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Dur d’être chef du PQ

Par Philippe David

Il n’y a pas à dire, c’est dur d’être chef du PQ. Ça fait combien maintenant qu’on voit aller et venir depuis 2001?  Quatre si on néglige de compter les chefs intérimaires. Sauf pour Pierre-Karl Péladeau, ils sont tous sortis avec un couteau dans le dos. Le dernier qu’on considérait comme le Messie, tire sa révérence après seulement un an parce qu’apparemment, il ne pouvait pas conjuguer son job et sa famille. Qu’il ait choisi la famille plutôt que le job est tout à son honneur. Il y a probablement beaucoup trop d’enfants de politiciens négligés, au moins les siens pourront retrouver leur père. En fin de compte, le Messie aura été un feu de paille.

Remarquez qu’il avait d’autres raisons de ne pas vouloir rester. Après un an à la barre du PQ, l’homme qui réclamait un pays avec le poing en l’air voit son rêve atteindre les bas-fonds. Le soutien à la souveraineté est au plus bas qu’on l’aie vu depuis très longtemps et le PQ n’arrive pas à rattraper les libéraux malgré tous leurs déboires récents. Tout le monde sait que le PLQ est corrompu à l’os, mais les électeurs le préfèrent quand même à toutes les alternatives. Ça en dit long sur la futilité de la politique québécoise.

Qui remplacera PKP?

Déjà plusieurs noms sont avancés, Jean-Martin Aussant, Jean-François Lisée, Martine Ouellet peut-être? Qui sait? Dans les candidats possibles, je ne vois pas vraiment qui arriverait à convaincre les québécois à endurer un autre référendum sur la souveraineté. Honnêtement, il faudra peut-être que le PQ fasse une petite pause pour se poser quelques questions existentielles. Peut-être qu’ils devraient imiter M. Péladeau et juste «tirer la plogue». Peut-être qu’à ce moment on verrait une alternative au PLQ émerger une fois que les québécois auront cessé de craindre la venue d’un référendum?

Cependant, si le PQ continue, j’ai une chanson-thème à suggérer pour la course à la chefferie…



PKP est le nouveau chef du PQ et la domination du NPD au Québec

Par Simon Leduc

Après une longue course, Pierre Karl Péladeau est devenu le huitième chef du Parti québécois. Ce dernier a complètement dominé la course à la chefferie et il était assuré de l’emporter, et ce, depuis le début. Il est maintenant le chef de l’Opposition officielle et il va devoir présenter et expliquer aux Québécois, sa vision du Québec et ses idées.  Va t-il défendre la social-démocratie à la sauce péquiste où faire un virage à droite? On a eu la réponse lors de son premier discours comme chef du PQ.   Le chef du mouvement souverainiste est un grand défenseur du sacro-saint modèle québécois. Lors de son discours, il a dit que le modèle québécois a permis à la province de s’affranchir économiquement et de créer une société solidaire et égalitaire. Il défend farouchement tous les piliers de la social-démocratie québécoise : les monopoles d’État, le caractère universel du système de santé, la bourse du carbone, un interventionnisme étatique dans l’économie, etc. Il dénonce les politiques d’austérité du gouvernement libéral et il minimise le problème de l’endettement public du Québec. Donc, sous la gouverne de PKP, le Parti québécois va continuer d’être un parti social-démocrate et un gourou du modèle québécois. Cela a le mérite d’être clair.

Mais que sera la priorité de Pierre Karl Péladeau? L’indépendance du Québec sera sa première et seule préoccupation. Il est venu en politique pour faire du Québec un pays et non pas pour diriger une province canadienne. Lors des trois prochaines années, PKP va tenter de nous convaincre du bien-fondé de son option et il va travailler d’arrache-pied pour y arriver. Dans sa quête, le rassemblement de tous les indépendantistes est primordial pour lui. Ce dernier va devoir tendre la main à Québec solidaire et aux souverainistes de droite. Cela ne sera pas une mince tâche, car QS le trouve trop à droite et les conservateurs trop à gauche.

Une majorité de Québécois ne veut rien savoir de la souveraineté, mais c’est la dernière chance du PQ et PKP va y aller le tout pour le tout. Il a obtenu un mandat clair des membres du parti de faire l’indépendance. Ceux-ci savent très bien que PKP est leur dernier espoir. Si un homme d’affaires ne réussit pas à convaincre les Québécois de se séparer du Canada, qui réussira? La majorité des militants se fait vieillissante et elle veut voir, de son vivant, naître la république du Québec. C’est la bataille de la dernière chance. Si PKP réussit, le Québec va devenir un pays, mais s’il échoue, le projet d’indépendance va être enterré pour plusieurs décennies et la survie du PQ va être menacée.

