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À vouloir protéger ses acquis…

Par Philippe David

Beaucoup de technologistes médicaux sont en colère au sujet de la dernière publicité d’une campagne intitulée  À vouloir tout réécrire de la Fédération des Médecins Spécialistes du Québec.  Voici la pub en question:

Dans un communiqué, l’Ordre Professionnel des Technologistes Médicaux du Québec (OPTMQ) répondait ceci à la FMSQ:

L’OPTMQ tient à faire savoir à la population que les résultats de  tests de laboratoire ne se perdent pas. Dans la plupart des cas, lorsqu’un résultat n’est pas disponible, c’est que le spécimen reçu au laboratoire était inadéquat pour diverses raisons, comme une mauvaise identification de l’échantillon, une quantité insuffisante de spécimen, un mauvais tube, un bris dans le transport, etc.

Mes contacts au sein de cette profession confirment en effet que le plus souvent, une mauvaise identification et des échantillons insuffisants ou de mauvaise qualité sont en cause. Cependant, ces occurrences sont relativement rares comparativement au volume d’échantillons traités quotidiennement par les laboratoires de centres hospitaliers.

En plus de mettre en cause la compétence des technologistes médicaux, les publicités de FMSQ semblent mettre en cause les coupures budgétaires pour les problèmes du système de santé, comme si les dépenses de santé n’étaient pas déjà le plus gros poste budgétaire du gouvernement du Québec et que son poids budgétaire n’était pas en augmentation constante depuis plus de 30 ans! Si les problèmes de notre système de santé étaient une simple question de mieux financer les différents services, ne croyez-vous pas que le problème devrait déjà être résolus avec tous les milliards que nous coulons annuellement dans ce puits sans fond?

Il y a belle  lurette que nous connaissons la solution aux maux de notre problème de santé et nous savons d’ores et déjà que c’est une réforme en profondeur qui s’impose. Nous savons bien que nous pouvons nous inspirer de pays comme la Suisse, la Suède, les Pays-Bas ou même Singapour pour changer nos façons de livrer et financer nos soins de santé tout en préservant l’accessibilité à tous. Mais trop d’organisations profitent du système tel qu’il est.  La FMOQ et la FMSQ sont en tête de  liste. Est-il donc surprenant qu’aucun politicien des partis représentés à l’Assemblée Nationale ne propose ce genre de réforme?

Pas fort de tenter de se  faire valoir en rabaissant les autres professionnels de la santé. À vouloir préserver ses acquis, la FMSQ vole plutôt bas avec cette campagne de publicité.

L’art de tourner en rond

Par Philippe David

Chaque fois que j’écoute les nouvelles à la télé et à la radio. Chaque fois que je lis un journal ou que navigue sur les médias sociaux, je ne peux que me désoler de constater à quel point nous sommes gouvernés par des gens souffrant d’un effarant manque de vision et de cohérence. Et puis je me rends compte que la vision et la cohérence ont toujours été les premières victimes de la politique.

Ici au Québec, nous sommes passés maitres dans l’art de tourner en rond et courir après notre propre queue. Plus ça change et plus c’est pareil et pendant ce temps, nous nous enfonçons à force d’user le tapis et le plancher en dessous. Bientôt, nous serons dans la cave en train de creuser la dalle de béton.

L’obsession nationaliste

Dans les quelques dernières semaines, par exemple, nous avons été d’une véritable crise obsessionnelle de la part des souverainistes Québécois envers la campagne référendaire écossaise. On aurait juré de par leur ferveur, que c’était le Québec qui votait plutôt que l’Écosse. Pourtant, qu’est-ce que ça aurait changé dans nos vies? Absolument rien! Le Québec n’est pas l’Écosse et nous n’avons d’ailleurs que très peu en commun avec les Écossais, à part d’avoir voté non. Mais un bon nombre de souverainistes se sont tapé un petit voyage en Écosse pour finalement y être déçus. Au fait, je me demande qui a payé le billet d’avion des députés péquistes en présence. Il me semblait que le peuple québécois les payait pour être présents dans leurs comtés et à l’Assemblée Nationale et non en Écosse. M’enfin!

Malgré tout, ils sont revenus ne parlant encore que de référendums et de souveraineté. Il parait, selon PKP, que nous n’en avons pas encore suffisamment parlé! Dites-moi les mecs, de quoi avons-nous parlé d’autre depuis 50 ans? Certainement pas de finances publiques en tout cas. Le débat national a occulté à toute fin pratique tous les autres débats qu’ont les sociétés normales, mais apparemment, ce n’est pas assez. Vous faudra-t-il un autre cinquante ans pour réaliser qu’on est prêts à passer à autre chose?

L’accident cérébro-vasculaire

Chaque fois qu’il est question de remettre les finances publiques en ordre, nous assistons à une sorte de crise d’apoplexie. Tout le monde hurle pour garder ses bonbons et le Québec paralyse. Présentement, ce sont les employés municipaux qui font la danse du bacon, mais attendez, bientôt ceux du provincial vont s’y mettre. Et le pire, c’est que jusqu’ici, on ne leur a pas vraiment demandé de gros sacrifices.

En Suède, que beaucoup de socialistes brandissent en exemple, ils ont enlevé la sécurité d’emploi aux fonctionnaires, converti leur régime de retraite en régime à cotisations déterminées. Ils ont également privatisé plusieurs services publics. Imaginez si on proposait de faire ça au Québec, vous croyez que ça passerait?

Pourtant, c’est ce que nous aurions besoin de faire. Notre système de santé et d’éducation ont besoin d’une réforme en profondeur pas de petites retouches cosmétiques. Les retraites des employés de l’état ont besoin d’être réformées, pas seulement pour assurer leur pérennité, mais pour aussi ramener une certaine équité et justice avec les travailleurs du secteur privé qui ne bénéficient pas de plans de retraite plaqués or, mais qui paient peur ceux des autres. Les députés de l’Assemblée Nationale doivent cependant donner l’exemple en réformant leur propre plan de retraite. Il faudrait aussi se demander si nous avons vraiment besoin d’autant de députés. Après tout, nous n’en avons que 75 à la Chambre des Communes.

Nous pourrions facilement sabrer dans l’aide aux entreprises, beaucoup trop généreuse ici et dans beaucoup d’autres programmes inutiles et onéreux. Tout ça permettrait aux contribuables de souffler un peu, si on diminuait les taxes et impôts d’autant.

