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Symptômes de l’agonie de l’Occident

Par Philippe David

Triste évènement qui est arrivé ce week-end. Trop triste pour le commenter à chaud. La violence sera toujours insensée. Je n’ai jusqu’ici que très peu commenté l’évènement sur les réseaux sociaux sauf pour offrir mes condoléances aux familles des victimes. Je voulais attendre plus d’informations plutôt que de parler à tort et à travers comme certains «nanalystes» qui ne sont qu’intéressés à nourrir un certain narratif. L’odeur de poudre s’était à peine dissipée dans cette mosquée de Sainte-Foy qu’on pointait déjà un doigt accusateur vers Donald Trump, les radios de Québec ou «l’extrême-droite» (comme si ça existait dans un Québec qui penche majoritairement à gauche). Aucun parti politique qui siège à l’Assemblée Nationale n’est résolument à droite. Ils sont centristes avec une légère tendance à gauche pour la plupart, mis à part Québec Solidaire qui est carrément à gauche sans aucune gêne. Le peu de partis de droite qu’il y a au Québec peinent même à être présents dans les sondages. Alors quand on me parle d’une montée de «l’extrême-droite», désolé, moi je me bidonne.  Tout au plus, on trouve quelques têtes brûlées sur les réseaux sociaux.

On trouvera toujours des racistes dans toutes les sociétés et il y aura toujours des timbrés abreuvés de haine. Le genre de haine derrière l’attentat de dimanche dernier est attribuable à cette mentalité qui nous amène à déshumaniser les individus pour ne voir que les attributs de leur appartenance à un groupe identitaire quelconque. Qu’il s’agisse de la race, de la religion, du genre, de l’orientation sexuelle ou de l’appartenance politique. Certains ne voient plus que ces traits, plutôt que de voir les individus pourtant uniques qui composent ces groupes et qui sont loin de tous avoir les mêmes idées.  Autant l’auteur de l’attentat n’est pas représentatif des québécois que ses victimes n’avaient un quelconque lien avec l’islamisme et le terrorisme. C’est ce qui arrive quand on identifie des hommes comme «musulmans» ou «arabes» plutôt que juste des hommes et des pères de familles. C’est plus facile de haïr les gens quand on peu tous les mettre dans le même panier et oublier leur individualité. Même les individualistes comme moi s’y font prendre quelques fois. La tolérance, c’est d’apprécier l’individu comme une personne unique plutôt que son appartenance à un groupe avec lequel il ne peut avoir rien en commun de plus que la couleur de la peau.

Ce à quoi nous assistons cependant n’a rien à voir avec de la simple bigoterie. Le mal est beaucoup plus profond. Les québécois sont nombrilistes et ne voient souvent pas beaucoup plus loin que leur petit village d’irréductibles gaulois entouré de camps retranchés anglo-saxons, mais le mal qui est derrière les évènements de dimanche n’est pas limité seulement au Québec. La seule raison pourquoi il se manifeste ici est peut-être que du côté identitaire, le peuple québécois a l’épiderme particulièrement sensible, isolé comme il est. Un petit îlot de francophonie dans un océan anglophone. Aussi est-il un peu plus jaloux de sa culture et craintif de toute menace envers elle. Tel est certainement notre héritage collectif. Mais ce malaise, il est partout en Occident.

La civilisation occidentale est malade. Elle se meurt lentement mais sûrement et je ne suis honnêtement pas certain qu’on peut sauver le patient. Les états-nounous ont besoin d’une population toujours croissante afin de nourrir leurs schémas de Ponzi qui auront tôt fait de s’effondrer avec la dénatalité. Ils doivent donc compenser leur manque de fertilité en ouvrant grand les portes à l’immigration. Le problème c’est qu’alors que pendant les grandes vagues d’immigration du passé, nous pouvions facilement trouver des immigrant de cultures similaires, nous nous retrouvons maintenant à devoir accepter de l’immigration d’endroits à la culture complètement différente de la nôtre. Qui plus est, alors que nos démocraties sont vieillissantes, essoufflées et décadentes, ceux que nous accueillons proviennent d’une culture relativement jeune et agressive et elle se considère plus vertueuse que la nôtre. Elle cherche plutôt à assimiler que d’être assimilée.

Comme ci ce choc culturel n’était pas suffisamment périlleux, nos politiciens semble se complaire à exacerber le problème d’intégration en menant d’une part une politique étrangère de bombardements continuels du Moyen-Orient qui ont mené à la fois à une montée du terrorisme et un raz-de-marée de réfugiés qui envahissent littéralement l’Europe actuellement et commencent à arriver ici; et d’autre part une politique domestique qui consiste largement à ghettoïser les immigrants tout en les courtisant pour des fins électoraliste au point que certains de demandent par exemple si Justin Trudeau ne s’est pas secrètement converti à l’islam, tellement il semble cajoler cette communauté. Sans compter l’influence grandissante de la gauche régressive, toujours prompte à étouffer tout débat raisonnable au sujet de l’immigration, reprochant inlassablement son intolérance à une civilisation pourtant des plus tolérantes de l’histoire et bien plus tolérante que les sociétés d’où proviennent les vagues d’immigration actuelles. Allez voir combien de clochers d’églises il y a dans les pays où l’islam est dominant.

Devant tout ça, doit-on vraiment être surpris que certains occidentaux se sentent menacés et impuissants? Doit-on leur reprocher leur inquiétude devant un influx de gens dont la culture leur semble diamétralement opposée à la leur et qui semblent résister de plus en plus à l’intégration? Ciel! Je suis surpris de ne pas en voir plus péter les plombs! Aussi devrait-on être surpris d’assister à la montée de leaders populistes comme Donald Trump, Marine Le Pen et Geert Wilders. On ne peut pas bousculer les gens ainsi sans s’attendre à un retour du balancier tout de même! Le problème, il ne vient pas de Donald Trump et encore moins des radios de Québec. Ils ne sont que les soubresaut d’agonie de la civilisation occidentale.

Rien ne peut justifier le meurtre d’innocents et les victimes dans cette mosquée ne méritaient pas de mourir. Ils sont les malheureuses victimes d’un jeu de pouvoir mondial. Je crains malheureusement qu’ils n’en seront pas les dernières.

Drôle de guerre

Par Philippe David

Un autre attentat terroriste. J’ai essayé de résister l’envie d’écrire sur le sujet, mais c’est plus fort que moi. On dit que nous sommes en guerre, mais c’est une drôle de guerre. Pas drôle dans le sens que ça fait rire, mais drôle dans le sens de bizarre, particulier, étrange et je dirais même irréelle.

