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Budget du Québec 2012 : pas de croissance durable en vue

Par Pierre-Guy Veer

Le ministre des Finances Raymond Bachand a déposé son plus récent budget le 21 mars dernier. Malgré ses bonnes intentions, l’on peut fortement douter que les mesures énumérées, présentées comme favorable à la croissance, auront l’effet escompté…

 

Une des grandes mesures de ce budget est la création de Ressources Québec. Ses buts avoués sont une gestion responsable des ressources, une exploitation de ces dernières à l’avantage de tous et un encouragement de 2e et 3e transformation du bois. La création de ce nouveau monstre bureaucratique est erratique à plusieurs égards.

 

Premièrement, si l’on veut que quelque chose soit exploité de façon « durable » – pour que ça existe encore longtemps –, le secret est sa privatisation. L’on peut ramener cette affirmation à sa plus simple expression : on prend (généralement) grand soin de ce qui nous appartient directement et l’on respecte (généralement) la propriété des autres. Qui parmi vous irait saccager volontairement sa propre maison ou celle du voisin? Il en va de même pour l’exploitation des ressources naturelles. C’est d’ailleurs une des solutions envisagées pour maintenir les stocks de poissons1. Dans sa forme traditionnelle, les bancs de poissons n’appartiennent à personne. Il est donc dans l’intérêt des pêcheurs d’attraper le plus de poissons possible… ce qui cause évidemment une diminution rapide des stocks.

 

Deuxièmement, quand une ressource est exploitée, c’est toujours dans l’intérêt de tous. En effet, exploiter une ressource naturelle ou n’importe quel commerce peut se faire uniquement s’il y a une demande. Un entrepreneur entièrement privé n’est pas assez fou pour dépenser son argent pour produire/offrir un service qui ne sera pas vendu. Aussi, seuls les entrepreneurs les plus visionnaires peuvent se permettre de les exploiter – ceux qui font des profits. Oui, j’ai mentionné le mot en « p ». Il est, sans l’intervention du gouvernement, le seul indicateur pertinent pour connaître l’humeur des clients. S’il est positif, alors l’entrepreneur a bien deviné l’humeur de ses clients et répond mieux à leur intérêt. S’il est négatif, alors il a mal prédit. Il doit s’ajuster, sinon il fera faillite et devra céder la place à des gens qui produisent mieux.

 

Enfin, tenter de forcer la main au marché pour que certaines industries se concentrent sur un territoire est voué à l’échec, comme ce fut le cas avec l’amiante dans les années 70 – en nationalisant la ressource, on avait espéré implanter plus d’usines de transformation. Sur la Terre, il y a des endroits qui ont peu de ressources mais une très grande capacité pour les transformer (Japon, Allemagne), alors que d’autres ont beaucoup de ressources mais peu de capacité pour les transformer (Québec, Saskatchewan). Sans intervention du gouvernement, il se produirait ce que Mises qualifie de division internationale du travail – une extension de l’avantage comparatif de Ricardo. Donc, les entrepreneurs québécois et saskatchewanais exploiteraient les ressources naturelles du territoire pour les exporter en Allemagne et au Japon, où les entrepreneurs transformeraient lesdites ressources pour ensuite les exporter. Ainsi, tout le monde est gagnant; le Québec ne tente pas de maintenir en vie des industries qui ne fonctionnent pas, et le Japon ne tente pas de produire tout son blé sur son territoire surpeuplé.

 

Des crédits au mieux futiles

 

Plusieurs autres mesures incitatives se présentent sous forme de crédit d’impôts. On espère notamment augmenter la productivité en incitant l’investissement, mettre les entreprises au pas de la mode numérique en encourageant les affaires électroniques, favoriser les coopératives, former plus de sociétés de services financiers, augmenter les exportations et bien plus.