La loi de l’inertie

Mais tout gouvernement qui voudra entreprendre ces changements devra s’attendre à l’inertie de la bureaucratie et des syndicats. Je serais surpris de voir les fonctionnaires très enthousiastes à l’idée d’être peut-être obligés de faire leurs boites. C’est pourquoi le gouvernement devra faire preuve d’intelligence, mais honnêtement, je n’ai pas trop d’espoir. Trop de gens ont intérêt à ce que rien ne change. Après tout, 75 % des impôts sont payés par juste 10% des contribuables, ça fait beaucoup de gens qui reçoivent bien plus de l’état qu’ils n’en paient.

Depuis pas mal longtemps, j’ai perdu espoir que l’état puisse se réformer lui-même. Il faudra une force extérieure ou un effondrement pour que quelque chose se passe. Nous verrons bien lequel des deux arrivera le premier.
Crédit photo : Auteur inconnu

La pestilence (Mais c’est gratissss!)

Par Philippe David

Beaucoup s’indignent au sujet de la prime qu’Yves Bolduc a reçue grâce à une entente entre le MSSS et la FMOQ datant du temps où il en était le ministre. Ils ont raison, mais il est loin d’être le seul à avoir fait des lois à son avantage. La plupart des lois sont en fait dictées par les lobbyiste d’un groupe d’intérêt ou un autre, au grand bénéfice de ce groupe, bien entendu. Notre système démocratique n’a jamais été autre chose qu’une énorme machine à faveurs et tout le monde se bat pour piger dans le plat à bonbons. Pourquoi Yves Bolduc agirait-il différemment?

Pendant se temps, nous sommes taxés à l’os, et le gouvernement qui promet de redresser les finances publiques le fait en servant des repas infects à moins de $2 dans les CHSLD,  et ceux qui ont le malheur d’être infectés par la maladie de Lyme doivent se faire traiter à grand frais aux États-Unis parce que nos médecins sont trop bêtes pour tester pour cette maladie, et même si vous leur mettez les résultats de tests d’une clinique américaine sous le nez, refusent carrément de vous traiter pour cette maladie. Mais au moins, un jour, nous aurons tous droit de mourir dans la dignité (qu’on le veuille ou non).

On vous a déjà vendu la démocratie comme étant le moins pire des systèmes. Que cette forme de gouvernement représente le peuple, mais il n’en est rien. Ce système ne répond pas aux besoins et aux demandes d’individus. Il ne répond qu’à des groupes organisés comme les corporations, les syndicats et les ONG et les banques. Ces organismes retirent du système beaucoup plus que ce que vous y perdez, alors ils ont tout avantage à s’organiser pour extraire leur part. Le pauvre payeur de taxes, lui, est trop occupé à survivre pour pouvoir se réunir avec d’autres pour revendiquer ses droits.

Peu importe quel gouvernement sera au pouvoir dans l’avenir, vous pouvez être assurés que rien ne changera car, comme vous avez pu le constater avec Yves Bolduc, Jean Charest, Pauline Marois et son mari et  plusieurs autres; même ceux qui ont le pouvoir de réformer le système, n’ont aucun intérêt à le faire. Ils profitent également du système et s’en mettent plein les poches. Vous indigner ne servira à rien. Ils se foutent de vos gueules.

Singapour: un aperçu fuyant d’un système de santé libre

singapour

 

Par Philippe David

 

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi  les coûts de santé croissent plus vite que tout le reste? En fait, au Québec, ces coûts croissent à un rythme d’environ 3 fois le taux d’inflation. Comment est-ce possible? La réponse à cette question a déjà été répondue par l’économiste Milton Friedman. Friedman disait qu’il y avait quatre façons de dépenser l’argent:
 

  • Quand vous dépensez votre argent pour vous-même, vous faites attention autant à ce que vous dépensez qu’à la manière dont vous le dépensez.
     
  • Quand vous dépensez votre argent pour quelqu’un d’autre (un cadeau, par exemple), vous faites toujours très attention à ce que vous dépensez (combien) et un peu moins à la manière dont vous le dépensez (comment).
     
  • Quand vous dépensez l’argent de quelqu’un d’autre pour vous acheter quelque chose (par exemple, un repas d’affaires), le montant de la dépense (le coût, combien) vous importe peu, en revanche, vous faites très attention au « comment » et vous êtes très attentif au fait que vous en avez ou non pour votre argent.
     
  • Mais quand vous dépensez l’argent de quelqu’un d’autre au profit d’une autre personne que vous, ni le montant de la dépense (combien), ni la façon dont l’argent est utilisé (comment) n’ont vraiment d’importance.

 

Le problème est que dans les régimes de santé, qu’ils soient publics ou privés, c’est le plus souvent la 4e méthode qui prévaut. Et plus l’état intervient, plus c’est le cas. Celui qui reçoit les soins est isolé du coût réel de son traitement alors le coût lui importe peu. Celui qui paie pour le traitement ne le fait pas avec son propre argent, alors il n’a pas non plus d’incitatif à minimiser les coûts, ni d’assurer un bon rapport qualité/prix.

 

Les assurances-santé, autant publiques que privées offrent des couvertures tout-azimut, au lieu de faire une véritable gestion de risque. Les assurances devraient assurer toute une gamme de couvertures avec toute une gamme de prix, de la couverture tout-azimut au gros prix à la couverture minimale pour maladies catastrophiques (comme le cancer) à prix modique. Votre assurance-automobile paye-t-elle pour les changements d’huile et l’entretien? Pourquoi alors serait-il absolument nécessaire que votre assurance-santé couvre les examens de routine et les bobos mineurs? En principe, si nous défrayons ces coûts de notre poche, nous avons un meilleur incitatif à rechercher un bon rapport de qualité/prix puisque nous dépensons notre argent pour nous-même et les membres de notre famille et l’intérêt des cliniques médicales, étant en concurrence, est de vous offrir le meilleur service au meilleur prix. Ce principe fonctionne pour toutes sortes de produits et services, pourquoi serait-ce différent pour les soins de santé? Seuls les tabous de société québécois nous portent à croire que les soins de santé sont, par on ne sait trop quel sortilège, exempts de la loi de l’offre et la demande.
 

