Archives par mot-clé : Richard Martineau

Non, ce n’est pas du capitalisme.

Par Philippe David

Difficile de ne pas réagir à l’obscénité de ces augmentations que se sont données les dirigeants de Bombardier, mais les raisons pourquoi je les qualifierais d’obscène sont probablement différentes de celles de la plupart des chroniqueurs dans les médias. C’est d’ailleurs monnaie courante pour ces chroniqueurs de blâmer le capitalisme comme l’ont fait Mathieu Bock-Côté, Antoine Robitaille ou même Richard Martineau.  C’est bien trop facile de toujours se servir du capitalisme comme bouc-émissaire comme si d’avoir un gouvernement qui subventionne les entreprises à gauche et à droite 365 jours par année avait quoique ce soit à voir avec du capitalisme!

facepalm

Les grands champions

Au fait, combien de grandes entreprises ne sont pas subventionnées au Québec? Pas beaucoup! En fait, le Québec est depuis longtemps le grand champion toute catégorie du BS corporatiste. Désolé de vous l’apprendre, mais très peu de nos soi-disant «fleurons québécois» ne seraient encore solvables s’ils n’étaient pas solidement accrochés aux mamelles de l’état et Bombardier est certainement un des pires.

Soyons clairs, Ce n’est pas ça le capitalisme!!!

Le capitalisme, ce sont des entrepreneurs qui bâtissent des entreprises en risquant leur propre argent et celui d’actionnaires qui investissent volontairement dans ses idées. Quand Armand Bombardier a conçu et mis en marché sa première motoneige, il n’était pas allé quémander au gouvernement pour des subventions. Il a convaincu des investisseurs privés de lui avancer les fonds parce qu’il savait qu’il avait une grande innovation et ces investisseurs l’ont vu aussi et ils sont tous devenus très riches. Cependant, je doute qu’Armand Bombardier aurait été très fier qu’aujourd’hui son entreprise se maintient à flot en quêtant constamment au gouvernement et encore moins que ses successeurs en profitent pour s’en mettre plein les poches. S’enrichir en mettant en marché des innovations et en risquant ses propres sous est une chose. S’enrichir en pillant littéralement les contribuables en est une autre.

Les pillards

Dans son roman «La Grève» (Atlas Shrugged), Ayn Rand avait un terme particulier pour désigner des dirigeants d’entreprise qui s’enrichissent non pas parce qu’ils fournissent quelque chose d’utile aux consommateurs, mais plutôt parce qu’ils quémandent continuellement aux gouvernements. Elle les appelait des «pillards» («looters» en anglais).  Je n’ai pas de problème avec des dirigeants d’entreprise qui gagnent leur argent honnêtement en créant de la richesse, mais le tétage de subvention n’a rien à voir avec un talent quelconque de l’entrepreneuriat. C’est plutôt pénaliser les entrepreneurs plus productifs au profit des mauvais gestionnaires en forçant les contribuables à investir contre leur gré dans des entreprises qui peinent à survivre autrement.

Aucune entreprise ne vaut la peine d’être sauvée par les contribuables

Cruel, me direz-vous, mais vrai quand même. En subventionnant des entreprises comme nous le faisons, nous encourageons la mauvaise gestion et nous plombons notre économie. Si une entreprise est incapable d’être profitable, elle devrait faire faillite et être rachetée par quelqu’un qui saura utiliser ses ressources de façon plus efficace, sinon c’est un gaspillage de ressources. Peut-être que vous me direz que les compétiteurs de Bombardier Aéronautique comme Boeing et Airbus sont subventionnés eux aussi; oui et alors? Parce qu’on taxe les américains, les français et les britanniques pour offrir des avions à plus bas prix à des compagnies de transport aérien, ne veut pas dire que les québécois veulent aussi être taxés au profit de ces compagnies. Rien ne nous oblige à avoir un fleuron dans l’industrie aéronautique s’il est incapable de voler de ses propres ailes. Nous pouvons très bien investir notre argent et créer des emplois dans un domaine qui est plus profitable et qui ne nécessitera pas d’être constamment maintenu sur le respirateur. Remarquez que le phénomène n’est pas seulement au Québec. Il y a de nombreuses compagnies qui auraient longtemps dû faire faillite tant dans le reste du Canada que les États-Unis, mais comme je l’ai mentionné plus tôt, le Québec est le champion toutes catégories en BS corporatif et un des pires endroits pour l’entrepreneuriat et l’investissement privé.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Si subventionner tout ce qui bouge fonctionnait, il y a longtemps qu’on le saurait parce que nous serions la province la plus riche plutôt que la plus pauvre.