Le monstre de Frankenstein

Cette guerre est bizarre parce que d’abord et avant tout, l’ennemi est un monstre «made in the USA», ce qui en fait un monstre de notre propre fabrication puisqu’il s’en prend à toute la civilisation occidentale dont les États-Unis sont la figure de proue. Bizarre aussi parce qu’il semble que les gouvernements les plus proéminents de cette civilisation ont la tête dans le sable pendant que le monstre saccage les campagnes. Pire encore! Ils semblent faire tout pour faciliter la tâche au monstre. Non seulement ont-ils créé les sempiternelles tensions au Moyen-Orient qui ont fait de cette région une poudrière, ils ont créé le vide de pouvoir en Irak qui a donné naissance au monstre, il ont aussi créé la situation en Libye et Syrie qui lui ont donné son essor et permis d’étendre ses tentacules et maintenant que le monstre a été relâché dans la nature, ils semblent tout faire pour ne pas le confronter. Oh, ils tentent bien de faire bonne figure en bombardant en Irak et en Syrie, mais tout le monde sait bien que ça prendra bien plus que ça pour s’en débarrasser et même que, comme un fauve, si on ne fait que le «picosser» (en bon argot québécois) de la sorte, non seulement on ne règle pas le problème, on ne fait que rendre le monstre plus furieux et dangereux. Sans parler des milliers de réfugiés qu’on envoie envahir l’Europe. On jurerait que le Dr Frankenstein s’applique à protéger sa création par pure sentimentalité. De quoi alimenter mille et une théories du complot.

L’ennemi à l’intérieur des murs.

Une autre particularité de cette guerre contre la civilisation occidentale est qu’elle comporte des éléments qui veulent vaille que vaille que cette civilisation se fasse hara-kiri et qui travaillent très fort à planter les graines de ce suicide collectif. Ce mouvement ne date pas d’hier. Jadis, il travaillait avec les communistes, maintenant il a trouvé un allié dans l’islamisme.

Ces idiots utiles comme Vladimir Lénine les appelait, ont compris qu’ils ne pouvaient pas inciter la révolution des prolétaires qu’ils souhaitaient avec le seul argument de la guerre des classes,  ont adopté une stratégie qui consiste à saper les bases culturelles de la civilisation occidentale appelée «marxisme culturel».  Cette doctrine remplace la lutte des classes par un conflit entre groupes «privilégiés» et groupes «opprimés». Si vous êtes blanc (particulièrement un homme blanc), hétérosexuel, cisgenre et chrétien, vous êtes un méchant oppresseur et vous devriez avoir honte de tout ce que vous êtes une femme, de couleur, gay, transgenre ou musulman, vous faites partie des pauvres opprimés et vous pouvez revendiquer tous les droits possibles et imaginables.

Ainsi. la liberté d’expression se voit pervertie par la redéfinition de certains termes et étouffée par la rectitude politique. On veut bannir tout discours qui pourrait «offenser» les opprimés. Les valeurs traditionnelles occidentales sont perverties de façons à ce que maintenant, les hommes tentent de se faire passer pour des femmes et vice-versa, des blancs tentent de se faire passer pour des noirs. Nous ne pouvons plus faire de yoga parce que c’est une «appropriation culturelle» et il devient de plus en plus difficile de critiquer les religions (sauf le judaïsme et le christianisme), en particulier une certaine religion commençant par un «i» et se terminant en «slam».  Ce sont ces idiots utiles qui ont d’ailleurs inventé le terme «islamophobie» pour étouffer toute critique de cette religion.

Il importe peu pour ces gens que les islamistes ont généralement des valeurs diamétralement opposées aux leurs. Qu’ils sont anti-avortement, anti-gay, anti-trans, anti-égalité des sexes, pro-esclavage, etc. Il n’importe que le fait qu’ils soient anti-capitalistes et anti-Occident (à ne pas confondre avec antioxydant). Et malheureusement, beaucoup de ces gens sont dans des positions de pouvoirs en ce moment et vous n’y pouvez strictement rien. Il suffit de suivre la campagne présidentielle aux États-Unis pour vous rendre compte que si les américains se trouvent face à un choix entre deux complets incompétents, c’est que quelque chose ne tourne sérieusement pas rond dans ce pays. Et on pourrait en dire autant de l’élection de Justin Trudeau au Canada, François Hollande en France, pour ne nommer qu’eux.

L’infiltration

Pendant que les leaders occidentaux créent des monstres de Frankenstein et multiplient l’influx de réfugiés qu’ils créent eux-mêmes par leurs bombardements en Syrie et en Irak, attisant encore plus l’animosité contre l’Occident, l’Arabie Saoudite est soupçonnée de financer en catimini certaines activités des islamistes, d’utiliser certaines mosquées occidentales pour répandre l’idéologie wahhabite, cette version puritaine et archaïque de l’islam dont s’inspirent les islamistes et faire du recrutement et de l’endoctrinement pour le compte d’organisations terroristes. Il a été rendu public récemment qu’un document gouvernemental américain de 28 pages prouverait un lien entre le gouvernement saoudien et les attentats du 11 septembre 2001, mais jusqu’ici, le gouvernement américain refuse de le déclassifier et le rendre public. Encore de quoi alimenter les amateurs de théories du complot.

La solution n’est pas si simple

On semble vouloir nous faire croire que l’ennemi à abattre est l’État Islamique. Notre fameux «monstre de Frankenstein». Alors on brandit le spectre de ce monstre pour récolter le soutien des populations des démocraties occidentales pour plus de bombardements qui ne font en réalité que faire plus de réfugiés et plus de ressentiment contre l’Occident. Mais pourquoi ne parle-t-on pas d’envoyer des troupes pour pacifier la région et annihiler la bête? Si nous sommes vraiment en guerre, ce n’est pas en se contentant de larguer des bombes du haut des airs qu’on va la gagner, non? Après tout, l’EI ne dispose pas d’une véritable force militaire. Il ne pourrait certainement pas résister longtemps à un assaut par des troupes de l’OTAN, non? Et pourtant, l’alliance militaire supposément la plus puissante au monde n’a pourtant pas pu débarrasser l’Afghanistan des Talibans. Aura-t-elle plus de succès avec l’EI? Difficile pour nos soldats de poursuivre un objectif qui n’est pas clair. Difficile aussi pour nos soldats de se battre avec les mains attachées dans le dos parce que les leader occidentaux, le Président Obama en tête, ne semblent pas avoir à cœur de vouloir aller à fond pour annihiler l’EI et ce n’est certainement pas par manque de ressources  militaires ou parce que l’opinion publique est contre. Alors pourquoi?

