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Symptômes de l’agonie de l’Occident

Par Philippe David

Triste évènement qui est arrivé ce week-end. Trop triste pour le commenter à chaud. La violence sera toujours insensée. Je n’ai jusqu’ici que très peu commenté l’évènement sur les réseaux sociaux sauf pour offrir mes condoléances aux familles des victimes. Je voulais attendre plus d’informations plutôt que de parler à tort et à travers comme certains «nanalystes» qui ne sont qu’intéressés à nourrir un certain narratif. L’odeur de poudre s’était à peine dissipée dans cette mosquée de Sainte-Foy qu’on pointait déjà un doigt accusateur vers Donald Trump, les radios de Québec ou «l’extrême-droite» (comme si ça existait dans un Québec qui penche majoritairement à gauche). Aucun parti politique qui siège à l’Assemblée Nationale n’est résolument à droite. Ils sont centristes avec une légère tendance à gauche pour la plupart, mis à part Québec Solidaire qui est carrément à gauche sans aucune gêne. Le peu de partis de droite qu’il y a au Québec peinent même à être présents dans les sondages. Alors quand on me parle d’une montée de «l’extrême-droite», désolé, moi je me bidonne.  Tout au plus, on trouve quelques têtes brûlées sur les réseaux sociaux.

On trouvera toujours des racistes dans toutes les sociétés et il y aura toujours des timbrés abreuvés de haine. Le genre de haine derrière l’attentat de dimanche dernier est attribuable à cette mentalité qui nous amène à déshumaniser les individus pour ne voir que les attributs de leur appartenance à un groupe identitaire quelconque. Qu’il s’agisse de la race, de la religion, du genre, de l’orientation sexuelle ou de l’appartenance politique. Certains ne voient plus que ces traits, plutôt que de voir les individus pourtant uniques qui composent ces groupes et qui sont loin de tous avoir les mêmes idées.  Autant l’auteur de l’attentat n’est pas représentatif des québécois que ses victimes n’avaient un quelconque lien avec l’islamisme et le terrorisme. C’est ce qui arrive quand on identifie des hommes comme «musulmans» ou «arabes» plutôt que juste des hommes et des pères de familles. C’est plus facile de haïr les gens quand on peu tous les mettre dans le même panier et oublier leur individualité. Même les individualistes comme moi s’y font prendre quelques fois. La tolérance, c’est d’apprécier l’individu comme une personne unique plutôt que son appartenance à un groupe avec lequel il ne peut avoir rien en commun de plus que la couleur de la peau.

Ce à quoi nous assistons cependant n’a rien à voir avec de la simple bigoterie. Le mal est beaucoup plus profond. Les québécois sont nombrilistes et ne voient souvent pas beaucoup plus loin que leur petit village d’irréductibles gaulois entouré de camps retranchés anglo-saxons, mais le mal qui est derrière les évènements de dimanche n’est pas limité seulement au Québec. La seule raison pourquoi il se manifeste ici est peut-être que du côté identitaire, le peuple québécois a l’épiderme particulièrement sensible, isolé comme il est. Un petit îlot de francophonie dans un océan anglophone. Aussi est-il un peu plus jaloux de sa culture et craintif de toute menace envers elle. Tel est certainement notre héritage collectif. Mais ce malaise, il est partout en Occident.

La civilisation occidentale est malade. Elle se meurt lentement mais sûrement et je ne suis honnêtement pas certain qu’on peut sauver le patient. Les états-nounous ont besoin d’une population toujours croissante afin de nourrir leurs schémas de Ponzi qui auront tôt fait de s’effondrer avec la dénatalité. Ils doivent donc compenser leur manque de fertilité en ouvrant grand les portes à l’immigration. Le problème c’est qu’alors que pendant les grandes vagues d’immigration du passé, nous pouvions facilement trouver des immigrant de cultures similaires, nous nous retrouvons maintenant à devoir accepter de l’immigration d’endroits à la culture complètement différente de la nôtre. Qui plus est, alors que nos démocraties sont vieillissantes, essoufflées et décadentes, ceux que nous accueillons proviennent d’une culture relativement jeune et agressive et elle se considère plus vertueuse que la nôtre. Elle cherche plutôt à assimiler que d’être assimilée.

Comme ci ce choc culturel n’était pas suffisamment périlleux, nos politiciens semble se complaire à exacerber le problème d’intégration en menant d’une part une politique étrangère de bombardements continuels du Moyen-Orient qui ont mené à la fois à une montée du terrorisme et un raz-de-marée de réfugiés qui envahissent littéralement l’Europe actuellement et commencent à arriver ici; et d’autre part une politique domestique qui consiste largement à ghettoïser les immigrants tout en les courtisant pour des fins électoraliste au point que certains de demandent par exemple si Justin Trudeau ne s’est pas secrètement converti à l’islam, tellement il semble cajoler cette communauté. Sans compter l’influence grandissante de la gauche régressive, toujours prompte à étouffer tout débat raisonnable au sujet de l’immigration, reprochant inlassablement son intolérance à une civilisation pourtant des plus tolérantes de l’histoire et bien plus tolérante que les sociétés d’où proviennent les vagues d’immigration actuelles. Allez voir combien de clochers d’églises il y a dans les pays où l’islam est dominant.

Devant tout ça, doit-on vraiment être surpris que certains occidentaux se sentent menacés et impuissants? Doit-on leur reprocher leur inquiétude devant un influx de gens dont la culture leur semble diamétralement opposée à la leur et qui semblent résister de plus en plus à l’intégration? Ciel! Je suis surpris de ne pas en voir plus péter les plombs! Aussi devrait-on être surpris d’assister à la montée de leaders populistes comme Donald Trump, Marine Le Pen et Geert Wilders. On ne peut pas bousculer les gens ainsi sans s’attendre à un retour du balancier tout de même! Le problème, il ne vient pas de Donald Trump et encore moins des radios de Québec. Ils ne sont que les soubresaut d’agonie de la civilisation occidentale.

Rien ne peut justifier le meurtre d’innocents et les victimes dans cette mosquée ne méritaient pas de mourir. Ils sont les malheureuses victimes d’un jeu de pouvoir mondial. Je crains malheureusement qu’ils n’en seront pas les dernières.

Élections fédérales 2015 : Le Québec sera un champ de bataille important

Par Simon Leduc

 

Les prochaines élections fédérales auront lieu le 19 octobre prochain. La Belle province sera un important champ de bataille. Avec la chute du PLC, ce sera une lutte entre le NPD et le Parti conservateur.   Ce dernier est en bonne position pour reprendre les comtés (de la région de Québec) qui ont été perdus aux mains des troupes de Thomas Mulcair le 2 mai 2011. Malgré le retour de Gilles Duceppe, le Bloc occupe la troisième place. Voici les dix circonscriptions à surveiller au Québec.

