réponse est fortement attendue de toutes parts.  Voici la question du jour : condamnons-nous la violence que certains étudiants ou civils posent? 

 

Gabriel Nadeau-Dubois, le citoyen.

Nous savons tous que Gabriel Nadeau-Dubois n’a malheureusement pas le mandat de se positionner avant que les membres de la CLASSE ne se prononcent sur la question de la violence. Demandons plutôt au citoyen ce qu’il en pense? Que pense le citoyen Gabriel Nadeau-Dubois? À cela, il nous répondrait surement «notre rôle ce n’est pas de dire ce qui est bien ou mal. Notre rôle, c’est d’organiser des manifestations pacifiques et familiales. Si certains individus décident de poser des gestes regrettables, ce n’est pas notre rôle de leur dire quoi faire . . . » Le discours continuerait pendant plusieurs secondes en disant qu’il s’agit de la faute du gouvernement qui « méprise » les étudiants. Retournons au sujet du jour: que pense Gabriel? En traitant Laurent Proulx de « petit con aux parents riches », il démontrait très clairement son mépris envers les étudiants qui ont le courage de demander justice.

Gabriel aurait dû condamner la violence. Si les membres de la CLASSE ne sont pas contents, ils voteront pour le renvoyer ou lui demander sa démission s’ils considèrent que la violence est un moyen légitime. Un vrai leader devrait dire non à la violence et refuserait d’être porte-parole pour des gens violents.

Triste réalité que des leaders étudiants tolèrent et encouragent secrètement la violence depuis plus de deux mois. Ce n’est un secret pour personne, j’éprouve beaucoup de difficultés à accepter qu’une association d’étudiants ne condamne pas la violence. Plusieurs citoyens sont du même avis et trouvent l’atmosphère dans nos rues empoisonnée par la haine des groupes radicaux. Pire encore, le représentant de la CLASSE affirmait à l’émission 24/60 vendredi dernier que ses membres avaient des principes. On ne peut pas trouver cette déclaration crédible après les gestes commis à Montréal vendredi après-midi.  

 

Outils de négociations ou réalité étudiante?

Les manifestants sont en colère, c’est évident. Leurs revendications légitimes s’exprimaient autrefois lors de manifestations pacifiques. Le débat a malheureusement laissé place à un conflit violent et dangereux tant pour les citoyens que pour les étudiants. A fortiori, dans une société civilisée et de droits le recours à la violence ne doit jamais devenir une option à ceux qui veulent se faire entendre. Le 22 mars, vous nous avez démontré en très grand nombre que vous étiez capables  de manifester dans la joie et la bonne humeur. Plusieurs de mes amis ont distribué des bonbons aux manifestants et policiers, alors qu’ils manifestaient pacifiquement. Faut-il que vous soyez un petit nombre pour décider de vous soustraire au civisme? Gandhi, le Dalaï-lama et John Lennon avaient trouvé des moyens originaux et pacifiques pour se faire entendre. Pourquoi pas vous? Pourquoi utilisez-vous la force, la violence et la haine envers les autres étudiants pour attirer l’attention? La raison est très simple : cela vous est utile.

 

La FEUQ et la FECQ doivent se dissocier de cette organisation radicale

La CASSE (oups la CLASSE) est une organisation politique de gauche radicale qui a un agenda qui dépasse largement la hausse des frais de scolarité. « Il s’agit d’une lutte de classes » déclarait son porte-parole principal. La redistribution de la richesse en devient le sujet principal. La gauche préfère redistribuer, alors que la droite préfère la créer. Si le débat s’inscrit effectivement dans la redistribution de la richesse, il faut être honnête et ne pas oublier qui prend part au débat. Il est alors important de noter que les membres les plus radicaux de la CLASSE font également parti du Parti Communiste du Québec. Gabriel Nadeau-Dubois ne peut donc pas condamner les gestes des plus radicaux, puisque la violence s’inscrit dans la stratégie de la CLASSE pour renverser notre système économique et politique.La position de la CLASSE est très claire : elle veut la gratuité scolaire et fera tout en son possible pour l’avoir.

La FECQ et la FEUQ qui défendent le gel doivent sans plus tarder cesser de faire front commun avec la CLASSE. La ministre ne négociera jamais avec un groupe qui n’appelle pas au calme auprès de ses membres les plus extrémistes et elle a raison. Si ce gouvernement défend effectivement de bonnes valeurs, il n’accepta jamais de négocier avec le porte-parole d’une organisation aux principes les plus douteux.

 

Sur une note plus personnelle, je demanderais à tous les élèves de cesser de s’insulter tant dans les rues, les institutions scolaires que sur les réseaux sociaux. Il s’agit d’un débat idéologique, non d’un débat personnel. Il est naturel que vous vous sentiez insultés lorsque l’on confronte votre idéologie, mais ne pliez pas face à l’intimidation et les tactiques syndicales. Vous êtes au-dessus de tout ce cirque qui dure depuis bien trop longtemps. 

La catalogne improbable

La Coalition Avenir Québec (CAQ) défie les règles fondamentales d’un plan d’affaires : faisabilité, rentabilité et marketing. C’est pourquoi je lui colle l’adjectif «improbable».

Faisabilité… Pensez-vous que des élus multicolores, provenant de partis aux antipodes sur le plan des valeurs, puissent siéger à l’Assemblée nationale tout en respectant le voeu des membres qui – eux – sont des adéquistes pour la grosse majorité? Ceux qui ne le sont pas sont droitistes pour le moins.

