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La question du jour: condamneront-ils oui ou non la violence?

 

Aujourd’hui, aura lieu le congrès de la CLASSE. Un congrès très mitigé qui suscitera la curiosité de plusieurs médias. Depuis plus de deux mois, Gabriel Nadeau-Dubois donne entrevue après entrevue en restant très vague et en se déresponsabilisant de manière ingénieuse. Maintenant, les médias se sont réveillés et la réponse est fortement attendue de toutes parts.  Voici la question du jour : condamnons-nous la violence que certains étudiants ou civils posent? 

 

Gabriel Nadeau-Dubois, le citoyen.

Nous savons tous que Gabriel Nadeau-Dubois n’a malheureusement pas le mandat de se positionner avant que les membres de la CLASSE ne se prononcent sur la question de la violence. Demandons plutôt au citoyen ce qu’il en pense? Que pense le citoyen Gabriel Nadeau-Dubois? À cela, il nous répondrait surement «notre rôle ce n’est pas de dire ce qui est bien ou mal. Notre rôle, c’est d’organiser des manifestations pacifiques et familiales. Si certains individus décident de poser des gestes regrettables, ce n’est pas notre rôle de leur dire quoi faire . . . » Le discours continuerait pendant plusieurs secondes en disant qu’il s’agit de la faute du gouvernement qui « méprise » les étudiants. Retournons au sujet du jour: que pense Gabriel? En traitant Laurent Proulx de « petit con aux parents riches », il démontrait très clairement son mépris envers les étudiants qui ont le courage de demander justice.

Gabriel aurait dû condamner la violence. Si les membres de la CLASSE ne sont pas contents, ils voteront pour le renvoyer ou lui demander sa démission s’ils considèrent que la violence est un moyen légitime. Un vrai leader devrait dire non à la violence et refuserait d’être porte-parole pour des gens violents.

Triste réalité que des leaders étudiants tolèrent et encouragent secrètement la violence depuis plus de deux mois. Ce n’est un secret pour personne, j’éprouve beaucoup de difficultés à accepter qu’une association d’étudiants ne condamne pas la violence. Plusieurs citoyens sont du même avis et trouvent l’atmosphère dans nos rues empoisonnée par la haine des groupes radicaux. Pire encore, le représentant de la CLASSE affirmait à l’émission 24/60 vendredi dernier que ses membres avaient des principes. On ne peut pas trouver cette déclaration crédible après les gestes commis à Montréal vendredi après-midi.  

 

Outils de négociations ou réalité étudiante?

Les manifestants sont en colère, c’est évident. Leurs revendications légitimes s’exprimaient autrefois lors de manifestations pacifiques. Le débat a malheureusement laissé place à un conflit violent et dangereux tant pour les citoyens que pour les étudiants. A fortiori, dans une société civilisée et de droits le recours à la violence ne doit jamais devenir une option à ceux qui veulent se faire entendre. Le 22 mars, vous nous avez démontré en très grand nombre que vous étiez capables  de manifester dans la joie et la bonne humeur. Plusieurs de mes amis ont distribué des bonbons aux manifestants et policiers, alors qu’ils manifestaient pacifiquement. Faut-il que vous soyez un petit nombre pour décider de vous soustraire au civisme? Gandhi, le Dalaï-lama et John Lennon avaient trouvé des moyens originaux et pacifiques pour se faire entendre. Pourquoi pas vous? Pourquoi utilisez-vous la force, la violence et la haine envers les autres étudiants pour attirer l’attention? La raison est très simple : cela vous est utile.

 

La FEUQ et la FECQ doivent se dissocier de cette organisation radicale

La CASSE (oups la CLASSE) est une organisation politique de gauche radicale qui a un agenda qui dépasse largement la hausse des frais de scolarité. « Il s’agit d’une lutte de classes » déclarait son porte-parole principal. La redistribution de la richesse en devient le sujet principal. La gauche préfère redistribuer, alors que la droite préfère la créer. Si le débat s’inscrit effectivement dans la redistribution de la richesse, il faut être honnête et ne pas oublier qui prend part au débat. Il est alors important de noter que les membres les plus radicaux de la CLASSE font également parti du Parti Communiste du Québec. Gabriel Nadeau-Dubois ne peut donc pas condamner les gestes des plus radicaux, puisque la violence s’inscrit dans la stratégie de la CLASSE pour renverser notre système économique et politique.La position de la CLASSE est très claire : elle veut la gratuité scolaire et fera tout en son possible pour l’avoir.

La FECQ et la FEUQ qui défendent le gel doivent sans plus tarder cesser de faire front commun avec la CLASSE. La ministre ne négociera jamais avec un groupe qui n’appelle pas au calme auprès de ses membres les plus extrémistes et elle a raison. Si ce gouvernement défend effectivement de bonnes valeurs, il n’accepta jamais de négocier avec le porte-parole d’une organisation aux principes les plus douteux.

 

Sur une note plus personnelle, je demanderais à tous les élèves de cesser de s’insulter tant dans les rues, les institutions scolaires que sur les réseaux sociaux. Il s’agit d’un débat idéologique, non d’un débat personnel. Il est naturel que vous vous sentiez insultés lorsque l’on confronte votre idéologie, mais ne pliez pas face à l’intimidation et les tactiques syndicales. Vous êtes au-dessus de tout ce cirque qui dure depuis bien trop longtemps. 

Budget du Québec 2012 : pas de croissance durable en vue

Par Pierre-Guy Veer

Le ministre des Finances Raymond Bachand a déposé son plus récent budget le 21 mars dernier. Malgré ses bonnes intentions, l’on peut fortement douter que les mesures énumérées, présentées comme favorable à la croissance, auront l’effet escompté…

 

Une des grandes mesures de ce budget est la création de Ressources Québec. Ses buts avoués sont une gestion responsable des ressources, une exploitation de ces dernières à l’avantage de tous et un encouragement de 2e et 3e transformation du bois. La création de ce nouveau monstre bureaucratique est erratique à plusieurs égards.

 

Premièrement, si l’on veut que quelque chose soit exploité de façon « durable » – pour que ça existe encore longtemps –, le secret est sa privatisation. L’on peut ramener cette affirmation à sa plus simple expression : on prend (généralement) grand soin de ce qui nous appartient directement et l’on respecte (généralement) la propriété des autres. Qui parmi vous irait saccager volontairement sa propre maison ou celle du voisin? Il en va de même pour l’exploitation des ressources naturelles. C’est d’ailleurs une des solutions envisagées pour maintenir les stocks de poissons1. Dans sa forme traditionnelle, les bancs de poissons n’appartiennent à personne. Il est donc dans l’intérêt des pêcheurs d’attraper le plus de poissons possible… ce qui cause évidemment une diminution rapide des stocks.

 

Deuxièmement, quand une ressource est exploitée, c’est toujours dans l’intérêt de tous. En effet, exploiter une ressource naturelle ou n’importe quel commerce peut se faire uniquement s’il y a une demande. Un entrepreneur entièrement privé n’est pas assez fou pour dépenser son argent pour produire/offrir un service qui ne sera pas vendu. Aussi, seuls les entrepreneurs les plus visionnaires peuvent se permettre de les exploiter – ceux qui font des profits. Oui, j’ai mentionné le mot en « p ». Il est, sans l’intervention du gouvernement, le seul indicateur pertinent pour connaître l’humeur des clients. S’il est positif, alors l’entrepreneur a bien deviné l’humeur de ses clients et répond mieux à leur intérêt. S’il est négatif, alors il a mal prédit. Il doit s’ajuster, sinon il fera faillite et devra céder la place à des gens qui produisent mieux.

 

Enfin, tenter de forcer la main au marché pour que certaines industries se concentrent sur un territoire est voué à l’échec, comme ce fut le cas avec l’amiante dans les années 70 – en nationalisant la ressource, on avait espéré implanter plus d’usines de transformation. Sur la Terre, il y a des endroits qui ont peu de ressources mais une très grande capacité pour les transformer (Japon, Allemagne), alors que d’autres ont beaucoup de ressources mais peu de capacité pour les transformer (Québec, Saskatchewan). Sans intervention du gouvernement, il se produirait ce que Mises qualifie de division internationale du travail – une extension de l’avantage comparatif de Ricardo. Donc, les entrepreneurs québécois et saskatchewanais exploiteraient les ressources naturelles du territoire pour les exporter en Allemagne et au Japon, où les entrepreneurs transformeraient lesdites ressources pour ensuite les exporter. Ainsi, tout le monde est gagnant; le Québec ne tente pas de maintenir en vie des industries qui ne fonctionnent pas, et le Japon ne tente pas de produire tout son blé sur son territoire surpeuplé.