 

Malgré les bonnes intentions, ces mesures sont au mieux futiles. En effet, un entrepreneur qui estime que ses clients seront mieux servis fera tout ce qui est nécessaire pour les satisfaire, que ce soit en exportant son produit ou en investissant dans l’entreprise. L’on peut donc déduire qu’un manque d’investissement est un signe que le jeu n’en vaut pas la chandelle. Alors pourquoi Québec insisterait-il pour subventionner le tourisme, si « Le manque d’investissement privé a été identifié comme un frein majeur au renouvellement de l’offre touristique »? ou pour subventionner encore plus les musées, si ces derniers sont incapables de s’autofinancer?

 

Efforts insuffisants de réduction des dépenses

 

Dans le budget, il faut le mentionner, le gouvernement tente de contrôler ses dépenses. Il a finalement décidé de diminuer le rythme d’augmentation des dépenses, la 3e plus faible au pays avec une moyenne de 2,5 %. Malheureusement, l’effort est insuffisant, considérant l’état des finances publiques.

 

En effet, le dette brute (le passif des caisses de retraites publiques et de l’administration des différents ministères) se situe à 54,3 % du PIB (173,436 G$), et l’on estime que ce pourcentage montera à 55,3 d’ici 2017. C’est le plus haut taux d’endettement au pays. Si l’on inclut tout ce qui dépend du gouvernement (sociétés d’État, système de santé, municipalités), la dette grimpe à 74,5 % du PIB (248,621 G$). Toutefois, le ministre, comme plusieurs analystes en faveur de l’intervention de l’État, affirment que le chiffre est trompeur puisqu’il ne tient pas compte des actifs du gouvernement (Hydro-Québec, notamment). Considérant la non-volonté de ces mêmes analystes23 de vouloir toucher aux sociétés d’État, l’on peut se demander si elles sont vraiment un actif…Cet endettement se reflète sur la cote de crédit : nous ne faisons pas mieux qu’une 5e place au niveau canadien face aux agences de notation.

 

Aussi, le gouvernement n’a fait que diminuer l’augmentation des dépenses; elles augmentent toujours. D’ailleurs, elles ont augmenté plus que ce n’était prévu au budget 2009-2010. En regardant les chiffres, force est de constater que le gouvernement n’a effectué aucune coupure. Au contraire, il a préféré augmenter les revenus avec différentes taxes (augmentation de la TVQ, contribution santé). Il affirme également, le plus sérieusement du monde, que le Québec « a du » s’endetter suite à la diminution des transferts fédéraux afin de maintenir un niveau de services comparables. À qui? Aucune province n’a de garderies étatiques aussi onéreuses, des congés parentaux aussi généreux, des frais de scolarité postsecondaire si bas…

 

Autonomie à deux vitesses

 

Parlant de transferts fédéraux, un élément me laisse perplexe. Dans le budget, on dénonce le fait que le fédéral ne contribue qu’à 20 % des couts en santé, alors qu’il le faisait à hauteur de 50 % avant les années 70. « …le respect des compétences des provinces ne doit pas servir à justifier un désengagement financier du gouvernement fédéral en santé, faisant abstraction des coûts incessants en santé », peut-on lire. En d’autres mots, même si la santé est de compétence provinciale, le gouvernement fédéral « doit » y intervenir.

 

Ce raisonnement est complètement fautif. Premièrement, il sous-entend que seul les gouvernements sont capables d’administrer le système de santé. Or, depuis toujours, l’on peut constater qu’ils en sont incapables. Corporatisme dans les professions de la santé, interdiction de contracter des assurances privées/de contracter une assurance hors de son État, gonflement artificiel de la demande, listes d’attente qui s’allongent sans cesse; les preuves de l’incompétence publique dans la santé peuvent s’étirer encore longtemps.

 

Ensuite, une telle attitude d’enfant à qui on a volé son suçon révèle une grand hypocrisie de la part du gouvernement. En effet, comment une province qui se dit autonome (ou qui veut devenir indépendante, pour certains) peut-elle se désoler autant de « perdre » de l’argent venant des provinces plus riches? Québec devrait plutôt s’en réjouir et ainsi en profiter pour réformer le système de santé, puisque sa progression actuelle – 5 % d’augmentation des dépenses par année –, il est tout simplement intenable.

