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La pétition des cigales

Une suite à la célèbre fable de Jean de la Fontaine

Par Philippe David

(Si vous ne vous vous souvenez pas de la fable originale, je vous recommande de rafraîchir votre mémoire.)

La cigale ayant été rondement rabrouée
Par la fourmi et son manque de charité,
Pris un moment pour savoir que faire.
De ce pas, elle alla voir ses compères.

«Cela ne se passera pas comme ça!»
Commença-t-elle à dire,
Avec les autres cigales, une pétition se mit-elle à écrire.
«Allons à la législature pour faire valoir nos droits!»
Et c’est ce qu’elles firent.

«Qu’il vous plaise Messieurs les députés,
D’entendre notre histoire d’injustice et d’iniquité.
Ayant chanté tout l’été
Et agrémenté vos journées,
Nous nous sommes retrouvées fort dépourvues,
Quand l’hiver fût venu.
Pas la moindre parcelle de vitamine ou protéine,
Pour nous sustenter, c’est la famine!

Les fourmis, quant à elles, ne manquent de rien
Elles en ont même plus qu’il n’en faut pour avoir le ventre plein.
Avec elles, nous avons plaidé,
De partager quelques bouchées.
Elles se sont montrées très déplaisantes.
Elles nous ont même accusées d’être fainéantes!
Mais jamais ont-elles voulu,
Nous consentir ne serait-ce qu’une miette de leur surplus.
De quel genre d’égoïsme doit-on être animé
Pour se complaire ainsi à laisser ses voisins crever?
J’ai ouï-dire que dans certaines contrées,
On contraint les égoïstes à la charité.
Nous croyons donc qu’il  serait opportun,
De faire de même aux fourmis au nom du bien commun.»

Des applaudissements fusèrent dans l’assemblée.
Au discours des cigales, beaucoup semblaient adhérer.
Une fourmi députée, suite au discours,
Au nom des siens y tenta recours.

«Chers confrères», dit-elle, «qu’il ne vous déplaise,
D’entendre l’autre côté de cette thèse.
Cet été pendant que les cigales chantaient,
D’arrache-pied, mes sœurs s’affairaient
À amasser victuailles et denrées
Car nous savions pertinemment
Que l’hiver viendrait inévitablement.
De tous, cette information est connue.
Nulle raison d’être pris au dépourvu.
Rien n’empêchait les cigales de faire de même,
Mais elles ont préféré la vie bohème
Elles ont le droit de décider comment mener leur existence,
Mais de leurs choix, elles doivent aussi subir les conséquences.
Ce ne serait pas leur rendre service
Que de les sauver des aléas de leurs vices
La véritable vertu est de prévoir
Et nos propres besoins bien pourvoir
Afin de ne point dépendre de charité.
Ce n’est point justice
Que de vouloir forcer autrui à payer pour ses vices
À quoi sert d’être prévoyant,
Si c’est pour payer pour des fainéants
Qui ne font pas le moindre effort
D’améliorer leur propre sort?»

Hélas, pour les fourmis,
Des députés, elles n’avaient guère d’amis.
Les arguments des cigales attirèrent la sympathie.
Tels sont les aléas de la démocratie.

De leurs surplus, les fourmis furent délestées.
Sous peine d’emprisonnement, si elles refusaient d’obtempérer.
Qu’à cela ne tienne, le printemps revenu,
Les insectes découvrirent que les fourmis avaient disparu.
Vers de plus clémentes contrées,
Elle se sont en allées.

 

Le Venezuela et l’échec du socialisme du 21e siècle

Par Philippe David

Lorsque le mur de Berlin a finalement chuté et levé le voile sur toutes les aberrations du socialisme, on aurait pu croire que ce système aurait dû être totalement discrédité. Tous ceux assez vieux pour suivre l’actualité à l’époque ont pu constater l’état dans lequel se sont retrouvés l’URSS et ses satellites d’Europe de l’Est après plus de 70 ans de gouvernance socialiste marxiste (parce que oui, le dernier «S» d’URSS, c’était pour «socialistes» (Union des Républiques Soviétiques Socialistes).  Cet effondrement était pourtant prévisible et dans les faits, il avait été prédit par l’économiste Ludvig von Mises sans son livre «Socialism», publié en 1920 alors que l’URSS venait à peine de se débarrasser du régime tsariste.

