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Que valent nos députés?

Par Philippe David

Il y a quelques semaines, suite à l’indignation au sujet de la prime de départ du ministre Yves Bolduc, il a été question de déposer un projet de loi pour modifier le traitement des membres de l’Assemblée Nationale afin d’éliminer ces primes et par la même occasion augmenter le salaire de base des députés et ministres. Il serait question, en échange de l’élimination des primes de départ (sauf pour des cas de maladie) et une contribution plus élevée à leur régime de retraite d’augmenter le salaire de base des députés de  88 186 $ à 136 010 $ selon les recommandations du rapport du comité de Claire L’Heureux-Dubé. À cette date, le projet de loi n’a pas encore été déposé et il est donc impossible de connaître les détails, mais en ces temps où le gouvernement prêche le contrôle des dépenses et prépare le terrain pour les négociations avec les syndicats des fonctionnaires, je crois qu’il est approprié de se poser la question: que vaut un député vraiment?

Des évaluations boiteuses.

Certains prétendent que nos députés travaillent très fort pendant de longues heures. Être député n’est pas un emploi de 9h à 17h, 40 heures par semaine, prétendent-ils et ce qu’ils font est tellement important. Ils méritent donc ce qu’ils gagnent et peut-être même plus. Après tout, beaucoup de fonctionnaires font plus qu’eux et nous devons leur offrir un bon salaire si nous voulons attirer des candidats de qualité.

Le problème est qu’autant pour les membres de l’Assemblée Nationale que pour les fonctionnaires d’ailleurs, la rémunération n’a rien à voir avec les forces du marche et est complètement arbitraire. Elle n’a absolument rien à voir avec la véritable valeur économique de leur travail qui est d’ailleurs impossible d’évaluer dans ces termes.

Public vs privé

Dans l’entreprise privée, les salaires sont évalués selon un jeu de l’offre et de la demande pour des talents particuliers et l’évaluation subjective de ce que ces talents peuvent rapporter à l’entreprise. La valeur du travail à tous les échelons a un rapport direct avec la productivité des travailleurs qui participent à divers degrés à la création de richesse en produisant le plus efficacement possible des biens et services appréciés des consommateurs. 

De l’employé de chaîne de montage au P.D.G. d’entreprise, le salaire de chacun est le produit d’une évaluation de ce que le travail de chacun rapportera à l’entreprise. Si l’entreprise est profitable, elle crée de la richesse, si elle ne l’est pas, elle gaspille des ressources et toute autre chose étant égale par ailleurs, si elle persiste dans cette voie, elle fermera éventuellement ses portes pour laisser la place à une entreprise mieux gérée. C’est grosso-modo comment les choses fonctionnent dans le domaine privé. Les entreprises produisent des biens et services selon les désirs des consommateurs qui paient volontairement pour ces biens et services.

Dans le domaine public c’est différent. Le gouvernement ne crée pas de richesse. L’argent qu’il reçoit est extrait sous forme de taxes et impôts que le citoyen n’a pas le choix de payer sous peine de se faire arrêter et jeter en prison. Puisque les revenus du gouvernement ne dépendent pas de la valeur des biens et services qu’il produit, il n’a aucun incitatif à livrer ces biens et services de façon efficace et productive. Puisque le gouvernement ne fait aucun profit ou perte, il est impossible d’évaluer la productivité de ceux qui y travaillent. Leur travail est en réalité une perte nette pour l’économie.

Le secteur privé crée la richesse, le secteur public la consomme et la redistribue, généralement aux petits n’amis du parti au pouvoir, laissant quelques miettes aux nécessiteux. Plus le secteur public est gros par rapport au secteur privé et plus nous nous appauvrissons collectivement.

Alors que valent nos députés?

Le québécois moyen gagne dans les environs de 43 000$ par an et doit en payer presque la moité en impôts, taxes et tarifs de toutes sortes à tous les paliers de gouvernement. Une partie de ça sert à payer nos député dont le rôle consiste, par chaque loi qu’ils votent et chaque nouvelle taxe qu’ils nous mettent sur le dos à restreindre nos libertés et nous appauvrir toujours un peu plus.