Sources:

Tableau BS corporatif: Statistique Canada: Tableau 384-0010
Tableau Entrepreneurs: Statistique Canada: Tableau 282-0012 et Tableau 051-0005
Tableau Investissements privés:  Statistique Canada: Tableau 032-0002

 

 

Les enfirouapés

Par Philippe David

Suite à la révélation la semaine dernière qu’il n’a jamais existé d’avis légal formel  sur le projet de loi 60. Certains chroniqueurs qui ont défendu cette charte bec et ongle se retrouvent dans une bien fâcheuse position.

D’un côté, Mathieu Bock-Côté continue de défendre l’indéfendable. Disant que ces avis sont sans importance. On s’en balance de la charte des droits de Trudeau. La nôtre, on peut la modifier comme on veut. Ce qui comptait, c’était la volonté du peuple. Eh bien justement, le peuple a vu à travers le jeu des péquistes  et il a choisi de les foutre à la porte, incluant la première elle-même. Je crois que c’était plutôt clair. Mais M. Bock-Côté est resté fidèle à lui-même. Après-tout, il était un des principaux cerveaux derrière le virage identitaire du PQ et son principal propagandiste.  Dommage pour lui, mais en continuant de défendre le PQ de la sorte, il se discrédite lui-même.

De l’autre côté, Richard Martineau déclare s’être fait entubé, cocufier et roulé dans la farine par le PQ. Vraiment M. Martineau? Admettez-vous avoir été à ce point aveugle que vous ne pouviez pas voir tous les signes? Quand le Barreau du Québec et la Commission des droits de la personne du Québec nous disaient que ce projet de loi ne passerait pas le test, les aviez-vous écoutés?  Quand les Pineault-Caron ont été admis pour faire leur témoignage ridicule et ignorant en commission parlementaire, alors que Drainville faisait semblant de bêtement boire leurs paroles, vous n’aviez pas un petit malaise? Quand Bernard Drainville refusait tout compromis avec la CAQ et menaçait d’en faire un enjeu électoral, vous n’aviez pas un peu la puce à l’oreille? Vous n’aviez pas cliqué avant que Pauline Marois déclenche des élections? (À l’encontre de la propre loi de son parti sur les élections à date fixe,  faut-il le rappeler?)

Pourtant, bien d’autres chroniqueurs et blogueurs avaient vu venir Drainville et le PQ de très loin! Même des petits insignifiants comme moi et des moins insignifiants comme Johanne Marcotte, Lise Ravary, Denise Bombardier et Jérôme Lussier, pour ne nommer que quelques-uns, ont écrit en long et en large que cette charte n’était qu’une tactique électoraliste. Avec l’amateurisme du gouvernement Marois, c’est à se demander comment il se fait que vous ayez refusé de regarder la vérité en face pendant si longtemps! Comme si avec ce projet de loi, le PQ était soudainement devenu crédible et compétent alors qu’ils avaient agi comme des clowns pendant les douze mois précédents! Ils étaient pourtant plus que transparents!