Un système de santé presque libre


On croit à tort que le système américain est un système proche d’un libre-marché, mais rien ne pourrait être plus faux. Avec Medicare et Medicaid, l’état américain,  fédéral ou local, a une grande influence sur les coûts de soins de santé. De plus, les lois dans la plupart des états interdisent la vente de polices d’assurances provenant d’un autre état, ce qui limite la concurrence entre les compagnies d’assurances dans un même état et conduit à des primes d’assurances plus élevés qu’elles ne le seraient autrement. C’est ça qui fait que le système américain est encore plus coûteux que des systèmes comme au Canada. Mais en revanche, ils en obtiennent quand même plus pour leur argent que nous. Cependant, il existe un système de santé dans le monde qui est très proche de ce qu’on trouverait dans un marché libre : celui de Singapour.

 

Singapour, en seconde place des états les plus libres au monde, donne un aperçu comment le libre-marché pourrait offrir des solutions pour des soins de santé accessibles à tous. Son système de santé n’est certainement pas complètement libre, mais il utilise beaucoup de mécanismes de marché qui l’aident à minimiser les coûts qui en font un des systèmes les plus efficaces et le moins coûteux au monde.

 

En gros, le gouvernement prélève un certain montant du salaire de chaque travailleur et le met dans un compte d’épargne-santé obligatoire. Les médecins, cliniques et hôpitaux privés sont libres de fixer leurs prix et sont mis en libre concurrence. Les singapouriens accumulent de l’argent dans leur compte-santé alors qu’ils sont en bonne santé et utilisent cet argent pour payer pour leurs soins quand c’est nécessaire. Ils peuvent également compléter avec une assurance publique ou privée avec le degré de couverture de leur choix. Ils peuvent même payer leurs primes d’assurance à même leur compte d’épargne-santé. Le gouvernement prend en charge les soins des démunis à travers son réseau d’hôpitaux publics où seuls ceux qui en ont les moyens paient.

La libre-concurrence entre les différentes cliniques et hôpitaux privés  et le fait que la clientèle n’est pas isolée des coûts de ses soins, assurent que ces coûts doivent rester à la portée de la grande majorité des gens pour être profitable.  La libre concurrence et la variabilité des couvertures disponibles assurent aussi un coût raisonnable pour les assurances également. Ce n’est pas 100% libre-marché, mais assez proche pour être convaincant. Les coûts de santé de Singapour sont à environ 6% de son PIB, alors qu’au Québec, ils sont de l’ordre de 12% du PIB.  Et le système singapourien n’a aucune attente, ni à l’urgence, ni pour les chirurgies. Comparez ça au système québécois et dites-moi lequel vous préfèreriez?

 

Que serait un système 100% libre-marché? Prenez le système de Singapour, remplacez les comptes obligatoires d’épargne-santé par des régimes volontaires et les hôpitaux publics par des OSBL et vous y serez presque. Les possibilités sont infinies si elles ne sont pas restreintes par le carcan de l’état. Le système de Singapour démontre très certainement que le marché peut gérer un système de santé accessible à tous de façon bien plus efficace que l’état.

Quand la politique choisit qui vit et qui meurt

Par Philippe David

Le dossier de la santé a toujours été celui le plus près de mon cœur. Mon père était médecin. J’ai grandi dans ce milieu. Il a d’ailleurs succombé à un cancer il y a près de 5 ans. Ma mère a récemment mené son propre combat contre le cancer et elle a gagné. Je suis donc particulièrement sensible lorsque je lis des histoires comme celle parue dans le quotidien The Gazette hier, ainsi que cette chronique de Lise Ravary.

Mais ce qui me fait le plus rager dans ça n’est pas tant que notre monopole soviétique de la santé rationne les soins. Les pénuries et le rationnement ont toujours été de mise quand le gouvernement gère quelque chose. L’économiste Milton Friedman blaguait que  si on mettait le gouvernement en charge du Sahara, on aurait une pénurie de sable en moins de 5 ans. Je ne suis pas certain qu’il blaguait vraiment. Alors que le gouvernement en soit à rationner les chirurgies ne me choque pas vraiment. Ce qui me choque et qui m’exaspère au plus haut point est qu’aucun parti politique en position de prendre le  pouvoir ne propose de changement réel.

Que ce soit le Parti Québécois, le Parti Libéral ou même la CAQ qui prenne le pouvoir, on ne peut espérer que le même dogmatisme qui prévaut depuis 40 ans en matière de santé au Québec : hors de l’État, point de salut. Depuis les années 1980 nous décrions les mêmes problèmes de temps d’attente aux urgences et de listes d’attente en chirurgie et depuis presqu’aussi longtemps, des organismes comme l’Institut Fraser et l’Institut Économique de Montréal publient des documents détaillant ce qui se fait ailleurs et qui fonctionne mieux que notre propre système, mais aucun parti politique majeur n’est à l’écoute.

Je dois avouer  franchement que ça me dépasse. Des pays comme la Suisse, la Suède, les Pays-Bas et Singapour ont des systèmes universels qui n’ont aucun temps d’attente et aucun rationnement. Que diable attendons-nous pour les imiter? Mais quiconque essaie de faire ce genre de suggestion se heurte à un mur de dogmatisme. Pourquoi? Facile! Il y a une force immuable au Québec qui a le pouvoir de tout bloquer parce qu’ils ont tout à perdre : Les syndicats.

Pas seulement les syndicats qui  représentent les infirmières et autres employés d’hôpitaux, mais aussi ceux des médecins. Ils forment un lobby puissant qui fait rétrécir les couilles de tous les politiciens, peu importe leur couleur. Mais il faudra bien un jour les affronter. La santé accapare à elle seule près de la moitié du budget du gouvernement. Avec le vieillissement de la population, les besoins se feront de plus en plus criants. Nous n’aurons pas le choix de faire d’importantes réformes si nous voulons assurer la viabilité à long-terme de notre système de santé. Il faudra peut-être un jour que nos politiciens se réveillent et hument l’odeur du café.

 

L’économie de la santé

Par Philippe David

Maintenant que l’élection est terminée et que les post-mortem de la campagne ont été écrits. Plusieurs  tourneront  l’œil vers la santé de l’économie. Moi, c’est de l’économie de la santé dont je voudrais vous parler.