 

En conclusion, il semble que ce n’est pas demain la veille que le gouvernement du Québec se sortira de la vieille mentalité hors-de-l’État-point-de-salut. Il continue d’augmenter ses dépenses malgré un endettement approchant 75 % de la richesse provinciale et de s’accaparer encore plus de notre argent durement gagné. Il serait temps que les politiciens regagnent la mentalité des politiciens d’avant Paul Sauvé, où le New Deal était vu comme frisant le communisme plutôt que comme une planche de salut. D’ici là, nous continuerons à ressembler de plus en plus à la société de Atlas Shrugged, dans laquelle l’entreprise privée peine à prospérer à cause de toute cette bureaucratie – on avait même créé une commission d’enquête pour tenter de connaître les moyens de l’éliminer – , tandis que le gouvernement « investit » dans des projets aussi loufoques que nuisibles (autobus électrique, logement social, lutte aux « changements climatiques », subventions de toute sorte).

Le budget contre les jeunes

Par Simon Leduc

 

Le ministre des finances a présenté son troisième budget à l’Assemblée nationale du Québec. Raymond Bachand a encore décidé de pelleter les problèmes du Québec dans la cours des générations futures.

L’État québécois engraisse encore et encore :

Le gouvernement du Québec aurait besoin d’un très bon régime afin de perdre du poids. Celui-ci ne veut pas faire cela, il continue de manger du gras et d’engraisser. Rien ne semble l’arrêter dans sa quête de l’embonpoint. Les dépenses gouvernementales vont augmenter de 3% en 2012. Cette année, le gouvernement va dépenser 70 milliards de dollars. Le ministre du bonheur a annoncé de nouveaux investissements pour les soins aux aînés. Il faut que les libéraux s’occupent de leurs clientèles électorales et les personnes âgées en font partie. Donc, le gouvernement québécois maintient le cap dans sa folie des dépenses Tout va bien madame la marquise, ce sont les jeunes générations qui vont payer plus tard la facture salée de l’État québécois.

Coupure de dépenses et remboursement de la dette : des peccadilles aux yeux du ministre du bonheur :

Dans son budget, le ministre des Finances ne va pas s’attaquer à la dette publique. Les libéraux vont continuer de dilapider l’argent des contribuables. Il ne va pas couper dans ses dépenses et réduire la taille de l’État. Voyons donc, ce ne sont pas des choses importantes pour ce gouvernement égoïste qui se fout de l’avenir des générations futures. La dette publique va augmenter de dix milliards de dollars et ce en une seule année. M. Bachand semble être fière de cela. Celui-ci s’acharne sur le dos des jeunes en maintenant la hausse des frais de scolarité de 325$ par année pendant cinq ans. Durant toute leur vie, ceux-ci vont payer 200 000$ de plus en taxes et en impôts que leurs parents mais le PLQ s’en fout comme dans l’an quarante.

Avec ce budget, la Belle province va poursuivre lentement sa route vers la faillite. La dette va poursuivre son ascension vers le haut. Tous les Québécois sont en train d’assister impuissament au démantèlement de leur société. Malheureusement, l’avenir des générations X, Y et Z est hypothéquée à cause de la folie dépensière des gouvernements péquistes et libéraux. Quand cela va-t-il cesser?

DE GLOUTONNERIE ET DE GOURMANDISE

Malgré ce qui avait été avancé il y a quelques mois, il semble bien le premier ministre Stephen Harper ne pourra pas respecter sa promesse électorale de conclure une entente sur l’harmonisation des taxes fédérale et québécoise avant le 15 septembre.

Il y a des embuches, parait-il, et l’écart entre l’offre d’Ottawa et la demande de Québec est «significatif», dit-on.