Première partie :

Terrebonne-Blainville :

Cette circonscription  était une forteresse bloquiste de 1993 à 2011. Elle a été emportée par la vague orange en 2011. La candidate du NPD, Charmaine Borg, avait obtenu 49% des voix contre 30% pour la bloquiste Diane Bourgeois. Le Parti conservateur présente un candidat vedette, Michel Surprenant. Après la disparition de sa fille (en 1999), il a milité pour le droit des victimes d’actes criminels. Depuis quelques années, il préside l’AFPAD[1] afin de défendre les victimes de crimes violents. M Surprenant est une personnalité connue du grand public et il représente l’espoir des conservateurs dans la Couronne Nord. Les électeurs de ce comté ont déjà élu un député conservateur durant le règne de Brian Mulroney. Le retour de Gilles Duceppe pourrait donner un second souffle au Bloc et diviser le vote progressiste avec le NPD.   Michel Surprenant aurait une chance de se faufiler avec la victoire.

Charlesbourg-Hautes-St-Charles :

Si le PCC veut faire des gains au Québec le 19 octobre prochain, il doit gagner ce comté de la région de Québec. Le 2 mai 2011, le NPD a arraché Charlesbourg-Hautes-St-Charles aux conservateurs par l’entremise de la vague orange. Anne-Marie Day est la députée sortante et elle avait obtenu 45% des voix lors du dernier scrutin. Selon certains observateurs, elle n’a pas été très présente dans le comté pendant son mandat de quatre ans. Le PCC présente une figure très connue de la région de Québec, l’entrepreneur Pierre Paul-Hus. Cet ancien officier supérieur de l’Armée canadienne est l’éditeur du magazine PRESTIGE et le Directeur général des Sélections Mondiales des Vins-Canada. La députée sortante aura fort à faire pour vaincre M. Paul-Hus. Donc, ce comté devrait revenir dans le giron conservateur avec Louis-St-Laurent (Gérald Deltell) et Beauport-Limoilou (Alupa Clarke).

Mont-Royal :

C’est un château fort libéral depuis 1940. C’est un véritable bastion rouge qui a été représenté par l’ancien premier ministre Pierre E. Trudeau (1965 à 1994) et par le député sortant Irwin Cotler (depuis 1999). Ce dernier y a régné en maître de 1999 à 2011, mais le candidat conservateur a fait fondre sa majorité à seulement 2500 voix en 2011. Ce sera une chaude lutte entre le conservateur Robert Libman et le libéral Anthony Housefather. Si le PCC veut faire une percée dans la métropole, il doit cibler cette circonscription et celle de Lac-St-Louis où il y présente une vedette économique, Éric Girard.

Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia :

C’est un bastion du Bloc depuis 1993. Le député sortant est Jean-François Fortin, élu sous la bannière bloquiste. Ce dernier l’a quitté après l’arrivée de Mario Beaulieu à la tête du parti. M. Fortin a fondé sa propre formation politique, Force et Démocratie. La défense des intérêts des régions est le principal cheval de bataille de ce nouveau parti. M. Fortin va se présenter sous sa bannière le 19 octobre prochain. Ce comté avait résisté à la vague orange le 2 mai 2011. Donc, la lutte se fera entre M. Fortin et le candidat du Bloc québécois. Le député sortant est connu dans la région. Il a été le maire de Flavie entre 2006 et 2009. Réussira t-il à se faire élire sous la bannière de sa formation politique? C’est à suivre. Gilles Duceppe doit remporter ce comté s’il veut vraiment ramener son parti sur le chemin de la victoire.

Laurier-Ste-Marie :

La semaine dernière, Gilles Duceppe a annoncé sa candidature dans cette circonscription de l’Est de Montréal. Ce dernier a représenté les électeurs de ce comté à la Chambre des communes de 1990 à 2011. Il a été le premier élu de l’histoire de la formation politique souverainiste. Mais en 2011, il a été emporté par la vague orange. La députée sortante, Hélène Laverdière, avait obtenu 46% des voix contre 36% pour son adversaire bloquiste. Celui-ci va devoir reconquérir le cœur des habitants de ce territoire afin de revenir à la Chambre des communes et diriger son parti. Est-ce que les électeurs de cette circonscription vont revenir à leur ancien amour ou vont-ils continuer avec le NPD? Le résultat dans ce comté va être significatif pour le Bloc. Si son chef ne réussit pas à s’y faire élire, ce sera la fin pour le Bloc québécois et on assistera à la fin d’une époque. On saura la réponse le soir du 19 octobre.

[1] L’Association des familles de personnes assassinées ou disparues

Marie-Antoinette part à la retraite

Par Philippe David

Au moment que j’ai écrit ces lignes, vous avez probablement  entendu parler du courriel éventé par le Journal de Montréal provenant d’une fonctionnaire de l’agence de revenu du Québec qui part pour une pré-retraite d’un an à plein salaire,  dans lequel elle faisait part à ses collègues de tous ses petits projets de voyage et de se la couler douce.  Beaucoup ont trouvé cette histoire choquante. Pour ma part, ce n’est pas tant le contenu du courriel que l’attitude derrière qui me choque. 

Lorsqu’informé de l’histoire, le Président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux a souligné que la dame ne fait que profiter d’avantages qui lui sont dus. C’est vrai. Ça ne change cependant rien au fait que comparativement aux conditions de travail plupart des contribuables québécois, les avantages dont jouissent les fonctionnaires sont carrément indécents.

Une étude récente de l’Institut Fraser rapporte qu’en moyenne, les salaires des fonctionnaires du Québec (tous niveaux de gouvernement confondus) sont 10,8% plus élevés que ceux qui travaillent dans le secteur privé. Comme si ce n’était pas assez, ils bénéficient  également de la Rolls Royce des plans de retraite, de congés payés accumulables, moins d’heures de travail et une sécurité d’emploi en béton armé. Les graphiques ci-dessous, tirés de l’étude illustrent bien ces différences:

Condittions de travail public vs privé

 Bien entendu, pour ceux qui suivent un peu l’actualité, rien de tout ça n’est nouveau. Il y a belle lurette que les fonctionnaires du Québec sont choyés. La dame mentionnée plus haut bénéficie du fait que les fonctionnaires peuvent cumuler leurs congés de maladie inutilisés tout au long de leur carrière pour se payer un an sans travailler à plein salaire. Allez voir combien de travailleurs du privé peuvent se permettre ça. Vous allez chercher longtemps. 

