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Le droit de se laisser saigner à blanc

Par Philippe David

Beaucoup d’émoi au sujet d’une mère qui est décédée des suites d’une césarienne d’urgence parce qu’elle était un témoin de Jéhova et qu’elle aurait refusé une transfusion.

Ce matin, Richard Martineau y est allé d’une montée de lait contre la liberté de religion (et les religions, dont les croyances sont non seulement stupides, mais dangereuse), qui selon lui serait la cause du problème.

Étant moi-même athée, je peux difficilement être en désaccord et de refuser une transfusion alors que tu es en train de saigner à blanc n’est certainement pas un acte que la plupart des gens considéraient comme rationnel, j’en conviens. D’autant plus qu’il y a un nouveau-né qui est maintenant privé de sa mère. C’est tout ce qu’il y a de plus tragique.

Cependant, je sais que les témoins de Jéhova ne sont pas si stupides. Beaucoup d’entre eux contournent cette petite règle qu’ils ont contre les transfusions en se constituant une banque de sang personnelle. Puisqu’il s’agit de leur propre sang, il n’y a pas de problème à la transfusion. Je me demande comment se fait-il qu’Éloïse Dupuis n’ait pas eu quelques chopines de son propre sang en cas d’urgence. Par ailleurs, un témoignage d’une personne se disant proche de la défunte dit qu’elle aurait subi un traitement à l’Erythropoïétine, qui serait un substitut à la transfusion, mais qu’elle aurait succombé à une infection. Au Coroner de tirer les choses au clair.

Sinon, qu’est-ce qu’on aurait dû faire, demander au gouvernement de nous dicter ce que nous devrions croire ou non? Lui demander d’obliger le personnel hospitalier de planter une aiguille de force dans le bras de la pauvre femme en lui disant que c’est pour son propre bien?

Vous savez, beaucoup de gens font des refus de traitement dans les hôpitaux qui n’ont rien à voir avec les croyances religieuses et les médecins les laissent partir, même sachant qu’ils peuvent en mourir. Demandez à n’importe quel médecin ou infirmière.  Pourquoi? Parce que ça n’a rien à voir avec la liberté de religion et tout à voir avec la propriété de soi.  À qui appartiennent votre corps et votre esprit? Appartiennent-ils au gouvernement? Appartiennent-ils à la société? À qui le droit de décider qu’est-ce qui peut être fait ou ne pas fait à votre propre corps sinon vous-même?

La dame en question savait-elle que si elle refusait une transfusion elle avait une grosse chance de mourir? Probablement et sa famille aussi. Aussi stupide que ça peut sembler à vous et moi, elle était en paix avec cette éventualité. Qui somme-nous pour la forcer à survivre coûte que coûte? Est-ce que sa vie nous appartient? Non.  C’est sa vie à elle.  Une décision insensée? Ça l’est pour moi certainement,  mais tout le monde a droit à l’erreur.  Si on donnait au gouvernement le droit de nous sauver de nous-même par la force, ça s’arrêterait où? Interdire tous les sports extrêmes? Pourquoi pas?

Vous croyez que les religions sont dangereuses? Je suis parfaitement d’accord! Mais la pire des religions est la croyance qu’il est légitime à certains êtres humains de pouvoir imposer leur volonté aux autres êtres humains par la force sous prétexte qu’ils croient que ce serait bon pour eux. Le culte qu’on voue à cette croyance a été la cause de plus de 260 millions de morts au 20e siècle seulement. Si vous voulez abolir les religions, nous devrions commencer par celle-là.