Rentabilité… Est-ce vraiment pragmatique d’investir tous les efforts de fusion et de fondation d’un parti qui, finalement, consiste à mettre au mixeur les élus de vieux partis dont la population est fatiguée? Excepté pour Gérard Deltell, bien sûr. Et François Bonnardel. Et Sylvie Roy et Janvier Grondin. Ils sont frais. Les autres, tous mutins (ils ont sauté de navires loin d’être en perdition), doivent-ils inspirer confiance?

La CAQ est une catalogne cousue de fil blanc. Un amalgame de carrés de tissus et couleurs hétéroclites et hétérogènes. Comme je répète souvent: hmmmm!

Je trouve tellement dommage de voir quatre parlementaires adéquistes que j’admire aller se fondre dans une masse floue, aller perdre leur temps de parole et leur budget de recherche… Une valeureuse chevalière et trois valeureux chevaliers envoyés au front sans arme ni bouclier.

Vous aurez compris que j’ai fièrement servi comme vice-président du comité exécutif de l’Association adéquiste de Chauveau et que ces gens sont mes mentors.

En tout cas, je souhaite bonheur et prospérité aux élus et aux membres de la CAQ. Puissiez-vous réfléchir au plan d’affaires pendant qu’il est temps.

Le Parti Conservateur renaît au Québec

MONTRÉAL – Alors que certains membres de l’ADQ luttent pour bloquer la fusion de leur parti avec la CAQ et que certains adéquistes déçus sont aller fonder l’Équipe autonomiste, un nouveau parti de droite se manifeste au Québec.  Après de longues années d’absence de la scène politique québécoise, le Parti Conservateur du Québec renait de ses cendres. Anciennement le parti de Gédéon Ouimet, Arthur Sauvé, Camilien Houde et Maurice Duplessis, ce parti a disparu de la carte en 1936 lors de sa fusion avec l’Action Libérale Nationale qui a donné naissance à l’Union Nationale. Un vestige de ce parti a présenté trois candidats aux élections de 1939 et le parti avais disparu depuis.

C’est avec l’ancien député fédéral Luc Harvey comme chef intérimaire et l’animateur de radio Jeff Plante comme président que le parti est maintenant réincarné. Sur le nouveau site web du parti,  MM. Plante et Harvey promettent « plus de liberté, autonomie et moins d’un État qui intervient trop dans nos vies et manquent de respect envers ceux qui les ont élus.  » Parmis les politiques proposées on trouve l’impôt  à taux unique et une réduction de la bureaucratie pour relancer l’entrepreneuriat qui étouffe sous la paperasse inutile. Le PCQ a également pris position pour le projet de loi C-10 et contre les cours d’éthique et culture religieuse obligatoires. Selon les informations prélevées de leur page Facebook, la plateforme du parti sera dévoilé au cours des prochaines semaines. Il semblerait qu’il y en a déjà qui ont commencé à acheter leur carte de membre.

Le vrai piège caché dans le programme de la CAQ – Texte intégral

Image: La première minute

 

Le plan d’action de Monsieur Legault est très astucieux. Les tenants de la droite au Québec tomberont-ils dans le panneau?

Nous parlons aussi du Code de Vinci, d’Audrey Tautou, et Yvon Deschamps est nommé conseiller politique.

 

Lettre ouverte aux tenants de la droite au Québec. (PDF téléchargeable ici.)

Mesdames, Messieurs,

Je viens de parcourir le Plan d’action de la CAQ. J’y ai trouvé un piège pour les partisans de la droite. Je le trouve brillant. Sur une échelle de danger allant d’un à dix, c’est onze. Il est possible qu’il ne soit pas prémédité. Mais à ce stade, ça compte peu si on ne le comprend pas. La clé est dans le contexte et son timing.

Nous avons toutefois un autre problème.

The Medium is the Message

Englobé dans ce contexte, le problème des limites du médium. Nous analysons le monde à travers des fragments d’information sur des téléphones intelligents ou des écrans d’ordinateur qui nous font mal aux yeux tard le soir. Bref, je ne peux pas vous décoder ça en cent quarante caractères sur Twitter ou en un message instantané envoyé sur votre iPhone ou Blackberry. C’est un outil merveilleux, Internet. Mais se taper une couple de pages de texte sur une page Web, ça peut sembler longuet. Les plus vieux, vous rappelez-vous Cité libre, Perspectives et Le Jour, dans le temps où la musique était de la musique? Mais ce temps n’est plus, genre maintenant que vous êtes à me lire.

Si vous êtes comme moi, votre réflexe sera d’imprimer cette page Web ou le PDF pour analyse en prenant une brioche et un café.  Parce que j’ai un beau Code de Vinci pour vous. Je ne suis pas Dan Brown et suis un peu moins mignon qu’Audrey Tautou, mais êtes-vous game? Cependant, si vous n’avez pas lu Le Code de Vinci, vous avancez désormais à vos risques et périls.

Un comique devient malgré lui conseiller politique de François Legault

Au Québec, la plupart des programmes de partis politiques sont pénibles à lire. C’est le beurre et l’argent du beurre, l’importance d’agir sous le signe du changement dans la continuité, dans un français fluide comme de la mélasse verte. Québécois, vous êtes beaux et je vous ai compris. Il nous faut un Québec indépendant dans un Canada fort.

Bon, ça c’est un discours qui marche avec votre voisin mais je m’adresse à un lectorat moins naïf. Le Québec indépendant dans le Canada fort, c’est une phrase d’Yvon Deschamps, pour une époque où la question était voulez-vous l’indépendance.