Est-ce peut-être parce que la guerre contre le terrorisme est supposée être une guerre perpétuelle permettant à nos valeureux leaders d’imposer des mesures de sécurité de plus en plus oppressives et une surveillance de plus en plus étroite envers ses citoyens? N’avez-vous donc pas remarqué comment notre monde se fait de plus en plus orwellien depuis le 11 septembre 2001?

Dans sa récente chronique au Journal de Montréal, Richard Martineau pose une question que je trouve extrêmement pertinente:

«Qu’est-ce qui vous fait le plus peur: Big Brother ou les fous d’Allah?»

Sa chronique me laisse un petit doute que personnellement, il a plus peur des fous d’Allah. C’est drôle, mais il y a 260 millions de personnes qui pourraient témoigner du fait qu’on devrait s’inquiéter davantage de Big Brother si elles n’étaient pas toutes mortes au XXe des mains de leur propre gouvernement. Je dirais qu’en comparaison, les islamistes font figure d’enfants de chœur, vous ne trouvez pas?

Fait intéressant, j’ai publié un commentaire à cet effet dans la section commentaires de cette chronique. Le commentaire se lisait comme suit:

«Qu’est-ce qui vous fait le plus peur: Big Brother ou les fous d’Allah?»

Considérant qu’au XXe siècle 260 millions de personnes on été tuées par leur propre gouvernement, vous devriez avoir bien plus peur de Big Brother. Les fous d’Allah, ce sont des amateurs en comparaison.

Soit dit en passant, les fous d’Allah sont financés par l’Arabie Saoudite et armés par les États-Unis et leurs alliés. Essayez de deviner pourquoi…

Ce commentaire a été promptement supprimé par les modérateurs. Tiens, tiens…

 

La plume et l’épée

Par Philippe David

Depuis toujours, les caricaturistes se donnent pour mission de ridiculiser les conneries de ce monde et le monde est certainement une source intarissable de bêtises. C’est leur job!  Dépassent-ils occasionnellement les limites du bon goût? Assurément! Mais il faut parfois choquer les gens pour les faire réfléchir. L’humour est souvent une source d’introspection. Du moins, pour ceux qui en sont capables (une infime minorité, j’en conviens).

C’est, je crois, ce que Charlie Hebdo faisait. Ses auteurs et caricaturistes poussaient la limite du bon goût et brassaient les cages afin de réveiller les gens et pour eux, aucun sujet n’était tabou. Ils s’attaquaient autant à des figures politiques, des célébrités et toutes les religions.  Ils débusquaient sans aucune gêne la connerie, où qu’elle se trouve.

Pourtant, de tous les groupes qu’ils ont piqué de leurs plumes, un seul a tenté par deux fois de les réduire au silence par la violence. Certains disent que Charlie Hebdo est l’artisan de ses propres malheurs. «Qui sème le vent récolte la tempête», disent-ils. «Ils ont été beaucoup trop incendiaires, ils sont allés trop loin!» Vraiment? N’est-ce pas comme dire qu’une femme mérite d’être violée parce que sa tenue dévoile un peu trop de peau au goût de certains?  L’insulte et le ridicule ne sont pas les crimes, mais le meurtre et l’intimidation, eux, le sont. Devrions-nous plier l’échine et laisser des barbares nous dicter ce que nous pouvons et ne pouvons pas publier dans un journal à coup de kalachnikov? C’est inacceptable! Si un journal publie quelque chose qui vous déplaît ou qui vous offense, vous pouvez envoyer une lettre à l’éditeur, faire une plainte, protester, dénoncer mais VOUS NE POUVEZ PAS TUER!!!!  Suggérer que les gens de Charlie Hebdo ont mérité ce qu’il leur est arrivé, c’est cautionner que la violence est une réponse légitime à leurs écrits et leurs dessins.

Ce n’est pas d’hier…

Ce n’est pas d’hier que ce genre de chose se produit. Comme Mario Roy,  ancien éditorialiste de La Presse nous le rappelle sur son blogue, L’occident a la chienne depuis 15 ans.   Souvenons-nous des émeutes suite à la publication des caricatures de Mahomet dans le quotidien danois  Jyllands-Posten, des batailles légales d’Ezra Levant et Mark Steyn contre les diverses commissions des droits canadiennes et tous les assassinats commis en criant «Allahu ackbar».  Tous des actes de barbarie abjecte.

Il est étonnant de voir à quel point les médias sont complaisants.  Vous pouvez critiquer ou même ridiculiser toutes les religions, sauf une: l’islam. La foi des musulmans est-elle si fragile qu’elle ne supporte aucune critique? Je ne peux pas concevoir que dans une société civilisée, nous tolérons qu’un groupe se conduise en brute de cour d’école à chaque fois que quelqu’un critique sa religion. C’est intolérable.

Encore aujourd’hui,  un imam à Ottawa déclarait que de faire des caricatures de leur prophète devrait être illégal. Je l’inviterais à utiliser la liberté dont il jouit au Canada pour déménager ses pénates dans un pays qui concorde mieux avec son idéologie (l’EI, par exemple)  parce qu’il n’y a aucune bonne raison d’avoir une telle loi ici au Canada.  Non seulement cautionne-t-il les attaques contre les médias, mais il voudrait utiliser la force de notre gouvernement contre nous-même. Quel culot tout de même! Si tous les musulmans s’indignaient des conneries faites au nom de leur religion la moitié de ce qu’ils s’indignent pour les caricatures, Charlie Hebdo aurait beaucoup moins de matériel à se mettre sous la dent! Ce n’est pas parce que Charlie Hebdo fait des caricatures que les islamistes font des conneries, c’est parce que les islamistes sont cons que Charlie Hebdo fait des caricatures.

Les canards du kiosque de tir

Un autre aspect de ce drame que peu de chroniqueurs québécois ou français  vont mentionner est que les employés du Charlie Hebdo auraient pu tout aussi bien se promener avec une cible peinturée dans le dos.  Comment est-ce possible que des hommes puissent débarquer au milieu d’un quartier affluent de Paris avec des kalachnikovs à la main? Ces armes ne sont-elles pas interdites en France? Car, voyez-vous, pour ceux qui veulent aller commettre un acte terroriste, les interdiction contre les armes à feu sont le cadet de leurs soucis. Nous avons pourtant vu de nombreuses vidéos des tueurs. Et si ces gens avaient été armé d’autre chose que des caméras, les tueurs auraient-il pu faire  autant de victimes?  Nous ne le sauront jamais.

