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Le monde des affaires d’Alexandre Taillefer

simard et belzile

Pierre Simard et Germain Belzile

Alexandre Taillefer intensifie sa campagne de dénigrement. Après avoir mené une fructueuse quête de privilèges auprès du gouvernement pour Téo Taxi, voilà maintenant qu’il accuse les défenseurs d’Uber « d’une profonde malhonnêteté intellectuelle ». Il va même jusqu’à les pointer du doigt :

 « Quand je lis le soutien que donne une institution Montréalaise (sic) bien en vue à Uber ou un chargé de cours des Hautes Études Commerciales (sic)[1], je vois le monde des affaires d’hier. »  (A. Taillefer)[2]

Avouons qu’il faut de l’audace pour accuser les défenseurs d’Uber de professer un monde des affaires d’hier, quand le but de Téo Taxi est de reconduire un système de gestion de l’offre à bout de souffle et dépassé. Une industrie du taxi qui, depuis des décennies, offre un service médiocre aux consommateurs et exploite ses chauffeurs en les forçant à acheter la permission de travailler.

Il faut également une bonne dose d’estime de soi pour se présenter en libérateur des travailleurs du taxi, tout en voulant les garder sous son dictat. Celui qui se présente comme un visionnaire devrait pourtant savoir que l’époque du propriétaire de champs de coton est chose du passé; qu’il ne suffit pas de proposer à des esclaves une faible augmentation de leur pitance pour les libérer de leur servitude.

Pourquoi les travailleurs du taxi devraient-ils se contenter des 15 $ de l’heure de Téo? Pourquoi ne pourraient-ils pas s’émanciper de ces privilégiés de l’État qui veulent toujours l’obliger à louer ou à acheter un permis pour travailler? Pourquoi un travailleur autonome ne pourrait-il pas gérer lui-même son temps de travail et sa propre voiture, et ce, tout en satisfaisant les besoins et les attentes des consommateurs?

Nous sommes désolés, mais remplacer des voitures à essence par des voitures électriques n’a rien de vraiment innovateur. Il ne suffit pas de remplacer une fournaise à l’huile par des plinthes électriques pour rendre un taudis salubre.

Taillefer nous invite à choisir entre « #JeSuisUber ou #NousSommesTéo ». Notre choix est fait. Nous préférons un marché libre à l’écoute des besoins des usagers et à l’affut des opportunités économiques; un Uber qui, pour survivre, ne réclame pas du gouvernement des permis pour soi et des interdits pour les autres.

Non, nous ne sommes pas Téo. Le monde des affaires d’hier, comme se plait à le décrire M. Taillefer, nous a enseigné qu’un projet capable de satisfaire efficacement les attentes des consommateurs peut se passer de l’État et de l’argent des contribuables.

Nous déplorons que la Caisse de dépôt, Investissement Québec et autres fonds syndicaux, qui sont financés en tout ou en partie par nos impôts, servent à financer une entreprise qui perpétue un modèle d’affaires obsolète ne pouvant survivre sans la coercition de l’État.

[1] M. Taillefer réfère sans doute à HEC Montréal, anciennement l’École des hautes études commerciales de Montréal.

[2] http://quebec.huffingtonpost.ca/alexandre-taillefer/teo-taxi_b_9806980.html



La nature de la politique

Par Philippe David

Je n’écris plus souvent  ces temps-ci. Je trouve la scène politique plutôt déprimante. Cependant, il y a des moments où je ne peux faire autrement que de sauter sur mon clavier. Ce qui s’est produit avant-hier est un bon exemple. Ce n’est pas que j’ai été surpris outre mesure par le fait que le gouvernement Couillard ait décidé d’investir $1 milliard US ($1,3 milliards CAN) dans Bombardier en mon nom et celui de tous les contribuables, prenant ainsi possession de 49% d’une compagnie formée pour assurer le développement (très risqué, cela va sans dire) du C Series de Bombardier alors que la journée même, Bombardier montrait des états financiers qui accusaient une perte de $4,9 milliards. Ça devrait me choquer, comme ça semble choquer tout le monde, mais non. Pas vraiment. Ce qui me choque plus dans cette affaire est le refus des gens de voir que ce genre de chose est monnaie courante en politique et que tant et aussi longtemps qu’on considérera comme normal de se faire confisquer près de la moitié de son revenu par le gouvernement pour ensuite voir cet argent gaspillé de façon outrageuse dans des projets dans lesquels nous n’aurions jamais mis une taule de notre propre chef, ce genre de chose se produira encore et encore.