‘’Quoi, quoi, quoi? Quitter la  maison? Avez-vous perdu la raison?‘’

‘’Madame, Monsieur, nous avons aussi la souveraineté-association en promotion cette semaine. C’est quand même comme quelque chose de grand mais moins cher. Et la garantie est meilleure.‘’

‘’Avez-vous une carte? On va y penser.‘’

À lire le Plan d’action de la Coalition pour l’avenir du Québec, j’ai l’impression qu’en y travaillant l’équipe de François Legault devait avoir la télé allumée pendant la rediffusion d’un spectacle d’Yvon Deschamps sur ARTV. Une reprise une fenêtre sur la fin d’une autre époque, celle où un rêve n’était plus mais que le patient était encore sous le choc, son corps encore plein de l’adrénaline de l’espoir.

Yvon Deschamps était un artiste engagé qui croyait à un monde meilleur et que ce monde devait passer par l’indépendance du Québec. Un comique, Yvon Deschamps? Paraîtrait. Mais il était et demeure un formidable observateur de la comédie humaine. Vous comprendrez que, dans le temps d’un avant et d’un après référendum, il n’était pas homme à laisser ses convictions affecter la finesse de son regard. Elles lui donnaient simplement du mordant.

Monsieur Deschamps a dû avoir profondément mal de voir un peuple incapable de se brancher. Ici, je ne parle pas de tout un peuple. Les tenants du Non étaient-ils moins québécois? Non. Toutefois, à cette frontière où un oui hésitant se transforme en un non, à tort ou à raison, nombres de Québécois fatigués de l’Anglais ont refusé de montrer leur passeport.

Québécois, je vous ai compris.

Mais, Monsieur de la Noüe, ce n’est pas supposé être un texte sur un piège caché dans le programme de la CAQ, cela? Auriez-vous pris des stupéfiants?

Oui, et sans façon, merci.

Quand François Legault écoute Yvon Deschamps en reprise sur ARTV, ce n’est pas pour les tenants d’une droite québécoise

Le Plan d’action de la CAQ me fait penser à une reprise présentée sur une chaîne spécialisée… à minuit moins cinq. C’est ce beurre et son argent qui sont le menu politique servi aux Québécois depuis des décennies par le Parti libéral et le Parti québécois. Le repas est pourtant fait du même animal, il n’y a que la coupe et les assaisonnements qui changent. Les Québécois n’ont pas envie de l’indépendance? Très bien. Mais voilà un demi-siècle qu’ils confient leur sort à des gouvernements interventionnistes.

Je sais que vous savez que le Parti libéral n’est pas un parti de droite. Quand on l’époussette, il ressemble au Parti québécois. Mais, à ce stade, ce n’est pas une perception majoritaire. Moi, je pense que comme Yvon Deschamps un lendemain d’arrache-cœur, François Legault et son équipe nous ont compris. Le Québécois moyen commence à ressentir un malaise face à la politique et un malaise tout court. Mais il n’arrive pas à  mettre le doigt dessus. Il aimerait que ça change mais l’état est depuis cinquante ans la maman qui console et guérit.

Le Modèle québécois est une mère prodigue, un gouvernemaman qui paye à ses enfants des iPhone et des passes d’autobus avec l’argent de leurs études universitaires. Ainsi pense le Québécois moyen, à tout le moins. Il serait plus juste de dire que ce sont les enfants des générations X et Y qui ont payé un méchant party aux baby-boomers et leurs parents. Autrement, les p’tits d’aujourd’hui ils rouleraient tous en Volkswagen.

Il est désormais flagrant que Monsieur Legault n’a pas claqué la porte du Parti québécois sur un coup de tête. Je pense aussi qu’il ne se contentera pas du seul fait d’avoir été fidèle à ses convictions. François Legault et son équipe sont dans l’arène pour remporter le Prix. Et pour séduire, à l’automne 2011, le contexte ne se prête pas à un discours où il faut choisir entre beurre et argent. Il pourrait changer plus vite que certains imaginent mais le fruit n’est pas mûr. Pour devenir Premier ministre, mordre dedans tel qu’il est aujourd’hui équivaudrait à se casser les dents.

À l’automne 2011, la seule façon de rester haut dans les sondages, c’est de proposer une gauche ‘’efficace‘’.

L’est-elle?

Vignettes d’une gauche inefficace? On démêle des affaires.

Monsieur Legault se réclame d’une gauche efficace, capable de reprendre le contrôle des finances publiques tout en maintenant à un niveau élevé l’interventionnisme de l’État. Ici, il faut départager trois éléments.

Un, une vision de la société où l’état est l’acteur dominant.

Deux, la CAQ sera-t-elle oui ou non ‘’efficace‘’ dans la réalisation de cette vision?

Trois, la CAQ prendra-t-elle oui ou non les meilleures mesures pour reprendre le contrôle des finances de l’état québécois et de son hallucinante dette?

Une vision de la société où l’état est l’acteur dominant

François Legault et les partisans de la CAQ pensent que la solution au problème passe par un état touche-à-tout. Au point où en est la situation au Québec, je suis convaincu du contraire. Je pense que le Québec va avoir besoin d’un gouvernement fort, dans le sens d’avec une colonne vertébrale, avec le courage de mettre fin au party de certains s’il veut être capable de mettre un peu de chair sur l’os de la pauvreté, le vrai, celui des sans voix et de tous ces autres êtres humains touchés par le doigt du destin. De plus, pour la classe moyenne, le mouton n’a plus de laine, juste une carte de crédit défoncée. De l’argent, mes amis, il n’y en aura plus des masses à distribuer prochainement. Monsieur du Banquier va présenter sa facture et sera moins intéressé à faire crédit. On parie?