Une question d’autorité

Par Philippe David

Si vous l’avez manqué, un intéressant débat opposait Richard Martineau (ici, ici et ) et Denise Bombardier (ici) dans les pages du Journal de Montréal. En bref, Richard Martineau ridiculise les religions et les accuse de nombreux carnages alors que Denise Bombardier, elle, évoque le besoin de transcendance de l’être humain et le réconfort qu’apporte la croyance en un être suprême. Hier, Nathalie Elgrably-Lévy y a ajouté son grain de sel avec un excellent texte. Selon elle, si la religion a effectivement été responsable de millions de morts au fil des siècles, elle n’a pas le monopole de la barbarie. Pour appuyer son argument, elle cite Staline, Mao, Pol pot et Hitler en exemple et explique que le véritable problème provient plus de mégalomanes qui imposent leurs croyances. Elle dit que la Foi en tant que tel est inoffensive et que le grand danger vient plutôt de la volonté de certains d’imposer une croyance particulière, qu’elle soit religieuse ou non. Elle n’a pas tort, mais elle m’a laissé sur ma faim. Je crois qu’elle aurait dû aller plus loin dans sa réflexion. Elle n’a pas voulu s’avancer dans le comment ni le pourquoi certains sociopathes arrivent à s’élever à une position où ils sont en mesure d’imposer ces croyances et commettre ces méfaits. Si vous me le permettez, j’aimerais creuser le sujet pour elle.

La soif du pouvoir

Comment des despotes comme Mao ou Hitler arrivent-ils à se hisser complètement en haut de l’échelle du pouvoir pour ensuite infliger leurs sévices à leurs propres populations et aux autres? Lord Acton disait que le pouvoir corrompt et le pouvoir corrompt absolument. Dans son roman «Dune», l’auteur Frank Herbert a complété cette pensée en disant que le problème n’est pas tant que le pouvoir corrompt, mais qu’il est magnétique aux corruptibles. En d’autre mots, l’attrait du pouvoir attire bien plus les sociopathes, psychopathes et manipulateurs de ce monde que les saints. Les gens honnêtes et justes n’ont pas généralement le désir de dominer leurs semblables et souvent, ils ont conscience que l’exercice du pouvoir est un énorme fardeau.

Dans la trilogie du Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien, l’Anneau pour les gouverner tous et le symbole du pouvoir qui est confié à un innocent. Frodon Sacquet n’a aucune soif de pouvoir. Il ne cherche qu’à vivre une vie simple et paisible jusqu’à ce qu’on lui confie la mission de détruire l’Anneau. Lorsque Frodon tente de s’esquiver et offre l’Anneau au magicien Gandalf, celui-ci le refuse en disant «Non ne me tentez pas Frodon. Je n’ose le prendre ! Même pour le mettre en sureté. Comprenez-moi Frodon. J’utiliserais cet Anneau en souhaitant faire le bien. Mais à travers moi, il pourrait atteindre un pouvoir trop grand, trop terrible à imaginer.» Mais tout au long du récit, Frodon confronte d’autres personnages qui, pour le bien ou le mal, veulent se saisir de l’Anneau: Boromir, Saruman, Galadriel. Tout au long, Frodon sent aussi l’anneau devenir toujours plus lourd. Jusqu’à son ultime destruction. À travers sa trilogie, Tolkien essaie de nous mettre en garde contre les aléas de l’exercice du pouvoir, même pour de bonnes intentions. Parce que le pouvoir a toujours des effets pervers. Les sages en sont conscient, mais un sociopathe s’en fiche. Il désire ardemment ce pouvoir et ne s’arrêtera devant rien pour y parvenir. Josef Staline a dit un jour «Une mort est une tragédie, un million de morts. c’est une statistique». Ça illustre bien la fibre morale d’un tyran pour qui faire tuer des millions ne pose aucun dilemme.

L’hallucination collective

Tous les tyrans de l’Histoire auraient été totalement inoffensifs, si ce n’était que pour une croyance aveugle: la croyance que nous avons collectivement en l’autorité. Ces despotes étaient tous des criminels et ce qu’ils dirigeaient était un exemple ultime de crime organisé. Le nec plus ultra d’une mafia. À la différence que personne n’hallucine que la violence perpétrée par la mafia est légitime, alors que tous s’imaginent que l’appareil étatique que dirigeaient les Staline, Hitler, Napoléon et César de ce monde avait la légitimité de commettre ses méfaits. Laissez-moi le répéter pour être certain que vous compreniez pleinement la portée de ce que je vous dis: Alors que ces tyrans perpétraient leurs crimes, peu de gens à l’époque ne questionnaient leur autorité considérée comme légitime. L’État, après tout, est la seule institution qui a le droit l’égal d’initier la violence contre des individus paisibles. Les chefs d’état sont donc au-dessus des lois. Mao disait que le pouvoir provenait de la bouche d’un fusil et les tyrans contrôlaient tous les fusils.

