Archives par mot-clé : Santé

À vouloir protéger ses acquis…

Par Philippe David

Beaucoup de technologistes médicaux sont en colère au sujet de la dernière publicité d’une campagne intitulée  À vouloir tout réécrire de la Fédération des Médecins Spécialistes du Québec.  Voici la pub en question:

Dans un communiqué, l’Ordre Professionnel des Technologistes Médicaux du Québec (OPTMQ) répondait ceci à la FMSQ:

L’OPTMQ tient à faire savoir à la population que les résultats de  tests de laboratoire ne se perdent pas. Dans la plupart des cas, lorsqu’un résultat n’est pas disponible, c’est que le spécimen reçu au laboratoire était inadéquat pour diverses raisons, comme une mauvaise identification de l’échantillon, une quantité insuffisante de spécimen, un mauvais tube, un bris dans le transport, etc.

Mes contacts au sein de cette profession confirment en effet que le plus souvent, une mauvaise identification et des échantillons insuffisants ou de mauvaise qualité sont en cause. Cependant, ces occurrences sont relativement rares comparativement au volume d’échantillons traités quotidiennement par les laboratoires de centres hospitaliers.

En plus de mettre en cause la compétence des technologistes médicaux, les publicités de FMSQ semblent mettre en cause les coupures budgétaires pour les problèmes du système de santé, comme si les dépenses de santé n’étaient pas déjà le plus gros poste budgétaire du gouvernement du Québec et que son poids budgétaire n’était pas en augmentation constante depuis plus de 30 ans! Si les problèmes de notre système de santé étaient une simple question de mieux financer les différents services, ne croyez-vous pas que le problème devrait déjà être résolus avec tous les milliards que nous coulons annuellement dans ce puits sans fond?

Il y a belle  lurette que nous connaissons la solution aux maux de notre problème de santé et nous savons d’ores et déjà que c’est une réforme en profondeur qui s’impose. Nous savons bien que nous pouvons nous inspirer de pays comme la Suisse, la Suède, les Pays-Bas ou même Singapour pour changer nos façons de livrer et financer nos soins de santé tout en préservant l’accessibilité à tous. Mais trop d’organisations profitent du système tel qu’il est.  La FMOQ et la FMSQ sont en tête de  liste. Est-il donc surprenant qu’aucun politicien des partis représentés à l’Assemblée Nationale ne propose ce genre de réforme?

Pas fort de tenter de se  faire valoir en rabaissant les autres professionnels de la santé. À vouloir préserver ses acquis, la FMSQ vole plutôt bas avec cette campagne de publicité.

L’art de tourner en rond

Par Philippe David

Chaque fois que j’écoute les nouvelles à la télé et à la radio. Chaque fois que je lis un journal ou que navigue sur les médias sociaux, je ne peux que me désoler de constater à quel point nous sommes gouvernés par des gens souffrant d’un effarant manque de vision et de cohérence. Et puis je me rends compte que la vision et la cohérence ont toujours été les premières victimes de la politique.

Ici au Québec, nous sommes passés maitres dans l’art de tourner en rond et courir après notre propre queue. Plus ça change et plus c’est pareil et pendant ce temps, nous nous enfonçons à force d’user le tapis et le plancher en dessous. Bientôt, nous serons dans la cave en train de creuser la dalle de béton.

L’obsession nationaliste

Dans les quelques dernières semaines, par exemple, nous avons été d’une véritable crise obsessionnelle de la part des souverainistes Québécois envers la campagne référendaire écossaise. On aurait juré de par leur ferveur, que c’était le Québec qui votait plutôt que l’Écosse. Pourtant, qu’est-ce que ça aurait changé dans nos vies? Absolument rien! Le Québec n’est pas l’Écosse et nous n’avons d’ailleurs que très peu en commun avec les Écossais, à part d’avoir voté non. Mais un bon nombre de souverainistes se sont tapé un petit voyage en Écosse pour finalement y être déçus. Au fait, je me demande qui a payé le billet d’avion des députés péquistes en présence. Il me semblait que le peuple québécois les payait pour être présents dans leurs comtés et à l’Assemblée Nationale et non en Écosse. M’enfin!

Malgré tout, ils sont revenus ne parlant encore que de référendums et de souveraineté. Il parait, selon PKP, que nous n’en avons pas encore suffisamment parlé! Dites-moi les mecs, de quoi avons-nous parlé d’autre depuis 50 ans? Certainement pas de finances publiques en tout cas. Le débat national a occulté à toute fin pratique tous les autres débats qu’ont les sociétés normales, mais apparemment, ce n’est pas assez. Vous faudra-t-il un autre cinquante ans pour réaliser qu’on est prêts à passer à autre chose?

