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Robotisation et hausses de prix – Wendy’s réagit au salaire minimum à $15

Par Philippe David

Comme je l’avais expliqué dans un de mes récents billets, les hausses abruptes du salaire minimum ne sont pas sans conséquences et malheureusement, ce sont les plus vulnérables qui écopent.Nous commençons à pouvoir observer ces conséquences dans les états américains qui ont augmenté leur salaire minimum. Le Washington Times rapportait hier que la chaîne de restauration rapide Wendy’s a annoncé l’installation de guichets de commande automatisés dans 6000 de leurs restaurants.

L’article mentionne aussi que certains franchisés de la chaîne ont également commencé à hausser leurs prix pour compenser la hausse du salaire minimum. On s’attend à ce que d’autres chaînes comme McDonalds et Burger King leur emboîte le pas. Dans les faits, je sais que même au Canada, McDonalds a déjà commencé à installer ce genre de guichets dans leurs restaurants. On pourrait certainement s’attendre à une accélération de ces installations si jamais le salaire minimum augmentait à $15/heure ici aussi.

La décision de Wendy’s n’est  d’ailleurs pas les premiers effets observés aux États-Unis, il y  a un peu plus d’un an, le magazine Forbes rapportait une augmentation des fermetures de restaurants dans la ville de Seattle, qui fût la première à imposer le salaire minimum de $15.

Il ne fallait pas être grand clerc pour prédire les effets qu’une hausse trop grande du salaire minimum apporterait et ça n’a rien d’idéologique non-plus. Ces effets ont été documentées en long et en large comme est en train de le démontrer Vincent Geloso dans une série de billets au Journal de Montréal. La littérature économique est très extensive à ce sujet. Mais évidemment, nous pouvons toujours compter sur des politiciens populistes et des think tank financés par les syndicats pour tenter de vous faire  croire qu’ils peuvent hausser le salaire minimum comme ils veulent sans aucune répercussion. Vous n’avez qu’à observer les américains se casser la gueule avec pour constater que c’est faux.



Les socialistes et le salaire minimum

Par Philippe David

«Si les socialistes comprenaient l’économie, ils ne seraient plus socialistes.»
Friedrich Hayek – Nobel d’économie, 1974

Le premier mai, le salaire minimum va augmenter à $10,75 de l’heure. Cependant pour les socialistes de Québec Solidaire et les diplômés de sciences sociales sans math de l’Institut de Recherche et d’Informations Socio-économiques (IRIS), c’est insuffisant. (L’IRIS, un think tank économique presque totalement dénué d’économistes. C’est un peu particulier, non?)

Selon l’IRIS, un travailleur à temps plein devrait gagner en moyenne $15,10 de l’heure pour «vivre dignement». Selon Manon Massé de Québec Solidaire qui a l’intention de déposer une motion à l’Assemblée Nationale pour rehausser le salaire minimum à $15 de l’heure,  « Ça leur permettrait d’avoir assez d’argent dans leurs poches pour pouvoir subvenir à leurs besoins et sortir la tête de l’eau ».

Nul doute que leurs intentions sont bonnes, mais elles trahissent une fois de plus la dislocation de la gauche québécoise avec le fonctionnement de l’économie et de la nature du salaire minimum. Et le chemin de l’enfer a toujours été pavé de bonnes intentions

Qu’est-ce que le salaire minimum?

Le salaire minimum est le salaire choisi arbitrairement en-dessous duquel il est illégal pour un employeur de payer un employé. Règle générale, c’est un prix-plancher qu’on payera à quelqu’un qui a une éducation minime, une expérience de travail minime et/ou des aptitudes minimes afin que cette personne puisse acquérir expérience et connaissances «sur le tas» en milieu de travail, lui permettant d’accéder plus tard à un salaire plus élevé. En d’autres mots, c’est le premier échelon du marché du travail. Ce n’est pas supposé être un salaire qu’on conserve en permanence.  Selon cette étude de l’institut Fraser basée sur les données de Statistique Canada:

  • 58% des travailleurs au salaire minimum sont âgés de 15-24 ans et 85% d’entre eux vivent avec leurs parents ou un autre membre de leur famille.
  • 54% ont un diplôme du secondaire ou moins
  • 58% sont des travailleurs à temps partiel
  • 88% des travailleurs au salaire minimum ne font pas partie d’une famille à faible revenu.
  • Seulement 2% sont des familles monoparentales avec des jeunes enfants.

Contrairement à ce qu’on peut croire, peu de familles à faible revenu au Canada dépendent du salaire minimum.

Comment sont fixés les salaires dans le marché du travail?

Ça amène la question:Combien vaut le travail d’une personne sans grandes connaissances ou expérience de travail? Ça dépend vraiment de combien de travailleurs de ce niveau cherchent un emploi et combien d’employeurs ont besoin de ce type particulier de main d’œuvre. Si la vaste majorité des personnes recherchant un emploi avait un diplôme collégial au minimum, cela voudrait dire que seule une petite minorité n’ayant pas un diplôme collégial serait disponible pour accepter les emplois qu’on trouve typiquement au salaire minimum. Si le nombre de compagnies voulant embaucher des employés non-qualifiés excède le nombre des travailleurs recherchant ce type d’emploi, les employeurs n’ont pas d’autre choix que d’offrir des salaires plus élevés, s’ils veulent avoir assez de travailleurs pour leurs besoins. Cependant, s’il y a trop de travailleurs non-qualifiés pour le nombre d’emplois de ce type disponibles, les employeurs auront tendance à offrir des salaires moins élevés.