Notre société est basée sur la prémisse hobbesienne que puisque l’homme est un loup pour l’homme, nous devons céder nos pouvoirs individuels à un Léviathan qui maintiendra la paix. Sauf que j’imagine que Hobbes n’avait pas prévu que son Léviathan devienne criminel. Pourtant, il aurait dû savoir que si certains hommes désirent exploiter leurs semblables, la position à laquelle ces hommes vont aspirer sera le haut de l’échelle politique. Quoi de mieux pour un psychopathe de se retrouver au-dessus des lois et pouvoir ainsi victimiser et exploiter les autres impunément. Peu importe les protections constitutionnelles instituées pour éviter une telle éventualité, ce n’est vraiment qu’une question de temps pour qu’un mégalomane se retrouve aux rennes du pouvoir. L’Histoire l’a pourtant amplement démontré. Malgré cela, nous refusons obstinément d’apprendre ces leçons et nous continuons de les placer en position d’autorité. Nous avons tellement peur de tomber sous la coupe de criminels que nous leur construisons le parfait instrument pour nous dominer et nous victimiser: l’État dont, par patriotisme, nous faisons une vénération quasi-religieuse.

Le vrai problème

Mme Elgrably-Levy a parfaitement raison de dire que nous devons construire une société où les droits des uns se terminent là où les droits des autres commencent. Le vrai problème qu’elle n’a pas voulu aborder est qu’une telle société ne pourra jamais exister tant et aussi longtemps que nous sentirons le besoin, au nom de la sécurité, d’élever certains hommes au-dessus de nous et de leur donner le pouvoir de gérer nos vies et nous imposer leur vision par la force.



La peur verte

Peur verte

Par Philippe David

Depuis le début du débat sur la soi-disant « Charte des valeurs québécoises », j’en ai vu des vertes et des pas mûres (c’est le cas de le dire) de la part des partisans de la charte sur les médias sociaux. Dans ces pages, la semaine dernière, je me suis prononcé contre cette charte qui impose ce que je considère une restriction injustifiée de la liberté d’expression et de la liberté de religion de plusieurs religions. Je considère également qu’elle rate complètement la cible d’endiguer la menace de l’islamisme. J’accuse d’ailleurs le gouvernement péquiste de jouer sur l’insécurité identitaire des québécois par pur électoralisme.

Ils viennent nous envahir! Au secours!

J’ai vu et entendu d’ailleurs beaucoup d’enflure verbale au sujet de la menace que pose l’islam radical. On nous dit carrément que les musulmans vont nous envahir et que d’ici une vingtaine d’années, vieillissement de notre population aidant, ils vont être suffisamment nombreux pour prendre le pouvoir politiquement et nous imposer la charia. Du moins, c’est ce qu’on veut faire gober aux plus crédules d’entre vous. Il y a eu des livres, articles et vidéos produits ad nauseam à ce sujet. Rassurez-vous, ils ne pourront pas le faire ni en Europe et encore moins ici.

Une étude démographique de Pew Research (qu’on ne peut pas accuser de tendances multiculturalistes) intitulée The Future of the Global Muslim Population, jette un peu de lumière sur la croissance des populations musulmanes à travers le monde en se basant sur les tendances actuelles. Utilisant ces tendances, elle établit des projections de ces populations vingt ans dans le futur. Ce genre de projection est monnaie courante dans la science de la démographie et se base sur plusieurs facteurs incluant les naissances, la mortalité, l’éducation, le niveau de vie et les conversions pour estimer ces populations futures. Elles sont très fiables, même si ce genre de prédiction ne peut évidemment pas être 100% exacte.

L’étude conclue que si l’islam connaît présentement une grande croissance (la plus grande de toutes les religions, en fait), celle-ci est en état de ralentissement. Alors une forte croissance, oui; mais un tsunami vert, non. Dans le cas du Canada, sa population musulmane va presque tripler d’ici 2030, passant de 2,8% à 6,6% de la population. Comme vous pouvez le constater, on est encore loin d’un poids démographique suffisant pour venir nous imposer quoi que ce  soit. Même en Europe, la population musulmane de la France et de la Belgique franchira tout juste 10%  et celle de Grande-Bretagne 8,2%.