Ce n’est pas d’hier que les politiciens récompensent leurs amis et leur font des faveurs. Les corporations dépensent des millions en lobbying pour obtenir des contrats ou une réglementation qui leur est favorable au détriment de leurs concurrents, ou tout simplement pour de l’argent. Comme par hasard, le lobbyiste de Bombardier est un certain ex-ministre des finances libéral. Peut-on être plus incestueux que ça? Tout le monde s’indigne, tempête et rouspète, mais personne ne veut vraiment s’attaquer à la vraie cause du problème: les politiciens contrôlent des sommes faramineuses d’argent qu’ils soutirent par la force des contribuables qui n’ont mot à dire que lorsqu’ils votent à tous les cinq ans.

Un «investissement», vraiment?

Laissez-moi vous faire part d’une réalité trop souvent oubliée: le gouvernement ne peut rien vous donner qu’il n’a pas pris par la force à quelqu’un d’autre. Si ce quelqu’un d’autre avait pu garder son argent plutôt que d’être forcé à le donner au gouvernement, il l’aurait peut-être utilisé à des fins plus productives (ou pas, mais c’était SON argent).  Ce sur quoi on peut compter c’est qu’il l’aurait dépensé ou investit selon ses propres intérêts personnels dans le but d’améliorer sa qualité de vie. Lorsque c’est le gouvernement qui choisit quoi faire avec cet argent, c’est une toute autre chose.

Les gens qui croient que le gouvernement agit pour le «bien commun» sont probablement les mêmes qui ont coulé leurs cours d’Histoire à l’école. Parce qu’au contraire, le gouvernement est composé d’individus qui ont naturellement leur propre intérêt personnel en tête. Dans le cas des politiciens, leurs deux premières préoccupations sont de se faire élire et de se faire ré-élire. Vos préoccupations, ils n’en ont rien à cirer, à moins que celles-ci les aident dans leurs deux préoccupations personnelles. Donc, naturellement, les soit-disant «investissements» que les politiciens font avec votre argent ont rarement quelque chose à voir avec votre bien-être (tout bienfait que les petites gens en retirent, sont le plus souvent accidentels).

Donc, lorsqu’on vous raconte qu’on doit sauver telle ou telle compagnie pour le bien commun, à cause des pertes d’emploi ou des dommages à l’économie, n’en croyez pas un mot. Dans la réalité, si une compagnie n’est pas assez bien gérée pour être profitable et attirer des investissements privés, elle ne mérite pas non plus d’être capitalisée de force par le contribuable. 

Donner 1,3 milliards à Bombardier signifie qu’on prive toutes les autres entreprises (qui sont profitables, puisqu’elle paient de l’impôt) de capitaux et des intérêts pour un projet dont le retour sur investissement est si douteux qu’aucune banque ou investisseur privé ne veut le toucher avec un bâton de dix pieds (et je travaille présentement pour une banque d’investissement, vous pouvez imaginer les discussions autour de la machine à café…).

L’économiste français Frédéric Bastiat parlait souvent de ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas. On voit facilement les emplois perdus si on laissait Bombardier à elle-même, qui incidemment, seraient bien moindres que ce qu’on peut penser, comme l’explique Vincent Geloso dans son récent blogue, mais ce qu’on ne voit pas ce sont tous les autres emplois qui auraient été créés si les autres entrepreneurs avaient eu  accès à ces capitaux. Encore une fois, le gouvernement ne peut rien donner aux uns sans priver les autres. Et dans la plupart des cas, le gouvernement prive ceux qui produisent au profit des cancres.

La nature de la politique

C’est pourquoi les fameux «investissements» du gouvernement sont rarement profitables au sens économique, ils ne profitent en fait qu’à un nombre restreint d’individus au détriment de tous les autres,  mais ils sont politiquement rentables pour les politiciens.

Les politiciens le feront toujours. Ils ne peuvent pas ne pas le faire, en fait. Sinon on pourrait commencer à croire qu’ils sont inutiles et en réalité ils sont carrément nuisibles. On lance souvent à la blague que la politique est le deuxième métier le plus vieux du monde. Le premier étant la prostitution. On va même jusqu’à dire qu’il y a peu de différences entre une prostituée et un politicien. Je vais vous en nommer une plutôt fondamentale. La prostituée rend un service bénéfique à sa clientèle alors que dans la balance, c’est loin d’être le cas des politiciens.