Un projet de loi aussi controversé nécessitait non seulement une évaluation juridique complète par le Ministère de la Justice pour s’assurer de sa constitutionalité, mais il y aurait dû y avoir des études produites pour démontrer que le port de symboles religieux ostentatoires était bien un problème assez sérieux pour justifier une restriction des droits de liberté religieuse. Comme les avis juridiques, de telles études ont toujours été inexistantes. La charte de laïcité n’a jamais été qu’un show de boucane, sinon le gouvernement aurait pris soin de tout boucler pour s’assurer qu’elle passerait le test des tribunaux.

Pourquoi? Parce que les droits individuels sont supposés être une valeur capitale de toutes les démocraties libérales digne de ce nom. Parce que le non-respect de ces droits sans de sérieuses raisons nous relègue à l’état d’une vulgaire république bananière. Ce genre de gouvernement piétinent les droits fondamentaux sans justification, mais nous sommes supposés être mieux que ça.

Désolé, mais si vous vous êtes fait enfirouapé de la sorte par le PQ avec tous ces signes sous le nez, vous ne méritez aucune compassion.

Vive la variété!

rmartineautlmep

Par Philippe David

Je me dois de réagir à la dernière chronique de Richard Martineau. Depuis quelques années j’ai remarqué une tendance très libérale dans les écrits de Richard Martineau, mais il y a des fois ou son vieux jupon étatiste/collectiviste recommence à dépasser. C’est certainement le cas lorsqu’il se plaint qu’on commence à avoir trop de choix dans l’offre politique.

J’aimerais bien voir M. Martineau poser la question à Adrien Pouliot, à savoir s’il y a vraiment trop de partis politiques. Connaissant M. Pouliot, je suis certain qu’il lui répondrait qu’au contraire, il y a un manque effroyable de concurrence d’idées au Québec et c’est certainement pour ça que nous sommes dans le pétrin. La raison pourquoi les partis politiques semblent se multiplier dernièrement est justement parce que l’offre politique actuelle ne répond pas à la demande.

Bonnet blanc, blanc bonnet

Depuis 1976 le PQ et le PLQ s’échangent le pouvoir. La seule différence entre ces deux partis s’inscrit au niveau de nos relations avec le reste du Canada, mais au niveau de la gouvernance, ces deux partis ont tendance à gouverner au centre-gauche. Ils ont tous deux à leur tour multiplié les programmes sociaux coûteux et augmenté l’endettement de la province. Depuis la confédération les partis politiques apparaissent et disparaissent et se succèdent. Sortie coté court le Parti Conservateur, entrée côté jardin l’Union Nationale et le Crédit Social. Bonjour le PQ, bonsoir l’Union Nationale. Bye bye Crédit Social et allo Québec Solidaire et l’ADQ. Au revoir ADQ et bonjour la CAQ, le Parti Conservateur et l’Équipe Autonomiste et tous les nouveaux groupuscules de souverainistes impatients d’attendre que le PQ se décide à faire un référendum. Bref, la politique est toujours en ébullition et c’est une bonne chose. Le bipartisme est une recette pour la stagnation, ça commence à être évident aux États-Unis.