De toute évidence, même si les islamistes formaient un parti politique, il aurait probablement moins de chances que QS ou ON de remporter des élections au Québec d’ici 2030. Tout au plus, ils pourraient faire élire un député, et encore! Alors peut-on respirer par le nez et se calmer le pompon SVP? Ce n’est pas demain la veille qu’on verra le Québec sous le joug de la charia, à moins de se mettre tous à plat-ventre.

Aqsa Parvez et les Shafia

J’en ai vu plusieurs aussi qui instrumentalisaient les meurtres des filles Shafia et d’Aqsa Parvez, ou le récent meurtre d’un pompier à Toronto, ou tous les actes de terrorisme perpétrés par des musulmans,  pour mousser le soutien à la charte. Si ce n’est pas se percher sur des cadavres pour prêcher, je me demande vraiment ce que c’est.

J’ai une idée! Pour régler ce problème, si on rendait le meurtre illégal? Vous dites? Ça l’est déjà? Tiens donc! Vous voulez dire qu’on va punir ce genre de crime sans l’aide de la Charte? Pourquoi les mentionner alors? À moins que votre but ne soit pour attiser la haine?

Le but de l’islamisme

Le but avoué de l’islamisme est d’anéantir la liberté de religion en fusionnant religion et état, rendant toute critique de l’islam impossible, tuant du même coup toute liberté d’expression. Et que voulons-nous faire pour le combattre? Restreindre la liberté d’expression et la liberté de religion. Suis-je le seul à trouver l’idée de défendre nos libertés en les trucidant un tout petit peu paradoxal?

Le problème n’est pas le voile islamique. On pourrait le bannir complètement de la voie publique et l’islamisme serait toujours là. Il ferait probablement plus de recrues encore grâce au sentiment d’exclusion que ça inspirerait aux jeunes musulmans. Leurs prédicateurs leur diront « voyez comme ils nous haïssent et nous crachent dessus! » Et hop, ils s’embarquent pour la Libye pour un cours de terrorisme 101. C’est pas comme s’ils pouvaient se trouver un emploi. Le taux de chômage chez les jeunes musulmans à Montréal est plutôt élevé. Vous pensez leur envoyer un message avec la Charte? Peut-être que ce n’est pas celui que vous croyez…

Le problème n’est pas non-plus les demandes d’accommodement, ou même les taux d’immigration, quoiqu’une diversification ne serait pas une mauvaise idée.

Non, le véritable problème, c’est de trouver des politiciens et des fonctionnaires avec le courage de dire un seul mot à un groupe de pression : « Non! »

Et pendant que nous nous chamaillons au sujet des voiles, des kippas et du crucifix du salon bleu, Pauline Marois et ses stratèges surveillent les sondages pour déterminer le meilleur temps pour une élection hâtive, en espérant que ce débat nous aura fait oublier complètement leur incompétence pour récolter un mandat majoritaire… Peut-être serait-il temps de se réveiller et humer le café?

Nous avons déjà un état laïque

burqua

 

Par Joey Laflamme

Un gros titre et boum, la Facebookosphère est lancée. J’avoue avoir tombé dans cette tentation de présenter mon opinion personnelle sur la question. C’est un débat émotif pour tout le monde évidemment, un débat qui doit avoir lieux, malgré que la première fois nous n’ayons pas vu le meilleur des penseurs du Québec se lever lors de la commission Bouchard/Taylor. Bien sûr, il s’agissait de demander l’avis des gens, on savait pertinemment qu’ils n’allaient pas produire une thèse doctorale. Donc, on a laissé à cette époque le soin à des gens parmi le peuple d’avoir l’air idiot à la télé pour débarrasser des mains du premier ministre Jell-o, qu’était Jean-Charest, de cette patate chaude. Quand un politicien est prêt à humilier ses propres concitoyens… Aujourd’hui, nous avons la première ministre la moins habile avec l’organe vocal qui nous ait été donné de voir depuis longtemps, mener un dossier aussi sensible : comment cela pourrait déraper? Si l’on doit parler laïcité allons-y gaiement.