 

Des crédits au mieux futiles

 

Plusieurs autres mesures incitatives se présentent sous forme de crédit d’impôts. On espère notamment augmenter la productivité en incitant l’investissement, mettre les entreprises au pas de la mode numérique en encourageant les affaires électroniques, favoriser les coopératives, former plus de sociétés de services financiers, augmenter les exportations et bien plus.

 

Malgré les bonnes intentions, ces mesures sont au mieux futiles. En effet, un entrepreneur qui estime que ses clients seront mieux servis fera tout ce qui est nécessaire pour les satisfaire, que ce soit en exportant son produit ou en investissant dans l’entreprise. L’on peut donc déduire qu’un manque d’investissement est un signe que le jeu n’en vaut pas la chandelle. Alors pourquoi Québec insisterait-il pour subventionner le tourisme, si « Le manque d’investissement privé a été identifié comme un frein majeur au renouvellement de l’offre touristique »? ou pour subventionner encore plus les musées, si ces derniers sont incapables de s’autofinancer?

 

Efforts insuffisants de réduction des dépenses

 

Dans le budget, il faut le mentionner, le gouvernement tente de contrôler ses dépenses. Il a finalement décidé de diminuer le rythme d’augmentation des dépenses, la 3e plus faible au pays avec une moyenne de 2,5 %. Malheureusement, l’effort est insuffisant, considérant l’état des finances publiques.

 

En effet, le dette brute (le passif des caisses de retraites publiques et de l’administration des différents ministères) se situe à 54,3 % du PIB (173,436 G$), et l’on estime que ce pourcentage montera à 55,3 d’ici 2017. C’est le plus haut taux d’endettement au pays. Si l’on inclut tout ce qui dépend du gouvernement (sociétés d’État, système de santé, municipalités), la dette grimpe à 74,5 % du PIB (248,621 G$). Toutefois, le ministre, comme plusieurs analystes en faveur de l’intervention de l’État, affirment que le chiffre est trompeur puisqu’il ne tient pas compte des actifs du gouvernement (Hydro-Québec, notamment). Considérant la non-volonté de ces mêmes analystes23 de vouloir toucher aux sociétés d’État, l’on peut se demander si elles sont vraiment un actif…Cet endettement se reflète sur la cote de crédit : nous ne faisons pas mieux qu’une 5e place au niveau canadien face aux agences de notation.

 

Aussi, le gouvernement n’a fait que diminuer l’augmentation des dépenses; elles augmentent toujours. D’ailleurs, elles ont augmenté plus que ce n’était prévu au budget 2009-2010. En regardant les chiffres, force est de constater que le gouvernement n’a effectué aucune coupure. Au contraire, il a préféré augmenter les revenus avec différentes taxes (augmentation de la TVQ, contribution santé). Il affirme également, le plus sérieusement du monde, que le Québec « a du » s’endetter suite à la diminution des transferts fédéraux afin de maintenir un niveau de services comparables. À qui? Aucune province n’a de garderies étatiques aussi onéreuses, des congés parentaux aussi généreux, des frais de scolarité postsecondaire si bas…

 

Autonomie à deux vitesses

 

Parlant de transferts fédéraux, un élément me laisse perplexe. Dans le budget, on dénonce le fait que le fédéral ne contribue qu’à 20 % des couts en santé, alors qu’il le faisait à hauteur de 50 % avant les années 70. « …le respect des compétences des provinces ne doit pas servir à justifier un désengagement financier du gouvernement fédéral en santé, faisant abstraction des coûts incessants en santé », peut-on lire. En d’autres mots, même si la santé est de compétence provinciale, le gouvernement fédéral « doit » y intervenir.

 

Ce raisonnement est complètement fautif. Premièrement, il sous-entend que seul les gouvernements sont capables d’administrer le système de santé. Or, depuis toujours, l’on peut constater qu’ils en sont incapables. Corporatisme dans les professions de la santé, interdiction de contracter des assurances privées/de contracter une assurance hors de son État, gonflement artificiel de la demande, listes d’attente qui s’allongent sans cesse; les preuves de l’incompétence publique dans la santé peuvent s’étirer encore longtemps.

 

Ensuite, une telle attitude d’enfant à qui on a volé son suçon révèle une grand hypocrisie de la part du gouvernement. En effet, comment une province qui se dit autonome (ou qui veut devenir indépendante, pour certains) peut-elle se désoler autant de « perdre » de l’argent venant des provinces plus riches? Québec devrait plutôt s’en réjouir et ainsi en profiter pour réformer le système de santé, puisque sa progression actuelle – 5 % d’augmentation des dépenses par année –, il est tout simplement intenable.

 

En conclusion, il semble que ce n’est pas demain la veille que le gouvernement du Québec se sortira de la vieille mentalité hors-de-l’État-point-de-salut. Il continue d’augmenter ses dépenses malgré un endettement approchant 75 % de la richesse provinciale et de s’accaparer encore plus de notre argent durement gagné. Il serait temps que les politiciens regagnent la mentalité des politiciens d’avant Paul Sauvé, où le New Deal était vu comme frisant le communisme plutôt que comme une planche de salut. D’ici là, nous continuerons à ressembler de plus en plus à la société de Atlas Shrugged, dans laquelle l’entreprise privée peine à prospérer à cause de toute cette bureaucratie – on avait même créé une commission d’enquête pour tenter de connaître les moyens de l’éliminer – , tandis que le gouvernement « investit » dans des projets aussi loufoques que nuisibles (autobus électrique, logement social, lutte aux « changements climatiques », subventions de toute sorte).

Budget de la Colombie-Britannique: des leçons pour le Québec

Par David Boudeweel-Lefebvre

Alors que la majorité des provinces sont aux prises avec des contraintes budgétaires et un endettement chronique, certaines d’entre-elles choisissent de prendre le taureau par les cornes afin de remédier à la situation. Le récent budget de la Colombie-Britannique est un cas intéressant dont le Québec devrait s’inspirer le mois prochain.

 Déposé par le ministre des finances Kevin Falcon, ce budget vise à réduire drastiquement l’augmentation des dépenses, augmenter certaines taxes discrétionnaires à la consommation en plus de vendre certains actifs détenus par la province. Ce budget cadre avec un plan de réduction des dépenses amorcé il y a quelques années dans la province. L’objectif est de dégager un surplus budgétaire dès l’an prochain. En réalité, le budget du ministre Falcon est la première étape d’un plan basé sur trois ans qui veut mettre à contribution l’ensemble des citoyens et de l’appareil d’État en évitant à la classe moyenne le fardeau de toutes les compressions.

 Alors qu’au Québec on ne fait que parler de réduction de l’État, la Colombie-Britannique agit. Au cours des trois prochaines années, il est prévu que les dépenses en santé n’augmenteront en moyenne que de 3,2% et celles en éducation de 0,6%. Ces augmentations sont en dessous de la moyenne canadienne et inférieures à ce qui se fait au Québec. La Colombie-Britannique entend aussi poursuivre la réduction de sa fonction publique en recourant davantage à la sous-traitance et non simplement par attrition de fonctionnaires lors des mises à la retraite.

 La province de l’ouest réévalue aussi son rôle dans l’économie et dans certains secteurs d’activités. La mesure la plus visible sera la mise en vente de son réseau de distribution d’alcool, l’équivalent de sa SAQ, afin d’augmenter ses revenus et de se départir d’une mission non-essentielle. Je pense que le Québec pourrait s’inspirer de cette réflexion et revoir à son tour l’ensemble des missions qu’il se donne de même que leur pertinence.

 Pour ce qui est de l’augmentation des revenus, la Colombie-Britannique compte sur la reprise économique et les investissements pour améliorer sa situation. La province augmente également les taxes sur le tabac, une mesure de moins en moins contraignante en raison des baisses de vente de produits du tabac. De plus, le gouvernement revient en arrière sur une promesse de baisse des impôts corporatifs pour les petites entreprises, ce qui est certes l’aspect le plus négatif de son exercice budgétaire. Notons toutefois que l’impôt sur les corporations de la province est un des plus faibles au pays et que la mesure présentée ne remet pas en cause la compétitivité fondamentale de la province pour attirer les petites entreprises..

 L’un dans l’autre, le budget de la Colombie-Britannique montre bien que le gouvernement de cette province comprend les enjeux actuels de notre économie et la nécessité d’avoir de bonnes assises pour une croissance stable et durable. Au lieu de faire preuve d’une audace mal mesurée et de se lancer dans de folles dépenses, nos voisins de l’ouest se concentrent à maintenir le cap vers un État plus petit et plus efficace tout en épargnant la classe moyenne.