Lors du prochain scrutin, le Parti québécois va jouer son avenir à la roulette russe. Celui-ci va affronter le camp fédéraliste dans une lutte à finir. Est-ce que PKP sera le grand sauveur ou le fossoyeur du projet de pays. Seul le temps nous le dira.

Le NPD est bon premier au Québec :

Selon le dernier sondage CROP-La Presse, le NPD est en avance dans les intentions de vote au Québec avec 42% des voix (47% chez les francophones). Il est encore trop tôt pour parler d’une deuxième vague orange, car les élections vont avoir lieu dans cinq mois. Comment peut-on expliquer la popularité de ce parti dans la Belle province? Je dois dire que c’est un mystère pour moi, et ce, pour trois raisons. Tout d’abord, le NPD est la formation politique la plus centralisatrice à Ottawa. Celle-ci veut intervenir dans les champs de compétence des provinces et sa promesse de créer un ministère des affaires urbaines le prouve bien. Ensuite, les troupes de M. Mulcair se positionnent clairement à gauche du spectre politique. Sur la scène provinciale, les Québécois n’ont jamais massivement appuyé une formation politique de gauche.  Subséquemment, on ne peut pas dire que la députation néodémocrate québécoise a été très présente dans l’espace publique depuis quatre ans. Elle n’est pas du tout présente sur le terrain et sa performance à la Chambre des communes laisse à désirer. Il me semble que ces trois points devraient nuire au NPD au Québec lors du prochain scrutin, mais ce n’est pas le cas. Le parti de Thomas Mulcair reste la première force politique au Québec sur la scène fédérale. À mes yeux, la popularité de ce parti progressiste est un phénomène inexpliqué.

Ô Pierre-Karl, conduis-nous vers la terre promise!

Par Philippe David

Depuis la fondation du PQ en 1968, ses militants recherchent la terre promise d’un Québec indépendant, tel les israélites dans le désert du Sinaï. Ça fait maintenant 47 ans qu’ils errent de cette façon sans jamais y parvenir. Nombreux sont les prophètes qui ont tenté de les y mener, nombreux sont-ils encore qui ont été crucifiés par leurs propres fidèles. Pierre-Karl Péladeau a choisi une position franchement très périlleuse. Une fonction avec un siège éjectable et il y a toujours quelqu’un dans les coulisses avec un doigt sur le bouton. 

Le nouveau messie

Pierre-Karl Péladeau arrivera-t-il à mener ses fidèles en terre de Canaan là où les René Lévesque, Jacques Parizeau, Bernard Landry, Lucien Bouchard et al. ont échoué? Rien n’est moins sûr. Beaucoup ont tenté de réunir les « conditions gagnantes » depuis 1995 et ils s’y sont tous plantés. Pierre-Karl Péladeau représente sans doute le dernier espoir des fidèles avant que la génération des boomers ne rende l’âme. Dans l’exode, Yahvé avait attendu que toute la génération qui avait péché contre lui [au Mont Sinaï] ne meure avant de les laisser entrer dans la terre promise. Cette fois-ci,  cette génération n’a presque pas de relève. Le rêve d’un pays mourra probablement avec elle. C’est la dernière chance, ils le savent et ils n’ont plus de patience. Beaucoup de pression attend le nouveau messie.

La grande illusion

Aujourd’hui, ils l’acclament tous comme un sauveur, mais la vérité est qu’il ne s’avérera peut-être pas l’homme de la situation et il y a fort à parier que dans le fond, il est hautement surestimé. En dehors des rangs du PQ, il n’est peut-être pas si apprécié. Déjà, Québec Solidaire le boude. Ils veulent la souveraineté, mais pas à tout prix et pas avec PKP.  Il va falloir que Péladeau pédale fort pour les convaincre. Il en va de même pour quiconque a un  penchant vers la droite. Pierre-Karl Péladeau à beau répéter que l’indépendance ne se fera ni à gauche, ni à droite, son discours dit tout le contraire quand il dit vouloir défendre le modèle québécois, qui, contrairement à ses prétentions, ne nous fait pas briller dans le monde mais nous embourbe plutôt de plus en plus. À l’entendre parler d’empêcher les fleurons québécois de quitter et de protéger notre culture dans son discours de victoire, laisse présager que son projet de pays consiste à se renfermer sur nous-même et devenir un petit village gaulois isolé entouré de méchants anglos néo-libéraux qui ne cherchent qu’à piller nos ressources. Certainement pas le message que la droite québécoise veut entendre. Rassembleur, vous dites? Il a encore bien des croûtes à manger.

