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Les bien-pensants

Par Philippe David

Dans le palmarès des propos méprisants, Amir Khadir et Luc Ferrandez ont certainement remporté la palme cette semaine. Lorsque interrogé à propos des surplus budgétaires des libéraux sur les ondes de LCN, Khadir a déclaré:

« De toute façon, que feraient les gens avec 1000 $ de plus par année dans leurs poches ? Ils dépenseraient cet argent dans des achats futiles, comme des montres dernier cri. »

Ferrandez, pour sa part,  selon Patrick Lagacé, a déclaré:

« Nous n’avons pas besoin de plus de télévisions à écran plat, plus de SUV (hausse des ventes de 65 % au Québec), plus de véhicules récréatifs, plus de fifth wheels, plus de cuisines de magazine ; plus de chalets-maisons ; plus de voyages ; plus de ski-doo ultra-performants, plus de vélos à 5000 $. Nous avons besoin d’une hausse du salaire minimum pour les 100 000 Montréalais qui consacrent plus de 50 % de leurs revenus à un logement ; plus de programmes d’intégration pour les immigrants et les réfugiés qu’on appelle en plus grand nombre tout en fermant le robinet des services ; plus de maisons de chambres pour les personnes dans la rue ; plus d’investissement dans les écoles débordées de la CSDM ; plus de CPE et plus de considération pour nos aînés les plus pauvres… »

Mais pour qui se prennent-ils? Voyez-vous, ces deux lurons sont des archétypes de la bien-pensance. Des gens qui s’imaginent être mieux qualifiés que le commun des mortels à gérer la vie des autres. Pourtant, si on considère les démêlées judiciaires de la fille d’Amir Khadir, on pourrait questionner sa compétence. Les bien-pensants ont deux croyances particulières qui leur donnent le point de vue tordu derrière ces déclarations méprisantes.

Votre argent ne vous appartient pas.

Vous avez bien compris! Pour les gens comme Khadir et Ferrandez, l’argent que vous gagnez à la sueur de votre front ne vous appartient pas. Il appartient au gouvernement qui lui décide combien vous devriez pouvoir garder de votre chèque de paie. À leurs yeux, vous n’êtes pas des gens libres avec un droit de propriété sur le fruit de votre labeur, vous êtes du bétail, des vaches à lait, des esclaves. Vous appartenez au gouvernement qui a droit de disposer de vous comme il veut.

Vous savez quoi? Considérant que nous payons en moyenne près de la moitié de nos revenus et divers impôts et taxes à tous les niveaux de gouvernement, ils n’ont pas complètement tort. Nous sommes effectivement des moutons qui nous laissons tondre plutôt docilement. Nous n’avons pas trop le choix. Cependant, si nous vivions vraiment dans une société libre, nous serions propriétaires de notre corps et de tout ce que nous produisons avec. Ce qui fait probablement la différence entre vous et des gens comme Khadir et Ferrandez, c’est qu’eux ils croient que c’est moral de vous considérer comme des bêtes à exploiter.

Le gouvernement sait mieux gérer votre argent que vous.

Probablement la plus grosse blague du monde. Les bien-pensants croient qu’ils savent mieux gérer notre argent, mais lorsqu’on regarde de près comment les politiciens et bureaucrates dépensent le butin pillé de nos poches sous forme de taxes, on se rend vite à quel point cette croyance est ridicule. L’économiste Milton Friedman avait déterminé qu’il y a quatre façons de dépenser:

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Puisque, bien sûr,  les fonctionnaires et les politiciens ne dépensent jamais leur propre argent, ils vont soit dépenser l’argent des autres pour eux-mêmes. Auquel cas, ils vont s’assurer d’en avoir autant qu’ils peuvent pour votre argent (comme dans leurs comptes de dépenses par exemple. Vive le champagne et le caviar);  ou bien ils dépensent l’argent des autres au profit des autres, auquel cas il leur importe très peu combien ça coûte ou si ça vaut la dépense. C’est comme ça qu’on se ramasse avec des dépassements de coûts faramineux pour tous les projets publics.