Je vous laisse décider ce que leur travail vaut pour vous, mais à mon humble avis, ils sont déjà surpayés. Gardez ça en tête quand ils présenteront leur projet de loi…

Marie-Antoinette part à la retraite

Par Philippe David

Au moment que j’ai écrit ces lignes, vous avez probablement  entendu parler du courriel éventé par le Journal de Montréal provenant d’une fonctionnaire de l’agence de revenu du Québec qui part pour une pré-retraite d’un an à plein salaire,  dans lequel elle faisait part à ses collègues de tous ses petits projets de voyage et de se la couler douce.  Beaucoup ont trouvé cette histoire choquante. Pour ma part, ce n’est pas tant le contenu du courriel que l’attitude derrière qui me choque. 

Lorsqu’informé de l’histoire, le Président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux a souligné que la dame ne fait que profiter d’avantages qui lui sont dus. C’est vrai. Ça ne change cependant rien au fait que comparativement aux conditions de travail plupart des contribuables québécois, les avantages dont jouissent les fonctionnaires sont carrément indécents.

Une étude récente de l’Institut Fraser rapporte qu’en moyenne, les salaires des fonctionnaires du Québec (tous niveaux de gouvernement confondus) sont 10,8% plus élevés que ceux qui travaillent dans le secteur privé. Comme si ce n’était pas assez, ils bénéficient  également de la Rolls Royce des plans de retraite, de congés payés accumulables, moins d’heures de travail et une sécurité d’emploi en béton armé. Les graphiques ci-dessous, tirés de l’étude illustrent bien ces différences:

Condittions de travail public vs privé

 Bien entendu, pour ceux qui suivent un peu l’actualité, rien de tout ça n’est nouveau. Il y a belle lurette que les fonctionnaires du Québec sont choyés. La dame mentionnée plus haut bénéficie du fait que les fonctionnaires peuvent cumuler leurs congés de maladie inutilisés tout au long de leur carrière pour se payer un an sans travailler à plein salaire. Allez voir combien de travailleurs du privé peuvent se permettre ça. Vous allez chercher longtemps. 

Pourtant, ce qui est le plus scandaleux n’est pas tant ces conditions de travail privilégiées, mais l’attitude des fonctionnaires quand ils défendent leurs privilèges. Les commentaires à la chronique d’hier de Michel Hébert en disent long à ce sujet. Pour eux, ce sont des acquis qu’ils ont mérités (en travaillant moins et en s’absentant plus que tout le reste du monde) et ils s’en félicitent sans gêne aucune.

Mais la réalité est toute autre. Ces conditions de travail, ils les ont obtenues parce que les services qu’ils prodiguent sont monopolisés par l’état et que seulement la menace d’une grève tient toute la population en otage puisque, contrairement au privé, la clientèle ne peut pas aller voir un compétiteur. Le gouvenement n’est pas non-plus soucieux de la rentabilité puisqu’ils obtiennent leurs revenus des contribuables par la force.  Leur intérêt ne se retrouve pas dans les moyens de payer pour tous ces avantages mais de préserver la paix sociale. Les négociations syndicales dans le secteur public se résument généralement à l’image d’un négociateur syndical qui pointe un révolver sur la tempe du contribuable pendant qu’il passe le stylo au politicien en disant « Signe ça ost…! »

Les avantages des fonctionnaires sont donc le fruit d’une extorsion grossière sur le dos des contribuables, qui eux n’ont pas ces avantages mais, comme la noblesse d’autrefois, soit les fonctionnaires en sont totalement ignorants ou ils s’en tapent royalement. Ils tiennent à leurs privilèges et si le bon peuple n’a plus de pain, tant pis! Qu’ils mangent de la brioche! 

Souvenez-vous en la prochaine fois que vous les verrez dans la rue à protester contre «l’austérité» parce que les contribuables ne devraient pas être les seuls à se serrer la ceinture.