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Le terrorisme syndical

Caricature signée Ygreck

 Comme l’illustre la caricature d’Ygreck ci-haut, peut-on imaginer quelque chose de plus aberrant dans une industrie que de voir le dirigeant d’une entreprise se faire littéralement dicter qui il doit embaucher, combien de travailleurs il doit employer sur son chantier, en plus de dicter leurs conditions de travail. Un patron dans une manufacture mettrait probablement la clef dans la porte et irait investir dans une autre industrie, mais dans l’industrie de la construction, cette situation dure depuis des années et on se demande pourquoi il y a des problèmes dans cette industrie.

Maintenant, le projet de loi 33 veut rétablir l’équilibre en éliminant cette aberration, mais les syndicats ne sont pas contents du tout. Ce matin, des représentants syndicaux se sont rendus à plusieurs chantiers pour demander aux travailleurs de quitter le chantier. Un attroupement, supposément impromptu de travailleurs syndiqués ont commencé à assiéger le siège de la CCQ.

On a appris que la ministre du travail, Lise Thériault aurait reçu des menaces par téléphone ce weekend et une femme de la Côte Nord qui devait comparaitre devant la commission parlementaire qui étudie le projet de loi 33, n’a pas pu s’y présenter parce qu’elle aurait été rudoyée par des représentant syndicaux et aurait eu des côtes félées. Il semble que l’altercation n’avait rien à voir avec la participation de la dame à la commission parlementaire, mais était reliée a d’autres demandes faites par celles-ci. Néanmoins, il s’agit d’un exemple totalement inacceptable d’intimidation sur les chantiers qui n’aurait pas lieu sans le placement syndical.

La FTQ nie toute responsabilité des gestes posés. Je crois qu’ils prennent des gens pour des idiots et je doute fort que le public soit dupe. À TVA, pendant une entrevue avec Lise Thériault près d’un chantier, on pouvait voir des représentant syndicaux arriver sur le chantier et haranguer les travailleurs et ensuite voir les travailleurs partir au nez et à la barbe des caméras et de la ministre.

Par ailleurs, un communiqué du Conseil du Patronat rapporte que selon des entrevues faites avec des entrepreneurs de la construction que plusieurs compagnies enregistrent des pertes de plus d’un million par jour à cause de ces débrayages illégaux.

Ces tactiques d’hommes des cavernes sont inacceptables et doivent cesser. Le gouvernement doit tenir les centrales syndicales, et particulièrement la FTQ,  responsables des pertes dues aux débrayage et au vandalisme, et leur infliger les sanctions qui s’imposent.

Je me souviens avoir vu le gouvernement de Jean Charest plier sous l’intimidation syndicale en 2003 alors qu’il avait promis une ré-ingénierie de l’état. Espérons que cette fois ci, les libéraux se tiendront debout. Là-dessus, les propos de Mme Thériault, qui a déclarer qu’elle ne se laisserait pas intimider, me rassurent. Peut-être finalement qu’en politique, ce sont les femmes qui ont des couilles.

POUR QUI SONNERA LE GLAS?

Ça ne va pas bien pour les syndicats.

À Ottawa, le conservateur Russ Hiebert, député de South Surrey – White Rock – Cloverdale, en Colombie-Britannique, vient de déposer le projet de loi privé C-317, une initiative visant à obliger tous les syndicats canadiens à rendre publique l’utilisation précise qu’ils font des cotisations de leurs membres. Le gouvernement Harper étant majoritaire, le tout n’est qu’une formalité, même si le NPD s’est dit contre le projet avant d’en avoir pris connaissance.

Dans le même souffle, à Québec, la ministre du Travail Lise Thériault déposait jeudi matin un projet de loi visant à donner aux employeurs le contrôle sur leur main d’œuvre et forçant aussi les syndicats à ouvrir leurs livres et à justifier, et leurs revenus, et leurs dépenses.

Le projet de loi 33 éliminera le placement syndical, et concédera à un travailleur le droit de déposer une plainte contre son syndicat à la Commission des relations du travail, en plus de lui permettre de changer d’allégeance syndicale en cours de convention collective.

La durée des conventions collectives passera de trois à quatre ans.

Le projet de loi 33 vise « la mise en place d’une série de mesures concernant la référence de la main-d’œuvre, le régime de négociation des conventions collectives et le système de votation », selon les dires de la ministre Thériault.

Et les travailleurs qui souhaitent changer d’allégeance syndicale exerceront dorénavant leur droit de vote par la poste