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« Nous n’avons rien volé (nous). » Ah oui?

Par Philippe David

Ils sont partout en ville ces autocollants des syndicats des employés du secteur public. On les voit sur les autos de police, les camions de pompiers, les autobus et tous les autres véhicules publics et édifices publics. C’est pour protester contre ce projet de loi qui vise à forcer ces employés à payer une plus grande part des déficits de leur plan de pension plaqué or. Parce que selon eux, ils ont travaillé tellement fort pour cette pension et ont fait plus que leur part pour le capitaliser.

Voyez-vous, 7% de son salaire, c’est plus que suffisant pour s’assurer de pouvoir prendre sa retraite à 55 ans (si ce n’est pas 45) avec 70% de ses 5 meilleures années de salaire, non seulement pour le reste de ses jours, mais ceux de son/sa conjoint(e). On s’en fout du fait que la grande majorité des travailleurs québécois qui paient pour leurs salaires et leurs pensions, n’ont absolument rien de comparable pour leur propre retraite et que s’ils voulaient récolter assez dans leurs REERs pour s’assurer le même train de vie, ils devraient mettre 4 fois plus dedans que certains employés de l’état contribuent à leur plan de pension. Comment est-ce possible que même quelques-uns des plus gros employeurs québécois ne peuvent offrir ce genre de plan de retraite à leurs employés, mais que pour eux, pfff pas de problème!

Ce n’est pas que je leur envie ces conditions de travail. Tout le monde devrait profiter d’aussi bonnes conditions. Cependant, comme le témoignent les énormes déficits accumulés par ces régimes de pension, ce n’est juste pas réaliste. Ces régimes sont insoutenables, tout le monde le sait (du moins, ceux qui savent compter). Nos petits-enfants vont encore payer pour les pensions d’employés publics morts et enterrés. Et même si le projet de loi passe, ils auront toujours un régime de pension de loin supérieur à tout ce qui est offert dans les entreprises privées.

Comment en sommes-nous venus là? À travers des grèves, des fronts communs, des moyens de pressions et du vandalisme qui ont privé la population des services essentiels pour lesquels ils paient et qui sont monopolisés par l’état. (Qui va payer pour faire enlever les autocollants, vous croyez?) L’état est comme une toilette chimique. On préfèrerait ne pas avoir à faire nos affaires là, mais si on voulait le faire ailleurs, on se ferait arrêter.  Quand l’état offre un service, on ne peut l’obtenir ailleurs. Cette particularité permet aux employés qui livrent ces services, le pouvoir de tenir la population en otage pour négocier leurs conditions de travail. Il y a un mot pour ce genre de tactique : l’extorsion.  Généralement considéré comme un crime, mais étrangement permissible aux syndicats.

Ils n’ont rien volé, disent-ils. Vraiment? Par ce slogan, les syndicats tentent  de s’approprier le haut-lieu moral. Ils sont des travailleurs honnêtes, disent-ils, leur pension, ils l’ont gagnée à la sueur de leur front. Pourtant, dans la réalité, considérant le peu qu’ils ont eu à contribuer dans leur plan de pension vs ce que les contribuables ont eu à payer (le gouvernement, municipal, provincial ou fédéral, ne paye rien. Il ne fait que prendre ce qui est la propriété des contribuables de force et la redistribuer), ce sont les contribuables qui l’ont gagné à la sueur de leur front. Les syndicats l’ont ensuite extorqué et les politiciens ont cédé pour préserver la paix publique. Le seul haut-lieu moral qu’il peut y avoir dans ce débat n’appartient pas aux syndicats, il appartient aux contribuables, qui étrangement, quand vient le temps de décider des conditions de travail des employés de l’état, est toujours absent de la table de négociation.

[Crédit photo : Philippe David]

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Quand tu écoutes les nouvelles, le matin, tu penses à quoi?

Quand tu lis ton journal, qu’est-ce que ça t’inspire?

Sûrement, tu te fais une opinion. Sur le besoin ou non d’une enquête publique sur l’industrie de la construction. Sur une ville qui signe une entente mais qui doit faire amender la loi pour la justifier. Sur les accusations portées contre le député en fonction Tony Tomassi. Sur les propos de Don Cherry. Sur le départ précipité de la ministre Nathalie Normandeau. Et celui du journaliste de TVA Carl Langelier. Sur les syndicats qui en mènent large au Québec.