Ça dépend également de la productivité d’un employé. Si la tâche de l’employé est de «flipper» des boulettes de viande, on peut calculer, selon le prix du hamburger fini et la quantité de boulettes produites dans un temps donné, la productivité d’un travailleur. Il est naturel qu’un travailleur plus expérimenté arrivera à produire plus qu’un qu’il l’est moins. C’est donc naturel qu’un employeur voudra payer plus à l’employé plus expérimenté que celui qui l’est moins. Tout ça pour dire que le salaire qu’un employeur offrira est généralement en fonction de la productivité que l’employeur attend de l’employé en tenant en ligne de compte la rareté ou l’abondance de travailleurs avec des qualifications comparables. Les salaires ne sont pas fixés arbitrairement par les employeurs, mais en fonction de critères spécifiques qui varient selon les conditions du marché. Si l’employeur calcule qu’en moyenne, un employé produira des hamburgers pour l’équivalent de $10 de l’heure, tout autre chose étant égale par ailleurs, il offrira ce taux horaire. S’il estime qu’un candidat sera capable de produire plus parce qu’il est plus expérimenté, il offrira un salaire un peu plus élevé parce que son concurrent recherche aussi des employés et qu’il veut lui aussi attirer des employés plus qualifiés et offrira des salaires en conséquent.

Qu’arrive-t-il quand on fixe un salaire minimum trop élevé?

Au Québec, de passer à un salaire minimum de $15 de l’heure signifie une augmentation de 39,5% d’un coup. Imaginez votre réaction si à l’épicerie le bœuf haché passait de $4,99/lb à $6,99/lb? Allez-vous en acheter plus ou moins? Alors imaginez ce que vous feriez si vous étiez patron d’entreprise et que, du jour au lendemain, tous vos employés avec des salaires de moins de $15/h doivent être augmentés à $15 ou plus (faut pas oublier que si vous aviez des employés à $14/h, il mériteront certainement d’être payés plus que $15. Vos échelles salariales devront s’ajuster). Que feriez-vous? Pour la plupart des entreprises, absorber une augmentation de presque 40% des coûts de main d’œuvre est tout simplement impossible. Vos options sont soit de couper dans le nombre d’employés et faire des mises à pied, ou réduire les heures de chaque employés ou augmenter vos prix ou toutes ces réponses.

Remplacer des employés par une machine? Pourquoi pas? Adieu les McJobs pour aider les étudiants à payer leurs frais de scolarité et se faire un peu d’argent de poche. Un des premiers effets sera que le taux d’emploi des 15-24 ans et des minorités visibles tomber comme des briques. C’est ce qu’on commence déjà à observer dans les endroits où de telles augmentations du salaire minimum ont été imposées. Plutôt que d’aider les travailleurs précaires, on vient de les mettre au chômage en permanence. Parce que si un employeur est obligé de payer 40% de plus, il voudra en avoir pour son argent. Il augmentera donc ses exigences pour l’embauche. Peut-être auraient-ils donné une chance au jeune de 16 ans sans expérience à $10/h, mais pas à $15. Comment ce jeune pourra-t-il acquérir de l’expérience? Bref, une telle augmentation nuirait carrément  aux travailleurs que les bien-pensants prétendent vouloir aider.

Le salaire minimum n’a rien à voir avec l’idée de «vivre dignement» puisque la plupart de ceux qui gagnent ce salaire ne vivent pas de ce salaire seul et ce n’est pas supposé être un salaire qui permet de vivre. Donc d’argumenter pour une augmentation du salaire minimum parce que personne ne peut vivre sur ce salaire rate complètement le point.



Austérité, mon œil

Par Philippe David

J’ai emprunté un graphique à mon ami Vincent Geloso pour commenter sur le budget déposé mercredi par le ministre des finances Leitao. Les Françoise David de ce monde peuvent bien hurler à l’austérité permanente, en regardant ce graphique, une seule question devrait vous traverser l’esprit : « Quelle austérité? ».  Parce que les réductions de dépenses proposées par le gouvernement, mises en perspective, sont loin d’être aussi catastrophique que ça. En réalité, ce sont des « peanuts ».

austérité

C’est quoi l’austérité?

L’austérité, c’est quand on fait un réel effort pour réduire une situation financière précaire. Or, le gouvernement dépense comme un matelot en permission depuis les années 60. On le voit très précisément sur le graphique. On a institué des tonnes de programmes sans vraiment se demander s’ils étaient efficaces et justifiés. Nous maintenons aussi ces programmes en place, même si, dans bien des cas, ils n’ont plus aucune raison d’être. C’est un peu comme quand vous travaillez au salaire minimum, vous n’arrivez pas à rejoindre les deux bouts, mais vous avez le plus gros forfait télé, internet et cellulaire possible qui vous coûte $250 par mois. Est-il possible que vous n’ayez pas besoin de 200 chaines de télé et le forfait de données du cellulaire?  Couper un peu là-dedans ne vous empêchera pas de vivre, mais vous permettrait peut-être de payer pour l’épicerie? C’est un peu la même chose avec le gouvernement. Un jour ou l’autre, il faut faire le ménage des dépenses et décider si une dépense est justifiée ou non. Pourquoi est-ce si difficile à comprendre pour certains?

