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La vraie jungle

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Par Philippe David

Je suis toujours amusé quand je vois un quelconque ignare tenter de critiquer une philosophie sans jamais avoir lu une ligne des œuvres sur lesquelles elle repose. Ou s’il a lu, il n’y a strictement rien compris. Le plus récent exemple est un brûlot dans le Huffington Post-Québec de la plume d’Emmanuel Cree. Dans « L’Art de la Guerre » le général et philosophe chinois Sun Tzu enjoignait son lecteur à « connaitre son ennemi ». Il est clair que M. Cree a misérablement failli à cet objectif.

Cependant, je vais quand même lui pardonner au moins partiellement, puisqu’il a choisi de me faire une petite pub. Ce sera intéressant de mesurer le lectorat de M. Cree selon l’impact que ça aura sur mes propres statistiques. J’espère à tout le moins que ses lecteurs auront la curiosité de venir explorer Contrepoids et le sens critique de déceler les failles dans le raisonnement de M. Cree. Mais je ne suis tout de même pas du genre à me laisser définir par mes opposants, alors je vais donc m’appliquer à corriger certaines des erreurs factuelles de M. Cree.

La non-agression pour les nuls

Ou du moins pour M. Cree. Le libertarianisme est une philosophie politique qui est fondée sur un axiome appelé le principe de non-agression. Ce principe dicte que personne ne doit initier la violence, peu importe le but. Ceci inclut des attaques physiques à un individu (ou la menace d’une attaque). Ça inclut aussi les attaques à la propriété de cet individu, parce que cette propriété est le fruit de son travail qu’il a droit de ne pas se faire fracasser par une bande de petits morveux qui manifestent en plus pour que l’état utilise la force de la loi contre lui pour payer leur éducation. D’où notre engouement pour les vitrines. Parce que les commerçants ne sont pas nécessairement très riches et qu’ils n’ont pas à subir de vandalisme pour un conflit que ne les regarde pas.

M. Cree s’amuse donc à décrire comme une jungle, une société ou théoriquement, la violence serait philosophiquement répréhensible. Ce qui ne veut pas dire nécessairement qu’il n’y aurait aucune violence, mais au moins, la violence serait considérée comme indésirable par la grande majorité des individus et dans la majorité des cas, incluant le comportement de l’état. Nul besoin de dire que la race humaine n’a pas encore fait preuve de la sagesse nécessaire à l’aboutissement d’une telle société, mais j’ai confiance que nous évoluerons dans cette direction un jour. M. Cree dit déplorer l’autoritarisme de l’état. Pourtant, il ne le déplore que lorsque cet autoritarisme ne sert pas sa cause, comme lorsque les méchants policiers tapent sur ces innocents casseurs de vitrines, mais si la force de l’état sert une bonne cause (selon lui) comme aider ces pauvres démunis tant méprisés par les libertariens. Pourtant s’il poussait le raisonnement qu’il porte sur la violence de l’état dans le premier cas, il réaliserait que dans le second cas, l’utilisation de la force est encore plus injustifiée. J’y reviendrai dans un instant, avant je veux mettre un petit détail au clair

Ayn Rand et l’objectivisme

Quand je parlais de critiquer une philosophie sans avoir lu les œuvres sur lesquelles elle repose ou sans avoir rien compris de ladite philosophie, la description que M. Cree fait d’Ayn Rand est un prime exemple. Selon lui, Ayn Rand méprise les pauvres, qu’elle qualifie de « parasites ». Dans la réalité, Rand utilise plutôt les termes « moochers » et « looters » (traduction libre : « mendiants » et « pillards »). Elle utilise le terme « moocher » ceux qui s’enveloppent dans un discours victimaire pour obtenir une faveur quelconque. Peu importe ce qui leur arrive, ce n’est jamais leur faute. Personne n’est jamais responsable de son propre malheur. Personne ne prend jamais de mauvaises décisions qui entrainent des conséquences fâcheuses, ces conséquences sont toujours le fruit d’une quelconque malchance. Vous reconnaissez cette cassette?

Quant aux pillards, ce sont ceux qui mettent la force de l’état à leur profit personnel, ce qui inclue tous les BS corporatifs qui utilisent des lobbyistes pour amener l’état à créer des lois pour les avantager au détriment de leurs concurrents, ou pire encore, ceux qu’on voit quotidiennement à la Commission Charbonneau qui contribuent à la spoliation des fonds publics par la collusion et la corruption. Bien qu’on peut certainement compter des profiteurs dans les rangs de l’aide sociale, ce ne sont pas les « pauvres » contre lesquels Ayn Rand s’acharne. Elle vise en fait de bien plus gros poissons qui s’enrichissent soit des bonnes grâces de l’état, ou en faisant de la pauvreté une industrie pour leur enrichissement personnel. Ce n’est pas en lisant l’article de Wikipédia sur Ayn Rand, comme l’a probablement fait M. Cree, que vous devenez un expert en la matière.

Égoïsme et altruisme

Dans ses écrits, Ayn Rand parle longuement du concept d’altruisme et d’égoïsme. Cependant, elle élargit la définition de ces termes à bien plus que d’être centré sur soi ou les autres. L’objectivisme consiste plutôt à jeter un regard objectif à ces termes en observant le comportement de ceux que l’on dit égoïstes et altruistes. Rien ne saurait faire une meilleure démonstration que de regarder la façon dont les soi-disant égoïstes et altruistes désirent aider les pauvres.

Les altruistes, dont je suis certain que M.Cree croit faire partie, considère que la façon d’aider les pauvres c’est de voter pour un gouvernement qui utilisera la menace de la force ou la force elle-même pour forcer les individus à payer des impôts pour, supposément redistribuer la richesse aux plus démunis. (La Commission Charbonneau démontre plutôt que cette redistribution est loin d’aller aux démunis. Que diriez-vous si j’allais vous pointer un révolver sur la tempe et vous ordonner de donner votre argent à votre voisin qui est plus pauvre que vous? C’est pourtant exactement ce que vous faites si vous votez pour que le gouvernement « redistribue la richesse ».

L’approche des égoïstes, comme moi, consiste à fouiller dans ses propres poches et donner son propre argent à des charités pour qu’ils puissent aider les pauvres et laisser aux autres le choix de donner ou pas et décider de combien ils veulent donner. Pour nous, l’être humain est un être charitable de nature et lorsqu’on laisse le choix aux individus, ils s’entraident de façon beaucoup plus efficace et ciblée que n’importe quel gouvernement.

La jungle

Nous vivons dans un monde imparfait, mais les libertariens ont compris que les avancements sociaux ne proviennent non pas de la redistribution forcée de la richesse et du pillage de l’homme par l’homme, mais plutôt du meilleur de l’être humain, sa générosité et sa créativité. Accordez à l’individu la liberté il trouvera le moyen de résoudre n’importe quel problème. Mais il y a une bonne raison pourquoi des gens M. Cree usent de démagogie pour tenter de discréditer le libertarianisme, c’est parce que la vraie jungle, c’est ce que nous avons présentement : une orgie de socialisme et de corporatisme qui endette les générations futures et ils en profitent et ont très peur de perdre leurs avantages. Ça prouve que notre message touche le but et gagne de l’ampleur. Je vous encourage à ne pas vous limiter aux propos de gens comme M. Cree, mais de faire l’effort de lire et apprendre plus et faire preuve de pensée critique. Ne vous fiez pas seulement à moi non-plus. Faites vos propres recherches. Lisez Frédéric Bastiat, Friedrich Hayek ou Murray Rothbard et découvrez par vous-même de quoi il retourne.

 

La lutte des classes revisitée

Par Philippe David

Seriez-vous surpris de m’entendre dire que Marx avait raison? Qu?il y a bel et bien une lutte des classes? Ou vous demanderez-vous ce que j?ai bien pu saupoudrer sur mes

céréales ce matin? En fait, ça ne devrait pas être surprenant. Ça sera clair après une petite explication. Alors oui, Marx avait raison, et en même temps, il avait tort.

Je m’explique. Oui, il y a dans notre société une classe qui exploite et une autre qui est exploitée. En cela, Marx avait raison. Par ailleurs, là où Marx avait tort, c’est l’identité des exploiteurs et des exploités. Marx accusait les capitalistes et les entrepreneurs d’être les exploiteurs, mais c’est faux. La meilleur preuve est de tout simplement examiner les pays qui supposément, suivent l’idéal de Marx pour se rendre compte que même sous ces régimes, il existe une classe de privilégiés qui ne manquent de rien, ont accès aux meilleurs soins médicaux, ont accès aux meilleures denrées, etc. Si vous croyez que Fidel Castro ou son frère, ou encore Kim Jong Un ont les mêmes conditions de vie que leurs concitoyens, vous être autrement naïfs. Donc, s’il y a une classe exploitante et une classe exploitée même dans les paradis du prolétariat, est-ce encore la faute du grand capital? Même en l’absence totale de capitalisme, il y a quand même exploitation. Donc, Marx se trompait de cible.

Qui sont les exploiteurs? Qui, dans notre société, bénéficie du plus grand nombre de privilèges? Qui bénéficie généralement des meilleures conditions de vie, même dans les sociétés les plus pauvres? Les riches? Dans une certaine mesure, oui, mais s’ils bâtissent leur fortune par leurs propres efforts, parce que oui, ça existe, on ne peut pas les qualifier d’exploiteurs comme tel. Contrairement à ce que Marx croyait le seul fait d’employer des travailleurs salariés ne constitue pas de l’exploitation. Qui peut aspirer à avoir une retraite Liberté 55, plutôt que Walmart 75? Qui peut se vanter, de nos jours, d’avoir une sécurité d’emploi blindée. Qui a la possibilité de gagner plus que la moyenne en travaillant moins que la moyenne? Qui reçoit des centaines de milliers de dollars en primes de départ en démissionnant de sa job? Même si cette démission est entourée de circonstances douteuses? Qui peut aller mener une vie de luxe dans une métropole avec un salaire à six chiffres garanti à vie et une retraite dorée? Tout ça payé par les autres?