Pierre-Karl Péladeau est aussi un novice en politique. Ça ne fait que quelques mois qu’il a été élu député et le voilà propulsé au statut de chef de l’opposition avec tous les périls que cela comporte et il a déjà démontré qu’il a autant de finesse qu’un éléphant dans un magasin de cristal. S’il croyait que les journalistes étaient harcelant pendant sa campagne au leadership, il n’a encore rien vu. C’est bien beau l’indépendance, mais il n’y a pas que ça comme sujets à traiter et dans le vrai monde, le quidam lambda n’a vraiment rien à foutre de la souveraineté. Il se soucie bien plus de nourrir sa famille et franchement, les choses étant comme elles sont, avec l’économie qui bat de l’aile, il voit mal comment la souveraineté va aider les choses. Au contraire, l’idée du pays a certainement l’heur de plaire aux « caribous », mais pour les autres, c’est beaucoup plus porteur de perturbations et d’instabilités dont on pourrait bien se passer. Ce n’est pas parce que PKP est à la barre du PQ que cette réalité va s’effacer et le radicalisme jusqu’au-boutiste de Péladeau risque de lui nuire plus qu’autre chose.

L’empire

Beaucoup s’inquiètent du fait que Pierre-Karl Péladeau possède le plus grand empire médiatique au Québec et évidemment, ça pose effectivement un problème d’éthique. La tentation pourrait être forte pour un politicien qui contrôle 40% des médias de s’en servir comme outil de propagande à ses propres fins. Il y a effectivement un danger que cela puisse se produire. Mais c’est aussi une arme à double-tranchant. Ça pourrait aussi engendrer une méfiance des électeurs qui pourront facilement imaginer le pire. Chose que les adversaires du PQ n’ignorent pas et c’est la raison qu’ils continuent d’attaquer sur ce point. Tout ce qui sera rapporté par les médias de Québécor pourra devenir suspect, en particulier s’ils divergent trop des autres médias en faveur de leur patron.  Mais cet épineux problème risque d’être résolu d’une façon comme d’une autre d’ici aux prochaines élections.

Conclusion

En se présentant pour devenir chef du PQ, Pierre-Karl Péladeau semble s’être investi d’une mission. Celle de faire du Québec un pays. Y arrivera-t-il? Rien n’est moins sûr. À mon avis, beaucoup de bien meilleurs hommes encore plus charismatiques y ont échoué. Le rêve du pays se fait vieux et qui-plus-est, il vieillit mal. De plus en plus de québécois réalisent l’échec de la Révolution tranquille et du modèle socio-économique qu’on s’est donné. Alors qu’au début des années 1960, le Québec figurait parmi les leaders dans les provinces canadiennes et qu’il était permis de rêver d’en faire un pays indépendant et prospère, il est s’est depuis enlisé dans le marasme économique le rêve se fait de plus en plus distant. Plutôt que de s’affranchir du reste du Canada, le Québec s’est enfoncé de plus en plus dans une dépendance dont il n’arrivera pas à se défaire facilement. Avant de couper les liens définitivement, il faudrait bien qu’il tente de se tenir debout sans cette béquille et je doute fort que Pierre-Karl Péladeau, avec son discours nationaliste rétrograde arrive à faire croire aux gens qu’il puisse renverser la situation en continuant à défendre un modèle désuet et dépassé. Quand PKP a levé le poing pendant la dernière campagne électorale, le PQ est passé d’une majorité probable dans les sondages aux pires résultats électoraux qu’il ait connu depuis les années 70. L’obsession du pays n’est pas nécessairement une stratégie gagnante.

Pierre-Karl Péladeau a bien du pain sur la planche et pas beaucoup de temps. Les caribous veulent la terre promise et ils n’ont que peu de patience. J’entends déjà les couteaux s’affûter et il y aura bientôt un autre messie dans les coulisses s’il ne livre pas la marchandise rapidement. Le PQ n’a jamais été tendre envers ses chefs. Je doute que PKP fasse exception. 

 

Un débat qui ne devrait pas en être un

Par Philippe David

Beaucoup d’encre a coulé récemment au sujet de la candidature possible de Pierre-Karl Péladeau à la chefferie du PQ. Cette candidature, si jamais PKP finit par se brancher, soulève certaines questions d’éthique, principalement parce que M. Péladeau contrôle 40% des médias québécois. C’est donc facile d’imaginer les conflits qu’il pourrait y avoir s’il devenait premier ministre. On imagine facilement que les médias de Québécor deviennent les Pravda du PQ et se mettent à promouvoir activement l’option souverainiste, comme si Radio-Canada et le Devoir ne suffisaient pas. Aussi je voudrais ajouter mon grain de sel.

Il y en a qui voudraient que la question soit examinée par un comité supervisé par le président de l’Assemblée Nationale. C’est vrai qu’au Québec, on est fort pour créer des comités inutiles. C’est si compliqué de dire que fondamentalement, la presse est supposée être le gardien de la démocratie et qu’en tant que tel, il se doit d’être indépendant du pouvoir s’il veut être libre de le critiquer? Quel journaliste de QMI oserait être critique de son patron, s’il était également premier ministre?