Toujours est-il que ces interdictions ont transformé les citoyens ordinaires en canards de kiosque de tir.

La plume et l’épée

Vous pouvez tuer un caricaturiste, un éditorialiste ou un chroniqueur, un autre prendra leur place. Les idées sont à l’épreuve des balles. La plume demeurera plus puissante que l’épée tant que nous ne nous laisseront pas intimider par des barbares.  Après tout, si des millions publient ces caricatures, ils ne peuvent pas tous nous tuer. Même si Charlie est un canard de gauche, je me battrai jusqu’à la mort pour son droit d’exister et de s’exprimer.

Ne jamais gaspiller une bonne crise…

Par Philippe David

Dans les jours qui ont suivi la première élection de Barack Obama à la Maison Blanche, son chef de cabinet de l’époque, Rahm Emmanuel, a laissé tomber en entrevue une des règles cardinales, mais inédites, de la politique : Il ne faut jamais gaspiller une bonne crise. Elle vous permettra toujours de passer des agendas que vous ne pouviez passer avant.

Nos libertés ont déjà beaucoup souffert grâce à ça. Depuis le 11 septembre 2001, nous devons nous soumettre aux pires inconvénients pour voyager et nous n’avons désormais aucun droit à la vie privée. Big Brother est partout qui nous écoute. En fait, aux États-Unis, on a lancé à la blague que la NSA est la seule agence gouvernementale qui écoute vraiment les citoyens. On pourrait probablement en dire autant du SCRS.

Malgré tout ça, deux convertis à l’islam, qui étaient pourtant sous surveillance policière et soupçonnés de liens terroristes, si bien que le passeport de l’un d’eux avait été révoqué, ont réussi tout de même à tuer deux membres des forces armées en l’espace de quelques jours. Ceci devrait suffire à vous convaincre du peu de capacité de l’état à vous protéger, mais il y en aura toujours, suite à de tels évènements qui réclameront plus de mesures de la part de l’état afin de les « protéger » malgré son incompétence manifeste en la matière. Mais les politiciens, suivant la même mentalité que ce bon vieux Rahm, ne seront que trop heureux de répondre à leurs supplications afin de passer pour des héros et naturellement, gagner en popularité et en influence. Que les droits restreints pour les uns, le sont aussi pour tous les autres et que ces même politiciens qu’ils supplient de les protéger aient causé le problème en premier lieu, importe peu à nos moutons. Tout ce qui importe, c’est cette illusion de sécurité.

Emprisonnons-les!!! (Rah!Rah!Rah!)

D’un peu partout fusent les demandes d’emprisonner à vue non-seulement ceux qui sont déjà sous surveillance, mais tous ceux qui sembleraient soutenir l’État Islamique de près ou de loin. Ça veut dire quoi ça, soutenir l’EI? Est-ce que ça veut dire de des policiers devraient venir défoncer ma porte en pleine nuit, terroriser ma famille et m’emmener, menottes aux poings parce que j’ai écrit dans mes articles que je suis en désaccord avec la mission militaire contre l’EI? Si Gilles Duceppe a ce qu’il souhaite (et que beaucoup appuient), pourrait-on même critiquer cette mission sans risquer de se faire jeter en prison? Tant qu’à faire, puisque certains musulmans ne dénoncent pas ces attaques et que qui ne dit mot consent, prenons tous les musulmans et enfermons-les dans des camps de concentration  comme les japonais en 1942! Tant qu’à être fasciste, autant l’être jusqu’au bout!  Ironique venant de quelqu’un qui a toujours dénoncé les arrestations arbitraires de la crise d’octobre 1970, vous ne trouvez pas?

On dirait que certaines personnes ne comprennent absolument pas c’est quoi les droits. Ils accusent la charte canadienne des droits et libertés de protéger les terroristes islamistes grâce à la liberté de religion. Ces gens sont incroyablement obtus. La charte ne donne aucun droit aux musulmans qu’elle ne donne pas également aux catholiques, aux protestants aux bouddhistes et aux hindous. Elle ne donne pas plus le droit de commettre des actes terroristes aux musulmans qu’au reste d’entre nous. Elle ne leur donne pas le droit non-plus de nous imposer la charia, donc ceux qui vivent dans la terreur irrationnelle de se retrouver dans un pays qui lapide les femmes adultères et décapite des homosexuels, peuvent donc dormir tranquille.

La charte des droits (canadienne et québécoise), n’en déplaise à certains, traite chaque citoyen également.  Alors si nous retirons un droit à un individu ou une certaine catégorie d’individus, il sera retiré pour tous. On ne peut pas dire qu’on va limiter la liberté d’expression aux islamistes, sans limiter celui des autres également, car une fois qu’on a établi le précédent, tout autre groupe qui déplait au gouvernement pourra aussi être bâillonné et emprisonné. Peut-être qu’à la prochaine crise, ce sera vous, parce que vous aurez critiqué telle ou telle décision du gouvernement.  C’est ce que vous voulez? Pourtant, une fois qu’on aura ouvert la porte à l’emprisonnement d’opinion, c’est toujours ce qui arrive.

Celui qui abandonnera ses libertés en échange de sécurité…

… Ne mérite ni liberté, ni sécurité et perdra les deux. Si c’est la sécurité totale que vous recherchez, enrobez-vous de papier-bulle, enfermez-vous à double-tour et ne bougez plus! C’est la seule façon de garantir que vous ne risquez rien (en autant qu’un avion ne s’écrase pas sur votre maison).  Mais quel genre de vie ce serait? Personnellement, je préfère avoir la liberté d’aller où je veux, quand je veux, avec qui je veux et pouvoir dire ou écrire ou penser ce que je veux, et vous? Le seul gouvernement qui pourrait vous garantir que vous ne serez pas tués par des terroristes est un état policier totalitaire, et encore! Pourtant, même après les évènements de cette semaine, vous avez plus de chance de mourir dans un accident de voiture, d’être frappé par un bus, ou même d’être frappé par la foudre que d’être tué par un terroriste.  Préférez-vous vivre un peu dangereusement, ou vivre dans une cage?