Pourtant, ce qui est le plus scandaleux n’est pas tant ces conditions de travail privilégiées, mais l’attitude des fonctionnaires quand ils défendent leurs privilèges. Les commentaires à la chronique d’hier de Michel Hébert en disent long à ce sujet. Pour eux, ce sont des acquis qu’ils ont mérités (en travaillant moins et en s’absentant plus que tout le reste du monde) et ils s’en félicitent sans gêne aucune.

Mais la réalité est toute autre. Ces conditions de travail, ils les ont obtenues parce que les services qu’ils prodiguent sont monopolisés par l’état et que seulement la menace d’une grève tient toute la population en otage puisque, contrairement au privé, la clientèle ne peut pas aller voir un compétiteur. Le gouvenement n’est pas non-plus soucieux de la rentabilité puisqu’ils obtiennent leurs revenus des contribuables par la force.  Leur intérêt ne se retrouve pas dans les moyens de payer pour tous ces avantages mais de préserver la paix sociale. Les négociations syndicales dans le secteur public se résument généralement à l’image d’un négociateur syndical qui pointe un révolver sur la tempe du contribuable pendant qu’il passe le stylo au politicien en disant « Signe ça ost…! »

Les avantages des fonctionnaires sont donc le fruit d’une extorsion grossière sur le dos des contribuables, qui eux n’ont pas ces avantages mais, comme la noblesse d’autrefois, soit les fonctionnaires en sont totalement ignorants ou ils s’en tapent royalement. Ils tiennent à leurs privilèges et si le bon peuple n’a plus de pain, tant pis! Qu’ils mangent de la brioche! 

Souvenez-vous en la prochaine fois que vous les verrez dans la rue à protester contre «l’austérité» parce que les contribuables ne devraient pas être les seuls à se serrer la ceinture.

Changer ses pneus, un jeu d’enfant !

Par Lisa Tremblay
L’idée générale qui circule dans le domaine de l’automobile est que les femmes ne savent pas changer un pneu. Rassurez-vous, cette performance technique est tout aussi difficile à réaliser pour la gente masculine. Alors si un jour vous souhaitez impressionner votre mari, un ami ou encore un frère, suivez ce guide de conseils pour automobilistes ou passagers qui, un jour, devront peut-être changer un pneu sur les routes québécoises de Gatineau.

En pratique, il est d’abord utile de savoir qu’il est indispensable de changer les quatre pneus en même temps pour que le comportement de la voiture soit équilibré. Cependant, un pneu coûte cher donc il arrive que les automobilistes changent les pneus deux par deux ou prennent des pneus de seconde main et des pneus neufs en même temps. Dans ce cas, mon spécialiste pneumatique à Gatineau me conseille de mettre les pneus neufs à l’arrière du véhicule.

A quel moment faut-il changer ses pneus?

Alors mesdames, sachez que pour garantir votre sécurité sur les routes, il ne faut pas avoir peur de se salir. En effet, savoir à quel moment il faut les changer dépendra d’abord de l’état des pneus. Ici, munissez-vous de mouchoirs, car il faudra regarder si vos pneus contiennent d’éventuelles traces d’usure et là, bonjour à la poussière et saleté que vos pneus contiennent ! Pendant cette inspection, il est bien d’éliminer d’éventuels cailloux et autres bouts (verre ou fer) qui se placent sur la rainure des pneus et qui créent des crevaisons. Notez aussi qu’il est indispensable d’effectuer une inspection d’usure après, environ, 3000 kilomètres de route; niveau facilement atteint quand on connait la superficie du Canada et tout simplement celle du Québec. Au niveau de la gomme du pneu, sachez qu’après 5 ans, elle doit être changée. Les mécaniciens et garagistes (de Gatineau ou d’ailleurs) prodiguent volontiers des conseils sur ce sujet.

Comment monter ses pneus?

Avant de changer ses pneumatiques, il est d’abord indispensable de choisir des pneus qui respectent les critères de dimension comme la largeur et la hauteur du véhicule. Sur un même essieu, il faut impérativement monter des pneus identiques. Si l’on change les pneus par deux, il est important de placer les pneus neufs à l’arrière du véhicule, car ils ont une meilleure adhérence et cela permet d’éviter les tête-à-queue ! Plutôt utile n’est-ce pas ? J’ai trouvé aussi plein d’autres informations pertinentes ici.

A quel endroit faire monter ses pneus?

Si malgré tous ces conseils, vous ne souhaitez pas mettre la main à la pâte (ou dans le pneu dans ce cas précis), sachez qu’au Québec, les automobilistes ont l’embarras du choix quant aux endroits où ils peuvent acheter leurs pneus et les faire changer : magasin spécialisé, concessionnaire ou encore les acheter sur internet pour avoir recours à des prix discount. Certains sites réalisent des comparaisons sur le prix des pneus pour garantir le meilleur prix à ses visiteurs comme le site suivant: http://www.pneu-compare.com/.

Pour les faire changer, l’automobiliste peut se diriger vers son garagiste ou encore vers son concessionnaire. Certains garagistes acceptent parfois de reprendre les anciens pneus ou de les stocker, il est donc utile de se renseigner auprès de ces derniers.

 

Vive les inégalités!

vive les inégalités

Par Philippe David

Un sophisme persistant

S’il existe un sophisme particulièrement persistant  dans la rhétorique politique depuis très longtemps, c’est bien celui des inégalités de richesse.  Ce sophisme, car s’en est vraiment un,  pointe vers l’écart de revenu entre les riches et les pauvres pour dire que les riches deviennent plus riches pendant que les pauvres s’appauvrissent. Le but étant de stimuler la jalousie des pauvres envers les riches et leur donner le sentiment d’être exploités par ceux-ci. Cette argumentation repose donc sur la lutte des classes de Marx.  

Ce sophisme est utilisé fréquemment dans les médias pour justifier la demande populaire de « taxer les riches ».  On a même inventé in indice: le coefficient GINI pour mesure ces inégalités et établir des comparaisons d’une juridiction à une autre. Ces comparaisons sont inutiles et fallacieuses.  Je me propose donc de vous le démontrer.