Un coup de barre nécessaire

Pour moi, ce qui est le plus positif dans le budget de Carlos Leitao, c’est l’annonce de la formation de deux commissions qui auront pour but de déterminer quelles dépenses peuvent être coupées et comment réformer la fiscalité.  C’est un signe que contrairement aux gouvernements précédents, le gouvernement de M. Couillard fait un effort non-seulement pour réduire les dépenses et la dette, mais de le faire intelligemment, pas juste couper pour couper. Il faut justement que le gouvernement coupe là où il faut couper afin de pouvoir se concentrer sur ses missions essentielles. L’état ne peut pas être tout pour tout le monde. On doit déterminer quelles missions il doit poursuivre, et lesquelles il devrait progressivement abandonner pour pouvoir mettre ses ressources aux bons endroits.

Comme le dit M. Leitao, le budget actuel est un budget de transition. Son véritable test sera le budget suivant. D’ici là, on présume que les deux commissions auront remis leur rapport et auront suggéré des réformes valables. Ça reste encore à voir. Personnellement, je suis sceptique. L’état se réduit rarement de lui-même et trop de gens profitent du statu quo. Pour moi, ils ne couperont jamais assez. Je retournerais volontiers au niveau de dépenses de 1926. Mais je suis réaliste, alors juste de voir le graphique pointer vers le bas serait un bon début.

Les bons terroristes

paul rose

Par Philippe David

Il a renoncé à l’idée saugrenue de faire un hommage à Paul Rose à l’Assemblée Nationale, mais je suis toujours hors de moi. Je suis toujours sidéré qu’un député de l’Assemblée Nationale ait même pu faire la suggestion que l’Assemblée honore un homme qui était un des responsables de la mort d’un des députés et ministres qui y ont siégé. Un homme qui, jusqu’à sa mort, n’a jamais exprimé de remords. Selon lui, il n’avait rien à se faire pardonner. Ça en dit fichtrement long sur Amir Khadir et cette frange de la gauche québécoise qu’il représente. Une frange qui incorpore un assez haut pourcentage de l’élite intellectuelle gauchiste.

Évaporons, si vous le voulez bien, le petit nuage mystique dont cette gauche nationaliste veut entourer Paul Rose et le FLQ pour y voir le vrai visage. Qu’on se le dise tout de suite, l’objectif des felquistes n’était pas le Québec indépendant dont rêvait René Lévesque et ceux qui l’entouraient. C’est pourquoi Lévesque les a désavoués. Le rêve des felquistes était d’imiter la révolution cubaine et de faire du Québec une Cuba du nord. Ce qu’on doit en dire, c’est qu’heureusement, ils n’ont pas réussi.

Soyons extrêmement clairs : tout usage de la violence et de la terreur à des fins politiques constitue du terrorisme, donc par définition, le FLQ était une organisation terroriste. Alors, qu’est-ce que ça dit de ceux qui, par leur propagande, tentent de faire des héros de ces terroristes? La réponse est qu’un petit terroriste en puissance sommeille en chacun d’eux. Pour le comprendre, il faut examiner quelques-unes de leurs croyances.

Pour vouloir faire de Paul Rose un héros, il faut croire que la fin justifie les moyens. Il faut croire que les actes les plus répréhensibles sont justifiables pour faire avancer leur cause. Que ce soit le meurtre, la prise d’otage ou même d’utiliser des innocents. (On se souviendra que le FLQ a utilisé un jeune de 16 ans pour transporter une de ses bombes et qu’il y a laissé sa vie. Quelle bassesse inouïe!) Cette croyance amène aussi à excuser toute transgression et la justifier généralement dans un discours victimaire. « Il est normal qu’ils aient agit ainsi, ils étaient opprimés.» Ce discours, nous l’avons entendu pour le FLQ, nous l’avons aussi entendu au sujet du conflit Israëlo-Palestinien : il importe peu que le Hamas lancent continuellement des roquettes sur des villes israéliennes, ce sont de pauvres opprimés! Mais si Israël a le culot de se défendre, alors là… On retrouve ces mêmes éléments dans le discours de Québec solidaire sur la violence dans les manifestations étudiantes. Encore là on dépeint les casseurs comme de pauvres victimes de brutalité policière.

Il faut aussi croire que les droits collectifs sont plus importants que les droits individuels. La grande majorité des gauchistes vous diront qu’il est justifiable de faire entorse aux droits d’un individu pour le bien du plus grand nombre. Ceci peut paraître raisonnable, jusqu’à ce qu’on pousse la logique à son extrême. Car si on laisse le loup entrer dans la bergerie et qu’on permet de violer le droit d’un individu, où trace-t-on la ligne de ce qui est acceptable. Si on peut violer un de ses droits, combien d’autres droits peut-on se permettre de lui enlever? Deux? Dix? Le droit de libre expression? De libre-association? De propriété? Le droit à la vie peut-être? J’ai le regret de vous dire que dans notre social-démocratie, sauf pour le droit à la vie, le reste des droits individuels que je viens de nommer sont déjà mal amochés. Mais si on continue à suivre cette voie et qu’on y ajoute l’idée que la fin justifie les moyens, est-il si farfelu de penser que même une vie humaine peut-être sacrifiée pour ce qu’on conçoit comme étant le bien du plus grand nombre? Et si une vie peut être sacrifiée, alors dix, cent, mille n’est qu’une question de statistiques.

Si les gens comme Khadir étaient capables d’un tant soit peu d’introspection, ils reconnaitraient que le bien collectif passe par le bien de chaque individu et non de certains individus au détriment des autres, mais de par l’histoire du XXe siècle, je ne crois pas qu’ils en soient capables. La tentative de béatification de Paul Rose en est une preuve.