Ceux qui doutent de l’influence des médias n’ont qu’à regarder à quel point nous sommes terrorisés de façon cyclique. Pendant 45 ans, le croque-mitaine était l’URSS, puis ce fût les terroristes, Saddam Hussein, les serbes en Bosnie, des maladies comme le sida, le sras, la grippe aviaire, la grippe H1N1 et maintenant, l’ébola. Ils ont même réussi à nous convaincre qu’une force de 30 000 hommes en pickup représente une menace existentielle aux démocraties de l’occident. Regardez aussi le rôle qu’ont joué les médias dans le débat de la charte des valeurs. Ça c’est du pouvoir! Déjà que simple député, Pierre-Karl Péladeau est déjà intervenu en faveur de l’achat des studios Mel’s par Québécor, imaginez s’il était premier-ministre.

On se soucie déjà des conflits d’intérêts potentiels lorsqu’un homme d’affaires se lance en affaires, on devrait s’en soucier encore plus quand ses affaires lui permettent de contrôler l’opinion publique.

Ça ne devrait pas être matière à débat. Pierre-Karl Péladeau devra choisir un jour s’il veut être un magnat des médias ou le premier ministre du Québec et les premiers à lui demander de faire ce choix devraient être les membres de son propre parti. Qu’il soit les deux pourrait vite compromettre le processus démocratique.

Infâme!

Par Philippe David

Ça fait déjà quelques jours depuis qu’il a été dévoilé qu’il n’existe aucun avis juridique émis par le Ministère de la Justice au sujet de la fameuse charte de la laïcité du PQ et je crois que peu de personnes en apprécient la totale infâmie.

Imaginez un instant que cette loi ait été passé par un gouvernement péquiste majoritaire et qu’elle ait été contestée, ce qui aurait été inévitable. Le gouvernement péquiste se serait retrouvé à défendre sa position devant la Cour Suprême sans aucune documentation à l’appui. Aucun avis juridique validant la constitutionalité de la charte et aucune recherche justifiant la nécessité de cette loi non plus.  Imaginez la bisbille que cela aurait causé, l’émoi et je n’ose même pas penser au coût au contribuable. Sans compter que cette charte modifiait de facto la charte québécoise des droits et libertés pour en faire une travestie!

Évidemment, le plan du PQ a toujours été d’utiliser la popularité de l’idée d’une charte de laïcité, la peur de l’intégrisme religieux et cette zizanie qu’allait inévitablement causer la charte avec le gouvernement fédéral, pour faire avancer son agenda souverainiste. Pour le PQ, afin de réaliser cet objectif, la fin justifie tous les moyens et toutes les tromperies. Nous le savons tous, depuis que Parizeau a sorti l’euphémisme de la cage à homard, que le PQ ne s’arrêtera devant rien pour littéralement « piéger » les québécois à accepter son projet de société, par la fourberie, si nécessaire.

Nous voyons maintenant que fourberie, il y a eu et il était pratiquement impossible qu’un membre du conseil des ministre ait pu ignorer le fait que le projet de loi 60 ne reposait sur aucune fondation juridique et constitutionnelle. Bernard Drainville et Pauline Marois ont sciemment menti au peuple québécois et ils le savaient tous.

Mme Marois en a déjà payé le prix. Elle passera dans l’histoire non pas pour avoir été la première femme au poste de Premier Ministre du Québec, mais comme ayant été le pire Premier Ministre de l’histoire de cette province. Pour cela, le peuple québécois l’a renvoyée à grands coups de pied au derrière. Cependant, d’autres ont échappé au jugement comme Drainville et Lisée, qui, je soupçonne, était un des cerveaux. S’il leur reste une parcelle d’intégrité, ils devraient démissionner de leur siège, car ils sont vraiment indignes de la confiance de la population. Pour leur part dans cette infâmie, je crois sincèrement que les autres anciens membres du conseil des ministres devraient en faire autant.

P.S.  Je me demande comment tous les pro-chartistes qui ont débattu avec moi tout ce temps et qui ont tourné le dos à plusieurs amis à cause de cette supercherie doivent se sentir maintenant?

Les travaux d’Hercule Couillard

Par Philippe David

Maintenant que le nouveau cabinet des ministres a été assermenté, Philippe Couillard aura un défi de taille : celui de réduire les dépenses du gouvernement de 3,7 milliards tout  en créant un climat favorable à l’investissement privé. Le « dream team » économique des libéraux auront fort à faire pour réparer tous les dégâts que les clowns du PQ ont pu faire en 18 mois, autant à l’économie qu’aux finances publiques.