En conséquent, tous ces lobbys prêts à réclamer des hausses de salaire en se réclamant des pauvres pour s’offrir petits fromages, une maison et deux voitures, si vertes soient-elles, ils seront bientôt à marcher dans la rue pour exiger qu’on s’occupe de la pauvreté… la leur.

Au niveau de mes convictions, je suis aussi un de ceux à croire que je n’ai pas besoin d’un gourvernemaman à me dire ce que je peux faire ou ne pas faire tant que je fiche la paix à mon voisin. Je ne veux pas d’un état tellement sûr de mon bien qu’il est prêt à me l’imposer à mon corps défendant. Avez-vous une cigarette?

N’en demeure pas moins, c’est une vision de l’état. François Legault, la CAQ, et tous les gens prêts à y souscrire en ont le droit. L’esprit de la démocratie, c’est ça, un débat où la meilleure défense contre une idée est une autre idée.

La CAQ propose-t-elle une gauche efficace? On s’approche du piège.

Nous voilà devant le piège. Il y a un petit bout de fromage, là, et nous le voyons tous clairement: c’est la nature de la gauche telle que vue par la CAQ. Efficace? Ne tombons pas le panneau, ce fromage nous le laisserons là. Mais le problème est que la détente du piège n’est pas cachée sous ce bout de fromage.

C’est un leurre.

Si le piège n’est pas la nature d’une gauche version CAQ, quel est-il? Ha, ha. Quelque part vers la page soixante-seize de la version poche du Code de Vinci, vous aviez compris qu’Audrey Tautou était parente avec le petit Jésus.

Me voyez-vous venir?

La CAQ est-elle capable de reprendre le contrôle des finances publiques?

Voici le troisième élément à départager. On peut adhérer à une vision interventionniste de l’état tout en se préoccupant sincèrement de la dette du Québec. La ‘’solidarité‘’, il faut quand même avoir les moyens de la payer.

Avez-vous lu l’excellent Éloge de la richesse d’Alain Dubuc? Monsieur Dubuc défend un argumentaire où, pour qu’une redistribution de la richesse soit possible, il faut d’abord que richesse il y ait. Ici, je n’ai nulle envie de tenter de vous résumer sa pensée. Je vais me limiter à vous dire qu’elle est nuancée tout en étant présentée avec rigueur.

Mon point est simple:

Un, le trou noir qu’est devenu les finances publiques n’est pas un enjeu de gauche ou de droite. Il menace la société dans son ensemble.

Deux, c’est toutefois aux tenants de la gauche de s’interroger sur la nature des fleurs du tapis du Plan d’action de la CAQ, pas à la droite.

On y est.

Master and Commander:

Quand le navire est en train de couler, ce n’est pas le moment de regarder aux jumelles la frégate de l’ennemi

L’Action démocratique est aux prises avec un schisme intérieur. Devrait-elle fusionner ou non avec la coalition de François Legault? Dans Union ADQ-CAQ: Le marié est-il le meilleur parti?, j’ai pris position: un vote pour l’ADQ c’est un votre pour l’ADQ. Dans Union ADQ-CAQ: Le regard des petits-enfants sur ces ministres de plus rien, j’ai affirmé que le Québec a besoin d’une droite, que la droite a besoin d’un vaisseau parce que, sans lui, ses partisans seront de vulgaires quémandeurs.

Au moment où je vous écris ceci, l’issue des pourparlers de fusion entre ADQ et CAQ est on ne peut moins claire. Pour ceux qui souhaitent la présence d’un parti de droite au Québec, il y a danger que le bateau soit sabordé ou vendu à l’ennemi.

L’Action démocratique est un parti politique reconnu, il dispose de la flopée habituelle de chartes et de statuts. Le navire prend l’eau mais il a quand même une existence physique et juridique. Dans combien de temps les prochaines élections provinciales? Aurions-nous suffisamment de temps pour dessiner et construire un nouveau vaisseau?

Je n’en ai aucune idée. Et vous?

Alors, pendant que le bateau prend l’eau et qu’il n’y a pas consensus parmi l’équipage, François Legault agite un programme qui n’en est pas encore un. C’est un plan d’action en vingt points, rien d’autre. D’ici les élections, ces points sont sujets à moult révisions ou atermoiements… pour ceux qui lisent entre les lignes et écoutent la radio. On verra. Mais ne perdez jamais de vue que présentement les partisans de la nécessité d’un parti de droite au Québec sont comme le capitaine interprété par Russell Crowe dans le film Master and Commander, forcés de faire des miracles en mers ennemies avec des ressources limitées.

Forcés de gagner.

Vous êtes des corsaires, vous n’êtes pas nombreux, et François Legault sur son bateau est un toréador. Voyez-vous rouge? Savez-vous nager? Dans la mer, il y en a un qui est comme un poisson dans l’eau à vous attendre. Il a de bonnes dents.

Si j’étais Jean Charest, je déclencherais des élections le plus vite possible. Au printemps 2012? Techniquement, le printemps commence dans moins de quatre mois. Un scénario où Monsieur Charest serait à nouveau fait Premier ministre du Québec ne relève pas de la science-fiction. Idéalement, je m’arrangerais pour que l’affaire soit dans le sac avant la Saint-Jean-Baptiste. Autrement, le contexte risque de basculer si rapidement que n’importe lequel des partis en présence, Québec solidaire excepté, pourrait mettre la main sur le Prix. Et ça inclut une ADQ qui serait toujours vivante. Le PQ? Oui. Je n’ai jamais été aussi sérieux.

Ministres de rien ou députés de tout? Peut-être bien plus que députés. Prenez le temps d’y penser. Parce qu’il y a urgence.