Vous aurez probablement deviné que je fais référence à cette élite qui a accès au buffet tout inclus de l’état. Les politiciens, les fonctionnaires, les lobbyistes, les syndicats, les groupes sociaux et les têteux de subventions de tout acabit toujours accrochés aux mamelles de l’état. Je ne mettrai pas tout le monde dans le même panier. Beaucoup de gens travaillant pour l’état sont des gens honnêtes qui fournissent des services indispensables, mais il faut comprendre une chose : contrairement au secteur privé ou une compagnie gagne sa croute en étant rémunérée directement en fournissant un produit ou un service aux consommateurs, tout l’argent qu’engrange l’état est acquis par la force. Essayez de ne pas payer vos impôts et vous verrez ce que je veux dire. Ce que nous payons au gouvernement n’a aucun lien avec les services que nous recevons de lui. Si nous sommes insatisfaits de ces services, nous ne pouvons pas aller chez un compétiteur ou même retenir notre paiement d’impôt. Nous n’avons aucun choix. Normalement quand un service est rendu, une plus-value est créée dans la transaction, mais puisque la transaction avec le gouvernement n’est pas volontaire, cette plus-value ne peut pas exister. Donc aucune richesse n’est créée. Tous ce que le gouvernement dépense a d’abord été prélevé des proches de quelqu’un par la force. Il va donc sans dire que tous ces privilèges que l’état octroie aux proches du pouvoir, aux fonctionnaires, aux syndicats, etc., sont aux dépens des contribuables, qui eux n’ont pas de plan de retraite, de sécurité d’emploi, etc. Marx avait donc raison, il y a bel et bien une classe d’exploitant et une classe d’exploités, mais ce ne sont pas les capitalistes et les travailleurs, ce sont les privilégiés de l’état et les contribuables. Peut-être serait-il temps que ça change?

Parti québécois : nationalisme et socialisme à l’honneur

Par Pierre-Guy Veer

Des élections auront lieu d’ici peu. Les nombreux partis officiellement reconnus solliciteront de toute part votre vote. Parmi ceux-ci se retrouve le Parti  québécois, dirigé par Pauline Marois. Si les derniers sondages disent vrai, alors le PQ pourrait bien se retrouver au pouvoir, et très près d’une majorité absolue des sièges. Mais en regardant le programme[1], on peut s’attendre au pire.

 

En fait, on n’a pas besoin de regarder plus loin que le slogan électoral (À nous de choisir) pour se rendre compte des dangereuses tendances totalitaires du PQ. Oui, totalitaires : un politicien qui utilise « nous » fait fi des individus et les fond dans une masse indistincte. On ouvre ainsi la porte à tous les abus possibles aux droits individuels, les seuls qui comptent. Si on ne fait pas attention, nous risquons de devoir réciter cette prière :  « We are nothing, Mankind is all. By the grace of our brothers are we allowed our lives. We exist through, by and for our brothers who are the State[2]. » Le programme du PQ regorge de tels exemples, parfois carrément condescendants[3], à commencer par l’affirmation identitaire.

 

Affirmer la prépondérance de l’État dans nos vies

 

Sous la gouverne du PQ, l’État fera tout pour protéger « notre » culture, « notre » identité nationale, « nos » institutions publiques, et j’en passe – sans oublier, bien sûr, un référendum sur la séparation. Le tout sera enchâssé dans une constitution. Il va de soi que la formation de Pauline Marois fait fausse route. Si l’État doit absolument intervenir pour protéger la culture ou la langue, c’est un signe que « le peuple » s’en fiche. En effet, malgré toute les pressions assimilatrices, le français se parle encore dans le reste du Canada. Certes, il n’est pas aussi vigoureux qu’au Québec, mais il montre que le souci individuel de plusieurs personnes peut très bien défier n’importe quoi. Ce n’est pas le cas au Québec; les gens ne consomment pas la « culture »[4], et ce malgré tous les quotas de contenu québécois ou francophone imposé aux différents médias. D’ailleurs, ces mesures empêchent les radios de diffuser la musique qu’elles veulent, donnant un avantage indu à des artistes seulement à cause de leur langue de travail – Arcade Fire, Leonard Cohen et une partie de l’œuvre de Céline Dion sont ainsi exclus.

 

Ce favoritisme se reflétera jusque dans les écoles. On propose notamment l’instauration de crédits d’impôts pour l’apprentissage des arts, l’encouragement pour les écoles pour les sorties « culturelles » et le soutien des tournées (surtout internationales) d’œuvres et de productions culturelles. Dans les trois cas, on changera donc le comportement des gens afin de les faire adopter ce que le gouvernement considère comme « bon ». Et ce, même si ladite production « culturelle » se rentabiliserait d’elle-même si elle intéressait le public.

 

Dans le domaine linguistique maintenant, on propose de terminer l’assassinat de notre liberté de choix en enseignement en barrant toute personne n’y ayant pas droit du système scolaire anglophone – cégep, université, formation professionnelle et écoles « passerelles ». Ayant moi-même fait mon cégep en anglais (Champlain St. Lawrence), je peux promptement m’opposer à cette mesure. Je ne suis pas devenu anglophone; mon anglais s’est même amélioré comme jamais. Si je m’en étais tenu aux cours d’anglais réguliers du secondaire, qui étaient d’une facilité débilitante, je n’aurais pas pu vivre quatre années en milieu majoritairement anglophone.

 

S’appauvrir

Après avoir nationalisé l’identité, le PQ projette par la suite de nationaliser l’économie, et le mot est faible. Puisque le « les Québécois » sont propriétaires des ressources se retrouvant sur 1 667 441 km2, le PQ instaurerait une taxe de 5% sur la valeur brute de la production (même s’il y a des pertes) de même qu’une taxe sur le « surprofit » (non défini) de 30%, sans oublier une taxe de 50% sur les profits de l’exploitation des hydrocarbures avant impôt. Sans le filtre socialiste, ces promesses se liraient : le gouvernement et « le peuple » ont droit au produit des minières, et ils l’auront. Nous allons nous assurer de recueillir juste assez d’argent pour le laisser vivre, mais trop peu pour l’empêcher de fonctionner. La citation d’Anthem prend ici tout son sens.

 

Soyez francs : voudriez-vous travailler dans de telles conditions? Voudriez-vous qu’un criminel soit mieux traité que vous? Voudriez-vous êtes coupables de faire du profit « without any definable criteria of innocence or proof, and [be] left at the mercy of the whim, the favor, or the malice of any publicity-seeking politician, any scheming statist, any envious mediocrity who might chance to work his way into a bureaucratic job and feels a yen to do some trust-busting[5] »? Moi non plus. Avec de telles mesures, attendez-vous à une agonisation complète du secteur minier.

 

Comme si siphonner les entreprises n’était pas assez, le PQ veut également exiger, des entreprises «  en mesure de le faire » (capacité non définie), une 2e et une 3e transformation « afin de créer des emplois de qualité et durables chez nous. » Oui, vous avez bien lu : le PQ est un parti mercantiliste  qui veut affaiblir la division internationale du travail – et donc appauvrir tout le monde[6]. Il oublie ainsi que quand il y a commerce, c’est parce qu’il y a un avantage mutuel. En important, on doit nécessairement exporter quelque chose, que ce soit un produit matériel ou de l’argent, lui-même résultat d’une production antérieure[7]. En fait, un pays gagne à importer plus qu’il n’exporte parce qu’il obtient ainsi plus pour moins[8] (sauf si c’est fait à crédit, naturellement).

 

Le siphonnage des entreprises (et des contribuables) se poursuivrait avec la politique péquiste du bois, qui vie à augmenter son utilisation dans la construction et à doubler la production forestière. Comme c’est le cas avec la culture, ce qui a besoin d’aide pour survivre devrait simplement être débranché. Si le marché (i.e., les décisions de TOUS les humains) ne suffit pas pour que l’industrie du bois survive dans sa forme actuelle, alors qu’il en soit ainsi. Et traiter ceux qui s’opposent à cette politique de traitre[9] ne fait que montrer son irrationalité.

 

Le siphonnage atteindrait son paroxysme avec cette volonté d’atteindre l’indépendance énergétique et alimentaire. Pour ce qui est de l’énergie, le PQ veut réduire les importations de pétrole pour en réduire notre « dépendance », de même que fixer des objectifs de production pour chaque filière « renouvelable » (qui n’utilise pas d’uranium ni de combustibles fossiles). Bref, on veut répéter l’erreur espagnole[10]. Tandis que pour l’alimentation, le PQ veut faire passer de 33% à 50% « la consommation de produits québécois de qualité et à prix compétitif. » Pourquoi faire? Si les produits québécois sont si bons et à si bon marché, leur consommation va augmenter seule. Mais pour l’instant, on a des prix planchers pour le lait, les œufs et même la bière, limitant ainsi la consommation. En comparaison, j’achetais 2 quatre litres de lait pour moins de deux dollars chacun en Idaho; c’est plus de trois fois le prix au Québec.

 

Fausse note environnementale

 

Considérant l’ignorance crasse du PQ en économie, il n’est pas surprenant de voir la même ignorance du côté environnemental. En effet, un gouvernement péquiste se donne comme mission de respecter le Protocole de Kyoto en réduisant les gaz à effet de serre, même si les prévisions climatiques du GIEC ont, depuis longtemps, été discréditée. Non seulement ça, mais l’influence sur le climat planétaire – si tous les pays signataires respectaient les clauses – serait absolument nul parce que les pays émergents (Russie, Chine, Inde) ne pas PAS liés au protocole, et peuvent donc construire des usines au charbon comme bon leur semble. Un gouvernement péquiste investirait aussi massivement dans le transport en commun et l’électrification des transports, comme si notre troupeau d’éléphants blancs n’était pas déjà assez nombreux.