«Il est très important que le Québec soit disposé à harmoniser l’assiette fiscale de la taxe de vente québécoise et celle de la taxe de vente fédérale. Je ne dis pas que nous ne nous entendrons pas, je ne dis pas que nous allons nous entendre» explique le ministre Flaherty.

Quand au ministre Bachand, de son côté, il tient à rappeler à son homologue fédéral que «les négociations ne devraient pas se faire sur la place publique».

Rendus ici, vous admettrez que ça commence à sentir drôle dans la cuisine.

Essayons d’y voir clair. Revenons par exemple en arrière, en mars 2010, alors que le premier ministre Harper déclarait : «Si le gouvernement du Québec veut profiter d’un dédommagement pour l’harmonisation de sa taxe de vente, il devra accepter les règles d’Ottawa.» Il y a donc des règles, que le gouvernement fédéral a imposé à l’Ontario et à la Colombie-Britannique, et ces dernières les ont acceptées.

On doit donc comprendre que Québec a une ou des exigences que les autres provinces n’avaient pas, et qui sont en soi inacceptables pour Ottawa.

Lesquelles? Tout ce beau monde le sait, et tout ce beau monde le tait. Pourquoi?
Parce que c’est gênant. Pour le Québec. Rappelez-vous ce que dit monsieur Bachand: «les négociations ne devraient pas se faire sur la place publique». Lui il est gêné. Et pas à peu près.

Pourquoi?  Parce qu’il est glouton. Parce que le gouvernement du Québec est gourmand. Concernant  la taxation, il est très gourmand. Très, très, très gourmand. L’exemple que tout le monde cite à cet effet est que c’est le seul état au monde qui taxe la taxe.

Un achat. Une taxe fédérale sur l’achat. Et une taxe provinciale sur l’achat et la taxe fédérale sur cet achat. C’est pas beau, ça?  Le modèle québécois dans toute dans splendeur.

Mais c’est gênant.

Ce qui nous ramène à la petite gêne qui hante monsieur le Bonheur, Raymond Bachand.

Que-ce que cé que cé qui bloque dans les négociations avec Ottawa sur l’harmonisation des taxes de vente?

Ben oui, la gêne. La gêne que tout le monde s’aperçoive qu’on est des gloutons, qu’on est des gourmands. Parce qu’à travers toutes les enfirwâpures bureaucratiques qui empêchent d’en venir à une entente, c’est principalement là-dessus que ça accroche.

Attachez votre tuque avec de la broche, je vous explique:

Dans le cas de la TPS et de la TVQ, voyez-vous, ce serait déjà réglé depuis des lunes si le Québec ne tenait pas à sa souveraineté fiscale, à sa gourmandise exagérée. Parce que si on ne payait qu’une seule taxe véritablement harmonisée, on ne paierait plus une taxe sur une taxe. Et nous, les poires au bout de la branche, on sauverait collectivement au fil des ans des milliers et des milliers de dollars.
C’est là-dessus que ça bloque.
S’il y avait une taxe de vente harmonisée basée sur le modèle des autres provinces,  il n’y aurait plus de taxe sur la taxe.
Et ça, Bachand le glouton ne veut pas en entendre parler.

Et puis, puisqu’on est dans la gastronomie, sachez qu’il y a une cerise sur le sundae :  au Québec, il y a plus de 3000 personnes qui gèrent la TVA.
Avec notre sécurité d’emploi étatisée et cette  manie qu’on a de ne faire que déplacer nos fonctionnaires sans les mettre véritablement à pied, on fait quoi avec eux?

C’est pour ça que ça sent le roussi dans la cuisine. Le ragoût est en train de prend au fond de la casserole, et le chef Bachand ne veut pas le jeter. Il ne veut même pas en perdre une toute petite miette!

Il est trop gourmand pour ça.

Et surtout, il est trop gêné pour vous le dire.

Ça vous dit pas de changer de cuisine, des fois?

Ça vous dit pas de changer de cuisine, une fois pour toute?