Archives par mot-clé : Québec Solidaire

Les bons terroristes

paul rose

Par Philippe David

Il a renoncé à l’idée saugrenue de faire un hommage à Paul Rose à l’Assemblée Nationale, mais je suis toujours hors de moi. Je suis toujours sidéré qu’un député de l’Assemblée Nationale ait même pu faire la suggestion que l’Assemblée honore un homme qui était un des responsables de la mort d’un des députés et ministres qui y ont siégé. Un homme qui, jusqu’à sa mort, n’a jamais exprimé de remords. Selon lui, il n’avait rien à se faire pardonner. Ça en dit fichtrement long sur Amir Khadir et cette frange de la gauche québécoise qu’il représente. Une frange qui incorpore un assez haut pourcentage de l’élite intellectuelle gauchiste.

Évaporons, si vous le voulez bien, le petit nuage mystique dont cette gauche nationaliste veut entourer Paul Rose et le FLQ pour y voir le vrai visage. Qu’on se le dise tout de suite, l’objectif des felquistes n’était pas le Québec indépendant dont rêvait René Lévesque et ceux qui l’entouraient. C’est pourquoi Lévesque les a désavoués. Le rêve des felquistes était d’imiter la révolution cubaine et de faire du Québec une Cuba du nord. Ce qu’on doit en dire, c’est qu’heureusement, ils n’ont pas réussi.

Soyons extrêmement clairs : tout usage de la violence et de la terreur à des fins politiques constitue du terrorisme, donc par définition, le FLQ était une organisation terroriste. Alors, qu’est-ce que ça dit de ceux qui, par leur propagande, tentent de faire des héros de ces terroristes? La réponse est qu’un petit terroriste en puissance sommeille en chacun d’eux. Pour le comprendre, il faut examiner quelques-unes de leurs croyances.

Pour vouloir faire de Paul Rose un héros, il faut croire que la fin justifie les moyens. Il faut croire que les actes les plus répréhensibles sont justifiables pour faire avancer leur cause. Que ce soit le meurtre, la prise d’otage ou même d’utiliser des innocents. (On se souviendra que le FLQ a utilisé un jeune de 16 ans pour transporter une de ses bombes et qu’il y a laissé sa vie. Quelle bassesse inouïe!) Cette croyance amène aussi à excuser toute transgression et la justifier généralement dans un discours victimaire. « Il est normal qu’ils aient agit ainsi, ils étaient opprimés.» Ce discours, nous l’avons entendu pour le FLQ, nous l’avons aussi entendu au sujet du conflit Israëlo-Palestinien : il importe peu que le Hamas lancent continuellement des roquettes sur des villes israéliennes, ce sont de pauvres opprimés! Mais si Israël a le culot de se défendre, alors là… On retrouve ces mêmes éléments dans le discours de Québec solidaire sur la violence dans les manifestations étudiantes. Encore là on dépeint les casseurs comme de pauvres victimes de brutalité policière.

Il faut aussi croire que les droits collectifs sont plus importants que les droits individuels. La grande majorité des gauchistes vous diront qu’il est justifiable de faire entorse aux droits d’un individu pour le bien du plus grand nombre. Ceci peut paraître raisonnable, jusqu’à ce qu’on pousse la logique à son extrême. Car si on laisse le loup entrer dans la bergerie et qu’on permet de violer le droit d’un individu, où trace-t-on la ligne de ce qui est acceptable. Si on peut violer un de ses droits, combien d’autres droits peut-on se permettre de lui enlever? Deux? Dix? Le droit de libre expression? De libre-association? De propriété? Le droit à la vie peut-être? J’ai le regret de vous dire que dans notre social-démocratie, sauf pour le droit à la vie, le reste des droits individuels que je viens de nommer sont déjà mal amochés. Mais si on continue à suivre cette voie et qu’on y ajoute l’idée que la fin justifie les moyens, est-il si farfelu de penser que même une vie humaine peut-être sacrifiée pour ce qu’on conçoit comme étant le bien du plus grand nombre? Et si une vie peut être sacrifiée, alors dix, cent, mille n’est qu’une question de statistiques.

Si les gens comme Khadir étaient capables d’un tant soit peu d’introspection, ils reconnaitraient que le bien collectif passe par le bien de chaque individu et non de certains individus au détriment des autres, mais de par l’histoire du XXe siècle, je ne crois pas qu’ils en soient capables. La tentative de béatification de Paul Rose en est une preuve.