La marée fait monter tous les navires, même si ce n’est pas également

Récemment, on apprenait par la plume de Francis Vailles de La Presse, que les inégalités de richesses augmentent constamment au Canada depuis 30 ans.  Il essaie ensuite d’en expliquer les raisons, supposément parce que la rémunération des PDG d’entreprises est trop élevée, et conclut que de hausser les impôts ne serait pas une solution viable au Québec. Pourtant, il suffit de comparer la situation des pauvres au Québec, la moins inégalitaire des provinces, avec celle des pauvres d’Alberta et d’Ontario, des provinces plus inégalitaires, pour se rendre compte que ces inégalités n’ont guère d’importance.  Vincent Geloso, auteur du livre « Du Grand Rattrapage au Déclin Tranquille » a publié sur son blogue la semaine dernière, une série de billets très intéressants sur la pauvreté au Québec, comparé à l’Ontario et l’Alberta. De ces billets, ressortent les points suivants:

  •  Le 20% le plus pauvre de la population québécoise est 33,7% et 44,1% plus pauvre que le même segment en Ontario et en Alberta. (1)  
  • Les québécois pauvres doivent consacrer une plus grosse part de leur revenu sur l’alimentation que leurs homologues de l’Ontario et de l’Alberta (2)  
  • Les québécois doivent aussi travailler plus d’heures en moyenne pour obtenir le même panier de denrées alimentaires que les Ontariens et les Albertains (3)  
  • Les québécois plus pauvres ont aussi des logements moins grands et de moindre qualité que ceux de l’Ontario et de l’Alberta (4)  

 Par ailleurs, on apprend que le Québec se classe au 9e rang sur 10 au Canada au niveau revenu du revenu disponible des ménages après impôts et transferts. Malgré nos généreux programmes sociaux, les plus généreux au Canada, faut-il le rappeler, les familles québécoises se retrouvent avec beaucoup moins d’argent à dépenser, épargner ou investir que ceux de toutes les autres provinces au Canada, sauf l’Île du Prince-Édouard et il s’en est fallu de peu puisque la différence n’est que de $232! Si toute l’idée de taxer les riches afin de redistribuer la richesse vers les pauvres fonctionnait, on le saurait, mais l’évidence dit tout le contraire. D’ailleurs, avec tous les scandales de corruption dont nous sommes témoins depuis le début de la Commission Charbonneau, permettez-moi de sérieusement douter que la redistribution de richesse se fait vraiment à ceux qui en ont le plus besoin. D’après vous, où au Canada vaut-il mieux être pauvre? Dans le Québec égalitaire riche en pauvres et pauvre en riches ou dans la très inégalitaire Alberta? Importe-t-il vraiment pour les pauvres albertains que l’écart entre riches et pauvres soit plus grand, compte tenu que là où l’écart est moindre, les pauvres sont plus pauvres? Est-ce que le fait que les québécois riches soient moins riches a aidé les québécois pauvres à être moins pauvres?  

La mobilité sociale

 L’autre raison pourquoi l’écart de richesse est un sophisme est que pour en venir à cette conclusion, nous divisons la population en quintiles de revenu et nous comparons l’écart de revenus entre les différents quintiles comme s’il s’agissait de groupes statiques. Pourtant, la plupart des gens commencent leur  carrière en ayant très peu d’actifs à leur nom et peut-être même avec des dettes. Mais au fil des ans, en travaillant, en acquérant plus d’expérience et en économisant, ils passent du quintile le plus bas à un quintile plus élevé. Ça s’appelle la mobilité sociale. Seul un relativement faible pourcentage d’individus reste au premier quintile toute leur vie.  Ces quintiles ne représentent pas des « classes » fixes, mais des groupements dynamiques d’individus qui s’enrichissent ou s’appauvrissent au fil des ans.

Sachant cela,  est-ce que de comparer le quintile le plus pauvre au quintile le plus riche est une comparaison valable? Pas vraiment.

La philosophie de l’échec, le credo de l’ignorance et l’évangile de l’envie 

Nul n’a mieux décrit le socialisme que Winston Churchill dans cette citation:

« Le socialisme est une philosophie de l’échec, le credo de l’ignorance et l’évangile de l’envie. »

 Le sophisme des inégalités de richesse compte effectivement sur votre ignorance pour attiser l’envie envers les plus riches. On s’indigne, par exemple, qu’aux États-Unis, la part de richesse accaparée par le 1% le plus riche a grimpé de 13% à 17% de 1989 à 2009, mais on néglige de vous dire que leur économie a crû de 42% dans la même période, ce qui fait que le 99% se partage un plus faible pourcentage, c’est vrai, mais d’une beaucoup plus grosse tarte. Ce sophisme est utilisé profusément par la gauche pour justifier une taxation toujours plus lourde accompagnée de programmes sociaux toujours plus onéreux.   Bien que leurs intentions soient peut-être honorables, leurs efforts de réduire les inégalités de richesse se soldent inévitablement par un nivellement par le bas qui n’enrichit personne. Dans la réalité, Ils répartissent la pauvreté, pas la richesse.

 Ceux qui déplorent continuellement les inégalités entre les pauvres et les riches se soucient-ils vraiment du sort des pauvres? Non. Comme le disait si bien Margaret Thatcher, ils préfèrent que les pauvres soient plus pauvres, pourvu que les riches soient moins riches. Pour ma part, je me fous que les riches soient plus riches, pourvu que les pauvres soient moins pauvres. Vous voulez aider les pauvres? Suivez l’exemple de l’Alberta plutôt que celui du Québec.

 

Joyeux Noël et Bonne Année à tous!

Ces méchantes entreprises qui ne paient pas leur « juste part »

Les installations d'Apple en Irlande.
Les installations d’Apple en Irlande.

Par Philippe David

Laissez-moi vous poser une question. Étiez-vous irrités d’apprendre plus tôt cette semaine qu’Apple et plusieurs autres compagnies évitaient, du moins en partie, de payer des impôts au gouvernement américain en profitant d’une fiscalité plus avantageuse en Irlande? Avez-vous posté l’article dans Facebook ou Twitter en tempêtant contre ces méchantes multinationales qui ne paient pas leur « juste part »? Oui? Pourquoi? 

Vous ne devriez pourtant pas être irrités par ça du tout. Si vous l’êtes, c’est que vous ne voyez pas le tableau complet, ou que vous vous acharnez à ne pas le voir. Pourtant, les moyens utilisés par des entreprises comme Apple ou Google sont parfaitement légaux. Pourquoi êtes-vous irrités quand un individu ou une compagnie évite de payer un peu d’impôt par des moyens légaux? Serait-ce un petit peu par égoïsme? Parce que vous croyez que, si ces entreprises payaient plus d’impôt, vous en payeriez moins? Ou êtes-vous jaloux de ne pas pouvoir faire pareil? Égoïsme? Jalousie? Certainement pas vous! Jamais!

Et pourtant, je me demande pourquoi vous considérez que c’est une vertu de convoiter l’argent des autres, mais que c’est un crime de vouloir garder un peu plus de son argent durement gagné? Surtout que si vous en aviez la possibilité, vous feriez probablement pareil. Soyez honnête. Avouez-le. Le problème c’est que vous vous trompez sur toute la ligne.