 Le ministre Falcon, dans sa présentation, estime que « le temps ou les marchés toléraient les dépenses excessives du gouvernement est révolu ». Il serait grand temps que le Québec le comprenne également, avant de voir sa liberté d’action compromise par son incapacité à se discipliner et à enrayer l’augmentation galopante de ses dépenses de programmes et de sa dette publique.

La grande illusion

Par Philippe David

 

C’est toujours intéressant de voir deux études apparemment contradictoires sortir quasi-simultanément. La semaine dernière, une étude de Martin Coiteux aux HEC démontrait que l’écart de richesse entre le Québec et les provinces plus riches au Canada s’agrandissait pendant que celui qui sépare la « Belle Province » des provinces plus pauvres s’amenuisait. En même temps, une étude par Luc Godbout et Marcelin Joanis pour Cirano, classe le Québec dans le top 3 des endroits où il fait mieux vivre, avec le Canada et l’Australie.

Selon MM. Godbout et Joanis, bien que le Québec soit plus pauvre, sa meilleure répartition des richesses, ses politiques publiques et sa cohésion sociale font que le Québec arrive à faire plus avec moins. Puisque mieux vivre requiert un minimum de richesse, comment expliquer que le Québec traine au 20e rang de l’OCDE en termes de richesse et en troisième place en termes de qualité de vie? C’est là que l’étude de MM. Godbout et Joanis perd en crédibilité. Elle néglige certains facteurs qui expliquent pertinemment que le Québec ne fait pas plus à partir de moins, mais qu’au contraire, il se donne une certaine qualité de vie en parasitant sciemment envers les générations futures et les autres provinces du Canada.

Nulle part dans l’étude de MM.  Godbout et Joanis est-il mentionné que ce que le Québec fait, il le fait au prix d’un endettement excessif et d’une dépendance aux transferts fédéraux. Le Québec est comme un enfant velcro qui continue de vivre sous le toit de ses parents et se sert allègrement dans leur frigo alors qu’il se paie toute sorte de petits gadgets hors de ses moyens à crédit. Il est certain qu’une personne menant  ce genre de train de vie peut sembler heureuse et confortable… Jusqu’à ce que les huissiers viennent frapper à sa porte pour reposséder ses meubles et que ses parents le mettent à la porte.

La dette du Québec, 5e parmis les pays industrialisés selon le Ministère des Finances, est une taxe sur les générations futures. On ne le dira jamais assez, semble-t-il. Ce sont nos enfants et petits-enfants qui finiront par payer pour notre bien-être artificiel. De même, nous profitons du fait que le Canada est un pays prospère pour nous attribuer sans gêne une partie de ses richesses et nous payer des programmes qu’aucune autre province au Canada ne se paye. Le fait que le Canada soit dans le top 2 au niveau du bien-être signifie que la majorité des autres provinces ont aussi une qualité de vie égale ou supérieure au Québec. C’est donc dire que la note du Québec n’a rien d’exceptionnel par rapport au reste du Canada. Cessons donc de nous faire des illusions.

Certaines personnes semblent tenter désespérément de défendre le modèle québécois et d’entretenir l’illusion qu’il s’agit là d’un modèle soutenable et juste. Ces gens devraient avoir honte. Non seulement ce modèle est-il insoutenable, mais il est aussi profondément injuste envers les générations futures et les autres contribuables canadiens.  Ce n’est pas de rendre service aux québécois que de vouloir à tout prix préserver un tel modèle, ça relève au contraire d’un égoïsme profond. Un égoïsme qui semble dire « au diable les autre, tant que j’ai mes propres conforts. » Peu importe que ces conforts sont payés à la sueur du front d’un autre. Je n’arrive pas à croire qu’au Québec nous souffrions d’un tel manque de moralité que nous puissions accepter le parasitisme comme choix de société. Il faut cesser de vivre cette grande illusion que nos choix passées et présents représentent la justice sociale. Ce n’est pas justice que de vivre au dépens des autre.

Les temps sont durs pour les défenseurs du modèle québécois

En effet, Martin Coiteux, professeur d’économie aux HEC , a publié une étude qui démontre bien que non seulement il existe un écart important entre le Québec et les provinces les plus riches, mais que cet écart va en s’élargissant, alors que l’écart que nous avons avec les provinces plus pauvres s’amenuise.  C’est un triste constat qui confirme l’échec des politiques des 40 dernières années.

Le diagnostic

Le diagnostic que Martin Coiteux pose est peu reluisant. Il  résume en 4 points les causes:

  1. Le Québec est en train de se faire distancer par les provinces les plus riches et de se faire rattraper par les provinces les plus pauvres. Si cette tendance se maintient, le Québec sera bientôt la province la plus pauvre du Canada. Le tableau suivant illustre ce point.
  2. Le coût de la vie plus faible au Québec permet de compenser partiellement son écart avec les provinces les plus riches, mais celui-ci a commencé à rattraper celui des autres provinces, de telle façon qu’il compense de moins en moins. La tendance de l’appauvrissement des québécois s’accélèrera au fur et à mesure que l’écart de coût de la vie avec les autres provinces se rétrécira.  L’étude appuie ce point avec ce tableau.
  3. Non seulement est-ce que les québécois travaillent moins d’heures et pendant moins d’années, mais ils gagnent moins par heure travaillée que dans les autres provinces, ce qui est un grave symptôme des problèmes de notre système d’éducation (décrochage scolaire, trop de jeunes décrochant des diplômes dans des concentrations moins payantes où il y a moins de demande). Ce troisième tableau illustre les écarts avant impôts et transferts.
  4. Les québécois étant plus pauvres, ils payent moins d’impôt au fédéral et reçoivent plus de transferts personnels (à ne pas confondre  avec les transferts aux provinces) du gouvernement fédéral. Nous avons développé une dépendance dangereuse envers ces transferts qui ira en s’accentuant au fur et à mesure que nous nous appauvrissons. L’étude utilise ces graphiques pour illustrer les écarts avec l’Ontario et l’Alberta.

Conclusion

Contrairement à certains néo-jovialistes aux lunettes roses, je considère qu’il est inutile de se bercer d’illusions et que ce n’est pas une preuve d’amour pour le Québec que de nier l’évidence que le modèle social et économique que nous suivons depuis un demi-siècle ne fonctionne tout simplement pas. Plutôt que de nous rendre plus prospère, il ne fait que nous appauvrir. Pire encore, nous nous laissons bercer par le mirage que nous sommes riches alors que nous nous payons des conforts dont nous n’avons pas les moyens à crédit. Imaginez un père de famille qui dépense année après année plus d’argent qu’il ne doit et ne fait que les paiements minimum sur ses cartes de crédit. Est-ce un comportement responsable? En supposant qu’il serait possible à un père de famille de s’endetter de la sorte sans en subir les conséquences inévitables de la faillite, est-il éthique ou moral de vivre  au-dessus de ses moyens pour ne laisser qu’un amoncellement de dettes à ses successeurs?

Un récent sondage montre que les québécois sont majoritairement contre une hausse de l’âge de retraite de 65 à 67 ans. Dans ce déni de réalité, ils démontrent la même mentalité de protection des acquis que les grecs. La triste réalité est que nous prenons déjà notre retraite trop tôt alors que nous n’en avons absolument pas les moyens et la plupart d’entre-nous n’auront pas le choix que de retourner au travail pour arrondir nos fins de mois, si nous ne voulons pas nous retrouver dans un état de pauvreté extrême. Seuls quelques privilégiés auront droit à une retraite confortable, dans certains cas payée par ceux qui n’auront pas cette chance, les jeunes.

Ce n’est pas de haïr sa patrie que de poser un tel diagnostic et de vouloir y apporter une solution.  La haïr serait plutôt de faire le contraire et de la laisser dépérir à petit feu tout en se vautrant dans l’illusion que la finalité est d’être heureux comme peuple, alors que le « bonheur » et le « confort » dont nous jouissons a été acheté à crédit sur le dos de nos enfants. Nous devons rappeler constamment à nos politiciens leurs responsabilités par tous les moyens

Référence

L’étude complète

Le Québec a perdu les moyens de son indépendance

 

 

Par David Boudeweel-Lefebvre

Le Québec a perdu les moyens de son indépendance 

Depuis des décennies, souverainistes et fédéralistes s’affrontent dans un lutte politique qui n’en finit plus de finir. À coup de chiffres, de campagnes électorales, de référendums, d’appuis et de conversions, chaque camp tente d’avoir l’avantage et de tirer la couverte de son côté. Ce débat lasse de plus en plus les Québécois et, heureusement, la majorité des gens ont envie de parler d’autre chose. Le mouvement souverainiste a perdu son sens en cours de route, si bien que maintenant il s’entredéchire quotidiennement sur la place publique.