 

Honorons leur mémoire

Vous serez peut-être surpris de l’apprendre, mais pendant 3 ans de ma jeunesse, j’ai fièrement porté l’uniforme des forces canadiennes comme réserviste à l’escadrille 438 Montréal de réserve aérienne.  De ce passage, j’ai retenu une chose : peu importe que les forces canadiennes soient utilisée à bon ou mauvais escient pas ses maitres politiques, les hommes qui endossent cet uniforme, le font par amour de leur pays et ses valeurs parce qu’ils croient que le Canada est une terre de justice, de droit et de liberté.

Le port de l’uniforme demande beaucoup de sacrifices. Le service militaire brise souvent mariages et familles. Le taux de divorces et de suicides est très élevé chez les militaires. Beaucoup trop de ces hommes et femmes qui vont en mission à l’étranger reviennent marqués pour la vie et certains y ont fait l’ultime sacrifice.  Pour cela, ils méritent tout notre respect.

Cette semaine deux de ces hommes ont payé de leur vie le port de cet uniforme. Ils ont été spécifiquement ciblés parce qu’ils le portaient. Je ne connaissais pas l’adjudant  Patrice Vincent, ni le caporal Nathan Cirillo, mais nul doute qu’ils partageaient les mêmes sentiments qui m’ont animé naguère. La pire chose qu’on pourrait faire, serait de déshonorer leur mémoire en succombant à la tentation de sacrifier les valeurs et libertés pour lesquelles ils ont donné leur vie en cédant à la peur générée par leurs meurtriers. Nous devons plutôt honorer leur mémoire en nous tenant la tête haute et en préservant à tout prix ces valeurs et ces libertés qu’ils ont défendu de leur vivant.
[Crédit photo : Desktopnexus.com  « Always Remember » ]

Intervention militaire contre l’EI : Une très mauvaise idée

Par Philippe David

S’il y a un temps où on peut observer un grand clivage entre libertariens et conservateurs, c’est lorsqu’il est  question de guerre. Par moment, j’ai une grande difficulté à supporter l’attitude générale des conservateurs à ce sujet. Je réalise qu’ils ne sont pas tous comme ça,  mais il y en a qui sont carrément agaçants. À les entendre parler d’aller « exterminer la vermine » de l’EI, on croirait qu’il y a les hordes d’Attila le hun qui sont massés à nos portes pour nous submerger. Pourtant, quand il s’agit de justifier le casus belli, leurs arguments deviennent parfois risibles. Ce n’est pas que j’affectionne l’EI, loin de là, mais l’EI est en réalité le résultat de la somme des interventions occidentales et d’imaginer qu’encore plus de bombes occidentales vont régler le problème est totalement stupide.

L’EI ne pourra pas être vaincue du haut des airs

L’EI n’a pas de véritable armée. Ce sont des terroristes et des guérillas qui iront vite se cacher parmi la population locale où il est impossible de distinguer amis et ennemis du haut d’un F-18 filant à haute-vitesse. Nous en viendront inévitablement à une situation où notre aviation restera impuissante et incapable de cibler quoi que ce soit, où elle causera des milliers de victimes collatérales, augmentant le ressentiment local contre nous. Il faudra donc inévitable ment des troupes au sol pour débusquer les jihadis.

Une menace pas si terrible

On semble un petit peu hystérique sur la nécessité des gouvernements occidentaux d’agir dans cette région. Pourtant l’hystérie a toujours été mauvaise conseillère. Personne ne dispute le fait que les sbires de l’EI se sont montrés brutaux et barbaresques. Mais ils ne sont certainement la menace mondiale qui est dépeinte dans les médias traditionnels et les médias sociaux. On y fait même des comparaisons avec l’Allemagne nazie, ce qui est complètement absurde. En 1939, l’Allemagne avait des milliers de tanks, d’avions de combat et une des marines les plus puissantes du monde. L’EI, lui, n’a qu’une quarantaine de tanks capturés de l’armée irakienne, quelques Hummvees et des pick-ups armés et au mieux, 30 000 hommes.  Point de vue strictement militaire, c’est loin d’être terrible, malgré ses succès. C’est certainement très loin de la menace que posait l’Allemagne nazie en 1939. Cessons donc de prétendre que seuls les États-Unis et ses alliés sont à la hauteur pour disposer de ce groupe. C’est faux. Quant à la menace terroriste, c’est l’affaire des services de renseignement et de la police, pas de l’armée.
 

Le cœur et la raison

L’aspect le plus important dans un affrontement contre une armée irrégulière, qui pratique la guérilla et se fond dans la population locale, c’est de gagner les cœurs et les esprits de cette population. L’EI a beau être tyrannique et brutal, mais si leurs opposants  n’arrivent pas à gagner la confiance de la population, ceux-ci pourraient préférer coopérer avec les hommes de l’EI plutôt qu’avec des soldats étrangers qui ne connaissent ni leur langue, ni leurs coutumes. De plus, à bien des égards, les États-Unis et ses alliés n’ont pas bonne réputation dans cette région. Il ne faut pas être grand clerc pour savoir que gagner le cœur et la raison des irakiens et des syriens sur les territoires de l’EI risque d’être plutôt difficile.

Si c’est pas nous, qui?

C’est drôle que la plupart de ceux avec qui j’ai discuté de la question semblent oublier qu’il y a encore des opposants régionaux à l’EI. Quoique passablement affaibli, le gouvernement syrien existe encore et dispose encore d’une armée. Le gouvernement irakien est encore là et bien que leur armée éprouve un problème de moral et souffre de nombreuses désertions, elle compte encore plus de 200 000 hommes et est très bien équipée. Leurs meilleures unités sont présentement à Bagdad pour bloquer l’avance de l’EI. De plus, le gouvernement Irakien, dominé par des chiites qui n’ont aucune sympathie pour l’EI qui est sunnite, a demandé l’aide de l’Iran qui a envoyé deux unités de la garde révolutionnaire en renfort à Bagdad. Mais ce n’est pas tout. Les kurde d’Irak contrôlent une région autonome de l’Irak et ont leur propre armée qui compte près de 200 000 hommes et qui est bien équipée. À eux quatre, ces forces devraient avoir bien plus d’hommes et d’équipement qu’il en faut pour expédier les jihadis de l’EI à leurs 72 vierges (ou en enfer, c’est selon…). Alors, pourquoi ne pas les laisser faire?