En guise de conclusion, je me permettrai ici une petite flèche à Mathieu Bock-Côté qui, il n’y a pas très longtemps, traitait les libertariens de « marxistes de droite ». Bien que la conception du monde par les libertariens peut être vue par certains comme utopique, aucun libertarien ne considérerait l’usage de la violence comme un moyen légitime d’y parvenir, contrairement aux marxistes qui n’hésitent pas un seul instant à sacrifier des vies humaines à leur cause. C’est pourquoi une telle comparaison, pour un libertarien, est la pire des insultes.

Vive la variété!

rmartineautlmep

Par Philippe David

Je me dois de réagir à la dernière chronique de Richard Martineau. Depuis quelques années j’ai remarqué une tendance très libérale dans les écrits de Richard Martineau, mais il y a des fois ou son vieux jupon étatiste/collectiviste recommence à dépasser. C’est certainement le cas lorsqu’il se plaint qu’on commence à avoir trop de choix dans l’offre politique.

J’aimerais bien voir M. Martineau poser la question à Adrien Pouliot, à savoir s’il y a vraiment trop de partis politiques. Connaissant M. Pouliot, je suis certain qu’il lui répondrait qu’au contraire, il y a un manque effroyable de concurrence d’idées au Québec et c’est certainement pour ça que nous sommes dans le pétrin. La raison pourquoi les partis politiques semblent se multiplier dernièrement est justement parce que l’offre politique actuelle ne répond pas à la demande.

Bonnet blanc, blanc bonnet

Depuis 1976 le PQ et le PLQ s’échangent le pouvoir. La seule différence entre ces deux partis s’inscrit au niveau de nos relations avec le reste du Canada, mais au niveau de la gouvernance, ces deux partis ont tendance à gouverner au centre-gauche. Ils ont tous deux à leur tour multiplié les programmes sociaux coûteux et augmenté l’endettement de la province. Depuis la confédération les partis politiques apparaissent et disparaissent et se succèdent. Sortie coté court le Parti Conservateur, entrée côté jardin l’Union Nationale et le Crédit Social. Bonjour le PQ, bonsoir l’Union Nationale. Bye bye Crédit Social et allo Québec Solidaire et l’ADQ. Au revoir ADQ et bonjour la CAQ, le Parti Conservateur et l’Équipe Autonomiste et tous les nouveaux groupuscules de souverainistes impatients d’attendre que le PQ se décide à faire un référendum. Bref, la politique est toujours en ébullition et c’est une bonne chose. Le bipartisme est une recette pour la stagnation, ça commence à être évident aux États-Unis.

La dynamique de marché

Richard Martineau compare le marché politique au marché des jeans et des confitures, ce qui demeure une bonne comparaison, mais il tire les mauvaises conclusions. Il croit que trop choix sème la confusion. C’est parce qu’il refuse de considérer l’évolution du marché à long-terme et ne se limite qu’à un horizon très court. Trop de partis politiques sèment la confusion et incitent les voteurs à rester chez eux, vraiment? Que dire de l’effet quand il n’y en a pas assez? Qu’arrive-t-il quand tu ne sais pas où mettre ton X parce qu’aucun parti ne partage notre vision? Les 700 000 qui se sont abstenus de voter en 2008 l’ont-ils fait parce qu’ils avaient trop de choix ou parce qu’ils ont été déçus par l’ADQ et ne se reconnaissaient dans aucun autre parti? Lequel des quatre principaux partis au Québec(PQ, PLQ, QS et CAQ) propose un vrai changement au Québec? QS? Ils propose les mêmes recettes socialistes que nous suivons depuis 50 ans, mais poussé à l’extrême. Le PQ? Ils ont bien réduit les dépenses et la dette pendant les années ’90, mais ils ont tôt fait de recommencer à dépenser comme des marins en permission une fois qu’ils ont atteint le « déficit zéro » et ils ont évacué tous ceux qui ont travaillé à réduire le déficit. Depuis une décennie, le PQ ressemble de plus en plus à QS. Le PLQ? Faites-moi rire? La CAQ? Qu’ont-ils proposé de vraiment différent? Même chose pour les fervent de la souveraineté. Le PQ et QS ne sont pas trop pressés d’entamer des démarches pour faire la souveraineté, alors on voit des partis apparaitre comme Option Nationale, qui proposent de faire ce que le PQ et QS hésitent à faire. S’il y a 30 sortes de paires de jeans, c’est que les consommateurs réclament une telle sélection. Si un modèle se vend moins bien que les autres, il sera retiré. Même chose pour les partis politiques. Si un parti n’attire plus les gens, il mourra éventuellement. Si par contre on découvre qu’une certaine clientèle n’est pas desservie par aucun parti politique, c’est peut-être qu’on devrait en fonder un. Si on veut un jour que ça change, il faut laisser les gens mettre leurs idées de l’avant et laisser les électeurs décider ce qui leur convient.

Qui sait? Peut-être qu’un jour le Parti Conservateur du Québec supplantera le Parti Libéral ou le PQ. Mais avant que ça puisse arriver, il faut bien commencer en quelque part! Et même s’il n’arrive jamais à supplanter les gros partis, considérez que le Parti Vert a réussi depuis une vingtaine d’années, à imposer des éléments de son programme aux autres partis sans jamais élire un député. Ces petits partis sont donc essentiels au progrès du débat public. S’il y en a tant présentement c’est justement parce que le Québec a désespérément besoin de faire un gros brassage d’idées. Alors moi je dis « vive la variété! »

 

L’inflation expliquée aux enfants… et à Khadir

Par Ian Sénéchal,

Ce texte est le résumé d’une partie de ma chronique hebdomadaire chez Dominic Maurais à Radio X.