Il est de mon avis qu’avec la dépendance grandissante de la province face au reste du pays, le débat est, à tout de fin pratique, officiellement terminé.

Alors que Pauline Marois et ses acolytes parlent aujourd’hui de gouvernance souverainiste, ils doivent se rendre compte que ce sont justement certaines initiatives nationalistes mal choisies qui ont rendu l’indépendance impossible. Déjà que l’argumentaire pour quitter le Canada est faible, à trop étendre l’État québécois et à le faire se mêler de choses qui ne le regarde pas, les souverainistes ont torpillé leur propre cause.

 

La dépendance

Pour l’exercice 2010-2011, le gouvernement du Québec a reçu un transfert de 8,35 milliards de dollars directement du gouvernement fédéral par le biais du programme de péréquation. Les dépenses totales du Québec pour ce même exercice était de 69,1 milliards de dollars. Un total de 12% des dépenses publiques du Québec, soit un dollar sur huit, sont financées par les taxes et impôts du reste du Canada. Cette somme représente environ le montant consacré au service de la dette québécoise qui était de 8 milliards. Bref, on peut dire que le reste du Canada paie les intérêts sur ce que le Québec a emprunté pour financer ses programmes sociaux et une partie de son développement économique. C’est Ottawa qui finance la carte de crédit du Québec.

 Les souverainistes peuvent bien débattre tant qu’ils le veulent, promettre des lendemains qui chantent et des économies par élimination des dédoublements, leur rhétorique économique n’a simplement plus aucun sens. Le Québec est devenu dépendant du reste du pays comme jamais et il ne pourrait se passer de l’argent canadien sous peine d’une baisse radicale du niveau des services offerts aux citoyens. Pauline Marois parlait de cinq années de turbulences advenant la souveraineté. Il apparaît évident que ce serait bien plus long que cela.

En raison de la taille démesurée de son État et de son besoin insatiable de se mêler de tout, y compris des champs de compétence fédéraux ou partagés, le Québec a perdu les moyens de son indépendance. À cet égard, les gouvernements péquistes sont responsables d’une grande partie du problème.

En plus d’endetter le Québec, tout comme leurs adversaires libéraux, les péquistes ont nui aux finances publiques de la province d’une manière toute spéciale. En effet, ils ont été les grands responsables de l’hypertrophie de l’État par la création de nouveaux programmes, souvent dans des champs de compétences fédéraux ou partagés. Il est dans la fibre péquiste de vouloir que l’État prenne beaucoup de place et le parti de René Lévesque a toujours voulu lui trouver de nouvelles missions, surtout si le gouvernement fédéral était impliqué, afin d’y faire concurrence dans le grand dessin chimérique du pays à venir.

Le Québec a des programmes spéciaux en immigration, en culture, en développement d’entreprises, en environnement, etc. Ceux-ci coûtent tous plus cher ici que dans les autres provinces canadiennes. Tout cela, au nom de la spécificité du Québec! C’est bien beau, mais ça coûte cher et ce n’est pas nécessairement plus efficace. C’est tellement cher, que cette espèce d’affirmation nationale en est venue à rendre le Québec dépendant du reste du pays.

Pendant que le reste du Canada investissait dans son développement économique et ses infrastructures, une partie du budget du Québec servait à entretenir des guerres de drapeaux et de compétences avec le gouvernement fédéral. Le Québec a voulu avoir ses propres programmes dans plusieurs domaines jusqu’alors occupés par le gouvernement fédéral. Pourquoi avoir tant investi en immigration, en environnement, en culture, en communication alors que les autres provinces faisaient d’autres choix? Pourquoi avoir voulu à ce point des programmes gouvernementaux plus généreux qu’ailleurs? Pourquoi avoir laissé les syndicats prendre le contrôle du modèle québécois?

Le Québec nationaliste a voulu être une province différente des autres. Pour affirmer sa différence, elle a cependant fait de mauvais choix. Une conséquence des choix identitaires du Québec réside en une dette contraignante dont les intérêts sont maintenant entièrement financés par le reste du pays. Cette dette a été construite par un aveuglément nationaliste et de mauvais calculs politiques dont nous payons aujourd’hui le fort prix.

Si au moins le Québec s’était orienté davantage vers le développement économique plutôt que de faire pencher la balance en faveur du développement social et identitaire, il aurait pu générer des revenus suffisants pour financer ses extravagances. Mais non! La province a préféré avoir des impôts plus élevés que ses voisins, plus de réglementation, moins de développement de ses ressources naturelles, mettre sur pied des institutions qui limitent davantage le développement économique et la création d’emplois ainsi que des programmes sociaux plus généreux que le reste du pays. Et de ces maux, les gouvernements souverainistes sont largement responsables.

Il est vrai que les impôts des Québécois ont servi ailleurs au Canada, à travers le budget général du gouvernement fédéral. Toutefois, il y a infiniment plus d’argent du reste du pays qui a été dépensé ici, comme en fait foi le paiement de péréquation annuel dont profite le Québec. Terre-Neuve a été la risée du Canada pendant des années en raison de sa dépendance des transferts fédéraux. Et bien aujourd’hui, Terre-Neuve paie plus qu’elle ne reçoit!

L’espoir souverainiste

Désormais, il ne reste au Parti québécois et aux souverainistes que les arguments identitaires et linguistiques pour faire la promotion de leur option. Malheureusement, ces arguments tiennent plus du repli sur soir que de l’ouverture sur le monde. Économiquement, le Québec n’a pas les moyens de faire l’indépendance et ses citoyens comprennent les avantages à évoluer dans un système fédéral moderne, ouvert et profitable. Tous les espoirs de séparation résident désormais dans des chicanes avec le gouvernement fédéral ou une éventuelle crise constitutionnelle sortie de nulle part qui remettrait les aspects identitaires à l’avant-scène. L’indépendance ne peut plus se faire que par une réaction épidermique à un quelconque affront.

Le Québec n’a jamais réellement été près de se séparer, hors mis en temps de crise. En 1980, malgré une question peu engageante (un mandat de négocier), René Lévesque a perdu 60-40. En 1995, même les crises de Meech et Charlottetown. Jean Chrétien au pouvoir à Ottawa et l’utilisation de l’appareil d’État complet du Québec au service de la cause n’ont pas réussi à faire pencher la balance pour la séparation.

Depuis près de vingt ans, le Canada anglais a finalement compris que le statu quo est probablement la meilleure option pour tout le monde. Le fédéralisme canadien a prouvé qu’il peut évoluer sans nécessairement entreprendre une refonte constitutionnelle majeure. . À preuve, le règlement du déséquilibre fiscal de même que l’harmonisation des taxes de vente et l’entente illustrent cette réalité.

Le Québec et le reste du pays ont d’autres chats à fouetter que de ressasser les vieilles rancunes et les débats des quarante dernières années. Il serait temps que nos élites politiques comprennent cette situation tout comme des millions de Québécois et Québécoises l’ont fait depuis longtemps. Les citoyens ordinaires comprennent les avantages du Canada et les possibilités économiques que nous avons en en faisant partie.

Le débat est terminé, la cause est entendue.

 

 

Selon Jean-François Lisée : Tout va bien au Québec

Tout va bien au Québec :

Un nouvel ouvrage de Jean-François Lisée vient de sortir dans les librairies : « Comment mettre la droite KO en 15 arguments ». Dans son essai, l’auteur s’attaque au pessimisme de la droite concernant l’avenir économique du Québec. La mouvance conservatrice affirme que la Belle province est médiocre et qu’elle pourrait faire mieux dans les domaines de l’économie, l’éducation et la santé. L’ancien conseiller politique dénonce cette attitude alarmiste. Il pense que la société québécoise est en bonne santé économique et qu’elle se situe dans le plateau de tête des économies occidentales. Qui a raison? La droite est-elle trop défaitiste ou la gauche trop optimiste? Allons voir cela de plus prêt.