Sortez le popcorn

Je ne comprends pas l’attitude que certains ont. Même si on déteste les islamistes, on devrait pourtant apprécier la chance de se faire du popcorn, s’installer confortablement au bord du ring et de laisser les différentes factions se tabasser entre eux plutôt que de vouloir planter des bombes chez nous. À mon sens, c’est une occasion en or. Sommes-nous vraiment obligés de résoudre tous les problèmes de la planète alors que nous sommes  incapables de résoudre les nôtres?

(Crédit photo : Gouvernement du Canada)

EIIL : La grande menace?

 

Par Philippe David

« Méfiez-vous du chef qui frappe les tambours de guerre afin de fouetter les citoyens dans une ferveur patriotique. Le patriotisme est en effet une arme à double tranchant. Il enhardit à la fois le sang, tout comme il rétrécit l’esprit.

Et quand les tambours de guerre ont atteint un paroxysme et que le sang bouille de haine et que l’esprit s’est refermé, le chef n’aura pas besoin de saisir les droits des citoyens. Au contraire, l’ensemble des citoyens, infusé par la  crainte et aveuglé par le patriotisme, offrira jusqu’à la totalité de leurs droits au chef avec joie. »  – Caius Julius Caesar

 

Jusqu’ici, j’ai résisté la tentation d’écrire à propos de l’EIIL. J’ai débattu de la question un peu sur Facebook, aussi je crois que mon opinion en la matière ne sera certainement pas trop populaire auprès de certains de mes amis de la droite, mais je vais l’émettre quand même. Il y en a qui, en ce moment, clament pour que les démocraties de l’occident, incluant le Canada, entrent en guerre avec l’EI. J’ai vu le verbe « éradiquer » utilisé à plusieurs reprises. Je trouve cette rhétorique imbibée de testostérone complètement imbécile. Alors voyons si je peux en amener certains à raisonner avec autre chose que leurs testicules.

Au-delà des images…

Nous avons été témoins d’images plutôt choquantes émanant, semble-t-il, de l’EI. La décapitation de deux journalistes postée sur Youtube, d’autres vidéos de chrétiens et yazidis exécutés à plat-ventre dans le désert, des photos très graphiques de têtes décapitées, et j’en passe. Si on en croit ces images, il semblerait que l’EI s’adonne présentement à une campagne de terreur et de génocide. Face à cela, j’ai deux questions à poser :

Comment savons-nous que ces images sont authentiques? Vous n’avez pas encore assez vu d’images photoshoppées et d’effets spéciaux hollywoodiens  pour ne pas au moins questionner si ces images sont réelles ou pas? Les corps des journalistes décapités ont-ils été rapatriés et correctement identifiés? Vous croyez que les scènes d’exécution ont été filmées à l’insu des exécuteurs, qui auraient aussi négligemment laissé filer les caméras et montrer au monde quels monstres lâches ils sont? Ce questionnement est légitime. Autant l’internet peut être un excellent outil d’information, il peut être un outil formidable de désinformation.

Qui profite le plus de la diffusion de ces images? Est-ce que l’EI a vraiment avantage à diffuser des images qui pourraient faire pencher l’opinion publique en occident en faveur d’une intervention militaire en Irak et en Syrie? L’estimation des forces de l’EI varie beaucoup selon les sources,  de 5000 à 30 000 hommes et ils sont légèrement armés. Ils n’ont aucune aviation, artillerie ou blindés. Face aux armées de l’OTAN, ils auraient grand peine à survivre et le terrain désertique de l’Irak n’est pas très propice à la guérilla. Les sources de chaleur sont facilement repérables avec des capteurs infra-rouge dans le froid nocturne du désert. Des proies faciles pour les hélicoptères de l’OTAN. Si elle veut établir un califat mondial, l’EI a-t-elle vraiment intérêt à s’attirer les foudres des États-Unis et de ses alliés? À moins que ses leaders ne soient complètement imbéciles, et si c’est le cas, seraient-ils vraiment une menace crédible? Donc, pourquoi subissons-nous une campagne de peur et de démonisation?

Une menace mondiale? Vraiment?

Dans les médias et les réseaux sociaux, nous assistons présentement à une véritable campagne de terreur envers l’EI. À les lire et à les entendre, on croirait que des dizaines de milliers d’hommes masqués en noir se massent déjà à nos frontières, prêts à nous envahir. Mais dans le vrai monde, l’EI va avoir de la peine à consolider ses propres positions actuelles face aux forces déjà en présence en Irak. Il est fort douteux qu’ils ne puissent déborder du territoire qu’ils occupent déjà. Comme je l’ai déjà mentionné, peu importe la source, l’EI n’a guère plus que 30 000 hommes à son actif (probablement beaucoup moins) et ne possède que de l’armement léger. Ils ressemblent plus à un gang criminel qu’une armée.

En revanche, l’armée irakienne a plus de 200 000 hommes, des chars, des blindés, des hélicoptères et des avions. Les kurdes, eux, en ont 90 000, également bien équipés. L’Iran, dont la majorité de la population est chiite, est également prête à entrer dans la mêlée contre l’EI qui est sunnite. Des unités de la garde révolutionnaire ont déjà été envoyées à la frontière. Ça semble un combat plutôt inégal, non? Pourquoi donc essaye-t-on de nous faire peur avec ça? Malgré ses succès, c’est plutôt douteux que l’EI arrive à s’étendre bien plus loin et les forces locales alignées contre eux ont déjà amplement la capacité de les expédier à leurs 72 vierges. La puissance de l’EIIL est grossièrement surestimée. Elle est peut-être une sérieuse menace au niveau régional (et encore!), mais elle ne l’est pas du tout pour les États-Unis ou leurs alliés.

Déjà vu

Quand je vois la rhétorique envers l’EI, je ne peux m’empêcher de penser aux fameuses armes de destruction massive de Saddam Hussein. On avait fait grand cas, à l’époque, de l’extrême danger que représentaient ces armes dans les mains d’un dictateur comme Hussein. Nous connaissons tous la suite. Les armes de destruction massive ne se sont jamais matérialisées et il s’est avéré qu’elles ne furent qu’un prétexte pour monter une invasion de l’Irak. Mais ça a fonctionné. George W. Bush a ordonné son invasion avec l’appui de la majorité des américains. J’ai l’impression que maintenant, on nous sert les mêmes salades. On nous manipule à appuyer une intervention que nous allons probablement regretter plus tard, tout comme nous regrettons celles de l’Afghanistan et de l’Irak.