Pendant la campagne électorale, trop peu d’attention a été accordé aux problèmes de notre système de santé et le plus souvent, ce n’était que pour y saupoudrer une bonne mesure de poudre de perlimpinpin  et de pensée magique. On ne cesse de dire qu’il ne suffit que de mettre plus d’argent dans le système ou de le gérer plus efficacement. Depuis le temps qu’on engouffre des sommes colossales dans ce système et qu’on en augmente le nombre de gestionnaires puissance 10, si cette approche comptable fonctionnait, on le saurait. Les libéraux ont beau encore blâmer le PQ, mais ils n’ont pas réussi à régler le problème après 9 ans de pouvoir, et vous vous mettez le doigt profondément dans l’œil si vous croyez que le PQ aura plus de succès. Le problème est beaucoup plus compliqué que ça et il est structurel. Il provient du fait que notre système de santé fait fi des règles économiques les plus élémentaires.

Un changement de culture

Comme l’écrivait mon amie Joanne Marcotte dans son livre « Pour en finir avec le Gouvernemaman », la solution à la plupart de nos problèmes réside dans un changement de culture. Dans le cas de la santé, ce changement de culture consisterait à nous débarrasser de notre haine du profit et de notre méfiance du marché. 

Certains esprits bien-pensants se croient vertueux en s’opposant à ce qu’ils appellent « la marchandisation de la santé ». Pour ces bien-pensants, il serait immoral que  quelqu’un puisse profiter de la souffrance des autres. Passons sur le fait qu’à moins de travailler bénévolement, tous les travailleurs de la santé profitent déjà de la souffrance des autres et que des milliards changent de mains dans ce secteur, il n’y  a en réalité rien d’immoral à faire de l’argent à dispenser des soins de santé, pas plus que d’en faire à dispenser n’importe quel autre bien ou service. Dans le cas présent, ceux qui profitent ou non dans ce secteur sont choisis selon des impératifs politiques plutôt que d’améliorer la qualité du service. Mais l’attitude que nous avons derrière cette prémisse est la cause de bien des maux dans notre système. Le premier étant le mythe de la gratuité.

Les bien-pensants croient à tort que la gratuité des soins est un gage d’accessibilité. Personne n’a à débourser d’argent et donc tous y ont accès, peu importe leurs moyens financiers. Ça semble bien beau en théorie, mais en pratique, la gratuité mène à une demande infinie, puisqu’il n’y a plus de prix pour réguler l’offre et la demande. En l’absence de prix, le marché se trouve un substitut : le temps.

Puisqu’il n’y a pas de prix en argent à payer, le facteur qui vient freiner la demande devient les temps d’attente et le rationnement. Nous n’avons plus accès à des soins de santé, nous avons accès à des listes d’attente. Certes, vous ne payez rien pour obtenir les soins, mais ces soins sont-ils vraiment accessibles?

Et au cas où vous auriez une illusion quelconque que la gratuité des soins de santé existe, le temps d’attente moyen en salle d’urgence est de 18h. Multipliez ça par votre taux horaire au travail. Ça donne près de $180 au salaire minimum. C’est ce que vous coûte une visite à l’urgence de nos jours, sans même compter la taxe de santé annuelle et le fait que presque la moitié des impôts que vous payez à l’agence de revenu du Québec nourrit le système de santé.  Gratuits les soins de santé? Pas vraiment!

L’erreur

L’erreur dans le raisonnement des bien-pensants (inutile de les nommer, ils savent qui ils sont), est de considérer que le domaine de la santé est spécial et qu’il doit être soustrait aux lois du marché. Malheureusement, c’est exactement comme si on voulait construire un immeuble et le soustraire à la loi de la gravité. On a beau vouloir, mais inexorablement, ces lois vont s’imposer et si votre immeuble ne les respecte pas, il s’écroulera tout aussi inexorablement.

« Oh mais », disent-ils, « la santé c’est bien trop important pour la confier au marché!» Pourquoi? Je ne dis pas que la santé, ce n’est pas important. Mais il y a d’autres services tout aussi importants qui ne sont pas nationalisés. Pensons à l’alimentation, par exemple. Y-a-t-il une industrie plus essentielle à notre survie? Devrait-on la nationaliser parce qu’il est immoral de faire des profits sur la faim des gens? Si on regarde du côté des pays communistes, on peut constater ce que le contrôle de l’état donne lorsqu’appliqué à l’alimentation. Pensons au grand saut en avant de Mao (combien de morts de la famine? 18 à 45 millions? Ils ont arrêté de compter). Combien continuent de mourir en Corée du Nord? Souvenez-vous aussi des lignes d’attentes et des tablettes vides dans l’ancienne URSS. Ne voyez-vous pas un lien entre la pénurie de nourriture dans ces pays et la pénurie de soins dans notre système de santé? Qu’un service soit important n’est pas une raison de le confier au gouvernement plutôt qu’au marché, c’est plutôt le contraire. La santé est un service trop important pour ne pas le confier au marché!

 

Une explosion des coûts

La plupart des biens et services sur le marché voient leurs prix baisser dans le temps. Un lecteur de CD, joujou de riche dans les années 1980 est maintenant remplacé par des lecteurs mp3 et des ipods infiniment plus petits et fiables et à coût moindre. Le prix des ordinateurs, compte tenu de l’inflation, est beaucoup moindre qu’il y a 30 ans et les ordinateurs sont beaucoup plus performants. Alors comment peut-on expliquer que les coûts en santé croissent de 6 ou 7% par année, soit trois fois le taux d’inflation?

Encore là, la gratuité y est pour beaucoup. Puisque tout semble, nous sommes isolés du coût réel  des services que nous consommons. Nous ne sommes donc pas concernés si ceux-ci augmentent. Nous n’irons pas voir ailleurs si le prix est trop élevé, ce qui serait le cas dans mun marché relativement libre. Il n’y a aussi aucune concurrence puisque le système est essentiellement public. Il existe bien quelques cliniques privées, mais pas assez pour faire une différence et les médecins à ces cliniques sont quand même rémunérés par la RAMQ. On paie vraiment des frais supplémentaires à ces cliniques pour payer pour les équipements qu’elles ont.  Les hôpitaux, plus concernés à gérer un budget arbitrairement attribué n’ont aucune façon de faire le lien entre revenus et dépenses, puisque leurs revenus ne sont pas liés à la dispensation des soins. Dans un tel contexte, le patient qui arrive à l’urgence est considéré comme un coût et non un revenu.