La dynamique de marché

Richard Martineau compare le marché politique au marché des jeans et des confitures, ce qui demeure une bonne comparaison, mais il tire les mauvaises conclusions. Il croit que trop choix sème la confusion. C’est parce qu’il refuse de considérer l’évolution du marché à long-terme et ne se limite qu’à un horizon très court. Trop de partis politiques sèment la confusion et incitent les voteurs à rester chez eux, vraiment? Que dire de l’effet quand il n’y en a pas assez? Qu’arrive-t-il quand tu ne sais pas où mettre ton X parce qu’aucun parti ne partage notre vision? Les 700 000 qui se sont abstenus de voter en 2008 l’ont-ils fait parce qu’ils avaient trop de choix ou parce qu’ils ont été déçus par l’ADQ et ne se reconnaissaient dans aucun autre parti? Lequel des quatre principaux partis au Québec(PQ, PLQ, QS et CAQ) propose un vrai changement au Québec? QS? Ils propose les mêmes recettes socialistes que nous suivons depuis 50 ans, mais poussé à l’extrême. Le PQ? Ils ont bien réduit les dépenses et la dette pendant les années ’90, mais ils ont tôt fait de recommencer à dépenser comme des marins en permission une fois qu’ils ont atteint le « déficit zéro » et ils ont évacué tous ceux qui ont travaillé à réduire le déficit. Depuis une décennie, le PQ ressemble de plus en plus à QS. Le PLQ? Faites-moi rire? La CAQ? Qu’ont-ils proposé de vraiment différent? Même chose pour les fervent de la souveraineté. Le PQ et QS ne sont pas trop pressés d’entamer des démarches pour faire la souveraineté, alors on voit des partis apparaitre comme Option Nationale, qui proposent de faire ce que le PQ et QS hésitent à faire. S’il y a 30 sortes de paires de jeans, c’est que les consommateurs réclament une telle sélection. Si un modèle se vend moins bien que les autres, il sera retiré. Même chose pour les partis politiques. Si un parti n’attire plus les gens, il mourra éventuellement. Si par contre on découvre qu’une certaine clientèle n’est pas desservie par aucun parti politique, c’est peut-être qu’on devrait en fonder un. Si on veut un jour que ça change, il faut laisser les gens mettre leurs idées de l’avant et laisser les électeurs décider ce qui leur convient.

Qui sait? Peut-être qu’un jour le Parti Conservateur du Québec supplantera le Parti Libéral ou le PQ. Mais avant que ça puisse arriver, il faut bien commencer en quelque part! Et même s’il n’arrive jamais à supplanter les gros partis, considérez que le Parti Vert a réussi depuis une vingtaine d’années, à imposer des éléments de son programme aux autres partis sans jamais élire un député. Ces petits partis sont donc essentiels au progrès du débat public. S’il y en a tant présentement c’est justement parce que le Québec a désespérément besoin de faire un gros brassage d’idées. Alors moi je dis « vive la variété! »

 

La gauche québécoise est-t-elle intolérable?

Par Simon Leduc

Depuis le référendum de 1995, c’est le calme et la paix qui régnait sur la société québécoise. Cela a changé avec le conflit étudiant qui s’est transformé en une véritable crise sociale. La hausse des frais de scolarité a été un prétexte pour la gauche pour dénoncer et diaboliser son ennemi idéologique et le gouvernement Charest. Grâce à ce conflit, on a vu et constaté le côté sombre et obscur du mouvement progressiste. On peut se poser la question suivante : La gauche québécoise est-elle intolérable?

Amir Khadir : le représentant politique de la gauche radicale :

Depuis quelques semaines, les Québécois ont pu observé la vraie nature de l’unique député de Québec solidaire. Le député de Mercier ne se comporte pas comme un élu mais bien comme un voyou qui viole les lois en toute impunité. Après l’adoption de la Loi spéciale 78, le kamarade Khadir a lancé un appel à la désobéissance civile. Selon lui, une loi peut être violée si elle est injuste. Cet obscur personnage a une conception étrange de la démocratie. Dans ce dossier, l’attitude du solidaire est complètement inacceptable et doit être dénoncée. Dans une société de droit, tous les citoyens doivent respecter les lois votées par leur gouvernement démocratique. Sans cet état de fait, la Belle province serait plongée totalement dans l’anarchie. En fait, c’est peut-être ce que désire le co-chef de Québec solidaire. Cela ne me surprend pas de la part d’un parti qui a dans ses rangs, un mouvement qui prône la révolution armée : Gauche socialiste . Un élu du peuple qui se fait arrêter pour violation à la loi ne mérite pas de siéger dans le temple de la démocratie québécoise. Khadir est un être intolérable et radical. Le seul député de l’extrême-gauche québécoise devrait être destitué de son poste de député. Malheureusement, la procédure de recall n’existe pas au Québec contrairement en Californie et en Colombie britannique.