Amir Khadir y est allé d’un tweet qui est devenu rapidement viral hier sur Twitter. Vous le trouverez au bas de l’article. Le tweet nous envoyait sur un tableau très instructif. Voici le tableau et ce que Québéc Solidaire affichait comme commentaire sur sa page Facebook :

“ Un tableau pour éclairer et mettre en perspective les débats sur les hausses d’impôt pour le 3% le mieux nanti. Par exemple, une personne au revenu imposable de 150 000$ a vu ses impôts annuels diminuer de plus de 11 700$ depuis 12 ans. À partager!”

En apparence, les gens gagnant 150 000$ ont reçu une baisse d’impôt de 5565$ au provincial en 10 ans. Vrai. Mais parle-t-on de la même personne en 2000 et en 2010?

Khadir et sa bande d’illetrés économiques basent leur analyse en faisant abstraction de l’inflation. Faut le faire quand même!

Disons que l’inflation a été de 2% les 10 dernières années. Une personne gagnant 150 000$ en 2010 devait en gagner seulement 123 000$ en 2000 pour s’offrir le même niveau de vie. Pour comparer les pommes avec les pommes, il faut tenir compte de l’inflation.

Comparez la personne gagnant 125 000$ en 2000 à la personne qui en gagne 150 000$ en 2010. Vous verrez, le niveau d’impôts payés est sensiblement le même (28 334$ VS 29 271$)

C’est normal, les tables d’imposition sont indexées depuis le budget 2000-2001 mis en place… par Bernard Landry!

L’indexation des tables d’impôt va de soi et ne constitue pas une réelle baisse d’impôt. Ne vous en faites pas, l’ancien PM Charest était tout aussi malhonnête dans son approche quand il se pétait les bretelles en disant qu’il avait réduit le fardeau fiscal depuis son entrée au pouvoir pour une famille gagnant X revenu. Il ne tenait pas compte de l’augmentation du coût de la vie et/ou de l’augmentation des salaires en lien avec l’inflation et/ou de l’indexation des tables d’impôt.

Bref, ne vous fiez jamais à un politicien quand ils vous parlent de chiffres. Ils ne sont là que pour vous confondre! En fait, ils souhaitent que vous soyez dociles et que vous gobiez tout sans broncher. Si en plus vous pouvez diffuser leur message sur Twitter, wow, ils sont vraiment contents que vous soyez tombés dans la panneau!!! Une fausseté diffusée abondamment devient rapidement une vérité dans notre monde où la compétence et l’honnêteté intellectuelle sont devenus des concepts abstraits.

Le coût de l’ignorance

 

 Ce texte a été envoyé à mon ami Éric Duhaime et circule présentement sur Facebook. Question de donner matière à réflexion alors que vous vous préparez à voter dans trois jours, je le reproduis ici. J’espère que l’auteur ne m’en tiendra pas rigueur, mais je n’ai pas eu le loisir de lui demander la permission.

 

LE COÛT DE L’IGNORANCE
texte de Michel Roy

Les Québécois s’apprêtent à élire un gouvernement séparatiste et gauchiste, mené de l’intérieur par son aile socialiste radicale alias les purs et durs du PQ, infiltré de toutes parts par les Centrales syndicales et stimulé de l’extérieur par son satellite encore plus radical, Québec Solidaire.

Tout ça sous les hourras euphoriques des médias et des artistes qui ont joué un rôle majeur dans ce désastreux et très imminent résultat.

Nous savons tous qu’une très grande proportion de Québécois, unilinguisme oblige, n’ont jamais écouté, regardé ou lu, autre chose que les reportages locaux et ne sont jamais sortis de leur patelin, sauf pour aller dans des parcs de maisons mobiles unilingues francophones, en Floride. Ils n’ont jamais voyagé, ignorent ce qui se passe à l’étranger et se fient à des envolées patriotiques d’artistes qui ne connaissent rien à l’économie et dont la plupart ne pourraient survivre sans la charité publique, aussi appelée subventions.

Plutôt que de regarder les programmes et l’orientation des partis politiques, ils préfèrent les chasses aux sorcières et aux scandales et ne sont pas capables d’identifier ceux qui, depuis 40 ans, cherchent à «les embarquer dans la cage à homards», pour emprunter l’expression littérale du plus ardent des séparatistes, Jacques Parizeau, lui-même !

Ils ignorent totalement ce qui se passe en Grèce et en France, entre autres, et ne peuvent évidemment donc pas apprendre de ces exemples catastrophiques.

Aujourd’hui même, j’ai eu une longue conversation avec un grand ami qui possède une propriété en France et qui est très bien branché sur l’économie mondiale; ce qu’il me disait était sidérant:

Il y a un peu plus de trois mois, à peine, le socialiste François Hollande était élu comme Président de la France, porté par le même blitz médiatique et artistique anti-Sarkozy que celui anti-Charest auquel on assiste chez nous, surtout depuis 1 an. Or, après seulement un trimestre à l’Élysée, la cote de Hollande a déjà chuté à plus de 55% d’insatisfaction et plus de 5000 chefs d’entreprises français ont déjà complété ou entrepris de déplacer leurs sièges sociaux ou domiciles fiscaux, en Suisse et en Belgique. Et ça ne fait que commencer!