Les lunettes roses de Jean-François Lisée

M. Lisée pense que tout va bien au Québec. Voici quelques exemples qui prouvent le contraire. La dette publique québécoise augmente d’années en années. Elle est monstrueuse : 244 milliards de dollars . Notre système d’éducation est dans un état de décrépitude. Le taux de décrochage chez les garçons s’élève à 22.5% . Les écoles primaires ont de graves problèmes de propreté et cela pourrait causer des problèmes de santé aux élèves. Le temps d’attente moyen dans les urgences est de vingt heures . Cela peut mettre en danger la vie de patients qui ont besoin rapidement de soins médicaux. Nos infrastructures routières tombent en morceaux. C’est rendu dangereux de conduite une voiture au Québec. Le gouvernement québécois a perdu le contrôle de ses finances publiques. Celui-ci dépense l’argent des contribuables comme si cela poussait dans les arbres. Les déficits budgétaires s’accumulent depuis des années. Le déficit du régime de retraites des employés provinciaux frôle les milliards de dollars et la caisse de la RRQ sera vide en 2037 . À cause de cela, les générations X, Y et Z n’auront pas droit à de pensions. Chers Québécois, ne vous en faites pas avec tous ces problèmes, la gauche affirme que tout va bien. Il faut la croire sur parole.

Le Québec peut et doit faire mieux :

Il faut vraiment être inconscient pour affirmer que la société québécoise est en bonne santé. Il faut se dire les vraies choses, cela va mal au Québec. Le sacro-saint modèle québécois ne fonctionne plus. Ses politiques progressistes ont plongé le Québec dans un marasme économique important. Depuis 1960, le gouvernement du Québec (péquiste ou libéral) a dépensé sans compter afin de gagner des élections. Celui-ci a hypothéqué l’avenir des jeunes générations. L’État québécois est malade et il est sur son lit de mort. Celui-ci a besoin d’un remède fort et puissant pour guérir.

Le gouvernement du Québec doit mettre en place des réformes qui sont nécessaires pour sortir la province de sa torpeur. Il faut couper dans les dépenses gouvernementales afin de revenir à l’équilibre budgétaire. La réduction de la dette publique doit devenir une priorité. En éducation, il faut couper dans les structures administratives et donner plus d’autonomie aux écoles. La mixité doit devenir la norme en matière de santé. Il faut permettre aux médecins de pratiquer dans le secteur public et privé. Les mieux nantis devraient pouvoir payer pour leurs soins de santé. Cela permettrait de désengorger les listes d’attente et la classe moyenne inférieure aurait accès plus rapidement à des soins de santé. Les solutions sont connues et il faut juste avoir le courage de les mettre en place. Quoi qu’en pense M. Lisée, le Québec peut et doit faire mieux.

Malheureusement, aucun parti politique n’a le courage de réformer le Québec. Ils veulent juste gagner les prochaines élections. La classe politique se fout éperdument de l’avenir des générations X, Y et Z. Jean-François Lisée va être content. Le modèle québécois ne sera pas menacé par les politiciens actuels. À court et moyen terme, le Québec va continuer son lent déclin. Tôt ou tard, il va frapper un mur et cela pourrait lui être fatal.

Le Parti Conservateur renaît au Québec

MONTRÉAL – Alors que certains membres de l’ADQ luttent pour bloquer la fusion de leur parti avec la CAQ et que certains adéquistes déçus sont aller fonder l’Équipe autonomiste, un nouveau parti de droite se manifeste au Québec.  Après de longues années d’absence de la scène politique québécoise, le Parti Conservateur du Québec renait de ses cendres. Anciennement le parti de Gédéon Ouimet, Arthur Sauvé, Camilien Houde et Maurice Duplessis, ce parti a disparu de la carte en 1936 lors de sa fusion avec l’Action Libérale Nationale qui a donné naissance à l’Union Nationale. Un vestige de ce parti a présenté trois candidats aux élections de 1939 et le parti avais disparu depuis.

C’est avec l’ancien député fédéral Luc Harvey comme chef intérimaire et l’animateur de radio Jeff Plante comme président que le parti est maintenant réincarné. Sur le nouveau site web du parti,  MM. Plante et Harvey promettent « plus de liberté, autonomie et moins d’un État qui intervient trop dans nos vies et manquent de respect envers ceux qui les ont élus.  » Parmis les politiques proposées on trouve l’impôt  à taux unique et une réduction de la bureaucratie pour relancer l’entrepreneuriat qui étouffe sous la paperasse inutile. Le PCQ a également pris position pour le projet de loi C-10 et contre les cours d’éthique et culture religieuse obligatoires. Selon les informations prélevées de leur page Facebook, la plateforme du parti sera dévoilé au cours des prochaines semaines. Il semblerait qu’il y en a déjà qui ont commencé à acheter leur carte de membre.

Webinar: Enjeux Québec

 

XTRM Media en collaboration avec Le Prince Arthur Herald présentent

 Conférence-Web présentée par Jeff Plante en deux soirées

Mercredi et Jeudi les 7 et 8 décembre prochain

En vedette:

Un document circulerait disant que le programme de l’ADQ serait parfaitement compatible avec celui de la CAQ. Y a-t-il vraiment compatibilité?  Quelles sont les incompatibilités? Vous êtes à la place de Gerard Deltell, vous devez analyser les idées, que décideriez-vous?

Vaut-il la peine pour les gens de droite d’aller voter pour “sauver” l’ADQ de la fusion avec la CAQ?

En laissant aller l’ADQ avec la CAQ, est-ce que les droites ( fiscales, sociales, libertariennes) peuvent coopérer ensemble comme cela se fait ailleurs dans le monde?

Qu’est ce qui nous unit? Quelles sont nos valeurs communes?

INSCRIVEZ-VOUS TOUT DE SUITE LES PLACES SONT LIMITÉES

 

On s’inscrit ici pour la conférence de mercredi le 7 décembre avec Richard Décarie

On s’inscrit ici pour la conférence de jeudi le 8 décembre avec Adrien Pouliot

Pour plus de détails…

Le vrai piège caché dans le programme de la CAQ – Texte intégral

Image: La première minute

 

Le plan d’action de Monsieur Legault est très astucieux. Les tenants de la droite au Québec tomberont-ils dans le panneau?

Nous parlons aussi du Code de Vinci, d’Audrey Tautou, et Yvon Deschamps est nommé conseiller politique.

 

Lettre ouverte aux tenants de la droite au Québec. (PDF téléchargeable ici.)

Mesdames, Messieurs,

Je viens de parcourir le Plan d’action de la CAQ. J’y ai trouvé un piège pour les partisans de la droite. Je le trouve brillant. Sur une échelle de danger allant d’un à dix, c’est onze. Il est possible qu’il ne soit pas prémédité. Mais à ce stade, ça compte peu si on ne le comprend pas. La clé est dans le contexte et son timing.

Nous avons toutefois un autre problème.

The Medium is the Message

Englobé dans ce contexte, le problème des limites du médium. Nous analysons le monde à travers des fragments d’information sur des téléphones intelligents ou des écrans d’ordinateur qui nous font mal aux yeux tard le soir. Bref, je ne peux pas vous décoder ça en cent quarante caractères sur Twitter ou en un message instantané envoyé sur votre iPhone ou Blackberry. C’est un outil merveilleux, Internet. Mais se taper une couple de pages de texte sur une page Web, ça peut sembler longuet. Les plus vieux, vous rappelez-vous Cité libre, Perspectives et Le Jour, dans le temps où la musique était de la musique? Mais ce temps n’est plus, genre maintenant que vous êtes à me lire.

Si vous êtes comme moi, votre réflexe sera d’imprimer cette page Web ou le PDF pour analyse en prenant une brioche et un café.  Parce que j’ai un beau Code de Vinci pour vous. Je ne suis pas Dan Brown et suis un peu moins mignon qu’Audrey Tautou, mais êtes-vous game? Cependant, si vous n’avez pas lu Le Code de Vinci, vous avancez désormais à vos risques et périls.

Un comique devient malgré lui conseiller politique de François Legault

Au Québec, la plupart des programmes de partis politiques sont pénibles à lire. C’est le beurre et l’argent du beurre, l’importance d’agir sous le signe du changement dans la continuité, dans un français fluide comme de la mélasse verte. Québécois, vous êtes beaux et je vous ai compris. Il nous faut un Québec indépendant dans un Canada fort.

Bon, ça c’est un discours qui marche avec votre voisin mais je m’adresse à un lectorat moins naïf. Le Québec indépendant dans le Canada fort, c’est une phrase d’Yvon Deschamps, pour une époque où la question était voulez-vous l’indépendance.