L’accident cérébro-vasculaire

Chaque fois qu’il est question de remettre les finances publiques en ordre, nous assistons à une sorte de crise d’apoplexie. Tout le monde hurle pour garder ses bonbons et le Québec paralyse. Présentement, ce sont les employés municipaux qui font la danse du bacon, mais attendez, bientôt ceux du provincial vont s’y mettre. Et le pire, c’est que jusqu’ici, on ne leur a pas vraiment demandé de gros sacrifices.

En Suède, que beaucoup de socialistes brandissent en exemple, ils ont enlevé la sécurité d’emploi aux fonctionnaires, converti leur régime de retraite en régime à cotisations déterminées. Ils ont également privatisé plusieurs services publics. Imaginez si on proposait de faire ça au Québec, vous croyez que ça passerait?

Pourtant, c’est ce que nous aurions besoin de faire. Notre système de santé et d’éducation ont besoin d’une réforme en profondeur pas de petites retouches cosmétiques. Les retraites des employés de l’état ont besoin d’être réformées, pas seulement pour assurer leur pérennité, mais pour aussi ramener une certaine équité et justice avec les travailleurs du secteur privé qui ne bénéficient pas de plans de retraite plaqués or, mais qui paient peur ceux des autres. Les députés de l’Assemblée Nationale doivent cependant donner l’exemple en réformant leur propre plan de retraite. Il faudrait aussi se demander si nous avons vraiment besoin d’autant de députés. Après tout, nous n’en avons que 75 à la Chambre des Communes.

Nous pourrions facilement sabrer dans l’aide aux entreprises, beaucoup trop généreuse ici et dans beaucoup d’autres programmes inutiles et onéreux. Tout ça permettrait aux contribuables de souffler un peu, si on diminuait les taxes et impôts d’autant.

La loi de l’inertie

Mais tout gouvernement qui voudra entreprendre ces changements devra s’attendre à l’inertie de la bureaucratie et des syndicats. Je serais surpris de voir les fonctionnaires très enthousiastes à l’idée d’être peut-être obligés de faire leurs boites. C’est pourquoi le gouvernement devra faire preuve d’intelligence, mais honnêtement, je n’ai pas trop d’espoir. Trop de gens ont intérêt à ce que rien ne change. Après tout, 75 % des impôts sont payés par juste 10% des contribuables, ça fait beaucoup de gens qui reçoivent bien plus de l’état qu’ils n’en paient.

Depuis pas mal longtemps, j’ai perdu espoir que l’état puisse se réformer lui-même. Il faudra une force extérieure ou un effondrement pour que quelque chose se passe. Nous verrons bien lequel des deux arrivera le premier.
Crédit photo : Auteur inconnu

La pestilence (Mais c’est gratissss!)

Par Philippe David

Beaucoup s’indignent au sujet de la prime qu’Yves Bolduc a reçue grâce à une entente entre le MSSS et la FMOQ datant du temps où il en était le ministre. Ils ont raison, mais il est loin d’être le seul à avoir fait des lois à son avantage. La plupart des lois sont en fait dictées par les lobbyiste d’un groupe d’intérêt ou un autre, au grand bénéfice de ce groupe, bien entendu. Notre système démocratique n’a jamais été autre chose qu’une énorme machine à faveurs et tout le monde se bat pour piger dans le plat à bonbons. Pourquoi Yves Bolduc agirait-il différemment?

Pendant se temps, nous sommes taxés à l’os, et le gouvernement qui promet de redresser les finances publiques le fait en servant des repas infects à moins de $2 dans les CHSLD,  et ceux qui ont le malheur d’être infectés par la maladie de Lyme doivent se faire traiter à grand frais aux États-Unis parce que nos médecins sont trop bêtes pour tester pour cette maladie, et même si vous leur mettez les résultats de tests d’une clinique américaine sous le nez, refusent carrément de vous traiter pour cette maladie. Mais au moins, un jour, nous aurons tous droit de mourir dans la dignité (qu’on le veuille ou non).

On vous a déjà vendu la démocratie comme étant le moins pire des systèmes. Que cette forme de gouvernement représente le peuple, mais il n’en est rien. Ce système ne répond pas aux besoins et aux demandes d’individus. Il ne répond qu’à des groupes organisés comme les corporations, les syndicats et les ONG et les banques. Ces organismes retirent du système beaucoup plus que ce que vous y perdez, alors ils ont tout avantage à s’organiser pour extraire leur part. Le pauvre payeur de taxes, lui, est trop occupé à survivre pour pouvoir se réunir avec d’autres pour revendiquer ses droits.

Peu importe quel gouvernement sera au pouvoir dans l’avenir, vous pouvez être assurés que rien ne changera car, comme vous avez pu le constater avec Yves Bolduc, Jean Charest, Pauline Marois et son mari et  plusieurs autres; même ceux qui ont le pouvoir de réformer le système, n’ont aucun intérêt à le faire. Ils profitent également du système et s’en mettent plein les poches. Vous indigner ne servira à rien. Ils se foutent de vos gueules.