Chaque fois qu’il y a changement de gouvernement, le nouveau ministre des finances déplore toujours l’état des finances laissé par le gouvernement précédent, sauf que cette fois-ci,  je soupçonne que l’état des lieux ressemble beaucoup à l’ancien apparte de Daniel Breton.

Quoi faire? Martin Coiteux aura la tâche ingrate de trouver où il faut mettre la hache. Il en a parlé dans son blogue et je suis certain qu’il a plusieurs idées. Parions qu’un des premiers endroits où il va regarder, c’est le BS corporatif. Dans ce domaine, nous sommes les champions toute catégorie de l’Amérique du Nord et pourtant nous avons l’entrepreneuriat le plus déficient. Martin Coiteux sait que nous pouvons couper gros dans ce domaine sans trop offusquer de gens. Comment la gauche pourrait-elle s’objecter à couper les subventions à ces méchantes corporations? Cependant, ce ne sera pas suffisant et les autres coupes risquent de faire plus mal. Ce sera au prof Coiteux de mettre la théorie en pratique et de se servir de pédagogie. Une petite suggestion : sabrez donc les mères porteuses pour les couples gais avant que ça ne devienne trop populaire. La population n’a pas à financer les choix de vie des autres. Tant qu’à ça, cessez donc de financer les fécondations  assistées et les avortements.

Philippe Couillard, de son côté devra faire preuve de courage politique.  La tâche herculéenne que doit entreprendre son équipe dépendra beaucoup de cran et des couilles d’acier.  Si nous pouvons tirer une leçon du printemps de 2012, c’est que les parasites de l’état seront prêts à tout pour rester fermement accrochés à ses mamelles.

Quoi qu’il en soit, si le courage lui manque, nous savons d’ores et déjà que Philippe Couillard peut certainement emprunter les couilles de … Lise Thériault. Elle a déjà prouvé qu’elle en a à revendre.

Corruption: L’éléphant dans la pièce

Par Philippe David

Depuis l’élection,  beaucoup de gens se demandent comment avons nous élu un gouvernement d’un parti que 18 mois plus tôt nous avions chassé sous des allégations de corruption?  Certains disent même que  nous l’avions chassé à grands coups de pieds au c… Mais en réalité,  les coups de pieds n’étaient pas si grands que ça si on considère que le PQ l’avait remporté par moins d’un pour cent du vote. Signe que l’électorat était moins que convaincu que le PQ offrait vraiment une alternative.

Je me souviens que bien des gens ont laissé échapper un soupir de soulagement en 2007 quand l’ADQ a failli prendre le pouvoir avec une bande de candidats-poteaux et pourtant, j’ai le sentiment qu’ils n’auraient probablement pas pu faire preuve de plus d’amateurisme que le PQ ces 18 derniers mois. Le PQ aura réussi à presque s’auto-détruire. Le fait que Mme Marois ait été abasourdie par sa défaite confirme d’ailleurs le pire que je n’aurait pu imaginer: elle ne savait vraiment pas ce qu’elle faisait. Devant une si flagrante incompétence, quel choix avions-nous?

Maintenant que l’élection est terminée et que la Commission Charbonneau a repris ses travaux, la corruption est de nouveau revenu dans l’avant-plan.  Les révélations sur le PLQ sont pour le moins troublantes et on peut certainement se poser la question si 18 mois de pénitence auront été suffisants. Sauf que de poser cette question manque totalement le point selon moi. Si la Commission Charbonneau a démontré quelque chose, c’est que la corruption n’est pas un phénomène d’un seul parti. C’est un problème endémique au pouvoir.

Le pouvoir corrompt 

Lord Acton disait que le pouvoir corrompt et que le pouvoir absolu corrompt absolument, Dans son roman « Dune », l’auteur Frank Herbert émet une autre hypothèse: « Tous les gouvernements souffrent d’un problème récursif. Le pouvoir attire des personnalités pathologiques.  Ce n’est pas que le pouvoir corrompt, mais qu’il est magnétique aux corruptibles. »

Voyez-vous, notre société est fondée sur un paradoxe: Nous croyons que la nature humaine est fondamentalement mauvaise et que pour cette raison, nous avons besoin d’une entité quelconque pour nous maintenir dans le droit chemin, par la force, si nécessaire. Nous nous sommes donc donné des chefs et des rois, qui à l’origine, justifiaient  leur pouvoir par la sanction divine. Soit ils se représentaient comme des dieux, ou ils étaient ordonnés par Dieu.

Puis vinrent les lumières et des formes de gouvernement plus démocratiques, justifiant leur pouvoir par la sanction du « peuple », plutôt que celle de Dieu. Seulement, la faille dans tout ça est que les gouvernements sont composés d’êtres humains qui sont tout aussi faillibles que le reste d’entre nous et, pis encore, pour désirer avoir un pouvoir sur ses semblables, il faut d’ores et déjà avoir le genre de personalité avec une tendance à en abuser. À quoi sert d’avoir le pouvoir, après tout, si on ne peut pas en profiter?