Prenons un exemple concret. Notre gouvernement est très enthousiaste envers son projet d’électrification des transports. Récemment, il a voté une loi (à l’unanimité en plus, comme si toute la population appuyait une telle idée) pour forcer les constructeurs automobiles à vendre plus de véhicule électriques. Il importe peu que ces véhicules soient subventionnés à l’os pour que certains puissent les acheter à prix raisonnable aux dépens des autres (on a déjà calculé qu’une Chevrolet Volt coûtait jusqu’à $250 000 aux contribuables). Et si vous pensez que c’est pour une bonne cause en réduisant les émissions de GES, sachez que les cibles de réduction de ces gaz, si elles sont atteintes ne seraient qu’une goutte dans l’océan de la production mondiale de GES. Alors tout ce fric est dépensé seulement pour que les politiciens puissent se targuer de faire quelque chose pour l’environnement, même si à toute fin pratiques, ce n’est absolument rien. On voit facilement jusqu’où les politiciens sont prêts à aller pour gaspiller votre argent pour soutenir une industrie complète artificiellement  à des fins purement politiques.

Dans les faits, tous les gouvernements sont les pires gaspilleurs d’argent et de ressources du monde, mais selon les bien-pensants comme Khadir et Ferrandez, nous devrions leur donner toujours plus du fruit de notre labeur. Ils n’auraient probablement aucun problème à ce que le gouvernement nous extirpe 90% de notre production comme à Cuba.

En vérité…

Le fruit de votre labeur devrait vous appartenir à 100% que vous pouviez en disposer comme bon vous semble pour tous les services dont vous pourriez avoir besoin. La plupart des gens ne sont pas aussi stupides que les bien-pensants croient et savent très bien ce dont ils ont vraiment besoin. Chose certaine, si on leur en laisse plus dans leurs poches, ils ne pourraient pas possiblement faire pire avec cet argent que ce qu’en ferait le gouvernement. Peu importe ce que les Khadir et Ferrandez de ce monde peuvent bien en penser.

L’esclavage à temps partiel

Par Philippe David

Le 14 juin est la date où, selon l’Institut Fraser, les québécois auront, en moyenne, fait suffisamment d’argent pour s’acquitter des impôts et taxes provenant de tous les paliers de gouvernement. Une seule province doit attendre plus long temps: Terre-Neuve et Labrador pour qui la date fatidique est le 22 juin. Les albertains, eux, fêtaient déjà leur libération le 23 mai et l’ensemble du Canada le 9 Juin.

Cependant, il y en a qui s’insurgent contre l’appellation qu’on donne à cette journée, soit la journée d’affranchissement de l’impôt.  Selon l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC), l’impôt « volontaire » et « démocratique » serait payant pour les contribuables et l’institut Fraser a tort de les considérer uniquement comme une dépense. Il ne prend pas en considération tout ce que nous recevons en bénéfices. Ce point de vue est tellement truffé de faussetés que je ne sais pas où commencer.

Volontaire et démocratique?!?

L’impôt est volontaire? C’est merveilleux! Vous voulez dire que je remplis des rapports d’impôt pour rien depuis tant d’années quand j’aurais simplement pu dire non? Vraiment?

Dites-moi ce qui arriverait si vous refusiez de payer vos impôts? On commencerait par vous envoyer des lettres polies (ahem!), puis des agents du fisc viendront frapper à votre porte, puis viendront les amendes et  éventuellement, des hommes armés viendront vous arrêter pour vous mettre dans une cage. Si vous résistez votre arrestation, vous serez probablement molesté. Si vous fuyez, vous pourriez possiblement être abattu. Étant donné les conséquences à ne pas payer vos impôts, croyez-vous vraiment avoir le choix de ne pas payer?

Or, le mot volontaire implique un choix.  Donner son argent à la pointe d’un fusil n’est pas un choix. Comment appelle-t-on l’acte de s’approprier le bien d’autrui sans son consentement par la force ou la menace de l’utilisation de la force? Le vol. Dans la plupart des endroits du globe, c’est considéré comme immoral, c’est pourquoi il y a des lois contre ça. Le vol devient-il soudainement moral parce que c’est le gouvernement qui le fait ou parce que c’est la majorité qui l’exige?  Est-ce qu’un mal devient un bien aussitôt que 50%+1 des citoyens le sanctionnent? La réponse est non, bien sûr.

Donc, affirmer que la majorité a le droit moral de piller la propriété d’une minorité, c’est affirmer qu’un viol collectif ou un lynchage sont des exemples de démocratie en action.

Paiement contre services rendus?