 

L’ignorance se manifeste également dans la volonté de protéger les milieux humides. Ne vous méprenez pas : je suis conscient de leur importance. Mais si on veut les protéger, le mieux est de les privatiser. C’est ainsi qu’on a pu sauver le rhinocéros blanc[11] et l’oryx algazelle[12].

 

Folie des grandeurs économique

 

Le PQ n’est pas en reste quand vient le temps d’étaler son ignorance économique. Voilà maintenant qu’il veut relancer le secteur manufacturier en l’appuyant. Si le PQ veut vraiment aider le secteur manufacturier, qu’il attaque les principaux responsables de sa chute : les syndicats. En effet, les secteurs syndiqués ont été plus touchés par les licenciements[13]. Preuve que les syndicats nuisent : l’Alberta a le plus faible taux dans le secteur manufacturier, et ce dernier est en pleine expansion[14].

 

Et comme si les scandales financiers passés n’étaient pas assez, le PQ voudrait forcer la Caisse de dépôts et de placements à investir davantage au Québec pour notamment contrer la délocalisation d’emplois. On ouvre ainsi la porte pour une nouvelle Gaspésia[15]. Cela risque aussi de se produire avec cette volonté de créer des fonds régionaux pour « diversifier » les économies régionales et locales. En d’autres termes, on veut pousser la logique mercantiliste à l’intérieur même des frontières québécoise. Si une économie est peu diversifiée (peu importe ce que ça veut dire) et qu’elle se concentre seulement sur quelques industries, c’est parce que c’est plus avantageux ainsi. Si le gouvernement s’immisce dans le procédé, alors on affaiblit la division du travail et ouvre la porte à la corruption.

 

Il est donc paradoxal pour le PQ de vouloir à la fois augmenter l’aide de l’État pour l’économie et vouloir plaider pour une réduction de la bureaucratie, et surtout de la taille du ministère de l’Éducation. Considérant la très grande proximité du PQ avec les syndicats, ces derniers, s’ils ne font pas reculer Marois, risque de s’allier avec Québec solidaire, et elle ne veut pas ça. Elle fera donc comme Jean Charest en 2003 et rentrera dans le rang[16] (vers 6:50). Elle le fait déjà dans le programme en promettant de redonner à la fonction publique « son expertise et son haut niveau de compétence. » Quelle compétence? Ils sont les moins productifs du pays[17].

 

S’entraider à la pointe d’un fusil

 

Elle le fait également avec toutes les mesures de « solidarité » proposée, car « il faut assurer la justice économique et défendre vigoureusement les Québécois les moins fortunés de notre société. » Remarquez bien le choix de mots : il faut. Car hors de l’État, point de salut…

 

En éducation, le PQ, malgré tous les troubles causés par les anarchistes, promet d’abolir les hausses annoncées par le gouvernement Charest. Comme opportunisme, on peut difficilement faire mieux. De toute façon, la hauteur des frais de scolarité semble avoir peu d’influence sur la fréquentation et la diplomation[18], si l’on compare aux autres provinces dont les frais sont plus élevés[19]. Et même si les frais diminuent la fréquentation, c’est une bonne nouvelle; en devant payer un prix réaliste pour les études, les étudiants éviteront les facultés aux débouchés plus limités.

En plus d’annuler la hausse, le PQ tiendrait un gigantesque sommet réunissant les représentants des étudiants, les directions d’établissement, les représentants syndicaux et patronaux. Comme toujours, le contribuable est laissé de côté et se ramassera avec la note finale, probablement très salée. Sans compter que tenir un tel sommet est un non-sens. Tient-on des sommets sur l’alimentation quand le prix des denrées augmente dramatiquement? N’en déplaise aux socialistes, l’éducation est une marchandise, pas un droit. Prétendre qu’on a droit au produit d’un humain (son enseignement, dans ce cas-ci), c’est affirmer qu’on a droit à sa vie. Si le PQ veut vraiment aider le système éducatif, qu’il abolisse complètement le ministère de l’Éducation. Ainsi, les écoles seront plus autonomes, elles seront plus libres d’engager les professionnels qu’elles jugent pertinent (plutôt que de voir plus de cadres dans les commissions scolaires), leur laissant ainsi le loisir de créer des programmes qui attireront les élèves et les motiveront à rester sur les bancs. Présentement, l’école régulière suit le même modèle que celui de l’Allemagne du 19e siècle : tout le monde assis, suivant le même programme rigide. Eus-je dû suivre un tel programme – j’ai pu faire parti d’un programme concentration langue –, j’aurais grossi les statistiques du décrochage.

 

Du côté de la santé et des services sociaux, bien qu’on propose l’abolition de la taxe santé, on propose de créer deux nouveaux paliers d’imposition. Peu importe si les riches, aux États-Unis[20] et même au Québec[21], paient nettement plus que leur représentativité dans la population. Et peu importe si le Québec est déjà l’enfer fiscal « par excellence » du Canada – le palier d’imposition le plus bas (16%) est plus élevé que le palier d’imposition le plus élevé de huit provinces. Ceci 1) ne créera pas autant de revenus que les estimations – les gens, à long terme, vont changer leur comportement pour ne pas avoir à payer de l’impôt – et 2) augmentera inévitablement les dépenses[22].

Si on veut vraiment aider le système de santé, la meilleure solution est que le gouvernement s’en retire complètement; donc, pas de ministère de la Santé ni d’ordres professionnels. Ainsi, les hôpitaux deviennent plus autonomes et seront libres d’intégrer les technologies qu’ils veulent (car plusieurs augmentent substantiellement les couts[23]), peu importe leur provenance, les gens qui s’en croient capables peuvent devenir médecin sans avoir à subir de longues et pénibles études – quoiqu’ils auront de la difficulté à se tailler une crédibilité –, ce qui pourrait ainsi soulager la pénurie de médecins. Aussi ne perdrait-on pas de temps avec la prévention, parce que soigner une personne de plus de 80 ans en santé durant sa jeunesse coute plus cher que de soigner un fumeur ou un obèse[24]. Avec toutes ces ressources ainsi libérées, les gens auront le choix de pouvoir se faire soigner à domicile.

 

Nuire plutôt qu’aider

 

En plus d’entraver la santé et l’éducation, le PQ veut également – et fort probablement inconsciemment – nuire aux travailleurs, aux familles et aux démunis.

 

Ces derniers, sous un gouvernement péquiste, verront se construire 3000 logements sociaux par année. Peu importe s’ils sont des nids à criminels[25], tout le monde doit être abrité! Une partie de l’inaccessibilité (et des pénuries) pourrait être réglée si on abolissait le contrôle des loyers. Oui, les prix augmenteraient à court terme, mais les propriétaires seraient ainsi encouragés à construire, ce qui réduira les prix. Et rien n’empêche la création de coopératives d’habitations. Pour ce qui est des autochtones du Nord, leur situation s’améliorerait s’ils étaient propriétaires, ce qui n’est pas le cas[26].

 

Les familles, elles, seront « choyées » en ayant notamment une place assurée pour leurs enfants en CPE, car « le Québec doit pouvoir ainsi compter sur 250 000 places pour répondre aux besoins des familles » et en ayant droit à des congés familiaux pour prendre soin des enfants ou de personnes handicapées ou âgées. Encore une fois, qui veut faire l’ange fait la bête. Forcer les employeurs à accorder plus de congés risquent de les décourager d’engager des parents. Aussi, la création de nouvelle place en garderies publiques ouvre la porte au favoritisme. Sans compter qu’avant cette création de Marois, on ne se plaignait jamais d’un manque de place en garderie.

 

Enfin, pour « aider » les travailleurs, on propose notamment de bétonner leurs régimes de retraite pour les protéger de tout changement et de restreindre encore plus le recours aux briseurs de grève. En d’autres mots, le PQ s’immisce encore plus dans les relations personnelles et dicte ce qui doit et ne doit pas être fait. Dans les deux cas présents, on décourage encore plus l’entrepreneuriat puisque 1) dès qu’un régime de retraite librement consenti est négocié, il est intouchable, ce qui risque d’augmenter dramatiquement les couts – on n’a qu’à penser à GM[27] – et 2) on oblige un employeur à garder les mêmes employés même si ces derniers refusent de travailler. Atlas pousse de très gros soupirs…

 

Agir (relativement) honnêtement

 

Toutefois, je suis obligé de reconnaître que le PQ marque quelques points dans son programme. On propose d’enlever le crédit d’impôt pour don politique, ce qui retirera enfin un peu de financement public pour les partis. On veut aussi, à l’image des ÉU, limiter les mandats consécutifs des premiers ministres et des maires de municipalités de plus de 5000 habitants. Il pourrait certes y avoir du renouveau, mais comme en Russie, rien n’empêchera un candidat de se représenter dans deux élections. Si on veut empêcher les dynasties, le PQ devrait plutôt limiter à deux (pour le PM) ou trois (pour les maires) mandats pour les élus.

 

Parlant d’élection, on souhaite, comme à la CAQ, des élections à date fixe. Mais comme j’en ai déjà parlé[28], tenir une telle promesse est très difficile dans le paysage politique actuel. C’est certainement plus facile en Saskatchewan où, malgré la présence de nombreux partis, seuls deux sont à la législature. D’ailleurs, si les sondages disent vrais, le PQ serait un gouvernement minoritaire. À moins d’une alliance, son pouvoir sera bien fragile.

 

Toujours dans le domaine des élections, on propose de mettre les élections scolaires en même temps que les élections municipales. C’est une bonne idée car on économisera sur les frais d’organisation, mais je doute  que cela change grand-chose pour le monde scolaire; le taux de participation en généralement sous les 10%, et la plupart des gens sont élus par acclamation.