Vous les haïssez les «riches» ? Ceux qui ont étudié, travaillé, investi, risqué, persévéré et créé l’activité économique du pays ? Ceux qui travaillent à leur bureau ou à leur usine, pendant que vous protestez dans les rues ? Ceux à qui vous demandez de payer pour faire garder vos enfants jusqu’à ce qu’ils paient ensuite pour les envoyer à l’école ? Vous les haïssez ?

Et bien, faites-vous plaisir: crissez-les dehors, les riches: vous chercherez ensuite quelqu’un d’autre pour emplir l’assiette dans laquelle vous pigez de façon insatiable !

L’envie et la jalousie ne nourriront jamais personne, bien au contraire ! Et votre réveil sera brutal ! Mais trop tard !

Et quand j’entends les Marois, Khadir et leurs disciples dire qu’ils vont financer toutes leurs utopies en faisant payer les riches et les minières, je préfère de beaucoup, en rire qu’en pleurer. En 1970, convaincus qu’ils tenaient les compagnies minières par les bijoux de familles, les Africains ont décidé de leur imposer des exigences qui ne justifiaient plus l’énorme investissement et le risque très élevé auquel les minières sont confrontées dans cette industrie, la plus dangereusement spéculative au monde.

Que croyez-vous qui est arrivé ? Eh oui: les minières ont plié bagage et après 30 ans de disette, l’Afrique les a rappelés presqu’à genoux, pour pouvoir profiter de ces ressources qui n’ont aucune valeur si personne ne consent les investissements requis pour les extraire et les transformer!

Et il y a un tas d’autres exemple ! Mais comment apprendre de ce qui s’est fait ailleurs quand on n’est jamais sorti de sa cour ?

Au lieu de s’occuper du coût de l’éducation, d’ailleurs déjà le plus bas en Amérique, les Québécois seraient mieux de se préoccuper ……… du coût de l’ignorance !

La démesure

 

Par Philippe David

Je ne sais pas pour vous, mais moi je commence à en avoir ma claque de la rhétorique malhonnête des défenseurs des carrés rouges. Si on doit en croire cette rhétorique, le Québec serait une dictature digne de l’Allemagne nazie, le Chili de Pinochet ou la Syrie de Bachar el Assad. Curieursement, les comparaisons avec des régimes comme l’URSS, Cuba, la Chine Maoïste ou la Corée du Nord ne sont jamais évoquées. Aussi compare-t-on le combat des étudiants pour réduire leurs frais le plus près possible de zéro à la lutte des indiens contre le colonialisme britannique, des noirs sud-africains contre l’apartheid, des noirs américains contre les lois Jim Crow, des femmes pour l’égalité des sexes ou même des homosexuels pour le mariage gai et quoi d’autre encore! Suis-je le seul à trouver ces comparaisons outrageuses et d’une malhonnêté intellectuelle extrême?

Où sont les morts qui jonchent nos rues? Où sont les exécutés? Qui a été privé de son droit de s’exprimer pacifiquement? Qui a vu sa porte défoncée au milieu de la nuit pour avoir simplement exprimé une opposition aux hausses? Voyez comment ce genre de comparaisons discrédite le discours? Une fois qu’on le compare avec ce qui se passe réellement, il perd toute crédibilité. Comment oser comparer des régimes responsables de tant de morts avec notre gouvernement actuel ou comment comparer la cause des carrés rouges avec celles de gens dont les droits les plus fondamentaux ont été violés? C’est une insulte à tous ces gens. Chose certaine, dans ce débat, même Ghandi aurait probablement été tenté de lancer une godasse à Amir Khadir.

Les carrés rouges ont-ils de bonnes raisons de protester contre les hausses de frais? Absolument! Tout comme les contribuables ont raison d’être choqués par toutes les hausses de tarifs et de taxes qu’ils ont du subir de la part de M. Bonheur. La nouvelle taxe santé est révoltante, ainsi que l’augmentation de la TVQ et des tarifs comme les immatriculations. Toutes ces augmentations sont le symptôme d’un modèle social-démocrate à bout de souffle et qui a grand besoin de réforme. Le problème avec le socialisme est que l’argent d’autrui vient toujours à manquer, disait Margaret Thatcher. Le Québec bien près d’atteindre le point où il lui sera impossible de continuer d’emprunter pour continuer à financer des programmes qui ne peuvent pas être financés par les taxes et les impôts. C’est inévitable. On ne peut pas vivre à crédit indéfiniment.

Ce qui me chagrine des étudiants est qu’ils ont été endoctrinés par des profs marxistes et ne réalisent pas que le gel ou la gratuité n’est plus possible. Il croient que si seulement l’état était mieux géré, il y aurait suffisamment d’argent pour financer les universités sans piger dans leur poche, mais devinez quoi? Tous les gouvernements gaspillent et tous les gouvernements sont inefficaces. C’est la conséquence directe de dépenser l’argent des autres pour leur bénéfice. Il n’y a aucun intérêt à essayer d’en avoir le plus possible pour son argent quand cet argent n’est pas le nôtre et que nous ne le dépensons pas pour nous-mêmes. Bientôt, nous aurons de plus en plus de retraités pour consommer des services sociaux et de moins en moins de travailleurs pour payer des impôts. Comment croyez-vous qu’on va pouvoir payer pour nos beaux services sociaux? Contrairement à la croyance populaire, l’argent ne pousse pas dans les arbres. La seule solution sera de réduire radicalement la taille de l’état. Or, c’est loin d’être ce pourquoi les carrés rouges protestent.