En guise de conclusion, je me permettrai ici une petite flèche à Mathieu Bock-Côté qui, il n’y a pas très longtemps, traitait les libertariens de « marxistes de droite ». Bien que la conception du monde par les libertariens peut être vue par certains comme utopique, aucun libertarien ne considérerait l’usage de la violence comme un moyen légitime d’y parvenir, contrairement aux marxistes qui n’hésitent pas un seul instant à sacrifier des vies humaines à leur cause. C’est pourquoi une telle comparaison, pour un libertarien, est la pire des insultes.

CLASSÉ : un manifeste hyper prévisible

 

Par Pierre-Guy Veer

Tel un enfant gâté qui continue sa « crise du bacon » jusqu’à ce qu’il obtienne ce qu’il veut, la CLASSÉ veut continuer son boycott des cours jusqu’à ce qu’elle obtienne ce qu’elle veut. Et ce qu’elle veut, elle l’a récemment exprimé dans un manifeste[1]. Mais les « revendications » qu’on y trouve ne font que trahir le fond socialiste de la CLASSÉ, et donc du danger qu’il représente pour les citoyens québécois.

 

Tout d’abord, le manifeste regorge de la première personne du pluriel. « Nous sommes avenir »; « notre vision »; « notre démocratie »; « nous sommes le peuple ». Ce sont des mots bien forts, je le concède, mais il y a un seul ennui : il n’y a pas de « nous ». La société, c’est les individus qui la composent, pas un groupe impersonnel et homogène. Seuls les individus pensent et agissent, disait Ludwig Von Mises, et il a entièrement raison. Durant une élection, ce ne sont pas les Québécois qui élisent tel ou tel parti; ce sont les électeurs individuels qui votent. Ce ne sont pas les Québécois qui choisissent un système de santé entièrement public; ce sont des politiciens élus (et souvent les démarcheurs) qui prétendent agir « pour notre bien » qui prennent de telles décisions sans en considérer les impacts (listes d’attente, corruption et patronage pour obtenir une meilleur place).

 

Donc, quand une personne/un groupe de personnes prétend agir « pour notre bien » ou « pour la collectivité », ce n’est ni plus ni moins que son/leur intérêt personnel qui est présenté. Même quand il s’agit d’un groupe, ce sont ses membres individuels, avec des gouts semblables, qui présentent leur intérêt personnel, comme on voit présentement avec la CLASSÉ.

 

Une fausse démocratie

 

Parmi ces intérêts personnels, on trouve un goût de la victoire à tout prix, fusse à l’encontre de la démocratie qu’elle chérit tant. En effet, il semble être très facile de voter dans certaines assemblées étudiantes, même si on n’étudie pas dans ledit établissement[2]. Aussi, bien qu’on prétende vouloir laisser la parole aux gens qu’on n’entend jamais, ces derniers seront copieusement hués s’ils osent demander un vote secret[3] ou exprimer un point de vue différent de « nous »[4]. Même les présidents d’assemblée semblent tous pencher du même côté[5]. Et si les membres d’une assemblée osent penser le contraire de « nous », ils vont le regretter amèrement[6]. Évidemment, les regrets se feront aussi sentir si une loi/injonction qui ne plait pas fait son apparition, pouvant aller jusqu’au vandalisme[7]. Enfin, le chantage[8], les menaces[9], les insultes gratuites[10] et les perturbations[11] sont aussi un bon moyen de vouloir faire passer son message.

 

Vivre aux dépends des autres

 

Toutefois, le plus fort de ces intérêts dépasse largement la hausse des frais de scolarité. « Si on nous dépossède des droits les plus fondamentaux en mettant nos établissements scolaires sur le marché, il en va aussi des hôpitaux, d’Hydro-Québec, de nos forêts, de notre sous-sol. ». Et alors? Quel est le problème? Tout ce qui a été énuméré est au moins contrôlé en partie par le gouvernement, et ça se reflète par son inefficacité.