 

La dernière mesure touchant le processus électoral vise l’instauration de référendums d’initiatives populaires. Bonne nouvelle : ils ne pourront toucher la Charte québécoise des droits et liberté de la personne ni une future charte de la laïcité (quoiqu’elle ne soit pas utile en soit; nos lois et chartes actuelles suffisent pour limiter les abus possibles de certaines cultures). Mauvaise nouvelle : ils ne pourront toucher ni la future constitution, ni même les questions fiscales. Alors à quoi bon avoir ces référendums?

 

En conclusion, la venue de Pauline Marois au pouvoir serait bel et bien une catastrophe. Les politiques de son parti son presque plus surréalistes que celle de Québec solidaire. S’il faut voter pour le moins pire dans une élection (si tant voter pour un pire est bon), alors le PQ ne peut être un bon choix. Si les électeurs choisissent ce parti, attendez-vous à une chute de notre économie, prévient une firme d’investissement[29].



[2]    Rand, Ayn. Anthem, Signet Books, Irvine, CA, 1995, p.21

[5]    Rand, Ayn. Capitalism : the Unknown Ideal, Signet Book, New York, 1967, p.51

[6]    Mises, Ludwig Von. A Critique of Interventionnism, Ludwig Von Mises Institute, 2011, p.11

Option nationale : option socialiste

 

Par Pierre-Guy Veer

Si la tendance se maintient, des élections auront lieu dans quelques semaines. Les nombreux partis officiellement reconnus solliciteront de toute part votre vote. Parmi eux se trouve Option nationale (ON), parti fondé par Jean-Martin Aussant, député de Nicolet-Yamaska. Comme ON est un parti séparatiste, il serait intéressant de voir si le Québec, sous sa gouverne, serait en meilleure position.

 

Cela est (très) fort douteux. En effet, bien qu’ON soit dirigé par un homme possédant une maitrise en économie[1], force est de constater que le programme[2] ne « maitrise » pas les principes de bases de l’économie. Il est notamment proposé de nationaliser les ressources naturelles de la province afin que « la majorité des profits [revienne] désormais à la population du Québec. » En agissant de la sorte, ON a probablement Hydro-Québec en tête. Mais ne lui en déplaise, HQ est un exemple criant de l’incompétence d’une société d’État[3]. De plus, la nationalisation d’une ou plusieurs ressources naturelles, sa production tend à chuter, et inversement lors de sa privatisation. On peut très bien le voir dans le cas des ressources pétrolières[4]. Depuis la privatisation de Pétro-Canada (1991), la production pétrolière canadienne a augmenté de plus de 75% et a déjà repris ses pertes de 2008. À l’inverse, depuis l’arrivée de Chavez au Vénézuela, la production pétrolière avait diminué, lors du creux en 2010, de près de 32%. Parallèlement, la production sous Morales (depuis 2006) en Bolivie a diminué jusqu’à 45% lors du creux de 2009. Curieusement, les gouvernements de ces deux pays d’Amérique du Sud ont voulu/ont nationalisé les ressource pétrolières. Donc, si un gouvernement d’ON tente le même coup, on peut prédire que la production des ressources naturelles, fussent-elles en demande, diminuera.

 

Ce sera particulièrement évident avec les ressources gazières (gaz de schiste, surtout) car ON propose un moratoire complet « jusqu’à ce que des études indépendantes aient pu prouver que

leur exploitation respecte les principes de développement durable, à savoir les aspects

social, environnemental et économique. » Pas besoin d’étude pour montrer ses bienfaits économiques, comme on peut le voir aux États-Unis[5]. Pas besoin d’étude non plus pour montrer ses bienfaits environnementaux : les ÉU ont diminué leurs émissions de gaz à effet de serre (si besoin de diminuer il y a) plus que l’Union européenne, qui a pourtant signé le protocole de Kyoto. Oh, bien sûr, les nonnistes se rabattront sur le documentaire Gasland, où l’on voyait des gens mettre le feu à l’eau du robinet. Fort heureusement, les puits de gaz de schiste avoisinant n’y auraient été pour rien[6].

 

Déranger le libre-marché

 

En plus de contrôler l’exploitation des ressources naturelles, ON veut aussi forcer l’utilisation de certaines, notamment en « favorisant » le bois dans divers secteurs. Ceux qui s’y opposent sont naturellement vus comme des traitres[7]. Pourtant, si le bois est un si bon matériau, pourquoi utiliser des fonds publics pour le promouvoir?

 

ON veut aussi « favoriser » l’électrification de tous les moyens de transport (privé et collectifs) et même étudier la faisabilité d’un monorail électrique suspendu. Tout cela pour promouvoir « la réduction des émissions de gaz à effet de serre, un aménagement équilibré du territoire ainsi que le développement du tourisme, première industrie mondiale. » Notre troupeau d’éléphants blancs n’est pas encore assez gros au goût d’ON? Si l’expérience californienne pour les TGV est un prélude du projet de monorail[8], alors le Stade olympique risque de sembler une véritable aubaine. Et comme pour le bois, si c’est si merveilleux, pourquoi le public doit-il y dépenser de l’argent? La fameuse « privatisation des profits et nationalisation des pertes », c’est exactement ce que c’est.

 

Ce tour de force pour le bois et les transports se reflétera dans une stratégie visant à atteindre « l’indépendance » énergétique et à transformer plus de ressources naturelles (par opposition à leur exportation directe sans transformation) pour, dit-on, faire « en sorte que davantage de valeur ajoutée, de savoir-faire et d’emplois soient créés au sein de notre économie. » Oui, vous avez bien lu : un parti dirigé par un économiste croit encore aux sophismes mercantilistes du 18e siècle qui affirment, entre autres, que l’on doit privilégier la production domestique à l’importation et, sans doute, que l’on doit avoir plus d’exportations que d’importations. Jean-Baptiste Say, célèbre économiste français, s’arracherait les cheveux en lisant ceci. Il a clairement démontré, au début du 19e siècle, que pour payer les importations, on doit exporter. Et ces exportations sont composées de notre production, qui fait travailler bien des gens. Que ce soit des ressources naturelles ou des produits transformés n’a strictement aucune importance. Si l’échange est consensuel, alors les deux parties sont gagnants. En fait, Say va même jusqu’à dire qu’un pays gagne à importer plus qu’il n’exporte (en autant, bien sûr, que ce n’est pas à crédit)[9].

 

Un Léviathan en expansion

 

Comme le contrôle du commerce et des ressources naturelles ne semble pas suffire, ON veut également que le gouvernement prenne encore plus de place en santé et en éducation. Comme si plus d’argent dépensé allait régler tous les problèmes[10][11]

 

La principale proposition en éducation vise la gratuité totale, de la maternelle au doctorat. La seule balise posée sera que les étudiants « fassent profiter » la « société » québécoise de leurs acquis (et, par extension, les étudiants étrangers qui demeureront au Québec.). Encore une fois, le parti de M. Aussant ignore les principes fondamentaux de l’économie. Pour illustrer le gaspillage qui se créerait, voici un exemple imaginé par un enseignant d’économie globale au cégep de Sainte-Foy : « Imaginez que HMV annonce que tous les disques en magasin sont gratuits. Si vous le pouvez, vous allez évidemment vous y précipiter à toute hâte! Vous ramasserez le plus de disques que vous pouvez avant que les autres ne les prennent. Même si vous n’aimez pas Ginette Reno, vous allez prendre ses disques, parce qu’au passage, vous allez ramasser d’autres disques que vous aimez. Rendus chez vous, vous allez donc jeter les disques de Ginette Reno. »

 

Donc, si l’éducation est complètement gratuite, les gens vont s’y précipiter en horde. Ils choisiront probablement, comme c’est le cas aujourd’hui, des domaines aux débouchés limités puisqu’ils n’ont pas à payer directement leurs études. Ils nourriront ainsi leur esprit… mais quelle sera la valeur d’un tel diplôme? Parmi les 300 universités les mieux cotées de la planète[12], il faut attendre au 137e rang pour voir une université québécois francophone (Université de Montréal); McGill se retrouve au 17e rang. .Jusqu’au 137e rang, à peine 25% des universités ont des frais de scolarité moyens (au bac) inférieurs ou égaux à deux de l’UdM. Aussi n’y a-t-il que 5 universités dans le top 25 dont les frais moyens au bac sont inférieurs à 8 000 $. J’ignore si les couts de l’éducation déterminent la qualité d’un diplôme, mais une chose est sûre : quand les gens ne paient pas le gros prix (plus de 30 000$ à Harvard) pour leurs études, ils sont plus négligent. Je peux en attester personnellement pour le cégep…

 

Du côté de la santé, malgré des propositions intéressantes – meilleure reconnaissance les diplômes étrangers, embauche d’infirmières praticiennes, élargissement du rôle des pharmaciens dans l’obtention de médicaments prescrits – absolument rien n’est changé à la structure actuelle. En fait, on veut limiter encore plus le rôle du privé dans la santé. Pourtant, la présence du privé a fait ses preuves en Allemagne[13] et au Québec[14], avec les chirurgies de la cataracte, de la hanche et du genou, là où les assurances privées sont permises depuis l’arrêté Chaoulli[15]. De son côté, le public cause des rationnements radicaux[16], des pénuries de médicaments parfois vitaux[17], une explosion des couts et des dépenses pour les autres médicaments[18] et une répétition constante de l’histoire[19].

 

Mais comment fera-t-on pour payer pour tout ça? En révisant les paliers d’imposition (sans doute à la hausse), en taxant les biens de luxe (même si ça a montré son échec total dans le passé[20]) et en imposant un impôt des successions progressif. Ce dernier point enorgueillirait Karl Marx[21]; mais plus important encore, il empêcherait la formation de capitaux et favoriserait sa concentration artificielle[22].

 

National culturalisme

 

Par ailleurs, le programme d’un parti séparatiste ne serait pas complet sans une panoplie de mesures pour « sauvegarder » la langue française et la culture québécoise. Et comme les mesures précédentes, celles-ci sont tout aussi à l’encontre des libertés individuelles.