Les carrés rouges et leurs supporteurs ne cessent de répéter que le Québec est en train de devenir un état policier fasciste et totalitaire. Il convient de rappeler aux gens de quoi aurait l’air un Québec sous la gouverne de Québec Solidaire  (Voir la critique de leur programme par Pierre-Guy Veer ici et ici).  Suffise de dire que des mesures comme le plafonnement du revenu, la confiscation des héritages et l’interdiction des publicités nécessitent un état totalitaire. Quant à la liberté d’expression, on n’a qu’à constater les abus que Gilbert Rozon, Richard Martineau, Sophie Durocher, et Jacques Villeneuve ont été les victimes pour s’apercevoir que pour la gauche, ce concept n’est bon que lorsqu’on pense comme eux et que si le camarade Amir Luther Ghandir venait qu’à prendre le pouvoir, que ses critiques se retrouveraient probablement « dans le nord »… derrière des barbelés…

Québec solidaire, ou faire fi de la réalité (2e de 2)

 

Par Pierre-GuyVeer

 

Des trous sans fonds

 Une autre proposition qui a été adoptée touche les régimes de retraite. On propose de transformer la RRQ en régime universel de retraite « protégé des aléas du privé ». Du même souffle, Mme David rejette l’idée d’augmenter l’âge de la retraite.

 

Encore une fois, nous avons un bel exemple d’un parti politique qui veut nous protéger de nous-mêmes et qui veut acheter des votes. Ça ne date pas d’hier : les pensions de vieillesse sont des créatures du chancelier allemand Otto von Bismarck, afin de gagner le support des conservateurs1. L’âge de la retraite à l’époque était également 65 ans… mais l’espérance de vie était de 68 ans. Aujourd’hui, elle atteint presque 80 ans. Considérant qu’une personne vivant jusqu’à cet âge-là coutera plus cher en soins de santé qu’un fumeur ou un obèse2, nous aurons deux trous sans fonds côte à côte qui se creuseront rapidement. Éric Duhaime n’avait peut-être pas si tort de dire que l’État est contre les jeunes…

 

Un autre trou sans fond qui pourrait se creuser avec un gouvernement « solidaire » se trouvera dans l’éducation avec la gratuité scolaire mur à mur. Pour le financer – vous l’aurez deviné – on cherchera à taxer plus, notamment avec un nouveau palier d’imposition et en taxant les profits du secteurs financier, jugé trop élevés3.

 

QS commet ainsi des erreurs qu’une personne ayant compris ses cours d’économie de base ne commettrait pas. Tout d’abord, vouloir la gratuité absolue et pour tout le monde ne ferait que diminuer la valeur dudit diplôme. En effet, s’il n’en coute rien pour étudier dans un domaine, alors plusieurs personnes s’y lanceront, causant un surplus de diplômés et donc une baisse drastique des salaires. Des pays comme la Finlande, qui ont certes la gratuité, ont un très fort contingentement à l’entrée4. Pour d’autres, comme le Danemark, les taux d’impositions vont jusqu’à 55,4 %5.

 

QS semble vouloir prendre la seconde voie, et ça serait destructeur. En effet, malgré son système fiscal compliqué, les ÉU, qui ont des impôts malgré tout moins élevés qu’au Danemark, ont un niveau de vie nettement supérieur à ce pays scandinave6. Enfin, taxer les banques ne ferait qu’augmenter encore plus leurs frais, puisque de telles entreprises peuvent facilement faire retomber une augmentation des couts sur leurs clients. Leur oligopole légal n’aide pas7.

 

Xénophobie linguistique

 

Un dernier point qui a retenu l’attention du lors du congrès est l’infâme loi 101. Un gouvernement solidaire redonnerait plus de mordant à cette loi liberticide, notamment en l’affermissant en milieu de travail, en l’appliquant aux entreprises de dix employés et plus et en interdisant les écoles passerelles – un élève non anglophone qui fréquente une école anglophone non subventionnée pendant trois ans peut obtenir le droit d’étudier dans une écoles publique anglophone.

 

Décidément, QS tient à ce que le Québec se vide de ses meilleurs éléments. Plusieurs compagnies, dont la Sun Life8, avaient quitté Montréal pour aller à Toronto ou ailleurs afin d’éviter les grands frais encourus avec la francisation obligatoire du milieu de travail. Étendre la loi aux petites entreprises risque soit de laisser les entreprises à neuf employés ou moins, soit de tuer encore plus l’entrepreneuriat, déjà pas très fort au Québec9. Cela ne peut qu’appauvrir le Québec encore plus.

 

Cette obsession avec la langue est vraiment malsaine. Pourquoi le gouvernement doit-il intervenir pour la « protéger »? Si nous en sommes rendus là, c’est sans doute signe que la population ne s’en soucie pas beaucoup. D’ailleurs, pourquoi vouloir miner les chances de réussite des enfants? Dans le Canada anglais, on fait la file pour les programmes d’immersion ou même pour fréquenter l’école française. En Saskatchewan, où j’ai déjà vécu, les écoles francophones débordent, et plusieurs familles anglophones espèrent obtenir une place. Il y a certes des contrôles d’entrée de la part du Conseil des écoles fransaskoises, mais ce n’est pas une balkanisation comme au Québec.