Mais ces chantres de la social-médiocrassie soutiennent qu’il s’agit là d’une juste rétribution pour services rendus. Vraiment? Considérons ça pour un instant…

Dans un marché libre, si vous achetez du pain frais d’un boulanger, par exemple, vous effectuez une transaction qui est bénéfique aux deux. Vous obtenez ce que vous voulez: une miche de pain à un prix que vous considérez comme acceptable, sinon vous iriez voir un autre boulanger; et il obtient la quantité d’argent qu’il désire pour le fruit de son travail. C’est un arrangement qui est gagnant-gagnant et tout le monde sort de la transaction avec quelque chose auquel il accorde plus de valeur que ce qu’il a cédé.

Qu’en est-il des services du gouvernement et de l’impôt? Primo, vous n’avez aucun contrôle sur le prix. Le gouvernement décide ce que vous devez payer, et vous ne pouvez pas aller voir ailleurs pour un meilleur prix. Secundo, vous n’avez aucun contrôle sur quels services vous payez. Le gouvernement vous offre un certain panier de services et vous payez pour tous ces services, que vous en ayez besoin ou non. Tertio, vous n’avez aucun contrôle sur la qualité des services. S’ils sont médiocres, et au Québec, ils le sont, vous n’avez pas le choix d’aller voir ailleurs. Est-ce que ça ressemble à un échange équitable, selon vous?

Alors pourquoi un individu sain d’esprit accepterait de se laisser escroquer de cette façon? Ah oui! C’est vrai! Parce qu’il se retrouverait dans une cage avec un gros gars chauve et barbu qui veut faire de lui sa petite copine peut-être?

Alors l’impôt n’est certainement pas volontaire et il n’est certainement un paiement pour services rendus.

Quelques faits…

Selon les données les plus récentes du Ministère des Finances du Québec (2010):

  • 37,2%  des contribuables ne paient aucun impôt
  • Les 4,4% les plus riches ($100 000 et +) paient 35% des impôts
  • Les 23% les plus riches ($50 000 et +) paient 75% des impôts

Allez dire que les riches ne font pas leur part.

Selon l’Institut Fraser:

  • En 2012, la famille moyenne consacrait 42,7% de son revenu en impôt et taxes de toutes sortes. C’est plus que toutes les autres nécessités de la vie.
  • De 1961 à 2012, les impôts et taxes de la famille moyenne ont augmenté de 1 787%  comparé à 1 290% pour le logement, 607% pour les vêtements, 578% pour la nourriture, 675% pour l’indice des prix à la consommation et 1 382% pour les revenus!

N’êtes-vous pas surpris que les familles peinent à pouvoir épargner?

Conclusion

D’année en année nous devons consacrer de plus en plus du fruit de notre labeur pour avoir le « privilège » d’attendre des heures aux urgences, des mois pour une chirurgie et de bénéficier d’infrastructures croulante, tout en subventionnant tout ce qui bouge et en payant des plans de retraite dont le reste d’entre-nous ne peuvent que rêver aux élus et fonctionnaires. Il est temps que cesse cet esclavage à temps partiel.

 

Pourquoi êtes-vous pauvres?

Par Philippe David

Nous sommes maintenant dans le dernier droit de la campagne électorale et dans moins de deux jours, la plupart d’entre-nous devront passer aux urnes. Avant que vous n’alliez voter, il y a quelque chose dont je voudrais vous faire part.  Quelque chose que les politiciens se gardent bien de vous dire et pour laquelle ils n’ont bien sûr aucune solution.

C’est une chance que cette campagne électorale s’adonne à être en plein pendant cette période de l’année où nous nous affairons à préparer nos rapports d’impôt (il ne vous reste que 25 jours, en passant pour éviter que nos agences de revenu lâchent leurs chiens contre vous). Alors que vous êtes sur le point de mettre un X sur un bulletin de vote, je vais vous rappeler combien ces petits X vous coûtent année après année. 

Quelques chiffres

Selon l’étude intitulée Indice d’imposition du consommateur canadien de l’Institut Fraser, en 2012, la famille moyenne consacrait 42,7% de son revenu en impôt et taxes de toutes sortes. L’étude ne cite que des chiffres canadiens, mais puisque nous savons que le fardeau fiscal des québécois est le plus élevé au Canada, nous savons que c’est encore plus élevé ici. Mais déjà les chiffres canadiens seront suffisnt pour vous décourager.

Donc les ménages canadiens doivent débourser en moyenne 42,7% de leurs revenus en impôts et taxes alors que pour les nécessités de la vie, ils doivent débourser en moyenne 36,9% de leur revenu. C’est donc dire que toutes nos institutions publiques nous coûtent beaucoup plus cher que les nécessités de la vie, compte tenu également de la dette publique, qui n’est après tout que des impôts et taxes différées.  Mais il y a pire.