Le Québécois moyen est-il à ronfler? Je le crois. Mais peu importe nos travers collectifs, nous ne sommes pas plus bêtes que d’autres. Comme le reste de l’Occident, nous nous sommes simplement débranchés de la chose politique, le nez trop près d’une vitre que j’appelle la culture de l’abrutissement.

Quand on est des vietcongs capitalistes pris pour faire le lavage et la file au supermarché, les batailles rangées on s’abstient

Dans les ‘’Vingt-z-actions pour agir sur l’avenir‘’, je n’ai pas eu besoin de fouiller longtemps pour voir des solutions selon moi incompatibles avec une gauche ‘’efficace‘’ et à me rappeler qu’un gourvernemaman ça me tape royalement sur le système. Et, si vous êtes comme moi tenant de la droite, je suis convaincu qu’il en sera de même pour vous. En quelques pages quelques phrases, votre idée se fait. Vous voyez une incohérence, la faille dans l’argumentaire ou que les totaux présentés ne correspondent pas aux vôtres. Et, comme vous avez les facultés intellectuelles requises, la tentation est forte de vous installer devant votre écran, traitement de texte et chiffriers Excel ouverts.

Je sais.

À ce stade, la plupart de ceux à me lire en sont capables. L’exercice demande cependant une somme de travail considérable.

En partant, ce n’est pas évident. La droite québécoise n’en est pas une d’activistes professionnels. Pour ceux qui ont pris position en sa faveur, le geste en a été un de courage et de sacrifice. Dans un climat de cons sans suce québécois – en trois mots – on y pense à deux fois, chaque fois. Nous sommes entrés dans l’ère du mot de trop, celui capable de détruire une carrière. Dans un Québec où la pensée unique domine, aller à contre-courant constitue aussi un risque.

Des cons sans suce? Sans épine dorsale, pour ne pas dire autre chose, et incapables de supporter la vôtre. Parce que vous les mettez en face de leur lâcheté.

Nous vivons dans un Québec où la majorité a peur d’avoir peur. Même pas besoin de gagner à la loterie de la controverse, prendre position est un geste suffisant pour faire le vide autour de vous. C’est le spectre de la lettre du schizophrène, publiée dans un quotidien qui oublie de numériser les bonshommes allumette qu’il avait pourtant ajoutés pour illustrer son propos. C’est celui d’une cliente qui appelle au service à la clientèle de votre employeur ou d’un de vos fournisseurs, à chanter que si vous persifflez elle ira ailleurs.

Ce n’est même pas sa réalité, c’est un fantôme, c’est un monstre sous le lit. Il ne devient vrai que de peur d’avoir peur.

Madame, Monsieur, si vous prenez position, cette nuit Jean Charest, Pauline Marois et François Legault viendront vous chanter une berceuse. Et, l’autre, là, il déposera… en chambre une pétition en vue de vous interdire, avec un amendement visant à prohiber la vente de chaussures faites en démocratie.

La fin d’un monde s’en vient?

‘’Mais je n’ai pas le temps, moi. Faut que j’aille conduire junior au soccer et c’est le hockey ce soir.‘’

‘’Ce n’est pas à toi que je parlais. Qu’est-ce que tu fais là, à lire l’équivalent rasé d’un discours plate de dictateur barbu? Tu connais des sites plus distrayants.‘’

Bon, il vient de s’en aller sur CENSURÉ POUR LES PLUS VIEUX.

Pendant ce temps, écrit sur la cravate de Bernard Derome:

‘’Si la tendance se maintient, la prochaine élection au Québec sera la plus importante depuis la réélection des libéraux de Jean Lesage en 1962. Hugo Boss.‘’

Nous disions?

Et vous suivez quand même votre conscience. Entre la file au supermarché, le lavage, le plus jeune qui a son otite et ces devoirs de la plus vieille qui exigent un incroyable deux heures, vous prenez un, deux ou trois soirs, sacrifiez des petits moments de liberté au nom d’une plus grande. Celle de votre expression.

Je salue votre courage.

Ce que j’ai à vous soumettre aujourd’hui, c’est tant qu’à accepter de payer le prix, arrangez-vous pour en avoir le maximum pour votre argent.

Nous sommes beaucoup mais pas assez et trop isolés pour ne pas choisir nos combats à chaque fois. Commenter le Plan d’action de la CAQ est important, oui. Mais à ce stade, la majorité des tenants de la droite, observateurs bénévoles de la chose, possède la culture idéologique et économique nécessaire pour le reconnaître pour ce qu’il est au premier coup d’œil: un discours de gauche.

Le Plan d’action de la CAQ, c’est du réchauffé, une poutine passée aux micro-ondes d’un restant de Révolution tranquille. Une cuisine sincère? C’est p’tet vrai, mais c’est pas bien frais.

L’importance des messagers de la remise en question

Présentement, un énorme pan du Québec a de la difficulté à faire la différence entre une droite du centre et celle d’extrémistes. C’est stupéfiant. Littéralement. Pour certains, un débat gauche-droite c’est choisir entre l’interventionnisme du Parti québécois et le discours communisant de Québec solidaire. Les stupéfiants, ce sont eux qui en ont fumé.

Ceci dit… Le piège calculé ou non du programme de la CAQ est de lutter spécifiquement contre lui, maintenant, à force de tableaux qui n’intéresseront que ceux qui savent déjà. Ici, je ne pense pas aux professionnels du commentaire politique ou économique. Eux sont payés pour ça. Pas nous.