On pourrait aussi parler en long et en large des inefficacités bureaucratiques du MSSS. Qui n’a pas sursauté en voyant son organigramme? Comment ce ministère arrive-t-il à fonctionner? Comment se fait-il que dans notre système de santé, on trouve autant de gestionnaires que de personnel soignant. Vous croyez qu’une compagnie privée se paierait ce luxe? Combien de solutions innovatrices comme l’utilisation de « super-infirmières » sont bloquées par la paralysie bureaucratique? Un compagnie privée pourrait-elle se permettre de freiner l’innovation?

Le cœur du problème est que le domaine de la santé manque de tout ce qui fait baisser les prix et croître l’innovation : la libre concurrence et la liberté de choix. Dans tous les autres marchés, ces facteurs font que le consommateur est roi, mais en santé nous n’avons aucun choix.

 

Des pistes…

Les bien-pensants ont beau lever le nez sur la recherche du profit, mais c’est cette recherche de profit qui, avec le jeu de la concurrence, a été le moteur de toutes les grandes innovations dans l’histoire. C’est la recherche du profit qui pousse les entrepreneurs à toujours trouver des meilleurs moyens de faire plus avec moins. Ça fonctionne pour des milliards de produits et services dans des millions d’industries. Pourquoi croit-on que parce que le secteur de la santé serait différent?

La réalité est que ce n’est pas différent, peu importe ce que les bien-pensants en pensent, le secteur de la santé répond aux même règles que tous les autre secteurs et ce qui est bon pour pitou l’est également pour minou. Donc l’entrepreneuriat et la concurrence auraient le même effet dans le secteur de la santé que dans tous les autres secteurs économiques. Ça baisserait les coûts et ça inciterait à trouver des solutions pour rendre le système plus efficace.

Doit-on sacrifier le système public et tout privatiser? Je ne crois pas. On peut toujours garder le système public pour préserver l’accès à des soins de santé de qualité à ceux qui n’en auraient pas les moyens autrement, mais il faut ouvrir la porte à un système entrepreneurial qui pourrait se charger de ceux qui ont les moyens et désengorger le système public. Non seulement ce système apporterait une bouffée d’air frais et d’oxygène, mais les innovations qui ressortiraient de l’entrepreneuriat pourraient également profiter au système public pour le rendre plus efficace et moins coûteux.

Encore une fois, les bien-pensants vous mettrons en garde en disant « regardez ce  qui se passe aux États-Unis! » Mais encore une fois, ils se trompent. Le secteur de la santé aux États-Unis est un amalgame d’oligopoles et d’interventions gouvernementales qui viennent gonfler les coûts. Ici c’est l’emprise gouvernementale sur le secteur qui fait gonfler les coûts, là-bas c’est une combinaison du gouvernement  et des assureurs privés qui donnent le même effet en isolant l’utilisateur du coût réel des services reçus et qui étouffe le jeu de la concurrence. Il faut justement éviter ça à tout prix.  Mais le coupable de cette situation est une règlementation fautive et non le marché et l’entrepreneuriat comme tel.

Les bien-pensants vous mettront aussi en garde contre une système à deux vitesses, une pour les riches et une pour les pauvres, où est le problème si les pauvres ont accès au soins? Qu’une personne plus riche obtienne une chambre privée plutôt que de chambrer avec 3 autres personnes? J’ai une assurance qui pourrait me payer une chambre semi-privée à n’importe quel hôpital, mais le problème est qu’aucun hôpital n’a de chambres semi-privées. Quelle ironie! Pourquoi doit-on tout niveler par le bas? Pourquoi serait-ce un problème si un riche paie pour se faire opérer dans un hôpital privé, si ça libère la salle d’op à un hôpital public pour une personne moins nantie.

Les bien-pensants se drapent de vertu en dénigrant la « marchandisation » de la santé, parce que selon eux, c’est immoral de faire un profit sur la souffrance des autres ou qu’une personne plus riche puisse être différemment qu’une personne plus pauvre, mais elle est où leur vertu quand les gens meurent sur les listes d’attente à cause de leur haine de la richesse et des profits?

Gagner sa liberté en quittant le Québec (partie 1 de 2)

 

Par Pierre-Guy Veer

Pour la gauche québécoise (qui veut plus d’impôts pour les « riches » et plus d’État dans l’économie), le diagnostic est sans équivoque : le Québec s’approche du paradis sur Terre. Ses programmes sociaux généreux font l’envie du reste du monde (le fameux « modèle » québécois), ses lois du travail, jumelées à un haut taux de syndicalisation, empêchent les travailleurs d’être « exploités » par des employeurs sans scrupule et ses bas frais de scolarité postsecondaires permettent aux plus pauvres d’avoir accès à l’université.

 

Toutefois, la réalité est toute autre. Plusieurs personnes, exaspérées de vivre là où le gouvernement est tellement présent qu’il en devient étouffant, ont décidé de quitter la Belle Province pour d’autres cieux. C’est notamment le cas de Julie Lesage Charland, cofondatrice d’un site Web[1] qui raconte le témoignage de ceux et celles qui ont quitté, de même que des conseils pour les personnes qui y songent.

 

La vie de Julie, jusqu’à tout récemment, n’aurait jamais laissé présager qu’elle quitterait son Trois-Rivières natal. « Lors du dernier référendum, j’avais voté Oui, se rappelle-t-elle. Comme mes parents, j’étais une fervente séparatiste. Encore aujourd’hui, je pense que le Québec est une société distincte.

 

« Toutefois, avec le temps, je me suis rendu compte que la province voulait garder cette distinction dans une bulle, et elle commençait à peser lourd. »  Un des éléments déclencheur a été son conjoint, infirmier de profession. « À cause des syndicats, il pouvait difficilement combattre l’ancienneté et être promu », précise-t-elle. Il a également souffert d’un grave cancer, et les médecins qu’ils a vus lui ont fortement conseillé d’aller aux États-Unis pour des soins, puisqu’il aurait dû attendre trop longtemps au Québec.