C’est une des raisons pourquoi j’abhorre la politique. Parce que sa véritable nature ne consiste pas à améliorer le sort de tous mais plutôt à prendre ce que certains ont durement gagné pour le redonner à d’autres qui ne le méritent pas. Cette intervention envers Bombardier n’en est qu’un autre exemple.

L’art de tourner en rond

Par Philippe David

Chaque fois que j’écoute les nouvelles à la télé et à la radio. Chaque fois que je lis un journal ou que navigue sur les médias sociaux, je ne peux que me désoler de constater à quel point nous sommes gouvernés par des gens souffrant d’un effarant manque de vision et de cohérence. Et puis je me rends compte que la vision et la cohérence ont toujours été les premières victimes de la politique.

Ici au Québec, nous sommes passés maitres dans l’art de tourner en rond et courir après notre propre queue. Plus ça change et plus c’est pareil et pendant ce temps, nous nous enfonçons à force d’user le tapis et le plancher en dessous. Bientôt, nous serons dans la cave en train de creuser la dalle de béton.

L’obsession nationaliste

Dans les quelques dernières semaines, par exemple, nous avons été d’une véritable crise obsessionnelle de la part des souverainistes Québécois envers la campagne référendaire écossaise. On aurait juré de par leur ferveur, que c’était le Québec qui votait plutôt que l’Écosse. Pourtant, qu’est-ce que ça aurait changé dans nos vies? Absolument rien! Le Québec n’est pas l’Écosse et nous n’avons d’ailleurs que très peu en commun avec les Écossais, à part d’avoir voté non. Mais un bon nombre de souverainistes se sont tapé un petit voyage en Écosse pour finalement y être déçus. Au fait, je me demande qui a payé le billet d’avion des députés péquistes en présence. Il me semblait que le peuple québécois les payait pour être présents dans leurs comtés et à l’Assemblée Nationale et non en Écosse. M’enfin!

Malgré tout, ils sont revenus ne parlant encore que de référendums et de souveraineté. Il parait, selon PKP, que nous n’en avons pas encore suffisamment parlé! Dites-moi les mecs, de quoi avons-nous parlé d’autre depuis 50 ans? Certainement pas de finances publiques en tout cas. Le débat national a occulté à toute fin pratique tous les autres débats qu’ont les sociétés normales, mais apparemment, ce n’est pas assez. Vous faudra-t-il un autre cinquante ans pour réaliser qu’on est prêts à passer à autre chose?

L’accident cérébro-vasculaire

Chaque fois qu’il est question de remettre les finances publiques en ordre, nous assistons à une sorte de crise d’apoplexie. Tout le monde hurle pour garder ses bonbons et le Québec paralyse. Présentement, ce sont les employés municipaux qui font la danse du bacon, mais attendez, bientôt ceux du provincial vont s’y mettre. Et le pire, c’est que jusqu’ici, on ne leur a pas vraiment demandé de gros sacrifices.

En Suède, que beaucoup de socialistes brandissent en exemple, ils ont enlevé la sécurité d’emploi aux fonctionnaires, converti leur régime de retraite en régime à cotisations déterminées. Ils ont également privatisé plusieurs services publics. Imaginez si on proposait de faire ça au Québec, vous croyez que ça passerait?

Pourtant, c’est ce que nous aurions besoin de faire. Notre système de santé et d’éducation ont besoin d’une réforme en profondeur pas de petites retouches cosmétiques. Les retraites des employés de l’état ont besoin d’être réformées, pas seulement pour assurer leur pérennité, mais pour aussi ramener une certaine équité et justice avec les travailleurs du secteur privé qui ne bénéficient pas de plans de retraite plaqués or, mais qui paient peur ceux des autres. Les députés de l’Assemblée Nationale doivent cependant donner l’exemple en réformant leur propre plan de retraite. Il faudrait aussi se demander si nous avons vraiment besoin d’autant de députés. Après tout, nous n’en avons que 75 à la Chambre des Communes.