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Déjà à cette époque, von Mises avait déterminé que la micro-gestion d’un état propriétaire des moyens de production allait à ce point saper la base de production qu’il rendrait impossible tout calcul économique permettant de déterminer qu’est-ce qui devrait être produit et en quelles quantités afin de satisfaire la demande des consommateurs, car c’est bien là le but premier d’une économie.

Malheureusement, ce que les socialistes ne comprennent toujours pas est que lorsque c’est le gouvernement qui gère l’économie, les décisions économiques qui seront prises ne seront pas prises en fonction des désirs des consommateurs, mais en fonction des désirs du gouvernement et de sa clique dirigeante.  Voyez-vous, en URSS,  comme un peu partout ailleurs, les élites ont toujours été déconnectées de la population. (C’est pareil au Québec, en France, etc.) Les élites en URSS avaient même des boutiques qui leur étaient réservées exclusivement. Le fait que leurs concitoyens devaient quotidiennement faire la queue pendant des heures pour une miche de pain était le cadet de leurs soucis.  Eux ne manquaient de rien alors les désirs des petits citoyens ne figuraient pas parmi leur liste de priorités et même lorsqu’il y avait coïncidence, les dirigeants ne disposaient pas des informations nécessaires pour guider la production, résultant en des pénuries de certains produits et des surplus d’autres.

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La grande faille du socialisme

La faille du socialisme est que les socialistes n’ont jamais rien compris au système de prix qui est pourtant au coeur des échanges commerciaux et de la production. Plus particulièrement, ils refusent obstinément de comprendre que ce système comporte des signaux qui permettent aux producteurs de déterminer ce qui doit être produit, en quelle quantité et quelle est la façon la plus efficace de le produire. Le niveau des prix de tous les facteurs de production, que ce soit des matières premières, de la machinerie, des terrains, de la main d’oeuvre, etc. comporte des informations sur la rareté ou l’abondance relative de ces facteurs, ce qui dit à un entrepreneur quelles combinaisons de ces facteurs lui donnera ce qu’il veut produire au plus bas coût possible.

Parallèlement, les profits récoltés lors de la vente de divers produits finis et services informent les producteurs de ce que les consommateurs recherchent et leur indique quels sont leurs besoins.  Le processus de détermination de ce qui devrait être produit pour satisfaire les besoins des consommateurs est ce qu’on appelle le calcul économique. Or, le socialisme cherche justement à contrôler ou carrément anéantir ces signaux et rendent les besoins de production incalculables.  Voilà comment le résultat inévitable du socialisme a toujours été la distribution égale de la misère.

Avance rapide au 21e siècle…

Faisons un petit »» (avance rapide) à l’orée du 21e siècle. Nous avons vu expérience après expérience des effets désastreux du socialisme. Des dizaines de millions ont crevé de faim en Chine sous Mao et des millions en URSS sous Staline et Lénine. L’URSS et ses états satellites se sont effondrés sous leur propre poids. Les cubains vivent avec des cartes de ration depuis leur «révolution».  En Corée du Nord, la famine pousse certains parents à manger leurs propres enfants

On se serait imaginé qu’après tout ça, le monde se serait guéri de la lubie socialiste. Mais non! Nous n’avons apparemment rien compris. En 1998, les vénézuéliens élisent Hugo Chavez qui les embarque dans une révolution qu’on appellera la révolution bolivarienne et amène le «socialisme du 21e siècle» aux exclamations de ooooh et de aaaah des gauchistes un peu partout. Chavez allait-il réussir là où les autres ont échoué?

En 2015, après 17 ans de chavisme, la proportion de vénézuéliens vivant sous le seuil de pauvreté était de 76% alors qu’elle était 60.94% avant l’élection de Chavez. Des enfants de 5 ans sont admis à l’hôpital ne pesant que 11 livres (à peine 5 kg).  La famine au Venezuela que les gens se sont mis à manger les animaux de zoo à Caracas et chassent les chiens et les chats dans les rues.