D’abord la laïcité est ce concept selon lequel l’état est séparé des religions. C’est-à-dire que l’état n’intervient pas dans les croyances personnelles des individus et la religion, ou les hautes instances d’une religion, ne se mêlent pas de la chose de l’état. Donc, l’état serait mal venu de venir interdire la pratique d’une religion ou les religieux d’imposer leur moral afin de faire passer une loi. Dans ce sens nous sommes déjà un état laïc. Le fait qu’il y est une croix à l’assemblé national ou le drapeau Québécois ne change rien dans le fait que l’état demeure neutre dans ces décisions vis-à-vis la question religieuse. Monsieur Shafia[i] a eu le droit à la même clémence que la pourriture standard qui a le bonheur de s’asseoir sur un banc des accusés Canadien, qu’il soit musulman ou non, c’est-à-dire prison à vie avec une possibilité d’admissibilité à la libération conditionnelle après 25 ans. Donc, la religion n’a rien à voire là dedans, on voit bien que c’est notre système de justice déficient va lui permettre d’être libre dans 25 ans après avoir noyé ses filles.

Or, s’il s’agit dans le cas de la laïcité d’avoir un état neutre par rapport aux religions, que vient faire madame Marois avec sa fameuse charte? Et si la laïcité était un autre terme pour l’athéisme? Après tout, les gens que je connais étant les plus farouchement en faveur de la charte de la laïcité c’est les athées les plus militant ou convaincu que je connaisse. La laïcité est en quelque sorte devenue l’alibi parfait d’un athée pour essayer d’éliminer petit à petit la religion de « l’espace public » et ramener la pratique religieuse en une chose privée. Pour le moment, ça va bien puisqu’il s’agit uniquement des bureaux du gouvernement. Pourtant, les « laïques » nous parlent de l’espace public : est-ce innocent? Je ne le crois pas. Bien qu’il faut dénoncer les excès de l’Église durant la période de la grande noirceur, on vit un excès, ou un sentiment anti-religieux irrationnel, pour eux l’espace publique occupe un espace plus large.

Donc, dorénavant on va avoir l’état parfaitement laïc parce que la préposée de la SAAQ ne pourra plus mettre sa croix pour vous recevoir, ou encore l’employer de la SAQ avec son hijab va enfin être neutre quand va venir le temps de vous vendre l’alcool. Après tout le lieu de travail n’est pas l’endroit pour montrer ses « préférences religieuses ». Comme si la religion était une chose que l’on pouvait magasiner ou choisir. Comme si la croyance ou la non-croyance était du même ordre que l’idéologie politique. Moi-même, je ne comprend pas tout à fait ce qui pousse quelqu’un à croire, mais j’ai tendance à avoir un profond respect pour le croyant et en quelque sorte de l’envie pour celui qui est capable de s’adonner à l’acte de foi sans arrière pensée, de faire confiance en l’existence du divin et d’avoir un code moral à suivre. Le croyant qui entre dans une église ou une mosquée ne ressent très certainement pas la même chose que je ressens quand je suis rentré dans l’église St-Roch. C’est un sentiment de profond recueillement et de lien avec une force qui nous dépasse de loin, que l’on l’appelle Dieu, Yahvé, Allah ou simplement que l’on soit en admiration devant l’univers ou son immensité la religion nous enseigne en quelque sorte l’humilité et nous rappelle à quel point nous sommes petit en réalité. La religion est aussi la première tentative de l’être humain de poser un regard sur lui-même et de tenter une réponse. Peut-être que la réponse ne fut pas tout à fait exacte, mais au moins il nous reste la métaphore et les leçons que l’on peut en tirer. De plus, on oublie souvent de dire que la religion est un élément civilisateur, qui nous a extirpés de la condition de la bête pour nous emmener vers l’homme (humain). Du simple homo sapiens à l’homo civilis. La religion est une chose trop sérieuse pour être comparé aussi sottement aux « préférences personnelles » tel que l’allégeance politique.