Nous pourrions facilement sabrer dans l’aide aux entreprises, beaucoup trop généreuse ici et dans beaucoup d’autres programmes inutiles et onéreux. Tout ça permettrait aux contribuables de souffler un peu, si on diminuait les taxes et impôts d’autant.

La loi de l’inertie

Mais tout gouvernement qui voudra entreprendre ces changements devra s’attendre à l’inertie de la bureaucratie et des syndicats. Je serais surpris de voir les fonctionnaires très enthousiastes à l’idée d’être peut-être obligés de faire leurs boites. C’est pourquoi le gouvernement devra faire preuve d’intelligence, mais honnêtement, je n’ai pas trop d’espoir. Trop de gens ont intérêt à ce que rien ne change. Après tout, 75 % des impôts sont payés par juste 10% des contribuables, ça fait beaucoup de gens qui reçoivent bien plus de l’état qu’ils n’en paient.

Depuis pas mal longtemps, j’ai perdu espoir que l’état puisse se réformer lui-même. Il faudra une force extérieure ou un effondrement pour que quelque chose se passe. Nous verrons bien lequel des deux arrivera le premier.
Crédit photo : Auteur inconnu

L’enfer entrepreneurial

Par Philippe David

Un article du Journal de Montréal de ce matin fait état d’une statistique désolante, mais guère surprenante. Au Canada, 50% des entreprises qui font faillite sont au Québec. Cette statistique en dit extrêmement long sur le modèle économique que nous nous sommes donné depuis 50 ans. Il faudrait arrêter de se faire des illusions. Le Québec est tout simplement un enfer pour les entrepreneurs et par la bande, probablement le paradis des syndics de faillite.

Un dirigisme maladif

Au Québec, il existe un concensus parmi presque tous les partis politiques (sauf peut-être pour quelques partis embryonnaires de droite). Tous les principaux partis, que ce soit le PLQ, le PQ, la CAQ ou QS s’accordent pour dire que l’état doit diriger l’économie. Ils nous promettent donc plein de programmes pour « aider » les entreprises et créer des emplois. En fait, nous sommes les maitres incontestés de la « subventionnite » au Canada. Aucune autre province ne dépense autant pour l’aide à l’entreprise; trois fois plus que l’Ontario.

Si nous dépensons tant pour « soutenir » les entreprises, comment se fait-il que nous ayons tant d’entreprises qui font faillite? Cherchez l’erreur. Est-il possible que notre recette ne soit pas la bonne? L’Ontario qui est en deuxième place pour le nombre de faillites compte pour 30% des faillites canadiennes et l’Alberta 4,3%. Et alors que ce nombre est constamment en hausse au Québec, en Ontario il régresse de 39,5% en 2008 à 30% en 2013. Peut-être qu’il serait temps de changer notre approche?

Un changement d’attitude

Tout d’abord, un changement d’attitude s’impose. Il faudrait que nous abandonnions collectivement notre méfiance de l’entreprise privée qui nous porte à croire qu’aucune entreprise au Québec ne pourrait survivre sans dépendre d’une façon ou d’une autre de l’aide du gouvernement. Et si une entreprise a tant besoin d’aide du gouvernement, peut-être est-ce parce qu’elle n’a pas sa raison d’être? Peut-être est-ce parce que ce qu’elle produit n’a pas suffisamment de valeur aux yeux des consommateurs pour garder l’entreprise en vie? Dans ce cas, pourquoi faudrait-il y investir gaspiller des fonds publics?

L’idée de dépenser des fonds publics pour soutenir une entreprise provient bien plus d’une logique politique que d’une logique économique. Dans la logique politicienne, ces subventions servent littéralement à acheter des votes. Pensons à la cimenterie en Gaspésie, à l’exploration pétrolière sur l’Ile d’Anticosti, à la Davie, la Gaspésia, General Motors. Tous des exemple de fonds publics gaspillés à des fins purement électoralistes.  Pour convaincre les électeurs de « voter du bon bord » pour le parti qui le offre le plus de « nananes ».

Économiquement, par contre, ces « investissements » ne font aucun sens. Si une entreprise est profitable, elle n’a aucun besoin de fonds publics pour vivre. Si la survie d’un entreprise dépend d’un continuel influx provenant des poches du contribuable, c’est probablement parce qu’elle est improductive et qu’elle gaspille les ressources. De subventionner une telle entreprise est de tout simplement perpétuer ce gaspillage. Il vaudrait mieux laisser de telles entreprises faire faillite et laisser d’autre entreprises plus productives récupérer ces ressources.