‘’Quoi, quoi, quoi? Quitter la  maison? Avez-vous perdu la raison?‘’

‘’Madame, Monsieur, nous avons aussi la souveraineté-association en promotion cette semaine. C’est quand même comme quelque chose de grand mais moins cher. Et la garantie est meilleure.‘’

‘’Avez-vous une carte? On va y penser.‘’

À lire le Plan d’action de la Coalition pour l’avenir du Québec, j’ai l’impression qu’en y travaillant l’équipe de François Legault devait avoir la télé allumée pendant la rediffusion d’un spectacle d’Yvon Deschamps sur ARTV. Une reprise une fenêtre sur la fin d’une autre époque, celle où un rêve n’était plus mais que le patient était encore sous le choc, son corps encore plein de l’adrénaline de l’espoir.

Yvon Deschamps était un artiste engagé qui croyait à un monde meilleur et que ce monde devait passer par l’indépendance du Québec. Un comique, Yvon Deschamps? Paraîtrait. Mais il était et demeure un formidable observateur de la comédie humaine. Vous comprendrez que, dans le temps d’un avant et d’un après référendum, il n’était pas homme à laisser ses convictions affecter la finesse de son regard. Elles lui donnaient simplement du mordant.

Monsieur Deschamps a dû avoir profondément mal de voir un peuple incapable de se brancher. Ici, je ne parle pas de tout un peuple. Les tenants du Non étaient-ils moins québécois? Non. Toutefois, à cette frontière où un oui hésitant se transforme en un non, à tort ou à raison, nombres de Québécois fatigués de l’Anglais ont refusé de montrer leur passeport.

Québécois, je vous ai compris.

Mais, Monsieur de la Noüe, ce n’est pas supposé être un texte sur un piège caché dans le programme de la CAQ, cela? Auriez-vous pris des stupéfiants?

Oui, et sans façon, merci.

Quand François Legault écoute Yvon Deschamps en reprise sur ARTV, ce n’est pas pour les tenants d’une droite québécoise

Le Plan d’action de la CAQ me fait penser à une reprise présentée sur une chaîne spécialisée… à minuit moins cinq. C’est ce beurre et son argent qui sont le menu politique servi aux Québécois depuis des décennies par le Parti libéral et le Parti québécois. Le repas est pourtant fait du même animal, il n’y a que la coupe et les assaisonnements qui changent. Les Québécois n’ont pas envie de l’indépendance? Très bien. Mais voilà un demi-siècle qu’ils confient leur sort à des gouvernements interventionnistes.

Je sais que vous savez que le Parti libéral n’est pas un parti de droite. Quand on l’époussette, il ressemble au Parti québécois. Mais, à ce stade, ce n’est pas une perception majoritaire. Moi, je pense que comme Yvon Deschamps un lendemain d’arrache-cœur, François Legault et son équipe nous ont compris. Le Québécois moyen commence à ressentir un malaise face à la politique et un malaise tout court. Mais il n’arrive pas à  mettre le doigt dessus. Il aimerait que ça change mais l’état est depuis cinquante ans la maman qui console et guérit.

Le Modèle québécois est une mère prodigue, un gouvernemaman qui paye à ses enfants des iPhone et des passes d’autobus avec l’argent de leurs études universitaires. Ainsi pense le Québécois moyen, à tout le moins. Il serait plus juste de dire que ce sont les enfants des générations X et Y qui ont payé un méchant party aux baby-boomers et leurs parents. Autrement, les p’tits d’aujourd’hui ils rouleraient tous en Volkswagen.

Il est désormais flagrant que Monsieur Legault n’a pas claqué la porte du Parti québécois sur un coup de tête. Je pense aussi qu’il ne se contentera pas du seul fait d’avoir été fidèle à ses convictions. François Legault et son équipe sont dans l’arène pour remporter le Prix. Et pour séduire, à l’automne 2011, le contexte ne se prête pas à un discours où il faut choisir entre beurre et argent. Il pourrait changer plus vite que certains imaginent mais le fruit n’est pas mûr. Pour devenir Premier ministre, mordre dedans tel qu’il est aujourd’hui équivaudrait à se casser les dents.

À l’automne 2011, la seule façon de rester haut dans les sondages, c’est de proposer une gauche ‘’efficace‘’.

L’est-elle?

Vignettes d’une gauche inefficace? On démêle des affaires.

Monsieur Legault se réclame d’une gauche efficace, capable de reprendre le contrôle des finances publiques tout en maintenant à un niveau élevé l’interventionnisme de l’État. Ici, il faut départager trois éléments.

Un, une vision de la société où l’état est l’acteur dominant.

Deux, la CAQ sera-t-elle oui ou non ‘’efficace‘’ dans la réalisation de cette vision?

Trois, la CAQ prendra-t-elle oui ou non les meilleures mesures pour reprendre le contrôle des finances de l’état québécois et de son hallucinante dette?

Une vision de la société où l’état est l’acteur dominant

François Legault et les partisans de la CAQ pensent que la solution au problème passe par un état touche-à-tout. Au point où en est la situation au Québec, je suis convaincu du contraire. Je pense que le Québec va avoir besoin d’un gouvernement fort, dans le sens d’avec une colonne vertébrale, avec le courage de mettre fin au party de certains s’il veut être capable de mettre un peu de chair sur l’os de la pauvreté, le vrai, celui des sans voix et de tous ces autres êtres humains touchés par le doigt du destin. De plus, pour la classe moyenne, le mouton n’a plus de laine, juste une carte de crédit défoncée. De l’argent, mes amis, il n’y en aura plus des masses à distribuer prochainement. Monsieur du Banquier va présenter sa facture et sera moins intéressé à faire crédit. On parie?

En conséquent, tous ces lobbys prêts à réclamer des hausses de salaire en se réclamant des pauvres pour s’offrir petits fromages, une maison et deux voitures, si vertes soient-elles, ils seront bientôt à marcher dans la rue pour exiger qu’on s’occupe de la pauvreté… la leur.

Au niveau de mes convictions, je suis aussi un de ceux à croire que je n’ai pas besoin d’un gourvernemaman à me dire ce que je peux faire ou ne pas faire tant que je fiche la paix à mon voisin. Je ne veux pas d’un état tellement sûr de mon bien qu’il est prêt à me l’imposer à mon corps défendant. Avez-vous une cigarette?

N’en demeure pas moins, c’est une vision de l’état. François Legault, la CAQ, et tous les gens prêts à y souscrire en ont le droit. L’esprit de la démocratie, c’est ça, un débat où la meilleure défense contre une idée est une autre idée.

La CAQ propose-t-elle une gauche efficace? On s’approche du piège.

Nous voilà devant le piège. Il y a un petit bout de fromage, là, et nous le voyons tous clairement: c’est la nature de la gauche telle que vue par la CAQ. Efficace? Ne tombons pas le panneau, ce fromage nous le laisserons là. Mais le problème est que la détente du piège n’est pas cachée sous ce bout de fromage.

C’est un leurre.

Si le piège n’est pas la nature d’une gauche version CAQ, quel est-il? Ha, ha. Quelque part vers la page soixante-seize de la version poche du Code de Vinci, vous aviez compris qu’Audrey Tautou était parente avec le petit Jésus.

Me voyez-vous venir?

La CAQ est-elle capable de reprendre le contrôle des finances publiques?

Voici le troisième élément à départager. On peut adhérer à une vision interventionniste de l’état tout en se préoccupant sincèrement de la dette du Québec. La ‘’solidarité‘’, il faut quand même avoir les moyens de la payer.

Avez-vous lu l’excellent Éloge de la richesse d’Alain Dubuc? Monsieur Dubuc défend un argumentaire où, pour qu’une redistribution de la richesse soit possible, il faut d’abord que richesse il y ait. Ici, je n’ai nulle envie de tenter de vous résumer sa pensée. Je vais me limiter à vous dire qu’elle est nuancée tout en étant présentée avec rigueur.

Mon point est simple:

Un, le trou noir qu’est devenu les finances publiques n’est pas un enjeu de gauche ou de droite. Il menace la société dans son ensemble.

Deux, c’est toutefois aux tenants de la gauche de s’interroger sur la nature des fleurs du tapis du Plan d’action de la CAQ, pas à la droite.

On y est.

Master and Commander:

Quand le navire est en train de couler, ce n’est pas le moment de regarder aux jumelles la frégate de l’ennemi

L’Action démocratique est aux prises avec un schisme intérieur. Devrait-elle fusionner ou non avec la coalition de François Legault? Dans Union ADQ-CAQ: Le marié est-il le meilleur parti?, j’ai pris position: un vote pour l’ADQ c’est un votre pour l’ADQ. Dans Union ADQ-CAQ: Le regard des petits-enfants sur ces ministres de plus rien, j’ai affirmé que le Québec a besoin d’une droite, que la droite a besoin d’un vaisseau parce que, sans lui, ses partisans seront de vulgaires quémandeurs.