Ces interventions américaines dans cette région ont toujours causé plus de tort que de bien et si le Moyen-Orient est aujourd’hui une poudrière, c’est bien parce que l’occident a toujours succombé à cette irrésistible envie de « civiliser » cette région. Seulement, ils ne veulent pas de notre civilisation. Nos tentatives de les faire rentrer dans notre moule ne font qu’envenimer les choses.

Je sais qu’en regardant les images de journalistes décapités et de génocide, la tentation est forte de réclamer que nos gouvernements fassent quelque chose. Mais plus nous intervenons et plus les choses s’enveniment. Il vaut donc mieux laisse les forces locales s’en occuper.

D’ailleurs, n’avez-vous pas déjà remarqué comment on essaie constamment de nous faire peur? La guerre froide, le terrorisme, la grippe H1N1, l’Ébola… Il semble que nous sommes constamment en état de crise. Les politiciens, eux, aiment les crises. Ils aiment que nous les suppliions de faire quelque chose. N’importe quoi! C’est comme ça qu’ils augmentent leur pouvoir. Essayez d’y réfléchir et de prendre ces terreurs avec un petit grain de sel.

Les bons terroristes

paul rose

Par Philippe David

Il a renoncé à l’idée saugrenue de faire un hommage à Paul Rose à l’Assemblée Nationale, mais je suis toujours hors de moi. Je suis toujours sidéré qu’un député de l’Assemblée Nationale ait même pu faire la suggestion que l’Assemblée honore un homme qui était un des responsables de la mort d’un des députés et ministres qui y ont siégé. Un homme qui, jusqu’à sa mort, n’a jamais exprimé de remords. Selon lui, il n’avait rien à se faire pardonner. Ça en dit fichtrement long sur Amir Khadir et cette frange de la gauche québécoise qu’il représente. Une frange qui incorpore un assez haut pourcentage de l’élite intellectuelle gauchiste.

Évaporons, si vous le voulez bien, le petit nuage mystique dont cette gauche nationaliste veut entourer Paul Rose et le FLQ pour y voir le vrai visage. Qu’on se le dise tout de suite, l’objectif des felquistes n’était pas le Québec indépendant dont rêvait René Lévesque et ceux qui l’entouraient. C’est pourquoi Lévesque les a désavoués. Le rêve des felquistes était d’imiter la révolution cubaine et de faire du Québec une Cuba du nord. Ce qu’on doit en dire, c’est qu’heureusement, ils n’ont pas réussi.

Soyons extrêmement clairs : tout usage de la violence et de la terreur à des fins politiques constitue du terrorisme, donc par définition, le FLQ était une organisation terroriste. Alors, qu’est-ce que ça dit de ceux qui, par leur propagande, tentent de faire des héros de ces terroristes? La réponse est qu’un petit terroriste en puissance sommeille en chacun d’eux. Pour le comprendre, il faut examiner quelques-unes de leurs croyances.

Pour vouloir faire de Paul Rose un héros, il faut croire que la fin justifie les moyens. Il faut croire que les actes les plus répréhensibles sont justifiables pour faire avancer leur cause. Que ce soit le meurtre, la prise d’otage ou même d’utiliser des innocents. (On se souviendra que le FLQ a utilisé un jeune de 16 ans pour transporter une de ses bombes et qu’il y a laissé sa vie. Quelle bassesse inouïe!) Cette croyance amène aussi à excuser toute transgression et la justifier généralement dans un discours victimaire. « Il est normal qu’ils aient agit ainsi, ils étaient opprimés.» Ce discours, nous l’avons entendu pour le FLQ, nous l’avons aussi entendu au sujet du conflit Israëlo-Palestinien : il importe peu que le Hamas lancent continuellement des roquettes sur des villes israéliennes, ce sont de pauvres opprimés! Mais si Israël a le culot de se défendre, alors là… On retrouve ces mêmes éléments dans le discours de Québec solidaire sur la violence dans les manifestations étudiantes. Encore là on dépeint les casseurs comme de pauvres victimes de brutalité policière.

Il faut aussi croire que les droits collectifs sont plus importants que les droits individuels. La grande majorité des gauchistes vous diront qu’il est justifiable de faire entorse aux droits d’un individu pour le bien du plus grand nombre. Ceci peut paraître raisonnable, jusqu’à ce qu’on pousse la logique à son extrême. Car si on laisse le loup entrer dans la bergerie et qu’on permet de violer le droit d’un individu, où trace-t-on la ligne de ce qui est acceptable. Si on peut violer un de ses droits, combien d’autres droits peut-on se permettre de lui enlever? Deux? Dix? Le droit de libre expression? De libre-association? De propriété? Le droit à la vie peut-être? J’ai le regret de vous dire que dans notre social-démocratie, sauf pour le droit à la vie, le reste des droits individuels que je viens de nommer sont déjà mal amochés. Mais si on continue à suivre cette voie et qu’on y ajoute l’idée que la fin justifie les moyens, est-il si farfelu de penser que même une vie humaine peut-être sacrifiée pour ce qu’on conçoit comme étant le bien du plus grand nombre? Et si une vie peut être sacrifiée, alors dix, cent, mille n’est qu’une question de statistiques.

Si les gens comme Khadir étaient capables d’un tant soit peu d’introspection, ils reconnaitraient que le bien collectif passe par le bien de chaque individu et non de certains individus au détriment des autres, mais de par l’histoire du XXe siècle, je ne crois pas qu’ils en soient capables. La tentative de béatification de Paul Rose en est une preuve.

En guise de conclusion, je me permettrai ici une petite flèche à Mathieu Bock-Côté qui, il n’y a pas très longtemps, traitait les libertariens de « marxistes de droite ». Bien que la conception du monde par les libertariens peut être vue par certains comme utopique, aucun libertarien ne considérerait l’usage de la violence comme un moyen légitime d’y parvenir, contrairement aux marxistes qui n’hésitent pas un seul instant à sacrifier des vies humaines à leur cause. C’est pourquoi une telle comparaison, pour un libertarien, est la pire des insultes.