À cet effet, les fois où j’allume ma télé, j’écoute l’émission de Mario Dumont. Quand je lis le journal, je commence par Éric Duhaime et Nathalie Elgrably-Lévy. J’ai fait un test empirique de la reconnaissance de leurs noms. Mario Dumont? Tout le monde connaît Mario! Il passe à la télé. Ah, oui? Peut-être. À quelle heure quel poste? Vtélé? Moi, je suis une famille TVA. Oh, moi c’est Radio-Canada, les publications à Monsieur Péladeau, c’est en-dessous de moi.

Ben, voyons, va jouer avec ton cerceau, mon garçon.

Radio-Can, c’est pour les gens qui prennent le thé le petit doigt en l’air. Quant à toi, avec Denis Lévesque tu pourrais attraper une maladie transmissible. Richard Martineau? Oui, mais seulement avec le condom des Francs-Tireurs.

Excusez-moi mais vous faites dur. Pas ces distingués animateurs, pas vous non plus à me lire, distingués lecteurs – vous êtes une poignée. Mais collectivement nous partons de loin. On fait dur. Vraiment.

Parmi ce ‘’petit monde‘’ dont je fais partie, disons qu’il reste du travail à faire pour qu’Éric Duhaime et Nathalie Elgrably-Lévy deviennent ‘’épidémiques‘’. Je pourrais tartiner épais sur l’importance du rôle du Réseau Liberté Québec de Joanne Marcotte et sa bande mais je vais me garder une petite gêne. Une autre fois.

Je sais qu’il y en existe d’autres qu’eux, des aussi intéressants. Et les idées qu’ils défendent n’appartiennent à aucun individu. Dans mes écrits, j’ai à date parlé de Monsieur Duhaime et Madame Elgrably-Lévy parce que je les considère actuellement comme les meilleurs vecteurs d’une remise en question du discours souvent simpliste des tenants d’une gauche ‘’unique‘’ qui rêve de nous transformer en enfants obéissants. Même chose pour Mario Dumont aujourd’hui. Ils n’en sont pas là, mais l’épidémie ne pourrait demander que quelques pichenettes.

Mais la pomme ne tombe jamais loin du pommier. Gauche, droite, les Québécois sont des gens d’émotion. Pour les tenants de la droite, dans le contexte actuel, nous sommes exposés à beaucoup d’émotions. Il y a risque de voir rouge et devenir taureaux.

La conjoncture telle que je la vois

1. Les tenants de la droite par conviction sont peu nombreux.

2. La majorité d’entre eux ont très peu de temps à leur disposition.

3. La droite a besoin d’un vaisseau politique parce que, sans lui, ses partisans seront de vulgaires quémandeurs.

4. L’ADQ pourrait couler à pic ou tomber aux mains d’une gauche qui, si efficace soit-elle, n’en est pas moins une gauche ‘’gouvernemaman‘’.

5. Est-il possible de créer à partir de rien une nouvelle formation politique de droite comparable à l’ADQ avant les prochaines élections?

6. S’attaquer maintenant au Plan d’action de la CAQ, c’est trébucher dans les fleurs du tapis. C’est le vrai piège.

7. Un grand travail de diffusion ‘’générale‘’ des idées de droite auprès du public reste à faire. Au niveau de l’engagement citoyen, un vaisseau existe et c’est le Réseau Liberté Québec. Au niveau de la diffusion des idées, des vecteurs, ceux sur lesquels miser en premier sont Éric Duhaime, Nathalie Elgrably-Lévy et la bande à Mario Dumont. Je heurte certains mais regardez les chiffres.

La radio de Québec? Une autre fois. Aujourd’hui, je parle de la province.

8. Il reste une éternité politique avant les prochaines élections provinciales. Le contexte peut changer et rendre l’électorat plus réceptif, et il reste du temps pour faire valoir des points de vue ‘’de droite‘’. Il n’est pas trop tard.

9. Si l’ADQ est la meilleure solution en tant que navire politique, de combien de temps dispose-t-elle?

10. Cette question est d’autant plus pressante à régler parce qu’un parti politique a besoin de militants et d’une machine bien rôdée. Présentement, le moteur est sur l’établi, en instance de pièces détachées.

11. Dans le climat actuel au Québec, additionné aux tensions internes à l’ADQ, plusieurs hésitent aussi à prendre position. J’affirme que la prochaine élection provinciale sera la plus importante de l’histoire du Québec depuis la réélection du Parti libéral en 1962. Pas de bateau, mes amis, nous allons regarder le train passer. Moi, je pense que ça mérite de prendre des risques.

Conclusion

Selon moi, pour la droite, François Legault est un toréador.

On s’en reparle.

           

Éric de la Noüe

 

© 2011, Éric de la Noüe. Tous droits réservés.

Commentaires : eric@lapremiereminute.ca

La semaine prochaine, si la tendance se maintient, et si je n’ai pas trop de linge sale à laver, je devrais préciser ma pensée sur l’importance de cette prochaine élection provinciale. Autrement, j’aurai peut-être en attendant un texte en psychologie à vous proposer comme plan… B. On verra. Revenez me voir. Perry Ellis.

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NOTES

VOUS AVEZ DÉNONCÉ ET C’EST CE QU’IL FALLAIT FAIRE. SUIVANT!

Quelque part, je soupçonne que des gens meilleurs que moi ont pris clavier et calculatrice pour dénoncer certains points du Plan d’action de la CAQ. C’est parfait. Au point un de la page seize du ‘’Plan’’, moi je voyais déjà matière à ventiler. De telles actions sont nécessaires et vous êtes en train d’inscrire votre nom dans la petite et la grande histoire du Québec. À date, personne de la droite ne s’est encore fait planter de banderilles dans le dos. Enfin, pas dans ce dossier, n’est-ce pas?