Nous vivons dans l’illusion que ceux que nous élisons et ceux qu’ils embauchent comme fonctionnaires agissent par altruisme plutôt que par intérêt personnel. C’est une grave erreur pour laquelle nous payons depuis très longtemps, et pas seulement au Québec.  Si vous vous imaginez que de voter pour un parti ou un autre va changer quelque chose, ouvrez les yeux. Ce n’est pas d’hier qu’il y a des histoires de gouvernements déchus pour cause de corruption ici et ce n’est pas demain la veille que ça va changer tant que le système est en place.

La peur bleue

Par Philippe David

Les post-mortem de la campagne ont commencé à défiler et déjà, dans le camp péquiste, les excuses commencent à fuser pour se déresponsabiliser de la raclée qu’ils ont reçu lundi dernier. On blâme les médias, la charte des valeurs ou Pauline Marois, mais l’excuse la plus souvent citée est la peur. La peur d’un référendum ou la peur de la souveraineté.

Ainsi, selon un grand segment de l’intelligentsia péquiste, le bon peuple québécois ne sait pas ce qui est bon pour lui. Il ne réalise pas à quel point le fédéralisme canadien est une menace. Il est ignorant du péril qui menace le français à Montréal (après tout, se faire accueillir dans un magasin par un « bonjour/hi » est tellement agressant). Ils ne réalisent pas que les islamistes sont sur le point de nous submerger et nous imposer leur religion (au moment où je tape ces lignes, il y en a probablement un million qui arrivent à l’aéroport Pierre-Elliot Trudeau maintenant que leur marionnette, Philippe Couillard, est en poste. Si, si, sérieusement!) Sauvez-vous! Nous serons sûrement devenus une théocratie musulmane d’ici les prochaines élections! Nous ne réalisons pas à quel point les libéraux sont corrompus. Bref nous ne réalisons pas à quel point il est urgent de devenir un pays.

Selon eux, c’est parce que nous avons peur. Peur du changement. Peur de la faillite. Peur de perdre nos petits conforts. Peur de perdre la péréquation. Peur de « perdre nos Rocheuses ». Peur d’avoir peur? Pour ces messieurs, j’aurais une autre théorie…

Et si la peur n’avait rien à voir? Les récents sondages apportent quelques indices révélateurs. Ils démontrent particulièrement que l’électorat du PQ se situe surtout dans le segment d’âge des 50 à 65 ans. Il récolte très peu d’appuis dans tous les autres groupes d’âge. On a souvent dit que le PQ était le parti d’une seule génération, nous en avons désormais la preuve. Ils n’arrivent tout simplement pas à soulever l’enthousiasme chez les jeunes. Pourtant, s’il y a un qualificatif qui s’applique plus aux jeunes qu’aux plus vieux, c’est la témérité. Règle générale, ce sont les jeunes qui foncent tête baissé sans trop s’attarder aux conséquences. Nécessairement, si on veut mener à bien un projet comme l’indépendance d’un pays, c’est normalement les jeunes qui forment le fer de lance du mouvement. Mais voilà, les jeunes ne sont tout simplement pas intéressés. Le PQ n’a pas réussi à vendre son projet.  Ce n’est pas qu’ils ont peur, c’est plus qu’ils n’en ont rien à cirer. Le discours identitaire et victimaire du PQ ne les touche pas et ils ne conçoivent pas le fédéralisme comme un obstacle ou une contrainte. Le PQ devra trouver d’autres arguments pour les convaincre. Or, le disque du PQ est tellement usé qu’il ne cesse de sauter. En poursuivant ce même discours, le PQ a autant de chance d’exciter les jeunes qu’en leur faisant écouter du Pat Boone.

En bref, le problème du PQ n’est pas tant la peur de la souveraineté ou d’un référendum, mais la lassitude et l’écœurantite aigüe après 45 ans du même débat. Nous ne sommes tout simplement plus intéressés par l’option souverainiste, à part pour ce nœud dur de 30-35%, et nous sommes carrément écœurés d’en entendre parler. Il serait peut-être temps que le PQ nous écoute. Il me semble que le message est clair.

Le voile se lève

Par Philippe David

Comme si la sortie de Janette Bertrand d’hier n’était pas assez pour notre tension artérielle, la journée d’hier  nous apporte quelques intéressantes révélations. Tout d’abord, un papier de Vincent Marissal dans La Presse d’hier nous apprend que le virage identitaire du PQ et sa charte de laïcité se trament depuis assez longtemps et que outre Bernard Drainville et Jean-François Lisée, les cerveaux derrière cette charte incluent Mathieu Bock-Côté, Éric Bédard, Jacques Beauchemin… et Pierre-Karl Péladeau!