Un instant! Dites-vous. Nous voulons diminuer le taux de faillites, pas l’augmenter! Vous avez raison, mais dans un marché relativement libre, maintenir des entreprises en vie sur le respirateur empêche les entreprises en bonne santé de s’étendre ou à d’autres même d’être créés par l’accaparement de ressources humaines et de capitaux par des entreprises qui gaspillent ces ressources. En les libérant, nous permettons à ces entreprises plus solides de de fleurir et à long-terme, d’avoir une économie plus solide.  Dans un jardin, il faut arracher les mauvaises herbes pour que les légumes et les fleurs puissent pousser.

Un modèle étouffant

Essayez d’imaginer quelqu’un nourissant un enfant d’une main tout en l’étranglant de l’autre et vous aurez une bonne image du modèle de gestion de l’économie de notre gouvernenment, tous partis confondus.

D’un côté notre gouvernement enfonce pratiquement des subventions dans la gorge des entreprises et de l’autre, il les étouffe avec des impôts deux fois plus élevés que la moyenne canadienne, des taxes sur la masse salariale 45% plus élevés, un marché du travail inflexible, un taux de syndicalisation trop élevé et des tonnes et des tonnes de paperasses. Comment voulez-vous qu’un entrepreneur arrive à percer? Pour reprendre l’analogie du jardin, pour que  votre plant de tomates puisse porter ses fruit, encore faut-il que vous lui laissez l’espace nécessaire pour grandir, sinon, toute l’eau et le fertilisant du monde ne l’aideront pas à pousser et produire plus de fruit.

La bonne recette

Nous ne pouvons pas avoir une économie dynamique sans entreprises solides. plus nous subventionnons des entreprises improductives et que nous étouffons celles qui produisent, et plus nous nous appauvriront collectivement. Il n’y a aucune raison valable pourquoi les québécois seraient plus pauvres que les autres canadiens. Nous avons tout ce que nous avons besoin pour être une des provinces les plus prospères au lieu d’être une des plus pauvres (ou un pays en faillite). La clé du succès ne dépend pas du reste du Canada, elle vient de nous et de notre propre attitude. Soit nous continuons avec une recette économique usée qui goûte mauvais, où que nous essayons une recette plus audacieuse et moins fade.

C’est certainement moins payant pour les politiciens, mais c’est bien plus payant pour le reste d’entre-nous. Pensez à ça pendant que les politiciens essaient de vous faire croire qu’ils peuvent « créer des emplois ».

Les gaucheries de Madame Malavoy

Par Arielle Grenier

Ce matin, alors que je démarrais la Yaris-mobile tout en grelottant dans l’attente que le moteur se réchauffe, j’ouvris la radio (oui à Radio X, ça vous choque ?). On y annonçait que la ministre de l’Éducation, Marie Malavoy, demande l’abolition les tests de sélection dans les écoles privées en précisant que le financement public leur serait coupé s’ils ne suivaient pas les nouvelles règles! Je vous jure que je n’ai pas eu besoin de mon latte mocha pour me réveiller! Je n’en croyais pas mes oreilles! Le Parti Québécois serait-il plus « free-market » qu’on pourrait le penser?

 

         Les gaucheries de Madame Malavoy embarrasseront probablement notre nouvelle Première ministre à son retour du Sommet de la francophonie. En plus de vouloir faire reculer l’enseignement de l’anglais en freinant l’implantation du programme intensif en sixième année, elle suggère des cours d’histoire portant sur la question nationale. Si un cours universitaire existait sur « comment créer de parfaits petits unilingues souverainistes » Madame Malavoy obtiendrait certainement la note A++ de la part d’un professeur syndicaliste indépendantiste. Non, mais vraiment?! Personne n’est choqué? Vous trouvez normal que le Parti Québécois désire à ce point nous ostraciser du monde extérieur et de la méchante langue anglaise?

 

L’anglais et le profond malaise de nos péquistes apeurés du monde extérieur

 

         Je ne comprends pas pourquoi le Parti Québécois rêve à ce point faire reculer l’anglais dans nos écoles, alors qu’il devrait tout simplement améliorer l’enseignement de la langue française. La survie d’une langue ne passe pas par des programmes politiques, mais bien par l’amour que chaque citoyen porte à celle-ci. Ce n’est pas en soustrayant à nos enfants la possibilité d’apprendre une autre langue que l’on va augmenter ou améliorer la qualité de l’enseignement du français.

