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Le monde des affaires d’Alexandre Taillefer

simard et belzile

Pierre Simard et Germain Belzile

Alexandre Taillefer intensifie sa campagne de dénigrement. Après avoir mené une fructueuse quête de privilèges auprès du gouvernement pour Téo Taxi, voilà maintenant qu’il accuse les défenseurs d’Uber « d’une profonde malhonnêteté intellectuelle ». Il va même jusqu’à les pointer du doigt :

 « Quand je lis le soutien que donne une institution Montréalaise (sic) bien en vue à Uber ou un chargé de cours des Hautes Études Commerciales (sic)[1], je vois le monde des affaires d’hier. »  (A. Taillefer)[2]

Avouons qu’il faut de l’audace pour accuser les défenseurs d’Uber de professer un monde des affaires d’hier, quand le but de Téo Taxi est de reconduire un système de gestion de l’offre à bout de souffle et dépassé. Une industrie du taxi qui, depuis des décennies, offre un service médiocre aux consommateurs et exploite ses chauffeurs en les forçant à acheter la permission de travailler.

Il faut également une bonne dose d’estime de soi pour se présenter en libérateur des travailleurs du taxi, tout en voulant les garder sous son dictat. Celui qui se présente comme un visionnaire devrait pourtant savoir que l’époque du propriétaire de champs de coton est chose du passé; qu’il ne suffit pas de proposer à des esclaves une faible augmentation de leur pitance pour les libérer de leur servitude.

Pourquoi les travailleurs du taxi devraient-ils se contenter des 15 $ de l’heure de Téo? Pourquoi ne pourraient-ils pas s’émanciper de ces privilégiés de l’État qui veulent toujours l’obliger à louer ou à acheter un permis pour travailler? Pourquoi un travailleur autonome ne pourrait-il pas gérer lui-même son temps de travail et sa propre voiture, et ce, tout en satisfaisant les besoins et les attentes des consommateurs?

Nous sommes désolés, mais remplacer des voitures à essence par des voitures électriques n’a rien de vraiment innovateur. Il ne suffit pas de remplacer une fournaise à l’huile par des plinthes électriques pour rendre un taudis salubre.

Taillefer nous invite à choisir entre « #JeSuisUber ou #NousSommesTéo ». Notre choix est fait. Nous préférons un marché libre à l’écoute des besoins des usagers et à l’affut des opportunités économiques; un Uber qui, pour survivre, ne réclame pas du gouvernement des permis pour soi et des interdits pour les autres.

Non, nous ne sommes pas Téo. Le monde des affaires d’hier, comme se plait à le décrire M. Taillefer, nous a enseigné qu’un projet capable de satisfaire efficacement les attentes des consommateurs peut se passer de l’État et de l’argent des contribuables.

Nous déplorons que la Caisse de dépôt, Investissement Québec et autres fonds syndicaux, qui sont financés en tout ou en partie par nos impôts, servent à financer une entreprise qui perpétue un modèle d’affaires obsolète ne pouvant survivre sans la coercition de l’État.

[1] M. Taillefer réfère sans doute à HEC Montréal, anciennement l’École des hautes études commerciales de Montréal.

[2] http://quebec.huffingtonpost.ca/alexandre-taillefer/teo-taxi_b_9806980.html



Uber… Parce qu’on est en 2016?

Par Philippe David

La bataille opposant les taxis et Uber s’envenime et fait couler beaucoup d’encre (ou exciter des électrons sur les écrans, c’est selon). Il y a ceux qui disent qu’Uber devrait être carrément interdit parce que de toute façon, c’est illégal, puis ceux qui disent que Uber devrait être légalisé et règlementé comme les taxis, et puis enfin, il y a ceux qui, comme moi, croient que le problème n’est pas Uber, mais plutôt la cartellisation du système de taxi comme tel. Comme toujours, les politiciens ne savent pas sur quel pied danser. Jacques Daoust entend présenter un projet de loi avant le 12 mai, mais il a de la difficulté à rallier ses hauts fonctionnaires à sa vision.

Comme toujours, en particulier au Québec, la controverse est surtout une chicane de territoire et cherche à protéger les groupes d’intérêt et les régulateurs au détriment des consommateurs. Mais quand est-ce que notre gouvernement se soucie des consommateurs au juste? Ici on s’acharne toujours à étouffer les innovations qui sont au bénéfice du consommateur pour protéger les amis confortablement incrustés dans un système qui les enrichit sur le dos de tout le monde. Qu’Uber vienne ébranler les colonnes de ce temple est une bouffée d’air frais.

Remettons les pendules à l’heure

Uber n’est pas un service de taxi, mais un service de co-voiturage. À l’aide d’une application sur les téléphones intelligents, il permet de mettre en contact des chauffeurs indépendants qui utilisent leur propre voiture et des gens qui ont besoin d’aller du point A au point B. Uber ne dessert pas les aéroports, les gares, etc. comme les taxis le font. Ce que fait Uber est plutôt de supplémenter les taxis. Ses chauffeurs ne sont pas des employés,  mais des travailleurs autonomes, assujettis aux lois sur les travailleurs autonomes et paient les taxes selon les mêmes règles que tous les autres travailleurs autonomes. Uber paie les impôts au Québec comme toute autre compagnie qui y opère. Ceux qui racontent le contraire sont de mauvaise foi. Si Uber ne payait pas sa «juste part» d’impôt, il y a belle lurette que Revenu Canada et Revenu Québec seraient venus frapper à sa porte. Le problème n’est pas que Uber et ses chauffeurs ne paient pas de taxes, c’est que le cadre règlementaire qui régit l’industrie du taxi inflige des coût supplémentaires aux opérateurs et chauffeurs de taxi, les rendant moins compétitifs. Ainsi, les règles et les permis de taxi font en sorte qu’un chauffeur de taxi qui gagne $60 000 de revenu se retrouve avec un maigre $22 000 après toutes les dépenses qui lui sont imposées.