Il apparait de plus en plus évident que les personnes ci-haut planifient le virage identitaire du PQ depuis belle lurette et que ce fût dès le début, comme je l’avais dit, une tactique purement électoraliste visant à instrumentaliser la peur des «étranges» pour éventuellement servir de «levier» pour la souveraineté, puisque les péquistes savent bien qu’ils sont incapables de vendre leur salade sur ses propres mérites. Il leur faut donc un subterfuge quelconque pour essayer de convaincre la majorité d’entre nous que le Canada est une menace à notre liberté.  Comment maintenant prendre au sérieux le démenti d’au moins un des membres  de ce brain trust que ce n’était pas effectivement une diversion?

Je gruge, tu gruges, il gruge …

Si Janette Bertrand s’inquiète que nos droits et libertés soient grugés petit à petit par les méchants islamistes, j’aimerais attirer son attention sur un danger bien plus immédiat. La charte de la laïcité brime les droits fondamentaux de liberté de religion et liberté d’expression et pas seulement pour les islamistes, mais aussi pour tous les autres qui ont le malheur de vouloir exprimer leur appartenance religieuse, qu’ils soient juif, sikhs ou même catholiques. Qu’on-t-ils fait, eux, pour justifier qu’on brime leurs droits? Une question que le gouvernement ne veut pas répondre et pour laquelle il n’est même pas foutu de présenter une justification quelconque. 

Si vous cherchez une entité dans notre société  qui « gruge » les libertés, vous devriez mettre notre gouvernement en tête de liste. Et maintenant que Pauline Marois a annoncé son intention d’utiliser la clause dérogatoire pour protéger la charte des contestations, le PQ montre définitivement ses couleurs en utilisant la plus grosse massue dans son arsenal législatif pour abroger sans aucune justification la liberté religieuse de milliers de ses citoyens.

Si vous croyez que puisque la clause dérogatoire existe, il n’y a aucun mal à l’utiliser, j’aimerais attirer votre attention sur ce petit extrait du livre « La Route de la Servitude » de Friedrich Hayek (probablement un des meilleurs essais sur le totalitarisme):

«Rien ne distingue plus clairement  les conditions dans un pays libre de celles d’un pays sous un gouvernement arbitraire que l’observance  dans le premier  du grand principe  connu sous le nom de la règle de droit.  Dénuée de tout technicalités, cela veut dire que le gouvernement, dans toutes ses actions est lié par des règles fixes et annoncées d’avance – des règles qui permettront de prévoir avec un certain degré de certitude comment l’autorité utilisera ses pouvoirs coercitifs dans des circonstances données et de planifier nos affaires individuelles sur la base de cette connaissance  (…)»

(H/T Germain Belzile)

En utilisant la clause dérogatoire avec autant de désinvolture, le PQ nous signale que nous ne sommes désormais plus dans un pays libre mais sous le joug d’un gouvernement arbitraire qui se permet de modifier les règles comme bon lui semble. Si jamais le PQ réalisait son objectif de faire du Québec un pays indépendant, lui qui se donnerait la tâche de rédiger la constitution de ce pays, peut-on douter que ce pays ne vaudra guère mieux qu’une république bananière dans la protection de vos droits? Surtout quand un des intellectuels du brain trust péquiste a écrit sans gêne que :

«Malgré ses limites et ses excès, une des vertus de la Charte québécoise comparée à la Charte canadienne tient justement dans le fait qu’on peut l’amender sans procédure constitutionnelle exceptionnelle, ce qui limite, justement, la prétention qu’ont certains à la faire surplomber le débat public à la manière d’un texte sacré dont ils se veulent souvent les seuls interprètes légitimes. Le politique, autrement dit, peut reprendre ses droits.»

Traduction: vos droits individuels ne comptent pour rien face à ceux de l’état.  C’est ce que pensent les intellectuels qui guident l’agenda du PQ.

C’est ça le pays que vous voulez? C’est ça leur grand projet de société? Un pays où le gouvernement peut changer les règles du jeu à sa guise et où vous n’avez aucun recours et aucune protection contre lui? Maintenant vous savez pourquoi je parlais récemment de « tyrannie québécoise« .

Le voile est levé. On voit maintenant le visage derrière le niqab de la soi-disant charte de la laïcité. Voter pour le PQ est voter pour avoir un pays avec un gouvernement totalitaire. Tenez vous-le pour dit, la plus grande menace à vos droits et libertés n’est pas l’islamisme, mais votre propre gouvernement. À vous de leur montrer si votre liberté personnelle vous importe.