 

Les universités québécoises sont terriblement sous-financées, ce qui se reflète dans leur solde budgétaire[12]. Malgré ce manque à gagner, la moindre hausse des frais de scolarité est vue comme taboue… Mettre plus de fonds publics ne servira à rien; aux États-Unis, les sommes fédérales pour l’éducation générale (jusqu’en 12e année) ont augmenté exponentiellement depuis 40 ans avec, au mieux, une stagnation des résultats[13]. Une privatisation pourrait permettre une meilleure compétition (et de meilleurs prix) ainsi que l’abolition de départements aux débouchés… limités, puisque les étudiants devraient payer le vrai prix de leurs études. Ce n’est certainement pas avec une « école égalitaire » qu’on va encourager le dépassement de soi; on risque plutôt d’avoir une société apathique qui finira comme 20th Century Motors[14]

 

Ce n’est guère mieux pour les hôpitaux. Les temps d’attente à l’urgence sont toujours longs, et voir un spécialiste prend une éternité[15]. En comparaison, les chiens peuvent se faire voir le même jour par un vétérinaire[16]. Oui, j’ose comparer les animaux domestiques et les humains; les premiers se font soigner dans un système où le libre-marché règne et la vitesse des traitements est phénoménale. Les humains, eux, à moins d’avoir d’excellents contacts – ma grande-tante infirmière a eu quelques passe-droit – doivent prendre leur mal en patience. Sans compter que la présence d’assurances privées – fortement encouragée via des crédit d’impôts aux États-Unis[17] – rend les gens insensibles aux prix de leurs traitements, ce qui fait exploser les couts[18]. Introduire un élément de privé pourrait très bien aider le système de santé, comme cela a été le cas en Allemagne[19].

 

Hydro-Québec, la plus sacrée des vaches dans la Belle Province, montre également la faiblesse d’une administration publique dans ce qui devrait être privé. La Société d’État a versé son premier dividende près de 20 ans après sa gigantesque nationalisation[20]. Aussi, elle a plus que doublé son nombre d’employés en 40 ans; elle a proportionnellement plus d’employés par clients que d’autres compagnies d’énergie comparables en Nouvelle-Angleterre. Mais « la population » peut se consoler d’avoir les plus bas tarifs en Amérique du Nord, plaidera-t-on. Oui, certes. Mais si HQ avait été une compagnie privée, elle aurait vite été accusée de concurrence déloyale. Deux poids, deux mesures. Privatiser HQ permettrait donc de payer le vrai prix de son électricité – et ainsi avoir un encouragement pour l’économiser – et même de se sortir de l’aumône fédérale nommée péréquation[21].

 

Enfin, en ce qui concerne « nos » ressources naturelles, elles sont mal exploitées (et certainement exploitées sauvagement, tel que dépeint par le manifeste) à cause du gouvernement. Dans le domaine forestier, les compagnies ne sont que locataires; elles ont donc intérêt à exploiter au maximum la terre avant que le bail n’échoit. Cet intérêt est attisé si le gouvernement décide de nationaliser une terre, comme ce fut le cas avec la Seigneurie du Triton[22]. Quant à d’autres ressources, comme l’uranium[23] et le gaz de schiste[24], des groupes de personnes se sont avancés et ont réussi à bloquer toute exploitation, grâce à la complicité du gouvernement qui a imposé des moratoires. Si on veut éliminer tout risque, on peut toujours revenir à l’âge de pierre : de la nourriture uniquement bio, de l’eau et de l’air purs, des animaux élevés en petits troupeaux, beaucoup d’exercice… et une espérance de vie de 30 ans. Sérieusement, en éloignant le gouvernement de l’exploitation des ressources naturelles, et surtout en améliorant les droits de propriété – le propriétaire d’une maison n’a pas droit aux ressources qui pourraient se trouver sous sa propriété –, on inciterait l’exploitation intelligente des ressources, car il est de l’intérêt du propriétaire d’une ressource quelconque d’en profiter le plus longtemps possible.

 

Ces pauvres femmes sans défense

 

Le dernier intérêt des membres de la CLASSÉ qui ressort est celui de défendre la veuve et l’orphelin (principalement la première). Selon leur manifeste, les femmes sont encore et toujours victimes de discrimination injuste, notamment par des emplois moins valorisés où elles sont majoritaires.

 

Je suis obligé de leur donner en partie raison sur ce point. Il est vrai qu’une infirmière ou une enseignante gagnent moins qu’un médecin… mais est-ce vraiment à cause du sexe? Nonobstant le fait que les femmes soient majoritaires dans les facultés de médecine[25], le médecin a généralement plus de tâches et de stress que l’infirmière (surtout s’il doit opérer). Sans compter, ne leur en déplaise, que la loi de l’offre et de la demande entre en jeu quand vient le temps de négocier un salaire. Même s’il n’y avait pas d’ordres professionnels, il y aurait toujours moins de médecins que d’infirmières parce que les études sont plus longues, et le métier nettement plus stressant; ils gagnent donc plus. Aussi, si tant de femmes se tournent encore vers l’enseignement, n’est-ce pas parce que leur absence en cas de grossesse ne les handicapera pas[26]?