Les entreprises ne paient pas d’impôt

Est-ce que je vous apprend quelque chose? Êtes-vous surpris? Êtes-vous choqué? Pourtant si on regarde les livres d’Apple, ça dit effectivement qu’ils ont payé $6 milliards au fisc américain l’an dernier. Alors de quoi je parle? Ce qui importe n’est pas ce que vous voyez, mais ce que vous ne voyez pas et ce que vous ne voyez pas, c’est qui paie vraiment ces impôts au bout de la ligne. 

Voyez-vous, une entreprise n’est pas un individu, et en termes réel, seul les individus paient de l’impôt. Pour une entreprise, l’impôt n’est qu’une dépense comme tout autre qui s’inscrit dans l’équation « Revenus-Dépenses = Profit ou Perte ». Si on augmente les dépenses d’une compagnie, ces dépenses seront tout simplement compensées ailleurs dans cette équation. Les $6 milliards qu’Apple a payé au fisc auraient pu servir à créer de nouveaux produits et générés plus d’emplois (très bien rémunérés en passant). Il aurait pu servir à acheter de l’équipement plus sophistiqué pour réduire le coût de produits existants, ce qui aurait pu permettre de vendre des produits tel que le Ipad sur lequel vous lisez peut-être cet article, moins cher. En fait, peut-être avez-vous déjà économisé sur le coût de ce Ipad, justement parce que Apple a choisit de payer un peu moins d’impôt, plutôt que d’en payer plus au gouvernement (qui gère notre argent tellement mieux!). 

Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’au final Apple ne paie rien au fisc. Apple n’est qu’une entité fictionnelle. Si Apple paie plus d’impôt, ce sera des gens comme vous et moi qui finiront par le payer. Les produits d’Apple coûteront peut-être plus cher. Apple ne créera pas autant d’emplois, et ne paiera peut-être pas ses employés aussi bien. Elle ne commandera peut-être pas autant de matériel des ses fournisseurs et ne paiera peut-être pas de dividendes à ses actionnaires (dont plusieurs sont des fonds de pension qui gèrent peut-être VOTRE retraite). Il est facile de voir ce que Apple ne paie pas au fisc. C’est plus difficile de faire l’effort de voir les produits qui ne sont pas produits, les emplois qui ne sont pas créés, les épargnes de retraite qui ne fructifient pas et ce que VOUS payez en fin de compte, pour entretenir cette illusion que ces entreprises font leur part en payant de l’impôt. Leur part, elles la font déjà amplement.

C’est quoi le vrai problème?

Revenons à pourquoi vous étiez irrité. Vous étiez irrité parce que vous croyez que des entreprises comme Apple ne paient pas assez d’impôt et que vous en payez trop. Maintenant vous savez que lorsqu’on fait payer de l’impôt à des entreprises, dans la réalité, c’est vous qui finissez par payer plus cher les produits que vous voulez consommer, ou pire encore, vous êtes peut-être sur le chômage parce qu’il n’y a pas eu suffisamment d’emplois créés par ces entreprises pour que vous en trouviez un. Alors il est où le problème?

Le problème, ce n’est pas que les entreprises ou les riches ne font pas leur part, mais peut-être plus que nos gouvernements dépensent et gaspillent toujours plus de notre argent. D’ailleurs, au Canada et en particulier au Québec, l’impôt et les taxes est la dépense ménagère qui a le plus augmenté ces 50 dernières années, au point où nous payons plus de taxes et impôts de toutes sortes que nous payons pour nous nourrir, nous loger et nous habiller et ce n’est pas normal! Pendant ce temps, les services que nous offrent nos gouvernements se sont certainement multipliés, mais ils ne se sont certainement pas améliorés. Ce n’est pas d’hier qu’on déplore les temps d’attente dans nos urgences et franchement, je ne vois toujours pas le jour où ça va s’améliorer. 

Les gouvernements auront toujours une tendance grossir et prendre de l’expansion. Il y aura toujours plein de gens qui exigent que le gouvernement en fasse toujours plus et plus les gouvernements en font, plus ils gaspillent. Même quand il n’y a pas de politiciens et fonctionnaires qui s’en mettent plein les poches et qui font des retours d’ascenseur, on est jamais aussi judicieux quand on dépense l’argent des autres que quand nous dépensons notre propre argent.  Nous avons tous cette tendance. Si votre employeur vous envoie à l’extérieur et paie vos frais de déplacement, il y a fort à parier que vous prendrez une chambre d’hôtel un peu plus dispendieuse que si vous la payiez de votre poche, alors pourquoi sommes-nous surpris quand des fonctionnaires et des politiciens se payent la traite avec leur compte de dépense? Jus d’orange à $15 le verre? Pas de problème! C’est pas moi qui paye! Nous nous en scandalisons, mais nous leur donnons tous les incitatifs à le faire. En plus, si on commence à éplucher tous les différents ministères, organismes et départements, il y a fort à parier que nous en trouvions qui sont redondants, voire carrément inutiles. Je ne serait pas surpris de découvrir qu’ils ont un département de la redondance. Comment ce fait-il qu’au Québec, nous dépensons trois fois plus en programmes d’aide à l’entreprise que toutes les autres provinces, mais que nous ayons un déficit entrepreneurial par rapport au reste? Un autre exemple est quand notre gouvernement actuel promet 15 000 places de garderies subventionnées supplémentaires et exige, pour des raisons purement idéologiques, que ces places soit fournies par des CPE publics plutôt que des garderies privées quand nous savons que de construire une nouvelle CPE coûte $2 millions au contribuable, alors que ces frais sont entièrement assumés par les propriétaires d’une garderie privée et que les places existent déjà dans le réseau privé. Bref, les exemples abondent comment les politiciens et fonctionnaires gaspillent votre argent.

 

C’est qui les coupables?

On voit des gens manifester dans la rue pour toutes sortes de conneries, rarement les voit-on manifester pour que les gouvernements cessent de gaspiller notre fric. Au grand contraire, lorsqu’un gouvernement essaie d’avoir le courage de couper un tant soit peu dans le gras et gaspiller un peu moins, on vois les parasites du système sortir pour tout casser et protester contre l’austérité. Alors si vous cherchez un coupable, regardez un miroir…

 

La pointe de l’iceberg

 

Par Philippe David

Le sujet de la corruption est pas mal d’actualité ces temps-ci, alors je me suis farci pendant quelques jours d’un voyage à travers l’internet en quête d’informations intéressantes sur les cause de la corruption avec une question en tête : le Québec est-il à ce point corruptible? Les résultats de ma quête sont plutôt intéressants, c’est le moins qu’on puisse dire.