 

Mais la goutte qui a fait déborder le vase fut sa fille, diagnostiquée autiste à un très jeune âge. « Elle fut placée sur plusieurs listes d’attente, et ce malgré le fait qu’une telle attente risquait de la handicaper encore plus. »

 

Le gouvernement, cette fausse panacée

 

Au début, elle croyait, comme plusieurs, que le gouvernement allait l’aider. « Des psychologues ont suggéré qu’elle aille en CPE (garderie publique) afin de développer sa sociabilisation. Malheureusement, et malgré des fonds accordés par le gouvernement, personne ne voulait de la petite. Rendue à quatre ans, elle était encore sur des listes d’attente pour voir orthophonistes et ergothérapeute. C’en était trop. Au Québec, on a droit à tout, mais rien n’est disponible », se plaint-elle.

Le comédien Charles Lafortune vit une situation semblable à Julie – il en avait discuté à Tout le monde en parle. « Il a dit qu’il serait prêt à payer pour les services, probablement comme des milliers d’autres parents dans notre situation. Cependant, trop de personnes croient encore que le gouvernement va les aider, ce qui n’arrivera pas », croit-elle.

 

Certains semblent s’apitoyer sur leur sort. « Même s’il faut attendre cinq ans pour voir un spécialiste, certains préfèrent “vivre pour la société”. Ils iraient même, s’ils sont diabétiques, jusqu’à refuser de passer avant un patient cancéreux. Pourtant, en passant avant, ils libèreraient la liste d’attente. »

 

C’est donc par amour pour sa fille qu’elle a déménagé en banlieue de Houston, au Texas. Ce déménagement a été facilité par l’emploi de son conjoint – qu’elle qualifie « d’emploi à visa facile ». Sinon, le déménagement aurait été difficile, voire inexistant.

 

À la fois conservateur et libertarien

 

À première vue, le Texas pourrait en effrayer plus d’un. « C’est une contrée très conservatrice. À mon arrivée il y a huit ans, la sodomie – on visait principalement les homosexuels par cette loi – était un crime. Les gens ici ne parlent pas beaucoup de sexualité et sont fortement pro-vie, contrairement au Québec. Finalement, la religion est très présente; je n’avais jamais vu ça au Québec. »

 

Mais en regardant de plus près, on se rend compte que l’État de l’étoile solitaire[2] est nettement plus libertarien qu’il n’en paraît. « Ici, je ne paie que 10 % de mon salaire en impôt à l’État, et les taxes sont moins élevées. Même la capitale, Austin, réputée pour être plus à gauche à cause de son grand campus de l’université de l’État, est une grande partisane de Ron Paul. »

 

Parlant de ce politicien, Julie ajoute qu’il est plus populaire que ne le laisse transparaitre les médias. « La télévision est sensée représenter le pouls de la population. Or, ce n’est pas le cas; on tente de minimiser son influence, pourtant très grande. Partout autour de moi, on souhaite que le gouvernement nous laisse en paix! », affirme-t-elle.

 

Libertarienne à l’os

 

Julie a vite fait d’adopter cette mentalité. « Comme nous n’utilisons pas de garderie, je me lève chaque matin à 4h pour m’occuper de mes enfants, malgré mon emploi du temps chargé (elle travaille à la maison à temps plein). Aussi, bien que nous aurions droit à Medicaid[3], nous ne l’utilisons pas. Nous sommes parfaitement capables de nous occuper nous-même de nos enfants. »

 

Bref, son libertarianisme se propage partout. À ce sujet, elle constate le gouffre qui sépare sa mentalité de plusieurs Québécois. «  Au Texas, on se prend en main en famille. Au Québec, il semble que le gouvernement nous prend en charge du berceau à la tombe. Malgré tous les rapports accablants au sujet des CHSLD, les gens y laissent encore leurs parents et leurs grand-parents. C’est gouvernemental après tout, on n’a pas besoin d’y penser… Au Texas, les gens auraient vite fait de retirer l’être aimé de cet enfer. »

 

D’ailleurs, elle est heureuse que ses enfants puissent grandir dans un tel milieu. « Je préfère qu’ils deviennent des “méchants américains”que des moutons québécois. Ici, malgré les peurs qu’on nous faisait, les gens sont très accueillants et aidant, et ils croient vraiment à l’entraide. Pendant plusieurs années, il n’y avait que des pompiers volontaires dans notre ville pour tous les quarts de travail. Mon conjoint y a d’ailleurs offert ses services. En entendant cela, plusieurs personnes de notre entourage pensaient : “Y sont ben cheap!” »

 

Par ailleurs, ce milieu est dirigé par un gouvernement qui fait confiance au gros bon sens de ses citoyens. « Il y a ce qu’on appelle la Castle Law au Texas. Il nous est permis, si on se croit en danger, de tirer quelqu’un qui pénètre notre propriété sans invitation préalable. Évidemment, nous savons utiliser notre jugement. Et les gens sans mauvaises intentions aussi. Nous vivons près d’une école, et il nous arrive de recevoir des ballons. On vient toujours cogner à notre porte avant d’aller les chercher. »

 



[2]    Lone Star State en anglais

[3]    Programme fédéral qui paie notamment les soins des personnes pauvres ou handicapées

Pauline Marois premier ministre du Québec : Va-t-elle représenter le changement?

Par Simon Leduc

Pauline Marois premier ministre du Québec : Va-t-elle représenter le changement?

En 2011, Pauline Marois a connu une année horrible à la tête du PQ. Les démissions et des tentatives de putsch provenant de ses propres militants ont gravement fragilisé son leadership. Au lieu d’abandonner, Mme Marois s’est battu pour demeurer en poste et elle a réussi à imposer son leadership après de longues semaines de lutte contre le clan Duceppe. Il faut reconnaître la combativité et le courage du chef péquiste. Plusieurs chefs de parti auraient démissionné pour moins que cela. Les Québécois semblent avoir été impressionnés par sa détermination car le PQ est maintenant en tête dans les intentions de vote. Le dernier coup de sonde donne 39% des voix au PQ et il aurait formé un gouvernement majoritaire avec un tel taux d’appui. L’ancienne ministre des Finances pourrait sérieusement devenir premier ministre du Québec après les prochaines élections générales. Est-ce qu’elle représente vraiment le changement? Allons voir sa performance comme ancienne ministre.

Le passé ministériel de Pauline Marois : un bilan plutôt négatif :

Durant le dernier règne péquiste (de 1994 à 2003), Mme Marois a occupé tous les portefeuilles ministériels importants : la Famille, la Santé et l’Éducation.