Par ailleurs, il n’y a absolument rien, il me semble, qui empêche une femme d’étudier en chimie (comme ma sœur et quelques unes de ses amies) ou en génie (comme une cousine). Si elles ne sont pas assez représentées dans des domaines à majorité masculine, elles n’ont que leur désintérêt ou leur manque de volonté à blâmer.

 

En conclusion, le manifeste de la CLASSÉ peut se résumer à ce diction célèbre : « Si tu n’es pas socialiste à 20 ans, tu n’as pas de cœur; si tu n’es pas capitaliste à 40 ans, tu n’as pas de tête. » La plupart de ses membres sont très jeunes, et surtout ignorant du fonctionnement de la société. Espérons seulement qu’ils finiront par apprendre que l’argent ne pousse pas dans les arbres, que hausser les impôts et les dépenses publiques est contre-productif[27], que la charité à la pointe d’un fusil perd sa noblesse[28] et que tous les décrets 10-289[29] du monde ne peuvent absolument rien pour sauver l’économie. S’ils continuent de croire que le gouvernement est la solution et non le problème, alors Atlas risque de s’hyperventiler à force de voir le Léviathan étendre de plus en plus ses tentacules…



[14]  Rand, Ayn. Atlas Shrugged, p.323

[29]           Atlas Shrugged, p.538

Revenu minimum garanti: Ce que Québec Solidaire ne vous dira pas.

 

Ce weekend, Québec Solidaire a tenu son congrès, duquel est sorti un programme totalement socialiste, comme on pouvait s’y attendre. Comme tous les programmes socialistes, il est bourré de bonnes intentions et de bons sentiments pour sauver la veuve et l’orphelin, mais comme on sait, les chemins de l’enfer sont pavés de bonnes intentions. Malheureusement, comme tous les programmes socialistes, il est court-termiste et ignore les principes les plus élémentaires de l’économie, mais c’est l’intention qui compte, non? Il ne faut surtout pas se laisser freiner par la réalité. Non, non, non, surtout pas par la réalité.

Prenons par exemple cette idée du revenu  minimum garanti. Au premier abord, ça semble génial. D’un seul coup, on éliminerait théoriquement la pauvreté en fixant un seul de revenu minimum dont tout le monde bénéficierait. Ce seuil permettrait à tous, en théorie, d’avoir un  niveau de vie « acceptable », qu’on travaille ou non. N’est-ce pas merveilleux? Qui plus est, c’est plus facile à administrer, une compensation est automatiquement envoyée à tous ceux qui déclarent un revenu sous le seuil minimum. Pas de formulaire additionnel à remplir, pas de contrainte à se chercher un emploi, pas de boubou-macoutes. Mais, une fois revenus du pays des merveilles, on commence à réaliser que ce n’est pas si rose que ça en a l’air.

Voici le problème: comme tous les systèmes socialistes, il repose sur un modèle statique et assume que tous les gens vont agir exactement comme avant et qu’ils ne seront absolument pas affectés par les nouveaux incitatifs que cette politique fournirait au marché. Il compte donc sur le fait que tout le monde continuera de travailler comme avant, et que les coûts demeureront raisonnables. C’est faux.

Commençons par le fait que c’est trop facile. Une des choses qui empêche le système actuel de de sombrer dans le chaos est l’inefficacité typique du gouvernement qui rend l’application pour recevoir du bien être social compliqué et stigmatisant. Sans ces inconvénients, il devient trop facile d’obtenir quelque chose pour rien. Pire encore, puisque c’est un  minimum garanti, ce n’est plus juste une aide ponctuelle, ça devient un dû, un acquis, un droit.  Non seulement n’est-ce plus stigmatisant de le recevoir, c’est parfaitement normal.

Ensuite, qui détermine le montant du seuil et comment? Ça veut dire quoi « un niveau de vie acceptable »? $15 000 par an? $20 000, $25 000? Mettons, pour les besoin de l’argument qu’on met le seuil à $20 000, on vient automatiquement de mettre au chômage quiconque gagnait moins que ce montant. Pourquoi travailleraient-ils alors qu’il peuvent rester à la maison et toucher quand même à $20 000 par an? Et que dire de ceux qui font $21 000, ou $22 000 ou $23 000? Le revenu net réel pour leur travail ne serait que $1000, $2000 ou $3000. Ça pourrait être tentant, puisque de travailler entraine des coûts additionnels en transport, vêtements, etc., de cesser de travailler eux aussi.