J’ai donc feuilleté plusieurs documents de recherche que l’on pourrait qualifier de crédible à ce sujet. J’inclus les références à la fin de mon texte. J’en ai tiré quelques informations intéressantes. Tout d’abord, il faut savoir quel la corruption se retrouve autant dans les pays développés que dans dans les pays en voie de développement, mais elle est peut-être mois flagrante dans les pays développés. Probablement parce qu’il existe des mécanismes anti-corruption plus aiguisés dans ces pays, poussant la corruption plus profondément dans les sous-terrains. J’ai décelé beaucoup de traits qui caractérisent les endroits où la corruption règne, mais je vais me limiter à celles qui, je crois, s’appliquent au Québec et tenter d’expliquer pourquoi elles s’appliquent ici.

1-      La culture légale peut favoriser ou décourager la corruption. Il a été noté que dans les pays qui utillisent le « common law » britannique, il y a une moins grande incidence de corruption que les pays qui ont un code civil germanique ou napoléonien. Or, comme ancienne colonie britannique, tout le Canada utilise le common law… sauf le Québec.

2-      La corruption est plus prévalente dans des cultures dominées par une religion hautement hiérarchisée comme le catholicisme, que le protestantisme. Je crois que nous connaissons tous nos racines. À entendre les témoignages de la commission Charbonneau, on peut facilement croire  que ça fait partie de nos mœurs. Surtout quand on voit que des fonctionnaires prenaient des pots de  vins pendant plus des 10 ans au vu et su de tous ses collègues sans que personne ne dise un mot!

3-      La taille du gouvernement elle-même n’encourage pas nécessairement la corruption, mais le degré d’interventionnisme de celui-ci encourage la recherche de rente (« rent-seeking »). Je crois qu’il n’est un secret pour personne que nous  vivons dans la province la plus interventionniste et ce n’est pas près de changer puisque la croyance générale est que le gouvernement a réponse à tout et ne peut pas possiblement mal faire. Pourquoi alors sommes-nous si surpris lorsqu’une ex-lieutenant-gouverneure se défend de ses abus avec la clause « the Queen can do no wrong ». Est-il possible que nos politiciens et fonctionnaires en viennent à croire qu’ils sont au-dessus des lois? Le Québec est la province qui octroie le plus de subventions à l’entreprise (3 fois plus que l’Ontario. Nous sommes aussi les champions de la gestion de l’offre, de l’attribution de permis de toute sorte. On ne peut pratiquement plus aller au petit coin sans l’intervention d’un fonctionnaire, dont nous avons en plus grande quantité que toutes les autres provinces. Année après année, quand l’Institut Fraser compile ses indices de liberté économique, le Québec se retrouve au sous-sol du classement en Amérique du Nord. Et nous sommes surpris que des entrepreneurs se voient obligés de graisser des pattes pour pouvoir obtenir un contrat ou contourner une quelconque règle qui n’a pas sa raison d’être? Et nous sommes également surpris que des fonctionnaires, en ayant le pouvoir de choisir les gagnants et les perdants ne résistent pas à la tentation d’en tirer profit? Ce que nous sommes naïfs!

4-      Un autre facteur affectant la corruptibilité est l’état des institutions démocratiques. Un pays avec une forte tradition démocratique favorise moins la corruption. Est-ce notre cas? Avec le non-respect des injonctions pendant la crise étudiante, le port du carré rouge par les députés du PQ et Québec Solidaire, le piètre taux de participation aux élections municipales, scolaires et quelques fois même provinciales et fédérales, permettez-moi d’en douter un tantinet. S’il y a une grande dose de cynisme envers la classe politique en ce moment, c’est une preuve que notre démocratie est quelque peu fragilisée et qu’elle ne tient plus le rôle de servante du peuple. Je vous soumettrais que tant au niveau municipal que provincial, bien des administrations ne détiennent plus le consentement des gouvernés.

Le Québec est-il la province la plus corrompue du Canada, comme l’affirmait il y a deux ans Martin Patriquin du Maclean’s? La preuve n’en a pas encore été faite. Mais on peut d’ores et déjà dire qu’elle est certainement la plus corruptible et je ne serais pas surpris que la commission Charbonneau n’ait révélé jusqu’ici que la pointe d’un énorme iceberg.  J’espère que la chose la plus positive qui ressortira de ce psychodrame soit que cette confiance aveugle que nous avons en l’état soit fracassée à tout jamais et que nous en héritions une volonté politique d’opérer de vraies réformes.

 

Références

Causes of Corruption: History, Geography, and Government

THE CAUSES OF CORRUPTION: A CROSS-NATIONAL STUDY

Corruption et développement

CORRUPTION:  CAUSES, CONSEQUENCES AND CURES

Le PQ recrute encore à Radio-Canada et la chute de la CAQ se poursuit :

Par Simon Leduc

Le PQ recrute encore à Radio-Canada et la chute de la CAQ se poursuit :

Depuis quelques semaines, la fièvre électorale est bien présente à travers le Québec. Les principaux partis politiques vont se mettre à la chasse aux candidats vedettes. Il semble bien que le Parti québécois a recruté dans les rangs de Radio-Canada. Selon La Presse , un ancien journaliste radio-canadien sera un candidat vedette pour le parti souverainiste : Pierre Duchesne. Celui-ci était encore journaliste quand les péquistes l’ont courtisé. Est-ce que Pierre Duchesne a manqué à son devoir d’impartialité en négociant avec le PQ lors de l’exercice de ses fonctions?

Selon Éric Duhaime (un ancien conseiller politique), Pierre Duchesne n’était pas ce que l’on peut appeler un journaliste exemplaire et objectif. Sur sa page Facebook , le chroniqueur politique dit: « Quand j’étais conseiller politique de Mario Dumont, le journaliste radio-canadien Pierre Duchesne était celui qui faisait régulièrement déraper nos points de presse, qui inventait des histoires contre nous et qui mettait en valeur nos adversaires péquistes. Avec un faux verni d’impartialité, il présentait la gauche et les souverainistes sous leurs meilleurs jours » . Donc, ce supposé journaliste était payé avec l’argent des contribuables canadiens pour faire bien paraître ses amis indépendantistes, c’est vraiment révoltant. Comment peut-on penser que le travail de M. Duchesne a été objectif et impartial lors de la dernière session parlementaire? Il était peut-être en mission commandé par le PQ afin de nuire à ses adversaires politiques. En tout cas, la question se pose.