Au moment où je vous écris ceci, l’issue des pourparlers de fusion entre ADQ et CAQ est on ne peut moins claire. Pour ceux qui souhaitent la présence d’un parti de droite au Québec, il y a danger que le bateau soit sabordé ou vendu à l’ennemi.

L’Action démocratique est un parti politique reconnu, il dispose de la flopée habituelle de chartes et de statuts. Le navire prend l’eau mais il a quand même une existence physique et juridique. Dans combien de temps les prochaines élections provinciales? Aurions-nous suffisamment de temps pour dessiner et construire un nouveau vaisseau?

Je n’en ai aucune idée. Et vous?

Alors, pendant que le bateau prend l’eau et qu’il n’y a pas consensus parmi l’équipage, François Legault agite un programme qui n’en est pas encore un. C’est un plan d’action en vingt points, rien d’autre. D’ici les élections, ces points sont sujets à moult révisions ou atermoiements… pour ceux qui lisent entre les lignes et écoutent la radio. On verra. Mais ne perdez jamais de vue que présentement les partisans de la nécessité d’un parti de droite au Québec sont comme le capitaine interprété par Russell Crowe dans le film Master and Commander, forcés de faire des miracles en mers ennemies avec des ressources limitées.

Forcés de gagner.

Vous êtes des corsaires, vous n’êtes pas nombreux, et François Legault sur son bateau est un toréador. Voyez-vous rouge? Savez-vous nager? Dans la mer, il y en a un qui est comme un poisson dans l’eau à vous attendre. Il a de bonnes dents.

Si j’étais Jean Charest, je déclencherais des élections le plus vite possible. Au printemps 2012? Techniquement, le printemps commence dans moins de quatre mois. Un scénario où Monsieur Charest serait à nouveau fait Premier ministre du Québec ne relève pas de la science-fiction. Idéalement, je m’arrangerais pour que l’affaire soit dans le sac avant la Saint-Jean-Baptiste. Autrement, le contexte risque de basculer si rapidement que n’importe lequel des partis en présence, Québec solidaire excepté, pourrait mettre la main sur le Prix. Et ça inclut une ADQ qui serait toujours vivante. Le PQ? Oui. Je n’ai jamais été aussi sérieux.

Ministres de rien ou députés de tout? Peut-être bien plus que députés. Prenez le temps d’y penser. Parce qu’il y a urgence.

Le Québécois moyen est-il à ronfler? Je le crois. Mais peu importe nos travers collectifs, nous ne sommes pas plus bêtes que d’autres. Comme le reste de l’Occident, nous nous sommes simplement débranchés de la chose politique, le nez trop près d’une vitre que j’appelle la culture de l’abrutissement.

Quand on est des vietcongs capitalistes pris pour faire le lavage et la file au supermarché, les batailles rangées on s’abstient

Dans les ‘’Vingt-z-actions pour agir sur l’avenir‘’, je n’ai pas eu besoin de fouiller longtemps pour voir des solutions selon moi incompatibles avec une gauche ‘’efficace‘’ et à me rappeler qu’un gourvernemaman ça me tape royalement sur le système. Et, si vous êtes comme moi tenant de la droite, je suis convaincu qu’il en sera de même pour vous. En quelques pages quelques phrases, votre idée se fait. Vous voyez une incohérence, la faille dans l’argumentaire ou que les totaux présentés ne correspondent pas aux vôtres. Et, comme vous avez les facultés intellectuelles requises, la tentation est forte de vous installer devant votre écran, traitement de texte et chiffriers Excel ouverts.

Je sais.

À ce stade, la plupart de ceux à me lire en sont capables. L’exercice demande cependant une somme de travail considérable.

En partant, ce n’est pas évident. La droite québécoise n’en est pas une d’activistes professionnels. Pour ceux qui ont pris position en sa faveur, le geste en a été un de courage et de sacrifice. Dans un climat de cons sans suce québécois – en trois mots – on y pense à deux fois, chaque fois. Nous sommes entrés dans l’ère du mot de trop, celui capable de détruire une carrière. Dans un Québec où la pensée unique domine, aller à contre-courant constitue aussi un risque.

Des cons sans suce? Sans épine dorsale, pour ne pas dire autre chose, et incapables de supporter la vôtre. Parce que vous les mettez en face de leur lâcheté.

Nous vivons dans un Québec où la majorité a peur d’avoir peur. Même pas besoin de gagner à la loterie de la controverse, prendre position est un geste suffisant pour faire le vide autour de vous. C’est le spectre de la lettre du schizophrène, publiée dans un quotidien qui oublie de numériser les bonshommes allumette qu’il avait pourtant ajoutés pour illustrer son propos. C’est celui d’une cliente qui appelle au service à la clientèle de votre employeur ou d’un de vos fournisseurs, à chanter que si vous persifflez elle ira ailleurs.

Ce n’est même pas sa réalité, c’est un fantôme, c’est un monstre sous le lit. Il ne devient vrai que de peur d’avoir peur.

Madame, Monsieur, si vous prenez position, cette nuit Jean Charest, Pauline Marois et François Legault viendront vous chanter une berceuse. Et, l’autre, là, il déposera… en chambre une pétition en vue de vous interdire, avec un amendement visant à prohiber la vente de chaussures faites en démocratie.

La fin d’un monde s’en vient?

‘’Mais je n’ai pas le temps, moi. Faut que j’aille conduire junior au soccer et c’est le hockey ce soir.‘’

‘’Ce n’est pas à toi que je parlais. Qu’est-ce que tu fais là, à lire l’équivalent rasé d’un discours plate de dictateur barbu? Tu connais des sites plus distrayants.‘’

Bon, il vient de s’en aller sur CENSURÉ POUR LES PLUS VIEUX.

Pendant ce temps, écrit sur la cravate de Bernard Derome:

‘’Si la tendance se maintient, la prochaine élection au Québec sera la plus importante depuis la réélection des libéraux de Jean Lesage en 1962. Hugo Boss.‘’

Nous disions?

Et vous suivez quand même votre conscience. Entre la file au supermarché, le lavage, le plus jeune qui a son otite et ces devoirs de la plus vieille qui exigent un incroyable deux heures, vous prenez un, deux ou trois soirs, sacrifiez des petits moments de liberté au nom d’une plus grande. Celle de votre expression.

Je salue votre courage.

Ce que j’ai à vous soumettre aujourd’hui, c’est tant qu’à accepter de payer le prix, arrangez-vous pour en avoir le maximum pour votre argent.

Nous sommes beaucoup mais pas assez et trop isolés pour ne pas choisir nos combats à chaque fois. Commenter le Plan d’action de la CAQ est important, oui. Mais à ce stade, la majorité des tenants de la droite, observateurs bénévoles de la chose, possède la culture idéologique et économique nécessaire pour le reconnaître pour ce qu’il est au premier coup d’œil: un discours de gauche.

Le Plan d’action de la CAQ, c’est du réchauffé, une poutine passée aux micro-ondes d’un restant de Révolution tranquille. Une cuisine sincère? C’est p’tet vrai, mais c’est pas bien frais.

L’importance des messagers de la remise en question

Présentement, un énorme pan du Québec a de la difficulté à faire la différence entre une droite du centre et celle d’extrémistes. C’est stupéfiant. Littéralement. Pour certains, un débat gauche-droite c’est choisir entre l’interventionnisme du Parti québécois et le discours communisant de Québec solidaire. Les stupéfiants, ce sont eux qui en ont fumé.

Ceci dit… Le piège calculé ou non du programme de la CAQ est de lutter spécifiquement contre lui, maintenant, à force de tableaux qui n’intéresseront que ceux qui savent déjà. Ici, je ne pense pas aux professionnels du commentaire politique ou économique. Eux sont payés pour ça. Pas nous.

À cet effet, les fois où j’allume ma télé, j’écoute l’émission de Mario Dumont. Quand je lis le journal, je commence par Éric Duhaime et Nathalie Elgrably-Lévy. J’ai fait un test empirique de la reconnaissance de leurs noms. Mario Dumont? Tout le monde connaît Mario! Il passe à la télé. Ah, oui? Peut-être. À quelle heure quel poste? Vtélé? Moi, je suis une famille TVA. Oh, moi c’est Radio-Canada, les publications à Monsieur Péladeau, c’est en-dessous de moi.

Ben, voyons, va jouer avec ton cerceau, mon garçon.