Pendant ce temps, le reste des familles qui gagnent plus paient pour ceux qui ne travaillent pas. Et plus il y en aura qui cesseront de travailler, et plus les coûts du programme exploseront, ce qui entrainera une hausse des impôts pour compenser. Bientôt, ceux qui travaillent encore voient leur revenu net diminuer de plus en plus alors que leur fardeau fiscal augmente. Ceux-là aussi trouveront bientôt tentant de se joindre à ceux qui se la coulent douce. Vous voyez où je veux en venir? Sans compter que si on veut arriver à convaincre quelqu’un de travailler, il faudra le payer de plus en plus cher, de sorte que les prix de ce qu’ils produisent vont augmenter et le revenu minimum deviendra insuffisant, entrainant… une hausse!

Comme le disait une certaine politicienne qu’on surnommait la « dame de fer », le problème avec le socialisme est qu’éventuellement, l’argent d’autrui vient à manquer.  Ceci est un autre exemple pour le prouver.

8 MOTS

 

Huit mots.

« Je n’ai pas lu le rapport en détail »

C’est tout ce que ça a pris au premier ministre Jean Charest pour finalement prouver à l’ensemble de la population, aux médias et au reste de la classe politique qu’il n’a plus sa place à la tête du Québec.

Il est temps de passer à autre chose.

Bandes d’émotifs.

Pas vous. Non non. NOUS, le fameux “nous” dont les Péquistes se sont vite rendus compte qu’au lieu d’être rassembleur, éloignait les “non-nous”. Mais je m’éloigne moi aussi. 

Bande d’émotifs disais-je. 

Vous rendez vous compte que le NPD, selon de récents sondages, jouit (et certains membres du NPD – Québec le font sans doute) d’un soutien général de la population entre 41 et 47% au Québec (selon les résultats). C’est pas rien!

Faut dire que le sondage a été fait suite aux funérailles de Jack. Remarquez, moi Jack je l’aimais bien. Pas voté NPD, évidemment, mon pauvre père se retournerait dans sa tombe au point de pouvoir se forer un tunnel. Mais Jack, l’homme m’était très sympathique. Mais de la à donner mon appui à son parti, vide de sens dans son absence, il y a quand même un bout. 

On était tellement tannés des querelles (moi aussi en passant) entre le Bloc et les autres qu’on les a jetés dehors. Émotifs. 

On a cru tout le monde qui nous disait que Harper était un vilain mangeur d’enfant, un fervent de la droite haineuse qui allait remettre tous les immigrants illégaux dans un avion et hop – go home! (Faudra y revenir à cette question là en passant). Qu’il était un défenseur de l’énergie sale sale sale (brrr méchant Harper), mais qui génère une bonne partie des transferts fédéraux au Québec. Émotifs.

On est prêt aussi à donner notre appui à M. Legault. Sans plate-forme, sans parti, sans qu’il n’ait  présenté quelque candidat que ce soit. On le sait que M. Sirois ne sera pas candidat. Le pouvoir, le VRAI pouvoir, ne se passe pas en chambre mais en coulisse. M. Sirois, comme les Messieurs Desmarais, Péladeau, etc, savent que ce sont eux qui mènent sans avoir à travailler pour un maigre salaire d’environ 90,000$.  J’vais y revenir là dessus aussi.

Émotifs j’vous dit?

Mettez en!

On aime pas les vieux partis, on aime pas ce que Legault nous offre. On aime pas Mme Marois parce qu’elle est hautaine, on aime pas M. Charest …parce qu’on l’aime pas BON! Émotifs!

Maintenant, s’il vous plait, soyez sérieux un peu. Il y aura des élections bientôt. Dans moin d’un an. Les choix, on en convient, ne sont pas nombreux et pas encore très brillants. Mais même si vous aimiez Jack, même si vous lisez comme moi que M.Khadir est le plus populaire au Québec comme leader, arrêtez ces niaiseries là de le remettre sur la place publique et de lui donner la lumière. S’il vous plait, déplacez vous, même par le truchement de votre fureteur, et allez lire la plate-forme de Québec Solidaire. Ne lisez pas ce que vous voulez lire mais ce qui est écrit. 

Ça devrait vous ramener l’émotivité à la bonne place.