Niveler vers le bas ou vers le haut?

Comme solution nous avons le choix de soit niveler par le haut ou niveler vers le bas. Niveler vers le bas signifierait imposer les règlementation onéreuses qui affectent les taxis à des services comme Uber ou Lyft. Règlementations qui existent justement pour limiter l’entrée de nouveaux joueurs dans le marché, sabordant ainsi tout avantage en faveur du consommateur ou même des chauffeurs. Ou nous pouvons niveler vers le haut en libéralisant l’industrie du taxi, ce qui permettait aux taxis de mieux faire concurrence avec Uber, autant au niveau du prix que du service à la clientèle et permettrait aux chauffeurs d’en garder plus dans leurs poches. Dérèglementer l’industrie du taxi est un win-win pour les chauffeurs de taxis autant que pour Uber et les consommateurs. C’est à se demander pourquoi ce n’est pas déjà fait ici comme ça commence à être fait dans beaucoup d’autres villes où Uber et Lyft ont été implantés.

Pour une fois, ce serait bien d’avoir une solution qui serait à l’avantage du consommateur, non? Me semble que ça nous coûterait un peu moins cher que de financer des taxis électriques à grand coups de millions en fonds publics. Pourquoi freiner le progrès? Après tout, n’est-on pas en 2016?



L’offre, la demande et Uber

Par Philippe David

Je prend une petite pause et je laisse l’environnement de côté un moment pour donner mon petit grain de sel sur les récentes critiques du service Uber. 

La veille du Jour de l’An a toujours été une soirée hyper-achalandée pour les taxis. Contrairement au réveillon de Noêl qu’on passe surtout en famille, la veille du Jour de l’An est plus souvent fêtée dans les bars du centre-ville ou un peu partout à Montréal. Beaucoup en sortent trop pompette pour conduire et décident de prendre un taxi. Puisque les tarifs de taxi sont fixes, c’est plutôt difficile d’en trouver un à cette date et si vous en appelez-un, l’attente sera forcément longue.

Sauf erreur,  je crois que cette année est la première année que nous avons également Uber en plus des taxis la veille du Jour de l’An. Beaucoup de gens se plaignent qu’Uber ajuste ses prix lorsque des circonstances spéciales arrivent. Ce fût le cas pendant la grève des taxis à Londres comme ça l’a été aussi dans le cas du réveillon du Nouvel An.  La question est pourquoi est-ce ainsi? Uber ne pratique-t-il pas le « capitalisme sauvage » en chargeant $300 pour une course de 30 minutes? N’est-ce pas immoral de prendre avantage des gens comme ça? Si vous croyez ça, c’est qu’il vous manque des notions d’économie.

Parlons d’offre et de demande.

Comme je l’ai mentionné, le 31 décembre est probablement la soirée la plus achalandée de l’année pour les taxis et des services comme Uber. Ils sont incapables de fournir la demande. Ils n’ont tout simplement pas assez de voitures et de chauffeurs. Puisque les taxis ne peuvent pas fixer leurs propres tarifs. ils sont rapidement débordés.

Normalement, dans un marché sans entraves, lorsque la demande pour un service est trop grande le prix de se service augmente pour corriger l’imbalance. L’augmentation a pour effet de décourager les acheteurs marginaux pour laisser la place aux acheteurs qui sont beaucoup plus anxieux de se procurer ce service (ou ce bien) et qui seront prêts à payer plus parce que leur besoin est plus urgent. 

Cette augmentation a aussi pour effet d’attirer d’autres fournisseurs de ce service pour supplémenter l’offre. Éventuellement, on rejoint un nouvel équilibre. S’il s’agit d’une augmentation ponctuelle de la demande, les prix baisseront au fur et à mesure que la demande retourne à la normale.

Dans le cas des services de taxi, puisqu’ils ne peuvent pas varier leur prix, il résulte une pénurie qui ne se résorbera que lorsque la demande aura baissé. Autrement dit, bonne chance si vous cherchez un taxi à 3h du mat le premier janvier, vous n’en trouverez pas parce que les compagnies de taxi n’ont que très peu d’incitatif à ajouter plus de taxis sur la route pour une soirée.

Uber, en revanche, peut laisser ses prix fluctuer au gré de l’offre et de la demande, ce qui leur permet d’avoir plus de chauffeurs et de voitures pour des soirées très achalandées, étant donné qu’ils sont payés un pourcentage du prix de la course. Résultat: alors que les taxis sont indisponibles, Uber a encore des voitures disponibles.

Mais… Mais… $300 pour une course, c’est criminel!!!

Comprenons une chose: Uber est un service que personne n’est forcé à utiliser et l’application vous avertit des changements de tarifs et vous demande de confirmer avant de commander la course. Vous êtes donc parfaitement libre de refuser et si vous acceptez, c’est en pleine connaissance de cause. De plus, rien ne vous obligeait non-plus à vous saoûler la gueule au point de ne pas être en état de conduire.  Vous auriez pu boire plus responsablement ou vous arranger pour avoir un chauffeur désigné dans votre groupe qui va aller reconduire tout le monde à la fin de la soirée. Gageons que si on était habitués au fait que les prix deviennent plus élevés au Jour de L’An, même pour les taxis, peut-être qu’on boirait aussi de façon plus responsable.

La façon que vous planifiez votre soirée et que vous vous conduisez n’est pas la responsabilité d’Uber. C’est la vôtre.