Richard Martineau : la cible privilégiée de la gauche :

Au début du conflit, Richard Martineau a clairement affirmé qu’il était contre la hausse des frais de scolarité. Celui-ci pense que l’État devrait couper dans sa cour au lieu d’endetter davantage les jeunes. Malgré cela, le chroniqueur du JDM est devenu la cible préférée de la frange radicale du mouvement étudiant. Comment peut-on expliquer cette haine envers lui? Il y a quelques semaines, M. Martineau a écrit sur son compte Twitter qu’il avait vu des jeunes boires de la sangria sur une terrasse à Outremont. Il voulait juste dire qu’il y a des jeunes qui sont issus de familles riches qui auraient les moyens de payer 50 sous de plus par jour pour leurs études. Depuis ce temps, Richard Martineau se fait harceler et menacer par une gauche qui ne tolère pas la critique. Dans ses chroniques, il dénonce les agissements des manifestants qui font de la casse à Montréal. Il ose critiquer les carrés rouges. Mon dieu, c’est un sacrilège. Richard Martineau mérite de se faire harceler jusqu’à sa demeure. Sur un site d’un groupe de musique, on peut y lire les mots suivants : TUER MARTINEAU, c’est dégueulasse. Richard Martineau a le courage de ses convictions et il ne doit pas céder à la haine et à l’intimidation d’une gauche extrémiste.

J’aurais pu donner d’autres exemples de dérapages de la part des progressistes comme la comparaison de Jean Charest avec Hitler. Cela démontre bien qu’une frange de la gauche québécoise (Québec solidaire, la CLASSE, la CLAC, certains artistes, les syndicats, Léo-Paul Lauzon, etc.) est intolérable. Elle ne tolère aucune critique contre les carrés rouges. Celle-ci doit comprendre que chaque Québécois a le droit à son opinion, même les gens de droite. Cette obscure gauche méprise la démocratie et l’état de droit. En tout cas, cette crise sociale aura permis aux Québécois de voir le vrai visage de ces supposés défenseurs de la veuve et de l’orphelin.

Les vapeurs roses

« Au Québec, sur le plan sociopolitique, nous vivons la tête noyée dans un nuage rose hallucinogène et, à chaque fois que quelqu’un de lucide agite la main pour dissiper les vapeurs toxiques, on s’empresse de lui couper le bras pour ne pas perdre l’effet euphorisant. Dans un tel contexte, soulever des vérités économiques, ici, équivaut à prêcher la santé dans une piquerie. »

– Robert Deschamps: Le Manifeste d’un Surtaxé

Une chronique a attiré mon attention hier. C’est cette excellente chronique de Richard Martineau, « Un peuple allergique aux chiffres« , dans laquelle il déplore l’inculture économique des québécois. Il a parfaitement raison. Les québécois en général ne veule rien savoir de l’économie. C’est trop plate, trop abstrait, trop pessimiste. Ils préfèrent vivre avec des lunettes roses collées sur leur nez avec de la crazy glue. Ils préfèrent croire que 2+2 fait 5 et qu’on peut avoir le beurre, l’argent du beurre et le cul de la fermière en même temps. Ça importe peut qu’on ait les moyens ou pas. Les ménages québécois ne seraient pas endettés à la hauteur de 154% de leur revenu disponible s’ils savaient faire un tant soit peu d’arithmétique.

Nous préférons croire que l’argent pousse sur les arbres et que les dettes, autant individuelles que collectives (à travers celle de notre gouvernement), sont un vaste complot concocté par des méchants banquiers dans le but de nous réduire à l’esclavage. C’est beaucoup mieux de penser ça que se regarder dans le miroir et réaliser qu’aucun banquier ne vous a mis un fusil sur la tempe pour vous forcer à vous acheter deux autos et trois télés HD de 47 pouces alors qu’il n’y a pas un rond dans votre compte de banque. Personne ne vous force à acheter une maison de $400 000 alors que votre revenu familial n’est que $60 000 par an et que vous avez à peine 5% du prix de vente à mettre comme mise initiale. Un jour où l’autre il faut être responsable de ses actes et réaliser qu’on ne peut pas vivre un train de vie de millionaire quand on ne fait que $15/heure.