Radio-Can, c’est pour les gens qui prennent le thé le petit doigt en l’air. Quant à toi, avec Denis Lévesque tu pourrais attraper une maladie transmissible. Richard Martineau? Oui, mais seulement avec le condom des Francs-Tireurs.

Excusez-moi mais vous faites dur. Pas ces distingués animateurs, pas vous non plus à me lire, distingués lecteurs – vous êtes une poignée. Mais collectivement nous partons de loin. On fait dur. Vraiment.

Parmi ce ‘’petit monde‘’ dont je fais partie, disons qu’il reste du travail à faire pour qu’Éric Duhaime et Nathalie Elgrably-Lévy deviennent ‘’épidémiques‘’. Je pourrais tartiner épais sur l’importance du rôle du Réseau Liberté Québec de Joanne Marcotte et sa bande mais je vais me garder une petite gêne. Une autre fois.

Je sais qu’il y en existe d’autres qu’eux, des aussi intéressants. Et les idées qu’ils défendent n’appartiennent à aucun individu. Dans mes écrits, j’ai à date parlé de Monsieur Duhaime et Madame Elgrably-Lévy parce que je les considère actuellement comme les meilleurs vecteurs d’une remise en question du discours souvent simpliste des tenants d’une gauche ‘’unique‘’ qui rêve de nous transformer en enfants obéissants. Même chose pour Mario Dumont aujourd’hui. Ils n’en sont pas là, mais l’épidémie ne pourrait demander que quelques pichenettes.

Mais la pomme ne tombe jamais loin du pommier. Gauche, droite, les Québécois sont des gens d’émotion. Pour les tenants de la droite, dans le contexte actuel, nous sommes exposés à beaucoup d’émotions. Il y a risque de voir rouge et devenir taureaux.

La conjoncture telle que je la vois

1. Les tenants de la droite par conviction sont peu nombreux.

2. La majorité d’entre eux ont très peu de temps à leur disposition.

3. La droite a besoin d’un vaisseau politique parce que, sans lui, ses partisans seront de vulgaires quémandeurs.

4. L’ADQ pourrait couler à pic ou tomber aux mains d’une gauche qui, si efficace soit-elle, n’en est pas moins une gauche ‘’gouvernemaman‘’.

5. Est-il possible de créer à partir de rien une nouvelle formation politique de droite comparable à l’ADQ avant les prochaines élections?

6. S’attaquer maintenant au Plan d’action de la CAQ, c’est trébucher dans les fleurs du tapis. C’est le vrai piège.

7. Un grand travail de diffusion ‘’générale‘’ des idées de droite auprès du public reste à faire. Au niveau de l’engagement citoyen, un vaisseau existe et c’est le Réseau Liberté Québec. Au niveau de la diffusion des idées, des vecteurs, ceux sur lesquels miser en premier sont Éric Duhaime, Nathalie Elgrably-Lévy et la bande à Mario Dumont. Je heurte certains mais regardez les chiffres.

La radio de Québec? Une autre fois. Aujourd’hui, je parle de la province.

8. Il reste une éternité politique avant les prochaines élections provinciales. Le contexte peut changer et rendre l’électorat plus réceptif, et il reste du temps pour faire valoir des points de vue ‘’de droite‘’. Il n’est pas trop tard.

9. Si l’ADQ est la meilleure solution en tant que navire politique, de combien de temps dispose-t-elle?

10. Cette question est d’autant plus pressante à régler parce qu’un parti politique a besoin de militants et d’une machine bien rôdée. Présentement, le moteur est sur l’établi, en instance de pièces détachées.

11. Dans le climat actuel au Québec, additionné aux tensions internes à l’ADQ, plusieurs hésitent aussi à prendre position. J’affirme que la prochaine élection provinciale sera la plus importante de l’histoire du Québec depuis la réélection du Parti libéral en 1962. Pas de bateau, mes amis, nous allons regarder le train passer. Moi, je pense que ça mérite de prendre des risques.

Conclusion

Selon moi, pour la droite, François Legault est un toréador.

On s’en reparle.

           

Éric de la Noüe

 

© 2011, Éric de la Noüe. Tous droits réservés.

Commentaires : eric@lapremiereminute.ca

La semaine prochaine, si la tendance se maintient, et si je n’ai pas trop de linge sale à laver, je devrais préciser ma pensée sur l’importance de cette prochaine élection provinciale. Autrement, j’aurai peut-être en attendant un texte en psychologie à vous proposer comme plan… B. On verra. Revenez me voir. Perry Ellis.

PDF imprimable de ce texte : www.lapremiereminute.ca/lezamis/adq-caq

Adresse à tweeter : http://wp.me/p1Ge6d-1mK

 

NOTES

VOUS AVEZ DÉNONCÉ ET C’EST CE QU’IL FALLAIT FAIRE. SUIVANT!

Quelque part, je soupçonne que des gens meilleurs que moi ont pris clavier et calculatrice pour dénoncer certains points du Plan d’action de la CAQ. C’est parfait. Au point un de la page seize du ‘’Plan’’, moi je voyais déjà matière à ventiler. De telles actions sont nécessaires et vous êtes en train d’inscrire votre nom dans la petite et la grande histoire du Québec. À date, personne de la droite ne s’est encore fait planter de banderilles dans le dos. Enfin, pas dans ce dossier, n’est-ce pas?

Alors, écrivons de nouvelles pages, ensemble, et livrons le combat de maintenant.

Tout au cours de 2012, nous aurons besoin de ceux qui savent compter pour livrer ce combat d’après-demain. Pendant le magasinage de Noël, n’oubliez-pas de faire provision de recharges d’encre pour votre calculatrice. Vous allez en avoir besoin.

LE PLAN D’ACTION DE LA CAQ

‘Toujours préférable de se faire sa propre opinion à partir des faits. En date de publication de ce texte, il est téléchargeable ici.

Site officiel de la CAQ

MASTER AND COMMANDER

Le film, sur Wikipédia.

YVON DESCHAMPS

À la fois le Beatle et le Rolling Stone de l’humour au Québec.

Sur Wikipédia.

DES VOIX QUI MÉRITENT D’ÊTRE ENTENDUES

Réseau Liberté-Québec

Éric Duhaime

Nathalie Elgrably-Lévy | Archives IEDM

Joanne Marcotte                

LE MYSTÈRE MARIO DUMONT

Cofondateur de l’ADQ et chef de l’opposition officielle au Québec en 2007-2008, Monsieur Dumont ne fait plus l’actualité, il la commente. Il n’a pas peur non plus de laisser l’ensemble du spectre politique venir s’exprimer à son émission. Le coloré et distrayant Gilles Proulx est un collaborateur régulier. Patrick Lagacé, coinventeur de la Clique du Plateau avec son ami Jeff Fillion, est aussi un régulier du plateau.

J’y vois parfois Mathieu Bock-Côté, un des esprits les plus fins en analyse politique et sociale à se révéler au Québec ces dernières années, à un point tel qu’il pourrait être français ou Denise Bombardier. Vous devriez le lire, lui aussi.

Ignorer une émission réseau qui propose autre chose que de la pensée unique réchauffée est un non-sens. Programmez vos Illico, Bell ou autres et essayez Mario Dumont une semaine.

Mario Dumont sur Vtété

Mathieu Bock-Côté, blogue | Chroniques Journal de Montréal

CLIQUE DU PLATEAU

Groupe d’individus à portefeuilles en terre cuite portant des chemises en biscuits Graham. En guerre contre la droite, les capitalistes obligés de travailler et le plaisir des autres, particulièrement quand il s’appelle Jeff Fillion, un animateur de radio de la région de Québec. Également un code postal pour journalistes.

ALAIN DUBUC, ÉLOGE DE LA RICHESSE

Cœur et idéologie à gauche, Monsieur Dubuc nous fait la démonstration que l’argent n’est jamais sale quand il permet de faire le bien. Et la meilleure façon de lutter contre la pauvreté c’est de créer des emplois. Quant à les taxer… hum…

Chroniques dans Cyberpresse | Son livre chez Archambault | Renaud-Bray | Amazon

LE ‘’NAME DROPPING‘’ NE PAYE PAS

Je viens de nommer tellement de belles gens aujourd’hui que j’aimerais bien pouvoir recevoir deux dollars par nom encensé. Mais je n’ai rien à leur vendre… à eux. De plus, je ne suis pas sûr que ma caution vaille deux piastres du nom.

AVIS JURIDIQUE

Je suis membre du Réseau Liberté-Québec, à titre de citoyen, mais les opinions exprimées dans ce texte sont uniquement les miennes.