Tout d’abord, son passage à la Famille a été un désastre. Elle a mis en place un monstre bureaucratique qui est très favorable aux grandes centrales syndicales : les Centres de la petite enfance. Ce programme social devait seulement bénéficier aux familles pauvres mais son caractère universel a complètement changé la donne. Toutes les familles du Québec ont eu accès aux CPE et cela a créé de gigantesques listes d’attente. La moitié des ménages québécois n’ont pas droit aux services de garde et se sont les moins bien nantis qui en paient le prix. De plus, ce programme devait coûter 290 millions de dollars par année lors de son instauration en 1997. Quinze ans plus tard, celui-ci coûte près de 2 milliards par an aux contribuables québécois . Les CPE ont été très bénéfiques aux alliés naturel des péquistes : les syndicats. Ceux-ci ont pu procéder à la syndicalisation massive des gardiennes travaillant dans les CPE. Les syndicats peuvent prendre les parents en otage en déclenchant des grèves surprises afin de bonifier leur salaire et vacances. Les grandes centrales syndicales se sont enrichies grâce à la politique familiale de Mme Marois.

Ensuite, l’actuel leader péquiste a mis en place la fameuse réforme scolaire qui est caractérisée par le renouveau pédagogique et par l’endoctrinement au multiculturalisme. La réforme Marois est un désastre dans tous les sens du terme . Elle a accentué le décrochage scolaire, principalement chez les garçons. Celle-ci a transformé l’école québécoise en un laboratoire du multiculturalisme ou l’égalitarisme radical règne en maître. Selon cette doctrine, tous les étudiants sont égaux et on doit les traiter en ce sens. . La disparition du redoublement scolaire et des classes spéciales pour les élèves en difficulté d’apprentissage le prouvent bien. On peut affirmer que le passage de Pauline Marois dans ce ministère a été un échec retentissant (les libéraux ont maintenu cette réforme en place à leur arrivé au pouvoir, il faut aussi le dire) et nos enfants dans les écoles en sont les victimes.

Subséquemment, afin de lutter contre le déficit, le gouvernement de Lucien Bouchard a mis à la retraite des milliers de médecins et d’infirmières. Le système de santé ne s’est jamais remis de cette décision dévastatrice. Il faut se rappeler que Mme Marois était ministre de la Santé quand les coupures ont eu lieu. Ce n’est pas nécessaire d’en rajouter.

Donc, le bilan ministériel du chef péquiste est très mitigé. Peut-elle vraiment faire mieux comme premier ministre du Québec. Poser la question s’est dit répondre. Elle ne représente pas du tout le changement mais bien la vieille garde politique qui est responsable de l’état de décrépitude de la province de Québec.

Quand les chevaliers de l’État étouffent les coopératives de santé

Il n’y a rien qui me choque davantage que de voir des initiatives locales étouffées par le dogme de l’État payeur unique et du monopole public en santé au Québec.

Les coopératives ont une place de choix dans la vie des Québécois: coopérative financière Desjardins, coopératives d’habitation, coopératives étudiantes, coopératives agricoles, etc. Et pourquoi pas des coopératives de santé?

Or, il semble que Radio-Canada sera fort probablement très heureuse de nous apprendre demain soir que 15 coopératives de santé seront mises en demeure par la RAMQ pour frais illégaux.

À partir du moment où un participant ayant dûment accepté de payer sa contribution annuelle affirmera qu’il “doit payer pour accéder à un médecin”, c’en est fait. Les propagandistes du monopole public (dont Radio-Canada), lesquels ont parfois l’arrogance de se désigner comme “Observatoire“, mobiliseront les chevaliers de l’État pour étouffer l’initiative locale et ramener les pêcheurs sur le bon chemin de l’attente.

Ils feront alors appel aux soit-disants “experts” en la matière, tous de purs idéologues d’un régime public mur à mur qui n’existe à peu près à nulle part ailleurs en Occident. Les Marie-Claude Prémont et les Réjean Hébert, tous deux des obsessifs-compulsifs d’un régime public, seront donc appelés en renfort pour dénoncer de pareilles initiatives, associant les coopératives de santé à une commercialisation et à la marchandisation des services de santé. Y’a rien de trop beau pour la gauche populiste du Québec.

Les coopératives de santé peuvent devenir le cheval de Troie qui va démolir notre système de santé, avait déclaré le Dr Réjean Hébert. C’est une forme de privatisation du système de santé.» – Pour en finir avec le Gouvernemaman, p. 77

Les municipalités doivent-elles et peuvent-elles financer pour autant des infrastructures pour y accommoder des coopératives de santé? Probablement pas. Ce n’est probablement pas ce pour quoi les taxes municipales doivent servir. Mais qu’y a-t-il de si dangereux à permettre à des adultes consentants d’adhérer à une coopérative de santé?

La question que pose la RAMQ et Radio-Canada, soit “Devez-vous payer pour accéder à un médecin” n’est pas la bonne. Les véritables questions devraient être:

  • Avez-vous un meilleur service de proximité depuis que vous être membre de votre coop de santé?
  • Y a-t-il de nouveaux services auxquels vous donne droit votre coopérative de santé?
  • Vous est-il possible d’obtenir un rendez-vous plus rapidement qu’autrefois?
  • Avez-vous remarqué que votre coop a engagé des infirmières pour assister le médecin dans sa tâche?

Et puis, en adulte consentant, si les réponses sont négatives, ne pourrait-on pas faire tout simplement confiance à ces adultes pour fréquenter une autre clinique de leur choix?

Les coopératives de santé auraient pu être une avenue absolument intéressante pour tester une formule prometteuse inscrite dans les gènes des Québécois. Malheureusement, il y a, dans ce cas-ci, trop de médecins qui au lieu de faire de la médecine, se préparent trop bien à faire de la politique.

P.S. Le docteur Réjean Hébert est le candidat du Parti québécois qu’a récemment recruté Madame Pauline Marois.

Mythes et légendes socialistes: Le système de santé cubain

S’il existe un mythe persistant, c’est la supposée excellence du système de santé cubain.  Malgré la propagande castriste gaiement perpétrée par des idiots utiles comme Michael Moore et nos propres élites gauchistes. Il s’avère que le système Cubain est un système à trois vitesses. Une pour l’élite du Parti Communiste, une pour les touristes et une autre pour les cubains ordinaires. La seule différence entre les touristes et l’élite cubaine, c’est qui paie et qui ne paie pas pour les soins. Les touristes paient bien sûr en pésos convertibles, dont la valeur est fixée au dollar américain. Pour les cubains ordinaires, la situation est tout autre.  