 

Il y a tout d’abord l’extension de la loi 101 au niveau collégial. Même si je n’étais pas libertarien, je m’opposerait vivement à cette mesure. J’ai fait mon cégep en anglais (Champlain St. Lawrence), et je ne suis pas devenu anglophone pour autant. Mon anglais s’est plus amélioré durant ces trois années que durant 10 années d’école élémentaire qui ont précédé (mon cours d’anglais de secondaire 5 se rapprochait de celui des écoles anglophones). Paradoxalement, ON veut intégrer l’enseignement d’une seconde langue internationale. Allez comprendre…

 

Il est également proposé d’étendre les exigences en matière de français au travail à toutes les entreprises en sol québécois. Toutefois, si une entreprise transige internationalement, le gouvernement lui donnera généreusement la permission d’avoir une autre langue dans le milieu de travail. En d’autres mots, ce n’est pas assez que le gouvernement contrôle les heures d’ouverture des magasins, le nombre de jours de vacances à accorder, le salaire minimum à offrir, le nombre d’employés qui peuvent travailler les jours fériés ou la langue d’affichage; il faut maintenant qu’il ait un contrôle absolu sur la langue de travail, même dans les PME. Oh, on verra sans doute que les entreprises ont le français comme langue de travail, mais on ne verra pas toutes ces entreprises qui ne se créeront pas à cause de toutes ces restrictions économiques et linguistiques.

 

Enfin, comme si les gens n’étaient pas encore assez « motivés » d’aimer le français avec les mesures précédentes, un gouvernement d’ON débloquerait encore plus de fonds publics pour promouvoir la culture québécoise (je doute que Arcade Fire ou Leonard Cohen fassent parti du lot), pour mieux la produire, pour l’exporter, pour la promouvoir au niveau scolaire et pour la préserver. Comme pour l’éducation, le parti de M. Aussant échoue en économie 101. En effet, si le gouvernement doit « investir » autant dans la culture, c’est signe que le marché n’en veut pas, ou du moins pas aux niveaux que le gouvernement souhaite. En terme clairs : si ça ne peut pas vivre sans fonds publics, alors ça ne mérite pas de vivre. Si un groupe comme U2 a pu se créer grâce à de l’argent prêté par les membres des familles des musiciens, alors n’importe quel artiste est capable de commencer à partir de rien. Et une fois en selle, les artistes qui savent se renouveler survivent. Metallica, AC/DC, Elton John, Céline Dion et bien d’autres ont chacun plus de 25 ans de carrière; cela aurait été impossible si leur produit n’était pas en demande. En contrepartie, Wilfred Lebouthillier, premier gagnant de Star Académie, semble déjà disparaitre des radars…

 

En conclusion, Option nationale n’est qu’une version résolument séparatiste de Québec solidaire. Malgré quelques bonnes idées – un scrutin proportionnel, un processus plus ouvert pour la nomination des directeurs des sociétés d’État et des référendums d’initiative populaire –, le parti demeure résolument socialiste, et donc dangereux s’il gagne le pouvoir. Il propose, dans sa plateforme, des mesures économiques maintes fois montrées comme étant fausses. Comme quoi le niveau ni le domaine des études est garant de la compétence d’une personne[23].



CLASSÉ : un manifeste hyper prévisible

 

Par Pierre-Guy Veer

Tel un enfant gâté qui continue sa « crise du bacon » jusqu’à ce qu’il obtienne ce qu’il veut, la CLASSÉ veut continuer son boycott des cours jusqu’à ce qu’elle obtienne ce qu’elle veut. Et ce qu’elle veut, elle l’a récemment exprimé dans un manifeste[1]. Mais les « revendications » qu’on y trouve ne font que trahir le fond socialiste de la CLASSÉ, et donc du danger qu’il représente pour les citoyens québécois.

 

Tout d’abord, le manifeste regorge de la première personne du pluriel. « Nous sommes avenir »; « notre vision »; « notre démocratie »; « nous sommes le peuple ». Ce sont des mots bien forts, je le concède, mais il y a un seul ennui : il n’y a pas de « nous ». La société, c’est les individus qui la composent, pas un groupe impersonnel et homogène. Seuls les individus pensent et agissent, disait Ludwig Von Mises, et il a entièrement raison. Durant une élection, ce ne sont pas les Québécois qui élisent tel ou tel parti; ce sont les électeurs individuels qui votent. Ce ne sont pas les Québécois qui choisissent un système de santé entièrement public; ce sont des politiciens élus (et souvent les démarcheurs) qui prétendent agir « pour notre bien » qui prennent de telles décisions sans en considérer les impacts (listes d’attente, corruption et patronage pour obtenir une meilleur place).

 

Donc, quand une personne/un groupe de personnes prétend agir « pour notre bien » ou « pour la collectivité », ce n’est ni plus ni moins que son/leur intérêt personnel qui est présenté. Même quand il s’agit d’un groupe, ce sont ses membres individuels, avec des gouts semblables, qui présentent leur intérêt personnel, comme on voit présentement avec la CLASSÉ.

 

Une fausse démocratie

 

Parmi ces intérêts personnels, on trouve un goût de la victoire à tout prix, fusse à l’encontre de la démocratie qu’elle chérit tant. En effet, il semble être très facile de voter dans certaines assemblées étudiantes, même si on n’étudie pas dans ledit établissement[2]. Aussi, bien qu’on prétende vouloir laisser la parole aux gens qu’on n’entend jamais, ces derniers seront copieusement hués s’ils osent demander un vote secret[3] ou exprimer un point de vue différent de « nous »[4]. Même les présidents d’assemblée semblent tous pencher du même côté[5]. Et si les membres d’une assemblée osent penser le contraire de « nous », ils vont le regretter amèrement[6]. Évidemment, les regrets se feront aussi sentir si une loi/injonction qui ne plait pas fait son apparition, pouvant aller jusqu’au vandalisme[7]. Enfin, le chantage[8], les menaces[9], les insultes gratuites[10] et les perturbations[11] sont aussi un bon moyen de vouloir faire passer son message.

 

Vivre aux dépends des autres

 

Toutefois, le plus fort de ces intérêts dépasse largement la hausse des frais de scolarité. « Si on nous dépossède des droits les plus fondamentaux en mettant nos établissements scolaires sur le marché, il en va aussi des hôpitaux, d’Hydro-Québec, de nos forêts, de notre sous-sol. ». Et alors? Quel est le problème? Tout ce qui a été énuméré est au moins contrôlé en partie par le gouvernement, et ça se reflète par son inefficacité.

 

Les universités québécoises sont terriblement sous-financées, ce qui se reflète dans leur solde budgétaire[12]. Malgré ce manque à gagner, la moindre hausse des frais de scolarité est vue comme taboue… Mettre plus de fonds publics ne servira à rien; aux États-Unis, les sommes fédérales pour l’éducation générale (jusqu’en 12e année) ont augmenté exponentiellement depuis 40 ans avec, au mieux, une stagnation des résultats[13]. Une privatisation pourrait permettre une meilleure compétition (et de meilleurs prix) ainsi que l’abolition de départements aux débouchés… limités, puisque les étudiants devraient payer le vrai prix de leurs études. Ce n’est certainement pas avec une « école égalitaire » qu’on va encourager le dépassement de soi; on risque plutôt d’avoir une société apathique qui finira comme 20th Century Motors[14]

 

Ce n’est guère mieux pour les hôpitaux. Les temps d’attente à l’urgence sont toujours longs, et voir un spécialiste prend une éternité[15]. En comparaison, les chiens peuvent se faire voir le même jour par un vétérinaire[16]. Oui, j’ose comparer les animaux domestiques et les humains; les premiers se font soigner dans un système où le libre-marché règne et la vitesse des traitements est phénoménale. Les humains, eux, à moins d’avoir d’excellents contacts – ma grande-tante infirmière a eu quelques passe-droit – doivent prendre leur mal en patience. Sans compter que la présence d’assurances privées – fortement encouragée via des crédit d’impôts aux États-Unis[17] – rend les gens insensibles aux prix de leurs traitements, ce qui fait exploser les couts[18]. Introduire un élément de privé pourrait très bien aider le système de santé, comme cela a été le cas en Allemagne[19].

 

Hydro-Québec, la plus sacrée des vaches dans la Belle Province, montre également la faiblesse d’une administration publique dans ce qui devrait être privé. La Société d’État a versé son premier dividende près de 20 ans après sa gigantesque nationalisation[20]. Aussi, elle a plus que doublé son nombre d’employés en 40 ans; elle a proportionnellement plus d’employés par clients que d’autres compagnies d’énergie comparables en Nouvelle-Angleterre. Mais « la population » peut se consoler d’avoir les plus bas tarifs en Amérique du Nord, plaidera-t-on. Oui, certes. Mais si HQ avait été une compagnie privée, elle aurait vite été accusée de concurrence déloyale. Deux poids, deux mesures. Privatiser HQ permettrait donc de payer le vrai prix de son électricité – et ainsi avoir un encouragement pour l’économiser – et même de se sortir de l’aumône fédérale nommée péréquation[21].

 

Enfin, en ce qui concerne « nos » ressources naturelles, elles sont mal exploitées (et certainement exploitées sauvagement, tel que dépeint par le manifeste) à cause du gouvernement. Dans le domaine forestier, les compagnies ne sont que locataires; elles ont donc intérêt à exploiter au maximum la terre avant que le bail n’échoit. Cet intérêt est attisé si le gouvernement décide de nationaliser une terre, comme ce fut le cas avec la Seigneurie du Triton[22]. Quant à d’autres ressources, comme l’uranium[23] et le gaz de schiste[24], des groupes de personnes se sont avancés et ont réussi à bloquer toute exploitation, grâce à la complicité du gouvernement qui a imposé des moratoires. Si on veut éliminer tout risque, on peut toujours revenir à l’âge de pierre : de la nourriture uniquement bio, de l’eau et de l’air purs, des animaux élevés en petits troupeaux, beaucoup d’exercice… et une espérance de vie de 30 ans. Sérieusement, en éloignant le gouvernement de l’exploitation des ressources naturelles, et surtout en améliorant les droits de propriété – le propriétaire d’une maison n’a pas droit aux ressources qui pourraient se trouver sous sa propriété –, on inciterait l’exploitation intelligente des ressources, car il est de l’intérêt du propriétaire d’une ressource quelconque d’en profiter le plus longtemps possible.