Non seulement, nous payons plus cher en impôts et taxes que ce que nous dépensons pour les nécessités de la vie, mais c’est aussi la dépense dans notre budget familial qui croît le plus rapidement. De 1961 à 2012, les impôts et taxes de la famille moyenne ont augmenté de 1 787%  comparé à 1 290% pour le logement, 607% pour les vêtements, 578% pour la nourriture, 675% pour l’indice des prix à la consommation et 1 382% pour les revenus!

Graph taxes vs necessities+revenue 1961-2012

Vous avez bien lu. La croissance des impôts et taxes que vous payez dépasse de loin la croissance de vos revenus, contrairement à toutes vos autres dépenses. En fait, les impôts et taxes augmentent à un rythme presque trois fois supérieur à l’inflation. Est-il surprenant alors que la famille moyenne peine à rejoindre les deux bouts et que le taux d’épargne soit en baisse constante? Comment épargner quand tous nos niveaux de gouvernements pigent dans nos poches à cette cadence? Comment pouvons-nous espérer préparer une retraite décente?

L’inefficacité de l’état

Soyons honnêtes, le gouvernement provincial n’est pas le seul responsable de cette situation, mais c’est à ce niveau que nous payons le plus d’impôts et taxes. Ceux que nous devons élire lundi seront donc responsables de gérer la plus grande part de ce que nous payons en impôt et taxes dans le futur. Et aucun des chefs des quatres principaux partis n’a un plan crédible pour réduire votre fardeau fiscal. Au contraire, ils se proposent tous de l’augmenter.

Le problème est que le gouvernement en fait trop et qu’il est et sera toujours inefficace dans tout ce qu’il fait parce qu’il n’existe aucune mesure pour déterminer l’efficacité et la productivité de l’état. Aucune mesure qui puisse lui permettre de faire un calcul économique. Dans le secteur privé, les entrepreneurs utilisent le système de prix et les profits et pertes pour les guider et les aider à corriger le tir pour que leur entreprise soit plus efficace. Ils peuvent donc facilement déterminer s’ils sont productifs ou non. Le gouvernement, lui, ne le peut pas. Il lui est donc impossible, lorsqu’il livre un service,  de déterminer s’il le fait de la façon la plus économique et efficace.

C’est pour ça que généralement, lorsque le secteur privé fournit un bien ou service, il y a abondance, alors que lorsque le gouvernement fournit le même service, il y a pénurie et rationnement. Si vous croyez que vous n’obtenez pas suffisamment de services pour ce que vous payez en impôts et taxes, c’est largement à cause de ça et à cause du fait qu’il y a une dislocation du service et du paiement.

Puisque le revenu du gouvernement provient de la taxation forcée de ses citoyens et que cette taxation est prélevée peu importe si nous utilisons les services du gouvernement et que les services gouvernementaux sont tous des monopoles sans concurrence, celui-ci n’a aucun incitatif à vous fournir un service de qualité. Lorsque vous faites affaire au secteur privé et que vous n’êtes pas satisfaits, vous avez toujours l’option d’aller ailleurs. Ce n’est pas le cas des services du gouvernement.

Le rôle de l’état

Sachant cela, n’est-il pas facile d’imaginer que le gouvernement soit en fait une grosse machine à gaspiller et que nous devrions peut-être réévaluer son rôle dans notre société? Pourquoi insistons-nous pour confier toujours plus de tâches à une machine lourde, inefficace et coûteuse et dont les objectifs sont basés sur l’arbitraire, le politique et une vision à qui se limite à la date des prochaines élections?

Si un jour nous voulons alléger notre fardeau et garder plus de ce que nous avons gagné à la sueur de notre front. Il faudra que nous nous questionnons quels services devraient être fournis par l’état et lesquels seraient fournis plus économiquement par le secteur privé. Je suis convaincu qu’une étude rigoureuse nous amènerait à conclure qu’une grande partie (sinon tous)  de ces services seraient offerts beaucoup plus efficacement par le secteur privé, diminuant de beaucoup les dépenses gouvernementales et réduisant le fardeau fiscal des familles.

Très peu de politiciens tiennent ce genre de discours. Doit-on attendre que notre fardeau fiscal dépasse les 50% de notre revenu avant de les écouter? Pendant encore combien de temps allons nous opter pour cet état de semi-esclavage dans lequel nous vivons, où nous travaillons presque 6 mois sur 12 exlusivement pour satisfaire l’appétit vorace de nos gouvernements?