Cuba en chiffres.

  Canada Cuba
Population (2007) en millions 32 876 11 268
Âge médian 39 37
PIB par habitant ($ PPA int.) 35 310 N/D
Dépenses de santé % du PIB (2006) 10,0 7.7
Dépenses de santé par habitant ($ PPA int.) 3 673 674
Espérance de vie à la naissance (2007) 81 78
Nbre de Médecins par 10 000 habitants 19 59

Nbre d’infirmières et sages-femmes par 10 000 habitants

101 74
Nbre de lits d’hôpitaux par 10 000 habitants 34 49

(Source: OMS)

Si on ne se fiait qu’aux statistiques, le système cubain semble impressionnant. Il semble faire beaucoup avec rien. Mais les statistique de l’OMS proviennent du gouvernement de chaque pays respectifs. Si on peut dire que la plupart des pays occidentaux ont bonne réputation par rapport à leur transparence, ça n’a jamais été le cas de gouvernements communistes, comme ceux de la défunte URSS et de Cuba, qui par le passé n’ont jamais hésité à fournir des statistiques bidon pour bien paraitre et qui maintiennent tout le contrôle de l’information en restreignant le la liberté d’expression et la liberté de presse.

Il ne suffit que de visiter les sites d’organismes comme Amnistie Internationale, Human Rights Watch et Reporters Sans Frontières pour constater la volumineuse documentation contre Cuba au niveau des droits humains et de la liberté d’expression. L’URSS était notable pour gonfler leurs statistiques de production industrielle. Lorsque le rideau de fer est tombé, on s’est bien rendu compte que l’URSS était un tigre en papier. Que le système de santé cubain soit également un tigre en papier, ne devrait surprendre personne. Par exemple, le faible taux de mortalité infantile cache le fait que Cuba a un des taux d’avortement les plus élevés au monde, presque 5 fois celui du Canada. Ça pourrait laisser croire qu’à Cuba, on avorte tout fœtus qui pourrait avoir une défectuosité quelconque. D’autres facteurs tendent aussi à démontrer que les statistiques de Cuba sont trompeuses.

Financement

Tous les soins, pour ce qu’il y a, sont financés par le gouvernement cubain qui en retour, taxe 95% des revenus de ses citoyens. Pour un système qui est supposé être gratuit, je trouve qu’en réalité il coûte affreusement cher en termes du pouvoir d’achat des cubains ordinaires qui ne gagnent environ $20 par mois. Si d’ailleurs vous allez vérifier les statistiques de l’OMS sur le PIB par habitant et le pourcentage d’habitants vivant en dessous de $1 par jour, comme par hasard, ces statistiques sont non-disponibles. D’après mes calculs très conservateurs, la dernière de ces statistiques doit englober plus de 95% de la population. Si le nombre de médecins et infirmières de Cuba parait impressionnant, c’est que le régime cubain s’en sert comme monnaie d’échange pour obtenir des denrées, comme du pétrole vénézuélien, par exemple.

La prestation des soins.

À Cuba, tous les soins sont prodigué dans des hôpitaux gérés par le gouvernement cubain. Toute forme de clinique privée y est bien sûr illégale. Il existe quelques hôpitaux modernes comme celui qu’a visité Michael Moore pour son film « Sicko ». Rien n’est trop beau pour les apparatchiks et les touristes et leurs dollars. Mais la grande majorité des hôpitaux cubains sont vétustes et dilapidés. Michael Moore a demandé à ce que les patients qu’il a emmené avec lui soient traités « exactement » comme les cubains ordinaires et n’était que trop heureux de gober tout ce que les autorités cubaines lui ont dit, sans même vérifier. S’il avait vu comment les cubains ordinaires sont traités, il aurait été horrifié. Les images valent mille mots, alors vous n’avez qu’à regarder la photo ci-haut et la photo ci-contre pour avoir un aperçu de ce qu’un cubain ordinaire subit lorsqu’ils sont hospitalisés.

Dans la photo ci-contre, on voit un patient dans un lit dont le matelas ne serait utilisé que par des sans-abris au Québec et les deux pieds dans sa propre merde! À Cuba, des médicaments ordinaires comme l’aspirine, l’acétaminophène, l’ibuprophène et les antibiotiques sont très rares et ne sont trouvables que dans des magasins réservés à l’élite et les touristes dont les prix sont en $US ou en Euros, ou sur le marché noir. Les gants de latex sont tellement difficiles à obtenir, que les chirurgiens doivent les réutiliser. Les défenseurs du système cubain sont vites à blâmer l’embargo américain, mais cet argument est une coquille vide. Il impliquerait que les États-Unis seraient la seule source de médicaments sur laquelle Cuba pourrait compter et ce n’est certainement pas vrai. Cuba a un bon nombre de partenaires commerciaux qui ont accès à tous les médicaments dont Cuba pourrait avoir besoin et qui ne demanderaient pas mieux que de leur vendre. Dans la réalité, un patient cubain qui fait un séjour à l’hôpital doit fournir ses propres vêtements, ses draps, sa nourriture, ses médicaments et son fil de sutures. De plus, quelqu’un de sa famille devra prendre soin de lui la plus grande partie de son séjour. C’est ça le système cubain. Tout ça est documenté. Seuls les amis du régime vont tenter de prétendre le contraire.

Conclusion.

Certains considèrent à tort que Cuba est un modèle à suivre. Seulement, aucune personne saine d’esprit ne considèrerait adopter ce système. Bien des opposants de l’inclusion du privé dans notre système de santé, brandissent le spectre de la médecine à deux vitesses. L’exemple de Cuba démontre conclusivement qu’un système 100% public et socialiste est une garantie d’équité. En réalité, il démontre plutôt que ce genre de système mène inévitablement à une plus grande iniquité: un apartheid médical.

Sources:

For Cubans, a bitter pill – National Post, July 7,2004.

The Myth of Cuban Health Care

« Sicko » Presents False View of Cuba’s Health System

Cuba’s Healthcare Horror

‘The Cuban model doesn’t even work for us anymore’: Castro

The Incidence of Abortion Worldwide

OMS: Statistiques Sanitaires Mondiales 2010