Pour conclure, n’allez pas croire que je suis aveugle à l’Islamisme ou au danger qu’il représente. Mais je crois que nous visons mal avec cette charte. Il y a effectivement une forme d’intégrisme qui vise la destruction de la civilisation occidentale et par la même occasion de la démocratie libérale, parce que l’existence de notre liberté est une menace pour celui qui tente d’imposer un mode de vie moyen-âgeux. Alors visons bien. Surtout dans ce cas précis. Il est important de ne pas exclure justement, le musulman modéré, car c’est lui qui est sur la ligne de front de cette lutte. C’est lui la victime collatérale du terrorisme et l’athée intégriste en quelque sorte l’allié de l’intégriste, car ils font l’association facile entre l’Islam et l’Islamisme et mène par cet amalgame maladroit à une exclusion du modéré et un rapprochement de ce dernier vers les groupes radicaux. Pour eux l’islamisme n’est pas version dégénéré de l’islam, mais sa conclusion logique. Pour les prophètes de la gauche divine, ils ne peuvent  pas en être convaincus. Ils sont déjà en guerre contre l’occident et elle est l’idiot utile de ce nouveau fascisme. Par contre, pour ceux qui ont à cœur nos grandes valeurs de tradition libérale, c’est à vous que je m’adresse ici. Méfiez vous de la tentation d’amalgamer la religion au barbarisme. Les grands malheurs du XXe siècle ont été faits par des gens qui avaient un projet de société qui excluait la religion. Avouez qu’une préposée à SAAQ avec un hijab ne mène pas vers la conversion, que la religion ne mène pas forcément vers le terrorisme. L’identité Québécoise n’est pas menacé par ceux qui arrivent de pays étranger en affirmant leur valeur mais de nous, les Québécois, qui avons rejeté l’héritage de ce que nous avons été et une partie de ce que nous sommes.

 

 

 



[i] L’homme ayant assassiné ces filles et sa femme à Kingston, il s’agissait d’un crime d’honneur.

Les accomodements – ben oui, encore

On apprend ce matin (2011-12-19) qu’une fillette de la maternelle a le droit de porter des bouche oreilles pour ne pas entendre la musique car La religion lui interdit. 

Ma première réaction? « Non mais c’est vraiment une religion de fous furieux »
Ma deuxième? « Bon encore des moutons québécois. » 
Ma troisième? « Pauvre petite fille, être élevé par des parents qui sortent direct du moyen âge » 

On nous dira qu’ils ne faut pas être islamophobes, qu’il faut être tolérants. Au tournant du siècle, les immigrés venaient ici pour fuir la famine, les maladies et pour adopter un pays qui leur promettait qu’ils pourraient avoir du succès et une meilleure vie s’ils travaillaient fort, s’ils se prenaient en main. Beaucoup d’immigrés, depuis les Irlandais, les Grecs, en passant par les Italiens, les Français et les Écossais en sont la preuve. Les plus récents, tels les Vietnamiens, et les asiatiques de toutes provenances en sont aussi la preuve. Ils se relèvent les manches et travaillent, tout en conservant leur culture mais en communauté. Nous célébrons même la St-Patrice de façon fantastique et amusante, le 14 juillet est célébré par la communauté Française et les fêtes Bouddhistes et Asiatiques sont également célébrées par les communautés qui le désirent.

Ce rêve d’intégration n’existe plus. Certains membres de communauté religieuses –  les juifs et les musulmans en sont parmi les plus exigeants – demandent tous les avantages de notre société sans devoir adopter les coutumes et sans reconnaître qu’avec les avantages viennent les obligations ! Et nous, au nom du multiculturalisme, plions, faisons des courbettes, et on s’excuse.

Certains ont dit que nous sommes menés par les Musulmans mais je ne partage pas cette opinion. J’ai des amis Musulmans et Juifs qui ont honte du comportement de certains de leurs concitoyens. Nous sommes plutôt menés par les minorités. Nous faisons toutes sortes d’accommodements  pour les minorités. Nous devons faire des courbettes pour les gais, les « gens de couleur » (nous n’avons même plus le courage d’appeler les noirs des noirs), les cyclistes, les marcheurs, les campeurs en ville. Les Juifs ont obtenu le droit de noircir des fenêtres AU CAS OÙ on verrait des femmes faire de l’exercice. Les Sikhs veulent porter des armes à l’école (un kirpa est un poignard, une « arme blanche » comme dirait notre reporter favori Claude Poirier), ou porter le turban plutôt que le chapeau de la GRC. Les Juifs ont obtenu la levée de l’interdiction de stationnement sur certaines rues d’un arrondissement de Montréal. Les Arméniens bénéficient du même privilège pour leur messe dominicale mais deux paroisses catholiques ont réclamé les mêmes droits sans les obtenir. Égalité mais pour les minorités seulement.