Il en va de même pour notre endettement collectif. Notre gouvernement ne peut pas continuer d’emprunter pour nous donner des programmes sociaux que toutes les provinces les plus riches du Canada ne se permettent pas, alors que nous sommes une des provinces les plus pauvres (bientôt LA plus pauvre), et s’imaginer que ce château de carte ne s’écroulera pas un jour ou l’autre. C’est vivre dans le déni le plus complet.

Mais encore une fois, vivre dans les vapeurs roses, c’est tellement plus réconfortant.

Populisme et sophismes

La gauche est toujours prête à accuser la droite d’être populiste et simpliste. Pourtant, comme nous l’avons vu plus tôt cette semaine à Franchement Martineau, dans un débat opposant Jean Barbe et Éric Duhaime, ce sont le plus souvent les gauchistes qui sont simplistes et populistes. Pendant ce débat, il semblait suffisant pour M. Barbe d’affirmer que la dernière crise était le fruit de la dérèglementation et que le néolibéralisme règnait depuis trente ans. Selon lui, c’est supposé être l’évidence même, tellement qu’il ne sent aucun besoin d’offrir une preuve quelconque de ce qu’il avance. Nous sommes supposés prendre sa parole pour du « cash ». Quand Éric Duhaime lui a demandé de fournir des chiffres, il a tout simplement répondu: « Je ne donne pas de chiffres. »

Dans les faits, nos bons gauchistes sont tellements endoctrinés qu’ils croient tous à leurs propres mensonges. Pour eux, nul besoin de se justifier. C’est pour ça d’ailleurs qu’au camp des indignés, on voit tant de slogans anti-capitalistes. Chez eux, ces dogmes sont généralement acceptés sans l’ombre d’une preuve.  Je m’amuse d’ailleurs souvent à dire que pour les marxistes, la ligne entre idéologie et religion est plutôt brouillée; et ceci est un excellent exemple si vous notez l’acte de foi nécessaire ici pour accepter leur version des faits. Vous voulez les voir patiner? Demandez-leur quelle règlementation a été abrogée qui aurait causé la débâcle de 2008. Je vous parie qu’ils ne sauront pas quoi répondre.

Dans le but de rétablir les faits, je vais donc vous présenter des preuves que le fardeau règlementaire est loin d’avoir diminué aux États-Unis alors que la table était mise pour la dernière crise, au contraire.

(source)

Le federal register est le recueil de tous les règlements fédéraux. Bien qu’il y ait eu dérèglementation sous Reagan, ses successeur ont vite rétabli la règlementation au même niveau qu’avant Reagan,  et plus, exception faite du terme de Carter. On peut facilement constater que le réputé capitalisme débridé de nos voisins du sud n’existe plus depuis très longtemps.

Le volume de la règlementation n’est cependant pas suffisant pour prouver quoique ce soit, si cette règlementation n’est pas enforcée par le gouvernement, alors qu’en est il des budgets alloués à cet enforcement de la règlementation?

(source)

Encore une fois, on voit une augmentation constante des budgets des agences de règlementation. Alors elle est où au juste cette fameuse dérèglementation? Comme toujours, on constate que les assertions de M. Barbe tiennent plus du dogme que de la réalité.

Mais est-ce aussi vrai que le néolibéralisme règne au Québec? Encore une fois, quand on compare l’évolution de l’indice de liberté économique du Québec, on constate que le néolibéralisme est plutôt mort au Québec.