 

Ces pauvres femmes sans défense

 

Le dernier intérêt des membres de la CLASSÉ qui ressort est celui de défendre la veuve et l’orphelin (principalement la première). Selon leur manifeste, les femmes sont encore et toujours victimes de discrimination injuste, notamment par des emplois moins valorisés où elles sont majoritaires.

 

Je suis obligé de leur donner en partie raison sur ce point. Il est vrai qu’une infirmière ou une enseignante gagnent moins qu’un médecin… mais est-ce vraiment à cause du sexe? Nonobstant le fait que les femmes soient majoritaires dans les facultés de médecine[25], le médecin a généralement plus de tâches et de stress que l’infirmière (surtout s’il doit opérer). Sans compter, ne leur en déplaise, que la loi de l’offre et de la demande entre en jeu quand vient le temps de négocier un salaire. Même s’il n’y avait pas d’ordres professionnels, il y aurait toujours moins de médecins que d’infirmières parce que les études sont plus longues, et le métier nettement plus stressant; ils gagnent donc plus. Aussi, si tant de femmes se tournent encore vers l’enseignement, n’est-ce pas parce que leur absence en cas de grossesse ne les handicapera pas[26]?

Par ailleurs, il n’y a absolument rien, il me semble, qui empêche une femme d’étudier en chimie (comme ma sœur et quelques unes de ses amies) ou en génie (comme une cousine). Si elles ne sont pas assez représentées dans des domaines à majorité masculine, elles n’ont que leur désintérêt ou leur manque de volonté à blâmer.

 

En conclusion, le manifeste de la CLASSÉ peut se résumer à ce diction célèbre : « Si tu n’es pas socialiste à 20 ans, tu n’as pas de cœur; si tu n’es pas capitaliste à 40 ans, tu n’as pas de tête. » La plupart de ses membres sont très jeunes, et surtout ignorant du fonctionnement de la société. Espérons seulement qu’ils finiront par apprendre que l’argent ne pousse pas dans les arbres, que hausser les impôts et les dépenses publiques est contre-productif[27], que la charité à la pointe d’un fusil perd sa noblesse[28] et que tous les décrets 10-289[29] du monde ne peuvent absolument rien pour sauver l’économie. S’ils continuent de croire que le gouvernement est la solution et non le problème, alors Atlas risque de s’hyperventiler à force de voir le Léviathan étendre de plus en plus ses tentacules…



[14]  Rand, Ayn. Atlas Shrugged, p.323

[29]           Atlas Shrugged, p.538

Le vrai et le faux libéralisme (2e partie)

Par Pierre-Guy Veer

Le pot : économie

 

Pour continuer sur le sujet de l’économie, les « liberals » s’enorgueillissent des lois antitrust, du « bailout » du secteur automobile, TARP (le « bailout » du secteur bancaire) de même que le transport en commun.

 

Pour qui connait le moindrement l’économie, il n’y a pas de quoi s’enorgueillir de quoi que ce soit. Toutes ces « réussites » sont des interférences nuisibles au bon fonctionnement de l’économie. Les lois antitrust en sont probablement le meilleur exemple. En effet, la base même de ces lois est complètement fausse1. Ce qui a amené c’est loi, c’est la jalousie et non l’efficience. C’est le gouvernement qui décide maintenant si une compagnie baisse « trop » ses prix et dérange le marché2. On empêche ainsi le marché (et donc les consommateurs) de décider le prix à payer et qui offrira tel produit. Car si une compagnie devient grosse sans protection du gouvernement, c’est qu’elle est la plus efficace, comme l’a avoué la Cour suprême lors du procès de Standard Oil3.

 

Le sauvetage financier des secteurs automobile et bancaire (TARP) a été tout aussi nuisible pour l’économie. Dans le premier cas, on a refusé de reconnaître la gifle de la main invisible du marché, qui a puni GM est Chrysler pour leurs choix discutables et qui a récompensé notamment Toyota, qui est maintenant première au chapitre des ventres sur la planète.

 

Tout comme le secteur de l’acier4, le secteur de l’automobile5 a toujours joui d’une forte protection de la part du gouvernement aux ÉU. En plus de couter très cher par emploi, « sauvegardé »6, ces tarifs douaniers ont plus d’inconvénients que d’avantages. L’augmentation de prix qu’ils causent – à cause de la diminution de l’offre – diminue la consommation intérieure et cause donc un appauvrissement de la société. Aussi, ils causent en quelque sorte un « ramollissement » des producteurs protégés. En effet, étant blindés de la concurrence étrangères, ceux-ci se soucient peu si leurs couts de production sont les meilleurs. C’est ce qui a joué un tour à GM et à Chrysler; déjà en 2007, ils faisaient moins de profit par véhicule vendu que Toyota7, sans compter les énormes cours reliés aux contrats de travail8.

 

Quant aux banques, leur sort n’est que la suite logique d’une très longue intervention qui a commencé dans les premiers temps du pays. Après 1837, le président Jackson a décidé de ne pas renouveler la charte de la Second Bank of the United States, une espèce de banque centrale primitive9. Dès lors, les banques ouvraient suite à l’obtention d’une charte étatique. Malheureusement, plusieurs États aux finances douteuses ont truqué les banques en les faisant acheter des obligations surévaluées en échange de billets de banque. Les banques avaient ainsi plus de billets que de réserves. Dans un système bancaire réellement libre, ça ne serait pas arrivé puisqu’un gérant de banque sain d’esprit ne prendrait pas le risque d’émettre plus de billets qu’il n’a de réserves d’or et d’argent10.

 

Mais ce système n’est rien comparé à celui qui gouverne les ÉU depuis la création de la Federal Reserve (la Fed, la banque centrale) depuis 1913. L’émission de billets par les banques privées a été arrêté, laissant le monopole à la Fed. Jumelé à une diminution substantielle des réserves obligatoires, le monopole d’émission de billets de la Fed est sans doute le plus grand responsable de l’inflation que nous connaissons depuis 100 ans11. D’autres mesures gouvernementales, dont la Fderal Deposit Insurance Corporation, ont augmenté encore plus l’instabilité du secteur bancaire en assurant que, peu importe ce qui se passe, le gouvernement allait rembourser un certain montant des épargnes perdues lors d’une faillite bancaire. Cela s’est reflété dans le comportement des banques : au milieu des années 80, suite à la faillite du secteur des banques d’épargne et de prêts (S&L), on s’est rendu compte que leurs réserves atteignaient… 0,2 % des dépôts – la Fed recommandait 1,5 %12. Finalement, on ne peut passer sous silence la crise bancaire de 2008, fortement influencée par les « liberals » et leur insistance pour faciliter l’accès à la propriété. Le gouvernement leur a été d’un grand secours, notamment en forçant les banques à prêter à n’importe qui13, quitte à les mettre à l’amende même en toute conscience des risques encourus14, en nationalisant les hypothèques à risque créées dans tout ce chaos15, etc. D’ailleurs, ces comportements étaient tellement évident que les économistes d’allégeance autrichienne ont vu venir cette crise dès 200316; Ron Paul aussi a vu venir cette crise17.

 

Enfin, pour conclure le pot en économie, parlons maintenant du transport en commun. C’est le chouchou des « liberals », et plus particulièrement des environnementalistes, quand vient le temps de parle de développement « durable » (lire : avec intervention de l’État). Bien que je lui reconnaisse une utilité, sa glorification est totalement injustifiée. En effet, à moins de vivre dans un endroit central où se trouvent les épiceries, les écoles et les terrains de jeux (si on a des enfants) et les magasins, une voiture est absolument nécessaire. Pendant un certain temps, j’ai essayé de faire mon épicerie en autobus. Ce n’était pas à l’heure de pointe, alors j’avais de la place. Par contre, mon temps était limité si je voulais attraper ledit autobus (en soirée), sans compter que je devais parfois marcher jusqu’à un kilomètre pour retourner chez moi. C’est un miracle que mes épaules soient encore intactes.

 

Pour en revenir aux autobus, il faut mentionner qu’ils ne sont pas si écologiques hors des heures de pointes, c’est-à-dire la majorité de la journée18 (à l’exception, peut-être, des parcours Métrobus 800-801 à Québec). Aussi, leur gestion étatique est fortement inefficace, comparativement au privé19. En bout de ligne, c’est le contribuable qui paie la plupart de la facture20.

10Avant les années 30, le système monétaire fonctionnait selon l’étalon-or : chaque billet de banque, chaque pièce de monnaie avait son équivalent en or (ou plus rarement, en argent) dans les voutes d’une banque.

12ROTHBARD, Murray, The Case for a 100% Gold Dollar, Auburn, Alabama, 2005, p.4

Le vrai et le faux libéralisme (1re partie)

Par Pierre-Guy Veer

En anglais, le mot « liberal » peut signifier deux choses : un libéral classique – une personne qui veut l’intervention du gouvernement seulement pour protéger des droits de base – et un libéral moderne, qui s’assimile plus ou moins avec un interventionniste de gauche (programmes sociaux, beaucoup de taxes, d’impôts et de règlements). Les partis libéraux au Canada rentrent généralement dans la seconde catégorie. Récemment, j’ai lu un article de blogue1 qui confondait les deux, et mes yeux n’en croyaient pas leurs oreilles. Des rectifications s’imposent donc.