 

En conclusion, un gouvernement de QS serait une bonne chose. Nous percuterions finalement le mur de plein fouet. Ainsi, nous pourrions finalement effectuer les réformes économiques tant nécessaires afin que nous nous relevions. Oh, Kadhir et David tenteraient de creuser le fond du baril, mais quand ils se rendront compte que la poule aux œufs d’or a quitté la province, ils n’auront d’autre choix que d’enlever leurs lunettes roses.

Québec solidaire, ou faire fi de la réalité (1re partie)

Par Pierre-Guy Veer

Du 27 au 29 avril dernier se tenait le 8e congrès de Québec solidaire (QS). Des propositions aussi farfelues que dangereuses ont été mises de l’avant par ses membres et pourraient fort bien faire partie de la prochaine plateforme électorale de ce parti socialiste. Bien que l’on clame, sur le site Internet, que ces propositions ne sont que des pistes de réflexion, elle permettent néanmoins de voir vers quoi QS se dirige.

Parmi celles-ci se trouve cette volonté de vouloir taxer les « riches ». Dans la même veine que la philosophie des mouvement d’occupation, Françoise David se dit entièrement d’accord avec le plafonnement du 1 % le plus riche. « Il n’y a pas un être humain sur terre qui mérite de gagner 5 millions $ par année pendant qu’il y en a d’autres qui crèvent de faim », affirme-t-elle1.

Cette affirmation est problématique à plusieurs égards. Premièrement, elle suppose que l’enrichissement d’une personne se fait au dépends des autres. C’est exactement comment les politiciens du monde pensaient jusqu’à l’arrivée du libéralisme économique et politique – on appelait ça mercantilisme. Plusieurs personnes pensent encore ainsi de nos jours, notamment quand vient le temps de parler de pauvreté2. Dans l’état actuel de notre monde, je suis obligé de leur donner raison : les riches s’enrichissent aux dépends des pauvres… à cause du gouvernement. En effet, pensons simplement à l’inflation3, une taxe déguisée qui ne profite qu’aux gens proches du gouvernement, ou encore aux sauvetages financiers de nombreuses compagnies qui auraient autrement faillite. En utilisant des fonds publics pour « secourir » les compagnies en faillite, on empêche la main invisible du marché de fonctionner et de punir les incompétents. Résultat : des billions (12 zéros) de dollars ont été arrachés aux contribuables pour secourir des amis de Washington, notamment AIG4, ce qui a permis aux dirigeants de toucher de généreux bonis malgré la piètre performance de l’entreprise.

Ensuite, qui dit limitation dit changement de comportement. Pour paraphraser Darwin un peu, les humains évoluent et adaptent leur comportement à leur environnement. Si les salaires sont plafonnés, leurs récipients trouveront d’autres moyens pour gagner leur vie comme bon leur semble. Ils pourraient travailler moins, déménager leur entreprise, contourner le règlement ou encore travailler au noir. À moins d’être dans un régime totalitaire, les particuliers ont généralement une longueur d’avance sur le gouvernement et ses règlements.

Enfin, cette obsession contre les riches est on ne peut plus ironique. Ces derniers sont les principaux contributeurs aux revenus du gouvernement; les 2,9 % de contribuables (ceux qui paient des impôts, ce qui exclut la population inactive) gagnant plus de 100 000 $ paient 29 % de tous l’impôt récolté au Québec, tant au provincial qu’au fédéral5. On peut donc dire qu’ils paient plus que leur juste part. Vouloir les imposer plus ne peut que les décourager et adopter les comportements mentionnés au paragraphe précédent.

Ne pas apprendre des erreurs des autres

Une autre pierre d’assise de QS est l’environnement. On désire notamment « en finir avec un développement économique basée (sic) les énergies fossiles » et « créer des emplois dans les secteurs d’avenir qui font consensus »6. N’en déplaise aux solidaires, à trop vouloir tricher le marché, ce dernier fini par prendre le dessus, et ce nonobstant le très grand doute qui entoure une possible cause humaine dans le réchauffement/changement/dérangement climatique.

On n’a qu’à regarder l’Espagne pour se convaincre qu’une injection massive de fonds publics pour des énergies « vertes » est une apocalypse en devenir7. On peut également regarder plus près de nous pour voir que les projets gouvernementaux, quels qu’ils soient, sont rarement une réussite. En regardant les échecs de Solyndra8, Fisker Automotive9 ou l’explosion des tarifs d’électricité en Ontario ou ailleurs10, force est de constater que la main visible du gouvernement a un pouvoir destructeur.

Si les énergies « vertes » étaient si bonne, le secteur privé peut s’en occuper. L’intérêt égoïste des gens est un des moteurs de l’innovation les plus puissants. En effet, quand une compagnie n’est pas protégée par le gouvernement, elle n’a d’autre choix que d’innover ou de mourir. Dans le cas des énergies « vertes », il faut croire que le fruit n’est pas encore mûr. Par contre, quand on compare la consommation d’essence des voitures d’aujourd’hui et d’il y a 40 ans, on peut noter une amélioration dramatique. D’ailleurs, c’est ce qui explique pourquoi Toyota a surpassé GM au chapitre des ventes. Aussi, les hauts couts du pétrole encourage les entrepreneurs à trouver d’autres sources, notamment le gaz naturel, moins polluant. Partout où on en fait son extraction, l’économie explose comme au Dakota du Nord. Oh, il peut y avoir certains risques, mais la plupart seraient exagérés11.