 (source)

Mais il est bien vivant dans les provinces qui paient la péréquation plutôt que de la recevoir. Encore une fois, la gauche pèche par populisme en lançant des slogans faciles mais faux. Croyez-le ou non, je sympathise avec les indignés et Dieu sait qu’ils ont de bonnes raisons de l’être, si seulement ils savaient ce qu’elles sont! Mais ils faudrait qu’ils cessent de s’imaginer qu’en transformant un parc municipal en bidonville, en se gelant la face et en grattant leur guitare en chantant « Kumbaya »; ils vont changer quoi que ce soit.

Le multiculturalisme : un mensonge délectable

Le dixième anniversaire de la tragédie du 11 septembre 2001 aura certes permis de réfléchir aux conséquences de gestes aussi horrifiants et inimaginables. Ce jour-là, contrairement à ce que certains « sans-génie » peuvent croire, ce n’était pas l’impérialisme américain qui était attaqué mais bien la civilisation occidentale.

Chez nous, il est fort probable que ces événements aient accéléré la remise en question de l’utopie multiculturaliste.  Avertis durement des conséquences de notre laisser-aller et de notre naïveté, il me semble toutefois que Québécois et Canadiens sont maintenant plus conscients de la fragilité des fondements mêmes de notre culture occidentale: la liberté d’opinion et de presse, l’égalité entre les hommes et les femmes, la séparation entre l’Église et l’État et la règle de droit.

Selon la chroniqueuse Chantal Hébert, même les Canadiens hors-Québec s’interrogent. « Avant le 11-Septembre, le multiculturalisme était une vache sacrée canadienne. Dix ans plus tard, les regards se sont faits plus critiques. »

De toute évidence, nous voici à un moment où l’attentisme n’est plus permis. Heureusement pour nous, il existe des Mario Roy, Richard Martineau, Mathieu Bock-Côté pour nous sensibiliser aux effets pervers du relativisme culturel.

Et puis, il y a d’extraordinaires citoyens québécois et canadiens musulmans qui prennent la parole et tentent de nous éveiller au danger : Djemila Benhabib, par exemple, dans son dernier essai Les soldats d’Allah à l’assaut de l’Occident.

Un autre d’entre eux est Salim Mansur que j’ai eu le privilège de rencontrer cette fin de semaine, à Ottawa, lors d’une présentation de son livre « Delectable Lie – A liberal repudiation of multiculturalism« . Le voici en entrevue avec Ezra Levant que vous connaissez bien maintenant.

Quel homme, quelle érudition et quelle générosité!

La base de son propos : une répudiation du concept que toutes les cultures se valent. Comment se fait-il que personne ne s’interroge sur cette énorme fausseté, se dit-il. Rendant hommage aux civilisations romaine et grecque qui nous ont légué ce bien si précieux, Mansur livre avec passion et intelligence un plaidoyer pour la préservation des valeurs libérales et occidentales. Racontant l’histoire de la Liberty Bell qui aujourd’hui ne résonne plus dû à une fêlure, Mansur illustre par là la fragilité des valeurs de liberté. « Generations have a responsibility to make sure that the bell still rings », implorera-t-il.

Non, toutes les cultures ne se valent pas, selon cet éminent professeur de la Western University of Ontario. N’ayons crainte de le dire et de le dire tout haut: les démocraties libérales sont assurément meilleures que les régimes totalitaires où hommes et femmes sont inégaux et où on interdit la publication de caricatures de Mahomet.

« We are surrounded by darkness and the ideology of collectivism, selon Mansur. The individual must be the ethical and moral centre and should not be the means to somebody else’s end. ». Bref, « the ultimate minority is the individual. »

J’écoutais attentivement sa présentation lorsqu’il m’est venu une intense impression. La « culture » dont il était question ce soir-là n’avait rien à voir avec la langue parlée à la maison ou dans l’espace public. Si au Québec, la notion de culture se résume à la préservation du français et des subventions à la communauté artistique, ce soir-là, je me sentais plus près de ce musulman anglophone canadien que de nos élites bien-pensantes québécoises obsédées par l’accès à des collèges anglais!