Alors, écrivons de nouvelles pages, ensemble, et livrons le combat de maintenant.

Tout au cours de 2012, nous aurons besoin de ceux qui savent compter pour livrer ce combat d’après-demain. Pendant le magasinage de Noël, n’oubliez-pas de faire provision de recharges d’encre pour votre calculatrice. Vous allez en avoir besoin.

LE PLAN D’ACTION DE LA CAQ

‘Toujours préférable de se faire sa propre opinion à partir des faits. En date de publication de ce texte, il est téléchargeable ici.

Site officiel de la CAQ

MASTER AND COMMANDER

Le film, sur Wikipédia.

YVON DESCHAMPS

À la fois le Beatle et le Rolling Stone de l’humour au Québec.

Sur Wikipédia.

DES VOIX QUI MÉRITENT D’ÊTRE ENTENDUES

Réseau Liberté-Québec

Éric Duhaime

Nathalie Elgrably-Lévy | Archives IEDM

Joanne Marcotte                

LE MYSTÈRE MARIO DUMONT

Cofondateur de l’ADQ et chef de l’opposition officielle au Québec en 2007-2008, Monsieur Dumont ne fait plus l’actualité, il la commente. Il n’a pas peur non plus de laisser l’ensemble du spectre politique venir s’exprimer à son émission. Le coloré et distrayant Gilles Proulx est un collaborateur régulier. Patrick Lagacé, coinventeur de la Clique du Plateau avec son ami Jeff Fillion, est aussi un régulier du plateau.

J’y vois parfois Mathieu Bock-Côté, un des esprits les plus fins en analyse politique et sociale à se révéler au Québec ces dernières années, à un point tel qu’il pourrait être français ou Denise Bombardier. Vous devriez le lire, lui aussi.

Ignorer une émission réseau qui propose autre chose que de la pensée unique réchauffée est un non-sens. Programmez vos Illico, Bell ou autres et essayez Mario Dumont une semaine.

Mario Dumont sur Vtété

Mathieu Bock-Côté, blogue | Chroniques Journal de Montréal

CLIQUE DU PLATEAU

Groupe d’individus à portefeuilles en terre cuite portant des chemises en biscuits Graham. En guerre contre la droite, les capitalistes obligés de travailler et le plaisir des autres, particulièrement quand il s’appelle Jeff Fillion, un animateur de radio de la région de Québec. Également un code postal pour journalistes.

ALAIN DUBUC, ÉLOGE DE LA RICHESSE

Cœur et idéologie à gauche, Monsieur Dubuc nous fait la démonstration que l’argent n’est jamais sale quand il permet de faire le bien. Et la meilleure façon de lutter contre la pauvreté c’est de créer des emplois. Quant à les taxer… hum…

Chroniques dans Cyberpresse | Son livre chez Archambault | Renaud-Bray | Amazon

LE ‘’NAME DROPPING‘’ NE PAYE PAS

Je viens de nommer tellement de belles gens aujourd’hui que j’aimerais bien pouvoir recevoir deux dollars par nom encensé. Mais je n’ai rien à leur vendre… à eux. De plus, je ne suis pas sûr que ma caution vaille deux piastres du nom.

AVIS JURIDIQUE

Je suis membre du Réseau Liberté-Québec, à titre de citoyen, mais les opinions exprimées dans ce texte sont uniquement les miennes.

Le vrai piège caché dans le programme de la CAQ – FILM

image: La première minute

 

Le plan d’action de Monsieur Legault est très astucieux. Les tenants de la droite au Québec tomberont-ils dans le panneau?

 VERSION:

REGARDEZ LA FIN DU FILM POUR RACONTER LE PUNCH À VOS AMIS

 

Extraits d’une lettre ouverte aux tenants de la droite au Québec.

Mesdames, Messieurs,

Je viens de parcourir le Plan d’action de la CAQ. J’y ai trouvé un piège pour les partisans de la droite. Je le trouve brillant. Sur une échelle de danger allant d’un à dix, c’est onze. Il est possible qu’il ne soit pas prémédité. Mais à ce stade, ça compte peu si on ne le comprend pas. La clé est dans le contexte et son timing.

La conjoncture telle que je la vois

1. Les tenants de la droite par conviction sont peu nombreux.

2. La majorité d’entre eux ont très peu de temps à leur disposition.

3. La droite a besoin d’un vaisseau politique parce que, sans lui, ses partisans seront de vulgaires quémandeurs.

4. L’ADQ pourrait couler à pic ou tomber aux mains d’une gauche qui, si efficace soit-elle, n’en est pas moins une gauche ‘’gouvernemaman’’.

5. Est-il possible de créer à partir de rien une nouvelle formation politique de droite comparable à l’ADQ avant les prochaines élections?

6. S’attaquer maintenant au Plan d’action de la CAQ, c’est trébucher dans les fleurs du tapis. C’est le vrai piège.

7. Un grand travail de diffusion ‘’générale’’ des idées de droite auprès du public reste à faire. Au niveau de l’engagement citoyen, un vaisseau existe et c’est le Réseau Liberté Québec. Au niveau de la diffusion des idées, des vecteurs, ceux sur lesquels miser en premier sont Éric Duhaime, Nathalie Elgrably-Lévy et la bande à Mario Dumont.

La radio de Québec ? Une autre fois. Aujourd’hui, je parle de la province.

8. Il reste une éternité politique avant les prochaines élections provinciales. Le contexte peut changer et rendre l’électorat plus réceptif, et il reste du temps pour faire valoir des points de vue ‘’de droite’’. Il n’est pas trop tard.