Le moindre crosseur

Par Philippe David

Mardi matin on a entendu un grand soupir de soulagement collectif avec les résultats du plus récent sondage de Léger Marketing qui, avec un échantillonnage qui ne laisse qu’une faible marge d’erreur, confirme que le PQ est en chute libre et le PLQ pourrait remporter une majorité. Soupir de soulagement, non pas parce qu’un gouvernement libéral est bien meilleur qu’un gouvernement péquiste, mais parce que bien peu d’entre nous veulent vraiment avoir à supporter l’incertitude et la bisbille constitutionnelle inhérente de tout régime péquiste, et aussi l’incompétence patente que l’équipe de Pauline Marois a démontré depuis les derniers dix-huit mois.

Le spectre de la souveraineté et du référendum

Les partisans du PQ parlent toujours de campagne de peur, chaque fois que les autres partis brandissent le référendum comme épouvantail, et dans une certaine mesure, ils ont raison. Mais ils ne peuvent pas nier non-plus que la souveraineté et la possibilité d’un autre  référendum amène une bonne dose d’incertitude qui affectent les calculs des entrepreneurs et des investisseurs. Si vous vous demandez pourquoi l’emploi et l’investissement privé ont stagné pendant toute l’année 2013, demandez-vous quelle personne saine d’esprit irait risquer des millions là où le régime politique est instable et hostile au développement économique? Risqueriez-vous vos propres économies à démarrer une entreprise pendant que Pauline Marois et Nicolas Marceau sont à la barre de notre économie? Moi pas.

Veut, veut pas, la souveraineté aura toujours un coût économique en termes de peur du changement et d’incertitude de régime. L’entrepreneuriat et la création de la richesse sont des choses qui se planifient sur le long-terme et on ne peut faire ça lorsque la stabilité politique n’est pas au rendez-vous. Si nos élus s’amusent à tout faire pour créer des conflits entre les différents paliers de gouvernement pour tenter d’influencer l’opinion publique, les entrepreneurs et investisseurs mettront leurs projets en veilleuse et laisseront la poussière retomber avant de décider quoi faire. C’est naturel.

Pour en finir avec la charte de laïcité

Cette charte a toujours été un calcul électoraliste de part du PQ et un mauvais calcul en plus. Le PQ a tenté de jouer sur les peurs et l’ignorance de bien des québécois envers l’islamisme et l’immigration afin de se poser en grand défenseur de « l’identité québécoise ».  Tout d’abord, si vous croyez que baliser les accommodements religieux et bannir le port de signes religieux par les employés de l’état va résoudre le problème de la montée de l’islamisme et de l’intégrisme religieux, vous avez de sérieuses délusions. Alors à quoi bon essayer de nous l’enfoncer dans la gorge. D’autant plus, que nous savons d’avance, de l’avis du Barreau du Québec et de la Commission des Droits de la Personne, que ce projet de loi sera rejeté par la Cour Suprême. Donc, la seule raison de vouloir persister et refuser tout compromis sur un projet de loi qu’on sait déjà inconstitutionnel, et d’en faire un enjeu électoral, c’est simplement pour l’instrumentaliser pour gagner une majorité et créer de la zizanie avec le fédéral pour mousser la popularité de la souveraineté. Parce que Dieu sait que les souverainistes sont incapables de de vendre leur projet sur ses propres mérites. Le PQ a fait le pari que les électeurs seraient  si totalement hypnotisés et hébétés par le débat sur la charte pour tout oublier l’incompétence de son gouvernement. Heureusement, les gens ne sont pas aussi stupides.

Les crosseurs

Maintenant, des voix s’élèvent pour aller questionner l’intégrité des libéraux. Je serai certainement le dernier à les défendre, mais d’un autre côté, même si la Commission Charbonneau n’a pas encore dévoilé autant d’incidents impliquant le PQ, elle n’a encore que gratté la surface de la relation entre le PQ et les syndicats, je ne suis pas prêt à dire que le PQ est vraiment plus vertueux sur le plan éthique. N’oublions pas que Mme Marois a déclenché des élections en contravention de sa propre loi sur des élections à date fixe, alors qu’elle et son conjoint étaient convoqués à comparaitre en commission parlementaire pour expliquer le fameux « deal » avec la FTQ. Ça remet certainement en question l’éthique de Mme Marois. J’aurais tendance à croire qui si le PLQ n’est pas tout blanc, le PQ n’a certainement pas de supériorité morale à ce chapitre. Le pouvoir a corrompu également les deux partis, et la seule raison que les autres puissent revendiquer n’avoir aucun squelette dans leur placard, est qu’ils n’y ont jamais gouté.

Donc, si votre choix se limite strictement au tandem PQ-PLQ qui s’échange le pouvoir depuis 1976, vous pouvez peut-être croire que vous votez pour le moins crosseur, mais vous allez inévitablement voter pour un crosseur. Ce n’est pas un terriblement bon incitatif, si vous voulez mon avis. Peut-être que vous devriez considérer voter pour quelqu’un d’autre.