La CAQ s’enfonce encore et encore :

Cela fait des mois que François Legault courtise Gaétan Barrette pour qu’il soit son candidat vedette en vue des prochaines élections générales. M. Barrette lorgnait le poste de ministre de la Santé. Selon Dennis Lessard , celui-ci aurait décidé de ne pas se présenter sous la bannière caquiste. La mauvaise performance de la Coalition Avenir Québec dans les sondages peut sûrement expliquer la volte-face du président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec. C’est une grosse perte pour le chef de la CAQ. Gaétan Barrette est une personnalité publique connue et respectée. Il aurait été un excellent candidat au poste de ministre de la Santé. C’est un coup très dur pour François Legault. Pourquoi la CAQ ne réussit pas à s’imposer comme une solution de rechange crédible au gouvernement sortant? Tout d’abord, la CAQ semble être incapable de recruter des candidats vedettes. On a l’impression que le parti de Legault est composé de transfuges qui se sont joints à la CAQ lorsqu’elle était première dans les sondages par pure opportunisme. Il lui manque des candidats crédibles à saveur économique comme Michael Fortier. Qui serait le ministre des Finances d’un éventuel gouvernement de la CAQ? Posez la question s’est y répondre. Ensuite, François Legault doit absolument se camper au centre-droit du spectre politique. C’est le seul axe idéologique qui est libre actuellement. Le chef caquiste tente de séduire l’électorat de centre-gauche. Il y a embouteillage dans cette direction. Le parti de Legault doit tourner à droite afin d’au moins reconquérir la région de Québec qui est dominée par les libéraux.

Il n’est pas trop tard pour la CAQ mais le temps presse. Gérard Deltell doit tenter de convaincre son chef de reprendre les chevaux de batailles de l’ADQ (réduction de la taille de l’État, mixité en santé, une saine gestion des fonds publics, remboursement de la dette publique, etc.). La survie de la CAQ en dépend.

Cet article a été publié en premier dans le Prince Arthur Herald.

Gagner sa liberté en quittant le Québec (partie 2 de 2)

 

Par Pierre-Guy Veer

 

Des services présents quand on en a besoin

 

Un autre point positif de la terre d’adoption de Julie est la facilité d’obtenir des soins de santé. « Le lendemain de notre déménagement, mon conjoint a débuté ses traitements de chimiothérapie ». Aussi, comme les impôts sont bas, on n’a pas l’impression de payer deux fois quand on va à l’hôpital. « Et les médecins sont facilement accessibles. Je peux prendre un rendez-vous médical en moins d’une semaine, et le pédiatre, même si j’appelle son bureau le dimanche, me contacte le jour même pour me conseiller de prendre rendez-vous ou d’aller à l’urgence. »

 

Parlant des urgences, celles de Houston sont absolument incomparables à celles du Québec. « Dans les hôpitaux privés d’ici, il n’y a aucune attente et tous les examens imaginables sont disponibles. Même l’hôpital public du comté, dont l’urgence et plusieurs services sont gratuits, offre tous les services, quoiqu’il peut parfois y avoir de l’attente. Je me rappellerai toujours cet homme obèse qui se plaignait à un journaliste parce qu’il avait attendu à l’urgence durant … trois heures.

 

« En comparaison, mes frères qui ont des enfants ont parfois dû attendre 17h pour voir un médecin à l’urgence – j’ai entendu dire qu’un délai d’attente de 48h était fréquent aussi[1]. Non seulement doivent-ils souvent attendre pour passer des tests médicaux, mais ils doivent répéter sans cesse leur histoire médicale puisque leur médecin est souvent indisponible. »

 

Se responsabiliser pour l’assurance

 

Évidemment, comme le système de santé n’a pas un assureur unique comme au Québec, plusieurs choisissent de contracter une assurance. « Oui, il peut y avoir beaucoup de paperasse, remarque Julie. Connaître les compagnies de même que les services qu’elles couvrent est presque une profession en soi! Toutefois, je n’ai jamais eu de problème, malgré le cancer de mon conjoint et mes deux accouchements. Il m’en coute 568 $ par mois. » Lors de l’obtention d’un emploi, les gens négocient un tel avantage pécuniaire.

 

Afin de s’assurer que tout fonctionne bien, une personne doit cependant demeurer vigilante. « Je dois toujours m’assurer que la compagnie a payé la facture. » Encore là, elle dit ne jamais avoir eu de problème majeur.

 

Atlas commence à soupirer

 

Malheureusement, le havre de libertarianisme relatif qu’est le Texas commence à disparaître. « J’avais déménagé du Québec à cause de la réglementation étouffante et des impôts trop élevés. De plus en plus, c’est ce qui se produit aux États-Unis. Jamais je ne vivrai dans un monde socialiste. Je serais prête à déménager, mais où irais-je? » se questionne-t-elle.

 

Comme au Québec, les programmes publics sont abusés par plusieurs. Son mari lui en dit des vertes et des pas mûres au sujet des programmes publics de santé (Medicare[2]/Medicaid). « Il est témoin de tellement d’aberrations, comme cet homme qui, malgré une transplantation, continue à fumer. »

Toutefois, ce n’est rien comparé aux immigrants illégaux qui profitent des largesses du système. « Comme les hôpitaux ne peuvent refuser de patients, plusieurs femmes immigrantes en profitent pour accoucher à l’hôpital. D’autres se font soigner et disparaissent ensuite dans la brume. » Il est donc à prévoir que, pour palier ce manque à gagner, les impôts vont augmenter…

 

Aucun espoir?

 

En conclusion, Julie croit que s’en est fait de l’espoir de changement pour le Québec. « Il y a six mois, j’aurais peut-être été plus optimiste. Mais avec l’arrivée du conflit étudiant, je me suis rendu compte que cette mentalité de s’accrocher au gouvernement n’est pas prête de partir. Je ne crois pas voir de grands changements de mon vivant.

 

« Oh, il y a bien des libertariens présent – il semble y avoir une tendance dans la région de Québec –, mais ce ne sont pas des militants car ils ont une vie. » D’autres personnes partagent son pessimisme. Son beau-père est maintenant professeur en Chine, et il n’a pas l’intention de revenir.

 

 



[2]    Pour les aînés

Gagner sa liberté en quittant le Québec (partie 1 de 2)

 

Par Pierre-Guy Veer

Pour la gauche québécoise (qui veut plus d’impôts pour les « riches » et plus d’État dans l’économie), le diagnostic est sans équivoque : le Québec s’approche du paradis sur Terre. Ses programmes sociaux généreux font l’envie du reste du monde (le fameux « modèle » québécois), ses lois du travail, jumelées à un haut taux de syndicalisation, empêchent les travailleurs d’être « exploités » par des employeurs sans scrupule et ses bas frais de scolarité postsecondaires permettent aux plus pauvres d’avoir accès à l’université.