En février 2005, deux ambulanciers ont été expulsés d’une cafétéria de l’Hôpital général juif de Montréal parce qu’ils mangeaient un repas qu’ils s’étaient préparé. Le centre de santé, supposément non-confessionnel, financé par le gouvernement, applique pourtant les valeurs du judaïsme. Ses cinq aires de restauration sont casher et on demande aux employés de ne pas y apporter de la nourriture extérieure.

Vous souvenez vous de ceci : En 2007, un groupe de musulmans se sont rendu dans une cabane à sucre. Ils ont demandé au propriétaire de leur permettre de prier avant le repas et il a accepté. Libre à lui, c’est sa cabane après tout.  Sauf qu’ils ont demandé aussi de faire sortir environ 40 personnes dans la salle de réception pour que les musulmans prient en privé. Savez quoi? Le propriétaire a accepté de faire sortir ses autres clients et ceux-ci sont sortis, ont laissé les musulmans prier et sont ensuite rentrés – moutons vous dites???

Je vais en faire friser plusieurs avec ce qui suit. Le gouvernement Québécois exige que les conseils d’administration des corporation de la couronne provinciale  soit composé d’au moins 50% de femmes. Depuis quand est-ce un gage de succès? En passant, ce ne serait pas plus brillant qu’une corporation passe un règlement qui exige que 50% de son CA soit composé d’hommes seulement, ou de gens en haut de 45 ans ou de gens mesurant plus que 6 pieds. Qu’il soit composé de 100% de femmes si elles sont compétentes, je suis partant. Mais qu’on impose une loi, – une autre – pour le faire, me fait lever le poil sur le corps.

Et j’en passe.

Les « centres de santé » réservés aux femmes. Les associations pour les femmes d’affaires.  L’association des femmes de carrière. Il est bien sûr absolument correct que des gens se regroupent pour partager des objectifs et des intérêts communs. Mais avec la restriction que certains autres ne  soient pas admis? Pas d’accord.

Je me demande, si je voulais m’abonner à un centre de conditionnement physique pour femmes, est-ce que je serais accepté? Et si mon centre de conditionnement physique allait refuser qu’une femme en soit membre parce que c’est à partir de maintenant pour hommes seulement, est-ce que ce serait OK? Je vous parie que vous pouvez deviner la réponse.

Moi ce que je refuse c’est que des gens qui viennent ici exigent qu’on se plie à leurs coutumes, à leurs religions et à leurs petites particularités. Ce que je refuse c’est que les besoins de certaines minorités soient imposés à la majorité et que celle-ci soit libellé de « raciste, islamophobe, homophobe, misogyne », et toutes ces autres phobies. Ce que je refuse c’est que nous soyons à la merci de certains groupes de pression qui se réfugient derrière des voiles qu’on ne peut pas toucher.

Tout le monde veut l’égalité, alors soyons égaux.

Dans tout. 

Le droit d’offenser

Un des droits que je considère les plus sacrés est la liberté d’espression.  Ce droit comprend le droit d’offenser. Ceci doit être une choc pour certains, mais il n’existe aucun droit de ne pas être offensé, ou de ne pas être critiqué. Offenser quelqu’un n’est pas un crime et notre système judiciaire ne pourrait pas tolérer qu’il le devienne parce qu’il ne pourrait pas absorber le nouvel influx de poursuites qui en résulterait.  Insulter n’est pas poli, mais ce n’est pas criminel.

Ce qui est criminel, c’est de réagir avec violence à une insulte ou à une critique. Qu’il s’agisse de coups, d’attaque à main armée ou au cocktail molotov, ce genre d’acte est effectivement proscrit par la loi.  Au moment de lire ces lignes, vous aurez probablement entendu parler de l’attaque contre les locaux de Charlie Hebdo en France.  Nous ne devons pas céder devant ce genre d’intimidation et espérons que les coupables seront trouvés et poursuivis.