9. Si l’ADQ est la meilleure solution en tant que navire politique, de combien de temps dispose-t-elle?

10. Cette question est d’autant plus pressante à régler parce qu’un parti politique a besoin de militants et d’une machine bien rôdée. Présentement, le moteur est sur l’établi, en instance de pièces détachées.

11. Dans le climat actuel au Québec, additionné aux tensions internes à l’ADQ, plusieurs hésitent aussi à prendre position. J’affirme que la prochaine élection provinciale sera la plus importante de l’histoire du Québec depuis la réélection du Parti libéral en 1962. Pas de bateau, mes amis, nous allons regarder le train passer. Moi, je pense que ça mérite de prendre des risques.

L’essentiel de mon raisonnement concernant le piège

Je viens donc d’écrire une lettre ouverte aux tenants de la droite au Québec. C’est la fin du film! Mais vous avez manqué pas mal d’action. Audrey Tautou, Yvon Deschamps et Russell Crowe ont des rôles de soutien.

C’est aux tenants de la gauche de s’interroger sur la nature du Plan d’action de la CAQ, pas à la droite. Le vrai piège est là, parce que la droite au Québec n’en est pas une d’activistes professionnels. Nous devons choisir nos combats chaque fois. La majorité d’entre nous possédons la culture nécessaire pour voir ce plan pour ce qu’il est: un discours de gauche réchauffé aux micro-ondes.

François Legault agite un programme qui n’en est pas encore un. C’est une distraction. François Legault est un toréador. Voyez-vous rouge?

Une brioche et un café pour alimenter votre réflexion

Si ma liste vous interpelle, prenez connaissance du texte intégral de ma lettre. Ça vous fera quelque chose à lire en prenant une brioche et un café.

Cannelle, sans sucre dessus, s’il vous plaît.

Merci

 

Éric de la Noüe

 

© 2011, Éric de la Noüe. Tous droits réservés.

Commentaires : eric@lapremiereminute.ca

La semaine prochaine, si la tendance se maintient, et si je n’ai pas trop de linge sale à laver, je devrais préciser ma pensée sur l’importance de cette prochaine élection provinciale. Autrement, j’aurai peut-être en attendant un texte en psychologie à vous proposer comme plan… B. On verra. Revenez me voir.

PDF imprimable de ce texte : www.lapremiereminute.ca/lezamis/adq-caq

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Le déclin du « modèle québécois »

Cela fait maintenant 5 ans, presque jour pour jour, que Joanne Marcotte a lancé son film, L’Illusion Tranquille. Ce documentaire politique avait fait bien des remous à l’époque et force est d’avouer qu’il est encore tout aussi d’actualité aujourd’hui qu’il y a 5 ans. Maintenant Joanne Marcotte récidive avec son premier livre, « Pour en finir avec le Gouvernemaman ».

Si vous entretenez encore l’illusion que les choses vont bien au Québec, et honnêtement il faut être sérieusement dans sa bulle pour le croire, ce livre vous causera un choc nerveux.  De la première à la dernière page, Joanne Marcotte vous guide à travers une démolition contrôlée de tous les mythes de la société québécoise. Suivant un modèle similaire à celui de L’illusion Tranquille, elle s’exprime par la plume de divers chroniqueurs, éditorialistes et écrivains afin de démontrer les lacunes de notre état-providence et ses effets pervers sur notre société.

Elle commence par montrer comment notre état-nounou nous infantilise et nous déresponsabilise.  Puis elle nous amène à constater la source de notre immobilisme, ce qu’elle appelle « la pathologie de l’auto-diagnostic ».  Elle nous parle de tout ces rapports qui ont été commandés au fil des ans et qui proposaient des solutions diverses, mais qui se sont tous retrouvés sur les tablettes, comme le sera probablement celui de la Commission Charbonneau.

Elle nous démontre comment différents acteurs y trouvent aussi leur compte et obtiennent des privilèges de l’état au détriment de tous, que ce soit par des programmes d’aide à l’entreprise trop généreux ou par l’hyper-bureaucratisation de l’état et l’hyper-syndicalisation. Elle démasque ces pillards qui vivent au dépens des contribuables.

Par la bande, elle nous sert également un excellent exposé des philosophies politiques de l’étatisme et du libéralisme et une des meilleures descriptions de l’axe gauche-droite que j’ai vu jusqu’ici.

Elle termine en nous donnant une description de ce que pourrait être le Québec en 2025 si nous nous réveillons et que nous commençons à repenser le rôle de l’état. J’ose dire ici que je ne suis pas aussi optimiste qu’elle. Je crois effectivement que si un changement vient, il nous sera imposé de l’extérieur. Il ne viendra pas de nous. Rien dans l’attitude des différents partis politiques et des électeurs ne laisse présager un réveil collectif avant que nous frappions un mur.

J’ai trouvé le livre extrêmement bien structuré et facile à lire. Aucun besoin d’être un expert en science politique pour s’y retrouver. Ce livre s’adresse plus au néophyte et le guide très efficacement à travers le b-a-ba de la politique et l’économie québécoise. Je crois même que si les indignés de Montréal et Québec venaient à le lire, ils sauraient enfin pourquoi ils protestent, et leurs tentes se retrouveraient devant l’Assemblée Nationale, plutôt que dans les districts financiers.

Le lancement officiel de « Pour en finir avec le Gouvernemaman » s’est passé ce mardi et mercredi à Québec et Montréal et le livre sera disponible en librairie le 15 novembre. En attendant, vous pouvez vous le procurer sur le blogue de Joanne Marcotte ou sur le site du Réseau Liberté-Québec.

Ajout:

Entrevue de Joanne Marcotte à Franchement Martineau