 

Toutefois, la réalité est toute autre. Plusieurs personnes, exaspérées de vivre là où le gouvernement est tellement présent qu’il en devient étouffant, ont décidé de quitter la Belle Province pour d’autres cieux. C’est notamment le cas de Julie Lesage Charland, cofondatrice d’un site Web[1] qui raconte le témoignage de ceux et celles qui ont quitté, de même que des conseils pour les personnes qui y songent.

 

La vie de Julie, jusqu’à tout récemment, n’aurait jamais laissé présager qu’elle quitterait son Trois-Rivières natal. « Lors du dernier référendum, j’avais voté Oui, se rappelle-t-elle. Comme mes parents, j’étais une fervente séparatiste. Encore aujourd’hui, je pense que le Québec est une société distincte.

 

« Toutefois, avec le temps, je me suis rendu compte que la province voulait garder cette distinction dans une bulle, et elle commençait à peser lourd. »  Un des éléments déclencheur a été son conjoint, infirmier de profession. « À cause des syndicats, il pouvait difficilement combattre l’ancienneté et être promu », précise-t-elle. Il a également souffert d’un grave cancer, et les médecins qu’ils a vus lui ont fortement conseillé d’aller aux États-Unis pour des soins, puisqu’il aurait dû attendre trop longtemps au Québec.

 

Mais la goutte qui a fait déborder le vase fut sa fille, diagnostiquée autiste à un très jeune âge. « Elle fut placée sur plusieurs listes d’attente, et ce malgré le fait qu’une telle attente risquait de la handicaper encore plus. »

 

Le gouvernement, cette fausse panacée

 

Au début, elle croyait, comme plusieurs, que le gouvernement allait l’aider. « Des psychologues ont suggéré qu’elle aille en CPE (garderie publique) afin de développer sa sociabilisation. Malheureusement, et malgré des fonds accordés par le gouvernement, personne ne voulait de la petite. Rendue à quatre ans, elle était encore sur des listes d’attente pour voir orthophonistes et ergothérapeute. C’en était trop. Au Québec, on a droit à tout, mais rien n’est disponible », se plaint-elle.

Le comédien Charles Lafortune vit une situation semblable à Julie – il en avait discuté à Tout le monde en parle. « Il a dit qu’il serait prêt à payer pour les services, probablement comme des milliers d’autres parents dans notre situation. Cependant, trop de personnes croient encore que le gouvernement va les aider, ce qui n’arrivera pas », croit-elle.

 

Certains semblent s’apitoyer sur leur sort. « Même s’il faut attendre cinq ans pour voir un spécialiste, certains préfèrent “vivre pour la société”. Ils iraient même, s’ils sont diabétiques, jusqu’à refuser de passer avant un patient cancéreux. Pourtant, en passant avant, ils libèreraient la liste d’attente. »

 

C’est donc par amour pour sa fille qu’elle a déménagé en banlieue de Houston, au Texas. Ce déménagement a été facilité par l’emploi de son conjoint – qu’elle qualifie « d’emploi à visa facile ». Sinon, le déménagement aurait été difficile, voire inexistant.

 

À la fois conservateur et libertarien

 

À première vue, le Texas pourrait en effrayer plus d’un. « C’est une contrée très conservatrice. À mon arrivée il y a huit ans, la sodomie – on visait principalement les homosexuels par cette loi – était un crime. Les gens ici ne parlent pas beaucoup de sexualité et sont fortement pro-vie, contrairement au Québec. Finalement, la religion est très présente; je n’avais jamais vu ça au Québec. »

 

Mais en regardant de plus près, on se rend compte que l’État de l’étoile solitaire[2] est nettement plus libertarien qu’il n’en paraît. « Ici, je ne paie que 10 % de mon salaire en impôt à l’État, et les taxes sont moins élevées. Même la capitale, Austin, réputée pour être plus à gauche à cause de son grand campus de l’université de l’État, est une grande partisane de Ron Paul. »

 

Parlant de ce politicien, Julie ajoute qu’il est plus populaire que ne le laisse transparaitre les médias. « La télévision est sensée représenter le pouls de la population. Or, ce n’est pas le cas; on tente de minimiser son influence, pourtant très grande. Partout autour de moi, on souhaite que le gouvernement nous laisse en paix! », affirme-t-elle.

 

Libertarienne à l’os

 

Julie a vite fait d’adopter cette mentalité. « Comme nous n’utilisons pas de garderie, je me lève chaque matin à 4h pour m’occuper de mes enfants, malgré mon emploi du temps chargé (elle travaille à la maison à temps plein). Aussi, bien que nous aurions droit à Medicaid[3], nous ne l’utilisons pas. Nous sommes parfaitement capables de nous occuper nous-même de nos enfants. »

 

Bref, son libertarianisme se propage partout. À ce sujet, elle constate le gouffre qui sépare sa mentalité de plusieurs Québécois. «  Au Texas, on se prend en main en famille. Au Québec, il semble que le gouvernement nous prend en charge du berceau à la tombe. Malgré tous les rapports accablants au sujet des CHSLD, les gens y laissent encore leurs parents et leurs grand-parents. C’est gouvernemental après tout, on n’a pas besoin d’y penser… Au Texas, les gens auraient vite fait de retirer l’être aimé de cet enfer. »

 

D’ailleurs, elle est heureuse que ses enfants puissent grandir dans un tel milieu. « Je préfère qu’ils deviennent des “méchants américains”que des moutons québécois. Ici, malgré les peurs qu’on nous faisait, les gens sont très accueillants et aidant, et ils croient vraiment à l’entraide. Pendant plusieurs années, il n’y avait que des pompiers volontaires dans notre ville pour tous les quarts de travail. Mon conjoint y a d’ailleurs offert ses services. En entendant cela, plusieurs personnes de notre entourage pensaient : “Y sont ben cheap!” »

 

Par ailleurs, ce milieu est dirigé par un gouvernement qui fait confiance au gros bon sens de ses citoyens. « Il y a ce qu’on appelle la Castle Law au Texas. Il nous est permis, si on se croit en danger, de tirer quelqu’un qui pénètre notre propriété sans invitation préalable. Évidemment, nous savons utiliser notre jugement. Et les gens sans mauvaises intentions aussi. Nous vivons près d’une école, et il nous arrive de recevoir des ballons. On vient toujours cogner à notre porte avant d’aller les chercher. »

 



[2]    Lone Star State en anglais

[3]    Programme fédéral qui paie notamment les soins des personnes pauvres ou handicapées