L’incompris

Dans la campagne pour l’investiture républicaine qui est en cours aux États-Unis, s’il y a une constante, c’est l’incompréhension complète qui règne autour de la plateforme et des politiques de Ron Paul. Dans tous les médias et l’élite politique, autant de gauche que de droite, on le traite de fou dangereux. Et pourtant, les sondages démontrent qu’un segment grandissant de l’électorat apprécient son message. Voyez-vous, il n’y a pas qu’au Québec que l’élite est déconnectée de l’électorat. Depuis que Paul est devenu un des meneurs pour le caucus de l’Iowa qui a eu lieu hier, et après avoir longtemps ignoré des médias, l’intelligentsia américaine (et même canadienne) a entrepris une campagne de salissage dans une vaine tentative de le discréditer.  Cependant, ceux qui l’attaquent, autant démocrates que républicains, ne font que démontrer le peu de différence idéologique qui existe entre les deux partis.  Les républicains font bien semblant d’être pour la libre-entreprise et une réduction de l’état, mais dans les faits, en aucun moment, sous la gouverne des républicains, y a-t-il eu une réduction du poids de l’état sur l’économie, même sous Ronald Reagan. La réalité est que le bipartisme est un mythe aux États-Unis. Les républicains préfèrent dépenser sur le militaire et le BS corporatif et les démocrates préfèrent dépenser sur des programmes sociaux, mais les deux s’entendent parfaitement sur la taille de l’état: le plus obèse possible. Ron Paul est le seul qui veut sérieusement s’attaquer à la taille de l’état. Alors voyons qu’est-ce qu’il y a de si fafelu dans ses idées, en commencant par ce que plusieurs considèrent son talon d’achille.

Ron Paul et les affaires étrangères.

C’est là que Ron Paul se fait le plus traiter de fou furieux et il faut admettre que du point de vue étatiste, ses idées sont irrecevables. Cependant si on s’arrête à y réfléchir vraiment sous l’angle des vrais problèmes qui affligent les États-Unis présentement, on réalise que Ron Paul n’est pas aussi fêlé que ses critiques voudraient le faire croire. Prenons par exemple sa position sur les attentats du 9/11.  Ses critiques s’exclament haut et fort que Ron Paul croit que le gouvernement américain, par le biais de la CIA, a exécuté l’attentat. Ce n’est absolument pas sa position. La position de Paul est que les États-Unis sont indirectement les artisans de leurs propres malheurs; dû aux conséquences inattendues de leurs interventions au Moyen-Orient. Un bref coup d’oeil à l’histoire lui donnerait raison.

Le concept de « blowback »

« Blowback » est un terme utilisé par la CIA qui désigne des conséquences inattendues issues de leurs opérations secrètes et qui ne peuvent être connectées à l’opération originale. Depuis la chute de l’Empire Ottoman, les puissances colonisatrices que sont la Grande-Bretagne, la France et les États-Unis (entre autres) ont taillé les frontières du Moyen-Orient à leur guise, causant bien des injustices. Un exemple patent fût le sort des kurdes qui se retrouvèrent apatrides et persécutés dans quatres états-nations. Un autre remaniement frontalier mal avisé fût la création de l’état d’Israël. Je ne conteste pas personnellement son existence, mais force est d’admettre que pour les arabes, ce fût un grave affront et une source éternelle de ressentiment evers l’Occident.

Depuis le début de la guerre froide, les États-Unis ont multiplié leurs interventions dans la région pour tenir le communisme en échec et défendre leurs intérêts dans les ressources pétrolières de la région du Golfe Persique. En 1953, la CIA et le Mi-6 ont orchestré un coup d’état qui a relevé le premier ministre Mossadegh de ses fonctions et restauré le Shah Mohammed Reza Pahlevi, en exil après une tentative d’assassinat avortée contre Mossadegh. Ce coup d’état, en plus d’enlever du pouvoir un politicien très populaire, a transformé la gouvernance de l’Iran de monarchie constitutionnelle à une brutale dictature. Une fois restauré au pouvoir, le Shah entendait bien y rester. Il a donc institué, avec l’aide de la CIA et du Mossad, une police secrète, la SAVAK, dont la mission était de réprimer sauvagement toute opposition et toute critique. La SAVAK avait tous les pouvoirs d’arrêter, détenir, torturer et même assassiner quiconque osait critiquer le Shah et s’est largement servi de ses privilèges. Il est rapporté que le règne du Shah a été tout aussi sanglant que celui de Pinochet, alors il est difficile de le considérer comme une belle époque de l’histoire iranienne, même si la révolution islamique qui l’a suivie n’est guère mieux. Il n’est donc pas trop surprenant que les iraniens ne portent pas les américains dans leur coeur.

Comme si ce n’étais pas assez, il ne faut pas oublier que ce fût le gouvernement américain qui a également mis Saddam Hussein au pouvoir et lui a fourni ses armes chimiques qu’il a ensuite utilisé contre les iraniens, les kurdes et des dissidents irakiens. Ajoutons à cela l’embargo contre l’Irak pendant les années 1990 qui a coûté la vie à un minimum d’un demi million d’enfants irakiens de maladies diverses dûes à la malnutrition et le manque de sanitation que cet embargo a causé. Ajoutons encore le soutien américain de plusieurs dictateurs au Moyen Orient tel que les Sabah et les Saud ou Sadate et Moubarak, sans compter leur soutien inconditionnel d’Israël et ils s’imaginent que les arabes les haïssent parce qu’ils sont libres et prospères et qu’ils en sont jaloux, ou encore par fanatisme religieux. Pourtant, il serait beaucoup plus difficile pour les islamistes de trouver un terreau aussi fertile pour leur jihad, si l’oncle Sam cessait de piétiner sur eux. Mais, je vais certainement me faire accuser d’anti-américanisme primaire pour vous avoir informé de ces faits. Est-il donc surprenant que la présence continue de troupes américaines en Arabie Saoudite pendant les années 90 et l’occupation subséquente de l’Irak et de l’Afghanistan en ait excité plus qu’un? Si on s’arrête à penser ce qui a bien pu motiver Oussama Ben Laden à commettre les attentats du 9/11, on a l’embarras du choix, sans même considérer le fanatisme religieux. Tout ce que Ron Paul a fait est de mettre le nez des américains dans leur propre caca et leur montrer les conséquences des actes de leur propre gouvernement. Sa thèse est plutôt simple, si tu marches à travers les bois en renversant des nids de guêpes au passage, tu vas éventuellement te faire piquer. Le remède est de simplement éviter de renverser les nids de guêpes.

Les opposants de Ron Paul vivent dans le déni et l’illusion. Le déni que par leur impérialisme, leur pays ait antagonisé beaucoup de régions à travers le monde et l’illusion qu’avec plus de 15 billions (trillions en anglais) de dettes, l’oncle Sam a encore les moyens d’agir en policier du monde. En réalité, l’oncle Sam est en faillite et il devra faire des choix difficiles. Seul Ron Paul semble vouloir faire ces choix.

Je vous invite à y réfléchir en regardant cette vidéo.