 

Les professeurs d’espagnol, d’anglais ou d’italien ne se transformeront pas demain matin en professeurs de français! Si l’enseignement du français est important pour une famille, je me demande bien ce qui l’empêche de corriger les lacunes du système à la maison, alors que plusieurs familles immigrantes continuent de parler leur langue d’origine. J’ai malheureusement l’impression que nous avons affaire à de vrais protectionnistes linguistiques horrifiés de la diversité linguistique de notre province. Pourquoi en serait-il autrement pour la famille québécoise qui  souhaite que ses enfants parlent le français? Ce rôle revient aux parents : ce n’est pas à l’État de décider du bien-fondé du choix d’une langue de prédilection, quelle qu’elle soit. Je suis tannée de cette gauche qui aspire à limiter les libertés décisionnelles des parents concernant le futur de leurs enfants.

 

Et les autres communautés? Ont-elles autant le droit de protéger leur culture?

 

         On se souvient tous de la controverse entourant les subventions accordées à plusieurs écoles religieuses qui ne respectaient pas le régime pédagogique du Québec. Plusieurs péquistes avaient alors crié au scandale en dénonçant l’enseignement de ces écoles. En gros, les subventions ne devaient pas être accordées aux écoles qui ne respectaient pas le programme du Ministère.

 

         Parfait! Maintenant est-ce que les écoles privées qui seront désormais payées entièrement par les parents pourront avoir le programme que ces derniers souhaitent? Autrement dit, l’école privée deviendra-t-elle une nouvelle niche de marché où les étudiants pourront apprendre l’anglais intensivement en sixième année maintenant que le public ne le leur permet plus?

 

         Et les écoles d’éducation internationale publiques? Pourront-elles continuer à « filtrer » les étudiants à l’entrée ou si cette mesure archaïque mettra fin au programme international du secondaire? Souvenons-nous que ces écoles sont publiques, mais qu’elles font passer des tests à l’entrée aux étudiants qui convoitent obtenir une éducation de première qualité au public. Elles ont d’ailleurs été créées pour permettre aux enfants de la classe moyenne et des moins nantis de pouvoir réaliser leur plein potentiel tout en performant dans un enseignement public ayant une qualité de l’enseignement compétitive au privé. OUI! Au méchant privé! Est-ce que mon école secondaire, École d’éducation internationale de McMasterville, deviendra privée ou commencera-t-elle à accepter n’importe quel élève, la faisant baisser de position au classement des meilleures écoles secondaires du Québec? Le Parti québécois est manifestement un parti qui voue un culte sans borne aux élites économiques et au nivellement… vers le bas.

 

         Hey ho! Je n’oublie pas les cours d’histoire de nos nouveaux bébés endoctrinés à voter OUI au prochain référendum! Déjà que nos professeurs sont très (le mot est faible!) souverainistes, pensez-vous vraiment qu’ils ne partagent pas leurs idées politiques pendant un cours dédié au Dieu Lévesque et à Sainte-Pauline? Soit la ministre se paie notre tête ou elle croit  naïvement que nous n’avons pas vu le tour du chapeau qu’elle vient d’effectuer dans le but de la souveraineté autarcique!

 

D’un autre côté, elle nous démontre aisément que le financement et les subventions à l’éducation ne seront peut-être pas vitaux à la survie de l’éducation privée. Merci pour le coup de pouce! L’éducation privée continuera d’exister, elle pourra peut-être créer une niche de marché à l’éducation anglophone et une élite linguistique.  Cette mesure créera certainement un appauvrissement de la diversité du système public. Tout cela pour pouvoir ENFIN obtenir la très chère souveraineté des indépendantistes.

 

Bravo Sainte-Marie, grande sainte d’une société québécoise futuriste ostracisée du monde extérieur!  Vous avez aisément démontré que le Parti Québécois a des œillères tout le tour de la tête quand il est question du futur de nos enfants.

 

Petite question : les parents qui paieront à 100% l’éducation privée de leurs enfants, seront-ils soustraits aux taxes scolaires ou la classe moyenne devra-t-elle encore payer en double ce service ?