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Voyez-vous, Chavez et son successeur, Nicolas Maduro, ont commis toutes les erreurs des autres régimes socialistes. Ils ont saisi et nationalisé des grands pans de  l’économie et institué des contrôles de prix. Voyant les résultats, pourtant prévisibles de ces politiques, plutôt que de faire marche arrière, Maduro fait de la surenchère et impose des contrôles plus sévères encore. Il force des vénézuéliens à travailler dans les fermes. En bref, il démontre éloquemment que les socialistes ne comprennent toujours rien à l’économie et persistent dans l’erreur. Ce que ça pendra pour qu’ils apprennent un jour est encore un mystère, mais ne soyons pas surpris de voir des évènements de cannibalisme rapportés dans les journaux bientôt.

Ça m’a toujours fait rire de voir certains économistes de gauche faire l’éloge des politiques de Chavez. Des économistes qui, de toute évidence, n’ont jamais lu von Mises. Pourtant, les résultats que nous constatons au Venezuela maintenant étaient prévisibles et ne devraient surprendre personne qui est familier avec le système de prix est les effets néfastes de la micro-gestion gouvernementale de l’économie. Essayons donc d’apprendre de ces erreurs et méfions-nous des politiciens qui prônent le même genre de politiques.  S’il est possible d’ignorer les lois de l’économie, il ne faut pas oublier que l’économie, elle, ne nous ignorera pas.

Alexandre Taillefer et les libertariens

Par Philippe David

Récemment dans ce que qu’il se plaisait à appeler une «chronique» à l’antenne de Radio-Canada (notre radio-poubelle subventionnée), Alexandre Taillefer s’est amusé à casser du sucre sur le dos des libertariens. C’est vrai que nous sommes effectivement une épine dans son flanc. Il a donc de bonnes raisons de nous haïr.

Il commence donc à débiter les sempiternels clichés: le «chacun pour soi», le «au plus fort la poche», le «darwinisme». Parce que c’est tellement plus altruiste de financer une entreprise et d’en tirer profit sur le dos des contribuables et de vouloir faire mettre un prix plancher de $1.50/litre, juste pour s’en mettre plein les poches aux dépens de tous les autres.

Évidemment, pour le darwinisme, je plaide coupable. Je suis darwiniste parce que je crois fermement qu’une entreprise devrait être financée par des investisseurs qui mettent volontairement leur propre fric, pas celui qui a été extirpé par la force des contribuables. Je crois aussi fermement que si une entreprise produit un bien ou service qui n’est pas aimé des consommateurs ou que l’entreprise est mal gérée, qu’elle mérite de faire faillite et être remplacée par une qui saura mieux répondre à ces besoins plutôt que de la faire vivre sur le respirateur à coup de subventions. Parce que servir les gens en offrant un service ou un bien utile et prisé des consommateurs est le véritable rôle d’un entrepreneur et non se garnir les poches de l’argent de nos taxes.

M. Taillefer s’offusque de notre opposition à la hausse du salaire minimum à 15$/heure et nous reproche d’étoffer nos arguments avec des études, comme l’a fait Vincent Geloso dans le Journal de Montréal. Parce qu’évidemment, il ne faudrait certainement pas laisser les faits supplanter les bonnes intentions. Que des dizaines de ces études démontrent que dans les faits, une telle hausse du salaire minimum nuirait aux pauvres et aux petites entreprises, Alexandre Taillefer n’en a cure. Il a Joseph Stiglitz de son côté. Le même qui, il y a quelques années, faisait l’éloge de la révolution bolivarienne au Venezuela. C’est tellement plus crédible! Après tout, le socialisme a un historique de succès tellement plus reluisant que le soi-disant «néolibéralisme» qui en réalité, est un fourre-tout pour tout ce que les socialistes comme M. Taillefer n’aiment pas.

Il finit en parlant de décence comme si un faux entrepreneur qui se gave de deniers publics avait vraiment des leçons à donner. Quand les programmes qu’il prône nuisent justement aux plus pauvres et lui sont principalement profitables à lui. Quand il est grand partisan du modèle économique progressiste qui a fait du Québec la province la plus pauvre et la plus endettée du Canada. Si Alexandre Taillefer se souciait vraiment des plus pauvres, il ferait mieux de tenter de gérer son entreprise sans l’argent des autres, s’il en est seulement capable. Mais vivre sans chèque de BS corporatif, M. Taillefer n’aime pas.