Enfin, la culture dont parlait Mansur n’avait même rien à voir avec l’ethnicité ou la religion. C’est de la civilisation occidentale dont il était véritablement question :  la culture dont nous bénéficions sans vraiment l’apprécier, celle pour laquelle se sont battues des générations d’ancêtres et celle à laquelle aspire encore des millions d’individus sur la planète.

Un poète du nom de David Solway assistait à la présentation de Salim Mansur. Il avait posé une question à l’auteur. « What happened? », lui demande-t-il. Comment se fait-il que nous en soyons rendus là? Plus tard, il répondait à sa propre question. « I guess we do not suffer enough to fully appreciate our liberal and western values. »

Je pense qu’il a bien raison.

Pour lire Salim Mansur: Ses chroniques au Toronto Sun

Le déclin du pouvoir syndical

Il n’y a pas de doute. Nous sommes dans une extraordinaire période de transition. Nos repères ont foutu le camp, les souverainistes s’entredéchirent, tous les partis politiques tremblent à l’idée de la prochaine élection et la population n’a que le goût de leur donner leur 4%! Bref, les piliers du modèle québécois s’effondrent littéralement sous nos yeux.

Un de ces piliers est sans aucun doute le syndicalisme tel que nous le pratiquons au Québec. En cette Fête des travailleurs, il semble que l’organisation InfoTravail ait décidé de servir un sérieux avertissement aux organisations syndicales.

Les résultats du sondage sont on ne peut plus clairs (Voir aussi l’article de Carl Renaud, la chronique de Richard Martineau).

Mais le chiffre qui m’épate le plus est celui-ci: 54% des employés syndiqués préfèreraient ne pas l’être! C’est pas rien ça! Vous imaginez si on obligeait demain matin un nouveau vote d’allégeance à votre syndicat? J’ai idée que le taux de syndicalisation au Québec diminuerait pas à peu près!

Ce n’est pourtant pas la 1ère fois que l’on remarque combien nos gouvernements sont déconnectés de la population en la matière. En août 2009, l’Institut économique de Montréal avait commandé un sondage semblable. Le résultat: sept Québécois sur dix estimaient que le gouvernement devrait modifier la loi actuelle pour rendre obligatoire la tenue d’un vote au scrutin secret auprès des employés visés par une demande d’accréditation syndicale. L’appui à une telle modification est encore plus fort chez les travailleurs syndiqués, à 80%!!!

Alors la véritable question est peut-être la suivante. Qu’attend donc le gouvernement du Québec pour y voir? De quoi a-t-il peur? Y a-t-il des squelettes dans le placard de nos politiciens que les élites syndicales menacent de dévoiler? Se font-ils menacer lorsqu’ils abordent une réforme du Code du travail?

La correlation entre la rigidité des lois du travail et la croissance économique a été démontrée de toutes les façons possibles. Le Québec étouffe, oui, sous le poids des monopoles syndicaux.

Les Québécois ne veulent plus être contraints d’adhérer obligatoirement à un syndicat, ils ne veulent plus que leurs cotisations servent à d’autres fins que la négociation de leurs conditions de travail et ils ne veulent plus que leur argent aillent à faire de la propagande partisane.

À un moment où les impôts, taxes et tarifs agressent le contribuable québécois, peut-être que les employés syndiqués commencent à penser qu’il serait bien de faire disparaître leur cotisation syndicale sur leur chèque de paie, qui sait?

Dans tous les cas, le temps n’est ni à la réflexion, ni à un débat, ni à une commission parlementaire sur le sujet. Les constats sont faits et le jugement a été prononcé. Ne reste plus qu’à agir et à réformer une fois pour toutes le Code du travail – ou plutôt le Code de la syndicalisation – du Québec.