À coup sûr, tu as une opinion. Que tu partageras volontiers si on t’en donne l’occasion. Exprimer son opinion, c’est faire bon usage de sa liberté d’expression. Dans une société démocratique, l’un ne va pas sans l’autre.

Pas vrai? Pas sûr!

Au Québec, on s’est embarqué sur une pente savonneuse, et drôlement dangereuse.

Des joueurs de la LNH proposent des changements? Tagueule.com

Don Cherry critique les ex-joueurs de hockey qui dénoncent la violence sur la patinoire? Tagueule.com

Un chroniqueur demande la démission de Don Cherry : Tagueule.com

Éric Duhaime commente les positions linguistiques de Don Cherry : Tagueule.com

La ministre Lise Thériault veut revoir les lois régissant l’industrie de la construction : Tagueule.com

L’animateur du FM93 Sylvain Bouchard s’interroge sur certaines procédures de la ville de Québec : Tagueule.com (dit le maire, Régis Labeaume)

L’ex-ministre de la Justice Marc Bellemare rapporte les propos de son premier ministre : Tagueule.com (dit Bastarache)

L’ex-policier Jacques Duchesneau révèle des failles majeures au sein du ministère des Transports : Tagueule.com (dit Lafrenière)

Un citoyen remet en question l’entente entre la ville de Québec et Quebecor : Tagueule.com (garçon : une loi 204, SVP)

Un blogueur s’interroge publiquement sur le pouvoir syndical de la gauche?  Tagueule.com

Un groupe de réflexion, le Réseau Liberté-Québec, se réunit pour se pencher sur un modèle québécois dépassé : Tagueule.com (et une pelletée de fumier, avec ça).

Le quotidien La Presse s’interroge sur les étranges déclarations de l’étrange maire de Montréal, Gérald Tremblay : Tagueule.com

Le journaliste Dominic Maurais de CHOI RadioX propose ponctuellement le LABEAUME-WATCH? Tagueule.com

La SRC révèle l’omniprésence d’un important entrepreneur dans l’industrie de la construction? Tagueule.com (même moi, je tais son nom)

Au Québec d’aujourd’hui, t’as droit à ton opinion, mais… Tagueule.com

T’es en désaccord avec tes élus ?  Tagueule.com

Tu veux utiliser ta liberté d’expression ? Tagueule.com

Ce que tu lis t’inspire? Tagueule.com

Ce que tu entends te donne envie de réagir? Tagueule.com

Tu as une opinion sur ce texte? Tagueule.com

 

POUR QUI SONNERA LE GLAS?

Ça ne va pas bien pour les syndicats.

À Ottawa, le conservateur Russ Hiebert, député de South Surrey – White Rock – Cloverdale, en Colombie-Britannique, vient de déposer le projet de loi privé C-317, une initiative visant à obliger tous les syndicats canadiens à rendre publique l’utilisation précise qu’ils font des cotisations de leurs membres. Le gouvernement Harper étant majoritaire, le tout n’est qu’une formalité, même si le NPD s’est dit contre le projet avant d’en avoir pris connaissance.

Dans le même souffle, à Québec, la ministre du Travail Lise Thériault déposait jeudi matin un projet de loi visant à donner aux employeurs le contrôle sur leur main d’œuvre et forçant aussi les syndicats à ouvrir leurs livres et à justifier, et leurs revenus, et leurs dépenses.

Le projet de loi 33 éliminera le placement syndical, et concédera à un travailleur le droit de déposer une plainte contre son syndicat à la Commission des relations du travail, en plus de lui permettre de changer d’allégeance syndicale en cours de convention collective.

La durée des conventions collectives passera de trois à quatre ans.

Le projet de loi 33 vise « la mise en place d’une série de mesures concernant la référence de la main-d’œuvre, le régime de négociation des conventions collectives et le système de votation », selon les dires de la ministre Thériault.

Et les travailleurs qui souhaitent changer d’allégeance syndicale exerceront dorénavant leur droit de vote par la poste