Désolé pour les musulmans, mais aucune religion n’est à l’abris des critiques et même de railleries et si une religion mérite des railleries de nos jours, c’est bien l’Islam. Quand une religion prescrit à ses fidèles comment tout faire dans leur vie, à aller jusqu’à comment déféquer, il est impossible de ne pas pouvoir en rire.  Les adeptes de la plupart des religions savent généralement composer avec de telles critiques sans violence, les musulmans devraient donc apprendre à faire de même. Sinon, il peuvent toujours exercer leur droit d’aller vivre à un endroit où ils serons certains de ne pas être offensés, comme l’Arabie Saoudite par exemple…

Chapeaux et religion

Je suis vraiment très confus.

Je travaille au centre ville de Montréal et je côtoie, depuis bon nombre d’années, des gens qui appartiennent à toutes sortes de religions. Certains d’entre eux vraiment très gentils et sans autre défaut apparent que d’appartenir à une religion ou une autre.

Comme tout bon Québecois de souche, j’ai été élevé dans la religion catholique et comme plusieurs d’entre vous je l’ai délaissée. Au fond, j’ai fait comme l’enfant qui cesse de croire au Père Noël et à la fée des dents. J’ai juste grandi. Mais je suis encore très confus sur certains aspects des religions. Les chapeaux par exemple.

Quand j’étais petit, les hommes devaient enlever leur chapeau avant d’entrer à l’église alors que les femmes étaient encouragées à en porter un. C’était loin d’être aussi clair pour les enfants. Je me souviens que ma mère a souvent oublié de m’enlever ma tuque et que je ne m’en suis jamais confessé et je ne pense pas que ma mère a fait un plat avec cela non plus.

Les hommes juifs portent un petit bonnet, certains toujours, d’autres lors de cérémonie religieuses. Les juifs Hassidiques portent le Shtreimel lors des jours fériés, le shabbat et les services religieux. D’autres les portent tout le temps. Les femmes elles, doivent simplement avoir la tête couverte.

Les musulmans ont toutes sortes de chapeaux, certains réservés aux Imams, d’autres que le pratiquant peut ou doit porter selon certaines cisconstances. Les femmes ont peut-être un chapeau sous leur burqa, elles ont peut-être rien ou portent peut-être du Channel ou du Victoria’s Secret – sais pas et c’est certainement pas moi qui va aller voir.

Les moines bouddhistes tibétains portent le Pan Zva, un très beau chapeau à longues oreilles qui rappelle le chien Pluto de Walt Disney qui était un de mes favoris problement à cause de son vrai nom en anglais – Goofey. Mais je m’éloigne encore de mon sujet.

Les membres du clergé protestant (hommes comme femmes) portent une barrette (différente de l’église Catholique) mais seulement lors de services religieux hors de leur église.

Non seulement les religions ont-elles des chapeaux différents mais la façon de le porter, la forme, la couleur sont toutes également importantes à l’intérieur de la même religion.

Le pape porte une petite calotte (comme les juifs en fin de compte) sous tous ses chapeaux, de la tiare jusqu’à la barette – mais je ne suis pas certain que le pape en porte une, c’est peut-être réservé aux cardinaux et moins.

Parlant de barrette, c’est un petit chapeau à coins, parfois 3 parfois 4. Et la façon d’aligner les coins est importante. Les coins alignés avant/arrière ou entre le front et l’oreille veut dire quelque chose.

Les couleurs sont importantes aussi, surtout dans l’église Catholique. Le noir est bon pour tout le monde, le mauve aux funérailles et pendant la Päques, le rouge pour les cardinaux, et je pense que le pape peut porter ce qu’il décide. Pourquoi? Ben voyons, c’est le foutu Pape cibole, comme disait Elvis Gratton: « Because I’m the boss ».

Comme je dis je suis très confus.

Si je croyais à un Dieu qui a créé tellement de religions, je serais disons, assez préoccupé qu’il soit si intéressé par les chapeaux. Il me semble qu’un être suprême a autre chose à s’occuper. Par exemple de dire à son prophète Mahommet de revenir sur terre et de clarifier son message que tous doivent mourrir s’ils ne l’écoutent pas à la lettre.

On parlera chapeaux ensuite.