 

Les fleurs : les droits individuels

 

Malgré ses défauts, je dois admettre que le texte dit vrai à plusieurs endroits : le libéralisme a été un très grand bien pour la civilisation. S’opposant à l’absolutisme royal, il a prôné plusieurs liberté « négatives », c’est-à-dire des libertés que le gouvernement ne pouvait toucher. La constitution des États-Unis en est le parfait exemple : interdiction d’imposer une religion d’État ou d’empêcher son exercice (1er amendement), interdiction d’enfreindre le droit de porter une arme (2e amendement), interdiction d’avoir des militaires présent chez soi en temps de paix sans consentement (3e amendement), etc. Ces droits peuvent facilement être relié à l’explosion des découvertes scientifiques lors de la Renaissance. En effet, sans liberté de parole, comment des faits contredisant la bible/les dogmes catholiques auraient pu être exprimés, telle la théorie de l’évolution de Darwin?

 

Au sujet du 2e amendement, l’auteur n’a pu s’empêcher de lancer une pointe comme quoi les « conservatives » (étatistes de droite pour plus d’armée et d’intrusion de l’État dans la vie des gens, notamment au sujet de l’homosexualité) n’auraient pas permis à tout le monde de s’armer. Ça me laisse perplexe; la totalité des gens qui veulent empêcher/restreindre le port des armes sont des collectivistes (à « gauche » ET à « droite). Ce fut longtemps de cas aux États-Unis, avant l’esclavage pour empêcher une insurrection, et après, ce qui a facilité le terrorisme du KKK2. Au 20e siècle, tout dictateur qui se respectait contrôlait sévèrement la possession d’armes à feu : les Juifs ne pouvaient pas posséder une arme en Allemagne nazie3; les Tutsies ont facilement été massacré par les Hutus parce que le gouvernement avait, par décret, désarmé les premiers4; Staline, Mao, Pol Pot, Amin Dada (Ouganda), et j’en passe, ont tous pu facilement massacrer leur population désarmée5.

 

Le pot : les lois du travail

 

Après avoir donné des fleurs, il est temps de lancer plusieurs pots, à commencer par les prétentions sur les lois du travail. L’auteur vante le fait que nous ayons une semaine de 40 heures, des vacances, que le travail infantile soit chose du passé, que nous ayons des droits syndicaux, de l’assurance-emploi, une paie juste (Lily Ledbetter Fair Pay Act aux ÉU) et plusieurs autres.

 

Oui, les « liberals » ont mis ces choses en place, mais étaient-elles justifiables? La majorité d’entre elles sont une violation de la propriété privée car elles empêchent l’employeur et l’employé de négocier de gré à gré. Plusieurs mesures, telles le salaire minimum et l’imposition d’heures de travail ou de vacances, augmentent les couts et créent du chômage6, sans compter que la semaine de 35 heures (France) ne semble pas avoir eu d’effet notable sur la chômage ni les couts de production7. Aussi empêchent-elles des personnes voulant, pour une quelconque raison, travailler plus de le faire. Selon ce que j’ai entendu, les travailleurs mexicains des champs de fraises près d’où vivent mes parents sont des bourreaux de travail. Ils travaillent nettement plus que 40 heures, ce qui leur permet d’accumuler plus d’argent pour subvenir à leurs familles.

 

De plus, ces lois sont-elles nécessaires? On clame que le travail infantile a été stoppé grâce à des lois. C’est faux : le travail infantile (et féminin) a été stoppé grâce à la bête noir des « liberals », soit le capitalisme. Il a tellement enrichi le travailleur moyen qu’il avait la possibilité de faire vivre sa famille sans que cette dernière ne mette sa vie en danger8. Le retour massif des femmes sur le marché du travail peut s’expliquer par l’inflation, causée par le gouvernement, qui rendait nécessaire la venue de deux salaires9. Parlant des femmes au travail, pourquoi a-t-on besoin d’une loi pour qu’elles gagnent un salaire « juste »? Les négociations de gré à gré ne suffisent plus? De toute façon, les lois d’équité salariale profitent plus aux avocats10.

 

Enfin, ces lois sont-elle bonnes pour l’économie? Avoir un syndicat, sans aucune coercition, peut avoir certains avantages. Mais lorsque le gouvernement lui donne une très grande force, comme au Québec, alors il se crée un chômage institutionnel durable11. Les lois anti briseurs de grève (scabs), en plus d’être une violation de la propriété privée, empêchent les gens voulant travailler aux conditions proposées par l’employeur de le faire. Ils ne valent pas mieux que les fanatiques religieux qui veulent massacrer ceux qui ne pensent pas comme eux12 Par ailleurs, l’assurance-emploi et l’aide trop longue aux chômeurs est aussi nuisible. Ça leur facilite la tâche s’ils veulent ne rien faire13. En fait, lors de la dernière récession, de tels bénéfices auraient grandement retardé une nouvelle entrée sur le marché du travail14

6http://www.google.ca/url?sa=t&rct=j&q=minimum%20wage%20unemployment&source=web&cd=3&ved=0CHAQFjAC&url=http%3A%2F%2Feconomics.uwaterloo.ca%2F2010-Spring%2Fcomplete%2520draft.doc&ei=wsyzT_TTNK3biAKxi832AQ&usg=AFQjCNE6Daa_DMNK1cR2dhx3kew4akW6ZQ&cad=rja

8Mises, Ludwig Von. Human Action : A Treatise on Economics Institut Ludwig Von Mises, Auburn, Alabama, 1998, p.612

11Human Action, p.764

12Ibid, p.773

13Ibid, p.770

Célébrer la Terre, célébrer le capitalisme

Par Pierre-Guy Veer

Le 22 avril dernier était le Jour de la Terre. Évidemment, qui dit célébration écologiste dit propagande anticapitaliste. Selon plusieurs manifestants, le capitalisme est le pire de tous les systèmes économiques et il est responsable de la destruction de la planète. Vraiment? Voyons voir ce qui se passait derrière dans les pays communistes, où l’État contrôlait toute l’économie. Cela laisse présager un nirvana puisque le capitalisme a besoin de faire du profit pour contrôler sa pollution…

 

C’était l’enfer, et le mot est faible. Moscou avait comme seul but d’industrialiser l’URSS à tout prix. Il a donc pris plusieurs raccourcis, malgré les avertissements de quelques scientifiques dans les années 301. Résultat : l’irrigation massive a causé de l’érosion et la salinisation de plusieurs plan d’eau, dont la mer d’Aral, l’utilisation excessive de pesticides et d’engrais a complètement chamboulé les écosystèmes, plusieurs forêts sont mortes, particulièrement en Arctique, et j’en passe.

 

La Chine n’était pas mieux sous Mao. On estime que 90 % des conifères du Sichuan ont été détruit par la pollution atmosphérique2. Les forêts ont aussi subi un tort irréparable durant le Grand bond en avant. En effet, on utilisait des fours au bois communaux (à petite capacité, et ce même dans les plus petits villages) pour tenter de produire de l’acier, ce qui a accéléré l’érosion3. On a également tenté d’éliminer un merle, ce qui a favorisé une invasion de sauterelles et décimé les récoltes en 1958.

 

Enfin, si vous n’étiez pas convaincus des méfaits du socialisme dans ces deux pays, attendez de voir ce qui se passait en Europe de l’Est :

  • En Pologne, les rails étaient tellement rongés par les pluies acides que les trains ne pouvaient rouler plus vite que 40 km/h. La région de Katowice, fortement industrialisée, voyait ses habitants souffrir de 47 % plus de problèmes respiratoires que le reste du pays. Enfin, on estime que 95 % de toute l’eau était impropre à la consommation humaine et 65 %, pour la consommation industrielle – la pollution était telle que les métaux lourds utilisés étaient menacés.

  • En Tchécoslovaquie, 50 % des forêts étaient mortes ou mourantes à cause de taux de dioxyde de soufre 8x plus élevés qu’aux ÉU. Les sols étaient tellement acides que l’aluminium contenu dans le sol s’échappait, empoisonnant l’eau potable.

  • En Allemagne de l’Est, 1/3 de tous les lacs ont été déclarés biologiquement morts à cause de tous les déchets qui y ont été déversés. Aussi la pollution était telle que dans certaines villes, il fallait allumer ses phares en plein jour; les touristes qui y respiraient vomissaient fréquemment.

 

Pas de propriété, pas de responsabilité

 

Comment expliquer une telle négligence? C’est très simple : personne n’était propriétaire légitime des ressources (air, terre, eau, etc.). Quand une terre est publique – comme elles étaient toutes sous le communisme –, le gouvernement a généralement peu d’incitatifs pour l’exploiter intelligemment. Dans le cas de l’Europe communiste, on voulait absolument industrialiser les pays afin, espérait-on, rattraper les économies capitalistes. On se fixait des cibles de production à atteindre à tout prix. Cela incluait l’utilisation de charbon brun, à très haute teneur en soufre et qui dégage beaucoup de fumée4 et des méthodes agricoles discutables, qui épuisaient les sols.

 

Ce manque de vision se reflète également dans les secteurs publics des pays capitalistes. Aux États-Unis, le département de la Défense émet plus de déchets dangereux que les cinq plus grandes compagnies de produits chimiques mises ensembles. En fait, la pollution est telle qu’on estime les couts de nettoyage à 20 milliards $. Il en va de même pour l’agriculture, où Washington encourage la surutilisation des terres de même que des cultures pas du tout propices à son milieu5.

 

Le capitalisme, la solution verte

 

Pour remédier (en grande partie, du moins) à toute cette pollution, il existe une solution simple : laisser agir le capitalisme, ou plus précisément, les droits en propriété et la rentabilité. Le second point est ce qui a le plus aidé l’Europe de l’Est. En effet, l’arrivée du capitalisme a poussé les pays à trouver des façon rentable – et non seulement bon marché – de produire, ce qui a grandement réduit la pollution6.

Quand au premier point, il a déjà montré son efficacité, notamment avec le Love Canal7. C’est également la solution envisagée pour protéger certaines ressources, notamment les poissons8 et certaines espèces en voie de disparition910.

 

Pourquoi une telle efficacité? Parce qu’il est dans l’intérêt d’un propriétaire de tirer un maximum de profit de son produit/de son terrain. En endiguant la pollution – comme Hooker l’a fait avec son canal –, le propriétaire s’évite de couteuses poursuites pour atteinte à la propriété d’autrui. Parallèlement, la une pollution mal gérée sur un terrain risque de diminuer sa valeur, et donc les revenus que le propriétaire en tire. Tout entrepreneur ayant une vision à long terme – et dont la propriété est à l’abri d’actions arbitraires des gouvernements – pense à tout ça pour préserver le plus possible son investissement. On ne saccage quand même pas ce qui nous appartient!

 

En conclusion, je tiens à dire que je suis d’accord en surface avec les écologistes : il est important d’agir pour préserver l’environnement afin de sauver l’espèce humaine et la nature. Par contre, je m’inscris en faux contre leur moyen principal, qui est de faire intervenir l’État. Considérant que ce dernier voit rarement à long terme, il est le pire intervenant pour tenter de nous sauver. En fait, on pourrait même dire que la majorité des problèmes environnementaux sont, directement ou non, causés par l’État, et principalement par le manque d’une définition claire des droits de propriétés. Mieux définis, ils permettraient aux individus privés, dans leur propre intérêt personnel, de mieux gérer l’environnement. Ainsi, tout le monde en sort gagnant.

Libertarien ou socialiste? (1re de 2 partie)

Par Pierre-Guy Veer

Il y a quelques mois, un ami avait affiché ceci sur mon mur Facebook, et ce même s’il semble définitivement pencher du côté socialiste1. Comme quoi certains sont capables de reconnaître les failles de leur camp (Note : j’en ai rajouté de mon cru).

 

Un libertarien qui n’aime pas les fusils n’en achète pas

Un socialiste qui n’aime pas les fusils veut les faire interdire.

 

Un libertarien végétarien ne mange pas de viande

Un socialiste végétarien veut faire interdire tous les produits à base de viande

 

Un libertarien homosexuel mène une vie tranquille et discrète

Un socialiste homosexuel demande un respect légal

 

Un Noir ou un Hispanique libertarien se voit comme artisan de son propre succès

Leurs pairs socialistes se voient comme des victimes ayant besoin de protection du gouvernement

 

Un libertarien fauché cherche à améliorer sa situation

Un socialiste fauché cherche quelqu’un qui prendra soin de lui

 

Un libertarien qui n’aime pas un animateur de radio change de poste

Un socialiste qui n’aime pas un animateur de radio veut voir cette station fermée

 

Un libertarien athée ne va pas à l’église

Un socialiste athée veut faire taire toutes les références à dieu et à la religion (sauf s’il s’agit d’une religion étrangère, naturellement)

 

Un libertarien qui a besoin de se faire soigner magasine ou se trouve un emploi qui offre de l’assurance

Un socialiste qui a besoin de se faire soigner exige que le gouvernement paie pour ses soins

 

Un libertarien qui glisse et tombe dans un magasin en rit malgré un certain embrassement

Un socialiste qui glisse et tombe gémit comme s’il accouchait et intente une poursuite

 

Un libertarien aide quelqu’un de plein gré

Un socialiste exige la coercition pour aider quelqu’un, peu importe la situation

 

Un libertarien a une vision à long terme. Il est conscient que certaines actions (protectionnisme, taxe, réglementation) auront des conséquences dans le futur, souvent pire que la situation présente

Un socialiste a une vision à court terme. Pour lui, les effets d’une mesures doivent se faire sentir maintenant, parce que « À long terme, nous serons tous morts »2

 

Un libertarien croit que tout le monde gagne dans le commerce

Un socialiste croit que le commerce est un jeu à somme nulle (le gain de quelqu’un est automatiquement la perte de l’autre)

 

(Suite la semaine prochaine)

1Le texte original semble être ici : http://forlifeandfamily.blogspot.com/2009/11/humor-conservative-vs-liberal.html . Toutefois, il est clair qu’un « conservative » est aussi un étatiste; il veut interdire systématiquement l’avortement, il veut une grosse armée, il protège aussi le corporatisme, etc.

Le délire hebdomadaire à Lauzon (3)

Par Pierre-Guy Veer

Chaque semaine, Léo-Paul Lauzon sévit de sa démagogie sans pareil dans les pages de Métro Montréal. Chaque semaine, il y va « d’explications » « montrant » que le capitalisme est plein de failles et que la réponse est plus d’intervention de l’État. Cette semaine, il nous fait part de l’hypocrisie d’organismes sans but lucratif (OSBL)1.

 

Selon le communiste de service, Équiterre, Sortie 13, Générations d’idée, etc., ne sont que des pantins à la solde des diaboliques multinationales. Que ce soit vrai ou non – rien n’empêche un organisme de se trouver du financement légal –, la conclusion de son texte est sans équivoque : «  La seule et unique façon d’aboutir à une société plus égalitaire et plus démocratique passe par le socialisme. » Bien qu’on ne puisse pas lui reprocher son inconstance, son projet est absolument irréalisable.

 

Tout d’abord, que ça s’appelle interventionnisme/sociale-démocratie/socialisme/communisme, il ne faut pas oublier que l’on parle exactement de la même chose. Une supposée troisième voie (« économie mixte ») n’existe pas. Si les entreprises publiques ne sont pas légion, alors elles peuvent généralement fonctionner comme une entreprise privée et utiliser des couts d’opportunité (Mises les appelle calculs économiques2) pour voir si telle ou telle action est rentable ou non. Mais quand l’État étend trop ses tentacules, alors le libre-marché s’effrite peu à peu et il devient alors impossible d’effectuer des calculs économiques rationnels. S’en suit un chaos total et l’effondrement inévitable du système, comme en a témoigné la chute de l’URSS et l’enlisement constant de la Corée du Nord et de Cuba.

 

Ensuite, quand l’État contrôle quelque chose, l’esprit d’entrepreneuriat – audace, prise de risque, innovation – est remplacé par l’esprit bureaucratique – conservatisme, stabilité, règles rigides. Il ne peut en être autrement : puisqu’une bureaucratie ne fonctionne pas selon le motif du profit, il faut plutôt qu’elle fonctionne selon les budgets qui lui ont été accordés. C’est la seule façon de juger de sa performance. Pour s’en assurer, des règles très strictes sont imposées. Ces règles, fortement hiérarchiques, tuent l’innovation et empêche des améliorations rapides comme on en voit souvent dans le secteur privé3. Un jeune qui y rentre, souvent avec plein de nouvelles idées, est vite remis à sa place par ses patrons plus âgés et se contente de sa sécurité d’emploi de béton, notamment une retraite bien dorée (au fédéral du moins) presque entièrement payée par les contribuables4.

 

Enfin, que Lauzon ose dire qu’un régime socialiste est plus démocratique montre soit son ignorance du concept, soit sa mauvaise foi. En effet, pour atteindre l’Éden socialiste, il faut que l’État contrôle absolument tout afin de complètement tuer le libre-marché. Comme l’ont montré le nazisme et le communisme russe, les régimes totalitaires – qui contrôlent la totalité de la vie des gens – ne tolèrent pas la dissension. Quiconque ose critiquer le plan des dirigeants ou agir à son encontre sera sévèrement puni. Comment peut-il en être autrement? Si le dirigeants permettent la dissension, alors leur pouvoir s’effrite rapidement.

 

Les bienfaits de l’inégalité

Par contre, Lauzon a raison sur un point : seul un régime socialiste peut créer une société égalitaire. Oui, une société où tous sont égaux… et pauvres. La Chine en est un très bel exemple. En 1981, alors que les politiques communistes avaient encore force de loi, le Gini (qui mesure l’inégalité des revenus) était à 0,291 et le taux d’extrême pauvreté (gens qui vivent avec moins de 1,25 $/jour) était à 84 %. Vingt-cinq ans après, suite aux réformes libérales des dirigeants communistes, ces mêmes chiffres étaient 0,415 et 35,9 %. Les écarts de revenus sont plus grands, mais les gens sont moins pauvres. Est-ce mauvais?

 

Par ailleurs, pourquoi se soucie-t-on autant des écarts de revenus? Il est tout à fait normal qu’un cardiologue, par exemple, fasse un salaire aussi élevé. Il doit étudier très longtemps et suivre une formation très longue et ardue. De plus, même si sa profession n’était pas corporatiste, ses collègues seraient sans doute très peu nombreux, considérant la tâche à accomplir; donc, avec une offre peu élevée, les prix augmentent.

C’est tout le contraire d’un caissier de dépanneur. La formation est très courte et on ne requiert généralement aucune étude spécifique. Une offre de travailleurs très élevées, jumelée à la volonté (en général) des clients d’obtenir des produits ayant un bon rapport qualité/prix, fait que les caissiers de dépanneurs travaillent généralement au salaire minimum ou du marché, si le gouvernement n’intervient pas.

 

En conclusion, il reste à espérer que le souhait de Lauzon ne se réalise jamais. Vivre dans un régime socialiste serait une catastrophe sans précédent. Un gouvernement qui contrôle chaque petit aspect de notre vie étouffera complètement l’innovation, et donc l’espoir d’améliorer nos vies avec de nouvelles inventions ou de nouveaux procédés plus économiques. Un tel monde sera soit stagnant, soit sur le déclin, et ça en sera fait de la civilisation.

2MISES, Ludwig Von. Socialism: An Economic and Sociological Analysis  [http://mises.org/books/socialism.pdf] [en ligne] (1er février 2012)

3MISES, Ludwig Von. Bureaucracy [http://mises.org/books/bureaucracy.pdf] [en ligne] (1er février 2012)